QUATBB MARÉCHAUX SU CAMP
MM. Longueval.
Genlis.
Reignac.
Preehac
Outre ces armées^ M. le marquis dUaroourt, lieutenant gétiéralf oommtodera un petit oorpe dans le pays de Luxembourg, et aura sousIuiLocmaria^maréehaldeoamp.
Safiliêdi kj à Vergailles. -^ Le roi alla Taprès^dinée se promener à Marly . Monseigneur courut le cerf, et joua le soir chee lui au reversis. — La grande Mademoiselle est à Fagonie ; on ne croit pas qu'elle passe la journée de demain. -^ Le roi fera commander la cavalerie de Tarmée de Flandre à M. le duc de Chartres. M. le maréchal de Bellefoùds commandera une armée en Normandie; il aura quatre mille chevaux. M. le maréchal d^Estrées commandera en Poitou et dans le pays d'Aunis, comme il fit Tannée passée. On n'a point encore nouvelle des officiers généraux qui serviront sous eux. Le petit iVogenf,' qui est capitaine dans le régiment colonel, aTagrëmenf pour acheter le régiment de dragons du roi que commande le marquis d'Âlègre.
Dimanche 5, à Versailles, — Mademoiiielle de Montpensier mourut Faprès-dlnée , à Paris, dans son palais du tâUxembourg, après avoir été trois jours à l'agonie. 11 y a déjà quelque temps qu'elle a fait un testament qui est entre les mains de la mère supérieure des Carmélites dti faubourg Saint-Jacques. — Le roi a déclaré à ses ministres qu'il partira pour la Flandre dans le mois de mai ; mais il n'a pas encore nommé le jour. Il mènera M. de Beauvilliers, M. de Croissy et M. de Pomponne; il laissera M« de Pontchartrain et M. Pelletier à PAris. S* M. a ordonné aux princesses ses filles de tenir leiu'S équipageN prêts pour le voyage ; il y a déjà une partie des dames qui doivent faire ce voyage, qui sont averties pour s'y préparer aussi. — Par les nouvelles qu'on a d'Angleterre, on apprend que le prince d'Orange n'est pas encore repassé en Hollande, mais que ses yachts sont tout prêts.
Lundi 69 à Versailles* -^ On a ouvert le testament de Mademoiselle ; il est fait en l'année 85; elle y avolt ajouté quelque chose depuis un an qu'elle a signé , mais qu^elle
n'a point daté. Elle fait pour environ 200,000 francs de legs pieux; elle donne à tous ses domesticjues, pour les empêcher, dit-elle, de mourir de faim , comme ceux de plus grandes princesses qu'elle a vus en ce triste état-là. Elle laisse sa maison de Choisy à monseigneur le Dauphin; elle fait Monsieur son légataire universel. Elle n'a jamais voulu voir M. de Lauzun dans sa maladie, et a reçu avec aigreur les gens qui lui enfaisoient la proposition. Choisy lui a coûté 800,000 francs k bâtir, et n'est d'aucun revenu. Monseigneur en a donné la capitainerie à Joyeux, son premier valet de chambre *.
* Mademoiselle est si connue par tous les Mémoires de la minorité du roi et des premiers temps qui l'ont suivie , et encore plus par ceux qu'elle a faits elle-même, et qui ont été imprimés, qu'il est inutile de parler d'elle. Il y a de quoi s'étonner de la peinture vive et si étrangement naturelle qu'elle y fait d'elle-même. Il faut seulement ajouter que le roi ne lui pardonna jamais ce qu'elle fit contre lui dans la guerre civile, et surtout le jour de la bataille du faubourg Saint- Antoine , qu'il lui reprochoit quelquefois entre aigre et doux. C'est pour cela qu il lui rompit tous ses mariages , et que les biens inmienses qu'elle donna à M. du Maine pour la liberté de M. de Lauzun , ni sa liaison intime avec mesdames de Thianges et de Montespan, ne purent jamais lui faire recouvrer véritablement ses bonnes grâces. Elle connoissoit fort ses parents, et les aimoit jusque-là qu'elle s'étoit fort intéressée à la promotion de M. de Joyeuse, et que, toute malade qu'elle étoit, elle voulut recevoir autant qu'elle le put les compliments sur son bâton , quoique cette branche fût très-séparée de celle du capucin, son bisaïeul.
Mardi 7, à Versailles. — Le roi a achevé de régler les affaires de Tordre de Saint-Lazare ; mais on ne sait pas encore la forme qu'il lui a donne. — Le roi a donné à M. d'Imecourt,nouveau brigadier de cavalerie, la cornette vacante dans les chevau-légers de la garde ; et le régiment de cavalerie, qu'il avoit, le roi le donne à son frère qui en étoit lieutenant-colonel, et la lieutenance-colonelle à un autre frère. Ils sont huit ou dix dans le service; ils étoient tous huguenots , et changèrent tous de religion avec leur père, qui est présentement gouverneur de Mont-
AVRIL iOOS. 2(il
médy. — M. de Lauzun est venu l'après-dluée porter au roi un papier qu'il dit que Mademoiselle avoit mis entre les mains de madame de Nogent, il y a six ans. Ce papier étoit cacheté de six cachets de Mademoiselle ; le roi n'a point voulu l'ouvrir; Monsieur n'a point voulu l'ouvrir non plus. On Ta envoyé à Paris au premier président, et on attend l'ouverture avec impatience, craignant que ce ne soit quelque acte postérieur au testament et qui puisse être contraire. Il n'y a guère d'apparence que ce papier, qu'a apporté M. de Lauzun, puisse nuire au testament, qui est de 85, car M. de Lauzun étoit brouillé avec Mademoiselle dès l'année 84 ; mais Monseigneur et Monsieur ne laissent pas d'en être inquiets.
Mercredi 8, à Marly. — Avant que de partir de Versailles , le roi sut que M. le premier président avoit ouvert ce papier qu'avoit apporté M. de Lauzun ; c' étoit un testament de Mademoiselle fait en 70 en faveur de M. de Lauzun, et qu'elle comptoit qui avoit été brûlé. Cependant, si Mademoiselle n'avoit point fait de testament, M. de Lauzun seroit demeuré légataire universel ; cette affaire-là n'a pas été bien reçue ici pour lui, non plus que le grand manteau de deuil avec lequel il se présenta hier devant le roi. Voilà présentement Monseigneur et Monsieur hors de toute inquiétude sur les donations que leur a faites Mademoiselle. — L'après-dinée, le roi vint ici en chassant. Monsieur, Madame et toutes les princesses sont de ce voyage , hormis madame la Princesse, qui s'est trouvée un peu mal à Versailles. Le roi a amené ici Vauban.
Jeudi 9, à Mariy. — Le roi, Monseigneur et Madame allèrent courre le cerf le matin dans la forêt de Marly, et revinrent dîner ici; le roi d'Angleterre étoit à la chasse. L'après-dlnée le roi alla tirer, et, avant que de sortir, il nous fit lire par Chamlay l'édit de la création d'un nouvel ordre militaire de Saint-Louis. Le roi en sera grand maître perpétuel , et en portera la croix sous celle
du Saint*-E8prit. Le Pauphin, ou l'héritier présomptif d« laeouFoune^ quand il n'y aura point de Dauphin, «n portera la croix aussi ; tous les maréchaux de France l'auront) et à l'avenir, quand le roi fera un maréchal de France, il le fera en même temps chevalier de Saint-Louis. On ne fait aucune preuve de noblesse , mais il faut au moins avoir servi dix ans. Il y aura huit grands-croix qui porteront un ruban rouge et une croix d'or sur leurs habite , et qui auront 2,000 écus chacun. Le roi fait un fonds pour cet ordre-là de 100,000 écus par an. Il y aura différentes classes daps les pensions , et ces revenuslà ne pourront être saisis pour aucune dette; oh verra mieux le détail de tout cela dans Tôdit qui sera imprimé dans deux jours.
Vendredi 10, â Marly. — Le roi se promena le matin dans ses jardins, et l'après-dlnée il alla voler dans la plaine de Vézinet. Madame et les princesses étoient à cheval; le roi et la reine d'Angleterre allèrent à la voW rie. Il y eut quelque contestation entre le grand faucon-< nier et Forget sur leurs charges (1) ; le roi jugea en faveur de Forget. Le grand fauconnier est le jeune comte àm tfarests^ qui fit mardi passe, pour la première fois, la ionction de sa charge à Versailles. — On garde depuis lueror^di le corps de mademoiselle de Montpeusier à Luxembourg , en gr^^nde céréroome ; il y a toujours une duobe^ise ou une princesae et une dame de qualité^; la cpmte^^ de Fiesque en faitles) honneurs, comme dame d'houneuïe Le roi a nommé rarohavèque d'Auob pow officier à Saint-Denis quand on y portera le cc^rpi et p^ur acçompagnet^son eopur m Yal-daT<jB4ce. Les aumôniers de mademoi^eile de Montpengier sont venus sur (•ela repH^nter au rai leur» iutéyête, qui a réglé que leisaupiôni§rs accompagneront Mademoiselle quaud ellç
(t) l^oTget était capitaine chef du vo) pour héron et grand maître des eaux (4 ffvvMft da nie de France.