CHAPITRE VI. — MARS
mais elle est arrivée trop tard. Décret impérial portant peine de mort contre les Français au service des puissances alliées, qui sont en France, avec leurs troupes, et contre ceux qui, en présence des troupes ennemies, porteraient des décorations de raiicienne dynastie.
1*^ mars. — Le maréchal Ney, arrivé à Sézanne, venant de Troyes, en est reparti à minuit. L'Empereur s'est porté à Jouarre; à son approche, les troupes ennemies occupant la Ferté ont repassé la Marne.
3. — Les espérances de paix sont tout à fait tomhées; Soissons a capitulé. L'Empereur est parti, à deux heures du matin, avec quarante mille hommes, de la Ferté-sous-Jouarre, où il avait été retenu par le pont rompu; il acouché àOuIchyle-Chi\teau.
. Les Anglais ont passé l'Adoui- au Boucaut, à la suite d'un combat très vif. le 24 février.
4. — On met pour toute chose dans les journaux : f L'armée est en grandes manœuvres. L'Empereur se porte bien; il a son quartier général à Fismes. »
Le prince royal de Suède est arrivé à Laon avec son corps d'armée.
5. — Décret impérial du 5 mars, de Fismes, portant la mise à mort d'un prisonnier, un paysan ayant été tué par l'ennemi. Autre décret déclarant traître tout maire ou habitant d'une ville qui dissuadera de se défendre.
Bulletin du quartier général de Berry-au-Bac. dans lequel l'Empereur dit : « Si le commandant de Soissons n'avait pas livré cette ville, l'armée d'York était prise. »
Le duc de Bellune a été battu à Sézanne. le duc de Reggio à Bar-sur-Aube, par les Autrichiens.
0. — H y a eu, à Paris, un conseil privé pour discuter des conditions de la paix. L'Empereur avait les préliminaires signés dans sa poche le matin du combat de Nangis: il n'a pas voulu les ratifier après le succès. On donnait sept places fortes en otage.
Les Anglais occupent Orthez et Oloron. Lord Wellington a adressé une proclamation aux Béarnais dans laquelle il leur
annonce l'intention de ménager le Béarn, patrie du prince royal de Suède, qui a ménagé le Hanovre appartenant au roi son maître. Le duc d'Angoulêrae est à l'armée anglaise, sous le nom de comte de Saint-Paer; il n'y est pas traité comme prince français. Le comte d'Artois est à Baie, le duc de Berry à Jersey, Louis XVIII et sa nièce à Bath.
7. — La neige et la gelée font beaucoup souffrir nos soldats mal vêtus.
8. — M. de Flahaut revient des conférences de Lusigny au quartier général; il n'a abouti à rien.
L'Empereur a remporté un avantage à Craonne, près de Laon; le général Grouchy a été atteint d'un biscaïen au genou; le général Sparre a eu la jambe fracassée. Les alliés occupent Sens, Nemours, Nogent, Montereau.
Une partie de l'armée de l'Empereur a été battue à Gorbény.
il. — Sa Majesté a son quartier général à Soissons.
L'ordre a été envoyé à Savonne de remettre le Pape aux avant-postes autrichiens.
13. — L'Empereur bat le corps du général russe Saint- Priest, lui fait cinq mille prisonniers. Mâcon est de nouveau occupé par l'ennemi.
14-15. — Proclamation du maréchal Soult, sous la rubrique de Tarbes, du 40 mars, datée du 8, d'un quartier général sans nom de lieu, pour engager les gens du Midi à se défendre, à ne pas se laisser tromper par les Anglais, qui veulent les exciter à la guerre civile en les détachant de l'Empereur.
16. — Le duc d'Angoulême entre à Bordeaux. Il y a été reçu aux acclamations du peuple. Le maire a troqué sa croix de la Légion d'honneur contre la croix de Saint-Louis.
17 . — Les Autrichiens passent la Seine à Pont, pendant la marche de l'Empereur sur Reims.