‹ Journal du marquis de Dangeau (volume 3)Chapitre 25 sur 27 · MA,RS · texte numérisé non relu

MA,RS

grandes conférences avec le marquis de Leganès et les généraux de l'empereur.

Mardi 9 , à Versailles. — On a eu nouvelles que le capitaine Jean Bart étoit parti des ports de Norwége par un bon vent, et on l'attend au premier jour à Dunkerque. — Le roi a permis aux chatellenies de Tournay et de Lille de payer aux Espagnols la somme dont on étoit convenu cet été quand les ennemis forcèrent les retranchements, et on va remettre en liberté les otages qu'on avoit donnés pour cela ; on fera des compensations des sommes qu'on doit donner aux ennemis avec celles qu'on doit recevoir d'eux pour les contributions.

Mercredi 10, à Versailles, — L'abbé Amelot mourut à Paris ; on lui avoit fait la grande opération il y a quelques jours, et la gangrène s'y est mise. 11 étoit aumônier du roi, et avoit une abbaye assez considérable au pays du Maine, qu'on appelle Évron. Outre cela, il avoit un fort joli prieuré en Normandie, dépendant de l'abbaye du Bec qui est à M. l'archevêque de Rouen. — Par les avis qu'on a d'Angleterre et de Hollande, il y a lieu de croire que l'armée du prince d'Orange en Flandre sera plus forte de vingt mille hommes que la campagne passée.

Jeudi 11, à Versailles. — Le roi donna à madame de Lislebonne la confiscation du duché de Joyeuse que M. le prince de Commercy , son frère , a eu de mademoiselle de Guise. D'abord le roi Tavoit donné au prince Paul ; après la mort du prince Paul, le roi le donna à M. de Lislebonne son père; et en dernier lieu madame la princesse de Conty a fort prié le roi de le donner à mademoiselle de Lislebonne, ce qu il vient de faire. — Monseigneur alla coucher à Choisy , où il demeurera quelques jours ; il mena avec lui M. de Chartres, M. le prince de Conty, M. le grand prieur, les ducs d'Elbeuf, de Montmorency, de Roquelaure, de Villeroy, de Montfort, et MM. de Matignon, de Chiverny, d'Antin, de Sainte-Maure , d'Urfé, de Cler^

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mont et moi. Le prince d'Épinoy-Mailly, qui airive de Flandre , doit être aussi du voyage.

Vendredi 12, à Versailles. — Le chevalier de Lucé, enseigne des gardes du corps ^ est mort d'une maladie dont il avoit été plusieiu's fois à l'extrémité. — M. de Castille, Espagnol qui commandoit dans Gharleroy quand nous l'avons pris la dernière campagne^ a passé par Versailles retournant à Madrid. Le roi lui a dit qu'il s'étonnoit que dans un temps comme celui-ci les Espagnols lui permissent de quitter la Flandre , mais qu'il ne pouvoit s'empêcher de s'en réjouir et qu'il seroittoujours fort aise de ne point trouver un homme comme lui dans un pays où il fait la guerre. M. de Castille a été charmé des honnêtetés du roi.

— Permillac achète la charge de maréchal des logis de cavalerie du vieux de la Roche ^ qui n'est pas en état delà faire.

Samedi 13, à Versailles. — Hier, madame la princesse de Gonty alla dineravec Monseigneur à Choisy, dont elle ne revint qu'à neuf heures du soir. Aujourd'hui Monseiseigneur a déjeuné de bonne heure , et est allé tirer dans la plaine avec M. le prince de Conty. — Le roi , tous ces jours ici^ a été à la chasse à son ordinaire. Il part toujours lundi pour aller coucher à Chantilly. Les ministres n'y viendront point, mais jeudi M. de Beauvilliers, M. de CroissyetM. de Pomponne arriveront à Compiègne.

— Moreau^ frère de lait de Monseigneur^ s'estbattu à AbbeviUe avec un autre capitaine du régiment du roi, et ils se sont tués tous deux.

Dimanche ik ,à Versailles. — Le roi fut l'aprèsHlinée au sermon, comme il a fait tout le carême. — Le maréchal de Tourville , le comte d'Estrées, le marquis d'Huxelles, Tallard, Harcourt, ont pris congé du roi pour s'en aller chacun à leurs emplois. — Monseigneur partit de Choisy après diner ; il vint à Paris à Topera, où madame la princesse de Conty le vint trouver de Versailles. Après l'opéra , ils y retournèrent ensemble. — Un marchand de

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Paris ; qui a pour 100^000 écus de blé sur les vaisseaux qui vienuent de Norwége avec Bart, a eu avis de Dunkerque qu'on voyoit paroltre Bart avec vingt vaisseaux à la vue de ce port. On en attend demain des nouvelles encore plus assurées.

Lundi 15 , voyage du roi à Chantilly. — Le roi partit de Versailles à dix heures ; il y a dans son carrosse Monseigneur et madame de Chartres, madame la Duchesse et les deux princesses de Conty. Madame la duchesse du Maine y devoit être aussi , mais elle est demeurée parce qu'on la croit grosse. Le roi dina à un. moulin près de Sarcelles, •et arriva ici de honne heure. — M. de Barbezieux a reçu une lettre de Desmadry, intendant de Dunkerque, qui lui mande que Bart est dans le port de Dunkerque avec dix-huit bâtiments chargés de blé; un de ses vaisseaux de guerre et douze autres marchands, chargés de blé aussi , ont été séparés de lui par un gros temps dès le commencement de la navigation. — Monsieur et Madame sont demeurés à Paris.

Mardi 16, à Chantilly. — Le roi mangea le matin de bonne heure, et alla ensuite faire la revue des quatre compagnies de ses gardes du corps et des grenadiers à cheval ; il les vit en bataille à pied et à cheval , et demain il les veut voir en détail. Après la revue il alla voler; les princesses étoient à cheval à la revue et à la volerie. — M. dePontchartrain le fils a apporté au roi la confirmation de l'arrivée de Jean Bart à Dunkerque; il a été poursuivi par une escadre de vaisseaux anglois à la hauteur de Nieuport, et a passé pour se sauver sur des bancs où les Anglois n'ont osé le suivre. — Monseigneur se trouva si enrhumé qu'iLne sortit pas de tout le jour.

Mercredi 17, à Chantilly. — Le roi mangea de bonne heure et alla encore faire la revue de ses gardes , qu'il examina homme par homme et cheval par cheval ; il fut fort content de tous les chevaux qu'on a achetés pour la remonte. Après la revue il alla tirer des faisans. Mon-

seigneur revint après la revue. Au retour de la chasse, le roi visita madame la Princesse, qui, pour lui épargner la peine d'aller jusque dans sa chambre, alla le recevoir dans la galerie. Pendant le temps qu'on a été ici, le roi alloit voir jouer Monseigneur et les princesses , et jouoit quelques réjouissances. — On mande de Paris que le maréchal de Choiseul est considérablement malade.

Jeudi 18, à Compiègne. — Le roi partit à dix heures de Chantilly et vint dîner à une petite maison auprès de Verberie; il fait porter son diner dans un surtout qui suit son carrosse, et choisit pour dîner une maison seule, où on ne Tattend point , pour n'être pas accablé de monde. U arriva ici sur les cinq heures , et tint conseil avec les trois ministres qui arrivèrent de Paris avant lui, qui sont MM. de Beauvilliers , de Croissy et de Pomponne. — Le soir M. de Pontchartrain le fils, qui a pris le nom de marquis de Phélypeaux depuis qu'il a la survivance de la charge de secrétaire d'État, apporta au roi la nouvelle que le Vaisseau de guerre et les vaisseaux marchands que la tempête avoient séparés de Bart étoient heureusement arrivés à Dunkerque. U y a un vaisseau marchand qui s'est entr'ouverten chemin, mais on a sauvé tout l'équipage.

Vendredi 19, à Compiègne. — Le roi mangea de bonne heure et alla tirer. Il donna rendez-vous aux princesses à deux heures dans la plaine deMouchy pour lavolerie; on vola de toutes sortes d'oiseaux, et tous les vols furent fort beaux. Monseigneur courut le loup et ne vint point à lavolerie. — J'appris que M. de Vendôme, avant que de partir pour Anet , où il est depuis quinze jours, avoit demandé permission au roi de recommencer un procès qui avoit été autrefois intenté par son grand-père contre les ducs d'Uzès, d'Elbeuf, de laTrémoille, de Ventadour et de tous c^ux enfin qui le sont avant Henri IV; il prétend devoir tenir le rang de sa duché du temps qu'elle fut érigée en faveur du père du roi de Navarre, et ce fut, je pense, en 1514.

Samedi ^Oy à Compiègne. — Le roi entendit la messe à onze heures, et mangea un morceau, puis alla tirer, et nous dit au retour qu'il n'avoit jamais été si content de sa chasse. 11 fit monter ses ministres chez madame de Maintenon, où il travailla longtemps. Monseigneur courut le cerf avec les chiens de M. le duc du Maine. — Le roi a exilé de Paris M. l'abbé d'Entragues, qui menoit une vie qu'on n'a pas trouvée assez bien réglée pour un ecclésiastique.

Dimanche 21, à Compiègne. — Le roi fit la revue de son régiment d'infanterie, qu'il a trouvé plus beau que jamais; Monseigneur étoit à la revue; mais il en revint de bonne heure parce que son rhume le tourmente fort.

— M. le duc de NoaiUes a eu un choléra-morbus assez violent. C'est le major qui a le bâton, parce qu'il n'y a point de capitaine des gardes ici. — Les soirs, à huit heures. Monseigneur et les princesses se rendent dans l'antichambre du roi, oùl'on joue au lansquenet, et quelquefois aussi après souper. Monseigneur, M. de Cliartres et les princesses mangent avec le roi le soir, et le matin il mange seul à son petit couvert. — Le roi nous a dit que la mère de M. le grand-duc étoit morte, et qu'il en prendroit le deuil en arrivant à Versailles.

Lundi 22, à Compiègne. — Le roi fit encore la revue de son régiment, qu'il vit plus en détail, et lui fit faire l'exercice; après la revue, il aUaàla volerie, où les princesses le vinrent trouver. Monseigneur courut le loup.

— Le roi donna ordre à M. le Prince que ses équipages pour Tarmée fussent prêts le 10 de mai : il en diminue une partie; il ne veut plus que vingt chariots et trente chevaux de bât; il ne fait plus porter de tentes pour ses grands officiers, et veut que sa table ne soit plus que de douze couverts, et par là donne l'exemple à tout le monde de se retrancher. — Les Vénitiens ont élu un doge qui est de la maison de Valier, et pour capitaine général Zéno.

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Mardi 33^ à Campiigm. — Le roi alla tirer Taprès-dlnée et après la chasse tint conseil* *^ M. le prince de Conty a eu nouvelle de Neufchàtel que les États du pays avoient reconnu madame de Nemours pour souveraine; ils ont jugé que M. de Longueville n'avoit pas pu disposer de la souveraineté , et qu'elle passoit de plein droit aux héritiers. Ce jugement-là^ en condamnant H. le prince de Conty, donne ime grande atteinte à la donation que madame de Nemours a faite en faveur de M. le chevalier deSoissons. Lechevalier d'Angoulêmeest en chemin pour revenir. — Le roi dit à M. le Prince qu'il suffisoit que se» équipages fussent prêts au 15 de mai.

Mercredi 24, à Compiêgne. — Le roi vouloit aller voler, mais le grand vent l'en empêcha; il alla tirer, puis il s'alla promener à Mouchy. 11 fut longtemps achevai dans le parc et dans les jardins avec Monseigneur et les princesses, et puis mit pied à terre au château, où il vit faire collation aux princesses; et ensuite M. le maréchal d'Hur mières le mena voir un nouvel appartement qu'il a fait faire. Le roi avoit tenu conseil le matin avant que d'aller à la chasse. -- On a nouvelle d'Angleterre que le prince d'Orange ne passera en Flandre qu'à la fin du mois d'avril. — Les Hollandois ontifait mettre en prison un misérable qui faisoit un lardon (1) qu'on appelloit la Quintessence, et quiétoit toujours rempli de sottises contre la France.

Jeudi 25 , à Compiêgne. — Le roi mangea de bonne heure et alla tirer, et donna rendez-vous aux princesses à trois heures pour la volerie. Il y eut un mousquetaire qui se tua en courant un lièvre ; c'étoit un jeune garçon nommé du Saussoy, fils d'un écuyer du roi et d'une femme de chambre de feu madame la Dauphine. — J'appris qu'un frère du P. de la Chaise, à qui le roi avoit

(1) Voir la note, tome I, page 26.

donné Une abbaye il n'y k pas longtemps, étoit mort ftvàiit que noils (laiiiissibns pour ce voyage ici. — On mande de Paris que la petite Menetou , fille de la duchesse [ de la Ferté ] est à rextrémité de là petite vérole et du pourpW;

Vendredi 26, à Compiègnei — Le roi alla à onze heures faire la revue des seiase escadi*ons de carabiniers qui sont ici ; les quatre autres escadrons sont en Franche-Comté^ ce régiment est séparé en cinq brigades; les quatre qifi sont ici sont belles de Dumesnil , du chevalier du Rosel , de Daohy et de Ruzigny; celle de Franche^omté est commandée par le chevalier dé Courcelles. Le roi trouva ce corps^là encore plus beau qu'il ne le pensoit, et té-»moigna être fort content des soins qu'ont pris et M. du Meline ^t tous les officiers. Madame de Maintenbn étoit à la revue, et le roi lui en fit les honneurs. Toutes les princesses étoient à cheval. Monseigneur^ qui étoit allé courre le loup le matin ^ revint à la fin de la revue. La droite étoit appuyée à la forêt de Compiègne > et la gauohe à Royaulieu ; et après que la revue fut finie^ on y porta les étendards y que Tévôque de Soissons y bénit. -^ AVant que de pai'tir pour la revue , le roi tint conseil avec ses ministres^

Samedi ftly à CompOgne. — Le roi donna eongé à toû^ ses ministres jusqu'à son retour à Versailles. --■ Le roi fit encore la revue de son régiment des carabiniers ; il les vit plus en détail que le jour précédent, et les trouva encore plus beaux. Il fit deux des lieutenants-colonels chevaliers de Saint-Louis, à la prière de M. du Maine, quoiqu'il eût résolu de n'en plus faire avant la cam* pagne. -^ Le roi a donné à l'abbé de Mailly la charge d'aumônier vacante par la mort de l'abbé Âmelot. -^ On a eu nouvelle qu'il est encore arrivé beaucoup de bâtiments chargés de blé à Dunkerque.

Dimanche 28, à Chantilly. — Le roi dîna à Compiègne et arriva ici de bonne heure* — M. Pucelle, premier présidentde Grenoble, est mort. — On élut hier, à l'Aca^

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déinie de Paris, M. Tabbé de Caumartin à la place de M, l'abbé de Lavau ; la charge qu'avoit Tabbé de Lavau de garde des livres du cabinet du roi n^est pas encore remplie. — On a eu nouvelles que plusieurs vaisseaux tant de guerre que marchands de la flotte ennemie , venant de Smyrne, avoient péri auprès de Gibraltar; on n'en sait point encore les détails^ mais on a cet avis p8ir plusieurs endroits.

Lundi ^9 , à Chantilly. — Le roi voulut aller voler, mais le grand vent l'en empêcha ; il fit des battues où il tua beaucoup de gibier. Monseigneur courut le cerf avec les chiens de H. du Maine. Madame la duchesse de Chartres s'est trouvée un peu incommodée. — On a eu nouvelles que les Tartares sont entrés en Transylvanie et qu'ils ont défait cinq régiments de l'empereur, et qu'ils ont emmené beaucoup d'esclaves et de butin. Les Turcs font dé grands préparatifs pour la campagne, et ont envoyé beaucoup d'argent au khan pour le faire entrer de bonne heure en campagne .

Mardi 30, à Chantilly. — Le roi alla voler efrensuite revint courre. On avoit mis beaucoup de cerfs, de daims et de sangliers dans les toiles; cette chasse-là fut fort johe. Madame la Princesse y vint en carrosse, et y amena madame de Maintenon. Monseigneur alla tirer des faisans, et puis revint trouver le roi aux toiles. Pendant les trois jours qu'on a été ici , le roi venoit le soir après souper dans la galerie voir jouer les princesses, et jouoitquelques réjouissances. Madame la duchesse de Chartres a une fort grosse fièvre , et on craint qu'elle ne soit obligée de demeurer ici. — Il est arrivé à Saint-Malo des vaisseaux de l'Amérique richement chargés.

Mercredis! , à Versailles. — Le i»oi partit sur les dix heiu*es de Chantilly, et arriva ici de bonne heure. Le roi et la reine d'Angleterre Ty vinrent voir. Monsieur et Madame sont revenus de Paris. Madame la duchesse de Chartres est partie ce matin dans son carrosse> et elle est

arrivée ici fort malade ; on craint qu'il n'y ait du venin à sa fièvre. — M. de Barbezieux a dit que le roi ne feroit pas d'officiers généraux cette année ^ et que ceux qui avoient servi l'année passée serviroient encore celle-ci dans les mêmes armées^ hormis le chevalier de Bezons, qui doit servir dans l'armée de Catalogne.

Jeudi V^ avril, à Versailles. — On a eu confirmation du malheur arrivé à la flotte de Smyrne ; le vaisseau amiral^ qui étoit de 90 pièces de canon, a péri avec cinq autres vaisseaux de guerre et douze vaisseaux marchands richement chargés, parmi lesquels il y en avoit un qui portoit 200,000 piastres en espèces que le prince d'Orange avoit destinées à M. de Savoie. — La maladie de madame de Chartres augmente; on craint que ce ne soit le pourpre , et cela n'a pas empêché le roi d'y aller encore après dîner. — Tous les brigadiers d'infanterie , de cavalerie et de dragons ont ordre d'aller faire un tour à leurs régiments pour rendre compte au roi de l'état où ils les auront trouvés.

Vendredi % à Versailles. — Le roi a choisi dans la cavalerie Hontplaisir, mestre de camp, pour remplir l'enseigne vacante dans la compagnie des gardes de Luxembourg, et lui alaissé son régiment à vendre. M. de Luxembourg demandoit au roi cette enseigne pour la Dobiais, premier exempt de la compagnie; le roi Ta remis pour une autre fois, et même lui a fait offrir de lui donner le régiment de Montplaisir que le roi auroit payé de son argent ; la Dobiais a mieux aimé demeurer dans les gardes, dans l'espérance de monter à la première occasion. — La maladie de madame de Chartres continue; on commence à la croire fort dangereuse.

Samedi 3, à Versailles, — Le roi a été à lâchasse tous ces jours ici, à son ordinaire. Monseigneur a couru le loup. — L'envoyé de M. le grand-duc a donné part au roi de la mort de la grande-duchesse sa mère ; elle étoit de la maison de la Rovère^ des ducs d'Urbin. Le roi en

prendra le deuil demain. -^ Mademoiselle de Gramont épouse milord Stafford ; on dit qu'il a 50,000 livres de rente ea Angleterre, dont on le laisse jouir en France. Cq mariage n'est point encore public; la noce s'en doit faire mardi h Paris chez le comte de Gramont, pare de la fille.

Dimanche 4, à Venailles. -?- Le itoi a pris le deuil de madame la grande-duchesse, mère de JM. le grand-duc. Hlonseigneur, après avoir entendu le sermon et vêpres, est parti pour aller à Choisy, où il demeurera juscpi'à mercredi. — La maladie de madame la duchesse de Chartres augmente; elle a été saignée deux fois du pied. M. le duc de Chartres est demeuré ici, et n'a point suivi Mon-» seigneur comme il avoit accoutumé de faire. Monseigneur a mené avec lui à peu près les mêmes gens qu'il y avoit mené k dernier voyage. — Le roi a dit é^ M. le maréchal de Lorges qu'il lui feroit encore commander cette année son armée en Allemagne. Presque tous les officiers généraux, à ce qu'on croit, serviront dans les armées où ils ont servi la dernière campagne , hormis lechevalier de Bezons, qui servira en Catalogne.

lundi 5, à Yer&ailles, — On a eu nouvelles que M. l'électeur de Bavière veut épouser la fille aînée du roi de Pologne, à qui on donne beaucoup d'argent en mariage. -7- SI. le maréchal de Tourville est arrivé à Brest, et va n^onter sur les vaisseaux qui y sont arm^s pour passer 4ai)s la Méditerranée, et y joindra les trente vaisseaux que commande le comte d'Estrées dans celte mer-là. — • Le mariage de M. de la Châtre est arrêté avec mademoiselle de Lavardin. Madame de la Châtre doqne à son fils an fonds de terre 1&,QÛÛ livres de rente, et s'en réserve encore plus de vingt; mademoiselle de Lavardin a 84.0,000 francs en mariage, et en auna enccHre plus de 1 00, 000 après la mort de M. de Lavardin. -^ Monseigneur courut le loup dans la forêt de Sénart et revint coucher à Choisy, où il $e pron^ana longtemps dans ses jardins après la çha$sa,

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Mardi 6, à Versailles. — Madame la duchesse de Chartres est toujours assez mal ; les saignées du pied et Témétique ne l'ont point encore tirée d'affaire. — Madame la princesse de Conty alla dîner à. Choisy aveo Monseigneur; elle se promena toute l'après^lnée avec lui et le soir revint ici. — Milord Stafford (1) épousa à Paris made«n)oi$elle de Gramont^ ftlle aînée du comte de Gramont; elles ne. sont que deux filles qui ont été toutes deux filles d'honneur de feu madame la Dauphine. Elles n'ont point de frère; ainsi elles auront assez raisonnablement de bien. •• — Par les lettres qu'on a de Cadix, on apprend que l'épouvante est fort grande dans ce pays-là , et ils comptent que la perte qu'ont faite les Anglois et les Hollandois par les vaisseaux qu'ils ont perdus auprès de Gibraltar est de sept à huit millions.

Mercredi 7, à Versailles, — Le roi a déclaré que Monsieur iroit commander cette année une armée en Bretagne et en Normandie, comme la campagne passée. M. le maréchal d'Humièrfes servira de maréchal de France sous lui et M. le marquis de Renty de lieutenant général. — Monseigneur revint de Choisy dîner avec lé roi pour être à ténèbres. — M. le marquis de Refuge , gouverneur de Charlemont, servira en Normandie de maréchal de camp sous les lieutenants généraux de la provinôe. — Le prince Louis de Bade ne retournera point à Vienne avant la campagne; il demeurera sur le Neoker et sur le Rhin pour donner ordre à ce qui est nécessaire pour les armées de l'empereur en ce pays-là.

Jeudi 8, à Versailles, — Le roi fit la cérémonie de la Cène à son ordinaire. L'abbé Boileau prêcha (2), BJ. de

(i) « Catholique, depuis bien des années en France , fort extraordinaiue et en obsMsure compagnie, vieux et assez riche, à qui onavoitéoané le sobriquet de Milord Gaca. » ( Note de Suint-Simon ).

(2) ( Je ne vous fais point le détail des dévotions du roi pendant la semaine sainte. Vous savez que Sa Majesté a aecouturoé d'assister à tous les offices, et que ces ofiioes sept lopga. \m\ elle s'acquitte par |à <|e toutes 1^ f[)pçtions d'un

Vendôme, qui étoit à Anet depuis six semaines, en revint pour être à la cérémonie. U y a déjà quelcpies années que les princes étrangers et les ducs ne s'y trouvent plus*. — Le petit Renaud^ monté sur un vaisseau de cinquante pièces de canon qu'il a construit d'une façon nouvelle, a attaqué un vaisseau anglois plus fort (pie le sien , et est venu à l'abordage et s'en est rendu maître après un long combat (1); ce vaisseau étoit chargé de la valeur de six millions; le combat s'est donné auprès du cap de Finistère, et le petit Renaud a amené ce vaisseau jusqu'à quinze lieues de Brest, où le vaisseau a péri. — Madame la duchesse de Chartres se trouva fort mal le soir, et on lui fit recevoir Notre Seigneur.

^ 11 y avoit bien des années que les disputes de rang avoient fait défendre aux ducs et à MM. de Vendôme , de Soissons et de Lorraine de se trouver à la Cène. M. de Vendôme, seul d'eux tous, s'y trouve cette année.

Vendredi 9, à Versailles. — Outre toutes les dévotions de la journée, le l'oi a encore été faire ses stations pour le jubilé, et s'est confessé ce soir pour faire demain ses dévotions, comme il a accoutumé de faire tous les sar médis de la semaine sainte. — M. le marquis de Linières, autrefois l'abbé Colbert, a acheté depuis quinze jours le guidon des.gendarmes écossois, dont il adonné3&',500 livres; il a servi de garde-marine l'année passée. —

véritable chrétieo , mais il y en a encore d'autres qui sont celles du /ci , deat le prince a rempli tons les devoirs de la manière qui leur convient, c'est-àdire que Sa Majesté a fait la Cène en lavant les pieds à treize pauvres et enleor servant à chacun treize plats, avec toute rhumilité que demande une si pieuse cérémonie. Le sermon que fit M. Tabbé Boileau sur ce sujet, devant ce monarque, fut aussi sur Thumilité, et il la fit si bien connottreque tout la marqua, jusques à son geste même, de sorte que Ton peut dire qu'en prêchant rhumilité , U en faisoit voir un portrait en sa personne. î\ seroit difficile de bien exprimer tous les applaudissements que reçut cette prédication, et surtout le compliment que cet abbé fit au l'oi. >» (Mercure d'avril, p. 255-257.) (1) Voir la relalioa de ce combat dans le Mercure d'avril » pages 303-315.

M. le cardinal d'Estrées, avant que le roi partit pour Compiègne, avoit obtenu de S. M. permission pour madame d'Épernon de faire juger la prétention qu'elle a d'être duchesse d'Épernon et de pouvoir faire son mari duc. Après les fêtes elle va présenter sa requête, et si elle gagne son procès elle épousera M, le comte d'Estrées*. — Madame la duchesse de Chartres est considérablement mieux aujourd'hui, et on la croit hors de danger.

* Voici rhistoirede cette prétention : Jean de Nogaret, seigneur de ia Valette , eut de la sœur du maréchal de Bellegarde Saint-Lary trois fils et trois filles. Les fils furent M. de la Valette, gouverneur de Provence et de Dauphiné, amiral de France et chevalier de Tordre, tué au siégedeRoquebrune, 1 1 février 1 592, à trente-neuf ans, honune de grand mérite en tout genre , sans enfants de la fille du comte de Brouage, le fameux duc d'Épernon, et un troisième mort à quinze ans. Les filles furent Hélène, mariée en 1582 à Jacques Goth , sieur deRouillac , de la postérité de qui il s'agit ici , Catherine qui épousa le comte du Bouchage, frère du duc de Joyeuse, de qui la mort précipita le mari dans les capucinSn que la Ligue en tira, et qui, après avoir été duc-pair, maréchal de France, etc., rentra aux capucins à la persuasion de la duchesse de Montpensier, sa fille unique, et y mourut, et Anne, morte sans postérité de Charles de Luxembourg , comte de Brienne et de Ligny. Madame de Rouillac étoit donc sœur du duc d'Épernon et non sa fille, et point appelée dans l'érection, mais bien par la nature et par les dispositions, à l'héritage des terres et des biens. M. d'Épernon eut trois fils et point de filles. Le duc de la Valette mourut sans postérité à quarante-huit ans, et le cardinal de la Valette à quarante-sept, tous deux commandant ensemble l'armée du roi en Italie, tous deux en 1639, le duc en février, «t le cardinal en septembre > et tous deux avant M. d'Épernon, leur père, mort à Loches, dernier janvier 1642; l'autre fils de M. d'Épernon, qui s'appela aussi M, d'Épernon, eut une fille imique et un fils unique, M. de Caudale, si connu partout et si aimé des dames, qui mourut à la fleur de son âge et de sa fortune, sans avoir été marié , le 28 janvier 1658 à Lyon, avant son père. La fille se fit carmélite au grand couvent de Paris, en 1648, et y est morte à soixante-dix-sept ans, en 1701. Ainsi, le second et dernier duc d'Épernon, son père, étant mort, 25 juillet 1651, à Paris, cette duché-pairie demeura éteinte. Madame de Rouillac, sœur du premier duc d'Épernon , avoit laissé un fils, mari d'une Vialart, et ime fille mariée au fils du célèbre Zamet , seigneur de 170,000 écus.

dont une fille umqué mariéd à Roger Hector de Pardaillan-Gondrin, marquis d'Antiu.

Ce M. de Rouil|ac se prétendit hé^ritier non-seulem^t des biens de M. d'Épemon, son cousin germain, mais aussi de sa 4\gnité, à quoi plusieurs ducs s'opposèrent dès janvier 1662. On plaida, et l'affaire fut interrompue la même année par la mort de M. deRouillac. Son fils qui se fàisbit appeler chez lui le duo d'Épernou, et qu'on Q'^ppeloit dans le monde que le Êiux duc 4'ËperAQn, reprit le procès cq rqai 16Q5 ; on plaida ; puis le 6 juillet de la ipême a^née, un arrêt du conseil intervint, qui ordonna à M. de Rouillac de représenter l'érection d'Èpemon, et cependant de suspendre toutes poursuites. Elles le demeurèrent jusqu'à sa mort, arrivée en J690. Il avoit épousé une Étampes-Valençay, dont il ne laissa qu'une fille. C'est elle qui, sous la protection du cardinal d'Estrées reprit le prooès avec la permission du roi et eonvei^tion, si elle le gagnoit, d'épouser le comte d'Estrées, qui auroit par là été duc et pair; mais, cette cause n'ayant pas bien pris, elle ra})audonAa, et céda ses droits à la terre d'Epernon à M. de Montespan , père du marquis d'Antin, lequel dans les suites ayant fait inutilement la même tentative, obtint une érection e^ sa faveur suf la terre d'Antin, et fut fait duc-pair. Madame de Rouillac avojt beaucoup d'esprit , de savair^ de vertu jjt 4e piété ; ejle ue ^e maria point, se retira au calvaire du Marais, et y mourut en 1706.

Samedi 10;, à Versailles. — Le roi fit ses dévotions^ et donna ensuite les bénéfices vacants : l'archevêché de Vienne à M de Mdntmorin, évêquede Die"; l'évéché de Die à l'abbé Pajot; son père étoit premier président de la cour des monnoies; il est parent de M. le chancelier; l'abbaye d'Évron au Maine à M. l'abbé d'Estrées, ambassadeur en Portugal ; elle vaut 9 ou 10,000 livçes de rente ; l'abbaye d'Ambronay en Bresse à l'abbé Bouchu; elle vaut plus de 10,000 francs; l'abbaye de Selincourt près d'Amienis à l'abbé de Croy, frère du comte de Solre ; l'abbaye de Simore en Gascogne à l'abbé Puget; le doyenné de Saint- Quentin à l'abbé de Buzenval, qui rend le prieuré de Gramont près de Tours ; le prieuré de Gramont au fils de le Vassal, huissier du cabinet; Fabbaye d'Issy près de Paris à madame de Chavigny, sœur de Tévêque de Troyes ; l'abbaye de Monsor près d'Alençon à madamç de Châte^u-Rens^ud, sœur du lieutenant général.

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Dimmvh0 H 9 jour de Péquiêr à Versailks. -^ Le poi assista à toutes les dévotioBS de la journée. -*r. Le roi fiait venir de Marseille les ehk^unnes de six galères avec les six compagnies dlnfanterie. Des capitaines qui doivent iQo^t^ les gal^eg qiie le roi veut avoi» dans TOcéan , il y en auca àmm à SainlrMalo , oommaBdées par le cheva* lier de la HaUelerie; deux à Brest ^ eommandées par le chevalier de Langeron, et deux à Bordeaux, eommandées par le chevalier de Rouanais. I^e corps de ces six galères^là fait partie des quinze qui furent bâties pour g^rvir dans rOeéan il y a quelques finn^es; elles étoient à Rouen ^ et on les fait descendre au Havre ^ où on les armera. On parle d^ Im faire servir à deux timons, ce qui f^it qu'elles iront en avant et en arrière sans tourner.

Lutikdi 18, à Versaillei, tt^ On apprit le malin que le niarquis de Valavoirp étoit mort en Provence; il avoit quatre»vingts ans^ et ne vemoit plus à la oour depuis long -. t^mps; il avoit été lieutpaant général avec réputation, et étoit gouverneur de &steron| il avoit eu un brevet de retenue de 55,000 franos en Tannée 1658) mais le m} ne fait d'ordinaire payej? les brevets de retenue que ceux qu'il a accordés depuis la mort du cardinal.de Matfarin. -rr- Le ?oi alla tirer oomme à son ordinaire et s'y trouva mal, oe qui l'obligea d'en revenir à siK heures av^c un peu 4^ fièvre ; }\ ne laissa pas d'aller à son retour chez madame de Maintenon comme à son ordin^re; mais il fut contraint de revenir à hui^ heures cliea lui et se mit au lit.

Mardi 13 , à V^saitUs. — Le roi a fort bien passé la nuit; la fièvre le quitta hier à onae heures et demie ; il ne s'est reveillé qu'à huit heures, et a pris du quinquina: en s'éveiUant. 11 s'est trouvé fort bien toute la journée et a vu le pionple à son ordinaire; il ne s*est couché qu'à minuit, et a pris einq fois du quinquina dems la journée. — La gendarmerie qui a passé l'hiver en Savoie servira m Allemagne, et aoïdre d'Atre à Str«^»boiœg Je aO de

4Te JOURIUL DE DAIIGEAU.

mai. — Les seize escadrons de carabiniers que le roi vit à Gompiègne serviront tous ensemble^ et ce sera dans Farmée où sera H. le duc du Maine; mais on ne sait encore quelle armée ce sera.

Mercredi 14, à Versailles. — -Le roi a entendu la messe à neuf heures dans la tribune de la chapelle, et ensuite tint conseil avec ses ministres jusqu'à deux heures, qu'il se mit à table pour dîner, mais il n'y fut qu'un moment. Il eut un peu de vapeurs, et bientôt après un peu de fièvre qui l'a obligé de se coucher sur les six heures du soir. La fièvre lui a duré jusqu'à minuit, mais elle a été fort légère, et on croit cpie Faccès d'après-demain ne reviendra point. — Madame la duchesse de Chartres a encore un peu de fièvre; mais elle est entièrement hors d'affaire. — M. le duc du Maine servira cette année de lieutenant général en Flandre, quoiqu'il n'y ait pas grande amitié entre M. de Luxembourg et lui. — Monseigneur alla dîner à Choisy; après diner il alla tirer dans la plaine deCreteil, et revint coucher ici ; il n'y avoit que M. le prince de Conty avec lui.

Jeudi 15 y à Versailles. — Le roi a fort bien dormi depuis minuit; il ne s'est éveillé qu'à huit heures, a entendu la messe et tenu conseil jusqu'à deux heures. 11 n'est point du tout abattu des deux accès de fièvre qu'il a eus; il continue à prendre du quinquina de quatre heures en quatre heures le jour; mais la nuit on ne l'éveille point pour en prendre. — Tous les officiers généraux sont nommés pour les armées où ils serviront; c'est à peu près comme l'année passée, hormis Tallard, qui servira en Allemagne sous le maréchal de Lorges. — • On croit l'accommodement du roi de Danemark fait avec les HoUandois; les vaisseaux pris de part et d'autre seront rendus, et les HoUandoisdonneront quelque argent aux sujets du roi de Danemark qui avoient le plus souffert, pour les dédommager en partie.

Vendredi 16, à Versailles. — Le roi a fort bien passé

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toute la journée; ce matin il a entendu la messe à son ordinaire^ puis a tenu son conseil jusqu^à deux heures. Monseigneur a couru le loup, et au retour s'est promené dans les jardins avec madame la princesse de Conty . — M. de Luxembourg a été enfermé Taprès-dlnée avec le roi, et a eu une audience de deux grosses heures. — Tous les officiers généraux ont eu des lettres d'avis pour leur apprendre les armées où ils serviront cette campagne. -MM. les maréchaux de Villeroy et de Joyeuse serviront en Flandre sous M. de Luxembourg, comme Tannée passée; le maréchal de Boufflers commandera l'armée de la Meuse; le maréchal de Choiseul servira en Allemagne, sous le maréchal de Lorges; le maréchal de Catinat commandera en Piémont, et le maréchal de Noailles en Roussillon , comme l'année passée.

Samedi 17, à Versailles. — Le roi prit médecine , entendit la messe dans son lit, et tint conseil avec ses ministres. Monseigneur courut le cerf. — Voici la liste des officiers généraux qui servent cette année, mais ils ne sont pas dans leur ordre :

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