‹ Journal du marquis de Dangeau (volume 5)Chapitre 14 sur 15 · JUIN I7M · texte numérisé non relu

JUIN I7M

toutes les dévotionsi de la jquroée. Uonseigpeur cornrnunia avapt Je lever du roi ^n haut dans la cbapdle at madame la duchesse de Bouygqgne au3^ Récollets. Le soir Monsçigi^eur s'en alla à Meudon, où il a mané madame ]^ prince^sç de Gonty et plusieurs dames. Il atteindra le roi, qui y doit aller î^ercrf)di. Le roi;, avant que d'alley à l^ messe, tint le chapitre des chev^iers 4p l'Ordre; \\ pous dit que le roi d'Espagne sqnbç^itoit qu'il dq^^flô't Voydr^ du Saint-Esprit à ciqqde §çs sujets qui put les prinfûp«^les charges d'Espagne et qui ^ont des pins illustre^ maiso^^^, et ensuite le roi nous lut le» noms qu'il avqit éç^rits dai;^^ un petit hijlet; les voici :

Le cardinal Pprto-Carrero, n^ais il ne pourra ^trçi reçu que quand \\ y aura une plçwîe vacante parmi Jesj huit ecç4ésiastiques| * . .

Le duc de Medina-SidqniÉ|,, ca^Pialleri^o maycpr; il e«t de la Raison de Gi(|;maii.

Le comte de Benaveute; il est sommelier de coyp^^ il est de la maison de Pimentel.

Le marquis de Villafi^anca, mayprdamq m^ayor; il est de 1^ maison de Tolède,

Le duc d'Uceda, amijassadeur à Rome, de la m^i^on des ducs de Lerme de Sandoval**.

Le ferme de sommelier de corps e^t purement François ; ils Tout pris de la maison de Bourgogne et ne l'ont jamais changé eu Espi^gine.

* Lecardmal Porto-Carrero étoit Boccanegra.

** Le due d'Uceda n'étoit ni Lerme ni Sandoval, mais Acuiina y Pacheco. Caval^ri:i^Qmai/or^i le grapd éçuyer; (e sommelier €(u corpf^ le graftdcharnbellan; et le naa^ordome-m^jçir, ^e grand maître de la maison , qui précède les deux autres et même toujours tous les grands ; ainsi ils sont mal rangés ici entre eux, d'autant que les grands n'ont aucun rang d'ancienneté «sntre eux. Ces trois charges sont sans aucune proportion iufiniment au-dessus des trois pardUes de notie cour, excepta ce\le de prçsjidedt du conseil ^e Ca^tiLle , sans propp^r(io|) m compétence avec pas une au^çe d'Espagne.

Lundi S^y à YevsffiH^. -« Le foî sa ftt i^igaer le i^atin

m JOURNAL DE DANGEAU.

par pure précaution ; ensuite il tint le conseil comme à l'ordinaire et il n'alla à la messe qu'après le conseil. L'après-dlnée il travailla avec M. Pelletier, et le soir il s'alla promener à Trianon avec madame la duchesse de Bourgogne , madame de Haintenon et les dames du palais. — Le roi a fait lieutenant général M. de Zurlauben, qui a servi très-dignement durant le blocus de Mantoue et qui a battu souvent les ennemis. — On mande de Kaiserswert du dernier du mois passé que les assiégeants ont vingt pièces de canon en batterie et en auront cinquante dans deux jours ; ils en ont remis quatre pièces dans File, qui nous incommodent pour la communication du camp de M. de Tallard à la place. M. de Blainville a été légèrement blessé d'une tuile qui lui a tombé sur l'épaule, d'un coup de canon qui avoit -donné dans les toits. On vouloit mettre cinq nouveaux bataillons dans la place, mais tous les officiers des bataillons qui y sont depuis le siège demandent en grâce de n'être point relevés.

Mardi 6, à Versailles» — Le roi alla l'après-dlnée se promènera Marly. L'ambassadeur d'Espagne le remercia ' de la grande grâce qu'il lui procure du roi son maître, qui le fait vice-roi du Pérou; il n'en a pas encore les patentes. Cette vice-royauté vaut des sommes immenses , et Melchior Porto-Carrero, qu'on en retire, en rapporte', à ce qu'on prétend, plus de deux millions d'écus. On change aussi la vice-royauté du Mexique ; on Tôte à Montecuma pour la donner au duc d'Albuquerque. — Le roi a donné à M. deLocmaria, lieutenant général, le commandement de Metz et du pays Messin, qu'a voit le marquis de Varennes, qui fut pris ces jours passés. — Le roi de Suède approche de Varsovie; c'est là qu'il veut donner audience aux ambassadeurs de la république de Pologne. Le roi de Pologne s'est retiré à Cracovie fort peu accompagné; les troupes saxonnes qu'il devoit donner à l'empereur ont ordre de marcher en Silésie pour s'approcher de lui.

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Le cardinal primat est allé à Lowicz ; on le croit fort mécontent du gouvernement présent. Le roi de Suède dit toujours qu'il ne marche à Varsovie que pour faire déposer le roi de Pologne et qu'il ne veut point faire la guerre à la république.

Mercredi 7, à Meudon^ — Le roi partit à six heures de Versailles pour venir ici; madame la duchesse de Bourgogne y vint en sortant de dîner. Elle trouva Monseigneur qui étoit encore à table ; il revenoit de courre le loup. Le roi , en arrivant ici , s'alla promener dans les jardins jusqu'à la nuit; il nous dit à la promenade que les dernières lettres • de Kaiserswert portoient que les ennemis avoient cinquante pièces de canon en bat^ terie, qu'en deux jours ils avoient fait un travail d'environ dix toises sur le glacis. Le duc de Mortemart est entré dans la place avec les deux bataillons de son régiment ; on croit que les assiégeants attaqueront la contrescarpe ces jours ici. — On a des lettres de notre armée d'Italie du 29 , mais il n'y en a point de M. de Vendôme; il fait assiéger Castiglione délie Stiviere par M. deMontgon, et on croyoit qu'il seroit pris ce jour-là ou le lendemain. Un parti ennemi de trois cents chevaux, qui alloit porter Tordre au commandant de cette place d'en retirer sa garnison, a trouvé qu'elle étoit investie, et en revenant il a rencontré un de nos partis de deux cents chevaux qui, quoique plus foible, les a attaqués et battus; le commandant allemand a été pris, et ils se sont assez mal défendus.

Jeudi 8 , à Meudon. — Le roi se promena tout le matin etTaprès-dlnée dans les jardins avec Monseigneur, et Ton fit une pèche dans le grand étang où l'on prit de fort belles carpes, qu'on envoya à Marly. — On eut des nouvelles de Kaiserswert du 3. La place continue à se bien défendre, les assiégeants avancent fort peu ; cependant M. de Blainville mande qu'il croit que dans trois jours ils attaqueront la contrescarpe. — il arriva un

4^ jourjnaL de dangeau.

cmirriët^qui revient de N&ples. Il eti partit le 29 i^ti Matin^ fet ce jottt-là le toi d'Ej^fiag'ûe deVôit dohner audiëûbe au légat. Le domte d'EstréeS a pris les honûeurs de là gtalldesse et [devoit partir le lendèmaiû pour reveiiif à Toulon, où il trouvera M. le comte de Totdôuse arriré. S. M. Catholique a fait sa cavalcade, qui a été fort ma^lique, et le lendemain il reçut les serments de tous les cor^s de l'État* Le légat étoit atrivé avant cette céré^ monie. C'est la fonction de l'archevêque de Nâples de faire prêter les serments; c'est le cardinal Oanteltni qui est archevêque ; il s'est offert à la faire quoique le pape n'ait pas encore reconnu le roi- d'Espagne roi de Naples: Il a dit même qu'il étoit tout prêt de renvoyer son chapeau plutôt que de manquer à la moindre chose qui pouvoit plaite au roi son maître; tnàis S. Mi Catholique l'en a dispensé, et c'est l'archevêque de Salefne qtil a fait la cérémonie* Quand Charles-Quint alla à Naplcii (c'est le dernier des rois d'Espagne qui y ait été ) , l'his-* toire marque que ce fut l'archevêque de Salertie qui flt prêter les serments â tous les corps de l'État; elle n'en marque pas la raison ,

Vendredi 9, à Meudùn. **- Le roi fut longtemps le matin avec le P. delà Chaise. M. Chamillart^ qui est à l'Étang, vint lui amener un courrier de M. de Vendôme, parti de Goïto du 3. M. de Vendôme envoie au roi dix drapeaux qu'on a pris dans Gastiglione délie Stiviere et qui sont tous pareils, ce qui marque que c'ei^ tout d'Uû même régiment. Cette place a duré quatre à cinq jours et auroit pu durer bien davantage, car elle est très-bonne; il y avoit dedans cinq cents hommes de pied et soixâJite chevaux, qui ont été faits prisonniers de guerre, et ttois cents paysans, qu'on a pris à discrétion et dont M ^ de Mantoue fera pendre le commandant et en décimera les autres. On a trouvé dans la place deux mille sacs de farine ou de grains, beaucoup de vin et bien des ni unir tions de guerre. Il y a des lettres de l'armée qui portent

que dans DMeiixano et les autres postes que les ennemis avoient sur le lac de Garde ils y ont laissé plus de vingt mille ëacs de grains. M. de Vendôme devoit marcher le 3 pour aller camper entre Castelluccio et Santar'Haria délie Grazie > qtd n^est qu'à un mille de la gauche des ennemis, mais la Fossa Maestta entre deux. H. de Yendôme compte de s^y retrancher comme les ennemis le sont de leur côté^ et cependant il verra du côté du bas Mincio et du côté du Pô ce qu'on peut faire pour les incommoder dans leur camp.

Samedi 10^ à Vefsaille$. -^ Le roi^ après diner à Meudon> alla se promener à Harly et ne revint ici qu'à la nuit. Madame la duchesse de Bourgogne demeura jusqu'à neuf heures à Meudon avec Monseigneur; elle y joua l'aprèsdlnée, et le soir se promena en calôche avec lui. 11 ne doit revenir ici que mardis mais madame la princesse de Gonty et les dames qu'il y avoit menées sont revenues. •^ Le roi a donné 35^000 écus à M. le maréchal de Boufflers> qui a été obligé d'augmenter sa dépense pendant que monseigneur le duc de Bourgogne n'avoit point ses équipages. — On a des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne du 7 < Il est toujours à Santen; mais il doit marcher au premier jour/ et on ne dit point encore de quel côté il tournera. Les lettres de Kaisers wert du 6 portent que les assiégeants ne sont plus qu'à huit où dix toises des angles saillants du chemin couvert; il leur est arrivé quatre bataillons des troupes que commande le comte d'Âthlone. — Le roi donne au comte de Tessé 50^000 livres de gratification pour la dépense extraordinaire qu'il a été obligé de faire durantleblocusde Mantoue^ etS. M. adonné au marquis de Tesséy son filsyâ|000 écus pour son voyage.

Dimanche 11, à Versailles. — Le roi, sur les cinq heures après dîner, alla à Meudon voir Monseigneur, à qui la fièvre avoit pris à onze heures par frisson pendant qu'il se promenoit dans ses jardins. Le froid dura deux heures et le chaud tout le jour, mais sans aucun accident. Mon-

seigneur en avoit déjà eu deux accès le mercredi et le vendredi pendant que le roi étoit à Meudon^ et il les avoit cachés. Madame la duchesse de Bourgogne alla à Meudon voir Monseigneur en sortant de table , et elle y demeura encore après le roi. — M. le Prince avoit une prétention à Naples de 50,000 livres de rente par madame la Princesse; ce bien-là venoit d'une Bonna Sforza, grand'mère, je crois, de Casimir, roi de Pologne. L'électeur palatin, soutenu par l'empereur, jouissoit de la moitié de ces biens-là durant le règne du feu roi d'Espagne ; ce roi ici remet M. le Prince en possession du total en attendant que l'affaire soit jugée àfond, et M. le Prince n'avoit jamais joui de rien. — Le marquis de Castel dos Bios, ambassadeur d'Espagne , a reçu la lettre du roi son maître qui le fait vice-roi du Pérou, et cette grande grâce est ae* compagnée de deux petites. Il le quitte des droits qu'on paye pour la grandesse et donne à son fils aine , qui sert volontaire dans l'armée d'Italie, là pension de fils aîné de grand qui sert à l'armée sans emploi ; cette pension est de 200 écus par mois, et on l'augmente à proportion des emplois qu'ils ont dans la suite.

Lundi 12, o Versailles. — Le roi prit médecine par précaution; l'après-dinée il tint le conseil qu'il auroit tenu le matin. Monseigneur arriva ixîi de Meudon sur les sept heures du soir; il commença à prendre du quinquina à deux heures du matin. Une heure après que la fièvre l'eut quitté , il dîna fort bien à Meudon et fut debout tout le jour. On espère que cette maladie n'aura aucune suite. — Le roi nous dit à son diner qu'il avoit reçu des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne du 9 ; ce prince devoit marcher le 10 au matin pour aller attaquer les ennemis qui sont toujours derrière la forêt de Ûèves. Il lui faut deux jours de marche, et il compte de les combattre aujourd'hui s'ils l'attendent dans leur camp, où apparemment ils sont bien retranchés. M. de Tallard doit marcher par une trouée de la forêt qui va à la droite dés ennemis,

Forte. Les quatre cents chevaux qu'ils avoient envoyés jusqu'auprès de Lodi sont rentrés dans leur camp par Borgo-Forte. — Le roi a donné à M. le comte Jean-â*nest de Lowenstein, frère cadet de madame de Dangeau, Tabbaye de Saint-Vincent de Laon, sur la démission qti'en donne le cardinal de Furstemberg, retentis fructibus; cette abbaye est considérable par son revenu et par ses collations , et le roi accorde rarement de pareilles grâces.

Mercredi 5, à Marly. — Le roi travailla encore l'aprèsdlnée avec M. de Chamillart, outre le conseil qu'il avoit tenu le matin. — On mande de Toulon que M. le comte de Toulouse de voit s'y embarquer dimanche passé; on croit qu'il va à Messine. — Il y a eu encore quelque petite conspiration dans le royaume de Naples depuis le départ du roi d'Espagne; mais elle a été découverte, et on ne croit pas que cela ait aucunes suites. — Il y a des lettres du maréchal de Catinat du dernier du mois ; il mande qu'il croit que le 28 la tranchée n'étoit pas encore ouverte à Landau. — M. de Neufchàtel, autrefois le chevalier de Soissons et que madame de Nemours a choisi pour son héritier il y a déjà quelques années, est à la dernière extrémité à Paris. — Le chevalier de Tilladet tomba avant- . hier dans une grande paralysie; il reçut l'extrême-onction et on le crut mort durant deux heures; on le croit présentement hors de danger. — Madame, qui étoit demeurée à Versailles avec la fièvre, est entièrement guérie et est venue ce soir ici pour y demeurer le reste du voyage. Jeudi 6, à Marly .— Le roi courut le cerf l'après-dlnée ; Monsieur étoit àla chasse. — ïl arriva un courrier de M. de Vendôme parti de vendredi dernier. Il trouva le roi d'Espagne, samedi matin, à une demi-lieue de Milan, escorté de beaucoup de troupes; il'devoit arriver le 3 à Crémone, où M. de Vendôme arrivera le même jour. Le 4 ils y doivent passer le Pô et marcher droit au pont de Borgo-Forte pour tâcher aie rompre et ôter au prince Eugène toute communication au delà du Pô. Ce prince voudra peut-être sou-

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tew spp poat, pt a pe seroit pas impossible qu'il vqviIù). pa^er et combattre Tarmée du voî 4'Esipagne, qui aura, outre le^trioupes qu'i} a apie^ées, quarpuate-cinq bp,tai|r lonset cipqu^nte-cinq esc^ppp 4^ ftosflaeilleurestrp^ipeSr l,e reste 4e T^ptre af mée et la garnison que i:^pus §.von8 4ai^^ Hq.]a1;û|:(p serput con^m^dés ^v le cpmte de Te^, qui demeurei?a daps pos retrancheipents le }png de la Fossa-Haestr^, avec ordre 4'entrer 4aps le Ser^-gUo si le prinpe Eugèpe le quitte ppiu* aller défpi^dr§ Ip poi^|i de Bprgo-Foîi;e, ou pour passer le b^s l^ncio si le prippe Epgène demeure 4^fts i^op camp. J^e roi d'Espagpe, après ayoir rompu le pont de Porgp-Fpyte, fer^ le siéjgp dp Bercellp fort à son aise .

Vendredi 7, 4 Jf^r/y . — Le roi fpt enfermé lopgtepaps le matin avec le P. de l^ Chaise e|; prit plaisir |'aprè^-4lnée à lui faire voip les emb^Uisî^ements qu'il a fait faire dans ses jardins. — Il ^iffiya bier ap sojr ui^ courrier 4p ordinal de |q,nson, quj est de retour à Rome ; il envoie au rpi la copie 4e la lettre 4u dpçd'Espalpp^au roi d'Espagne^ dans laquelle il lui rppd cpmpte d'une nouvelle conspiration dépouverte àNaplei^et;dontUa fait arrêter les principaux cppiplipps, Op np noi^ç en dit point encpre le détail ; on sait seulejfliept que le dpc de Noia^ 4e la mjadson de Caraffa , est un des plps coupables et qu'il est arrêtjS. M. de* Torcy eut ces jours passés une conversation avec le duc de Medinp-Celi 3,vant qu^op eût avis de cptte dernière conspiration , et le di^c lui dit que , s'il arrivoit des désordres à Naplps, il$ sepoient fomentés par quelques seigpeurs p.9,pQlitains qu'il lui nomma, et ce sopt là justem^pt ceux qui op); youlu fai^'e |?évolter le peuple. — J'appri$ qpe le roi ayoit iÇait dpux brigadiers d'infanterie^ IJ. de ftiaril^ac , colonel du Régiment de Languedoc, qui a parfaitement bien fait dans Kaiserswert , où il s'étpit jeté depuis l'ouverture de la tranchée , et l'autre est Valeiîles, qui étoit lieutenant dp roi dans Kaiserswert, où il a dignement seryj. — Jl arriva le matin ]i^n Jieijtenant des ga-

JUILLET t70«. Y^\

l^V^s oqmiflé le p^pvalxer dtî MffrjUac q^e Ip ^l^eyi^ljpr t|ti la PaiUetrie epvoie ^\\ roi poup lui i'^r4î'^ cprqptp ^'ui^p fprt jolie actip^q^'o^t f£j,ite les six galères que noi^^ ayons à Qstei^de, où elle^ pntraoïen^ un vaisseau hoUanclpis de i?oixai:^te pièces de canpp qu'elles ont attaqué pt pris à sjx lieues delà côte et à la portée ^^ c^non de ^oute l'espadre 4'Év«rtsen. Le pqpibfat a ^uré q^fttrp heures^ et c'e^t le fils de M§,lezieu , qiji est lieutenant ^e galère^ (jui a été 1^ premier à l'ahprdagis. Deux de nos galère^ ^.yoient pris le vaii^seau avant que les quatre s-utres îusse^^t arpiv^ps, parpe qpi'elles se préparoijBnt à attaquer un aijj;re vaisseai|j, qui n'pspit tenter de secourir celui qu'on a pfis. Nous ftvons per(^u en cette ocpasjon un neyeade M. Iq pardif^al de Jaqsqn^ qui éto^t lieutenant de galère. — Oq a npuvelle qpe la flottç ennemie étoit encore le 4 à File de \yight, mais qu'elle étoit toute prête à mettre à la voilé; il y a dessus cette flotte seize mille homn^es de troupes de débarquement, savoir dix mille Ariglois, cinq n^il|e. JlpUandpis pt n^ille volontaires.

Samedi 8, à Mqrly. — Il arriva un cqurrier de monseigneur le dup de Bourgogne, et le roi à la promenade nous lut la lettre de ce prince; elle e^t du 4. Il mande au roi qu'il esj; venu carçiper le 3 entre la Meuse et la Niers, ayant sa droite à Goch ; il a fait faire des ponts sur s^ gauche ppur pouvoir aller au fourrq,ge au delà de la Meuse. Les ennemis/ qui sont considéra|)lement fortifiés tant par les troupes qui pnt faij le siège de Kajsefswert qup par les secours qui leur sont arrivés d'Allemagne, ont repassé ^ Nimègue, où ils ont lejir droite , et leui? gauclje les rapproche de Grave. Monseigneur le duc de Bourgogne a faij; un détachement pour r§,rmée d'AÏlpmagne^ commp Ip rq} lui avoit ordonné; cp détachement est de douze bataillons et de quinze escadrons. Chamarande;, u^aréclifil fie camp^ le compianderq, jusqu'^ Thionville, pt là M. le marquis de Villars, Ijeiitenant général, le yjendra prendre; il commandera cp petit corps Réparé et serci

aux ordres du maréchal de Catinat. Monseigneur le duc de Bourgogne supplie le roi instamment dans sa lettre de le laisser à la tète de l'armée, et il espère, quoique son armée soit affaiblie par ce détachement et que celle des ennemis soit augmentée , pouvoir leur tenir tète et les empêcher de rien entreprendre.

Dimanche 9, à Marly. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire , il travailla l'après-dlnée avec M. de Chamillart. — Le roi nous apprit beaucoup de particularités de la dernière conspiration de Naples, La nuit du 8 au 9 du mois passé, les troupes qui sont dans la ville furent sous les armes; on changea tous les postes. Le vice-roi fit arrêter le duc de Noia , le prince de Trebisaccia et quelques moines. Les conspirateurs vouloient se servir du tourion des Carmes. Il y a une liste de vingtcinq personnes accusées d'en être complices. On accuse fort l'envoyé de Venise d'avoir fomenté ces troubles-là, et il y a déjà quelques jours que la république l'a rappelé à la prière du roi d'Espagne. On prétend qu'il avoit gagné beaucoup de gens avant que de partir et qu'il étoit gagné lui-même par le cardinal Grimani. Il y a trois capitaines du régiment des gardes napolitains soupçonnés; on dit même que l'honmie qui charge le fusil du roi d'Espagne à la chasse étoit gagné et qu'on en vouloit à sa personne. — Il y a des lettres du maréchal de Catinat qui portent que la tranchée doit avoir été ouverte à Landau le 3. Le roi des Romains partit de Vienne le 26 du mois passé pour venir commander à ce siège.

Lundi 10, à Marly, — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire , il travailla l'après-dlnée avec M. Pelletier, comme il fait tous les Ixmdis. — Les mousquetaires qui étoient demeurés à Paris ont ordre de s'en aller à Valogne en Normandie et sont en marche. — J'appris que M. de Rosmadec, chef d'escadre, étoit mort; il avoit le petit gouvernement de Redon en Bretagne, qui a été donné à M. de Nesmond, lieutenant général de la

marine; ce petit gouvernement vaut 1,000 écus de rente. On a su la mort de M. de Rosmadec par un courrier de M. de Château-Renaud venu de Brest, où il étoit arrivé sur un bâtiment que Château-Renaud avoit envoyé de l'Amérique, et ce courrier a eu ordre de ne point dire où étoit Château-Renaud ni s'il ramenoit les galions. — Le roi , après son petit coucher, appela M. de Bouillon, et l'on sut que c'étoit pour lui parler de son neveu, le prince d'Auvergne, qui avoit un régiment de cavalerie dans Tarmée du maréchal de Catinat; il a quitté son régiment, est allé trouver les ennemis à Weissembourg. On ne sait s'il prendra de remploi dans leurs troupes ou s'il s'en ira à Bergop-Zoom, qui est une terre à lui. — Monseigneur alla l'aprês-dlnée â Saint-Germain voir LL. MM. BB. ; madame la duchesse de Bourgogne y alla aussi après lui.

Mardi H y à Marly. — Le roi tint un petit conseil d'État le matin avant le conseil de finance. — Le chevalier de Tilladet mourut à Paris. Il étoit gouverneur d'Aire; il avoit deux commanderies à Malte assez bonnes; la plus considérable est celle de Piéton en Flandre, qui est la commanderie magistrale du grand prieuré de France, et le roi, qui adéjà recommandé au grand maître de Malte le bailli d'Armagnac, interposera encore pour lui ses offices dans cette occasion. — On eut des nouvelles de M. de Vendôme du & ; il étoit encore en son camp de Rivalte sur la Fossa-Maestra, mais le détachement qu'il a fait pour passer le Pô â Crémone est en marche. Albergotti, lieutenant général, qui étoit allé visiter nos fourrageurs, trouva un parti des ennemis de quatre cents chevaux; il n'en avoit que deux cents et ne laissa pas de les attaquer. Ils se retirèrent derrière un château où ils avoientde l'infanterie, et il les en chassa; le lieutenant-colonel du régiment du prince Eugène y a été tué. L'avantage a été tout entier de notre côté; mais nousy avons perdu Grandclos, lieutenanfrColoneldeRuffé, et le chevalier d'Albon, capitaine de carabiniers. Un autre

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