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été que quatre jours à venir de Milan ici. Les nouvelles que Tessé mande se rapportent à celles du marquis de Villars. On attend un grand corps de troupes dans le Tyrol ; il y en est même déjà arrivé quelques-unes qui ont avancé une tête en deçà de Trente sur TAdige. Tout se prépare à la guerre en Italie. — Le soir, chez madame de MaintenoUy le roi donna une longue audience au maréchal de Catinat, qui se prépare à partir pour aller se mettre à la tête de nos troupes en Italie. — On mande de Londres que les deux chambres du parlement ont résolu de lever trente mille matelots, et que Ton donnera à chacun d'eux pour leur paye quatre guinées par mois. Jmdi 11 j à Marly. — Le roi, en sortant de la messe, monta en calèche avec Madame et alla courre le daim. Il revint dîner ici avant que la chasse fût finie. Madame la duchesse de Bourgogne alla à Saint-Germain ; elle y mena Monsieur et beaucoup de dames. Le roi d'Angleterre se porte toujours de mieux en mieux. — Milord MiKort, qui a écrit cette lettre imprudente dont le roi Guillaume s'est servi pour animer le parlement contre nous , a été relégué à Angers. — La capitation est registrée et publiée ; elle sera plus forte que la dernière ; le roi a réservé à son conseil de taxer les courtisans *. — Le bruit court que le roi Guillaume envoie en Portugal le duc deSchomberg et M. de Ruvigny pour tâcher à faire entrer le roi de Portugal dans la ligue qu'ils veulent faire contre la France et TEspagne. Le roi de Portugal a plus de vingt mille hommes sur pied, mais il ne paroit pas qu'on ait ici aucune inquiétude sur sa conduite.
* On doit l'invention de la capitation à M. de Basville , conseiller d'État et intendant de Languedoc, où il a passé presque toute sa vie avec une autorité qui a connu peu de bornes. Il Tavoit proposée au chancelier de Pontchartrain, dès le temps qu'il étoit contrôleur général, qui n'en voulut jamais ouïr parler. Sa raison étoit que la facilité de cette imposition aviseroit à s'en servir et à l'augmenter sans cesse, et que par cela seul l'invention en étoit pernicieuse. L'événement a vérifié son raisonnement.
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rêftàt-tidi 18, à ilfdrf^. — Le Mi dUls à Onze heulres ëi puis alla dans là plaine d'Ouille faite là revue de SëS régiments des gardes frariçdises et stiisseS ; qui sont phïi béatix (Jilfe jamais. Ils n'ont ënfcbi^fe aufcuii otâte pdtfr rtië,rbhër; ifaai§ le t^i à ddnnê ordte S sfes gardcii An cbrps d'éti^ë frets entre le 45 fet lé 20 àVHl; d'afchëtfe* déS bidets ; le roi leur fait dôtiiièr IO83OW ftarifes pour ëelâ. — Le roi d'Esiiagbè a fdîtlë hiarquiS de Vilîft^Frafactt tell majordoilio-lnajôr bu gràtid înàltre de Sa maisdil, a cbn-^ firttié lé (CoiHtë de BènaVeiitë datii là ëUàrgë de âbiritilè^ lier del corps ou degràtidchfiltiibellan} le dttë de Hédins^ Sidoniaaété fait càvàHêrlÉO-mcfcjol» odgrftiid ëduyer, en lé place de Tamirantè. Dëssix geHtilshoittiiies de la ch&mbre qu'il a gardés j'en ai écrit tpltttrej les dëtbt dutfeS fioil» le duc de Sessa et don Âgostino de Yela^Cb ; il a fait quatre majordomes ordinaires, i^ui sont le marquis dfe la Alaméda, don Alexo de Guitnah, le iebmte de Priëgo et le tnarquis de Grillo. La charge de pt^ésideût du conseil d'Italie, qu'à voit le marquis de Villa-Francô; a été donnée au marquis de Mansera. Don Aiitonio de Ubilla a été cbhtihué dans la charge de secrétaire del dtspachù tihiversai. Le roi travaille avee luij avec le câl*ditial Porto- Carrero et don Emmanuel d'Arias> président du conseil de Càstillë, et tient conseil régulièrement deux hëilres le matin et deUx heures l'àprês-dittëe. 11 comtiiença lé 20 à s'habiller à l'esjJagtiole avec la goiiille (1) et se motitrt eU public dans cet habit-là. Il k fait général de la eàvalerie des Pays-Bas le marquis de ftpigny, qui avdit la même charge en Catalogue;
Samedi 19, à Versailles. — Le roi , au sortir de la messe & Marly, monta en calèche avec Madame et alla courre le cerf; il fit une totl belle chasse, et revint dîner à Marly. Il s'y promena jusqti'à là huit fet pl"S
(1) Ou golUU^ petite fraise.
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revint ici: Monseigneur alla tirer à Meuddil 6t rfetint ici aii Souper du roi, où il mangea beaucoup. Il entra datiS le cabinet du roi après sôii^er bomme à son ordinaire; il y fut même très-gai. Il descendit chez lui par le petit degré en riant, étant de la tiieilleure humeur du monde. Il se mit à son prie-Dieu et en se relevant il £Jerdit connoissancb; beaucoup de ses donleStiques montèrent chez le roi fort éperdus, cherchant M. Fagon et M. Félix. Le roii qiii étoit à son prie-Dieu^ desfcendit en bas par le flètit degré, qui est fort difficile, malgré un peu dfe goutte qui lui reste encore; il trouva Monsfeigneùr dans un triste état: Madame la duchesse dé Bourgogne y entta eii même temps que le roi. On ne peut rien s'imaginet* de plus triste que Fétat où tout le monde éloit. M. Félix saigna Monseigneur, qui se défendoit bontre la saignée et à qui la connoissance n'étoit pas encore revenue; elle lui reVint après la saignée. Il hous reconnût et nous nomma tous. Le roi se rapjirocha de lui, le pria de prendre les remèdes que M. Fagon lui fàisoit donner; Depuis ce moment Monseigneur fut toujours de mieux en niieiix ; il étoit environ mitiuit j et siii* les deux heures Téinétique qu'il avoit jpris en grande quantité conifnença à agir par haut et par bas. La nature fee dégagea, et il fut entièrement hors de péril. Le premier soin du roi, en entrant danslàfchambre de Monseigneur, futd'envbyer chercher un confesseur ; quand Monseigneur eut repris connoissance, il en demanda Un lui-même> et M. le curé demeuret toute la nuit dans sa chambre. Le roi en sortit à deux heures et déinié après avoir vu Teffet de Témétique, et donna ordre à M. Félix qu'on le vint éveiller s'il survendit le moindre accident. Le roi étôit dans îine affliction inconcevable, ne pouvant retenir ses larmes et n'ayant presque pas la force de parler. Madame la duchesse de Bourgogne fondoit ert lartnes. Toutes les princesses vinrent ; toutes les dames se relevèrent; M. de Chartres arriva de Saiilt-Cloud entre trois et quatre
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heures du matin ; Monseigneur le remercia d'être venu. Sur les cinq heures^ les médecins^ voyant que les remèdes avoient assez agi, crurent qu'il falloit laisser reposer Monseigneur, et tout le monde sortit de sa chambre. 11 n'y a plus nul danger au mal de Monseigneur. Ce n'étoit point une apoplexie; il n'a eu nulle convulsion; ni la bouche ni les yeux ne sont tournés; il ne reste aucun dép6t sur aucune partie; c'étoit plénitude de sang et ce que les médecins appellent jectus sanguinis, qui auroit été bien dangereux s'il avoit pris à Monseigneur dans son lit surtout, parce qu'il ne fait coucher personne dans sa chambre. Si le mal même Tavoit pris à Meudon ou en revenant, il n'auroit pu être secouru si à propos. Madame la duchesse de Bourgogne et les dames en sortirent à cinq heures et allèrent entendre la messe avant que de se coucher.
Dimanche 20, jour de Pâques-Fleuries, à Versailles. — Monseigneur a fort bien dormi depuis cinq heures; on lui a encore tiré quatre palettes de sang , outre les six qu'on lui avoit tirées cette nuit; il a passé la journée trèstranquiUement. Monsieur et Madame arrivèrent de Saint- Cloud à sept heures du matin. Le roi et madame la duchesse de Bourgogne, allèrent à dix heures et demie à Toffice. Madame la duchesse de Bourgogne, qui avoit fort veillé et qui s'étoit fort tourmentée, s'y trouva un peu mal, et comme elle avoit entendu la messe avant que de se coucher, le roi la fit sortir de la tribune, et dès qu'elle eut pris Tair et mangé un morceau elle se trouva si bien qu'elle suivit le roi l'après-dlnée au sermon. Avant que d'y aller, le roi passa chez Monseigneur, qui est fort tranquille et dans son état ordinaire ; il se lèvera demain. Monseigneur se confessa l'après-dlnée au P. de la Chaise. Après vêpres le roi tint conseil jusqu'à six heures, et puis revint encore chez Monseigneur. On a autant de joie présentement qu'on a eu d'affliction cette nuit. Madame la duchesse de Bourgogne joua le soir chez madame de
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Maintenon à son ordinaire. M. le Prince, qui étoit parti pour Chantilly, M. le Duc, qui étoit parti pour Saint- Maur, revinrent tous. Monsieur et Madame retournèrent le soir à Saint-Cloud. — M. de Dreux, gendre de M. de Chamillart, achète la charge de grand maître des cérémonies de France qu'avoit M. de Blainville; il en donne 220,000 livres , et le roi lui donne un brevet de retenue de 40,000 écus. Cette charge ne vaut que 4,000 francs de revenu ; les casuels montent encore à peu près autant. Ces casuels sont les mariages , les baptêmes les pompes funèbres et les TeDeum. Cette charge avoitété créée en 1585 pour M. de Rhodes (1); elle a demeuré cent ans juste dans leur maison. En 1685, M. de Rhodes d'aujourd'hui la vendit 80,000 écus à M. de Blainville. — M. de Croissy, frère de M. le maréchal de Catinat, mourut à Paris ; c'étoit un homme d'un grand mérite, qui avoit servi avec beaucoup de réputation et qui depuis avoir quitté le service menoit une vie fort' retirée et étoit dans une grande dévotion.
Lundi 21, à Versailles. — Monseigneur passa fort bien la nuit et fut encore saigné le matin. Le roi le vint voir avant que d'aller à la messe. Au sortir de la messe S. M. trouva dans la galerie M. le nonce, le connétable de Castille , les ambassadeurs d'Espagne , de Venise et de Sa-
(1) Guillaume Pot, sieur de Rhodes, fut fait prévôt et maître des cérémonies de Tordre du Saint-Esprit à sa création, en 1578. U étoit déjà grand maître des cérémonies. ( Note de Dangeau ).
U falloit ajouter que ce M. de Rhodes eut le choi\ d'être chevalier du Saint- Esprit à la première promotion qui s'en fît ou prévôt et maître des cérémonies dei'Ordre. Henri IH se plaisoit fort aux cérémonies, et étoit entêté de celles de ce nouvel ordre. Rhodes étoit déjà grand maître des cérémonies de France, et cela le détermina au choix ; mais il voulut faire preuve comme les chevaliers, et ce fut peut-être ce qui engagea le chancelier de Chivemy, qui fut le premier chancelier de Tordre du Saint-Esprit, de demander la même chose , tellement que ces deux charges sont demeurées en cette possession depuis. Il y avoit loin des Hurault aux Pot. Un Pot fut chevalier de la Toison d'or à Tinstitotion de cet ordre. Comme cette maison est éteinte , ce n'est pas la peine de s'y étendre. (Addition de Saint-Simon à la note de Dangeau,)
voie^ qui vei^oient lui faire compliment sui^ la mBiUeBr état de la santé de Monseigneur. Le roi iioi; conseil ensuite , et il le tint encore Taprès-dlnée , après quoi il Bedescendit chez Monseigneur^ qui fit jouer au brelistu daps sa chambre; mademoiselle de Melun teuoit sou jeu ; madame la duchesse de Bourgogne y passa toute F^rèsdlnée. — Le roi a choisi le marquis d'Urft ppur accompagner le roi d'Angleterre dans le voyage qu'il va faire à Bourbon ; il est chargé de lui faire rendre, dans toutes les villes de son passage^ les honneurs dus à la dignité jde roi. Quand S. M. B. alla en Irlande^ le roi avoit donné la même commission au comte de Mailly dans toute sa route jusqu'à Brest. Le roi d'Angleterre a témoigné beaifcoup de joie de l'attention qu'a eue S. M. en cette occasion ; il doit partir le mercredi d'après Pâques.
Mardi ^% à Versailles, r— Monseigneur pontinue de se porter de mieux en mieux; il a joué cette aprèsdinée dans sa chambre^ tenant la carte lui-mèma. Il q, vu tous les ambassadeurs et les ministres étrangers qjù sont venus lui fair^ compliment sur le rétablissi^meiit dp sa santé; il ne parolt plus qu'il ait été malade. Le roi alla l'après-dlnée se promener à Trianon et au retour il vint voir jouer Monseigneup. Madame la ducbpssp de 3our^ gogne passa toute l'aprés-dlnée chez Monseigneur^ qui est entièrement rétabli ; on lui permet de boire et de manger comme à son ordinaire. — Monseigneur a donné les grandes entrées chez lui à M . de Vendôme, pour qui il a toujours eu beaucoup d'amitié, t- M- l'électeur de Bavière doit être parti ce matin de Bruxelles; il s'en va à Munich et emmène avec lui toutes les troupes qu'il avoit en Flandrjg, hormis un régimpnt qu'il laisse à M. J'é^ecteup de Cologne, son frère; et M. l'électeur de Cologne lève quatre régiments qui seront commandés par geqs de différentes nations. Il a déjà choisi le François qu'il veut faire colonel; c'est Chasson ville , parent proche du marquis d'Huxelles et qui a longtemps été à Munich ', où