Le congrès de Ghàtillon-sur-Seine est rompu; le duc
CHAPITRK VI. — AVRIL 1814. 253
«le Vicence retourne au quartier de l'Kmpereur. Nous avons été battus dan? un combat à Arcis-sur-Aube. L'Empereur a eu un cheval blessé, s'est porté sur Vitry etSurnmepuis. Le maréchal Oudinot et le i^énéral Corbinoau ont été blessés.
25. — Les alliés occupent ChtUeau-Thierry, la Ferté-Milon L't Soissons.
26. — Nos avant-postes, repoussés de Mormant, se sont repliés sur Meaux, puis sur Clayes.
27. — L'Impératrice a reçu deux lettres de l'Empereur ouvertes par le général Blùchcr.
Le Moniteur annonce que Sa Majesté a son quartier général près de Chaumont. ses avant-postes à Langres. Le 5 pour 100 est à 40 fr. 80.
28. — Le Moniteur proclame une victoire de l'Empereur à Saint-Dizier. Les alliés s'emparent de Bondy, font dans la journée quinze mille prisonniers; les soldats ne veulent plus se battre.
29. — L'Impératrice part dans la nuit pourBlois. L'ennemi s'empare de Saint-Denis.
20. — Les troupes françaises forcées dans leurs positions évacuent Paris; il est occupé par les alliés.
Notre dépôt reçoit Tordre d'opérer sa retraite vers Tours.
31. — Cette retraite est une débâcle; l'aspect des malheureux qui fuient fait vraiment pitié; puis il y a un embarras de troupes, de dépôts, dont on ne peut se faire une idée. Les auberges sont pleines de familles qui se sauvent. Je trouve un mari cherchant sa femme. Il m'explique qu'elles fuyaient cinq ensemble; il y en avait trois vêtues de noir. Sur ce renseignement, il veut que je lui découvre sa chère moitié.
5 avril. — A Tours, le régiment reçoit l'ordre de revenir à Versailles.
9. — Je pars de Vendôme, précédant mon corps, pour porter son adhésion au gouvernement provisoire, composé du prince de Bénévent, du comte de Jaucourt, de l'abbé de Montesquiou. du duc de Dalberg, du général Beurnonville. Dupont de Nemours est secrétaire général.
La vue des étrangers dans la capitale me fait mal On m*a
dit, chez le prince de Talleyrand, souverain par intérim, qu'il fallait quitter ma cocarde tricolore. Je n'en connais pas d'autre, cela m'a irrité. On m'a observé que les maréchaux en avaient des blanches; je me suis soumis en rechignant, mais vingt-quatre heures après, elle n'était plus à mon colback.
iO. — J'ai obtenu du prince de Bénévent de faire mettre sur-le-champ en liberté les gardes d'honneur hollandais arrêtés et conduits à Bourges.
L'empereur Alexandre et le roi de Prusse ont passé une revue de trente-cinq mille hommes; il y a eu sur la place Louis XVI un Te Deum russe.
il. — M. le comte d'Artois, escorté de la garde nationale, entre dans Paris, aux acclamations générales du peuple. On agite des mouchoirs blancs de toutes les fenêtres; c'est un véritable délire. Il assiste à un Te Deum.
14. — Le Sénat nomme Monsieur lieutenant général du royaume et l'investit du gouvernement provisoire.
15. — L'empereur d'Autriche fait son entrée à Paris. Monsieur va à l'Opéra.
17 . — M. le prince de Bénévent donne un bal. On apprend la bataille de Toulouse, perdue, le 10, par le maréchal Soult; il n'avait pas connaissance des événements.
20. — L'Empereur, qui a abdiqué le 14 avril, est parti pour l'île d'Elbe, avec les commissaires des puissances.
On a reçu l'adhésion du général Garnot, gouverneur d'Anvers; le général Maison a fait une proclamation à Lille aux soldats révoltés.