‹ Journal du marquis de Dangeau (volume 4)Chapitre 4 sur 8 · M\RS · texte numérisé non relu

M\RS

il n'y en iitlra point durant tdttt co foyage«<îi. Le roi a amené ote royage la jeune marquise de Belleftmds fet la marquise de Gondrin^ qui n'y étoîent pas encore venufes, et MM. d'BcqOtevilly le fils «t le marquis de Nesle.

Mereredi 2, à ilfiif/yi — Le roi tint le conseil d'État jusqu'à une heure , et Taprès-dlnée il se promena dans ses jardifis; le soir il travailla avec M. de Ghamillart chez madame de Maintenon. — On eut des lettres de Madrid du 22. La gro^seiàse de la reine d'Espagne ck)ntiilue fort heureusement. La princesse des Ursins écrit par son ordre à Langlée pour le prier de lui faire faire un lit et une tapisserie de broderie pour ses couches^ qui seront apparemment dans le mois d'août. Le diic de Berwick est allé faire un tour sur la frontière de Murcie. Il est public en ce pays-là que M. le duc d'Orléans y va commander uhb armée^ mais on en fait eneore un myistère ici. -^11 y a quelques officiers généraux à qui Ton a dit qu'ils ser^ viroient en Flandre, mais il y en a trois ou quatre ici à qUi on n'en a point parlé y et cela leur fait croire qu'ils ne serviront pas c^tte année. -^ Le soir^ avant soupél*, il y eut bal, où le roi ne demeura qu'un moment.

Jeudi 3, û Marly. — Le roi, après la messe, déjeuna avec Monseigneur) messeigneurs ses enfants^ madame la dùchèsse de Bourgogne, mesdames dfe Coeiivres> d'O et de Gondrin ; ils allèrent tous à la revue des régiments des gardes fivinooises et suisses qui se fit ver^ la plaine de Ouille; le roi les trouva plu$ beaux que jamais. Le roi y alla tout seul dans sa oalèche, et madame la duchesse de Bourgogne dans un des earfosses du roi, avec les trois da^ mes que j'ai nommées. — M. de Poutchartrain, qui est deùiëuré ce vbyàge-ci â Versailles, parce que madame sa femme est assez malade , apporta ici au roi la nouvelle qu^il étoit arrivé à Brest un vaisseau que le duc d'AlbuquerquO) vice-roi du Ifexique, envoie au roi d'Espagne > son maître, chargé d'un million d'écus pour S. M. C, c[ui est un donatif ; outre cela, ce vaisseau est chargé de

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trois millions d'écus pour des particuliers d'Espagne et de 300,000 écus pour les officiers de ramirauté. Le duc d'Albuquerque a envoyé cet argent au roi son maître dans le temps qu'il le savoit hors de Madrid et qu'il croyoit l'archiduc maître de toutes les épargnes, et avoit donné ordre au vaisseau de venir droit à quelque port de France. L'action du duc d'Albuquerque est fort louée et mérite de l'être.

Vendredi 4, à Marly. — Le roi , après la messe , alla courre le cerf et revint dîner ici à son ordinaire. Monseigneur courut le loup. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry allèrent tuer des sangliers dans la forêt de Saint-Germain. Le soir il y eut bal après souper; le roi vit danser une demi-heure et puis s'alla coucher; le bal dura jusqu'à trois heures du matin. — L'ancien évêque d'Autun (1) est mort ; il avoit cédé cet évèché à un de ses neveux. Il avoit conservé une abbaye qui vaut 25,000 livres de rente. Il avoit quatre-vingt-cinq ans, et avoit été mêlé dans beaucoup d'intrigues de cour*. — On a des lettres de M. de Rodes, qui commence à mollir sur toutes les espérances qu'il avoit données de la mine; on en a déjà fait à Bayonne quelque épreuve qui n'a pas réussi. M. delà Bourdonnaye, intendant de Guyenne, en a mauvaise opinion. On doit avoir fait, à Dax, le V de ce mois, la grande fonte dont on attend des nouvelles, qui apparemment feront voir qu'il s'est bien trompé.

* Cet évéque d'Autun étoit un vieux fripon, bien connu pour tel , et qui, par beaucoup d'esprit et d'intrigue, étoit arrivé là avec grande espérance d'aller plus loin. Il avoit été de bien des couleurs en sa vie; attaché à madame de Longueville , à M. le prince de Conty, son frère , valet à tout faire du cardinal Mazarin, et surtout des dames importantes d'alors; grand serviteur après des jésuites , en un mot, tout ce qu'il falloit être pour avoir du crédit et pour cheminer. C'est lui qui, recevant la cour, qui passoitpar son diocèse, et voyant l'archevêque de Reims, le Tellier, en admiration de son magnifique buffet, lui dit hum-

(1) Gabriel de Roquette.

blement : « Monseigneur, vous voyez là le bien des pauvres. — Mais, Monseigneur, lui répondit l'autre brutalement, vous auriez bien fait de leur en épargner la façon. » C'est, à ce qu'on dit alors, sur cet évêque d'Autun que Molière fit son Tartufe. 11 s'attacha sur là fin à la cour de Saint-Germain, non à la manière de M. de Nesmond, évêque de Bayeux, qui donnoit tous les ans dix mille écus au roi et à la reine d'Angleterre sans qu'on s'en soit jamais douté, et on ne l'a su qu'après sa mort ; mais M. d'Autun, qui se tortilloit toujours quelque part pour en tirer parti , se vanta d'avoir été miraculeusement guéri d'une fistule lacrymale par l'intercession du roi d'Angleterre. 11 en fit part à la reine sa veuve , au roi , à madame de Maintenon et le publia partout. La merveille ne dura que peu de jours, et la fistule de l'évêque parut de nouveau. Il en fut si honteux qu'il s'enfuit dans son diocèse , d'où il n'a guère sorti depuis. II avoit un neveu , qu'il eut pourtant le crédit de faire soncoadjuteur^ au grand regret d'un autre abbé Roquette, qui avoit de l'esprit et du manège encore plus , qui prêchoit et n'oublioit rien pour se faire évêque. Il avoit un frère, écuyer de madame la princesse de Conty, fille de M. le Prince, de laquelle il étoit aumônier, et y est mort vieux et blanc, sans avoir jamais pu s'en débourber.

Samedi 5, à Marly. — Le roi ne se promena point de tout le jour ; il fit un temps horrible. Il y eut une loterie chez madame de Maintenons l'après-dînée, gratis, comme le roi a accoutumé de les faire, et pour un petit nombre de dames. — Il est venu des nouvelles de Brest, par Fordinaire, qui grossissent fort celles que M. de Pontchartrain apporta au roi il y a deux jours. On mande à M. le comte de Toulouse quHl y a deux vaisseaux espagnols chargés de trente-un millions en argent et de beaucoup de marchandises riches; ils étoient convoyés par deux petits vaisseaux françois, sur lesquels il y a peu d^argent, mais beaucoup de bonnes marchandises. Les trenteun millions sont pour les Espagnols, et il y en a un peu plus de trois pour le roi d^Ëspagne. On croit qu'on enverra cet argent-là en Espagne par terre pour éviter les dangers de la mer; cependant M. de Pontchartrain, par les avis qu'il en a, croit toujours que la somme est beaucoup moindre qu'on ne le mande à M. le comte.

Dimanche 6, à Marly. — Le roi ne sortit du conseil

d'État qu'à une heure; raprèçhdlnée il sepfomeua dans sels jardins jusqu'à six. La couif d'Attgleterre a rrivë, id une demi-heure après; lé foi les ihenà tôiis chèzihadaine cie Maintenons et à sept heures le W commença. Le roi d'Angleterre et la princesse sa sœur dansèrent le pre* mier menuet; le roi vit danser durant près d'une heure et puis alla travaille^ thet lui avetî M. de ChamillaH, et là réiiie d'Aiiglétetrë l^etourrià chez madame de Maintenon. On se mit à' table avant dix heures ^ et après souper la cour d'Angleterre retourna à Saint*^rmain. Il n'y a ici que onze dames qui dansent et il y en àvoit treisie au«jôurd'hui, parcfe que la j^jrincessé d'Atigleterre et la duchesse dèBëtwick oiît dansé; les onze qiiî sont ici sont : madame la dUchesse de Bourgogne^ mesdemoiselles dé Gharolois, de Sens et de Gonty ; les duchesses de Saini^ Simon^ de Villeroy> de Duras et de Lauzun ; mesdames de Listenois, de Rupelmonde et de Bellefonds. M. le duc d'Oriéans n'a point dan^é de ce voyâgife. Lfes flâneurs sont : monseigneur le dUo deBerry, M. tediio d'Ehghîetij qùi> après le bal, rtstourne toujours â Versailles ^ te comte de Brionne, le prince Charles, les ducs de Montbazott, de la Feuillade et de Mortettiartj MM. de Nangis> de Beignelay , de Listenols, de Livry > de Nesle et d'Ec^ quevilly.

Lundi 7> à Marly. -^ Le roi^ après là messe; alla couï^re le cerf et revint dîner ici à son ordinaire; L'aprè#<dinée il se promena dans ses jardihs, et le sdir^ ehee madame de Haintenon, il tiï^vallla avec H; PelleU^t ^^ Lès régiments des gardes françoîses et suisses sont partis et marchent en Flandre. — ^ ïl y eut hier grand bal à Sceaux, où, malgré le vilain temps > on compta prèn de six cenls carrosses venus d^ Paris. Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne avoient proposé au roi de permettre aux masques de venir ici, où il y en auroit encore eu davantage ; mais le roi a cru que cela ne feroit que de Tembarras. — Les HoUandois font mar-

cher quelques troupes vers Munster pour soutenir les intérêts de l'évèque >de Paderborn ; il y a une nouvelle congrégation à Rome pour statuer sur lets deux élections^ mais il n'y a encore rien eu de décidé.

Mardi 8 , à Mturlyi -^ Le roi se promena tout le matin et toute TaprècHllnée dans ses jardins j le soir^ chez madame de Maintenons il travailla avec M. de Pontohar* train jusqu^à neuf heures et demie. Après soupei^ il y eut bal oà personne ne fut masqué^ il dura jusqu'à quatre heures du matin ^ mais le roi en sortit à minuit. — Il y eut un grand bal à Sceaux en masque ; on compta jusqu'à huit cent cinquante carrosses de masques venus de Paris. «^ Les équipage^ de M. le duc d'Orléans par** teni demain de PcLris, e( quand ils arriveront à Fontaine*bleiui ils trouveront leurs ordres poui^ la route qu'ils ont à prendre; personne ne doute que ce ne soit la route d'Espagne. On donne à ce prince trois lieutenants géné^ rauxy outoê ceux qu'il trouvera là; ces trois lieutenants ^néraux sont : d'Estaing> Aubeterre et d'Arennes ; six maréchaux de camp outi'e ceux qui y sont dégà; ces six maréchaux de camp sont: Fimarcon^ Fontbeausard^ Bh^ gny, Kercado, le chevalier deHaulevrier et.*..,

Mtreredi 9, é Marly. — Le [roi tint conseil d'État qui dura jusqu'à une heure ; Taprès-diiiée il se promena datis les jardins^ et le soir il travailla avec H. de Cha^ miliart ches madame de Maintenon. — Il est arrivé à Marseille une flotte marchande composée de dix gros v€Û88eaux et de neuf b6ù[*ques; sa charge est estimée plus de quatre millions. Ge sont plu46urs vaisseaux marchands qui étment dans les diverses Échelles du Levant, qui se sont mis sous l'escorte de trois vaisseaux dé guerre que le roi àvoit envoyés dans ces mers^là pour la sûreté du oommerce. — Il arriva hier un courrier de Mantoue qui apporte une dépêche, et longue, et tout en chiffres; on a passé la nuit à la déchiffrer, mais on ne dit rien de ce qu'elle contient. Ge qu'on sait seulement par les lettres

des particuliers, c'est que le courrier est parti du !•'' du mois et que tout étoit dans le même état à Mantoue et aux environs, où nos troupes sont.

Jeudi iO y à Marly, — Le roi, après lamesse^ alla courre le cerf; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa petite calèche; elle ne Ta voit point encore accompagné à la chasse depuis ses couches. Ils revinrent ici dîner à l'ordinaire. L'après-dlnée le roi se promena dans ses jardins, et madame la duchesse de Bourgogne alla à Saint-Germain voir la reine d'Angleterre. — On ne sait rien de certain encore sur le courrier arrivé de Mantoue; mais le bruit est fort répandu à Paris qu'il y a un traité fait avec le prince Eugène , par lequel il sera permis à toutes les troupes qui sont sous M. de Médavy de revenir en France en abandonnant toutes les places qui nous restent en Italie. On dit aussi à Paris qu'il y a un traité fait avec les HoUandois pour la paix générale; mais le détail des conditions se conte si différemment qu'on voit bien qu'il n'y a rien de sûr là-dessus; cependant il faut qu'il y ait quelques fondements , car il est certain qu'il y a des HoUandois qui sont souvent en conférences secrètes avec nos ministres.

Vendredi 1 1 , à Marly. — Le roi, après la messe, courut le cerf avec les chiens de M. le comte de Toulouse; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa calèche. L'après-dlnée le roi' se promena dans ses jardins. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry étoient à la chasse avec le roi. On a joué un jeu furieux ce voyage, et il y a eu plus de 100,000 francs de perte. — ; Les mécontents de Hongrie sont plus puissants que jamais^ et les troupes de l'empereur très-diminuées et en grand désordre. Le prince Ragotzki est entré en Transylvanie, dont il est presque le maître absolu. — Monseigneur ira jeudi à Anet, où il mènera monseigneur le duc de Berry et madame la princesse de Conty. — La revue des gardes du corps est remise au dernier jour de ce mois. — M. de

r MARS £707. 817

Vendôme aura dans son armée deux cents escadrons et six-vingts bataillons sans compter les troupes qu'on laissera dans les places.

Samedi 12, à Versailles. — Le roi, après la messe, Courut le cerf; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa calèche. L'après-dlnée il se promena dans les jardins et partit à six heures pour revenir ici. Monseigneur alla de Marly dîner à Meudon, où il demeurera jusqu'à mercredi. Madame la duchesse de Bourgogne joua l'après-dlnée jusqu'à cinq heures et puis revint ici. — n est public présentement que M. le duc d'Orléans va commander Tarmée d'Espagne , et qu'il partira dans quinze jours; il a envoyé àBayonne faire acheter beaucoup de mulets. Le roi d'Espagne demeurera à Madrid durant la campagne. On a reçu des lettres de ce pays-là du il ; la grossesse de la reine s'avance fort heureusement; on compte qu'elle accouchera au mois d'août. Elle a donné la commission à madame de Beauvilliers de faire faire la layette et d'éviter toutes les magnificences superflues. Le roi d'Espagne ne veut employer son argent que pour payer ses troupes.

Dimanche 13, à Versailles. — Le roi ne sortit du conseil qu'à une heure; l'après-dlnée il entendit le sermon avec toute la maison royale, et puis alla se promener à Trianon. Le soir il travailla avec M. de Chamillart chez madame deMaintenon. M. de Chamillart est incommodé, depuis quelques jours de vapeurs , qui ne l'empêchent pourtant pas de travailler. — M. d'Escorailles , colonel de dragons et qui avoit levé un nouveau régiment l'année passée. Ta vendu depuis quelques jours 72,000 francs à un gentilhomme qui étoit dans les mousquetaires qui s'appelle M. de Saumery, et M. d'Escorailles a acheté le régiment d'Anjou-cavalerie 25,000 écus de M. d'Alègre, quil'avoit à vendre depuis longtemps. — M. de Mézières, gouverneur d'Amiens et maréchal de camp , s'est marié depuis quelques jours à une demoiselle angloisc qui n'a

pas ^and bien, mais pour qui il avoit de l^amitié depuis longtemps*. ^— Monseigneur fut saigné à Meudon par précaution, comme il fait tous les six mois.

* Mézières, c|ui ^'appéloit l^éthisy, et de trà^-(WU de phosk9i doit m visage de grenouill&écra^ , enseveli danç s^ poitrine, et par devant et par derrière effroyablement bossu, et à voir il faisoit peine à respirer; beaucoup d'esprit, qiéme orné, une valeur brillante, du talent à la guerre et des hasards heureux le firent percer par Testime. Le manège ne lui inauqua p$uEi, et sa sœur, qui par de$ conveuapcos ângulières avoit épousé M. 4e Çharlus, devmt be)le-paère de paçidemôisêlle de Chçvreuse, laquelle épousa son fils le marquis de Lévis, dont elle fit la fortune, et contribua fort à celle de Mézières, son oncle. Celui-ci s'amouracha d'une aventurière angloise qui s'appeloit Ogietorp, demoiselle pourtant, mais dont la mère étoit blanchisseuse de la reine d*Aiir gl^terre et de plusieurs autres à Londres , ^t qyi étoit m^i une ma}* tresse commère. Sa QUe, non mpii^s intriguante et spirituelle , en Qt SOS preuves ici en plus d'une sorte , et plus d'un personnage qui feroient un roman, et aida fort son mari à s'enrichir et à achever de s'élever. Il avoit bonue opinion de lui au point de dégoûter, et qui allolt Jusqu'à sa figure qu'il rtyuatpit à tous les miroirs, et lui sourioit avec complal* sançe. Sa fortune à travers tant de coutredit Vavoit gâté etr^duiioperf tinent , jusqu'à se proposer d'aller à tout et de le mériter. Sa femme « après sa mort , a grandement et étrangement marié ses filles au prince de Montauban et à M. de Mouy.

J^tmdi l^j à Versailles . n» Le roi aJla tirer Taprèsdlnée et dina de booQe heure pour être plus longtemps à la chassev Mad^ipe la duchesse de Bourgogne^ avant que d'aller à U uiesse, eutradftps le cabinet du Foi par lagar lerie^ et y mena avac elle la marquise de la Y&llière pour remercier le roi, qui lui donna hier au soir la plaoe de dame du palais qu'avoit madame de Moutgon. Madame la duchesse de Bourgogae, qui ne demande jamais rien au roi pour personne y lui avoit demandé tràsHinstam*meut çette^place-làpour la marquise de la Vallière, qu'elle honora de son amitié depuis quelques aunées. L'après* ^née mouseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne allèrent à Meudon voir Mon«seigneur, qui vint au-devant d'eux dans le parC| et puis

il $e mit dans une calèche avec madame la duchesse de Bourgogne pour se promener. Monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne revinrent ici pour le souper du roi.

Mardi 16 1 à Fersatiies. -^ Le roi^ après le conseil de finance^ travailla encore avec M. de Chamillart. L^près^ dlnée il alla è la volerie pour la première fois de Tanoée ; madame la duchesee de Bourgogne y alla aussi et se mitd^nftune calèche découverte avec des dames. Monseigneur^ qui est à Heudon, prit médecine par pure prë* caution. -^ Le marquis de Grancey , qui est maréchal Ae camp depuis quelques mois^ a vendu son régiment fiff^ttOû francs au marquis de la Ghesnelaye^ frère de la duchease de Gesvrea; ce régiment est en Italie avec M. de Médavy. «^ Le roi a donné à Clément la charge de premier valet de chambre de madame la duchesse de Bourgogne^ qui n^avoit point encore été remplie, et cela pour récompense d'avoir accouché cette princesse. — L'empei<9ur devoit faire passer la princesse de Wolfenhuitel en fotalogne pour consommer son mariage avec l'archiduc; elle s'est faite catholique pour l'épouser.

Mercredi 16, à V&rsailU$. -^ Le roi tint conseil d'État le matîn^ alla au sermon l'après-dlnée et puis se promena dans les jardins ; le soir^ ches madame de Maintenons il travailla avec M. de Chamillart. Après le sermon mouseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne allèrent h pied à la paroisse ; madame la duchesse de Bourgogne y fit ses stations pour son jubilé, qu'on lui avoit remis à cause de ses couches. Ils revinrent de la paroisse à p^ed^ et entrèrent dans le jardin par la porte auprès de l'étang (1) et rejoignirent le roi & sa promenade. Monseigneur revint de Heudon et alla à la comédie; madame la duchesse de Bourgogne ne Ty

(l)L*élaiigdeClagny.

suivit point parce qu'elle fait son jubilé. — Le roi a donné une pension de 2,000 francs à H. de Bouzoles, mestre de camp de cavalerie, frère de Bouzoles, maréchal de camp. — M. Duchesne , premier médecin de monseigneur le duc de Bourgogne, est mort âgé de quatre-vingtonze ans.

Jeudi 17, à Versailles. — Le roi dîna de bonne heure et alla se promener à Marly, d'où il ne revint qu'à la nuit; Monseigneur alla à Anet, où il a mené monseigneur le duc de Berry et madame la princesse de Conty ; ils en reviendront mardi. Monseigneur le duc de Bourgogne joue presque tous les jours au billard à la guerre; madame la duchesse de Bourgogne, qui ne cherche qu'à loi plaire, s'est mise de ce jeu et y fait jouer quelques-unes de ses dames, et ce jeu-là dure du moins trois heures. — M. le maréchal de Tessé avoit prétendu, par les patentes qu'on lui avoit données, que le parlement de Grenoble lui devoit rendre les mêmes honneurs qu'au gouverneur naturel; ces honneurs-là sont plus grands qj'on ne les rend aux autres gouverneurs dans les provinces, et il vouloit aller au parlement, où le gouverneur est assis au-dessus du premier président. Le parlement n'a pas voulu lui rendre cet honneur, disant qu'il n'y en avoit aucun exemple. Le parlement a député ici; on a trouvé qu'ils avoient raison, et que cet honneur n'étoit dû qu'au gouverneur en titre.

Vendredi 18, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale allèrent au sermon l'après-dlnée ; après le sermon le roi entra chez madame de Maintenon et ne sortit point. — M. de Pontchartrain apporta le matin au roi la nouvelle que Duquesne-Monier, étant sorti de Brest avec l'escadre de vaisseaux qu'il commandoit, avoit trouvé quinze bâtiments anglois, escortés par deux vaisseaux de guerre , qui prirent la fuite dès qu'ils aperçurent notre escadre; de ces quinze bàiiments anglois, nous en avons pris quatorze et coulé l'autre A fond. Ces bâtiments que

Duquesne a envoyés à Brest, sont chargés de poudre, de fusils , de selles, de brides et de tout ce qu'il falloit pour raccommoder les troupes angloises qui sont en Espagne. Ils attendoient ce secours avec impatience, et cette priselàles incommodera fort, parce quHls manquent de beaucoup de choses qu'ils ne peuvent tirer que d'Angleterre et de Hollande, le Portugal, la Catalogne et le royaume de Valence ne leur pouvant rien fournir.

Samedi 19, à Versailles. — Le roi, après le conseil de finance , travailla avec M. de Chamillart; Taprès-dinée il alla à Marly. Le roi a donné l'abbaye de Poissy à madame de Mailly, fille du vieux marquis de Mailly (1). — Le roi a donné deux commissions de colonel à deux lieutenants aux gardes et à deux brigadiers des mousquetaires. — On mande d'Allemagne que la paix du czar avec le roi de Suède se fait par la médiation de l'électeur de Brandebourg, et qu'il y a un traité entre cet électeur, le roi de Suède, le roi Stanislas et te roi Auguste, qui veulent joindre leurs troupes ensemble, et qu'ils auront près décent mille hommes. — On a des lettres de Brescia du 8, qui portent que le château de Milan se défend fort bien et que, le 5, le marquis de la Floride, qui en est gouverneur, avoit fait une grande sortie où les assiégeants avoient perdu beaucoup de monde, qu'on leur avoit endoué douze pièces de canon et qu'ils avoient été obligés de changer l'attaque.

Dimanche 20, à Versailles. — Le roi ne sortit du con-

(1) « La foudre étant tombée, il y a quelques années, sur Téglise de la belle abbaye de Poissy, et la couverture en ayant été consumée, les religieuses convinrent , sous le bon plaisir du pape , que le roi nommeroit à Favenir la prieure de ce couvent. C'est ainsi que Ton doit nommer celle qui en occupe le premier rang, et non abbesse , quoiqu'au lieu du nom de prieuré et de prieure on se soit fait une habitude , en parlant de ce prieuré et, de la prieure, de dire abbaye et abbesse. L'accord dont je viens de vous parler a été fait en consécpience de ce que le roi a dépensé près de quatre cent mille livres à rétablir Féglise de cette maison. Le pape y a consenti, et Sa Majesté vient d'y nommer pour la première fois. » (Mercure de mars, pages 327 et 328. )

t, XI. 21

3Î2 JOURNAL PF. PANGEAU.

seil d'État qu'à une heure ; ^'après-(ilnéjB il pfltpi^4it l^ sermon ; madame la duchesse (ie Bourgogne, qui avoit une migraine violente, u'y laJla poipt. Apyès le ^erlQon le roi alla se promener à Trianon , et Je §ojr tr§,vai}l^ avec M. dpÇhamiUart. — M. le duc 4e ^eauymipî»§ fif flfl0 grande cloute dans le salon de mad^flae }a diipjips^ de Bourgogne ; il fut renversé p^r up porteur 4e ll^q^ipe ; il fut saigné dans le moment^ et \p soip il eut 1^ ^èvye et souffrit de grapdes douleurs. — Le rpi flouRe 2,QQQ ^cus de pension à Çab^nac, écuyer d<e Ja petite écurip^ qui quitte sa cl^arge , n'étant pias en état de servir. — : JjÇS provisions de dames du palais qu'ont eues n^esd^n^es de Gondrin et de la VaUière ont été expédiées pa|* \p secrétaire des commandements de pnadame la duchesse ^ Bourgogne , quoique les provisions des autres dames pussent été expédiées par M. de Ppntchartraip j pjajs ^bjï^ le temps qu'elles furent nommées la maison de ntadamela duchesse de Bourgogne n'étoit p^s encore faite, et }'on a mis les choses en règle , car les dames du palais ^p 1^ reine avoient leurs provisions dressées par le secrétaire des commandements de la reine.

Lundi 21 , à Versailles. — Le roi sortit d'assez bonfie heure du conseil de dépêches, où M. de Chamillart ne fut point, parce qu'il est toujours incommodé de ses yapeurs et qu'il a peine h se tenir debout; à ce conseil les secrétaires d'État, quoique ministres, y sont debout. L'après-dlnée le roi alla tirer, et le soir il travailla ^vec M. Pelletier. Madame la duchesse de Bourgogne prit médecine et, le soir, elle alla chez madame de Main tenon voir le roi et y joua jusqu'au souper. — Il y a eu une petite sédition dans Tévêché de Cahors sur Fédit des mariages et des baptêmes ; beaucoup de paysans ai»nés se voul oient emparer de la ville de Cahors, mais heureuse- ment il y avoit deux bataillons dedans qui |es ei^ pnl^ empêchés. On y fait marcher quelques troupes de celles qu'on envoie en Espagne , et on a envoyé ordre à ^I. T^

l>f4RS 1707. 323

6^ndr^ , intepdaat 4p MoQtaubân , de suspendrp Texécur tion de cet édit. Cahors est de Tintendance de Hontau* bap. ^— On ne doute point que raccommodement ne soit îf^i avec le prince Eugène pour f^ire venir en France les troupes qui sont sous M . de Hédav y^ eu évacuant les places que nous tenions encore pn Lopibardie.

Mardi 22, à Vers(]^ille$, — Lp roi, après le cpnseil de

finance, travailla encore q,yec ^. de ChamiUart; aprè^

(]lner il alla à la volerie, et le soir, chez madame

4e Alaintenpn , il ti*â.v^illa avec ^. de Pontcbartraii).

llfQUseigneur revint d'Anet ç^sn^s sa berline avec madame

la princesse de Çonty et arriva d^ns Ip temps que le roi

pi^rtoit ppur |a volerie. U^dam^ la^ucliesse de Bpnrgpgne

étoit à \^. volerie en calèplie, et on lui a permis de monter

à, cheval au premier jour, pour ces chasse&-là. Monseigneur

\^ di^c de Berry arriva, d'Anet dans le temps que le roi

^?evenoit delq. c|iasse. Le soir il y eut comédie. — V^^

semblée du clergé comq^^nça vendredi ; cette assemblée

:Ki'est que pour retirer trente-trois millions de billets de

:KUQnnoie, donj; le clergé payera Tintérèt au denier vingt-

«leux , et le roi leu^ assigne d^s fonds pour payer ces in-

~térèts^là ; pt les particuliers qui aurpnt donné leurs bU-

I|ets n'auront point affaire au roi , ils n^auront affaire

^u'au clergé ; aipsi c'est proprement le clergé qui prête

^on crédil^u roi pour retirer ces billets 4p monnoiprlà.

llferçredi 23, à Versailles. — J^e roi sortit du conseil

à midi; l'après-dlnée il donna ^ndie^pe à Tas^mblée àa

clergé. Le cardinal de Noailles , qu; en est président ,

portait la parojç et harangua à merveille ; il harangiia

aussi fort bien Monseignpur, chez qni ils allèrent en sor-

font de chez le roi; ils ne hîiranguent jamais que le rpi

et Monseigneur. Après les harangues du clergé, le rpi

alla au sermpn et puis il alla tirer ; le soir il travailla ^veç

M. de ChamiUart chez madame de Maintenon. — M. Ip

duc d'Orléans devoit partir samedi pour l'Espagne, mî|is

son départ est différé de huit jours, parce qu'une partie

des troupes qui vont servir sous lui ont été envoyées à Cahors pour dissiper les soulevés.

Jeudi 24, à Versailles. — Le roi dîna de bonne heure et alla se promener à Harly. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry coururent le loup, qu'ils prirent sur le bord de la rivière en deçà, près du pont de Sèvres. Le soir il y eut comédie. — M. le Premier, qui avoit suivi le roi à Marly et qui étoit parti d'ici pour Paris à sept heures , fut arrêté entre la ferme qui est à MM. de Saint- Victor et le cabaret qu'on appelle le Point-du-Jour. Il étoit dans son carrosse; on le fit monter sur le septième cheval de son attelage , sur lequel étoit monté le valet ou cocher quiluiportoitson flambeau. Le carrosse revînt ici, et Ton apprit par le cocher et les valets de pied qui le suivoient que M. le Premier avoit été enlevé par douze ou quinze hommes à cheval. On en rendit d'abord compte au roi, qui envoya ordre à M. de Chamillart, qui étoit à l'Étang, etàM. de Torcy, qui étoit à Paris, aux deux autres secrétaires d'État qui étoient restés à Versailles de faire partir des courriers pour aller en diligence sur les frontières avertir les gouverneurs d'envoyer des troupes sur tous les passages ; car le roi ne douta point que ce ne 'fût im parti des ennemis, d'autant plus qu'il étoit averti qu'un de leurs partis étoit entré dans l'Artois sans y faire aucun désordre et qu'il n'étoit point retourné dans leurs places. Le roi, avant son coucher, sut qu'on avoit arrêté à Sèvres un homme à cheval qui ne parloit pas bien françois et qui apparemment étoit de ce partilà; on le fait interroger, et on aiu^a par lui quelque éclaircissement. Le roi fit monter à cheval im brigadier avec vingt gardes pour aller droit à Saint-Denis. M. de Beringhen, fils de M. le Premier, monta à cheval aussi avec des écuyers et des pages du roi > et l'on prend tant de mesures qu'on ne doute pas qu'on ne rejoigne ces genslà et qu'on ne délivre M. le Premier, qui par sa sant^ n'est pas en état qu'on lui puisse faire faire une grande

diligence. Si Monseigneur^ à sa chasse^ eût passé la rivière et que la nuit fût survenue , peut-être auroit-il été en quelque danger, car on ne doute pas que ces genslà n'eussent de plus grands desseins que celui d'enlever un particulier*.

* Ce parti avoit résolu d'enlever Monseigneur ou un des princes ses fils : c'est pour cela qu'il demeura si longtemps sans rien faire. EnGn lassés d'attendre , dans la peur d'être découverts , trompés encore par la livrée et k carrosse du roi , ils enlevèrent le premier écuyer. Le roi en fut piqué à l'excès, et toutefois Guestein en fut traité avec des faveurs et couru de tout le monde, et à Paris , aux spectacles, des bourgeois et du peuple avec une admiration singulièrement indécente.

Vendredi^b, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale allèrent au sermon Taprès-dlnée , et puis le roi alla tirer. — L'honmie qu'on arrêta hier au soir à Sèvres étoit du parti qui enleva M. le Premier, il étoit leur guide ; c'est un coquin qui étoit venu comme marchand de chevaux et qui en avoit vendu même beaucoup. M. de Chamillort le fit venir Taprès-dlnée à l'Étang , où il Finterrogea lui-même. Il dit que c' étoit un parti de trente hommes, presque tous officiers, qui étoient sortis de Cour^ tray au conamencement du mois; qu'ils étoient commandés par un colonel des troupes de Hollande nommé Guestin (1), qui est un partisan de réputation; qu'ils dévoient mener leur prisonnier à Ath. Il parla fort insolemment à M. de Chamillart, qui le menaçoit ; il dit qu'il ne craignoit rien et qu'il étoit lieutenant de dragons, et. que le même traitement qu'on lui feroit ici, on le feroit à beaucoup de nos prisonniers qui valoient mieux que lui. On l'a envoyé à la Bastille. Il dit que Guestin a plusieurs relais d'honmies et de chevaux d'ici à Âth, que

(1) Le Mercure le nomme Quôntem et Qaeinterae. Dans les Additions de Saint-Siroon ce nom est écrit Guestein et dans ses Mémoires Guetem; enfin sur le manuscrit du Ministère des Affaires étrangères ce nom a été raturé et récrit Growestein.

326 jourjnaL tiE daugeau.

le premier relais étoit à la Morlaie auprès de Chantilly, où il y avoit une chaise roulante pour mettte le prisonnier. Le soir on apprit (Ju'un des gens de M. le Prince avoit pris dans la forêt de Chantilly un homme de ce parti-là avec deux valets qui menoient des chevaux. M. Ife Premier avoit déjà passé, et on Tavoit mis dans une chaise roulante , ne pouvant plus aller à cheval ; cela les retardera beaucoup et on ne doute point que tous lescouiriers qu'on a envoyés n'aient fait assez de diligence pour faire monter des trotipesà cheval, car nous en avons sur toute la frontière ; ils ont déjà passé l'Oise auprès de Verneuil (1).

Samedi 26, à Versailles. — Le roi sortit du conseil de finance à midi , ei Fàpi*ès-dlnëe il allât se promener à Màrly. Monseigneur allèi àïnët à Metlddtl et y mena madame la Duchesse. Le soir le roi travailla avec M. de Chamillart. Il y eut comédie; Madame n'y alla point, elle qui n'en nlanque jamais, parce qu'elle se trouva un peu incommodée. — Un capitaine dii régiment de Vassé apporta la nouvelle qu'on avoit rattrapé les gens qui enlevoient M. le Premier quatre lieues par delàHam; qil'îl étoit arrivé à Paris uri capitaine dii régiment de Livry qui en avoit apporté tous les détails; qu'il étoit venu devant parce que le capitaine de Livi*y, fort fatigué , avoit eu besoin de se reposer une demi-heure, et, pendant que le roi étoit à table , le capitaine de Livry arriva. C'est un maréchal des logis de Sa compagnie qui, à, la pointe du jour, a joint le colonel Guestin,^qui s'est rendu à lui sans résistance, voyant bien qu'il étoit suivi, M. le Premier étoit dans sa chaise en bonne santé. Il n'avoit que trois officiers dans ce temps-là^ et an s'est saUVé ; lé* deux autres sont prisonniers, et M. le Premier, qui couche à Ham ce soir, les y mène avec lui, Guestin, qui croyoit

(1) Voir la relation de l'enlèvement de M. de Beringhen dans le Mercure de mars, pages 397 à 408.

AlArtfe kioi. 327

toujours bien qu'on lé tejbiilûroit, d voit dit ^liisteilts fois à M. lé Ptëmier : « jrfbfisieùi*, VdiiS «tes itlbh pfisonriier, iiidis je serai bietitOt le tètré; fi cë|tëndànt là Sottitne étoit {iaôsée; M; le Pretliiër ëcfit à iliadàhié sa ferilttie et à M. de Chaniillârl , et lé rôi, à sbn âdiiper, liit lés deul lettres, où il se loue fort des bons traitemèiits (Jti'il a l*eéus dé BiiéStiil. — Le duc de NdailléS partit pbut» Petpigtlân, et M. de Chamillart, le fils, pour aller visiter les ti^oupes et les places en Flandre et en Alsace } le comte du Bourg est avec lui. Le duc de Noailles aura dans son armée en kôiissilloh dix bataillons et dix escadrons et deux maréchaux de caiiip àdùs lui. — On arrêta, à Sainl-Germain , Chérbert , qui a été longtelhpfe eil Ftàiice colonel d'un régiiùént suisSé; il étoit caché dans Saint-Gérmain. Sa conduite a été suspecte, cependant on espère i^ù'il se trouvera innocent.

Dimanche 27, à Versailles. — Le roi, après le conseil d'État, travailla avec M. de Chamillart; l'après-dinée il alla au sermon avec toute la famille royale ; ensuite il alla se promener à Trianon, et au retour il travailla avec M. de Chamillart. ^- La nomination des officiers généraux qui doivent servir cette année est faite, Inais nous n'aurons la liste que deinaiti. — On a mëîié Oherbért à la Bastille, et on à ptis Sii hbmmes qui ëtbiènt avec lui et Iju'il dit qui sont ses doinestiques. Depuis qu'il est sbi*ti de France , il est attaché à l'électeur de feàvière, qui l'a fait lieutenant général ; mais lé i*oi fa'a {)ks voulu qu'il roulât avec les lieutenants généraux de France , quoique les autres lieutenants généraux de M. l'électeur de Bavière y roulent. — Le marquis du Bourg, mestre de camp du régiment Royal, fils du comte du Bourg, lieutenant général , a épousé depuis quelques jours la fille du feu marquis de Rebé, quia toujours passé pour une grande héritière. — M. le Premier doit coucher aujourd'hui à Senlis et sera demain ici.

Lundi 28, à Versailles. — Lé roi prit médecine comme

il la prend tous les mois par précaution ; il entend ces jours-là la messe dans son lit avant que de prendre sa médecine, et c'est le premier médecin qui lui donne son bouillon deux heures après, et non pas le premier gentilhomme de la chambre. L'après-dinée le roi travailla avec M. Pelletier.

Voici la liste des officiers généraux qui serviront cette

année :

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