CHAPITRE III. — AOUT
tombés sur le général BordesouUe, lui ont pris ou tué trois cents hommes, le colonel Saint-Marc et un chef d'escadron du 3" de chasseurs. Le chef d'escadron Labourdonnaye a pu opérer sa retraite avec le reste du régiment.
Le 24, combat du prince d'Eckmûhl à Mohilew, contre le prince Bagration. Il a tué douze cents hommes aux Russes, leur en a blessé trois mille, fait deux mille prisonniers.
31. — Je n'ai point été placé, au bout d'un mois, avec avancement dans la ligne, comme on me l'avait fait espérer. Le comte (le Lobau m'a traité avec politesse depuis notre querelle; ma position n'en est pas moins fausse; je crois convenable et de mon honneur de lui demander de me faire placer, avec mon grade, dans la ligne. Il m'est fort pénible et très désavantageux de quitter l'état-major de l'Empereur; j'écris au comte de Lobau en conséquence, et je termine ainsi : « Si un jour de bataille vous aviez un commandement, je serais toujours disposé à être auprès de vous, si mes services vous étaient agréables. » Le général Mouton est très brave; souvent l'Empereur, dans les moments difficiles, lui donne quelques régiments pour enlever ou défendre une position. Le comte de Lobau m'a fait dire qu'il ne voulait pas me répondre par écrit. On commenterait sa lettre; jen enverrais la copie à M. de Castellane père, elle courrait les salons..., etc. Il a écrit au prince de Neufchâtel que, d'après une décision prise entre lui et moi, je ne faisais plus partie de son état-major, et qu'il me mettait à sa disposition. Petits et grands m'ont témoigné des regrets, dans la maison de l'Empereur, plus les officiers supérieurs et les officiers d'ordonnance que les aides de camp, mes camarades. Le duc de Vicence m'a dit : « Votre démission est à la fois une démarche noble et placée. » Le grand maréchal m'a approuvé également.
i" aoât. — Parade devant le palais, à sept heures du matin, dans la môme tenue qu'à Schœnbrunn; elle a été ordonnée pour tous les jours. On démolit les maisons vis-à-vis du palais, pour faire une place.
2. — L'Empereur se plaint au duc de Dantzig de la mauvaise conduite de la garde sous le rapport du pillage.
5. — Je reçois ma nomination de capitaine adjoint à l'étatmajor général. Je regarde cela comme un premier pas utile pour me tirer d'auprès du comte de Lobau. Aucun officier général ne se soucie de me prendre auprès de lui. de peur de le choquer, même le général de Narbonne, quoiqu'ils soient déjà assez mal ensemble, pour que cela ne change rien à leurs rapports. Le général baron de Caulaincourt. gouverneur des pages, faisant le service d'aide de camp de l'Empereur, m'a dit : « Il faut absolument que vous reveniez à l'état-major de l'Empereur. » De toute façon je ne compte point rester adjoint. A peine possesseur de ma nomination de capitaine adjoint, le prince de Neufchâtel m'envoie placer des postes de correspondance, à vingt-trois lieues, sur la route d'Oula. Cela ne m'amuse guère, au moment où je voudrais sortir de cette position désagréable, soit en entrant dans la ligne, soit autrement.
Après avoir dîné avec mes nouveaux camarades, les adjoints, auxquels on donne 5 francs d'indemnité de table et qui se nourrissent comme ils peuvent, un d'eux dirigeant l'ordinaire, je pars avec un détachement du 8' chasseurs. Je m'arrête à Ostrowno, chez M. de Contreglise, commandant de la place, aide de camp du duc d'Abrantès, l'ayant quitté et se trouvant dans la même position que moi. La route est belle, bordée d'arbres, couverte de cadavres de chevaux morts, rc qui cause une odeur insupportable; on n'a rien enterré.
4. — Je suis à Bjeschenkowitschi. J'y établis un poste de correspondance, puis à trois lieues sur la route d'Oula j'en place un autre. Je reviens coucher à Bjeschenkowitschi : j'y vois le colonel Lacroix, (jui va bien de sa blessure.
5. — Je repars, je m'arrête un moment à Ostrowno. Pressé d'arriver à Witepsk, je fais ma route au galop ; je trouve mes affaires dans le même état où je les avais laissées. Nous faisons un très bon dîner chez le comte do Narbonne: nous étions tous convives de connaissance : Mortemart, Noailles, Fezensac. Chabot, Élie de Périgord et moi.
6. — Parade. Suivant l'usage, les commissaires des guerres sont bourrés; cela entre dans la politique de l'Empereur. Il