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146 JOURNAL DE DAIiGEAU.
le lendemain dans son Ut. — M. le marquis à» liaièfes, fils de feu H. Colbert y a ragrément 4u roi pour Ulieatenunce des chevau-légers d'AqjoUy que le roi a taxée i 132,000 francs; c'est ^iéguv qui la vend pour acheter de Tallard le gouvernement de Foi$. M. de Lipières étoitsottlieutenant dans la gendarmerie, et vendra sa charge ds moins 30,000 écus. — M. de Yassé épousa la fille del.k Plumier ; la noce se fit à Paris chez le p^re de laminée.
" Ce président le Bailleul étoit fils du surintendant deBfiiiaiMi,tf frère de la mère du maréchal d'Huxelles et de Samt-Gemum-Bofr pré , deux femmes de beaucoup d'esprit , bell« et giÉanta a )m temps, et qui, jusqu'à leur vieillesse, avoient conservé beaucoup im Le président étoit un fort honnête homme et fp^ homme de lia. qui avoit donne s;i eharge à son fils , et >ivoit retiré à Saint- Vidorèf la pieté , et avoit aussi conservé beaucoup d*amis. Son fils étoit unli» pauvre homme , et son petit-fils un misérable qui a Tendu n rln^
Lundi 1 1 . à .Ueudon. — Le roi partit de f nanon agrii sou diner. 11 {lassa à Versailles; il alla ypif Madame. B travailla quelt^uo temps chez lui avec MM. Pelletier et Vu- IxiiK ot donna InMucoup d'ordres pour rappartenientoiil couche t't qu'il fait chanj^er. 11 arriva ici av^^pt la nuit Monseigneur le duc de Bouriroj^m^et madame la duche$sf d*^ rM)uii;oiinu avoient au^M [)assê à Vei^Siiillcs et y avoifol vu Madame. — Il arriva le niatiu à Trianon un amrrier parti (le Madrid le 2 d«- ee nuiis. bt santé du due J'l^â^ eouri se ntaiilil. Le roi trKspai:ne envoie le collier Jeb Toi>on a monseigneur le duc de Berry et à M. le dw d\)rléaii>, eojniue aux deux seuls princes de France fû puis^rnt avi»ir droit à sa succession. S. M, C. enverra aussi tlan> ([Ui-liiues jours eet ordre à quelques seigueup i'raueois quon ne veut point eneoiv nommer. — Le vieil l»onl)ouniieBarlillat mourut à Paris; il avoit quatre-vinkldouzrans. Il a\oit été trésorier de la reine mèreetdepuij j^anle du trésor royal par eonuuission,aveç))çaucuu|id(' répulalion d'inlé^rité et de déisintéressement.
Mardi \2. à ilendon. — Le i*oi travailla le matin avw
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tmA.ljfw. û«uîiiH»e dei-.^ mrhr le I l.<fiD Hîwt l'4« Ska»>ie qu'il paaie ett BoUa&de es ÎBtcvlMi ififiarrr la nen^ en y airiiaBl. Mi émit e» n^aie l'A â Âei^ iambcf ovreivs e« <pe «im mal asaF-
•iî 13 . c Mrmipm. — Lf nM tint <i&ttml le malÎB 31a rapffvç^jiiKV- avei^ M. de CkaaûUaH. Il<*f>fi Ma rspres^^âioêie ao l-r^l&n aT«r madame la DoiQmanf2>ear ir due de Bc-oreoçne alla eooRV le BiklKi^fdr Bc*iiiofBe aveiT le»eiiieDsde M. ie eiL^mle im». Sor 1«> 9rpi he1lT«e!^. le nM alla <te pixMiieiier i«BeUd9cfae!<)S«r de &>iiriiKMnie, madame de Miiii»- [ Im dames da pilais. li«>Bseîfi»eor le duc de Boor- ■a aovper ebex M- le comte de TooI<hi<«p. — 11 aeiwiffiei d^^ M. de Gatinat parti le li aaîoir d'iVà fv maréchal «est campe, il mande an rv4 que les s Cont hier leurs trc^ape^ vers le bas de fAdig^. des qui ont déjà pasiê c^tte rivière s'a^amvnl Insda IV». où il> font un p>nt. à jvu pr^ à la haii- Ferrarvr : il y a entiv eux et nous des ruisseaux et nii impraticables. — Le nc^i a donné tous les qb vacants à Versailles. Le cardinal de Cotslin a tamiinal de Bouillon, et M. de Metz ivlui qu'avoit
M. le cardinal de Coislin , son oncle. Madame d'Elbeuf i celui qu'avoit madame d'Épinoy; madame la maréchak de Clérembault celui qu avoit M. de Souvré; madame k comtesse de Beuvron celui qu^avoit M. du Chesne. Ces deux logements sont fort près de Tappartement de Madame, qui les avoit demandés pour ces deux dames-là. Madame, d'Épinoy a la moitié de rappartementbasqu'avoit M. Chamillart avant que d'être secrétaire d'État ; l'autre moitié est donnée au duc de la Roche-Guyon. M. Pelletier a b moitié de lap^mrtement de madame Chamillart, au-dessa de madame d'Épinoy ; et la duchesse de Villeroy i l'autre moitié, au-dessus de M. de la Koclie-Guyon. M. de Souvré et les deux Bontemps ont les logements au-dess» de M. Pelletier et de la duchesse de Villeroy, — L'abbé Petit, conseiller de la grande chambre, est tombé, à Paris par sa fenêtre et s^esttué toutroide; il a laissé 100,OOOéaii il'argent comptant en espèces. — L'argent est préseutemcîut à Paris sur la place si commun qu'on le doniwà six pour cent. On fait payer tous les ofliciei*s de la maison du roi et toutes les pensions.
Jeudi li, (i Meudon, — Le roi se promena tout le matin d«ns les jardins bas, etl'après-dlnée sur les quatre heures il partit seul dans sa calèche et alla à Paris aux Invalides. Monseigneur étoit parti avant le roi et Ty attendoit. M* dame la duchesse de Bourgogne, dans un carrosse du roi| mtirehoit avant la calèche où étoit S. M. Ils mirent piedi terre dans la place qui est devant le d6me ; ils demeurèrent longtemps dans l'éghsc en admirant rarchitectare, qui est la plus belle que nous ayons en France. Ensoile on alla dans la maison, où Ton vit manger les invalida. Le roi en repaitit à sept heures pour venir ici (1) . MoBsei-
(I) -' Le jeudi 1 \ de ce iDois, le roi, qui pour lofh étoit à MeQdua,^iit^ |K)ur la seconde fois l'église des Invalides. Monsetjpieiir, mooseigiieurlf^ de Bourgogoe , madame la duchesse de Bourgogne et plusieurs damciifc M m\\» l'y aocoiii|Nigiièrent. Sa Majesté y arriva avant cinq brur»^
5mLIT 11
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J50 JOURNAL DE DANGKAU.
ne prendra point la qualité d'ambassadeur tant que M. k duc d'Harcourt sera en état d'agir. 11 croit qu'il servin mieux S. M. n'ayant point de caractère ; c'est lui-même qu'il Ta proposé, et on a approuvé sa proposition. — Pendant que le roi étoit aux Invalides, on apporta des lettnsi M. de Cbamillart^ que le roi lut avec Monseigneur dansli chambre des archives; nous n'avons point su ce quec'étoit que ces letti*es-là. — Il y a des lettres d^Espagne qoi portent que madame de Bracciano^ après avoir mené h reine en ce pays-là, y demeurera avec la charge de camerera-major, qui est comme dame d'honneur ici.
Vendredi 15, à Meudon. — Le roi travailla le matin avec M. le cardinal de Noailles et i>uis avec le P. de b Cliaise. L'après-dlnéc il courut le cerf dans le [larc d« Chaville avec les chiens que lui a donnés M. le chevalier de Lorraine, et au retour de la cliasse il i*égla avec M. de 1« Rochefoucauld tout ce qu'il falloit pour celte aufrmeBtation à l'équipage. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne étoient à la chasse. Le roi proi>ose de joindre les deux parcs de Meudon et de Chaville, ou de ne les laisser séparés que par un fossé et d'en abattre II muraille qui sépare les parcs. — Le roi a donné ordre» M. le maréchal do Villeroy de marcher vers la Moselle avec la plus grande partie de Tarméo qui est scius m»s ordres. M. de Tallard y est camjKÎ il y a déjà un mois; ou croit (jueM. le maréchal do Villeroy descendra vers le bas Rhin, où nous aurons plus de troupes ennemies à nous opjwser ([ue vei*s le haut Khin. — On mande de Vienne qu'on donnera la charge de président du conseil de guerre an comtede Mansfeld, que nous avons vu en France et qui ensuite fut ambassadeur en Espagne.
Samedi 16 , à Versailles. — Le roi repartit de Meudon le soir pour revenir ici, où il est logé dans son grand appartement. On ne passe plus par la galerie. Madame b duchesse de Bourgogne demeura jusqu'à neuf heures a Meudon avec Monseigneur et revint ici, laissant Monseï-
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stlt*, qtfl doit aller demaiti à Saln^Maur pour j être jtfà tnerfcWîdi. Madame la Duôhesse y ^ alléfe pour recevoir. — Sur les rieuf hèurèf^^ M. Chàmillart alla irèndre au roi qu'il étoil éttiré un otticier de dragons régitnetit d'AlbeM qui vient de la part de Bourgheiif, lUeut^^ant-bolonel^ qui demande ce régiment au roi, ahevalier d'Albert ayant été tué dans tiné action qui st {Idflséele 9 de ce mois entre FAdige et le Pu, k Cafpi. ne sait encore aucun détail de cette affaire , car il «t point arrivé d'autre courrier. C'étoit Saint-Frémont, féchal de camp, qui campoit à Carpi avec cinq régi- Itts de cavalerie ou de dragons, et de la manière que île rofBcier qui en est arrivé, les Allemands ont attaqtlé poste avec cimfuante escadrons , de Tinfanterio et du ion ; on Ta défendu longtemps, mais enfin nos troupes, Pès avoir fait dès merveilles, ont été obligées de céder. ÎHmanchê il, à Versailles. — Outre le conseil que le roi littenu le matin, il travailla encore toute Taprèsp^inée et sortit que sur le soir pour prendre l'air. — Il arriva un irrier de M. le maréchal de Catinat, parti de l'armée nte heures après l'action (jui se passa le 9. M. du Camnt, brigadier de dragons, et M. le chevalier d'Albert, colo- Ide dragons, iils de M. de Chevreuse, y ont été tués; le renient d'Albert y a fort souffert ; outre le colonel ils y tperdu six capitaines en pied et huit réformés et l)eau- Qp de subalternes. M.deTesséarrivanu commencement l'affaire, fit charger les dragons Tépée à la main ; ils éteni par sept fois à la charge et repoussèrent toujours ennemis; mais enfin l'infanterie et le canon que les emands firent passer un fossé, et qui nous prenoient * les flancs, obligèrent nos troupes à, se retirer, mais lK>n ordre et sans que les ennemis nous inquiétassent Ifl la retraite. Le prince Eugène de Savoie a été blessé 19 cette occasion-là , et ils ne savent ce qu'est devenu fi, un de leurs meilleurs officiers. Nos trou^jes ont fait r toute la valeur imaginable. Le comte de Tessé et
Itt JOURNAL inbaaugsau.
Swnt-Frémont^ maréchaiix da oampy y mai bien fut à leur ordinaire^ et les enoemiftanraMBi tel A se glorifier de ce petit siiocà»»là« — Le rai a àmaà le régiment qu'avoit le chevalier d'Albert A IL ]e:ndae d' Amiens» aon frère» qui en ayoit nn d'infanterki étliFiégiment de da Gamboat à M. de Givandaa, nniflMi h dragons réformé et fort estimé dans lecospe. -— Jlanm un courrier d'Espagne au rw qui apporta^mie kUn à S. H. C, par laquelle elle lui maadeqa'eUe a lûtleaM^ quis de Castal dos Rios grand d'Espagne, fin même 4ea|i le roi donna ordre à M. de Torcy de. lui mander deiiUr ici. Le soir, quand il entra chez le roi, S.>ll. fad.dit: « M. Tambassadeur» enfin Taffiaire est laite; le foi bm petit^fils me mande qu'il voosa iait grand. » LejMiBè lagrandesse n'est point encore eipUqoé» mabsffiremment c'est une grandesse qu'on vont qm pas» im enfants. L'ambassadeur a dit an roi en le jejnercinl: t( Sire» je suis grand d'Espagne, mais je ania grand Aipagne de France, car c'est ans bontés et à la pfnhDiNi de Votre Majesté que je dois cet bonneur. »
Lundi 18, à Venailles. — Le rm alla l'après^tiiéo» promener à Marly. Monseigneur, qui est à Saint-Hanr^y courut le loup ; monseigneur le duc de Bonigogne est avec lui. — On apprit le soir que le roi Guillaume étoita^ rivé en Hollande ; il débarqua jeudi au matin à Onng»- Polder et alla le seir coucher à la Haye. — M. du Cam* bout, qui a été tué à Faifaire de Garpi, avoitun peti* gouvernement dans son pays, qui vaut 1,000 écQS de rente ; le roi Ta donné à son fils et l'a fait capitaine ie dragons ; ce fils est fort jeune et ne fait que d'entrer dan^ les mousquetaires. — Le connétable Colonne s'est miseu devoir de présenter au pape la haquenée , comme il a accoutumé de la présenter pour le roi d'Espagne. Lepap^ n'a point voulu la recevoir ; il a pris acte du refus an pape. — M. de Villars , notre envoyé à Vienne, apermii' ^ sion de revenir ici , et Ton crcnt que M. d'Avanx aan
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bientôt la mâme permission ou le même ordre. Le comte de Zinsendwf croit aussi tous les jours recevoir le même oidre.
Mardi 19, à Versailles. — Le roi sortit k sept heures et alla tirer. Monseigneur le duc de Bourgofrne revint de Saint-Maur, d où Monseigneur ne partira que demain pour aller droità Mnrly. — M. d'Avaux mande qu'il a vu le roi Guillaume à la Haye, qu'il en a été très-bien reçu, que ce ]prince ne lui a parlé que de paix, lui répétant plusieurs fois qu'il étoit vieux et fort incommodé et qu'il ne devoit aÔDger qu'au repos; malgré ces discours-là, on croit qu'il ne songe qu'à la guerre, et M. d'Avaux revient incessamment. — Les officiers généraux de notre armée d'Allemagne , dont il y en avoit plusieurs qui étoient encore restés ici, ont onlre de se tenir prêts à partir; quelquesuns ont voulu prendre congé du roi, qui leur a dit qu'ils pouvoient encore demeurer dix ou douze jours. — Churehill, qui a été fait milord comte de Marl])orough, a suivi le roi (vuillaume, qui le fait son pléni[K)tentiaire pour la paix. — I^s troupes danoises que les HoUandois ont acheiées sont en marche; il y a déjà cinq mille Anglois d'arrivés, et nous comptons [que] toutes leui*s troupes jointes ensemble feront près de cent mille hommes ; mais elles ne pourront pas être jointes sitôt.
Mercredi 20, à Marly. — Outre le conseil du matin à l'ordinaire, le roi travailla encore -longtemps l'aprèsàïïïve à Versailles avant que de venir ici, et alla voir Madame avant que de travailler. Madame s<n'a du voyage ; roais elle ne viendra que dimanche, parce qu'elle ne veut point pai*oltre que le service de Monsieur ne soit fait, et il ne se fera que samedi — Monseigneur ivvint ici tout di'oit *fe Saint-Maur avec madame la Duchesse. — Le matin à Versailles le roi nomma pour chef d'escadre des lies de l'Amérique Ducasse, ancien officier «lui commande depuis longtemps aux habitations que nous avons dans l'ile de Saint-Domingue. — Mademoiselle de Croissy se marie à
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M. le marquis de Renel^ delà maison de Glermont d'Amboise et dont le père fut tué à Cambray étant lientenaot général et mesire de camp général de la cavalerie. Le f^arçon en se mai'iant aura 22^000 livres de fente en tonds de terre, et est capitaine de chevau-légers ; là demoiseik a une pension du roi de 4^000 francs; madame de Ci*oissy, sa mère, la nourrira durant quelques années, et on lui donne 40,000 écus d'argent comptant.
Jeudi 21, à Marly. — Le roi se promena le matin duB ses jardins avec mesdames de Maintenon, d'Hèudicoorl et de Dangeau. L^après-dinée S. M. courut le cerf danssoD parc. Monseigneur et M. le duc de Bourgogne étoieDi à la chasse, et monseigneur le duc de ^rry y vint de Versailles. — M. le marquis de Hochefort mourut à Pam api^s une longue et cruelle maladie ; il n'avoit jsmiis été marié. Madame de Blansac, sa soeur, est son unique héritière, et la succession est considérable ; il atoit une pension de 2,000 écus comme courtisan attaché h Monseigneur, qui est ce qu'on Appelle ordinairementr menin. — M. le premier président a acheté de M. de Vil— lequier la terre de Grosbois près de Paris ; il lui en donn«5 50,000 écus ; cette terre avoit été autrefois à MM. de Harlay ; ninsi M. le premier président a le plaisir de la fairtî n^ntrer dans sa maison. — Le roi a donné une ^rratitira^ Hon (le !2,000 francs à des Alleiirs, son envoyé auprès d*? Félecteur de ('ologne. Ix? roi en donne prescfue tous \^^ îins à la pliij)art de ses envoyés, pour peu qu'ils aient oc oasion de faire la moindre dépense extraordinaire.
Vendredi 22 , à Marly. — Le roi se promena le maliiï dans ses Jardins avec mesdames de Maintenon , de Gra-" mont et de Dantieau. Laprès-dlnée il sortit avec madame la duchesse; de Bourgogne et toutes ses dames. Il défendit que les courtisans le suivissent, et dans un de ses [»elits l)os(juets il iit une loterie de fort jolis bijoux. Madame (le Maintenon gagna le gi*os lot ; elle le redonna à tirer, f^ la duchesse de Sully le gagna. Le roi rentra après lalo-
nie et ressortit sur les sept heures ; il alla dans le bos- Uet où est le jeu des passes et y joua avec H. le duc d'Or- Sans et quelques courtisans. — L^empereur veut mettro u ban de Fempire M. le duc de Mantoue et ses deux prinipaux ministres pour avoir pris le parti de la France et le TEspagne contre lui ; il traite cette action de félonie, 3l donne la confiscation de ses États au prince Eugène de Savoie^ qui commande Farmée impériale en Itâlioi Tous te princes d'Italie et les princes d'Allemagne mètne auront raison de trouver cette procédure-là fort injuste et fort violente.
Samedi 28^ à Marly. — Le roi se promena tout le matin et toute Faprès-dlnée dans ses jardins; il nous dit à sa promenade qu'il n'imaginoit plus de [)ouvoir faire aucun embellissement à Marly, le lieu étant fort petit et aussi «né qu'il est. Monseigneur courut le loup et fit une fort lielle chasse ; il couroit dans la forêt de Saint-Gerniain, qui est plus belle que jamais par toutes les routes qu'on y a faites. — Monseigneur le duc de Bourgogne pwtit d'ici de grand matin et arriva à Saint-Denis avant neuf heures ; monseigneur le duc de Berry y étoit déjà afrivé de Versailles , et M. le duc d'Orléans, où il avoit couché [sic]. Le service de Monsieur commença bientôt ftpp^s. M. deSeigtielay i>ortoit laqucue du manteau de mon- «ijmeur le duc de Bourgogne, et M. de Chiverny jiortoit Je milieu du manteau. M. de Saumery portoit la queue <Ju manteau de monseigneur le duc de Berry, et H. de liwilly le milieu. M. de Cayeux portoit le bout de la queue de M. le duc d'Orléans, et M. d'Apremont en por- *^it le milieu. M. de DénonviUe marcboit auprès de mon- '^ijneur le duc de Berry comme son gouverneur, en l'ab- *Uce de M. le duc de Beauvilliers, qui est à Forges. l'Vchevéque de Bordeaux officia, assisté des évèques de f Soissons et de Mai*seille | .
DimanchB ^kj à Marhf. — Le roi tint conseil le matin ^ son ordinaire, et l'après-dlnée 11 alla à Saint^ermain
146 JOURHAL QE DANGEAU.
le lendemain dans son Ut. — M. le marqfiU d^ ( lils de feu H. Colbert , a ragréioent ^n roi po)ii tens^nc^ des chisvau-légers d'Ai\)ou, qu^ le roi i 13â,0DÛ francs; c'est ^éguv qui la vend pofir ac Tallard le gouvernement de Fou^. H. de Lipière^ ^j lieutenant dap§ la gendarmerie, et vendra sa cli moins 30,0PP écus. — H. de Vassé éppuça la ^Ue Premier ; la nqc^ se lit à Paris pbe^ le p^re d^ Ip
* Ce président le Bailleul étoit fîls du surintendant det(l frère de la mère du maréchal d'Huxelles et de Samt-Gen pré , deux femmes de beaucoup d*esprit , belles et galanb temps, et qui, jusqu'à leur vieillesse, ovoient cpnservé beauco Le président étoil qn fort honué^^ homme et fo]rt hommi qui avoit donné sii charge à son fils , et >ivoit retiré à Saint-\ la piété , et nvoit aussi conservé iK'aucoup d^amis. Son fils éti pauvre homme , et son petit-fils un misérable qui a Tendu
Lundi U, À ileudon. — Le roi partit de friam son diner. \l passa il Versailles ; il alla voi;* Um travailla quelque temps chez lui avec MH. Pelletiq l>an, et donna beaucoup d'ordries pour rap£)artea) coucUe et qu'il fajt elianyer. Il amya ici avifpt Monseigneur Iji; duc de Uourgogutî et mad^ime \f^{ de Bourgogne avoient ausîji passp à Versailleî^ et j vu Madame. — Il arriva le ijiatin à Trianon un parti de ^ladrid le 2 {\c ce mqis. La santé du du court se rétablit. Le roi d'Espagne envoie le CQ^ Toison à monscigpeur le duc de Berry et î^ JI d'OriéiUKs, cpnin^e aqx deux soûls princes de ¥ri puiss(Mit a,vpir droit à sa succession. S. }li. C. ai^ssj dans quelques jours cet ordre a quelque s< francois qu'on ne veut point encore nommer. — bonhonune Barlillat mourut à Paris ) il «^voit quatf douze ans. Il avoit été trésorier de la reine mèrpe garde du trésor royal par commissipn, avçp |>eau< réputiiUon d'iutéyrité et de désintéressement.
JUurilt 12, à Meudon. — Le roi travailla le ma
M. Ab Pontchartrain, et raprès-dinée il tint conseil de fi«- BaooeS) et puis alla se promener dans les jardins avec madame la duchesse de Bourgogne^ madame de Maintenon et les dames du palais. Monseigneur étoit à cheval à l'en- * loor de la calèche du roi^ et monseigneur le duc de Bourgogne jouoit au mail. — Le soir le roi donna à Blécourt, qui esten Espagne auprèsdu duo d'Harcourt, le gouvernement de Navarreins^ qui vaut 7,800 livres de rente. Bléooortdemandoit pour toute récompense de ses servicesune peosion de2^000 écus ; ainsi il a mieux qu'il ne demandoit. Le gouvernement de Navarreins vaquoit par la mort (i'Artagnan^ qui avoit plus de cent ans. — On eut des nouvelles d'Angleterre ; le parlement est prorogé jusqu'à la fin d'août . Le roi Guillaume de voit partir le 1 1 , cfui étoit hier, et l'on mande qu'il passe en Hollande en intention de nons déclarer la guerre en y arrivant. On écrit en même temps qu'il à les jambes ouvertes et que 0on mal augiDente tous les jours.
M0rcr$di 13, à JVÎsudon. — Le roi tint conseil le matin ^ travailla Taprès-dinée avec H. de Chamillart. Monseigoear joua l'après-dinée au brelan avec madame la DudiesBe. Monseigneur le duc de Bourgogne alla courre le daimdansleboisde Boulogne avec les chiens de M. le comte de Toulouse. Sur les sept heures, le roi alla se promener Bvec madame la duchesse de Bourgogne, madame de Main- ^OQ et les dames du palais. Monseigneur le duc de Bonr* Sogne alla souper chea M. le comte de Toulouse. — 11 ^vaun courrier de M. de Catinat parti le 8 au soir d'Os- ^Shhy où ce maréchal est campé. Il mande au roi que les ^nemis font filer leurs troupes vers le bas de l'Adige, 4 que celles qui ont déjà passé cefte rivière s'avancent ^ers le bas du Pô, où ils font un pont, à peu près à la hau- Bur de Ferrare ; il y a entre eux et nous des ruisseaux et l^ marais impraticables. — Le roi a donné tous les ^geiQeDts vacants à Versailles. Le cardinal de Coislin a ^luidu cardinal de Bouillon, et M. de Metz celui qu'avoit
M. le cardinal de Coislin , son oncle. Madame d'Elbeof i celui qu'avoit madame d'Ëpinoy; madame la maréchak de Clérembault celui qu avoit M. de Souvré; madame b comtesse de Beuvron celui qu'avoit M. du Ghesne. Ces deux logementssontfori près derappartemenideMadame, qui les avoit demandés pour ces deux dames-là. Madame, d'Épinoy a la moitié de Tappartement basqu'avoit H. Chftmillart avant que d'être secrétaire d'État ; Tautre moitié est donnée au duc de la Roche-Guyon. M. Pelletier a la moitié de 1 appartement de madame Chamillart, au-dessQS de madame d'Kpinoy ; et la duchesse de Villeroy a l'autre moitié, au-dessus de M. de la Roche-Guyon. M. de Souvré et les deux Bontemps ont les logements au-dessus de M. Pelletier et de la duchesse de Villeroy. — L'abbé Petit, conseiller de la grande chambre^ est tombé, à Paris par sa fenêtre et s'est tué tout roide; il a laissé 1 00,000 écas d'argent comptant en espèces. — L'argent est présentement à Paris sur la place si commun qu'on le donne à six pour cent. On fait payer tous les officiers de la maison du roi et toutes les pensions.
Jeudiik, à Metidon. — Le roi se promena tout le matin dans les jardins bas, et l'après-dinée sur les quatre heures il partit seul dans sa calèche et alla à Paris aux Invalides. Monseigneur étoit parti avant le roi et l'y attendoit. Madame la duchesse de Bourgogne^ dans un carrosse du roi) marchoit avant la calèche où étoit S. M. Ils mirent pied à terre dans la place qm est devant le dôme ; ils demeurèrent longtemps dans l'église en admirant rarchitectorc, qui est la plus belle que nous ayons en France. Ensuite on alla dans la maison, où Ton vit manger les Invalides. Le roi en repaitit à sept heures pour venir ici (1) . 1100861-
(1) <( Le jeudi 1 1 de ce mois, le roi, qui pour lor» étoit à Mendoii, ^iBtf^ |H>ur la secomle fois Kéglise des Invalides. Monseigneur, moosagpeur le di^ de Bourgogne , madame la duchesse de Bourgogne et plusieurs ôUBtt^ sa suite Vy accoin|Migiièrent. Sa Majesté y arriva avant cinq hf«rti f^
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gneur et monseigneur le duc de Bourgogne le suivirent. Madame la duchesse de Bourgogne alla des Invalides aux Petites Carmélites, qui en sont fort près, et puis alla au ccraps, où elle ne fit qu'un tour ; elle revint ici à dix heures. — Il arriva un courrier d'Espagne qui n'a delâeuréque sept jours à venir de Madrid ici. Le duc d'Hareourt continue à se porter mieux ; il commence à dicter et à signer. Ce courrier apporte les Toisons pour monseigneur le duc de Berry et M. le duc d'Orléans. M. de Marsin part pour cette ambassade et emporte deux lettres de créance, Tune comme ambassadeur extraordinaire et l'autre comme courtisan honoré de la confiance du roi ; il
le grand portail de la nouvelle église. Elle descendit de carrosse à plus décent pas de ce portaU, afin d'en voir la feçade de loin comme de près. Ue passa entre deux files d'Invalides sous les armes avec leurs officiers, cl tambour iNittant, et fit remarquer la grandeur et la richesse de Tarcliilettore à foute la compagnie. Ensuite Ton entra dans l'église dont au premin' coop d'œil tout le monde parut étonné, et demeura d'accord qu'il n'y aroH rien en France d'aussi superbe en ce genre, de b&ti avec tant de propreté et d'enrichi d'aussi belle sculpture. La coupe surprit infiniment , et Ton en admira la hauteur, les proportions et les bas-reliefs. L'on s'arrêta dans fc» chapelles, qui ne sont pas moins décorées de sculptures ni bâties avec ttoins de propreté. Le roi fit remarquer la beauté des marbres dont le tout est l*vé. Le grand autel, qui sert aussi à l'ancienne église qui se >oit derrière, *ï*«t encore qu'un modèle sur lequel on n'est pas tout à fait déterminé. Le roi ^ tout haut que les colonnes en dévoient être de marbre noir, et qu'elles sevoient entortillés de festons de bronze doré, et <|ue les chapiteaux et les bases Croient aussi de même matière, il ajouta qu'il étoit aisé de juger de quelle ■«Siiiiccnce seroit cette église lorsqu'on l'auroit entièrement achevée , et que •■ coQpe et les chapelles seroient peintes. Après qu'on eut bien examiné cet ^Mee, l'on tourna par derrière l'autel, et Sa Majesté man'.ha le loug de la '^MeégUseet entra dans la maison. Elle monta dans les corridors au premier •*«« second étage. Les dames se reposèrent quelque temps dans la salle des ^^Of^ et suivirent ensuite le roi au réfectoire, qui y vit souper nu grand nombre ^valides. Il examina leur pain et les viandes qui leur étoient servies. Au "oilrdu réfectoire, il alla voir l'apothicairerie, et se promena dans les salles "e l'infirmerie, dans lesquelles il n'y avoit poini de malades. On lui fit voir ^ on lit un Invalide de cent quatre ans en bonne santé. Le roi remonta en •ïTosse dans la seconde cour, et partit au bruit des tamlraurs et des trora- *tte« passant entre deux doubles files de soldats sous les armes dans l'avant- **»r. » (Af^ciire de juillet, pages 160 à 165.)
ne prendra point la qualité d'ambassadeur tant que H. k duc d'Hareourt sera en état d'agir. 11 croit qu'il senrin mieux S. M. n'ayant point de caractère ; c'est lui-même qu'il l'a proposé, et on a approuvé sa proposition. — Pendant que le roi étoit aux Invalides, on apporta des lettnsi M. de Chamillart^ que le roi lut avec Monseigneur dansli chambre des archives; nous n'avons point su ce quec'étoit que ces lettres-là. — Il y a des lettres d'Espagne qoi j portent que madame de Bracciano, après avoir mené la reine en ce pays-là, y demeurera avec la charge de camerera-major, qui est comme dame d'honneur ici.
Vendredi 15, à Meudon. — Le roi travailla le matin avec M. le cardinal de Noailles et puis avec le P. de la Chaise. L'après-dlnée il courut le cerf dans le parc de Cliaville avec les chiens que lui a donnés M. le chevalier de Lorraine^ et au retour de la chasse il régla avec M. de la Rochefoucauld tout ce qu'il falloit pour cette augmentation à Téquipaj^e. Monseigneur et monseigneui* le duc de Bourgogne étoient à la chasse. Le roi propose de joindre les deux parcs de Meudon et de Chaville, ou de ne les laisser séparés (jue par un fossé et d'en abalire la muraille qui sépai*e les parcs. — Le roi a donné ordre» M. le maréchal de Villeroy de marcher vers la Moselle avec la plus grande partie de rarniéo qui est sous st^ ordres. M. de Tallard y est cainjx'; il y a déjà un mois; on croii que M. le maréchal de Villeroy descendra vers le IwsRhin. où nous aurons plus de troupes ennemies à nous opposa que vers le haut Rhin. — On mande de Vienne quoB donnera la charge de président du conseil de guerre au comte de Mansfeld,, que nous avons vu en France et qui ensuite fut amhassadeur en Espagne.
Samedi 10 , à Versailles, — Le roi repartit de Meudon le soir pour revenir ici, où il est logé dans son grand appartement. On ne passe plus par la galerie. Madame la duchesse de Bourgogne demeura jusqu'à neuf heures i Meudon avec Monseigneur et revint ici, laissant Monsti-
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teUt, f^i doit aller dëtnaih h Sdlnt-Maur pour j être sqa^à tnertrr<)dî. Meldame la Daôhesi^ y èsH; allée pour f recevoir. — Sur les tieuf heures^ M. Chftmîllart alla ijn^ndre au roi qu'il étoi* AttWé un officier de dragons tt régitnetit d'Albert qui vient de la pArt de Boufgueiif, )tilieut€inant-6olonel^ qui demande ce régiment au roi, » chevalier d' Albert ayant été tué dans une action qui est pàBsée le 9 de ce mois entre TAdige et le Pô, à Carpi. •Il ne sait encore aucun détail de cette affaire, car il l'wt point arrivé d'autre courrier. C'étoil 8ftint-Frémont, saréchal de camp, qui campoit k Carpi avec cinq régiiieiits de cavalerie ou de dragons, et de la manière que «rleroflicierqul en est arrivé, les Allemands ont attaqtlé e poste avec cinquante escadrons , de l'infanterie et du anon; on l'a défendu longtemps, mais enfin nos troupes, près avoir fait des merveilles, ont été obligées de céder. IHmmchê il, à Versailles, — Outre le conseil que le roi voittenule matin, il travailla encore toute Taprès-dlnée et le sortit que sur le soir pour prendre Tair. — Il arriva un wirrier de M. le maréchal de Catinat^ pal*ti de l'armée •«nte heures après l'action ({ui se passa le 9. M. du Camout, brigadier de dragons, et M. le chevalier d'Albert, coloelde dragons, fils de M. deChevreuse,yontététués;leréiment d'Albert y a fort souffert ; outre le colonel ils y Eit perdu six capitaines en pied et huit réformés et beau- Hip de subalternes. M. de Tesséarrivaau commencement 5 l'affaire, fit charger les dragons l'épée à la main ; ils lèrent par tept fois h la charge et repoussèrent toujours i ennemis; mais enfin l'infanterie et le canon que les Uemands firent passer un fossé, et qui nous prenoient sir les flancs, obligèrent nos troupes à se retirer, mais Il bon ordre et sans que les ennemis nous inquiétassent 8H8 la retraite. Le prince Eugène de Savoie a été blessé Mw cette occasion-là , et ils ne savent ce qu'est devenu «Ifi, un de leurs meilleurs officiers. Nos trouiies ont fait ^f toute la valeur imaginable. Le comte de Tessé ot
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Saint-Frémont, maréchaux de camp, y ont parlaitem })ien fait à leur ordinaire, et les ennemis auroient tort se glorifier de ce petit succès-là. — Le roi a donné régiment qu'avoit le chevalier d^ Albert à M. le vida d'Amiens, son frère, qui en avoit un d^nfanterie, et le giment de du Cambout à M. de Givaudan , colonel dragons réformé et fort estimé dans le corps. — 11 an un courrier d'Espagne au roi qui apporta une lettre S. M. C, par laquelle elle lui mande qu'elle a fait le m quis de Castel dos Rios grand d^Espagne. En même teo le roi donna ordre à M. de Torcy de lui mander de ve ici. Le soir, quand il entra chez le roi, S. H. lui d « M. Fambassadeur, enfin Taifaire est faite ; le roi n petit-iils me mande qu'il vous a fait grand. » I^e détail la grandesse n'est point encore expliqué , mais ap nomment c'est une grandesse qu'on veut qui passe à enfants. L ambassadeur a dit au roi en le remerciao « Sire, je suis grand d'Espagne, mais je suis grand d' pagne de France , car cVst aux bontés et à la protect de Votre Majesté que je dois cet honneur. »
Lundi 18, à Versailles. — Le roi alla rapW^s-dlnée pi-omener à Marly. Monseigneur, qui est à Saint-Maur ooui-ut le loup ; monseigneur le duc de Bourgogne • avec lui. — On apprit le soir que le roi Guillaume étoiti rivé en Hollande : il débarqua jeudi au matin à Oninf Polder et alla le soir coucher à la Haye. — M. du Cai l)Oui , qui a été tué à l'affaire de Carpi , avoit un pe gouvernement dans son paj-s, qui vaut 1,000 écns rente ; le roi l'a donné à son fils et la fait capitaine dragons ; ce fils est fort jeune et ne fait que d'entrer da les mousquetaiivs. — Le connétable Colonne s'est mis< devoir de présenter au i)ape la haquenée , comme il aeooutumé de la présenter pom' le roi d'Elspagne. Lepa| n'a point voulu la recevoir: il a pris acte du refuse l>a|ie. — M. de Villars , notre envoyé à Vienne, apermi sion de revenir ici , et Ion croit que M. d'Avaux ani
bientôt la même permission ou le même ordre. Le comte ie Zina&endorf croit aussi tous les jours recevoir le même oidre.
Mardi 19, à Versailles. — Le roi sortit à sept heures et alla tirer. Monseigneur le duo de Bourgogne revint de Saint-Haur, d'où Monseigneur ne partira que demain pour aller droit à Marly . — M. d' A vaux mande qu'il a vu le roi Guillaume à la Haye, qu'il en a été très-bien reçu, que ce ^ce ne lui a parlé que de paix , lui répétant plusieurs fois qu'il étoit vieux et fort incommodé et qu'il ne devoit wager cpi'au repos; malgré ces discours-là, on croit qu'il ne songe qu'à la guerre, et M. d'Avaux revient incessamment. — Les officiers généraux de notre armée d'Allemagne, dont il y en avoit plusieurs qui étoient encore wrtés ici, ont ordre de se tenir prêts à partir; quelquesuns ont voulu prendre congé du roi, qui leur a dit qu'ils pouvoient encore demeurer dix ou douze jours. — Churohill, qui a été fait milord comte de Marlborough, a suivi le roi Guillaume, qui le fait son plénipotentiaire pour la paix. — Les troupes danoises que les Hollandois ont achetées sont en marche; il y a déjà cinq mille Anglois d'arrivés, et nous comptons [que] toutes leurs troupes jointes ensemble feront près de cent mille hommes ; mais elles ne pourront pas être jointes sitôt.
Mercredi 20, à Marly. — Outre le conseil du matin à l'ordinaire, le roi travailla encore -longtemps l'aprèsdlnée à Versailles avant que de venir ici, et alla voir Ma- ^me avant que de travailler. Madame sera du voyage ; mais elle ne viendra que dimanche, parce qu'elle ne veut P^^int paroltre que le service de Monsieur ne soit fait, et il ne se fera que samedi — Monseigneur revint ici tout droit de Saint-Maur avec madame la Duchesse. — Le matin à Versailles le roi nomma pour chef d'escadre des lies de i Amérique Ducasse, ancien officier qui commande depuis '^ngtemps aux habitations que nous avons dans l'Ile de ^int^Domingue. — Mademoiselle de Croissy se marie à
M. Iti marquiî) de Renel^ delà maison de Glermont d'Am boise et dont le père fut tué à Cambray étant lientenali côiitTal et mestre de camp général de la cavalerie, h pu*çou en se mariant aura 22^000 livres dfe rente en ftmdi (le terre, et est capitaine de chevao-légers ; \à demoisdli il une pension du roi de ^^000 francs; madame di Ci*oissy^ sa mère., la nourrira durant quelqdès années, e on lui donne ^0,000 écus d'argent comptant.
Jeudi ±i^ à Marly. — Le roi se promena le matin dad ses jardins avec mesdames de Maintenon, d'Hèudicou et de Dansreau. L'après-dlnée S. M. courut le cerf danssô (lare. Monseigneur et M. le duc de Bourgogne étoier ù lâchasse, et monsi'igneur le duc de BeiTj- y vintd Versailles. — M. le marquis de Rochefort mourut à Par apiTs une longue et cruelle maladie : il n'avoit jamfl été marié. Madame de Blanzac, sa sœur, est son un que héritière, et la succession est considérable ; il arc une pension de 2.000 éeus comme courtisan attaché Monseigneur, qui est ce qu'on appelle ordinaireme: menin. — M. le premier président a acheté de M. de Vi le([uier la terre de iirosbois prèsde Paris ; il lui en doni 50,000 écus : cette terre avoit été autrefois à MM. de Ha lay : ainsi M. le pn^mier président a le plaisir de la fair nnitrer dans sii maison. — Le roi a donné une gratilica tion de 2,000 francs à des Alleure, son envoyé auprès d l'électeur de t'ologne. Le roi en donne presque toos te ans à la phqKirt de ses envoyés, pour peu qu'ik aient oe oasion de faii*e la moindre dé{)ense extraordinaire.
Vendredi 22 . à Marly. — Le roi se promena le malii dans ses jai'dins avec mesdames de Maintenon , de Gra mont et de Dangeau. L'après-dlnée il sortit avec loadanM la duchess*» de Bourerogne et toutes ses dames. Il défendit que les courtisans le suivissent, et dans un de ses petits iKispietsil lit une loterie de fort jolis bijoux. îladaai€ lie Maintenon ga^^ua le irix^ lot : elle le redonna à tirer, el la duchesse de Sully le sugna. Le roi rentra après lalo"
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e et reflBortit sur les sept heures ; il alla dans le bosrt où est le jeu des passes et y joua avec H. le duc d'Or- 118 et quelques courtisans. — L'empereur veut mettre ban de Fempire M. le duo de Mantoue et ses deux prinaux ministres pour avoir pris le parti de la France et l'Espagne contre lui ; il traite cette action de félonie, lonne la confiscation de ses États au prince Eugène de oie^ qui commande Tarmée impériale en Italie^ Tous princes d'Italie et les princes d'Allemagne mèlne aut raison de trouver cette procédure-là fort injuste et ; violente.
Samedi 28, à Marly. — Le roi se promena tout le matin 3ute Tapràs-dlnée dans ses jardins; il nous dit à sa menade qu'il n^imaginoit plus de pouvoir faire aucun bellissement à Marly^ le lieu étant fort petit et aussi é qu'il est. Monseigneur courut le loup et fit une ï belle chasse ; il couroit dans la forêt de Saint-Gerin, qui est plus belle que jamais par toutes les routes on y a faites. — Monseigneur le duc de Bourgogne tit d'ici de grand matin et arriva à Saint-Denis avant if heures ; monseigneur le duc de Berry y étoit déjà ivé de Versailles, et M. le duc d'Orléans, où il avoit ché [iic]. Le service de Monsieur commença bientdit •es, M. deSeigtielay i>ortoit la queue du manteau demonmeur le duc de Bourgogne, et M. de Chiverny portoit Bilieu du manteau. M. de Saumery portoit la queue manteau de monseigneur le duc de Berry, et H. de îiUy le milieu. M. de Cayeux portoit le bout de la îue de M. le duc d'Orléans, et M. d'Apremont en porle milieu. M. de Dénonville marchoit auprès de mon* nieor le duc de Berry comme son gouverneur, en l'abce de M. le duc de Beauvilliers, qui est à Forges. t*chevèque de Bordeaux officia, assisté des évèques de dosons et de Marseille ] .
^manche â^, à Marly. — Le roi tint conseil le matin m ordinaire, et l'après-dlnée 11 alla à Saint^ermain
voir le roi et la reine d'Angleterre. La santé do roi d'Angleterre est un peu meilleure, mais ce n'est pas une santé sur laquelle on puisse compter. — M. le duc d'Orléans a demandé au roi pour M. de Cayeux une place dans ^Q^ dre à la première promotion, et le roi a trouvé bonqull le choisit pour avoir cet bonneur-là. — Le nonce du pape qui esta Vienne s'est plaint à Tempereur du désordre qoe les troupes impériales ont fait dans les terres de TÉglise, et aj outant même que s'il ne les f aisoit cesser promptement Sa Sainteté y chercheroit les remèdes les plus convenables, mais qu'il espéroit que S. M. I. lui donneroit sur cela toute la satisfaction qu'il pouvoit désirer. — M. de Savoie écrit au roi du 20 de ce mois, qui étoit mercredi , qu'il partiroit sans faute de Turin le samedi, ou tout au pins tard le dimanche, pour aller se mettre à la tète de notre armée d'Italie, et sa lettre est écrite en termes si forts et positifs qu'on ne doute pas qu'il n'y soit arrivé présentement. Le reste des troupes qu'il avoit promis de donner sont en marche. — Madame vint ici de Versailles l'aprèsrdlnée : elle soupa avec le roi, et sera ici le reste du voyage- /irunc/i 25, à Marly, — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire , il travailla l'après-dlnée avec M. Pelletier aux fortifications, et puis avec M. dePonchartrain aux affaires de la marine. — Il arriva le soir un courrier de M. de Catinat, parti du 19. Ce maréchal est cami>é sur le Mincio, sa gauche à Goïto ; sa droite s'éloigne un peu de la rivière et couvre Mantoue. Nous occujyons encore par des postes éloignés Ostiglia sur le Pô- Les ennemis sont dans le Véronois ; ils ont leur droite à Villafranca, et leur gauche le long des marais du Menapa. évitant le combat autant qu'ils peuvent. llsavoientjet<^ un pont sur le Pô qu'ils ont rompu, ils font courre le bruit dans leur armée qu'ils veulent passer le Mincio; en ce cas-là il nous seroit aisé de les combattre, et nous sommes beaucoup plus forts qu'eux ; mais s'ils demeurent dans le poste où ils sont présentement, on ne pourra pas lesyatia-
[uer» et il y a des lettres qui portent qu'ilss'y retranchent. 1 faut convenir que depuis qu'ils sont entrés en Italie ils «it fait de belles marches (1) .
Mardi 26, àUarly. — Le roi tint conseil de linances ie matin à son ordinaire^ et Taprès-dlnée il alla courre le cerf dans la forêt. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne étoient à la chasse ; monseigneur le duc de Berry y vint de Versailles. Après la chasse il y eutgrande collation dans la forêt. Madame la duchesse de Bourgogne partit d'ici sur les six heures aVec madame de Mainteûoû et beaucoup de dames , et arriva à la fin de la <Aasse. Madame la Duchesse avoit été de la chasse, ayant dans sa calèche mademoiselle de Bouillon et madame la dïHshesse d'Humières. Madame la princesse de Conty vint P^^ïu* la collation et amena beaucoup de dames avec elle, '^dame aUale matin au sortir du conseil chez le roi en ^tkte avec madame la duchesse d'Orléans, et Taprès- ^tSe, avec ce même habillement, elles allèrent à Saint- ^'^Onain voir le roi et la reine d'Angleterre. — Le soir il ■ï^ Va un courrier du maréch^ de Villeroy, et on donna ■Aï^c à tous les officiers généraux qui doivent ser\'ir dans >^ armée, dont il y en a encore plusieurs ici ou à Paris, ^ ivirtir incessamment pour se rendre à Limbourg les ^^Uiiers jours de la semaine prochaine.
Mercredi 27, à Marly. — Le roi ne sortit que fort tard P<^ur la promenade. 11 n'y a plus pas [sic] up homme 4^i travaille dans tout Marly ; tous les travaux y sont '^evés. Le roi se promena assez longtemps avec madame Ja duchesse de Bourgogne et avec Madame. Il veut que Madame soit de tout; il dit qu'elle est ici dans sa famille, H qu'ainsi il faut qu'elle vive comme les autres et qu'elle n'y soit pas retirée. — L'ordinaire d'Espagne arriva; on apprend que le duc d'Harcourt continue à se bien porter
(1) Il est remarquable âe. voir l>ai)meau rendre justice à rhabileté des 0|m^alioBA du prince Eugène au début de cette campagne de» ln)|iériao\.
et qu'il commence d'af^ir. — Le soir il arriva on oenmer de M. Pbélypeauxy noire ambassadeur à Turia ; il mande que M. de Savoie enlpariii dimanche et qu'il devait arriver ce jour-là même à Farmée. — Le courrier d'Espagne a apporté trois coUiers, un pour monseigneur le duc de Berry, uu pom*M. le duc d'Orléans et un pour le prince électoral de Bavière, que nous avons envoyé à M. Yâotteur, son père, qui recevra son iils ; le père est déjà chevalier de la Toison. Le roi fera de dimanche en huit jours à Versailles la cérémonie.
Jmdi^Sj à 3tarly. — Le roi ne sortit point le matin;il fut enfermé lou^iemps avec M. de Cbamlay. L'aprfedinée il courut le daim avec les chiens de M. le comte de Toulouse. Le soir il lit un orage qui a rompu quelques arbi*es dans les jardins. — La vieille duchesse de Ventes dour est morte dans ses terres de Normandie ; il en revient un assez gros bien à madame la princesse de Rohan^ sa petite-fille, et quelque chose aussi à madame la duchesse de Duras. — La charge de chef d* escadre qu'on « dount'e à Ducasse est une charge toute nouvelle ; elle a le titre de chef d'escadre des lies de F Amérique. Toutes les charges de chefs d'escadre ont aussi des titres différents, mais cela ne leur donne pas plus de crédit dans les mei-s dont ils pi>rtent le titi-e. Ducasse commandera dans les îles de rAmérique du jour de son brevet; mais dans lesaulre^ niei*s il n'y aura rang qu'après qu'il sera revenu en France, et les chefs d'escadre que le roi fera jus^ que-là seront avant lui. Il y a présentement trois places vacantes.
Vmdredi 29, à J/ar/y. — Le roi courut le cerf Taprèsdiuêe, ayant nuidame la duchesse de Bourgogne danss> calèche. Les espérances qu'on avoit eues de la grossesse de cette princesse ont cessé. Madame de Maintenon étoit à la chas^e dans une calèche avec mesdames de Grainont, d'Heudirourt et de Uangeau. — Avant que M. de Savoie \M\v\\\ pour Tannée, il avoit signé le contrat de oiaria^^^
|{J)Lp:t ivoi. lit
B lapnncesse sa fille avac le roi d'Espagne. Le marquis le Castel-Rodrigo^ ambassadeur d'Espagne , qui a sigm^ e contrat, a apporté à M. le prince de Carignan le pouffa du f*0i son maître pour épouser pette pripcess^, et la 3^rémolli^ s'ea doitfair^ à Turin à la fm du mois d'août. rrLe roi d'Espagne partira vers le 15 pour venir en Aragon jurer les privilèges des Aragonois^ et puis ira (^Uenlie^^aroalonel^ reine son épouse. Le ducd'Harcourt esr piireètre en état d'accompagner S. M- C. dans ce voyage. Samedi 30, à Ver$ailles. — Le roi ne partit de Marly ]tt6 sur les i^pt heures pour revenir ici. Madfime la dudiesse de Bourgogne y^demeura encpre une heure après loi. Monseigneur en partit dès le matin pour aller dîner àHeudon, où il ()^uleurera jusqu'à jeudi. — L'année de l|- le maréchal de ViUerpy nuirche sur trois colonnes , niais par étapes^ chose que Ton n'avoit peut-être jamais Tiie, pe qui est d'un ordre admirable. — Pour avoir plus WPmptementet plus commodément des nouvelles de l'ar- 91^ d'Italie^ le roi a réglé que deux fois laf semaine il en partiroit des courriers qui viendroientà Lyon> où ilsdon- A^ient leurs i>aquels au courrier ordinaire qui vient A Pf^is, etS. M. donne pour cela 2^000 francs par semaine ^fermiers des postes. — H. Ip duc de Savoie, avant que de partir de Turin, a reconnu les deux enfants qu'il a de Qfuj^ipe de Verrue *. Le fils se nommera le marquis de Siueet aura oO^OOp livres de repte d'apan^ige à vie; la We se nommera mademoiselle de Suze (1 j et aura 300^000 flancs une fois payés. Je crois que tout cela p' est à compter monnoie de Piémont, qui est fort au-dessous de ceUe ^ Ffançe.
* M. de Savoie imito le roi , et Timitera bientôt davantage en don- Mi cette bâtarde au prince do Carignan. Elle a trouvé l-herbe trop ^P^rfo en Pjéniont. Squ i^iari s'y t^st brpuillé ; elle Ta 9uiyi ici , pu e||e
(1) KUe aépoiiiié M. I(\princc <te Carignan » et est avec lui ep France (l(*ptiift Wnifiiriqgf aiu.— rai), {y'oiç du duc de Luf^ne^.),
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intrigue, gouverne et fourrage à merveille. Son frère est mort sa» avoir été marié. Pour d*apanages à des bâtards , ces deux tennei n'oot jamais été vus ensemble.
Dimanche 3i, à Versailles. — Le roi alla tirer Vw/tèsdlnéeet vit chasser une chienne nouvelle que lui adonnée Tablée Courtin. — Le roi d'Espagne mande au roi que sod intention seroit d'aller se mettre à la tète desarméesd'ltalÎQ qu'il prie très-instamment S. H. de ne sV point opposer et de lui permettre de tâcher de se rendre digne de Fhoaneur qu'il a d'être son petit-iils en imitant, autant qu'il pourra^ les grands exemples qu'il lui adonnés. Il ajoute qu'il croit que c'est un devoir indisi)ensable à un roi d'aller défendre ses États quand ils sont attaqués. 11 compte de consommer son mariage à Barcelone et de s'y enJwffquer ensuite pour passer en Italie, si les troupes de l'empereur y sont encore. Le roi approuve et loue fort le» intentions du roi d'Espagne; mais ou ne sait pas s il consentira qu'il passe en Italie cette année, d'autant plus qu'il nypourroit arriver au plus tôt qu'à la fin de septembre. — On mande d'^Ulemagne que le prince de Fursteml>erg est allé trouver le roi de Pologne, et que le gouve^ nement des États de Saxe a été donné à un prince de Saxe* Zeitz, cousin du roi de Pologne ou son oncle à la mode de Bretagne.
Lundi 1" aoti(, à Versailles. — Le roi prit médecine et alla à la messe à la chapelle avant que de la prendre; il tint conseil toute Taprès-dinée. — Madame la duchesse de Bourgogne alla se baigner dans la rivière au-dessous du port de Marly ; on fit tendre des tentes dans une lie qui est là, et après le bain eUe se coucha et joua jusqu*i la nuit dans ces tentes. — On a eu des nouvelles de M. de Catinat du 25 au soir ; les ennemis se sont étendus jusqu'à Bussolengo, en remontant FAdige, leur gauche toujours à Villafranca ; ils s'étendent pour chercher des fourrages, qui lem* manquent fort où ils sont. M. le duede Savoie étoit arrivé à notre armée. Nous avons fait avan-
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er un petit corps à Borghetto sur le Mincio en approbaiit da lac de Garde, et il y a en cet endroit un pont sur A rivière; d'un autre côté nous avons détaché dixou onze wiùUons que commande laChassagne^ l)rigadier, pour Fvder le pont que nous avons fait refaire sur le Pô en leeà d'Ostiglia, en cas que les ennemis^ ne pouvant subôttter longtemps où ils sont, voulussent passer le Pô pour nrtref dans le Modénois ou le Parmesan.
Mardi 2, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se ^mener à Trianon. Monseigneur le duc de Bourgogne lUaà Meudon diner avec Monseigneur, et y passa la journée. Madame la duchesse de Bourgogne alla se baigner Mmne le jour d'auparavant. — I^e roi a fait payer pour û«tte année la pension de madame d'Arpajon, quoique QM>iie longtemps avant Téchéance , grâce quil fait trèsevrement; elle est de 12,000 francs, et cela aidera à piyer quelques créanciers qui lui restent. — M. le duc 3b Mantouea fait son secrétaire d'État H. Bagliani *, qui BBt son envoyé ici depuis longtemps; il lui a donné filtre cela un marquisat auprès de Charleville qui vaut ^•00 livres de rente. — M. le duc d'Orléans a fait '. d'Apremont son chambellan ordinaire ; il y a 2,000 •eus d'appointements à cette charge, et il adonnéauche- ^er de Lons, neveu du comte de Gramont, une place te chambellan. Ces messieurs-là avoient toujours été fort ttachés à feu Monsieur, et sont gens de grande condition, lais fort pauvres.
• Ce M. Bagliani étoit im liomme d'esprit , d'honneur, fort instruit t de tant de mérite que, malgré l'exiguïté de son emploi de résident, ^ dTenvoyé de Mantoue depuis longues années , il étoit fort consisté des ministres, traité avec distinction , et avoit des amis considéet beaucoup d'amis. Il étoit aussi fort homme de bien , solit, quoique fort mêlé dans le monde.
Mercredi 3 , à Versailles. — Le roi alla tirer Taprt^f;- ^ée. Monseigneur courut le loup à Meudon, d'où il rei^ndra demain. Monseigneur le duc de Bourgogne et
fit JOURNAL OE DéHGIIlU
madame la duchwwe de Bomgdg— us ■utlkMÉfuiBlè
toat le jour. ~-M. le maréchal de Bolifllets tt
au roi ip'U l«î envoyât les offieiero géaéwi
servir dam aen armée » «4 oolte apfèa^teéftti iHb^
HÛllart leur a maadé de partir îmiwwiMipilirt. ttlift^
que IL fedttcdu]iaiiieetli.leoemledet«*IÉtofi
ne marehaioat point; le roi les relièDt ki|Mi^
la guerre soit dédaiée. — Le roi GtiillmnM eM teÉiit>
siter Bréda et quelques autres plaoes nt pttis eitlH
Loo chasser; sa santé est toujours
M. d'Avaux a pris oongé de MM. les
qui lui faifloie^t des instances pour retarder SM
mab (A s^est «muyé en ee pays ici d'avoijp mi
deur auprès d'eux avec qui ils ne fniÈXÂtsÂ
mesures qu'il falloit prendre pour ouneetfer lu
Jm^éik, à Vênailki. — Le roi aUa Fi prdmener à Marly, où il demeura jusqu'àlattint gneur revint ici de Heudon. Madame la dtMshMl Bourgogne alla se baigner au port de Màdy, pluie eût un peu tsouMé Tean. — Par les demiinB velles qu'on a eues de Madrid^ on apprend que loÉl ^ prépare pour le voyage du roi en Aragon , qui dsHdé rer trois mois, et que pendant son absence lecardîMi Porto-Carrero aura le pouvoir d'expédier les affaires ti« don Antonio de Ubilla, secrétaire du despacko sal. S. M. C. alla ces jours passés en chassant jss^ sa maison de la Sarsuela, où on a transporté le duc iHtt court pour y prendre Tair ; la duchesse d'Harcourt y«* arrivée. — On mande de Home que le pape a,écriteB«ii« à remj)ereur une leitre très-forte pour se plaindre de M que ses troupes étoient entrées sur \e» terres de Vt^'
(1) La rupture des relations diplomatiques avec la HoUaodeafl i ainsi que ooiu> rapprend Oangesau, à la reconnaissaiiee de Jacquet lU. Cdk^ Goonaissanre , quelque nialadh)ite quVlle ait pu être , n*a donc pa» mité i nqKure arec GiriHaume III, aimme on le troore partout réfiHé.
ilOUT i70t. f6:<
lie prince Ëagéne de Savoie en a fait de grandes excases Ml pape, qui lui a fait dire que, si dans dix jours il n'en mrimt^ Sa Sainteté prendroit les mesures qui lui conviens droient; mais comme les Allemands s'en sont retirés il y adéjà quelques jours, il n'est plus question de cela. — Le cardinal Petrucci * est mort laissant un septième chapean vacant.
* Ce Petrucci, évéque de Jesi, pensa perdre la pourpre pour les affaires des Molinos , et n'eût pas évité Finquisition sans elle , qui ne fatea pas de le tancer fortement [ sic ].
Ytndr^di 5, à Versailles. — Le roi vouloit aller tirer l'apès-dlnée^ mais la pluie l'obligea de demeurer ici. lUame la duchesse de Boui^ogne passa Taprès-dlnée chei madame la duchesse du Lude, qui est un peu incomuodée. — il arriva un courrier de M. d'Avaux, par lequel Où apprend que cet ambassadeur devoit partir de la tttye; malgré tous les préparatifs qui se font pour la gMte en ce pay^là, on croit encore ici qu'il n'y aura pwnt de guerre , au moins cette année. MM. les États Généraux ont fait réponse au mémoire que le roi avoit Bttvoyé à M. d' A vaux; leur réponse est en termes fort tapectueux pour le roi , mais elle ne va point au fait. Uparolt qu'ils craignent fort d'être attaqués. — M. ChanûUart a mis M. de Yilatte-Ghamillart^ son cousin^ dans Itt bureaux en la place qu'avoit M. de Saint-Pouanges iOQs M. de Barbezieux. Alexandre^ qui étoit son premier i^nunis et qui avoit fait la charge en chef depuis la Biûrt de M. de Barbezieux^ se retire ; le roi lui donne I9OOO écus de pension, et son fils fera sous M. de Vilatte %que son père faisoit sous M. de Saint-Pouanges.
Samedi 6, à Versailles. — Le roi alla tirer l'après-dlnée. '(>iiseigneur alla voir monter à cheval monseigneur le Hc de Berry, et l'après-dlnée il fit un tour à Meudon, 4 il vit un appartement qu'il a fait accommoder pour '^^dame. Madame la duchesse de Bourgogne alla faire
l%4 JOURINilL DE UANGEAU.
collation à laHénagerie. — Le soir on eut nouvelle que M. le prince Eugène faisoit passer le Mincio à sestroaptt entre Peschiera et Borghetto^ à un lieu qui s'appelk Saint-Liens; ces nouvelles sont du 28, à minuit H. de Bachevilliers, qui étoit avancé à Borghetto avec un 808 grand corps^ donna avis en même temps à M. de Catiait de la marche des ennemis et se mit en bataille. Le inaiéchaly apprenant que les ennemis passoient le Mincio, tt i)attre la générale , renvoya ses gros bagages à Hantoir vX alloit semetti'e en marche pour joindre le corps de M. Bachevilliei^s et aller ensuite attaquer les ennenis. M. le duc de Savoie et H. deVaudemontétoientd'avisqa*(i les attaquât de Tautre côté du Hincio pendant que b ennemis étoientàdemi passés; mais H. deCatinat ajogé à propos de les attaquer en deçà du Mincio, et on cnit présentement ici que le combat est donné , et on eoai^ d'en avoir la nouvelle mardi ou mercredi.
Dimanche 7, à Versailles. — Le roi, qui a aoconiw d'aller à la messe après son lever et dans la triboMt tint conseil jusqu'à midi et demi et puis descendit ci bas dans la chapelle, où il donna Tordre de la Toison à monseigneur le duc de Berry et ensuite à M. le ducd'0^ léans; ces princes, en prêtant leur serment, étoientà genoux devant le prie-Dieu du roi et sans carreaux, ayant une main sur l'évangile et l'autre sur le crucitix: et après le serment ils vinrent au côté di*oit du roi, qni étoit dans un fauteuil et qui leur mit au cou le collier de cet ordre. La cérémonie pour M. le duc d'Orléans ne se lit qu'après que celle de monseigneur le duc Berry M achevée. 11 y a plusieurs articles du serment ordinaire dont ils vsont dispensés par le roi d'Espagne ; ilsn'auroient pas pu aecepttn* Tordre sans cela. M. des Granges, maître des cérémonies, étoit en fonction , et M. deTorcy, chancelierde Tordre du Saint-Esprit, lisoit ceque le chancelier de la Toison d'or lit en pareille occasion; le ro> Ten avoit charjué. — M. le marquis de Renel épt^usa A
tew mademoiselle de Croissy ; la noce se fit chez malanie de Croissy, mère de la mariée. — Madame la luchesse de Bourgogne se trouva un peu incommolée le matin, mais cela ne Tempècha pas d'aller à BaintrCyr. Le frisson lui prit sur les trois heures ; elle revint ici fort vite , se mit au lit ; le frisson n'étoit pas encore fini à cinq heures. \je roi, qui avoit été tirer Taprè»^née, la vint voir au retour de la chasse et puis retomma encore chez elle avant souper. Sa fièvre fut assez tiolente, et cela rend le voyage que le roi devoit faire demain à Marly fort incertain (1). — M. de Saint-Hérem, capitaine et concierge de Fontainebleau , est mort en ses tees d'Auvergne, %é de quatre-vingts ans. M. de lootmorin, son fils, a les survivances de ses charges. M. de Saint-Hérem avoit une pension de 2,000 écus, et 9ù mourant il a fait prier M. de la Rochefoucauld, qui a toujours été de ses amis , de demander au roi cette penibo pour sa femme et ses deux filles, qui demeurent fort faavres. M. de la Rochefoucauld s est acquitté delà comtiission dont il étoit chargé , mais le roi ne s'est point oxpUqué là-dessus.
Lundi 8, à Marly. — Pendant que le roi étoit fe matin •u conseil à Versailles, il arriva un courrier de M. de VâQdemont, parti de Crémone le 2 de ce mois. Ce prince K8t. marché de ce c6té-là avec M. de Tessé etalloit camper se jour-là à Pizzighittone sur la rivière d'Adda; ils doivent trouver les derniers bataillons françois que nous UiToyons en Italie et qui descendent le long du Pô. M. le inc de Savoie et H. de Catinat suivent les ennemis qui lapais avoir p€issé le Mincio ont campé à Desenzano sur b bord du lac de Garde ; ils ne s'y sont point arrêtés et marchent vers Brescia. On croit qu'ils veulent passer rOglio; en ce cas ils trouveront M. deVaudemonten tète,
i I) Voir les détails de la maladie de la duchense de Bourgogne dans le Mereun d*août, |iageK 301 à 313.
lOG JOURNAL DE DAKGEAU.
parce que de Pizzigliittone il marchera sur celte rivière pour lui en disputer le pass(i^e , et M. de Savoie et H. de ('.atinat, qui les suivent^ les attaqueroient par derrière pendant que M, de Vaudemont et M. de Tessé les attaqueroienten tête. La moindi*e de nos deux armées qui sont séparées est plus forte que celle du prince Eugène. — iMadanie la duchesse de Bourgogne^ qui continue d avoir la lièvre^ eut un petit redoublement le matin; elle entendit la messie dans sa chambre^ et le soir, se trouvul un i)e\x mieux, elle ne voulut pas qu il y eût rien de changé au voya^'C que le roi avoit intention de faire ici. Elle monta en carrosse à Versailles sur les six heures et vint ici avec monseigneur le duc de Bourgogne , dw dame de Maintenon et quelques-unes de ses dames. 11 ne parut pas que le voyage l'eût incommodée, mais lalièm lui dure toujoui*s. — On tira à la maison de ville de Paris la grande loterie qui étoit de 1,900,000 francs; un l>anquier de Paris a eu le gi*os lot, qui est de 6,000 livres (le rente. — Madame la maréchale de ClérembaïUt est de ce voyage; elle n'étoit jamais venue ici ; machtme la dft- <^hessed'All)ert y est aussi, qui n'y étoit pas venue depuis lûen longt(>uips. Madame est ici; elle est de tous le^: voyages.
Mardi SK à Mari y. — 1^. i-oi tint le matin conseil de linances à son ordinaire, et raprès-dlnée il alla courre le (;erf dans son parc. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne étoient à la chasse avec lui. Madame la duchesse de Bourgogne eut la fièvre assez forte tout le Jour, et sur hîs six heures elle fut saignée, paixie qu on craiguoit cjue sa tête s'engageât et qu'elle étoit fort assoupie. Le soir il y eut musique; il n'y en avoit pas eu depuis la mort de Monsieur. — M. leducdo Savoie a écrit à son ambaswideur, qui a envoyé l'extrait de ses lettres sur les nouvelles, qui ne nous apprennent rien d'impo^ tant. M. de Catinat n'a rien écrit du tout depuis If 28 <ui soii" qu'il se i)réparoit à marcher de Goïto au\ emie-
A, après avoir renvoyé ses gros bagages à Mantotie. — roi de Portugal a prié le roi de lui envoyer quelques iciers; on lui envoie un vieux brigadier d'infanterie, i meslre de camp de cavalerie , un colonel de dra- 118 9 trois lieutenants-colonels^ trois majors^ quelques kiers d'artillerie , des ingénieurs et douze grenadiers lor dresser les grenadiers qu'il veut établir dans ses Kipes.
Mercredi 10, à Marlif. — Le matin madame la duease de Bourgogne se trouva considérablement plus il. M. Fagon crut qu'il n'y avoit point de temps à rdre pour lui donner de Témélique ; on lui en donna ries neuf heures. Sa tète étoil fort eml>arrassée ; elle nt dans un fort grand assoupissement; elle demeura lis heures en cet état-là sans que lémétique agit. A di on lui donna une médecine où il y avoit encore de taélique, et depuis qu elle eut pris ce remède elle se rta toujours de mieux en mieux , sa tète se dégagea^ «oupissemeni iinit et même la gaieté lui revint. Sur einq heures on lui donna un breuvage où il y avoit )ore de l'émétique. Sa fièvre diminue fort; elle en a irtant encore un j^eu. — Il arriva le soir un courrier . deTorcyqueM. de Phély peaux, notice ambassadeur \fès de M. de Savoie, envoie , qui a suivi S. A. R. A mée ; ce courrier est un aide de camp de Saint-Fré it. Les lettres sont du V. Notre armée principale est ue camper auprès de Caneto sur l'Oglio ; les ennemis eut encore à Desenzano sur le lac de (tarde. ^eudi 11, à Marlif, — Madame la duchesse de Hour- He passa assez bien la journée jusqu'à cinq heures , ièvre durant toujours pourtant. Le roi et la reine Qgleterre vinrent ici , descendirent au salon à leur iaaire. Le roi les mena chez madame la duchesse de irgogne ; dès qu'ils en furent sortis, le redoublement a fièvre parut et fut assez violent. Le roi, au sortir de t madame la duchesse dr Bourgofiiie, s<î promena
168 JOURNAL DE DANGËAU.
lougtemi)s avec LL. MM. BB., qui s'en retotmèrent i SaÎDi-Germain après la promenade. — La nuit pissée il 1 aiTÏva un courrier de M. de Catinat parti le k da camp d'Aqua-Negra, près de FOglio ; il mande que les ennemis sont encore à Desenzano. M. de la Rare, mestie de camp de cavalerie et frère de Mélac^ lieutenant génénl, a été tué commandant un de nos partis en ce pays-là. — M. le maréchal de Villeroy envoya un courrier ici poor rendre compte de la conférence qu'il a eue avec M. k maréchal de Boufflers ; ses troupes sont cantonnées dans les villes et bourgs des Ardennes.
Vendredi 12^ à Marly. — Le roi courut le oeif Taprès* dlnée ; Monseigneur et monseigneur le duo de Bourgogne étoientàla chasse avec lui. Madame la duchesse de Bourgogne passa la journée fort doucement; elle l'est pourtant pas tout à fait sans fièvre. Elle fut purgée le matin ; tous les remèdes qu on lui fait ont tout le succès qu'on en peut attendre. On croit qu'on la pourra transporter dimanche à Versailles. Le roi» qui devoit partir d'ici demain, n en partii-a que dimanche après TaToir vue monter en carrosse. — Il arriva deux courriers d'Italie, un de M. de Catinat et un de M. de Vaudemont : les ennemis sont toujours à Desenzano. I^ roi manda à M. de Catinat il y a deux jouis qu'il lui ordonnoit d'aller attaquer les ennemis. S. M. s'ennuie de les savoir en Italie , quoiqu'ils ne nous y fassent pas grand mal, et croit qu'il est honteux aux François de ne pas attaquer ^1). — M. de Villai's partit de Vienne les derniers
(1) Li's |>assages dos yfemoires de Dangeau i-elatils au maréchal de Catàtl et à ses oiRTations {HMidaiit raniiée 1701 complètent et expliquent fêMtment la rorresiwiidance de Chamillart, puhli^'e dans les Mémoires mihia»rti relatifs à la guerre de la succession d* EsjHigne , jKir le général PeW [Collection des documents in<'<)its sur Thistoire «le France). — l.#s Méminro^ Dnntjeau et la publication de M. le gênerai Pelet pnmvent que l'alÎMlW' di>grari»' non pas à c<iuse de sa philosophie, mais bien p^Mir la mollesrf tl'^'^ opérations et le peu de ca|>acité que le vainqueur de la Marsaille nK«tra dm* cette campagne.
jours du mois passée et Tempereur envoya ordre au comte de Zinzendorf , son envoyé , de prendre son audience de congé du roi.
Samedi 13, à Marly. — Madame la duchesse de Bourgogne fut assez mal toute la journée ; l'assoupissement revenoit^ et Ton fut obligé, le soir à onze heures , de la saigner du pied. Le roi et Monseigneur étoient dans sa chambre durant la saignée et y venoient à tous moments durant la journée. Monseigneur le duc de Bourgogne ne partoit point de son cabinet^ et est dans une grande désolation. — Sur les sept heures M. le maréchal de Villeroy arriva ici; les courtisans furent fort surpris de le voir. Dn'y avoit que le roi, Monseigneur et les ministres qui sussent qu'il devoit venir. 11 entra d'abord chez madame de HaintenoD, où il fut longtemps avec le roi. Une heure après qu'il fut arrivé, le duc de Villeroy, son fils, arriva aussi. Quand il sortit de chez madame de Maintenon, nous apprîmes tous que le roi Tenvoy oit commander Farmée d'Italie*. Uétoit à Saint^Veit dans le pays de Luxem-
L bourg quand il reçut ces ordres que le roi lui commanda détenir fort secrets. M. de Tallard commandera toutes les troupes qu'avoit M. le maréchal de Villeroy , mais il sera aux ordres du maréchal de Bouftlers. — Madame la duchesse de Bourgogne, après sa saignée du pied, de- Dwuida à se confesser ; et, comme son confesseur n'étoit
I point ici, ou lui envoya quérir le curé de Marly, à qui elle
f se confessa et dont elle fut très-contente.
' * Al. de Vaudeniont devoit sou être à l'empereur et surtout au
prince d'Orange, et personne ne s'étoit licencié avec tant d'audace 'Witre le roi personnellement. Il avott eu par ces deux canaux les pre- BBers emplois de Charles (1), et nommément le gouvernement général <b Milanois. 11 se trouvoit appuyé en France par une grande cabale VûgouvemoitChamillart, etsetrpuvoit frère de madame de lisle- *^nne, dont les deux filles étoient de très-principaux personnages à la
(I) Charie» If, roi d'Espagne.
cour. Son fils unique étoit dans Farraée du prince Eugène , dont M. M Commercy, fils de sa sœur, se trou voit la seconde personne. A?ee tooi cela ou se fioit à lui de tout, et rien dans Tarmée ne se délibéroitsani sa participation , et ou ne pouvoit comprendre qu'on ne pût fonner aucun projet que les ennemis à Tinstant n'agissent comme sHIsavoiat assisté à la délibération, ni envoyer qui que ce fût dehors qui ne trouvât, à point nommé, plus fort que soi et qui ne fût battu. Catinot, ans brigue et sans soutien que sa capacité et sa vertu, en porta tout leblioM comme prenant toujours mal ses mesures , et le maréchal de Villenoy fut choisi pour aller réparer ses torts.Il y fut reçu à Mariy, dèsqu'oole sut, comme Fange tutélaire. Il n'y eut que le maréchal de Duras qd, en possession de ne se contraindre sur quoi que cm^ soit, le trouvant le soir même de son arrivée au souper derrière la chaise du roi, lui frappi sur 1 épaule et lui dit : < Monsieur le maréchal , tout le monde vous fait des compliments de ce que vous allez faire en Italie : je vous garde , moi, le mien à votre retour. » Ce propos ouï du roi et de toute la compagnie en fit sourire la plupart et embarrassa fort le maréchal deVilleroy. On verra que M. de Duras n'eut pas la peine dehii faire le compliment promis.
Dimanche ikyàMarly. — I^e roi, après son lever, fui assez longtemps enfermé avec M. le maréchal de Villeroy cha M. de Chamillart; ensuite il alla à la messe à son ordinaire et puis au conseil, et fit retarder son diner pour y être plus longtemps. L'après-dlnée le roi s'enferma avec M. Chamillart, qui est aiwcz incommodé pour n'avoir pas pu être au conseil. \je soir le P. de la Chaise entra cheE le roi, qui m confessa. Madame la duchesse de Bou^ f5'otrne passa toute la journée fort doucement; elle fat fort purgée, et à sept heures elle commença à prendre du quinquina. — Le roi a nommé encore quatre lieutenants généraux et quatre maréchaux de camp pour l'armée d'Italie. Les lieutenants généraux sont MM. de Revel, qui est présentement en Savoie , le marquis de Créquy, Barbezi(^res et Villars, qui doit arriver demain à Paris, revenant de son emploi à Vienne. Les- maréchaux de camp sont M. le duc de Villeroy, Bezons, Albergotti et Montgon. On va leur envoyer leur ordre pour partir; car ils n'en savent encore rien. — M. le maréchal de Villeroy pw*
Dgé du i-oi Taprès-dlnée, et compte d'arriver de liuidi ihoit jours à Farinée.
tâmdi 15 , jour de la Noire-Dame , à Marly. — Le roi, onseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne firent on dévotions le matin. Le roi toucha quelques malades as Tallée entre la chapelle et le château. L aprèsinée, S. M. et toute la maison royale et toutes les dames lèrent entendre vèpi*es dans FégUse de la paroisse de irly et iLssistèrent à la procession. — Il y avoit trois utiles ahlxiyes vacantes de h ou 5^000 livres de rente lacune. Le roi a donné celle qui va(]Uoit par la mort $ Pabbé Petit, et qui est en Franche-Comté (Ij, A Tabbé î Gramont, neveu de Tarchevéque de Besancon ; celle li vaquoit par la mort de Tabbé dTrfé (2) , frère du arqais d'Urfé , à Tabbé de Dromesnil , frère de celui li est dans la gendarmerie ; et celle qui vaquoit par la ort de Tévèque de Bethléem (3) à Tabbé Dandin, au- 6iiier de M. le duc du Maine. — Par le dernier courrier le le roi a dépêché en Italie, S. M. a mandé à M. de Saie, à M. de Vaudemont et à M. de Gatinat qu'elle avoit in la résolution d'envoyer le maréchal de Villeroyen ce ys-là; ainsi le maréchal de Catinat apprendra cette 8le nouvelle mercredi ou jeudi. — C'éloit le jom* du reublement |de la fièvre] de madame la duchesse de argogne, qui fut fort médiocre.
Mardi 16, à MarUj, — M. Fagon assura le roi à son i^eil que madame la duchesse de Bourgogne étoit aliso- Qent sans iièviv; elle n'en eut point toute la journée. le est fort gaie et n'est pas si abattue qu elle devroit e après une si rude maladie et tant de remèdes, roi courut le cerf l'après-dlnée. Monseigneur et lueigneur le duc de Bourgogne étoient à la chasse. —
) L*abba>e <le Saint-Vincent.
) L*}ibbaye «ri/erdic. I L'«Mm\€ «If la BusMèrf .
Madame la princesse des Ursins, avant que de partir de Rome, a envoyé ici un courrier pour recevoir les ordres du roi. Elle ne passera point à Turin; elle ira droit i Gènes pour se rendre à Villefranche quand la ooav^ reine d'Espagne y arrivera, et la princesse de Masseiu conduira cette reine de Turin à Villefranche. — Il arrin un courrier de M. de Yaudemont, qui étoit campé à Nuignan; il va se rapprocher de Tarmée de M. de CatinaL qui n^a point changé de camp depuis qu'elle a passé 10glio. Le prince Eugène s'est avancé à Azola sur la Qàm, d'où il fourrage-le Mantouan à son aise. Le roi espère que le mai*échal de Villei*oy fera bientôt changer la dis^position de ses armées, et Ton compte qu'il y arrivera lundi
Mercredi 17, à Marly, — Outre le conseil que le roitint le matin à son ordinaire, il travailla encore rapite-dlnée avec H. Chamillart et puis avec M. de Ponidiartrain. Monseigneur alla dîner à Heudon et y coodia; madame la princesse de Conty et plusieurs dames étoieoi de ce petit voyage. Madame la duchesse de Boui^popie n'a plus du tout de fièvre. La fièvre prit le soir à madame de Main tenon; elle a tellement fatigué de corps et d'esprit durant la maladie de madame la duchesse de Bourgogne qu'il étoit bien malaisé qu'elle ne s'en ressentit pas. — Il arriva un courrier de Madrid; le roi (VE>pagne a éh\ voir la reine douairière à Tolède , qui lui a Fait l>eaucoup de présents. Elle lui a donné la l)elle calèche dont M. de Vaudemont lui avoit fait présent il y a quelques années ; elle lui a donné des vases d or enrichis de pierreries et une Toison avec de gros et beaux diamants. Elle a souhaité que le roi prit quelques-unes des dames qui l'ont suivie à Tolède pour les mettre auprès de la nouvelle reine quand elle sera arrivée en Espagne. oi le roi en a pris trois des cinq qui lui restoient.
Jeudi 18, à Marly. — Le roi se promena toute la journée dans ses jardins. Monseigneur revint de Heudon. .Madame la duchesse de Bourgogne continue à se bien
AOUT i70i. 17S
pcHrtor; elle n'a pas le moindre sentiment de fièvre. Har dame de Maintenon l'eut jusqu'à six heures du matin; die loi avoit pris hier par frisson. — Le roi travailla avec Gavoie et Mansart et disposa des nouveaux logements qu'il a fait faire à Fontainebleau en doublant la galerie de Diane ; il y a six appartements en bas dont on en a pris trois pour M. et madame du Haine, et les trois autres il les a donnés, un à M. de Vendôme, un à M. de Marsan et un à H. de Lauzun. 11 a y quatre appartements de plain-pied à madame la duchesse de Bourgogne qui ont me pèce de plus que ceux d'en bas; monseigneur le duc de Bourgogne prend le premier; le roi nous a donné le second, le troisième à madame la duchesse de Guiche et le quatrième à madame la comtesse d'Ayen , et le roi en nous les donnant nous a dit que ce n'étoit que par prêt. Il y a douze petits logements au-dessus qui ne sont pas encore distribués.
Vendredi 19, à Marly, — Le roi courut le cerf l'aprèsdlnée; Madame étoit en calèche avec lui. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne étoient à la chasse. Madame la duchesse de Bourgogne est tous les jours de mieux en mieux; elle passa l'après-dinée à jouer avec ses dames et avec messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry quand ils furent revenus de la chasse. Monseigneur le duc de Berry retourna souper à Versailles. "•On eut des lettres de M. de Catinat du 13. Ce maréchal mande qu'il remonte TOglio; il étoit campé le 13 à Scandolera ; le prince Eugène de Savoie avoit quitté son cwnp d'Azola et s'avançoit vers TOglio; il étoit campé à Gambara; on dit qu'il a détaché le général Palli avec deux mille chevaux pour aller se saisir dePalazzuolo,àla ttte de l'Oglio. On croit que les cinq mille hommes qui dévoient arriver aux ennemis ont joint présentement leui* '^wnée. M. de Vaudemont a rejoint M. de Catinat, et nous animes considérablement plus forts que les ennemis ^^Igré le petit secours qui leur est arhvé.
174 JOURNAl. DE DANGEAU.
Samedi 20 y à VenaiUeê. — Le roi partit de Haily sur les cinq heures pour venir ici. Il en avoit vu partir madame la duchesse de Bourgo^e, qui vint toute haUllér.. mais sur un lit qu^on lui avoit fait accommoder dans son carrosse. Madame de Maintenon en partit peu de temp après ; elle n'a plus de fièvre^ le quinquina la lui a Mée. Monseigneur alla dîner à Meudon, où il passera quelques jours; il n\ a point de dames avec lui. Monseigneur le duc de Bourgogne partit de grand matin, pesn à Versailles pour prendre monseigneur le duc de Berrf , et ils allèrent tii'er toute la journée. — Le marquis de Villars salua le roi revenant de son emploi à Vienne. Le présent que lui a fait Tempereur et qu'on avoit dit magnifique est très-vilain. L'archiduc, fils du roi des Romains, qui n avoit pas encore un an, est mort. Le roi nous dit qu'il en auroit pris le deuil si la crour n'étoit déjà en deuil. IjSl reine des Romains est grosse, mais ils n'avoieat de fils que celui qu'ils viennent de perdre. Le comte de Mansield a la charge de président du conseil de guerre qu'avoit le comte de Staremberg.
Dimanche 21, à VersailUii. — Le roi alla tirer l'aprèsdlnée. Madame la duchesse de Bourgogne se fit porter à deux lieures chez madame de Maintenon, et elles prirent leur quinquina ensemble. Le roi à son lever mordonaa de lui dire, quand elle s'éveilleroit, que, comme leurs appartements étoient plus éloignés présentement et que même il avoit un petit sentiment de goutte, il ne la endroit point voir le matin. — M. le comte d'Avaux vint saluer le roi, revenant de son ambassade de Hollande; il assure que le roi Guillaume ne se porte pas bien, qu'il a les jamlMîs pleines d'ulcères et qu'il ne peut pas mettre les pieds dans les étriers que ses écuy ers ne les lui mettent ; il ne sauroit marcher à pied que deux hommes ne le soutiennent. Il a dit H M. d'A vaux qu'il étoit aisé à juger, en Tétat où il étoit, qu'il ne souhaitoit point la guerre, mais que, si le i*oi commençoitàlalui faire, il emploieroM
AOUTITM. 176
le peu de vie qui lui reste à défendre ses sujets et ses alliés. — On a donné au roi un placet injurieux contre M. de Saint-Pierre, contre sa noblesse, et M. de Saint-Pierre a prié le roi de lui donner des commissaires \ïo\\v exaininer ses titres.
Le soir, au coucher du roi, je pris congé de S. M. pour «lier faire un tour à mon gouvernement.
Lundi 22, à Versailles, — Après l(j lever du roi, le
Comte de Zinzendorf *, envoyé de l'empereur, prit ses au-
^'ences de congé. Il ne vit point madame la duchesse
de Bourgogne, qui n'est point encore en état de voir les
^toil)assadeurs; la duchesse du Lude se chargea de ses
tt>inpliments. Monseigneur vint de Meudon courre le loup
"*Osle voisinage de Versailles; il vint hier ici pour le
conseil et puis retourna dîner à Meudon. Le roi alla tirer
l *^f>rès-dinée, et au retour de la chasse alla voir madame
!»• c3uchesse de Bourgogne, qui s'étoit remise au lit après
B.Voir été prendre son quinquina chez madame de Main-
^Oon. Monseigneur le duc de Bourgogne dîna dans les
Petits cabinets de madame la duchesse de Bourgogne avec
l^aucoup de dames. — On sut le soir que madame la
Maréchale de Luxemliourg étoit morte subitement dans
^ terre de Préey, où elle étoit depuis quelques jours.
— M. Piquetti, qui faisoit ici les affaires de M. le duc de Parme sans caractère, a présentement la qualité d'envoyé.
— bî roi, î\ son lever, régla une petite dispute qu'ily avoit pour le pas entre les introducteurs des amt>assa(leurs et le premier gentilhomme de la chambre de M. le Prince, quand M. le Prince va voir les ambassadeurs. S. M. a jugé en faveur des introducteurs, quoique M. de Lussan prt»tendoit qu'étant chevalier de l'Ordre il devoit avoir le pas dans cette occasion là comme il l'a sans difficalté dans toutes les autres.
* Cest le mémo Zinzendorf qui est grand chancelier de la eour et mmistre de conférence , vî qui partajje rantorité à Vienne avec le prince FUigène; le même encore qui est venu aux congrès de .Soissons,
et le grand tenaut de la Pragmatique pour M. de Lorrune eonUe le prince Eugène et l'impératrice.
Mardi 23, à Versailles. — Le roi donna le matin audience à M. de Couvonges^ envoyé de M. de Lorraine, qui prit congé de S. M. — M. d'Albergotti, qui s'en va servir en Italie^ fit la révérence an roi. S. M. fait donner am lieutenants généraux et aux maréchaux de camp qui tod\ servir en ce pays-là de quoi faire leur voyage. — Les ambassadeurs d'Espagne et de Savoie furent admis cha madame la duchesse de Bourgogne et eurent rhonnew de la voir un moment dans son lit; elle n'a point tu d'autres ministres étrangers. — Madame d'Épemon 1» carmélite* est morte; c'étoit une fille de mérite et de réputation. Elle étoit sœur de feu M. de Caudale; et M. d'Épernon, son père, avoit tout mis en usage pourVempécher d'entrer dans les Carmélites. — Monseigneur le duc de Bourgogne dina de bonne heure et alla ensuite tirer dans la plaine de Saint-Denis. Monseigneur le doc de Berry alla à Meudon voir Monseigneur son père. Le roi alla Taprès-dlnée tirer dans son parc et au retour de la chasse il envoya son gibier chez madame la duchesse de Bourgogne. Monseigneur alla Taprès-^linée de Meudon à Paris voir Topera nouveau d'Alphée, (1) Madame la princesse de Conty étoit venue diner avec lui et Taccompagna à l'opéra; après Topera elle s'en retourna à Versailles.
* Cette madame d*Épemon étoit le reste de la fortune immense et de la race moderne des Ëpemon. Quand les deux daupbines, Tune après l'autre, vinrent en France, elles furent Tune et Fautre quelque temps après aux Grandes Carmélites , et le roi leur recommanda de ne pas oublier à faire asseoir madame d'Épemon , qui avoit recueilli le ducbéfemelle de son père, madame de la Yallière, à qui le roi avoit donné cette dignité, et qui toutes deux^ Tune par mépris du monde, Tautiv par pénitence, et toutes deux plus qu*en âge de choix, et d'a>oir
(1) Le titre de cet opéra est Aréthute- Les vers sont de Jtenrhet, et (inisiqiio de Cainpi-a.
utTUf s'étoieut faites Carmélites , et étoient de saiutes et d^excelmes religieuses. Aucune des deux ne voulut s'asseoir; elles en a voient névéraimnent refusé la reine , et dirent qu'en se faisant religieuses b avoient renoncé à tout, oublié tout, et n'étoient que de simples ligpeases comme toutes les autres de la maison.
Mtreredi^kj à Versailles, — Le roi donna le matin au- Cnce à un envoyé nouveau de Gènes qui est homme de ande dépense et qui a^ dit-on^ beaucoup d'esprit, iprës-dinée le roi alla tirer et envoya son gibier à iname la duchesse de Bourgogne, qui en fit des présents à lies ses dames. Monseigneur revint de Meudon, où il >it depuis samedi. — Les nouvelles de Hollande porleni lela maladie s'est mise dans leui*s troujies et qu'ils y it présentement jJus de vingt-cinq mille mal«'ules. — ^oseigneur le duc de Bourgogne ne sortit point ; il alla lèpres et passa ensuite le reste de la journée chez mame la duchesse de Bourgogne. — Un de nos vaisseaux irchands ayant trouvé un yacht d'Angleterre qui lui a un coup de canon à boulet pour l'obliger à saluer, vaisseau marchand salua; l'Anglois le lit aborder, le 3naça de confisquer ses marchandises pour n'avoir pas lue assez vite et puis lui fit payer une petite amende, inglois se vantant en Hollande de cette action, les ^UandoiSy qui ne veulent rien qui ait l'air d'infraction paix, ont demandé au roi Guillaume que ce capitaine glois fût cassé et qu'il restituât ce qu'il avoit exigé inment.
Jeudi 25, à Versailles. — Le roi, après son dîner, tvailla avec M. de Chamillart ; il alla au salut, puis alla promener à Trianon. Monseigneur alla Taprès-dlnée se omenerà Chaville avec madame la princesse de Conty. dame la duchesse de Bourgogne n'entend encore la 5866 que dans sa chambre; elle se lève un moment l'aès-dlnée pour aller chez madame de Main tenon, et puis vient se coucher. — Il arriva le matin un courrier de • de Vaudemont; nos ai*méesétoient jointes le 19, et (w- T. vni. r>
cupoi^t les pp9(cNf 4fl Baïqeripq , Siwiai iiq et Çampigi long de rOglio en deçà. Les Iinpécmu% 4^U>iei4i h Top et on croit qruMIs veulent marcher à Palaz^tiulo, au A déjà un détachement sous le général Palâ. C^ mx trouva le maréchal de Villeroy'àSuz« samedi oi&tii oQWptflqH'U BftfmPRif m\^^ ]9 diïn^pGhe à lan^^ Ily çtUBfipetete «^G^cttef^a^^i^ft la ilvich^^ t\^\
d-Uôtpl, pir^tgi^^Qi^yqiflpççijWpsçjips que \ \\ u i mi
Donçàti H 4u<iiïç^p 4^ lh4p ft'ft W^ t^'^U'^ V *1** *îll wson ^mi » pr^tP^ticm, ifHm ^. ^ pw Ia bûnto d| i 8<^rqH^qm«!PMpleii de p^wgpij jnie ^$4m^ {){S 1 c^cf }c|i a diffitç làr-fless)^.
F^mlj 86, à V^sfiil\e$. —\^m *W¥#i lll i^yeç le P. 4e I4 ptu^8^ à ^p {kffUf^
midi a Yi«t BWH g«ïeçie. s^rt P^ 5WS Î^HSWHf ipiwlame la 4««h<?f»p de Pojii^pgi^f). )H>B9g|è;n?V coiu*J9lel9iip4i^^Ufqrèt4el^ly. JQ^^ d^lSowgogne et de fififry a^^t ^t pi^ ^Jfn cQur^. VAdcHue la duc^es§p de fjôiir^^Q 9pfÛt f| dtp^ci QQ cftrrqsse ^t i^lla à Satqi^y c^ttend^ le rc^ devoit çhaç^i[r de c^ c^té-là; majç S. M. qhang^ 4fi sein et n'alla point à la chasse, parce qu^LJ voulut |r9 1er toute Tapr^s-dinée. — Qp m^j^^^ de jIqUand|fia) santé du roi Guilletume deyief^t ^us les JpffTs jAm : valse ; sofi ejiijure monte^ pt les mé€[ecin$ ç|e qe p^; croient qu'il ne peut pas vivre encore longtemps. • roi pf^rtu*i^ le 20 pou|p Fontainebleau; il i^ cçiucl Sceaux, pu W den\^Mvejctf, ^^. J^^^T VP^' arf lye^le 28 à fc , nqb|e£^)i. — \j^ rqi (xuillaunie ayqit envoyé q[Mloc^ ( way â^r^lecteui: de Colore pour tâcher, ^ç le 4^ de TcflUance avec la France q^ lui j^aisa^tdf^projpq^ très-avantageuses ; le ^i^ord n'a ri^^ o!|)^i^u. 1^ d aller en ^fivière ppur faille les ii^^fues ^i^t^Uves i|^ dp r^lçptepr ; ^ais on croit qu'il n'ira ua;^ i^^sirce ^ juge bîc^n quq jion voyage seço^t aussi înut^f)^ aupH
AftUT f70l. ^9
Vji)j$ctçjiir de Bavière qu'auprès de IVlecl^ur de Cologne.
Samedi :^7, à Versailles, — I^ roi alla à deijx heures dp côté de Satory tirer. Monseigneur et mopseigneur le 4f9c de Bourgpgne coururei^t le cerf à Fausse-Repose. Madamela duchesse de Bourgogne, après so|| dîner, alla voir ]xi roi dans soji cabinet et puis retourna chez elle, où monseigneur le duc l'étoit venu attendre au retour de la fixasse. — On maqde de ^ome que le pape envoie le cardin^ Ai'chintp, lég^t à laffre, pour aller à Turin faire gl^ compliments à la reine d'Espagne ; il lui a défendu, à cause du cérémonial, de se trouver en aucun endroit avec les deux duchesses royales. On expédiera à Tavenir les bulles pour tous les archevêchés et évêchés de la mo- MTchie d'Espagne qui seront remplis par le roi d^Espagne. Le cardinal Grimani veut faire , en cette occasion, des protestations de la part de l'empereur. — On va publier un édit portant création de quatorze piillions d'augmentation de gages à lever par tous les officiers du wyaume qui payent paulette pour avoir le privilège d'y ^tre admis. On fait une autre affaire de quatre millions 4^i seront payés par les gens qui ont acquis des charges pendant la dernière guerre avec le droit d'hérédité, et c'est ttûe confirmation de ce droit d'hérédité qu'on leur accorde.
Dinuinche 28, à Versailles. — he roi alla tirer l'aprèsdlnée. Madame la duchesse de Bourgogne é^oit dans sou cabinet quand il en est parti ; elle avoit été à la messe avec Monseigneur et même ils ayoient pensé la perdre, parce que le chapelain qui la de voit dire se trouva U^al. •onseigneiar étoit Irès-affligé et alla dire au roi son embarras et sa peine-là dessus. §. M. lui dit que ce qu'il fallûit faire pour réparer celac'étoit de grandes aumôii.es. flaoreusement on trouva up chapelain du poi qui n'a- ^oUpointdit la messe ni mangé, et Monseigneui' retourna Jlaolmpelle. Le roi a un induit du pape Innocent XI pour pouvoir entendre la messe pour lui et pour la famille
royale jusqu'à deux heures et demie *. — Toutes les nouvelles qui arrivent de Hollande portent que le mal dura Guillaume a tellement augmenté à Dieren qu'on ne h pu transporter à Loo; son enflure est parvenue jasqa'tnx aines ^ dont toute la Hollande est dans une grande consternation. — Il arriva un courrier du maréchal de Villeroy qui n^a joint l'armée que la nuit du lundi au mardi. Ce maréchal envoie au roi un état fort exact de la situation des armées et assure S. M. quUl va faire tout de son mieux pour joindre les ennemis et les combattre, sMl est possible.
*0n voit, par cet induit du pape Innocent XI, ce que c'est que Tidée des princesses du saug qui depuis La mort du roi n'entendent la messe que vers deux heures sans induit ni permission de personne, et quelquefois plus tard par grandeur.
Lundi 29^ à Versailles. — Le roi alla à la messe à neuf heures, puis se remit au lit, et prit médecine , malgré la grande chaleur. Il tint conseil Taprès-dlnée, où étoit monseigneur le duc de Bourgogne ; ce conseil dura jusqu'à sept heures. Monseigneur partit dès cinq heures du matin pour aller courre le loup à Villeneuve-Saint-Geo^ ges. Madame la duchesse de Bourgogne se leva à dix heures et alla chez le roi, puis à la messe ; après la messe, elle retourna chez le roi, où elle demeura jusqu^à midi. — M. le marquis de Lavardin * est mort à Paris d'une goutte remontée. Il étoit chevalier de FOrdre, Ueutcnant général de Bretagne , charge qui vaut plus de 40,000 livres de rente et qu'on espère que le l'oi donnera au fils, qui est un jeune garçon bien fait et qu'on park déjà de marier à mademoiselle de Noailles; mais, comme ils sont cousinsgermains, on dit quele cardinal de Noailles et le maréchal en font quelque scrupule. — Les déméUs de M. le maréchal de (Patinât (1) et de M. de Tessé fiw*
0 ) M . de Catinat s'étoit plaint à la courde ce que toutes ses nésolotioi» to v^
AOUT i70i. 181
;mid bruit à la cour et à Paris. — I^e roi a donné A ienguerue^ enseigne des gardes du corps^ le gouvernement le Fougères en Bretagne. — Monseigneur alla le soir micheràMeudon.
* C'est le même qui fut ambassadeur à Rome vers Innocent XI, famB rédat des franchises.
Mardi 30, à Meudon, — Le roi donna le matin à Versailles des audiences secrètes aux envoyés de Gènes et de Portugal, puis tint conseil à son ordinaire. L^après-dlnée 5. M. travailla avec M. de Pontchartrain et puis partit à quatre heures pour venir ici. Madame la duchesvse de Bourgogne partit de Versailles un peu après le roi et en arrivant ici se promenaavec lui en calèche ; comme elle est encore foible, elle se trouva un peu fatiguée de la grande chaleur. Elle a pris pour ce voyage Tappartementde madame la princesse de Conty, qui touche à celui de madame de Maintenon et qui est de plain-pied à celui du roi. — Il arriva un courrier d^Italie. Le 21 nos troupes campèrent a Gomisano, et le 23 à Antegnato ; les ennemis se retranchent àPdazzuolo, où ils font travailler quatre mille pionniers. Le maréchal de Villeroy a détaché Pracomtal avec quinze cents chevaux et trois cents grenadiers pour faire des ponts sur rOglio. Le comte de Tessé joignit Farmée le 20 avec les troupes nouvellement arrivées de France. En arrivant il apprit la mort du chevalier de Tessé, son frère, morldemcdadieàMantoue, et que le marquis deTessé,son fils, colonel d'infanterie, étoit à l'extrémité d une fièvre pourpreuse.
"Mrtteft étoient sues du prince Eugène, ce qui avoit donné lieu à quelques petite avantages que les Impériaux ayoient eus sur nous. Comme nous avions in- ^de ménager M. de Savoie, la politique voulut que Ton sacnfiAt ce gêné- ^^im prince qui ne justifia que trop dans la suite les soupçons de M. àe ^^tinat M. de Tessé étoit trop attaché à madame la duchesse de Bourgogne P<>ur se détacher de M. de Savoie, dont il ne soupçonnoit pas alors la tidélité, ^ fl contribua beaucoup au parti que prit la cour de rappeler M. de Catinat. (^^9 du duc de Luynes. )
Ui JOIÎRINaL DR DA!<GE4U.
Merchài 31 , à MeuJon, — Le mi tint le mnllti eort^JP sdri ordjnâii'fc. L'aprèsr<l!iiée iltilachez madame de Sain ictibn, ad U demeura pcûtlaot la gnmdecbakuTj pnîsiîlli se promener dans ime calèche découverte ^ecMadanief madauie la princesse de GoDty. Uadâxne la ihiclie^ïé Boiurgogne se promena dans une caièche csoiiterte ai madame de Maintenon et la dueh^se du Lude. — Il riva encon? un courrier dltalie par lequel le marô de Villeroy rend encore au roi un compte pîti* nous avoQsdans notre armée prè&de quatre millif* ms Un de nas partis, de quatre cents cbevaux d^s troi de Savoie, quiavoit passé FOglio pour avoir des noui les silres des ennemis^ a été coupé et battu |Jar uû des eunemjïj l>eaucoup plus fort* — Dans raudîenc4? eue renvoyé de I*ortugal il a assuré le roi que mn ire a voit vingt-deux mille hommes sui" pied ^ qu'il ea rroitdixmille àS. M. pour envoyer en Italie, qu'il la de les faire choisir dans ses troupes et d'en disposer k[ volonté et qu'îMes entretiendroit à ses dépens, — Maclra des Marets marie son fils le grand fauconnier avecmap moiselle Rolierl , fille du président des comptes, à (ju^ donne 100,000 écus.
Jeudi 1" septembre , à Meudon, — Le roi ne sof qu'à cinq heures à cause de la chaleur excessive qi faisoit ; il alla tirer dans le parc, mais Monseigneur iiia^ seigneurie duc de Bourgogne ne le suivirent point 1 chasse. Madame la dudiesse de Bourgogne, qui ki dîné chez madame de Main tenon, se remit au lit àehdà heure et joua avec ses dames le reste de la joùriièé. ' Le roi a défendu à l'abbé Bernou, qui se mêle de ÎBXcéi Gaseifie présentement, d'^pdHèt de U ttlaiàdlëdffi Guillaume. — L'abbé de Lessin est mort eii iJâiipÊiii il avoit l'abbaye dé Saint-Calals; qui taut 1 0,000 livrtii rente. — On mande d'Italie iJUè Ifes AUèhlâlids M. de Narbonne , un de nos brigadiers de cava et quelques autres officiers qu'on transportoit ma
SËI^EMBtlË 1701. 188
Crémoiië i îllUltôlié. Il est revenu mille de nos malades à l'armée. îflous y avons sbixante-neuf bataillons et quatrevibgts escadrons, et nous ^vohs laisse vingt-quatre bataillons dahs les placés; ddiit il y en â douze dans Mantoue. Oii ûë doute pas que le maréchal de Vllleroy ne pa^e iilcesdamineilt l'Oglio polir attaquer les enneihis.
fmdredi 2, à Méudon. — Le roi dëvoit aller Taprèsdliléc & la {it*dmënade avec madâtùe la duchesse de Bourgogne; ihais uil violent tbhnerre et une pluie tëirible ont ftitcUknger ce dessein. — Le roi avbitfait venit de Flandre Di^villé^ major de Normandie, que le duc d'Harcourt mena en Espagne â sa première Ambassade ; oh vôuloit renvoyer àtiprès du rdi dé Suède, d'où M. de Guiscard revient; il a dit qu'il servoit datis les armées depuis tente-cinq ans, où il èspéroit pouvoir encore bien servir le toi , niais qu'il avoiidit qu'il ti'fentëndoit rien aux né- ^atibtiëi II S'est texcilsé avec esprit et sans déplaire au h)l. — Le toi a donné ail fils de M. de Ximenès le régiiiîeiit d'infaiiteriè Sur le pied étranger cjiife son père a Bèptiis longtemps; ce régiment eSt d'un très -gros revenu. Le pèrfe est hoititiife de mérite et un de nos pltiS anciens lieutenants généraux. — Le fils du comte de Tëssé se porte i^nsidérableifaent tîiieitx. — Toiltfes les lettres de Hollande fï^rtent que la sanié du roi GtiUlauihe devient tous les jours plus mauvaise ; on mande qu'il n'approuve pas les démarches du priiice Eugène en Italie, où il croit qu'il se fera battre.
Saihedl 3, à Versailles, — Le roi reçut le matin à Méudon une lettre du maréchal de Villeroy, qui rtiande que Ife 28 du mois passé il avoit fait marcher les troupes au poilt qu'il avôîtfait sur l'Oglio à Rudiarib; l'illfaniërie et l'artillerie passèrent sur ces ponts et toute la cavalerie à gué; qu'à deux heures après minuit tout étoit passé et taèmele petit bras de cette rivière qui est de l'autre côte; 4^'à quatre heures notre armée n'étoit plus qu'à demilieue de celle des ennemis. Le maréchal de Villeroy, pour
1S4 JOIAN AL J» DàMUtàB.
cacher «on paasage^avoitfiMtntiafdbçrlsnuBn avec beaucoup de cavalerie, toutea ks.lMnqpellBifll tof les tambours, vers les ponts que lea InurfriaaiJM^àljlaiiuolo, comme si on avoit vonluks atfaqner^tfdMl» doit reffst qu'il en attendmt , les emMuia» ioaipâlfi de ce côté-là, et nous avons passé à RadJaMànfaiBÉB opposition. On attend avec impalmiee la naMaDali combat, et le roi est fort content delà marche daMit» chaldeVilleroy. — Le roi aUatÎTCrdanBlepaiodaHniip à trois heures et n'arriva ici qu'à sept bonsa. MohA* gneur alla le conduire jusqu'àlaporledn paio ékixkmm ensuite à Heudon, où il demeurera jusqu'à jeodi. lÊÊimm la duchesse de Bourgogne revintidl de Heodim à ûU»res et se coucha en arrivant. «— H. de .Ihiignon ag4# son procès contre le fitussaire (1) qui lui dapHri^l 1,800,000 francs; lesfansMftésontéléveoonnvBS^etoBllf iaitpendre. — Leroi Jacques est tonbé cm foiUflBM^Jia ne croit pas qu'il en puisse revenir; il n'est plus eaMl de songer au voyage de Fontainchlsau, el cela doaawi beaucoup de logements aux courtisans. Ce panne M meurt comme un saint, et la pauvre reine est bien diar lée (3V — On a fait sortir de la Bastille Sauvion, àla caation de ses gendres. — Le prétendu roi de Prusse, le piétendu électeur de Hanovre et le duc de Zell ne viendra^ liointà Loo, voir le roi Guillaume, qui n'est pas bienca état de les recevoir. On a découvert qu'il avoit fait co» siilter M. Fagon sur sa maladie sous le nom d'un coié et M. F«)gon, qui n'en avoit nul soupçon, a répondu nat!» rellemeni que le malade n'avoit qu'à songer à mourir Dimanche i, à Versailles, — Le roi , après la messe, 0 entrer M. le Prince dans son cabinet et lui ordonna de
(1 ) Ce faosfttire se noromait Dopoot. Voir son histoire dans le JÊervÊtf à septembre , pages 259 à 266.
(1) Voir les détails de te maladie, de te mort etda oooToldi rai dVteH»terradaBsldMmiredeieplaiilire.paM M» à 390.
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casser Téfjuipage de monseigneur le duc de Bourgogne pour l'armée. Monseigneur se fit saigner à Meudon par pue précaution. Après dîner le roi alla tirer du côté de Salory. Monseigneur le duc de Bourgogne demeura presque tout le matin et toute Taprès-dlnée chez madame la dncbesse de Bourgogne. — Le roi a parlé avec approbation des démarches du maréchal de Villeroy au passage deTOglio, et témoigne une grande impatience d'en apprendre la suite. Des déserteurs allemands qui sont venus dans notre armée assurent que les besoins sont grands dans celle des ennemis. Ils y ont une infinité de malades; il y meurt tous les jours grand nombre d^hommes et de chevaux ; et, pendant les longues marches qu'ils ont fiiiles, ils en ont laissé beaucoup dans les chemins. — Le roi Jacques tomba Taprès-dlnée dans une foiblesse encore plus grande que les précédentes; à cinq heures la reine manda à madame de Maintenon qu'il étoit à l'extrémité et sans sentiment. Le soir, M. Fagon revint de Saint-Gerinain; il Ta laissé beaucoup mieux et assez tranquille; il a reçu tousses sacrements.
Lundi by à Versailles. — Le roi, à deux aeures, alla à Saint-Germain voir le roi d'Angleterre, qui avoit souhaité fonde voir le roi avant que de mourir. S. M. en revenant passaà Marly, d'où elle ne revint ici qu'à sept heures. Monwigneur vint ici de Meudon pour le conseil et retourna ^er à Meudon. Messeigneurs les ducs de Bourgogne Btde Berry allèrent tirer. Le roi trouva le roi d'Angletere un peu mieux, mais on ne croit pas qu'il puisse aller loin; il a parlé au prince de Galles, son fils, avec beaucoup fc piété et de fermeté, lui disant que, quelque éclatante pïe paroisse une coiu'onne , il vient un temps où elle est M indifférente ; qu'il n'y a que Dieu à aimer et l'éternité ^ désirer ; qu'il se souvint toujoui's d'avoir du respect ^up la reine sa mère et licaucoup d'attachement et de ■^nnoissance pour le roi, dont ils ont reçu tant de )^tices. Il souhaite d'être enterré dans l'église de la pa-
186 JOrtlNAL DE DANGËAU.
roisse de Saint-Germain sans aucune cérémonie et comme les pauvit^. Rien n'est si touchant que de voir Tétatoà est la reine : madame de Maintenon a passé une partie de la journée avec elle. — tl arriva hier au soii» fort tardmi utntilhomnie dépiVrhé par M. de Savoie et parti da 30 an matin de rarmée. Il dorina à H. de Torcr une lettre pool le ix)i par laquelle S. A. R. conte à S. M. que le 29 m malin la rivière et le petit bras qui s'en sépare ëtoien passés : qu'U ne manque pas un homme dans nos troapes; que le 30 nous n'étions plus qu'à deux milles desennemis.. qui faisoient quelque> mouvements dans leur camp. S. de Siivoie ajoute que, >elon les intentions du roi, il étoitrésoln de les attaquer, retranchés ou non. et que. s'ils se voaloicnl rf.-lirer, il les sui\ r.>lt jour et nuit. — L'envoyé d'Espagne j>our la voii de Bourgogne . qui étoit au nom dn roi «tholique à Ralislxmne , ayant reçu un ordre de l'empereur de se retirer de cette ville sous peine de niauTais traitements et niruio de prison, est allé trouver M. ^éle^ teiu* de Rivière pi>ur lui demander ce qu'il ti-ouvoit à pi\^[x^s qu'il fit en cette txeasion. M. l'électeur lui a rél-iMidu qu'il Jvvoil rolounuT incessamment à Ratislwnne et s<^* lOiTcr dans k- quartier Je s«3n amliassadeur. auquel il a envoyé st^s onlrt s et «orit à MM. de nati>î»nne pourleoi siçnilier que roiiî|vre::r n'êtoit pa^ maitre do la diète, qu'il n y jvni^oit riei: dtvidor sans le oonsenteniont unà nime de tou> les prince< de l'Empire, et que. s'il arrivoit ijuelque chose lie fAch-ux à l'envoyé du roi catholique iN en répondroi^nî et qu'il s'en prendroit à eux.
Mardi iK (ï lVr^..Ti7//>. — Le r:: n'alla à la messe qu* pK'sniidi. tî !v.auaîi:i !: diuh«fssc.:e Bour^'orne.hibillêt en rv'lv pv^vir I.î pr» :.:>'!> f,i> dep^îi- si m dadio . l'y ac VI ïr.{\i^r..i ; il? dvs^e::diit::t <" Kis, lit, après h messe tir.rer/i <r.r les for.ts un fils de r:in;i<is?^ideur de VeDi5« dont Taîulvîssadrioe est aoe-uc'r*'^: depuis qu'elle est à l\ir;s. >l.idame !a i.ir.cl.e5se dv B-rvir^jocne, un peu filifoéf de la ocrvmonie et de rhabilIem'T.t. se mit ensuite an W
SEFtËMBRË i7bl. 187
et ptesa rajirês-dlnée à joUer. — L'envoyé de Saxe-Golha eût audience dé S. M., avant la messe, au nom du landgrave de Hesse-Cassel, qui ne s'étbit pas encore expliqué nettement sur le sujet de la lieutrallté ; il a assuré que ce prince étoit résolu dé l'observer exactement. M. le landgrave avoit prié le Jibince de Gothd de trouver bon que tfh mitiistre se chargei^t de cette cotiimisi^ion. — Le roi d'Angleterre est tant soit peu mieux et àh a inandë ce iiiatin de Saint-Germain qu'il avoit bien pîissé la nuit; il pria hier le roi de trouver bon qu'il fût enterre dans la paroisse de Saint-Germain siihs aucun mausolée avec ce^ nlbts poitr toute épitaphe : Ci gît Javqueh second, roid^Atpgleterre, — Le roi alla tirer dans le parc, et au retour I. Chamillart vint dans son cabihét pour lui apjjorter la Ictlre du maréchal de Tilleroy du l " de ce mois; il mandé â S. M. que toute Tarmée a passé un des deux canaux qui ta séparoient du camp des ennemis; qu on étôit sur le botd du second, qu'on commencoit î\ saigner; que dé lA on voyoitfort àclair Tarmée ennemie, qui Se retnilichoit; «in'ils n'ont point la contenance de gens qui sorigétit à se t^tirer; qu'ils garnissent letir frortt de toute leur artillerie ; qu'il n'y a pas pliis loin de ce dernier cansLl à leur <»hip que de Vereailles h Triandn ; que noire infanterie avoit vbuhi passer le premier canal sans pont et dans l'eau jnwpf au cou ; que nos soldats faisoient de grands cris de joie de se voir si près des ennemis et qu'on a toutes les pdnes du monde à les empêcher de les aller attaquer. Le roaréchal dé Villeroy mande au roi qu'il lui enverm des courriei-s tous les jours, et le roi a ordonné qu'î\ quelque henrc qu'il arrive la nuit, qu on l'éveille. Il est revenu h^ûJrpiits hommes des hôpitaux, disant qu'ils seportoient îissezbîen pour combattre. — Monseigneur prit médecine 4M<Midon par précaution. Monseigneur le duc de Bourgojrne et monseigneur le duc de Berry ont été voir le 'oi d'Angleterre chacun en leur particulier. Mercredi 7, à Versailles. — Le roi alla tirer l'aprt^s-
188 JOURNAL 0£ DAKGEAU.
dlnée et vit au bout du mail deux magnifiques canosw qu'on envoie au roi d'Espagne ; ils sont dorés , fort bki peints et couverts de velours brodé d'or. Ces carrcsaessQiit construits à la manière d'Espagne y les portières en siil* lie et vitrées pourteuit, et il n'y a point de siège décoder. — Monseigneur ne vint point de Meudon pour le coofld; il a voulu se reposer le lendemain de sa médecine. Monseigneur le duc de Bourgogne alla tirer l'après-dlfiée. Madame la duchesse de Bourgogne garda le lit presque tout le jour et s amusa à jouer dans son lit. — La roi d'Angleterre avoit été si mal la nuit qu'il avoit ordoDK qu'on dit les prières des agonisants ; il étoit un peu mien le soir. — Il n'arriva point de courrier dltalie ; on cnil que le dessein des ennemis étoit de s'établir danslepetiJ canton du Bressan qu'on appelle Franza-Curta^ qui estkf miné à l'ouest par le lac d'Iseo et par l'Oglio, an sud pi les canaux ou biailliers qui se jettent dans TOglio an dessus de Palazzuolo , à l'est et au nord par les mantagiiM du Bressan. Ils prétendoient fortifier les petites villes c gras bourgs de ce canton, tirer leurs vivres par le b d'Iseo, et même en avoir par le lac de Garde, et tirer df contributions du Hantouan et du Crémonois.
Jeudi 8, à Marly, — Le roi partit de Versailles apr^ vêpres pour venir ici. Madame la duchesse de Bourgo^ qui étoit à vêpres dans la loge de la tribune, se trouva u peu incommodée de l'excessive chaleur et fut contraint de wsortir de l'église. Le roi en parut fort inquiet. EUleall se recoucher, et sur les cinq heures, se trouvant miea' elle monta en carrosse pour venir ici , et dès qu'eUe fut arrivée monta dans un petit chariot et alla trouver 1 roi au bout des jardins sur l'abreuvoir. Elle avoit fait» dévotions aux Récollets le matin à Versailles. Monseifirnei vint ici tout droit de Meudon avec madame la prince» de Conty. — Le roi d\Vngleterre se porte un peu mieux on mande de Saint-Germain que sa perte de sang est près que cessée. — Les nouvelles qu on reçoit de HoUanded
h flAfé du roi Guillaume portent que oe prince est de pb en pis ; son enflure augmente ; il a le bourrelet, et ses cndiâts sont fort mauvais. — Don Navaret, qui commandott les vaisseaux du roi d'Espagne y ayant refusé de ser^ VÎT sous le comte d'Estrées, a été rappelé. — La flotte angloise et hollandoise ayant mis & la voile le 30, on a oivoyé des ordres partout pour s'opposer aux desseins cp'ilspourroient avoir et qu'on ne comprend pas, la saison étant bien avancée.
Vendredi 9, à Marly. \je roi se promena le matin avec les dames ; madame la duchesse de Bourgogne le vint tamver au mail. Le roi lut tout haut une lettre qu'il veooitde recevoir du roi d'Espagne ; il envoie au roi de fort beaux chevaux. S. M. alla Taprès-dinée à la chasse ; Madame étoit avec lui dans sa calèche. Monseigneur, messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry étoient à la chaMe, dont on ne revint qu'à la nuit fermée. — Le soir, •prtssouper, il arriva un courrier du maréchal de Villeroy , qui mande que M. le duc de Savoie et tous les généraux ayant jugé qu'il étoit important de se rendre maîtres du poste de Chiari, qui couvroiten partie l'armée impériale et dans lequel M. le prince Eugène avoit mis des tonipes, S. A. R. l'avoit fait attaquer par huit brigades d'infanterie ; que le combat avoit été assez opiniâtre et Wez long; que M. de Savoie s'étoit porté partout avec beaucoup de courage, menant lui-même les troupes à la duupge; maisqu*enfin ayant reconnu que ce poste n'étoit PW défendu par un simple détachement, mais par toute l*infanterie ennemie, il avoit de concert avec MM. les ma- ^haux de Villeroy et de Catiiiat jugé à propos de se re* ttrer(lj.
(1) M. de Catmat ne fut pas rappelé d'abord ; M. le maréchal de VUleroy ^ «euleineot partager avec lui le commandement de l'armée, et ce ne fut V** Il tin «le la campagne que le premier se retira. M. le duc de SaToie et ^* ^ «iréehal da ViUeroy crarent devoir attaquer M. le prince Eaflèoe » <|ai
I}|0 JOUflNAL 1)E pA^qi^AU.
^VlPH!f(f IP, à Mqrly.—Qn apprit l^ef^icp^ip ^p p^c». Imités de Taffaîre qui s'est pffssée à Chiari. ?fpii9 y avons eu plu$ de quinze cents homnies tués ou blessé^. M. le j^iaréchal de Catiuat s'est exposé commiB yn greasfdief. y. de Savoie a eu plusieurs coups dans ses habits et a oi un cheval tué sous lui. La Chassagne , brigadier d'inianterie, y a éW tué; le comte d'Esterre, frère du marquis de Ro)>ccqvie, et M. de Dreux, gendre de M. de Chamillart^r ont été l)lessés; il sont tous deux colonels d'infanterie= en pied. Nous y ayons eu deux colonels réformés tués, dont Tun est Talné de la maison de Chastelus. Noiîs y ^von?^^?== perdu aussi deux colonels irlandois fort estimés. Toutes^ nos troupes y ont fait des merveilles et avoient emportée les premiei*s retranchements des ennemis^ qui ont perda.-a beaucoup de monde de leur côté aussi, à ce qu'on croit L action se plissa le 1^' du mois, et }e courpier partit le 3 at^a malin. Le second colonel réformé qui a été tué s'appelli^ M. de Bonde, gentilhomme d'Auvergne. — La flotte an— gloise et hoUaudoise est ^ la mer ; leur aipiral ^'ouvrira le^ paquets où sont ses ordres que quand il s^ra hors de la Manche, et on nMmagine iK)int encore la rpute quMls prendront. — Uadame la comtesse de Beuvron est de ce vQgage ici; elle n'y étoit jan^ais venue.
Dimanche il, à Marly, — Le roi alla Taprès-dlnée à Sidnt-Germain voir le roi et lareine d'Angleterre, et tn^uva un iiaut (le la nionta^uo madame la duchesse de I>ou^ ^D^ne qui on rev(înoit avec madame de Maintenon. U \ roi d'Ani:iet(irn» (îst hors de toute espérance. Madame la duciiesse de liouri;(>i;ne commence à ne se plus recoucher les aprrs-dinées , mais elle se retire tous les soirs chez elK'
avoit rOi^lio diTriôrc lui H W boiir}» <h» Chiari en Iront. M. do Catinat lu- M |M>iiit (\o ci't avis-là; mais il n'en fut |»as le lualtro, et uiHis fûmes re|Hmsi«»<. (MHiniH' nou.^ ra\ions elc à Carpi. Ce qu'il > a de siognlier, c'est que M. •!' Sa\oie .s'y e\iH»sii couiMie uu grenatiier^ et l'on prétend que M. le priuri'^J'* jçèiie él«)it aviMti par lui de tous no'« inouvemeuls. ( A«Ce du duc de iMftna
SEPTp;MBRE ITpi. ^^i
«ivant nfi^f hei^res ; elle d\^e et souge tpus les jflprs avpc
modiiuie de ^l^intenon. — J'appris que |e roi avoit donné
le régiment de cavalerie qu'avqjt Iv^ Rare; à Ra^sé> qui en
^Mt lieutenant-colonel. Il es^ huiss^f^r dp la chambre flu
Wi ; on la préféré à plusieurs mestres de camp qui sppt
encore à reipplacer et 4PDt ^^ P^^i^ a^^cipn est le chevalier
ie Sully. — On mande de Venise que tpi^s les hî^bitants
lu Çrémasque et du Berganiasq^f3 ont retiré tous le^rs
ffe|s, leurs fouiTages et leurs grains au delà de l'Adda,
'esVà^re du côté du Milanois. La république a obtenu
cois mille Suisses pour mettre dans Bergai^p; il y en a
i^Jà mille d'arrivés. — On mande de la Haye que don
ternardo de Quiros, ambassadeur d'Es^p^pe, a pris son
Wïlience de congé et s'en est allé à Bruxelles.
4^mdi 12, à JUariy. — L'après-dlqée, le roi courut le î^rt,et au retour se pi*omenadaus les jardins, l^adame la duchesse de Bourgogne ne sortit point. — Il arriva un ^urrier d'Italie par qui on apprit beaucoup de détails de i^affajrede Chiari. Nous y avons eu près de trois cents officiers tués ou blessés. On soupçonne les Vénitiens d'avoir i\é fort pai^^iaux pour les Impériaux dans cette occasiou ici . ^M. de Harsin est arriy^ eu Espagne. U a visité les piiqj^tres et les conseillers d'État sans cérémonie; il na pojut encore pris de caractère. Il suivra le roi d'Espagne en Aragon. Le duc d'Harcourt demeurera à Madrid, sa santé n*étant pas enconi! asçez ^fferI^ie pour fairç^ ce voyage. l-ics vaisseaux qu'on avoit epyoyés ai^ mois ç|e d^Uibre passé à la NouvçUe-Espagnp pour y porter la DOfiyelle de l' avènement du roi Pliilipe V à 1^ couronne ^toient arrivas à San-Lucar. On ma^de que la proclamalion s'en es^ faite en ce pi^ys-U avec une joie incroyable des peuples ; que tout éloit fort tranquille dans l'Amérique espagnole ; qu'on y inettoit les côtes et les ports en défense, particulièrement ceux de Carlhagène, de Porto-Bello t\ de la Vera-Cruz» dont ^n renforce aussi les garnisons.
Ifdrc^f y^^ à Uarly, — Le roi qll^ à Saint-(!ennain i\
deux heures. Il vit d'abord le roi d'Angleterre, qui oavrit les yeux un moment quand on lui annonça qae le m étoit là, et il les referma dans Tinstant. Le roi lai dit qu'il étoit venu le voir pour l'assurer qu'il pouvoit mourir en repos sur le prince de Galles et qu'il le reconnoltroit roi d'Angleterre, d'Irlande et d'Ecosse. Le roi alla ensuite chez la reine, à qui il déclara la même chose, et hi proposa de faire venir le prince de Galles pour le mettre dans la confidence d'un secret qui lui étoit si important; on le fit venir, et le roi lui parla avec des bontte dont il parut bien pénétré. Quand ce prince sortit de la ehambif de la reine sa mère, milord Perth, son gouverneur, IniAtmanda pourquoi on Tavoit envoyé quérir ; il lui répondit que c'étoit un secret qu'il étoit obligé de garder ; ensuite ce prince semit à écrire sur sa table ; le gouverneur lui demanda encore ce qu'il écrivoit : « J'écris, lui répondit-il, tout ce que m'a dit le roi de France pour le relire tousks jours et ne l'oublier de ma vie. » Quand le roi déclara au roi d'Angleterre qu'il reconnoltroit le prince de Galles roi, tous les Anglois qui étoient dans la chambre se jetèrent à ses genoux et crièrent Vive te Roi; la reine est si touchée de cette gi*ande action qu'elle ne peut parler que de sa reconnoissance ; mais la douleur qu'elle a de voir le roi son mari en l'état où il est Tempèche de goûter cette joie-là bien purement. Au retour de Saint-Germain, le roi apprit à tous les courtisans ce qu'il venoit de faire pour le prince de Galles. H. le nonce demeure à Saint- Germain , et, dès que le roi d'Angleterre sera mort, ilreconnoltra le prince de Galles roi. — M. de Pracomtal, ayant été détaché avec douze cents chevaux pour aller au-devant d'un de nos convois, trouva douze cents cuirassiers des ennemis qui s'étoient mis en embuscade pour enlever le convoi ; Pracomtal les chargea, les renversa et les mit en fuite ; il y en eut plusieurs tués ou blessés, vingt de pris, et nous n'y avons perdu qu'un seul cavalier. — On mande de Languedoc que les états assemblés A Carcassonne ont
MNrdé au roi trois millions pour le don gratuit , deux illions de capitation pour cette année et deux millions m Tannée qui vient.
Mercredi ik, à Marly. — Le roi tint conseil le matin ûdurajusqu'à près de deux heures. Madame la duchesse I Bourgogne alla Taprès-dlnée avec madame de Maintem à Saint-Germain ; elles entrèrent d'abord chez le roi Angleterre^ qui la remercia fort et la pria de passer uu la chambre de la reine et de ne pas demeurer dakotagedans la sienne à cause de la mauvaise odeur qui t toujours dans la chambre des malades. Ce pauvre roi ^oil envoyé quérir dès le matin le prince de Galles, à ii il dit : c< Approchez-vous , mon hls; je ne vous avois te vu depuis que le roi de France vous a fait roi; n'ouliez jamais les obligations que vous et nous lui avons, ' souvenez-vous qu'on doit toujours pivférer Dieu et la ^igion à tous les intérêts temporels. » Puisilretombadans >n assoupissement, dont aucun^remède ne Fa pu retirer. 6» qu'il a un intervalle, il parle avec une piété et une ^n qui édifie tout le monde; il semble même qu'il urle avec plus d'esprit qu'avant sa maladie. — Madame duchesse de Bourgogne commence à ne se retirer qu'à * heures, et paroît le soir dans le salon. Je revins ce soir-là de mon gouvernement et fis la ré- -tence au roi quand il se mit à table. Jeudi 15, à Marly. — Le roi d'Angleterre est encore lus mal qu'il n'a été , et on ne croyoit pas le matin qu'il M passer la journée. Le roi y envoya hier Desgranges, ntltre des cérémonies , pour empocher tout cérémonial. 1 portera son corps en déj>ôt chez les Bénédictins an- '(MsàParis, et, dès qu'il sera mort, la reine ira à Chail- •t. Le roi a différé son départ pour Fontainebleau d'un •UT, et si le roi d'Angleterre passoit encore la journée - demain , le i^oi le différei^oit encore de davantage. — iHiseigneur prendra à Fontainebleau le grand apparte- '•>nt de la reine-mère, cpie le roi et la reine d'Angleterre
194 JOURHâli DE DAMGEAU.
oocupoient. M. et madame du Maine r6tou^l6Dti^appa^ teinent que Monseigneur avoit pris l'année passée » et les deux logements qui leur étoient desti&és dans le bâtiment nouveau, au-dessous de la galerie de Diane ^ seront pour madame de lioquelaure et pour madame d'O. — On va publier un édit sur les monnoies ; on remat les lonis à treize francs et les écus blancs à trois livres dix sous; il faudra que les particuliers les portent à la Monnoie. On en donnera douze livres dix sous à ceux qui les y porte ront et on y mettra la marque nouvelle ; on donnera le même profit à pi*oportion aux particuliers sur l'argent blanc^ et ou espère que ce changement-là pourra remettre Targeut en mouvement, qui n^y est pas assez.
Vendredi 16, à Marly. — Le roi d'Angleterre mourut à Saint-Germain sur les trois heures; il avoit toajours souliaité de mourir un vendredi. Le soir on emmena li reine à Chaillot. Il y avoit déjà quelques jours que son confesseur lui avoit défendu d'entrer dans la chambre du roi son mari. — M. le nonce a reconnu, de la partda ' pajui, le prince de Galles roi d'Angleterre; il prendra le nom de Jacques trois, et sera Jacques septième en Écos^. — Il arriva un courrier de M. le maréchal de Villeroy i^rti de noire année d'Italie du 11 ; les ennemis sont toujours dans leur munie camp, où on ne les peut pas attaquei* - In pnMre niilanois avoit suborné le gouverneur d'un pet i ^ fort et l'avoit obligé de le livrer aux Impériaux ; ce fom*^ étoit près du lae de Cùnie, entre Cùnie et le fort de FueBim* les. On prétend même que Tévéque de Cùme leur aun.»i< livré eett(î ville s'ils s'en lussent approchés. M. de Cl>1mero, olïieier général dans les troupes d'Espagne, ^ marché à ce fort, Ta repris et poursuit même quelqii*^ Allemands qui avoicnt lilé par la Valteline du cùté du fort de Fuentes, et a fait punir conmie de raison le pi'ètrt" qui avoit trahi les Espagnols.
Samedi il j à Versailles, — Le roi travailla le matifl^ Marlv av(H' M. de (^lamillart et Ton renvova le soir /«' j
SEPTEMBRE tfOi. 195
oourrier de H. le maréchal de Villeroy qui étoit arrivé le jour d'auparavant. Le roi travailla longtemps Taprèsdinée à Marlyavec Mansart et revint ici à six heures. Monleigneui' alla dhier à Meudon, où il demeurera jus(]u'A mercredi; qu'il eh partira pour aller coucher à Fontainebleau. Monseigneur le duc de Bourgogne revint ici en sortant de table et alla jouer le soir chez madame la duchesse. — Le roi donna le régiment de Bugey à H. le comte du Gua, brigadier d'infanterie et le plus ancien des colonels à remplacer; ce régiment étoit vacant parla foori de H. deHatan cpii est mort de maladie en Italie. — Le roi donna ces jours passés une pension de 2,000 francs À madame Tourole y femme de chambre de madame la duchesse de Bourgogne y pour quatre enfants qu'elle a y 500 francs à chacun. Son mari mourut il y a déjà quelque temps; il étoit garde-meuble du roi. — Le soir sur les sept heures^ à SaintrGermain, on transporta le corps du roi Jacques aux Bénédictins anglois à Paris, où il demeurera en dépôt.
Dimanche 18, à Venailles. — Le roi alla tirer l'après-
^ée. Monseigneur, qui est à Meudon, tira toute l'après-
dlnée avec M. le prince de Conty dans le parc. Madame
'« duchesse de Bourgogne joua toute Taprès-dinée chez
«Ue et n'en sortit que pour le salut. — Avant-hier à Marly
il arriva un courrier de Turin par qui on apprit que M. le
P'iUce de Carignan, chargé de la procuration du roi
d'Espagne, avoit épousé la princesse de Savoie, qui partit
^^**di dernier de Turin pour aller trouver le roi son
*****! à Barcelone, où il est allé l'attendre. Cette reine seni
^^it jours en chemin de Turin à Nice, où elle doit s'em-
^*ï*i|uer sur la galère du comte de Lemos, qui est fort
lon^ et fort magnifitjue . — On a eu avis que la flotte an-
5*oise et hoUandoise, qui avoit mis à la voile sur la fin
**>^ mois iMié^sé , avoit été obligée par les vents coojtraires
^ i*elàcher. Il court un bruit qu'elle ira au détroit et
^^eUe y prendra le pavillon de l'empereur ; on dit mc^me
196 JOURNAL DE DANGEAD.
qu^elle y S€fra jointe par quelques vaisseaux danois et que le comte de Guldenleu la commandera par une commission particulière de Tempereur. — M. l'ambassadeur de Savoie apporta à madame la duchefi^ de Boui|ro^ un portrait en grand de la reine d'Espagne^ sasoeur, qu'il assure être fort ressemblant et qui est très-agréable; Thabit et la coiffure, qu'on dit être à la manière présente d'Espagne^ ont fort plu à tous ceux qui l'ont vu.
Lundi 19, à Versailles. — Le roi travailla raprès-dlnée avec M. Pelletier. — On publia à Paris et à Versailles le nouvel édit pour les monnoies. — Madame laprinœssede Conty, après le souper du roi, alla coucher à Meudon; elle ira avec Monseigneur à Fontainebleau. — Monseigneur le duc de Bourgogne joua le soir au brelan avec madame la duchesse de Bourgogne et ses dames. — Le roi augmente de la moitié ce qu'il donnoità monseigneur le duc de Bourgogne pour ses menus plaisirs; il n'avoil que 1,000 écus par mois, il en aura 2,000 à commencer au 1" d'octobre. — M. de Guiscard, notre ambassadeur auprès du roi de Suède, a permission de revenir; le roi y envoie, pour faire les jiffaires en sa place, M. le marquis lie Bonnac . neveu de Bonrepaux , qui n'aura que la qualité d'envoyé avec 6,000 écus d*apix>intements. M. de Boniiîu* étoit envoyé auprès du duo de \Volfenbt\ttel. (^ donne cet emploi au marquis d'Usson^ frère de Bonrepaux, (jui étoit déjà en ce pays-là commandant les troupes de ce prince, qui avoit demandé, il y a quelques mois, un iiénéral au roi ; si bien que M. dTsson pi'é^nteuient aura l'emploi de commander les troupes de ce prince et sera en même temps envoyé du roi pour négocier les affaires de ce pays-là.
Mardi 20, à Versailles. — Le roi en sortant de dîner aUa à Saint-Germain voir le nouveau roi d'Angleterre Jacques III ; il ne demeura pas longtemps avec lui et fut ensuite (^hez la reine sii mère. Madame la duchesse de Bourgogne arriva peu après Ir roi à Saint-Oermain: elle
foit dans son carrosse madame la Princesse, madame ftlhichesse et mademoiselle d'Enghien. Madame y vint m peu après elle , ayant dans son carrosse M. le duc rOriéans et madame la duchesse d'Orléans. Monseigneur f vint aussi de Meudon avec madame la princesse de }onty. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry ivoient fait lem« visites avant le roi. S. H. se tint touours auprès de la reine d'Angleterre pendant toutes ces risites, qui finirent toutes par aller chez la princesse TAngleterre. La reine demeurera toujours à Saini-Gernain avec le roi son fils et la princesse sa fille. Madame la duchesse de Bourgogne et toutes les princesses éioient en robes de chambre , le roi d'Angleterre en grand manteau violet; tout le cérémonial de ces visites-là pareil à odui du roi Jacques II, son père, dont le cœur fut porté à ChaiUot après que son corps eut été porté aux Bénédictins inglois à Paris, la nuit du samedi au dimanche. — Tous les ambassadeurs vinrent ici le matin au lever du roi à leur ordinaire , hormis l'ambassadeur d'Angleterre, qui fait le fÀché sur ce que le roi a reconnu le roi Jacques III (1 ) . U n*y a pourtant rien en cela de contraire au traité de Kyswyck; il y a môme des exemples pareils de deux rois d'un même pays reconnus en môme temps. Le roi Casimir, que nous avons vu mourir à Paris , avant que d'être
(1) « U y a longtemps que je ne vous ai écrit, mon cher frère,et il s'est passé encore
bieBdescboses depuis ; je suis persuadé que tous aurez été de même sentiment
que moi sur la reconnoissance du prince de Galles, et je ne crois pas qu'un hon-
Bte homme pût penser autrement; aussi cette action a-t-elle été bien louée ici
^àfn François et des Anglois. Le prince d'Orange ou le roi Guillaume, comme
il TOQg plaira le nommer, a ordonné à son ambassadeur de retourner en
ABileterre sans prendre congé du roi ; mais on se moque de sa colère , et il
■^pootpas faire plus de mal qu'il tâche à nous en faire. J'avoue que je Tus fort
^^^■Nsé quand j'appris que le roi avoit déclaré qu'il reconnoissoit le prince de
^^*Ott, et quoique je n'en doutasse pas, j'en témoignai ma joie à tout le monde.
Je sois persuadé que tous n'en aiu^z pas été fâché non plus. » ( Lettre du
^ àB Bourgogne à Philippe V, écrite à Fontainebleau le 4 octobre 1701, et
'apportée dans les Mémoires de LouvHle, t. !•', p. 198.)
SEPTEMBRE t70t. 1M
nir coucher ici, ayant dans son carrosse madame la duchewe de Bourgogne au fond ^ madame la duchesse d'Orléans au-derant^ la duchesse du Lude à une portière. Monseigneur partit de Meudon l'après-dlnée avec madame U princesse de Conty, et alla coucher à Fontainebleau. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry partirent de Versailles après le lever du roi et allèrent coucher iFontainebleau aussi . Il y a dans les carrosses de madame laduchesse de Bourgogne mesdames de Hailly, de Roucy, de Nogaret> d'O, de Montgon, de Lévis, d'Estrées, de SaintrGéraUy de Brancas, de Villacerf et de Maulevrier. Madame de Haintenon est dans un carrosse du roi avec mesdames d'Heudicourt et de Dangeau. En arrivant ici, le roi alla descendre chez madame du Maine, qui gardera le lit jusqu'à ce qu'elle accouche, et puis S. M. alla se promener dans les jardins avec madame la duchesse de Bourgogne et Madame. Le roi approuve fort tout ce que M. du Haine a fait dans sa maison; elle est meublée magnifiquement et proprement. Les jardins sont fort bien tenus, et il en coûte déjà plus de 50,000 écus à M. du Maine. Il n'y a ici que le service et les dames qui sont venues avec madame la duchesse de Bourgogne ou celles quiétoient déjà ici avec madame du Maine, qui sont la princesse d'Uarcourt, les duchesses de Roquelaure et de Lauzun. Le roi ne veut point qu'on vienne ici lui faire sa cour; il ne Va permis qu'au seul cardinal de Furstemberg et a donné ordre pour H. le cardinal de Noailles, qui viendra après-demain matin avant qu'on parte.
Jntdi 32, à Sceaux. — Le roi se promena tout le malin ^ pied et dans son petit chariot. Madame la duchasse de Bourgogne, après la messe , le vint joindre dans les jardins; madame de Haintenon y étoit aussi. Il paroit que le roi se plaît fort ici ; on croit même qu'il y reviendra ^ retour de Fontainebleau. Il y a deux tables ici dans Tendroit où le roi mange , comme à Harly. Madame la duchesse de Bourgogne, qui prend encore du quinquina.
mange chez madame de Uaintenon. L'aprè»-dlDée le roi se promena en calèche et fit le toi^r du parc, où il a envie de faire des embellissements nouveaux. — On a desnoavelles d'Italie du 15. Nos armées sont toujours dans leur mèmecamp, etles ennemis se fortifient dans le leur, oonmie gens qui songent à y demeurer longtemps; ils attendent un nouveau renfort d'Allemagne. Nous avons six mille hommes dans les hôpitaux en comptant les blessés, et on a fait venir beaucoup de chirurgiens de Provence et de Dauphiné et de Lyon pour en avoir soin. — L'évèquede Léon est mort; cetévéchë vaut 16 ou 18,000 francs; il avoit outre cela une petite abbaye auprès de Brest, qui est de son diocèse; il y avoit déjà quelque temps qu'il étoit tombé en enfance.
Vendredi 23 , à Fontainebleau. — Le roi, le matin à Sceaux, donna audience à M. le cardinal de Noailles, entendit la messe à neuf heures et puis alla chez madame du Haine lui dire adieu ; madame la duchesse de Bou^ gogne et Madame le suivirent partout , et à dix heures ils montèrent en carrosse pour venir ici. Madame la duchesse de Lauzun se mit dans les carrosses de madame la duchesse de Bourgogne avec les onze dames qui y étoienl déjà. Le roi , en arrivant ici, alla visiter les nouveaux appartements de la galerie de Diane, dont il fut fort content; il trouva même que ceux à qui il a fait Thonneur de les donner les avoient meublés convenablement. Monseigneur et messeigneurs ses enfants, qui étoient arrivés ici deux jours avant le roi, l'y vinrent recevoir. Monseigneur et eux ont couru le loup les deux jours qu'ils ont été ici. — Le soir on publia à son de trompe un édit pour recevoir dans le commerce les vieux louis etles écussur le même pied qu'on les reçoit à la Monnoie, et cela jusqu'au r*^ novembre. On en portoit tant à la Monnoie à Paris qu'on ne pouvoit pas suffire à les recevoir. — te roi, en partant de Sceaux, a envoyé son portrait enrichi de diamants au fils de Tambassadeur de Venise, qu'il tint
sur les fonts ces jours passés , et ce présent est aussi beau que celui qu'il a accoutumé de faire aux ambassiideurs mêmes quand ils prennent congé.
Samedi 2!^, à Fontainebleau. — Le roi, après la messe, alla chez madame de Main tenon , dîna de fort bonne heure, et puis il alla courre le cerf; Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse avec lui. — On mande d'Espagne que S. M. C. a accordé beaucoup de grâces dans sa route de Madrid en Aragon. Il a exempté les Ueux où il a passé de beaucoup de droits qu'ils étoient d>ligés de payer ; il a fait de grandes aumônes et a reçu des bénédictions de tous les peuples qui sont venus en foule à son passage. Avant que de partir de Madrid il a laissé un pouvoir absolu au cardinal Porto-Carrero de gouverner en son absence , avec ordre à tous ses conseils, à tous ses ambassadeurs dans les cours étrangères d obéir aux ordres de ce cardinal comme aux siens propres. — On mande de Hollande que le roi Guillaume est ttû peu moins mal. Il commence à monter î\ cheval ; il va même à la chasse. Il a reçu à Loo les ducs de Zell et d'HanovTe, qu'on avoit cru qu'il n'y pourroit pas recevoir À cause de sa mauvaise santé. Cependant les Hollandois, dans leurs gazettes même, parlent de son mal comme d un mal dangereux et pressant.
IHfnanche 25, à Fontainebleau, — Le toi alla tirer Taprès-dlnée. Il témoigna à M. de Saint-Hérem qu'il n'étoit pas content que l'on tirât ici des sangliers et qu'il y eût si peu de faisans dans la forêt ; mais il ne s'en prend point à M. de Saint-Hérem ; il en rejette toute la faut« sur M- de Saint-Hérem, son père, qui vient de mourir et qui durant les dernières années de sa vie avoit fort néglige de mettre de bons gardes. — Monseigneur ne sortit point ^joua le soir au brelan chez madame la princesse de ^nty. Madame la duchesse de Bourgogne alla avec madame deHaintenon entendre vêpres aux Loges. — Madame la Duchesse, qui de voit partir de Saint-Maur vendredi
202 JOURl<iAL DE DAHGBAU.
pour arriver ici en même temps que le roi, est allée à Versailles sur la nouvelle de la maladie de H. le doc d'Enghien^son fils, qui a la dyssenterie. M. le oomte de la Marche^ fils aîné de H. le prince de Gonty, Ta auw. Le chevalier d'Angouléme, premier gentUbomme delà chambre de M. le prince de Conty y est mort en deui jours de la même maladie; comme il étoit bâtard de feu M. d'Angoulôme, M. le prince de Conty a envoyé un courrier au roi pour lui demander sa confiscation pou une iille bâtarde qu'il a. Le roi a mandé à M. le prioM de Conty qu'il la lui accordoit pour lui et qu'il en feroit Fusage qui lui plairoit; ce bien n'est pas coDsidé* rable.
Lundi 26, à FoniaiwhieoM. — Le roi courut le cof Taprès-dlnée ; monseigneur le Dauphin et messeigneors ses enfants étoient à la chasse avec le roi. Le soir il y eut comédie, que madame la duchesse de Bourgogne entendit de la tribune (1). — On a nouvelle de Brest que M. de Chàteau-Benaud en partit le 9 avec la flotie qu'il commande pour aller joindre le comte d'Estrées à Cadii; ils seront en état , étant joints , de s'opposer à ce que les flottes angloise et hoUandoise voudroient entreprendre. — D'Alou, ancien colonel de cavalerie et brigadier, est mort ; il étoit un des seize cordons rouges de Tordre de Saint-Louis. Le roi a donné cette place à Romainville. maréchal de camp , ancien officier de cavalerie, qui ne sert pas présentement. — On augmente encoi*e la mon* noie. Les louis neufs sont à quatorze francs et les nouveaux [$ic\ à treize ; l'argent blanc à proportion ; et l'on a résolu tant que cette guerre ici dureroit de n'y plus faire aucun changement. On sera obligé à la fin d'octobre de porter les vieux louis à la Monnoie, et on a le loisir cependant d'en frapper de nouveaux pour pouvoir payer
(I) « Les comédiens représentèrent la tragédie de Phèdre et fa coiiï^i« ^" G ron deur, >. ( Mercure d'octobre , page 364. )
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tneftpèces les gens qui y porteront leur argent; on y » portoit une si grande quantité qu*on ne pouvoit les ïtyep qu'en billets. On espère que ce changement renetlra de Targent dans le commerce et sur la place; il y stfort rare présentement. — Madame la duchesse de iourgogne dîna chez la duchesse du Lude aveo madame le Maintenon et beaucoup de dames.
Mardi 37, à Fontainebleau. — Le roi alla tirer Taprèsllnée et trouva plus de gibier que la première fois. Il n'y i point encore ici d'appartement. Monseigneur joue les loirs petit jeu au brelan chex madame la princesse de iODty. Madame la duchesse de Bourgogne, qui ne prendra dus de quinquina durant quelques jours, recommence A oaper avec le roi comme avant sa maladie. — Il arriva un KHirrier du maréchal de Villeroy qui n'apprit rien de iOQsidérable. M. de Tessé de voit marcher avec quelques Miaillons de l'armée et en prendre encore à Mantoue. > bmit couroit que c'étoit pour reprendre Castiglione fclle Stivicre et quelques autres petits postes; mais ce iW qu'un bruit, et le roi ni les ministres n'en ont point Jirié. — Le roi d'Espagne partit le 5 de Madrid pour Jlep attendre la reine sa femme à Barcelone; on a noui^elle qu'il a fait son entrée à Saragosse, où il a confirmé «privilèges des royaumes d'Aragon. M. deMarsin, qui «suit dans ce voyage, a été Jilessé d'un coup de pied de îheval cjui le met hors d'état d'être dans le carrosse de ^. M. C. durant le reste du voyage ; il espère pouvoir sui- ''W dans sa chaise ou du moins en litière, s'il ne peut ''ïpporter d'autres voitures.
Mercredi 28, à Fontainebleau. — I^e roi alla tirer TaïW»s-dlnée. Monseigneur courut le loup ; messeigueurs <^ducs de Bourgogne et de Berry étoient à la chasse ^vec lui. Madame la duchesse de Bourgogne passa une >aptie de Tapn^s-dînée avec madame de Maintenon chez ûadame deDangeau, où ellcî s'amusa à jouer au trictrac. — hi mande de Versailles que le mal de H. le duc d'En-
ghien augmente; la dyssenterie a diminué sans qn^il en ait été soulagé ; Helvétius^ qui le traite, en a fort mauvaifle opinion. — La flotte angloise et hollandoise eM rentrée dans leurs ports à la réserve de trente-cinq vaisseaux qn'ik en ont détachés pour aller vers l'Amérique; nous avons envoyé ordre au comte d'Estrées de faire aussi un déhchement des vaisseaux qu'il commande pour les envoyer de ce côté-là. On compte que Chàteau-Rcnaud Ta j<Mfit présentement, et nous voulons avoir en Amérique èi moins autant de vaisseaux que les ennemis. Il y a d^ longtemps que le chevalier de Coôtlogon est dans ces mers-là, et les Espagnols y ont quelques vaisseaux poar joindre aux nôtres.
Jeudi 29, à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf, ayant madame la duchesse de Bourgogne dans sa petite calèche. 11 partit du château dans son grand carrosBe; Monseigneur y étoit au devant avec les comtesses d'Ayen etd'Estrées, mesdames de Mailly et de Maulevrier au portières et madame la duchesse de Bourgogne dansk fond avec lui. — On mande de Hollande que le roi Guillaume, étant à table à Loo, apprit la mort du roi Jacques et que le roi avoit reconnu le prince de Galles; il enTonça son chapeau et n'ouvrit pas la bouche. On ajoute qu'on croit qu'il rappellera incessamment son ambassadeur. — I>es troupes danoises que les Hollandois ont achetées sont en marche pour venir en Hollande. Les Étais Généraux ont fait prêter à Tempereur deux millions pour lui aider à continuer la guerre d'Italie, et ils n'oublient rien de tout ce qui nous peut marquer leur mauvaise volonté. — L'abbé d'Oppède, qui avoit une abbaye de 8 ou 10,000 livres de rente, Ta rendue au roi etsW allé faire moine à Septfons.
Vendredi 30, à Fontainebleau. — Le roi monta en car rosse Taprès-dlnée , Madame auprès de lui et Monseigneur sur le devant ; ils n'étoient qu'eux trois dans le carrosse. En arrivant au laissez-courre, il monta dans une
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wtite calèche qui lui est encore plus commode que les latres pour suivre la chasse ; Madame y étoit avec lui. id roi courut le cerf avec les chiens de M. du Maine, lesseigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry étoient lia chasse. — On mande de Nice que la reine d'Espagne t'y devoit embarquer le 26. Le cardinal Ârchinto^ en quaité de légat, Ty est venu complimenter de la part de Sa Sainteté ; il a passé par les États de M. de Savoie sans iire aucun compliment à LL. AA. RR., dontelJes ont été XNrt mécontentes. Le roi d'Espagne doit arriver aujourlliui à Barcelone^ où il attendra la reine. — Le roi de ioède a accommodé les affaires de la maison de Sapieha ivec Oginski et la noblesse de lithuanie , ce que n'avoit pas pu faire le roi de Pologne^ leur roi ; et les Polonois ont obligé S. M. Polonoise de renvoyer en Saxe toutes les tawpes qu'il en avoit fait venir.
SûmediV octobre , à Fontainebleau. — Le roi alla tirer Taprès-dinée. Monseigneur courut avec les chiens de H. le comte de Toulouse. Madame la duchesse de Bourgogne ne sortit point de tout le jour. — Il arriva un «nmer du maréchal de Villeroy, qui rend compte d'une petite action qui s'est passée, où nous avons perdu cent cavaliers et environ autant de fantassins. Roquépine, Jûestre de camp de cavalerie, y a été tué; c'étoit lui qui <ionunandoit. Nous y avions quatre cents chevaux et çiatre cents hommes de pied. Les ennemis n' étoient S^te plus forts , et il parolt que nos troupes dans cette <Hicasion n'ont pas si bien fait qu'elles ont accoutumé de Wre. M. de Tessé, qui étoit allé à Mantoue pour prendi'e 'U^ partie de la garnison et assiéger ensuite Castillon (1) ^ joignant les troupes de cette garnison à sept ou huit 'bataillons qu'il avoit amenés de l'armée, a trouvé tant de 'l'^cdadies parmi les soldats de cette place qu'à peine en
(I) Ctfltiglioae dette Stiviere.
S06 JOURNAL DE DAUGEAU.
reste-Wil asies pour monter la garde. M. le marédulde Villeroy mande que les ennemis sont toigoars danslev môme oamp, mais qu'il croit quils seront obligés iie quitter l)ientût, parce qu'il leur reste fort peu de fourra^.
Dimanche â, à Fonkitne6/eau. — Le roi alla Tapiisdinée tirer. Monseigneur alla tirer de son cdté et joua le soir chez madame la princesse de Gonty comme àsoncrdinaire. — Le roi a donné à M. le chevalier de Sully le régiment de cavalerie qu'a voit Roquépine ; c'est an des plus anciens n^giments des gentilshommes. Le chevalirr de Sully prend congé du roi pour aller servir à la ttt« de ce régiment, qui est très-bon. — Le comte de Manchester, ambassadeur d'Angleterre, a mandé A M. de Torry qu'il avoit reçu ordre du roi Guillaume, son maître, de partir incessamment et même sans prendre congé du roi (1 ) ; il va droit en Hollande , où il compte de tronvcr encort» le roi son maître. On mande pourtant de ce payslà que ce prince doit bientôt retourner en Angleterre, où il veut tâcher d'animer encore davantage son parlement contrt^ la France sur ce que nous avons reconnu le prince de Galles roi. Nous n avons rien fait en cela de contraire au traité de Ryswyck; mais ils cherchent des prétextes l>our les iiTiter encore da^-antage contre nous.
Lundi 3, à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf av«* s«*s chiens, seul dans sa caltVhe; monseigneur le Dawphin
I \nki la lettre i\v M. \\o Mitmiiestor, et la repanx' tie M. tic Tt«j MoiiMeur. \v roi mon inaitre, étant inft»nne que S. M. T. CH. a frtxiB* uu *utn- rt>i «le la (;ran(li'-Kivta£ne, ne cixmI pa> (|ue >a fdoiiv fl son «ni^ lui |MTiiiett<Mit fie teJiir |»lu> KHi^tein|u> un ainl>^vs«(ieur aii|nv> du roi u<rr inaitiv. et in\i «'uxoy oiilre «Je iiir retirer iiue^sdinnient , %\*m\ je inetk* llumnoiir ite%ouMU»nnera>i>|Kir n- billet, ete. >iiici la r»*|H»ns<» :
' MiHisktir, yenc puis rien a)<i«ilora tv que j'ms TlKioneur Hf vflusdiivii^ d luiit jiMii^ lUi ^^e^4^ >iniviv q\w le roi a toujours «-u Jeconsener avtili'i^'*' ^tktn* iiviitn' la |Mi\ eLililie [ui le traiti* «le K>NW>(-k. Je %ou> pne seiileiw*^ "^ eo mon |ur1ii-nliei «l'être Uien |M>rMia.l«' qu'eu quelque lieu q«ie v>u> »»•>'■ -^ «iHiN n'aurez |»erMMiue, «4e. . >>otf du duc df iMwnes.
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«Imesieigneurs ses enfants étoient à la ohasse. Le soir il y eutoomédie (i), que madame la duchesse de Bourgogne entendit d'en lias comme la dernière fois^ et le roi, qui a?oit trouvé mauvais qu'il y eût des dames en robe de ehambre devant elle^ quoique ces dames fussent sur degéchafauds^ envoya dans la salle^ avant que madame ladachesse de Bourgogne y entrât^ pour voir si quelques dames, ignorant cet ordre, n'étoient point en robes de flbambre ; mais la duchesse du Lude avoit eu soin de les hiie avertir , et il ne s*y en trouva point. — M, le marédial de Boufflers a fait un pont entre Maestricht et Liége^ auprès d'Argenteau. On ne sait même si cet hiver on ne fera pas demeurer quelques troupes dans un camp qu'on veut faire retrancher en cet endroit ; ce qu'il y a de certain c'est que le maréchal de Boufflers a dit que beaucoup de colonels n'auroient point de congé cet hiver.
Mardi k, à Fontainebleau, — Le roi courut le loup avec les chiens de Monseigneur ; madame la duchesse de Bourgogne monta auprès de lui dans la calèche qaand ils furent au laissez-courre. Le roi revint avant la lin de lâchasse; Monseigneur demem*a jusqu'à la tin, et revint si tard qu'il ne joua point le soir. — M. de Torcy apporta au roi la nouvelle d'une petite révolte qu'il y avoit eu à Naples; les chefs de cette révolte étoient deux hommes winés de biens et de réputation; l'un est le prince de Macchia de la maison de Gamba-Gorta, et l'autre le duc de [Telese] de la maison Grimaldi. Ils avoient soulevé quelque populace^ espérant que quelques-uns des bons l)ourgeois se joindroient à eux ; mais ils sont demeurés fermes dans leur devoir. Les séditieux crioient daus les rues : ^tnt VEmpereur et l'Archiduc^ et avoient dessein de taerle vice-roi; ils avoient pris le temps que nous n'avions aucune galère dans le port. Le duc de Popoli^ à qui
(1)« Le* comédiens représentèrent la tragédie de Mitfmdate et la comédie ^PtetfMTS. « {Mereure d'octobre, |»agc 367.)
le roi promit Tordre du Saint-Esprit il y a quelques m<M8 et qui est frère du cardinal Cantelmi , archevêque de Nftples y se mit à la tète de quelque cavalerie et de quelques soldats quUl assembla diligemment y alla attaquer ces révoltés , les défit sans beaucoup de peine, et força ceux qui s'étoient retirés dans le clocher d'une église et dans une tour. Le vice-roi en a fait pendre quelques-uns, et l'on croit que la sédition est entièrement finie.
Mercredi 5, à Fontainebleau. — ^ Le roi alla à la messe dans la chapelle à huit heures et demie et revint se mettre au lit pour prendre médecine ; il tint après diner conseil jusqu'à sept heures. Monseigneur étoit au conseil. Madame la duchesse de Bourgogne et Madame aUèreot séparément voir le roi le matin dans son lit. Madame, qui est charmée des bontés que le roi a pour elle depuis la mort de Monsieur, lui rend plus de soins que jamais. — Le roi, en s'habillant après avoir diné dans son lit, nous conta la petite révolte deNaples. Le vice-roi Tavoit mandée à M. de Vaudemont; M. le cardinal de Janson Tavoit mandée au roi et M. de Pontchartrain en a eu aujourd'hui la confirmation par Vauvré , intendant de la marine , à qui le consul françois que nous avons à Naples en avoit envoyé le détail pour l'envoyer au roi. S. M. nous dit qu'elle avoit donné ordre au comte d'Estrées, qui est encore devant Cadix, d'aller avec quelques-uns de ses vaisseaux à Naples avant que de revenir en France. L'escadre des galères de Sicile arriva à Naples peu après (»ette sédition , et les galères du duc de Tnrsi y dévoient arriver incessamment.
Jeudi 6, à Fontainebleau. — Le roi , après son dîner, monta en carrosse avec Monseigneur et Madame, qui se mirent tous deux sur le devant. Quand on fut au laisse^ courre , Monseigneur monta à cheval, et le roi se mit dans sa petite calèche avec Madame. On prit deux cerfs; mais le dernier fut pris bien avant dans la nuit, et le roi étoit l'evenu un peu avant la fin de la chasse Messeigneurs
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ducs de Bourgogne et de Berry étoient à la chasse, lame la duchesse de Bourgogne alla se promener^ avec 4iame de Maintenon et ses darnes^ sur le chemin de la use. — On a nouvelle de Portugal que Château-Renaud it arrivé à Lisbonne avec seize gros vaisseaux. Il a fait fttre trois cents officiers à terre ; il a porté beaucoup de oabes et a beaucoup rassuré les Portugais, qui avoient quelques alarmes de la flotte angloise et hollandoise. roi de Portugal a embrassé tendrement Chàteau-Keod, s'est fort loué du roi^ qui^ sur le moindre danger que i pays ne soit attaqué^ lui envoie de si grands secours, peuple dans les rues a crié Vive le roi de France. Il n y K)int d'honneurs ni de lK)ns traitements qu'on ne însso. Mteau-Renaud et aux officiers qui sont avec lui . Vendredi 7, à Fontainebleau. — L'après-dlnée le roi mta en carrosse avec madame la duchesse de Bourgogne près de lui.. Madame et madame la duchesse d'Elbeuf devant^ mademoiselle d'Elbeuf et madame de Mailly i portières ; il alla aux toiles, où il demeura toujours en rrosse. Messeigneurs le duc de Bourgogne et de Berry Ment à cheval. Il y vint d'assez gros sangliers dans l'eninte, mais ils sautèrent les toiles. Monseigneui* cout le loup^ d'où il revint assez tard, et pendant qu'il souit chez madame la princesse de Conty monseigneur le icde Bourgogne y joua au l^relan. — Le roi a permis duc d'Harcourt de revenir d'Espagne quand il croiit n'y être plus d'aucune utilité pour son service. — l^ mte de Tessé, qui n'a pas pu tirer de la garnison de Dtoue les troupes qui lui étoient nécessaires pour rele siège de Castel Giufré etde Castiglione^ a marché îolto, qu'il fait fortifier ; Goïto est sur le Mincio entre ichieraet Mantoue. — La reine d'Espagne a essuyé une ez grande tempête et a été obligée de relâcher à Antii; et comme elle étoit fort incommodée sur sa galère p les punaises , et que d'ailleurs même elle avoit assez iffert sur la mer, elle a mis pied à terre, et on l'a logét»
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MO JOURÀÂL MB DÀllGfcàU.
dans le ch&teau. Lèvent continnoit à ètr« eontn$t«; fM elle n'arrÎTera pas à Barôelone sitAt qu^on la 0âfllL
Samedi S, à PotUainébUau. — Le roi coonlWnf avec leschiensde monseigneur le duc d^léaiis;1ftèK étoit avec Ini dans sa calèche. Monseigneur le Daiiphm d mesaeigneurs ses enfants étoient àla chastse. Le soir, Hmseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne jûu^rfîit au brelan chez madame la princesse de Conty. ladaim la duchesse de Bourgogne alla se promener i'apm-dlQér sur le chemin de la diasse. -— Le roi Guillaume a env^ ordre à Poussin, que M. de Tallard avoit Inî^i^^ ^n hât terre pour y fedre les affaires du roi^ desoi Eîr dt IjoIwH ne voulant plus avoir de ministres à la cour de FnuLf ii quMl y ait aucun agent de la cour de France en A n k 1t t m — Le roi et Monseigneur donnèrent le luatin ëmJM mtv à. l'envoyé d'Espagne , qui s'appelle d'E^aretô; 0 ^i^^l pour fiedre compliment sur la mort de Monsieur; le mV &it défrayer, et on le traite magnifiquement. ^ U i^rri^^ un courrier du maréchal de Yilleroy ; les armées muWf^ jours dans leurs mêmes camps. Les pluies ont cammeiKt en ces pays-là, el les Allemands commencent à y saulto Iieaiieoup ; ils manquent de fourrages f*t de beaiKttf d'autres choses; cependant ils y ont fait venir Iseauflif de planches, comme s'ils y vouloîent faire desbaraqi^ pour y passer l'hiver, ce que nous ne croyons pas îdip leur soit impossible.
Dimanche 9, à Fontainebleau. — Le roi alla tiref !'•• pivs-<Hnée et revint ici pour le salut. Monseigneur «U* I se promener à l'ermitage de Franchart mec madAine b t princ*»ssede Conty et puis revint jouer chez elle. — tl^triva un courrier de M. de Vaudemont pour rendre coœf** du i>etit soulèvement arrive^ A Naples. Le prince de 1^ chiaet leducTelessia, qui en étoient les princîpauicbA s<mt sauvés; mais on a pris le neveu du baron (k'I' sola, qui s'appelle Chassinet ; il étoit chargé des procurations de renq>ereur, et c'étoit lui qui avoît conduit to^r
tte affaire avec un nommé Sangro, qui a été pris aussi écartelé. Le prince Eugène avoit ordre de Fempereur invoyer dix mille hommes en ce pays-là pour soutenir révolte. Le prince de Montesarcliio, qui a quatre-vingt.s i passés^ a monté à cheval, s^est joint au duc dePopoIi^ % sont eux qui ont dissipé la canaille qui s*étoit assenie. Le roi a fait partir un courrier qui porte ordre comte d'Kstrées d^aller avec cinq ou six vaisseaux à Na- 8. — On mande de Versailles que M. le duc d'Enghien, bu avoit dit à l'extrémité, étoit si considérablement !ux présentement que les médecins le ci oient hors de iger; cependant nous ne le croirons entièrement guéri i quand madame la Duchesse , sa mère , Taura quitté ir venir ici.
Lundi 10, d Fontainebleau. — L'après-dinée le l'oi coule cerf ayant madame la duchesse de Bourgogne dans »lèche; monseigneur le Dauphin et messeigneurs ses ants étoient à la chasse. Le soir il y eut comédie (1). lame la duchesse de Bourgogne, qui avoit été tout le r en habit de chasse, se rhabilla de noir et alla à la colie en )>as avec Monseigneur. — H. Courtin lit dire au ilyaquelques^jours, parH.deChamillart,que, ses inttités lempèchant de pouvoir travailler, il croyoit il étoit de son devoir de supplier S. H. de mettre quelim en sa place à la tète des bureaux où il présidoit. emplois-là lui valent environ 13,000 francs. Le roi a fait mander par H. de Cham^llart qu'il étoit trè»-fàde le voir hors d'état de travailler , mais qu'il l'avoit iea servi toute sa vie qu'il étoit plus disposé à lui augîter ses grâces qu'à les lui retrancher ; qu'ainsi il lui tinueroit tout ce qu'il lui donnoit, soit qu'il pût traler ou non, et qu'il le prioit de ne songer qu'à ménaaa santé. — On a nouvelles que les troupes suédoises
■ Les Gotncdieas rqu-ésentèrent VAndfomaquc vi Crispin médecin. » CUTIS <l'o(^»biv , ft9fte 370. )
qui étoient auprès de Narva ont été attaquées par ks Moscovites, qui les ont battues : voilà le premier succès qu'aient eu les Mosco\'ites contre les Suédois, encore n'estil pas fort considérable. Le roi de Suède est en Cowlande^ où il fait fortifier deux petites places qui sont sur la mer ; il n'y a que ces deux-là en ce pays-là.
Mardi 11, à Fontainebleau. — Le roi, après son lever, donna une audience dans son cabinet aux ducs d'Arcos et de Banos; ils sont frères et de la maison d'Aveiro par leur mère et de Léon par leur père. Ce sont les seuls qui se fussent opposés en Espagne à Tégalité des traitements que les deux rois font présentement aux grands de Fraixt et d'Espagne. Ils avoient même présenté un mémoire sar cela au roi leur maître, qui, pour les en punir, leuraw»donné d^aller servir dans ses armées en Flandre; ils ont reconnu leur faute, et vont servir en Flandre. Le roiks a très-bien reçus, et ils sont charmés de ce quMl lenradil; ils jouiront ici des honneurs dont jouissent nos ducs.— Le roi alla tirer Taprès-dlnée. Monseigneur voulut coune le loup, mais il n'en trouva point. — Il arriva un couniei de Rome par lequel on apprend que Ton avait trouvé dans les papiers de Chassinet que le duc GaOtano étoit A la conspiration; sur cela le pape a défendu à ce iliioilt sortir de Rome, souspoiuede 50,000 écus d'amende; mat malfîTé la défense du pape il en est sorti dans le earrossi de l'ambassadeur de Fempereur. Il y a longtemps qu< la haine de Ga(^tano contre la France dure ; on dit qu i y a encore quelques séditieux qui se sont i^etiré dans un château de l'Abruzze ; mais c'est fort peu dchose.
Mercredi 12 , à Fontainebleau. — Madame la duehessi de Bourgogne vit dans son cabinet les ducs d'Areos et J< Banos. Elle les reçut debout, et ils eurent rhonueurd* la baiser; ensuite elle se mit dans son fauteuil pour donner audience X Tenvoyé d'Espagne. L'ambassadeur d^ le présenta j^ointet ne laissa pas de demeurer à Taudiefltf
aussi bien que les ducs d'Arcos et de Banos; à la fin de l'audience, madame la princesse de Conty et toutes les duchesses se levèrent avant que l'envoyé eût fait sa première révérence, et se tinrent toujours debout durant l'audience. C'est un honneur que les princesses et les duchesses font présentement aux envoyés et qu'elles ne leur font que depuis quelque temps; je crois même qu'elles ne devroient point le faire. Cela n'a commencé qu'à une audience de Palmquist, envoyé de Suède. — Le roi eut nouvelle que la reine d'Espagne, après s'être rembarquée i Antibes^ avoit été encore obligée de relâcher à Toulon ; die ne se rembarquera plus, et ira par terre jusqu'à Barcelone. Le roi avoit proposé à l'ambassadeur d'Espagne que le roi son maître vint au-devant d'elle jusqu'à Perpignan; mais, comme il a quelques affaires à régler en Catalogne, on croit qu'il attendrala reine à Barcelone, où Ton a eu nouvelle qu'il étoit arrivé le 30 du mois passé. On renvoie à Naples les galères qui ont amené la reine, rtl'on a envoyé un courrier en Provence pour faire trouver des carrosses et des litières et tout ce qui sera nécessûrepour faire faire le voyage à la reine commodément 6t diligemment.
Jeudi 1 3, à Fontainebleau. — Le roi se leva un peu plus t^Mqu'àl'ordinaire, parce qu'il s'étoit relevé trois fois la nuit. U ne tint point de conseil, et aussitôt après avoir dîné il entra chez madame de Maintenon; mais sentant que son dëvoiement augmentoit il revint se coucher sur les cinq heures ; sur les sept heures il s'endormit, et en se réveil- **ut à dix heures il prit de la sauge et de la véronique, ^uune il a accoutumé d'en prendre tous les matins, et Ns fit entrer les privilégiés et les officiers de garde pour leur donner l'ordre, et puis se rendormit. M. de '^^^ailles vint de sa part dire à Monseigneur et à monsei- Pieur le duc de Bourgogne, sur les six heures, que S. M. * étoit mise au lit; ils montèrent dans l'instant dans sa Cambre . Le roi dit à Monseigneur d'aller à la comédie à son
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ordinaire (l), ce que Monseigneur fit, et monseigneur le duc de Bourgogne alla jouer au brelan chez Madame la princesse de Conty. Madame la duchesse de Boiu^ogiie resta toute la soirée chez elle, entrant souvent chei le roi. dont la porte étoit ouverte; et, quand le roi futentièwmentretiré, elle donna à souper à messeigneurs les ducsde Bourgogne et de Berry. — Les quartiers d'hiver sont pitis pour les troupes de Flandre; mais il y aura peu de ces troupes-là qui reviennent dans le royaume, elles hiverneront toutes sur la frontière.
Vendredi Ifc, à Fontainebleau. — Le roi dormit jusqui six heures et demie sans se réveiller, et se rendormit ensuite jusqu'à neuf. A dix heures il entendit la messe dans son lit; il n'y entra que les privilégiés. Monseigneur el messeigneurs ses enfants virent le roi à son réveil ei puis allèrent courre le loup. Le roi se leva sur les deaS heures et alla chez madame de Maintenon, où il passa 1« reste de la journée ; il rentra chez lui à neuf heures, n^ mangea que du pain trem[)é dans du bouillon, puis entra dans son cabinet, où il demeura avec la famille roj*al€ jusqu'à dix heures et se coucha. Il n'entra à sou couchel (jue les brevels craffaires. — M. Chamillart apportais iiiatiu au roi des lettres d'Italie venues jMir l'ordinaire : elles sont du 5. On mande (jue le V Villiers, colonel J* ( avalerie, et linécourt, eolonel crinfanterie, qu'on avoi envoyés sur le chemin do Lodi au-devant de M. de Vaudt" mont, avoient rencontré un parti des ennemis de troi* cents cuirassiers, cent luisstirdset cent ^^ronadiers ; noU' les avons attaqués et bien battus; on en a tué deux con cinquante et pris quelques prisonniers ; ont croit (ju< Mercy, qui commandoit l(»s ennemis, y a été tué. L*' marquis de Villars, qui étoit avec M. de Vaudemont en carrosse», entendant tirer, monta à cheval et joignit même» h
II) On jouait /<• Geôlnr de soi-mcmc, ou Jodclcl prince ^ conMr<lie <le "^^ vtOA Corneille.
lète de nos troupes avant que Taction lïit linie ; toutes les lettres louent fort Villiers et Imécourt.
Samedi 15, à Fontainebleau. — Le roi passa forthien la nuit; il recommença à tenir conseil et X mener sa vie ordinaire^ hormis qu'il n'alla point îYlachîusse qu'il ne mangea point de viande et ne but que de l'eau. Tout le monde entra à son lever et le vit dîner et souper. Monseif;neur le duc de Bourgogne alla courre le loup à quatre lieues d*ici avec les chiens de M. de VendO)mc. Madame la duchesse de Bourgogne alla faire ses dévotions aux Loges ; elle se trouva un peu mal le soir étant chez madame de; Maintenon et se vint coucher sur les huit heures. Le roi soupa à neuf heures et demie, et avant que de se mettre àtableil entra chez madame la duchesse de Bourgogne, à qui les médecins n'ont point trouvé de fièvre. — M. du Maine monta en chaise de poste il six heures du soir pour aller j\ Versailles voir madame du Maine, qui est accouchée d'un second lils, qu'on appellera le comte d'Eu. — La duchesse du Lude partit hier en diligence pou»* aller à Paris voir madame la duchesse de Verneuil, sa mère, qui est à rextrémité;elle est dans sa quatre-vingtième année. — Le marquis de Pjilaiseau mourut ces jours passés à Paris; Uavoit été gouverneur du Mont-Olimpe et de Charleville, ^t comme ces phices avoient été rasées depuis, on lui (;n *^'oil conservé les appointements.
I^imanche 16, àFonlainehleau. — Le roi sesenlanlen "Meilleure santé qu'auparavant le petit dévoiement quil ^wloes jours passés, il alla tirer Taprès-dlnée et tua Ixniucoup de gil)ier. Monseigneur n'a point été <\ la chasse ces derniers jours ici. Madame la duchesse de Bourgogne ^'^c>rtl)ien passé la nuit; elle a donné aujourd'hui au- ^^'^Hee aux envoyés d'Espagne et de (iènes, qui ont pris ^^f^é, et estallé(i Taprès-dinée aux Loges entendnî vèpn?s. "^darne la Duchesse étoit à ces audiences; M. le Duc et elle revinrent avant-hier de Versailles, où ils ont laissé *• le duc d'Enghien entièrement guéri. Monseigneur et
aie JOURNAL DE DANGEAU.
monseigneur le duc de Bourgogne jouèrent le soir an brelan chez madame la princesse de Conty^ chacun à une table particulière^ à leur ordinaire. — L'ambassadeur d'Espagne eut des lettres de Naples par lesquelles on lui mande que le vice-roi a fait supplicier en public cinq des plus séditieux conjurés qu'on avoit pris. Le peuple qui y a assisté en a témoigné beaucoup de joie, et tout est fort calme en ce pays-là. — Le roi a permis à M. le cardinal d'Estréesde revenir quand il jugera n'être plus nécessaire au service de S. M. en ce pays-là; on ne croit pas qu'il parte de Venise avant qu'on sache bien certainement le I>arti que prendront les Impériaux, soit qu'ils prennent des quartiers d'hiver en Italie, soit qu'ils soient obligés de repasser les montagnes pour retourner en leur pays. Lundi 17 , à FonUUnebleau. — Le roi courut le cerf IV près-dinée ayant madame la duchesse de Bourgogne dans sa calèche. Monseigneur le Dauphin et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Le soir il eut comédie (i); Madame la duchesse de Bourgogne y alla en bas avec? Monseigneur. — Les ducs d'Arcos et de Banos prirent te matin congé de madame la duchesse de Bourgogne san^ cérémonie ; ils eurent l'honneur de la baiser. Les grande d'Espagne jouissent présentement en France des mêmes honneurs que les grands du royaume. — Il arriva U3 courrier du maréchal de Villeroy, qui mande que les ar^ mées sont toujours dans leurs mêmes camps. Nous nou^ sommes retranchés, et nous nous barraquqns dans le nôtre comme les ennemis. On assure que beaucoup de choses leur manquent dans leur camp ; nous ne manquons de rien dansle nôtre. M. de Choiseul, mestre de camp de ca-- Valérie, a encore battu un parti ennemi. Le bruit de notre armée est que les ennemis se préparent à remarcher vers le lac de Garde; tous les rendus le disent. — Le roi
(1) « Les comédiens représentèrent la Mère coquette. » ( Mercure d'odfi^t page 375.)
reçut ces joure passés une lettre du roi d'Espagne, que S. H. a eu la bonté de montrer à quelques-uns de ses courtisans; cette lettre est écrite à merveille, et il parïott résolu de passer en Italie au mois de mars ; il avoit inème eu envie d'y aller dès cet hiver, mais il s'est rendu aux fortes instances que lui a faites son conseil d'attendre jusqu'au printemps.
Mardi 18, à Fontainebleau. — Le roi alla tirer Faprèsdinée. Monseigneur le Dauphin et monseigneur le duc de Bourgogne allèrent à quatre lieues d'ici courre le loup avecles chiens de M. de Vendôme; au retour. Monseigneur soupa et joua chez madame la princesse de Conty, ®t monseigneur le duc de Bourgogne alla souper chez "• le comte de Toulouse. — Le roi d'Espagne a témoigné ^tre fort aise de ce que le roi a reconnu le prince de Galles, ^'le reconnoltra aussi pour roi d'Angleterre. — Le traité d'alliance entre l'empereur, le roi Guillaume et les États wDéi*aux est signé ; on croit que c'est un traité de ligue offensive et défensive, mais on n'en sait point encore les conditions. — M. le nonce eut un bref du pape par le retour d'un courrier qu'il lui avoit envoyé. Sa Sainteté mande qu elJe a envoyé au vice-roi de Naples permission de P^'^fire dans les églises, qui sont des asiles en ce pays-là, ^ *^^voltés qui s'y sont réfugiés, et même elle a ordonné qu On les arrêtât i\ Bénévcnt et dans toutes les terres qui d^P^ndent du Saint-Siège ; ainsi on est fort content ici de ** Conduite du pape dans cette affaire , et on espère qu'il doariera bientôt l'investiture . 11 a fait refuser aux Alle- "^ï^ds les quartiers d'hiver qu'ils lui demandoient per- ™*^*^ion de pouvoir prendre sur les terres de l'Église et *^^^ les secours de vivres (ju'ils en vouloient tirer.
Mercredi 19, à Fontainebleau. — Le roi ne sortit point ^^ tout le jour ; il iit venir l'après-dlnée dans la galerie ^^^ Réformés toute sa meute pour le cerf, et de cent ^^Xante chiens dont elle étoit composée il en ôta huit ou ^ des moins beaux. Monseigneur et monseigneur le
218 JOURNAL DE J)ANGEAU.
tliicde Bourgogne coururent le loup,et au retour jouèrent clioz niiuliune la princesse de Conty. Madame la duchesse de Bourgogne y descendit et y demeura jusqu'à la fin de leur jeu . — Plusieurs ofliciei*s généraux de notre armée de Flandre sont déjà arrivés; il demeurera en cepaj's-là, durant l'hiver, six de nos lieutenants généraux, savoir: Ariagnan à Anvers, Gassion à Bruxelles, Ximenès à Xainur, Gacé à Uiest sur le Demer, Montrevel dans le camp retranché que nous avons entre Maëstrieht et Liège et le eonjte de Coigny dans la Gueldre ; ils auront chacun deux maréchaux de Ciinip sous eux. Les Espagnols ont prcsentcMuent vingt-(|uatre mille hommes en ce pays-là, de l)elle> et bonnes troupes et fort bien disciplinées; c'est le roi qui les a payées durant toute la campagne et qui les payera encore jusqu'au 15 novembre; ils ont trois lieutenants généraux qui roulent avec les nôtres, qui sont le comte de Tzerclaës, le marquis de tirigny et le duc de Bisache. x\ous laissons dans le camp retranché que commande Montrevel treize bataillons, dix-huit escadrons; les doux tiei*s de troupes de France et l'autre tiei*s de troupes d'Es^ pagne.
Jeudi 20, ù Fontainebleau. — Le roi se releva quati-e fois la jiuit, et quoique cela Teùl un peu incommodé, il ntlaissa pas de tenir son conseil et de mener sa vie ordinaire; mais il n'alla point à la chasse et mangea pou. Monseigneur et monseigneur le duc de Bom*gogne coururent le cerf; et au retour monseigneur le duc de Bourgogne joua chez lui. Le soir il y eut comédie. (1)— il passa un courrier qui va en Flandre et qui partit de Madrid le 13. Les lettres qu'on a reçues par ce courrier portt»nt que la santé du duc d'Ilarcourt n'est pas encore bonne; la (iévre lui reprend tous les cinq ou six jours et avec de grands frissons. 11 se prépare ù repartir pour
(1) « Les comédiens re|in*àentèrent le }Venccsla$ âe M. de Rotroo. ( Mercure d'octobre , page 370 )•
fevenir ici. — Le pape a mandé a son nonce à Naples ju'il reconnoissoit le roi Philippe V pour roi de Naples , îtque ce n'étoit plus que de petites formalités qui l'em- >échoient de lui donner l'investiture. — On a mis des ilacards dans Londres et dans Edimbourg pour exhorter es grands et le peuple à reconnoitre pour roi Jacques III, 'est-à-dire en Angleterre, car en Ecosse c'est Jacques VIII. e roi Guillaume fait draper ses carrosses de violet ; mais û prétend qu'il ne prendra ce grand deuil que parce que »us les Anglois l'ont voulu prendre. Il n'est point encore arti de Hollande; mais on l'attend à Londres k la fin du lois.
Vendredi 21 , à Fontainebleau. — Le roi se releva encore ois fois la nuit; il ne sortit point detoutle jour, mangea ' particulier et mangea peu , et le soir il se trouva en- ■reiïient quitte de cette incommodité. Monseigneur et mseigneur le duc de Bourgogne coururent le loup et rôrent le soir ciiez madame la princesse de Conty. Maî^e la ductiesse de Bourgogne passa toute l'après-dlnée ^ le roi chez madame de Main tenon. — L'ordinaire ^lie apporta des lettres du 9 et du 10; nos généraux ^cîent que nous avons encore battu quelque parti des ^inis; que nous ne manquons de rien dans notre ^t>; les ennemis souffrent beaucoup dans le leur, mais cependant il paroit qu'ils s'opiniàtrent à y vouloir ^«urer. — On mande de Strasbourg que le prince is de Bad(* a passé le Rhin ^ Philipsbourg avec beauté de paysans pour travailler et quelques troupes. On ^u'il marche vers Neustadt; qu'il veut faire fortifier ^ petite ville, qui , par le traité de Uyswyck , a été ^ue à l'électeur palatin.
^<imedi 22, à Fontainebleau. — Le roi, dont la santé est iéreraent rétablie, courut le cerf; Monseigneur et mesg'neurs ses enfants étoient à la chasse. — Le roi a réglé il partiroit d'ici le 1 k du mois prochain ; il ira coucher 3our-U à Sceaux, où il demeurera le 15, et arrivera le
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OCIOBRE 1701. 331
jeune qu'il y a grande apparence qu'il n'y aura pas e conclave sitôt.
Lundi 2iy à Fontainebleau. — Leroialk courre le cerf; ladame la duchesse de Bourgogne étoit dans sa calèche, [onseigneur etmesseigneurs ses enfants étoientà la chasse. éd soir il y eut comédie (1). — On mande de Paris que a duchesse de Montbazon est à Textrémité. — Il avoit X)aru un bruit que le comte de Tessé avoit battu les tiouzards et pris trois mille sacs de blé qu'on portoit à Tarmée ennemie ; mais ce bruit ne s'est point confirmé. — M. de Château-Renaud est encore sur les côtes de Portugal, parce qu'on ne sait point encore si les vaisseaux que les Anglois et les Hollandois ont détachés de leur flotte vont aux Indes ; les avis sont fort différents sur les entrepnsesque les ennemis pourroient faire en ce pays-là ; mais on convient qu'elles sont toutes fort difficiles. Carthagène^ la Vera-Cruz, la Havane^ qui sont les trois endroits où l'on s'imagine qu'ils peuvent songer, sont en très-bon état présentement , et les ennemis n'ont point de troupes de débarquement sur leurs vaisseaux. D'un autre côté, s'ils pensent à aller à la rencontre des galions, il y a encore moins d'apparence qu'ils y puissent réussir; ainsi on est persuadé ici que leur armement qui a tant fait de bruit Pt qui leur a tant coûté produira peu d'effet.
Mardi 25, à Fontainebleau. — Le roi alla se promener autour du canal avec madame la duchesse de Bourgogne ; Monseigneur y étoit avec madame la princesse de Conty. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry y étoient i cheval. — On eut nouvelle le soir que le roi Guillaume Wiva le 19 à la Haye en intention de s'embarquer le 2i à Orange-Polder, pour repasser en Angleterre; mais ïu il s'étoit trouvé si incommodé et ce jour-là et le jour suivant qu'il n'a voit pu donner nulles audiences ni voir
0) « Les cûmédiens représentèrent à huit heures !e Menfeur de M. lîe Cor- "••ïte. » {Mercure de novembre, page 208. )
s» JOURNAL JMi^àJH&EàJa.
personne. On assure qne son mal reeommaMsè; in prétend même que Fenflure monte, qa'il cradieda tttiK,qal en a craché durant son séjour a Loo, dont il secndml avec soin. L*air d'Angleterre lui est trèHBaiiirai8;«flie passe point la mer qu'il ne sente encore Btm oui a^ monter; cependant il lui est nécessaire pour dea Mm de repasser A Londres. Les ministres élrangen qui m1 ici ont tous les mêmes nouvelles que nous sur eeUe w* ladie et le croient même fort mal.
Mercredi 86, à Fontainebleau — Le nn aHa tirer Ftprès-dinée. Monseigneur et monseigneur le due dbBovgt^e coururent le loup. La soir A sept heures il y si appartement chea Monseigneur; il n'y en avoit pmilta^ core eu de ce voyage ; Monseigneur y joua au laBs^oflae^ et monseigneur le duc de Bourgogne au hrdan. Weàam la duchesse de Bourgogne y fut dès le oommeuoanMl; toutes les dames yétoient en grand habit.— Dtfibr* un courrier d'Espagne. S. M. C. donne une peMioa de 600 pistoles A M. de Dénonville, qui a été son vemeur, et une pension de MO pistoles A M. de qui étoit un de ses gentilshommes de la manche; no autre gentilhommede la manche estLouville, qui Tacaifi en Espagne^ à qui il fait beaucoup de bien. — Toutes les nouvelles de Hollande ne parlent que de la mauvaise santé du roi Guillaume , et les médecins qui le voient ne croient pas qu'il puisse passer l'hiver. — H y a d«$ lettres de notre armée d'Italie qui confirment ce qui atnit été dit il y a quelques jours, que le comte de Tessé, ayant découvert que les Impériaux avoient des magasins de blé et de farine sur TAdige, y avoit envoyé un parti de dragons et de grenadiers ; qu'on y avoit trouvé six mille grands sacs defarine ; qu'on les avoitjetés dans la rivière, ne pouvant pas les emporter.
Jeudi 27 , à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf ayant madame la duchesse de Bourgogne dans sa calèche ; mais la chasse se dépaysa^ et le roi revint ici mis
tvoir rien vii. Le soir il y eut comédie, que madame la luchesse de Bourgogne entendit de la tribune; elle n'y Icmeurapîis m(>me toujours (1^ — 1^ matin M. de Cha- (Hillart apporta au roi des lettres de notre armée d'Italie, qui sont venues par l'ordinaire. On mande tout le détail des farines enlevées aux ennemis et on ajoute que M. de Mantoue a envoyé un officier de ses gardes avec des bandits qui sont à son service pour enlever encore d'autres niagasins que les Impériaux ont à Castel-Baldo et dans quelques châteaux qui en sont voisins. M. le maréchal de Villeroy mande aussi que M. de Chemerault, maréchal de camp, et le comte d'Estrades, colonel de dragons, ont défait trois ou quatre cents cuirassiers qui avoient voulu tomber sur nos fourrageurs. Il y a eu cent cinquante hommes des ennemis tués; on leur apris qualre-vingtsche- ^aux et fait quelques prisonniers; nos troupes reprennent fort la supériorité sur eux. — On mande de Hollande que le yacht dans lequel le roi Guillaume devoit repasser en Angleterre avoit péri à la côte ; quoique cet événement ^it peu important, on hî regarde en ce pays-lî\ comme un niauvais augure, cjui ne laisse pas de faire quelque impï^ssion sur l'esprit de ces peuples, naturellement superstitieux.
Vendredi 28, à Fontainebleau, — Le roi ne sortit point de tout le jour. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le loup et jouèrent le soir chez madame la princesse de Conty. Madame la ducbesse de Bourgogne alla îY ral)l)aye du Lys. — On mande de Paris que la duchesse de Montbazon est un peu mieux depuis qu'on Ta fait accoucher. — On n'eut point de nouvelles de Hollande. Ce qu'on a mandé aux ministres étrangei's qui sont le plus dans les intérôtsdu roi Guillaume, c'est que ce prince s'étoit trouvé mal en arrivant A la Haye et que
(I) « LcHccnm'iIiens repri'^entèrent Britannicus de M. de Racine et le Cocu imuiginaire de M. de Molière. » (Mercure de novombn' , |>age ?.i3.}
son départ pour retoamer en Angleterre étoit reeolé de quelques jours. — M. Tévèque deSarlatestmort; il étoit de la maison de Beauvau du Rivau ; cet évèché ne Tant guère plus de 10,000 livres de rente. — Le duc d^Tré passa ici revenant d'Espagne ; il retourne en Flandre. Comme il est grand d'Espagne, il aeullioniiearde baiser madame la duchesse de Bourgogne. — Le duc d'Harcoari, qui re\ient d Espagne, doit être arrivé présentement i Bayonne : on croit qu il va prendre les bains de Bariwtans; ses pieds n'ont point encore leur mouvement ordinaire, et il espère les faire revenir dans leur état natnnl par les bains qu'il va prendre.
Samedi ±9, à Fontainebleau. — Le roi alla courre le cerf; Madame étoit avec lui dans sa calèche. La chasse fut très-l)elle, et il ne la perdit pas un moment ; Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Madame la duchesse de Bourgogne dîna chez madame deMaintenon et ne sortit point de toute la journée. —Madame rabl>esse de Siiintes est morte ; elle étoit sœur du doc de Lauzun ; il a une autre sœur prieure depuis longtemps dans cette maison et à qui S. M. donnera apparemment ral)l)aye. — On a des nouvelles de notre armée d'Italie du 20. Le maréchal de Villeiw a fait attaquer un pont que les ennemis avoient à la tète de leur camp ; ils Tont fort peu défendu. 11 y a eu un capitaine de houssards tué; le maréchal a fait démolir le pont et a fait un petit retranchement en deçà pour ùter cette communication aux ennemis et les resserrer encore davantage. On mande qu ils font de grands désordres dans le Bergamasque et que, n'ayant plus de quoi vivre dans leur camp, ilsneptfdent plus aucune mesure avec les Vénitiens et pillent partout; les paysans leur tuent assez de monde. — U roi met des cornettes dans toutes ses compagnies de cavalerie; ils avoient tous été réformésaprèslapaixdel697.
Dimanche 30, à Fontainebleau. — Le roi alla tirer IV pW's-dinép. Monseigneur donna à dîner chez lui à mon-
) duc de Bourgogne et à madame la duchesse ;;iie« Madame la princesse de Conty, madame ion et plusieurs dames étoient de ce dîner; i*y entroit , pas même pour les servir ; ils se Mix-mêmes pour être plus en liberté. — M. le is de Bade a repassé le Rhin et a laissé, en decA » quelques paysans pour travailler àdesouvrages Goût tracer vers Neustadt. Le marquis d'Huxelles i quelque augmentation de troupes en Alsace ; ivoie une partie de celles qui étoient danslarde Tallard. — Le roi envoie M. Boucliu inten- Tarmée d'Italie ; celui qui y étoit y demeurera - M. de Quiros, ambassadeur d'Espagne à la da ces jours passés à Tambassadeur d*Es|>agne, [{uelesUoUandois envoyoientdix mille hommes Lys de Cologne pour soutenir les intérêts du intreTéiecteur ; ces troupes se joindront & celles lu* palatin qui sont déjà dans ce pays-là de Taui Rhin. Comme le roi a eu la même nouvelle "es endroits , le maréchal de Bouftlers a eu or- 3 marcher des troupes pour soutenir l'électeur ; it im détachement de cavalerie qui sera com- * le chevalier de Courcelles.
1, veille de la Toussaint , à Fontainebleau. — nseigneur et madame la duchesse de Bourgo- *tirent point de tout le jour ; ib entendirent us la chapelle en bas; et après vêpres le roi avec le P. de la Chaise. Monseigneur le duc de } fut assez incommodé la nuit pour être obligé le lit tout le jour ; on dit la messe dans sa Madame la duchesse de Bourgogne y passa ut le lemps qu'elle ne fut point à la chapelle; nt voir deux fois. La lièvre est fort médiocre , ement commença dès le soir à diminuer; Tap- ) lui revint. — On a des nouvelles de Hollande du roi Guillaume augmente considérablement.
316 JOURNAL DK DANGRAU.
On a eavoyé la consultation des médecins que Ift roi a fait lire à M. Fagon; il paroll par cett» consultation qoli l'ejette tous les aliments, que ses crachats 6ont sanfrainolents et d'une infection violente ; que Mt tête 8^etllbi^ rasse et qu'on ne peut plus lui parler d^aucune afftûn. M. de Quiros, qui a envoyé le mémoire de oette eiHUiiHfr> tion y mande qu'on le croit trè»-mal et qu*oti ne eompfr pas qu'il puisse repasser en Angleterre. Les lettres soat du i7 au soir ; et ce dernier accident ici nvoit oommeDoé dès le t9. — Il arriva un courrier du maréchal de Vil^ roy; les armées sont toujours dans leurs métnes caitt|ii. Nous avons intercepté une lettre de l'empereur au priB» Euirène p^ir laquelle il lui donne ordre de s^emparer de force d'une des places des Vénitiens ^ puisqu'ils ne M en veulent pas donner par amitié; apparemment cette lettre, qu'on fera voir A la république, la déterminenà prendre le parti qui nous convient.
Mardi f noremftr^ à Fonfamefr/ean. — Le roi fit s» dévotions, toucha les malades et assista à toutes les dévt^ tions de la journée. Honseicrneur fit ses dévotions aosai, A accompacna toujours le roi à la chapelle. Après vèpn* le ixM s'entVrma avec le l*. de la Chaise et iit la dislribo' tion lios lu'iiétiivs. 11 donna IVvéché de Léon à raMïêdr la Hourdonnayc , l'ivre de Tintemlant dt» Bordeaux:!^ vtVlu' lie Stulat à ral)l>é de Chaulnes, irrand vicaire (^ rairh«*v«Vhé d'Aueli: l'al^lmye de Saint-Calez à rablrd^ M<u'an\ille; Tahimye de Landevenee à l'ablK» deChAteaO' lieiiaïul , livre du viee-amiral ; lalîbiiye de Saint-Lèirer à révèque de Venoe; Tonnay-Chaivnte à rabl>é de M»»point, eleiv de la ehapelle du roi. 11 n'a ixMnt donné !«• U»lle ahhaye de Siiintes. et M. de Lauzim i^roit présent*^ ment (|ue .si sanir n'est pa^ morte. — L'ambassadfU'' irKspaiiueiveiit des lettivs du due de Mêdina-Céli jviriio eouirier parti de Naples le 19; ce vice--roi lui inand^ ipn" tout e^t tort tranquille dans tv royaume et nu»i ^^^ mis au\ oi\bvs de Philippe. V qu'ils Tétoient à Cliarles II
NOVKMBRE 1701. M7
Il prie Tambassadeur de remercier le roi de ce que S. H. a approuvé et Agréé sa conduite dans la petite sédition qu'il y a eu à Naples. — Monsei^eur le duc de Bourgogne entendit encore la messe dans sa chambre, mais Taprès-dinée il se trouva beaucoup mieux ; il se lova et joua dans sa chambre.
Mercredi 2, à PanuUfuèleau. — Le roi alla tirer Taprèsdinée. Monseigneur courut le cerf. Monseigneur le duc de Bourgogne , qui est entièrement guéri , recommença M vie ordinaire ; il joua le soir chez madame la princesse de Ck>nty. Madame la duchesse de Bourgogne lit ses dé* votions. -— M. le Grand avoit vendu la charge d'écuyer surintendant des haras du roi; il en avoit eu 30,000 écus. Le roi n'a pas été content de celui qui Tavoit achetée et a voulu que Boisseuil le remboursât; et, pour lui donner moyen de le faire, il lui a permis de vendre la survivance àGersault, frère de celui par la mort de qui elle avoit ^^é quand M. le Grand la vendit. Pour avoir cette suravance, Garsault donne 50,000 francs, et aura 1,000 écus nirlesappointementsdelacharge, quivautl2,000 francs. Outre cela le roi fait encore une grftce considérable à kisseuil. Il avoit 13,000 écus sur la maison de ville qui Itû valoient 4,000 livres de rente à vie; le roi convertit <*tte rente à vie en une rente en fonds de la même somme de t,000 livres, comme si Boisseuil avoit financé 80,000 francs; ainsi c'est proprement 44,000 francs que le roi tei donne, et par h\ sa charge ne lui coûtera rien. Le lieras demeurera toujours à Saint-Léger; tous les projets în'on avoit faits pour l'en ôter, n'ont point réussi.
Jeudi 3, à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf, ayant Madame la duchesse de Boui*gogne dans sa petite calèche, ï* chasse fut très-belle ; on ne peut pas voir une Saint- Hnbert plus heureuse. Monseigneur et messeigneurs ses «liants étoient à la chasse. On fit ce qu'on put pour empêcher monseigneur le duc de Bourgogne d'y aller, mais ^n ne put Ten empêcher. Au retour de la ch^isse Mon-
ns JOURNAL DE DANGKUI.
seigaeur donna on retour de duttse à muAiWMt k duchease de Bourgogne et aux dames qniraToiflntnmei la chasâe» à madame la princesae de Gontjr et kmmAgneors les ducs de Bourgogne etde Berry ; himm^bà fort gai, et à huit heures ils allèrent tous enwanHs ih comédie (1). — On a avis que des trente:Ouiq vaisMB détachés de l'armée ennemie pour aller, disigi^Mi, en Indes occidentales il y en a dix qui scmt rentrés dans ki ports d^ Angleterre. — Le roi augmente sa cavalerie deciaf hommes par compagnie, et les carahiniers qui t^vmaà pas eu d^augmentation Tannée passée seront mis à tarie maîtres; il n'y a plus que quarante compagnies de cm» Iwniers^Lagendarmerieaurad'augmentatkmrinqhemSMi par brigade ; c'est dix hommes par compagnie et viqgl par escadron; car les seiie compagnies ne ftmt que Ut escadrons , qui seront de six-viii|gts maîtres présentatit Vmdndi k, à FonUMisbisaii. — * Le roi devoit ooumk loup avec Monseigneur et y mener madame ladochoa» de Bourgogne, quiétottdéjà en habit de ehasaa; «aisb rapport que l'on fit qu'il fiilloit aller à quatre lieues d!iii parce que l'on n'avoit pu détourner de loup plus près, fit changer de résolution au roi ; U alla tirer. Monseigneor le duc de Bourgogne^ qui devoit être aussi de la chasse, alla tirer de son côté. Madame la duchesse de Bourgogne alla se promener dans la forêt, et Monseigneur aUa seul au loup. — Le président de Grèvecœur mourut à Puis; il étoit président à mortier. 11 n'avoit point d'enfimts, et laisse une furieuse succession à madame de Tonnerre, n sœur ; on croit qu'après la mort de sa mère elle aura plus de 50^000 écus de rente. — On eut nouvelle ces jours passés que l'archiduc Charles s'étoit trouvé fort mal d'une esquinancie , qu'il avoit été saigné trois fois dans un même jour; il étoit encore fort mal quand l'ordinaire est parti
(1) a Les comédiens représentèrent ie Misanthrope de Moflèrc. • (Mmvt danoTetntire, page 221. )
NOVEMBRE 1701. t19
ie Vienne. C'est le secrétaire que le marquis de ViUars 1 laissé en ce pays-là qui mande cette nouvelle au roi, et les ministres étrangers qui sont ici ont eu le même a\is.
Samedi 5, à Fontainebleau, — Le roi alla courre le chenreuil avec les chiens de M. le comte de Toulouse ; Madame étoit avec le roi dans sa calèche. Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Madame la duchesse de Bourgogne alla se promener avec ses dames da côté de la chasse et en eut tout le plaisir. — On eut des lettres de la Haye du 31. Le roi Guillaume continue à ne point donner d'audiences aux ministres étrangers ; il ne voit que les milords Portland, All)emarle et le pensionnaire Heinsius. 11 s'est promené une ou deux fois en carrosse, et on le croit tant soit peu moins m^il ; cependant il n'y a point encore de jour fixé pour son retour en Angleterre, où il a beaucoup d'affaires. — Le prince de Tïercla^s va commander les troupes de M. l'électeur de Cologne, qui a fait payer à ses États, par exécution militaire, le quart des douze simples qu'il leur avoit imposé. Nous envoyons en ce pays-là deux régiments de cavalerie et deux régiments de dragons, que commande le chevalier de Courcelles, et qui sont déjà arrivés à Sleinden, qui est le village des dépendances de la Flandre espagnole le plus proche de l'électorat de Cologne. Les Espagnols lèvent en Flandre vingt bataillons outre les vingt-cinq qa*ils ont déjà, qui sont parfaitement beaux; ils n'ont que vingt escadrons, et ils offrent d'en lever encore autant.
Dimanche 6, à Fontaintbleau, — Le roi alla tirer l'aprés-dlnée. Monseigneur alla au jeu de paume voir jouer les bons joueurs; madame la princesse de Conty et beaucoup de dames y étoient avec lui. Monseigneur le duc de Bourgogne fit ses dévotions, qu'il n'avoit pas pu faire à la Toussaint parce qu'il étoit malade. Monseigneur et lui jouèrent le soir chez madame la princesse de Conty. Madame la duchesse de Bourgogne alla se promener dans la forêt avec ses dames. — Le maréchal de Noailles pré-
16 à Versailles. — Le duc d'Harcourt est parti de Hadhd pour revenir ici ; quoique sa santé ne soit pas entièrement rétablie ^ il n^a pas laissé de se mettre en chemiD.
— On mande de Pologne que la république s'est jointe au roi de Pologne, voyant que le roi de Suède ne vouloil point entendre aux propositions de paix qu'on lui iaisoil Le bruit qui avoit couru que S. M. Suédoise avoit fait raccommodement de la maison Sapieha avec la noblesse de Lithuanie ne s'est point trouvé véritable , mais cet accommodement est en train de se faire sans qu'il s'en mêle.
— Madame la duchesse de Bourgogne alla avec madame de Maintenon et ses dames entendre vêpres aux Loges ; c'étoit le dernier jour de l'octave de sainte Thérèse. Elle se promena ensuite dans la forêt et vit la chasse ; c'étoit la meute de M. le comte de Toulouse qui couroit le chevreuil de ce côté-là.
Dimanche 23, à Fontainebleau. — Le roi alla tirer Taprès-dlnée. Monseigneur se promena avec madame la princesse de Conty. — Il arriva un courrier du maréchal de Villeroy parti de notre armée le 16; les ennemis el nous sommes toujours dans les mêmes camps. Le beau temps est revenu en ce pays-là; ils avoient été incommodés les jours passés par les pluies continuelles; les chevaux des Allemands ne vivent quasi que de feuilles; le fourrage leur manque entièrement. — On mande de Vienne que l'empereur n'est pas content du prince Eugène d'avoir engagé son armée si avant et sans pouvoir faire aucun progrès sur le Milanois. — Le comte de Castel- Barco, ministre de l'empereur en Italie, a fait publier dans le Mantouan que, si quelqu'un donnoit quelques secours de vivres aux François et aux Espagnols, il avoit ordre de l'empereur de les faire empaler; cette ordonnancelà a paru d'une violence à faire horreur. — M. le cardinal d'Estrées est parti de Venise pour aller à Rome ; il y fail vendre tous ses équipages et ses meubles comme un homme qui ne songe plus à retourner en ce pays-là. Le pape est
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si jeune qu'il y a grande apparence qu'il n'y aura pas de conclave sitôt.
Lundi 24, à Fontainebleau. — Le roi alLa courre le cerf; madame la duchesse de Bourgogne étoit dans sa calèche. Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoientà la chasse. Le soir il y eut comédie (1). — On mande de Paris que la duchesse de Montbazon est à Textrémité. — Il avoit couru un bruit que le comte de Tessé avoit battu les houzards et pris trois mille sacs de blé qu'on portoit à l'armée ennemie ; mais ce bruit ne s'est point confii^mé. — M. de Château-Renaud est encore sur les côtes de Portugal, parce qu'on ne sait point encore si les vaisseaux que les Anglois et les Hollandois ont détachés de leur flotte vont aux Indes ; les avis sont fort différents sur les entreprises que les ennemis pourroient faire en ce pays-là ; mais on convient qu'elles sont toutes fort difficiles. Carthagène, la Vera-Cruz, la Havane, qui sont les trois endroits où l'on s'imagine qu'ils peuvent songer, sont en très-bon état présentement , et les ennemis n'ont point de troupes de débarquement sur leurs vaisseaux. D'un autre côté, s'ils pensent à aller à la rencontre des galions, il y a encore moins d'apparence qu'ils y puissent réussir; ainsi on est persuadé ici que leur armement qui a tant fait de bruit et qui leur a tant coûté produira peu d'effet.
Mardi 25, à Fontainebleau. — Le roi alla se promener autour du canal avec madame la duchesse de Bourgogne ; Monseigneur y étoit avec madame la princesse de Conty. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry y étoient à cheval. — On eut nouvelle le soir que le roi Guillaume arriva le 19 à la Haye en intention de s'embarquer le 24 à Orange-Polder, pour repasser en Angleterre; mais qu'il s'étoit trouvé si incommodé et ce jour-là et le jour suivant qu'il n'avoit pu donner nulles audiences ni voir
(1) « Les comédiens représentèrent à huit heures le Menteur de M. de Ck>rnelUe. » (Mercure de novembre, page 208. )
personne. On assure que son mal recommence; on prétend même que l'enflure monte, qu'il crache du sang, qu'A en a craché durant son séjour à Loo , dont il se cachoil avec soin. L'air d'Angleterre lui est très-mauvais; el il np passe point la mer qu'il ne sente encore son mal augmenter ; cependant il lui est nécessaire pour des affaires de repasser à Londres. Les ministres étrangers qui sont ici ont tous les mômes nouvelles que nous sur cette maladie ot le croient môme fort mal.
Mercredi 26, à Fontainebleau — Le roi alla tirer Taprès-dlnée. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le loup. Le soir à sept heures il y eut appartement chez Monseigneur; il n'y en avoit point encore eu de ce voyage ; Monseigneur y joua au lansquenet et monseigneur le duc de Bourgogne au brelan. Madame la duchesse de Bourgogne y fut dès le commencement; toutes les dames y étoient en grand habit. — Il arriva un courrier d'Espagne. S. M. C. donne une pension de ()00 pistoles k M. de Dénonville, qui a été son sous-gouverneur, et une pension de 400 pistoles à M. de Candau, qui étoit un de ses gentilshommes de la manche; son autre gentilhomme de la manche estLouville, qui l'a suivi en Espagne, à (jui il fait beaucoup de bien. — Toutes les nouvelles de Hollande ne parlent que de la mauvaise santé du roi Guillaume , et les médecins qui le voient ne croient pas qu'il puisse passer l'hiver. — Il y a des lettres de notre armée d'Italie qui confirment ce qui avoit été dit il y a quelques jours, que le comte de Tessé, ayant découvei-t que les Impériaux avoient des magasins de blé et de farine sur l'Adige, y avoit envoyé un parti de dragons et de grenadiers ; qu'on y avoit trouvé six mille giMnds sacs de farine ; qu'on les avoitjetés dans la rivière, ne pouvant pas les emporter.
Jeudi 27 , à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf ayant madame la duchesse de Bourgogne dans sa calèche ; mais la chasse se dépaysa, et le m revint ici sans
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avoir rien vu. Le soir il y eut comédie, que madame la duchesse de Bourgogne entendit de la tribune; elle n'y iemeurapas même toujours (1). — Le matin M. de Chamillart apporta au roi des lettres de notre armée d'italics ijui sont venues par l'ordinaire. On mande tout le détail des farines enlevées aux ennemis et on ajoute que M. de Mantoue a envoyé un officier de ses gardes avec des bandits qui sont à son service pour enlever encore d'autres magasins que les Impériaux ont à Castel-Baldo et dans quelques châteaux qui en sont voisins. M. le maréchal de Villeroy mande aussi que M. de Chemerault, maréchal de camp^ et le comte d'Estrades, colonel de dragons, ont défait trois ou quatre cents cuirassiers qui avoient voulu tomber sur nos fourrageurs. Il y a eu cent cinquante hommes des ennemis tués; on leur apris quatre-vingts chevaux et fait quelques prisonniers ; nos troupes reprennent fort la supériorité sur eux. — On mande de Hollande que le yacht dans lequel le roi Guillaume devoit repasser en Angleterre avoit péri à la côte ; quoique cet événement soit peu important, on le regarde en ce pays-là comme un mauvais augure, qui ne laisse pas de faire quelque impression sur l'esprit de ces peuples, naturellement superstitieux.
Vendredi 28, à Fontainebleau, — Le roi ne sortit point de tout le jour. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le loup et jouèrent le soir chez madame la princesse de Conty. Madame la duchesse de Bourgogne alla à l'abbaye du Lys. — On mande de Paris que la duchesse de Montbazon est un peu mieux depuis qu'on l'a fait accoucher. — On n'eut point de nouvelles de Hollande. Ce qu'on amande aux minisires étrangers qui sont le plus dans les intérêts du roi Guillaume, c'est que ce prince s'étoit trouvé mal en arrivant à la Haye et que
(1) « Le:icoméiiiens représentèreDt Briiannicus de M. <Ie Racine et le Cocu imaginaire de M. de Molière. » (Mercure âe novembre, page 213.)
son départ pour retourner en Angleterre étoit reculé de quelques jours. — M. Tévôque deSarlat estmort; il étoit de la maison de Beauvau du Rivau; cet évèché ne vaut guère plus de 10,000 livres de rente. — Le duc d'Havre passa ici revenant d'Espagne ; il retourne en Flandre. Comme il est grand d'Espagne, il aeu l'honneur de baiser madame la duchesse de Bourgogne. — Le duc d'Harcourt, qui revient d'Espagne, doit être arrivé présentement i Rayonne ; on croit qu'il va prendre les bains de Barbotans; ses pieds n'ont point encore leur mouvement ordinaire, et il espère les faire revenir dans leur état naturel par les bains qu'il va prendre.
Samedi 29, à Fontainebleau. — Le roi alla courre le cerf; Madame étoit avec lui dans sa calèche. Lâchasse fut très-belle, et il ne la perdit pas un moment ; Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Madame la duchesse de Bourgogne dîna chez madame deMaintenon et ne sortit point de toute la journée. —Madame l'abbesse de Saintes est morte ; elle étoit sœur du duc de Lauzim ; il a une autre sœur prieure depuis longtemps dans cette maison et à qui S. M. donnera «ipparemment ral)l>aye. — On a des nouvelles de notre armée d'Italie du 20. Le maréchal de Villeroy a fait attaquer un pont que les ennemis avoient à la tète de leur camp ; ils Font fort peu défendu. 11 y a eu un capitaine de houssards tué; le maréchal a fait démolir le pont et a fait un petit retranchement en deçà pour <Mer cette communication aux ennemis et les resserrer encore davantage. On mande qu'ils font de grands désordres dans le Bergamasque et que, n'ayant plus de quoi vivre dans leur camp, ils ne ga^ dent plus aucune mesure avec les Vénitiens et pillent partout; les paysans leur tuent assez de monde. —1^ roi met des cornettes dans toutes ses compagnies de cavalerie; ils avoient tous été réformés après la paix de 1697.
Dimanche 30, à Fontainebleau, — Le roi alla tirer IV près-dinée. Monseigneur donna î\ dîner chez lui A mon-
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leur le duc de Bourgogne et à madame la duchesse oûrgogne. Madame la princesse de Conty, madame bdntenon et plusieurs dames étoient de ce dîner; onne n'y entroit , pas même pour les servir ; ils se aient euxHinèmes pour être plus en liberté. — M. le 08 Louis de Bade a repassé le Rhin et a laissé^ en deçA ement^ quelques paysans pour travailler à des ouvrages [ avoit lait tracer vers Neustadt. Le marquis d'Huxelles smandé quelque augmentation de troupes en Alsace ; 1 lui envoie une partie de celles qui étoient dans l'arde M. de Tallard. — Le roi envoie M. Bouchu intenl dans l'armée d'Italie ; celui qui y étoit y demeurera lui. — M, de Quiros, ambassadeur d'Espagne à la e, manda ces jours passés à l'ambassadeur d'Espagne, istici, quelesHollandois envoyoientdix mille hommes 3 le pays de Cologne pour soutenir les intérêts du Mtre contre l'électeur; ces troupes se joindront à celles 'électeur palatin qui sont déjà dans ce pays-là de l'au- ^té du Rhin. Comme le roi a eu la même nouvelle d'autres endroits , le maréchal de BouMers a eu orie faire marcher des troupes pour soutenir l'électeur ; déjà fait un détachement de cavalerie qui sera comidé par le chevalier de Courcelles.
undi 31^ veille de la Toussainl, à Fontainebleau. — oi^ Monseigneur et madame la duchesse de Bourgone sortirent point de tout le jour ; ils entendirent ^ dans la chapelle en bas; et après vêpres le roi ferma avec le P. de la Chaise. Monseigneur le duc de rgogne fut assez incommodé la nuit pour être obligé garder le lit tout le jour ; on dit la messe dans sa nbre. Madame la duchesse de Bourgogne y passa que tout le temps qu'elle ne fut point à la chapelle; )i le vint voir deux fois. La lièvre est fort médiocre^ ' dévoiement commença dès le soir à diminuer; l'aptmème lui revint. — On a des nouvelles de Hollande le mal du roi Guillaume augmente considérablement.
316 JOURNAL DK DANGRAU.
On a eavoyé la consultation des médecins qtie te foi a fait lire iV M. Fagon; il paroll par cette consultation qûll l'ejette tous les aliments ^ que ses crachats isont sanguinolents et d'une infection violente ; que Sa tête s'etlibA^ rasse et qu'on ne peut plus lui parler d'aucune afiUn. M. de Quiros^ qui a envoyé le mémoire de cette eofisdltt^ tion , mande qu'on le croit trè^-mcd et qu^oti ne oompte i pas qu'il puisse repasser en Angletei^e. Les lettres sottt du â7 au soir; et ce dernier accident ici dvoit commencé dès le 19. — Il arriva un courrier du màrécbfid de Villeroy ; les armées sont toujours dans leurs iDèmeS camp». Nous avons intercepté une lettre de Fempereur auprinec Eugène par laquelle il lui donne ordre de s'emparer de force d'une des places des Vénitiens, puisqu'ils ne lai en veulent pas donner par amitié ; apparemment cette lettre, qu'on fera voir à la république, la déterminera A prendre le parti qui nous convient.
Mardi V^ novembre^ à Fontaind)Uau. — Le roi fit s» dévotions, toucha les malades et assista à toutes les déro— tions de la journée. Monseigneur fit ses dévotions aussi , et accompagna toujours le roi à la chapelle. Aptes vêpres le roi s'enferma avec le l\ de la Chaise et fit la dislriba— tion des bénéfices. Il donna l'évéché de Léon à l'abbé de? la Bourdonnaye, frère de l'intendant de Bordeaux) Té^ vèché de Sarlat ii Vahhé de Chaulnes , grand vicaire d^ l'archevêché d' Auch ; Tabbaye de Saint-Calea à l'abbé d^ Moranville; l'alibaye de Landevenec à l'abbé deChàtea»^ Kenaud , frère du vice-amiral ; l'abbaye de SaintrLégef à Tévéque de Vence; Tonnay-Charente à l'abljé de Ifcitt^ point, clerc de la chapelle du roi. 11 n'a point donné 1^ lM*lle al>baye de Saintes, et M. de Lauzun oroit présenta' ment que sa sœur n'ast pas morte; -^ L'ambassadeit^ d'Espagne reçut des lettres du duc de Médina-Géli paruH courrier parti de Naples le 19 ; ce vloe-roi lui mande que tout est fort tranquille dans ce royaume et aussi 90>v* mis aux ordres de Philippe V qu'ils Tétoient à Charles il
Lprie Tambassadeur de remercier le roi de ce que S. H. . approuvé et agi^é sa conduite dans la petite sédition m'il y a eu à Naples. — Monsei^eur le duc de Bourgopie entendit encore la messe dans sa chambre^ mais Taitès-dlnée il se trouva beaucoup mieux ; il se leva et joua ians sa cbambre.
Mercredi 2, à Panîaifuèleau. — Le roi alla tirer Taprèsdinée. Monseigneur courut le cerf. Monseigneur le duc d« Bourgogne , qui est entièrement guéri , recommença n vie (ordinaire ; il joua le soir chez madame la princesse de Ck>nty. Madame la duchesse de Bourgogne lit ses dévotions. — M. le Grand avoit vendu la charge d'écuyer surintendant des haras du roi; il en avoit eu 30^000 écus. I^ roi n'a pas été content de celui qui Tavoit achetée et A voulu que Boisseuil le remboursât; et, pour lui donner nH)yendele faire, il lui a permis de vendre la survivance ÀGersault^ frère de celui par la mort de qui elle avoit ^ué quand M. le Grand la vendit. Pour avoir cette survivance^ Garsault donne 50,000 francs, et aura 1,000 écus sorlesappointementsdelacharge, qui vaut 12,000 francs. Outre cela le roi fait encore une grâce considérable à Aoisseuil. Il avoit 12,000 écus sur la maison de ville qui Itti valoient '*,000 livres de rente à vie ; le roi convertit wtte rente à vie en une rente en fonds de la même somme de i,000 livres, connue vsi Boisseuil avoit financé 80,000 faites ; ainsi c'est proprement 44,000 francs que le roi hi donne, et par là sa charge ne lui coûtera rien. Le J^toa demeurera toujours à Saint-Léger; tous les projets îû*on avoit faits jwur l'en ôter, n'ont point réussi.
'ftudi 3, à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf, ayant J**Bdame la duchesse de Bourgogne dans sa petite calèche, "a chasse fut très-belle ; on ne peut pas voir une Saint- HHbert plus heureuse. Monseigneur et messeigneurs ses Wilants étoient à la chasse. On fit ce qu'on put pour em- V^htv monseigneur le duc de Bourgogne d'y aller, mais ^û Oe put l'en empêcher. Au retour de la chasse Monts.
S28 JOURNAL DE DAlSGfiAU.
seigneur donna un retour de chasse à madame la duchesse de Bourgogne et aux dames qui Favoient suivie à la chasse , à madame la princesse de Conty et à messeigneui*s les ducs de Bourgogne et de Berry ; le souper fut fort gai ^ et à huit heures ils allèrent tous ensemble à la comédie (1). — On a avis que des trente-cinq vaisseaux détachés de l'armée ennemie pour aller^ disoii-on, aux Indes occidentales il y en a dix qui sont rentrés dans les ports d'Angleterre. — Le roi augmente sa cavalerie de cinq hommes par compagnie , et les carabiniers qui n^avœent pas eu d'augmentation Tannée passée seront mis à trente maîtres; il n'y a plus que quarante compagnies de carabiniers. La gendarmerieaurad' augmentation cinq hommes par brigade ; c'est dix hommes par compagnie et vingt par escadron ; car les seize compagnies ne font que huit escadrons , qui seront de six-vingts maîtres présentement. Vendredi 4, à Fontainebleau. — Le roi devoit courre le loup avec Monseigneur et y mener madame la duchesse de Bourgogne, qui étoit déjà en habit de chasse ; mais te rapport que l'on fit qu'il falloit aller à quatre lieues d'ici, parce que l'on n'avoit pu détourner de loup plus près, lit changer de résolution au roi ; il alla tirer. Monseigneuir le duc de Bourgogne, qui devoit être aussi de la chasse^^ alla tirer de son côté. Madame la duchesse de Bourgogn^^ alla se promener dans la forêt, et Monseigneur allaseu.1 au loup. — Le président de Crèvecœur mourut à Paris ^ il étoit président à mortier. Il n'avoit point d'enfants, ^"^ laisse une furieuse succession à madame de Tonnerre, s^ s(Bur ; on croit qu'après la mort de sa mère elle aurapluj^ de 50,000 écus de rente. — On eut nouvelle ces jour^ passés que l'archiduc Charles s'étoit trouvé fort mal d'ua^ esquinancie , qu'il avoit été saigné trois fois dans un mènm^ jour; il étoit encore fort mal quand l'ordinaire est parts
(l)« Les comédiens représentèrenl le Misanthrope à^ Mollèiv. « {Mercure deuoTerabre, page 321. )
de Vienne. C'est le secrétaire que le marquis de ViUars a laissé en ce pays-là qui mande cette nouvelle au roi, et les ministres étrangers qui sont ici ont eu le même avis. Samedi 5, à Fontainebleau. — Le roi alla courre le chevreuil avec les chiens de M. le comte de Toulouse ; Madame étoit avec le roi dans sa calèche. Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Madame la duchesse de Bourgogne alla se promener avec ses dames du côté de la chasse et en eut tout le plaisir. — On eut des lettres de la Haye du 31. Le roi Guillaume continue à ne point donner d'audiences aux ministres étrangers ; il ne voit que les milords Portland, Albemarle et le pensionnaire Heinsius. Il s'est promené une ou deux fois en cwTosse, et on le croit tant soit peu moins mal ; cependant 'I n'y a point encore de jour fixé pour son retour en Angleterre, où il a beaucoup d'affaires. — Le prince de Tzerclaës va commander les troupes de M. l'électeur de ^'ogne, qui a fait payer à ses États, par exécution mili- **ïï^, le quart des douze simples qu'il leur avoit imposé, ^ous envoyons en ce pays-là deux régiments de cavalerie ®* deux régiments de dragons, que commande le chevalier de CourceUes, et qui sont déjà arrivés à Sleinden, qui est 1® 'Village des dépendances de la Flandre espagnole le plus proche de l'électorat de Cologne. Les Espagnols lèvent; en Flandre vingt bataillons outre les vingt-cinq qw* ils ont déjà, qui sont parfaitement beaux; ils n'ont que viiigt escadrons, et ils offrent d'en lever encore autant.
dimanche 6, à Fontainebleau, — Le roi alla tirer l'aprés<llnée. Monseigneur alla au jeu de paume voir jouer les bons joueurs; madame la princesse de Conty et beaucoup de dames y étoient avec lui. Monseigneur le duc de Bourgogne fit ses dévotions, qu'il n'avoit pas pu faire à ï* Toussaint parce qu'il étoit malade. Monseigneur et lui jouèrent le soir chez madame la princesse de Conty. Madanae la duchesse de Bourgogne alla se promener dans ^* forêt avec ses dames. — Le maréchal de Noailles pré-
230 JOURNAL DE DANOEAU.
Henta le soir au roi^ comme il sortoit de chea madame de Maintenon pour aller souper, le comte d'Ursé, qui revient de Barcelone^ où il a laissé le roi son maître , et U a trouvé la reino à Pézénas. On a su qu'elle étoit arrivée depuis le 29 à Narbonne et devoit être le 31 à PerpignoQ. Le roi d'Espagne devait la recevoir à Girone; mais, dam l'impatience de la voir, il s'avance jusqu'à Figuéras; m croit même qu'il viendra au-devant d'elle jusqu'à sadlnée, et Ton compte que cela doit s'être fait le 3 de ce m(»9. — Les ministres étrangers qui sont ici ont eu des lettres de Vienne par lesquelles on leur mande que Tarchiduc Charles est entièrement guéri. On leur mande aussi que l'empereur a fait arrêter le duc Moles, ambassadeur d'Espagne ; msiis comme ce seroit entièrement violer le droit des gens, on a peine à croire cette nouveUe.
Lundi 7, à Fontainebleau. — Le roi alla à la messe à neuf heures, puis revint se coucher et prendre médecine; il travailla un peu le matin avec M. de Chamillart. Madame la duchesse de Bourgogne le vit avant que d'aller k la messe et après en être revenue; Madame le vit aussi. Il tint conseil Taprès-dlnée. Monseigneur alla courre le loup à quatre lieues d'ici et mena avec lui dans son carrosse monseigneur le duc de Berry, qui eut le plaisir de blesser le loup; la chasse fut fort belle, malgré le vilain temps. Monseigneur le duc de Bourgogne alla tirer dans les parquets, et^la pluie le fit revenir bien vite, et au retour il joua chez lui au brelan. Madame la duchesse de Bourgogne dina chez la duchesse du Lude avec madame dt) Maintenon et beaucoup de dames. Le soir il y eut comédie (1). — Le comte Guy de Stareinberg, que le prince Eugène avait envoyé à Vienne, en est reparti portant, dit-on, ordre de l'empereur à ce prince de prendre des quartiers d'hiver en Italie à quelque prix que ce
(I) « Les comédiens représentèrent Rodogune de M. de Corneille ft ^ Hédecin matgré lui do M. d« Molière. » (Mercure de novembre page 2Sà.)
NOVEMBRE ifOI. Ml
oit; cependant il y aura bien de la peine. Par les nouvelle» qu'on a eues aujourd'hui de ce pays-là on apprend [ue les Inipériaux souffrent plus que jamais dans leur wpp, Us avoient fait un grand fourrage et emmenoient ilusieurs chariots chargés de foin; nous en avons été ið, nous avons battu Fescorte de leurs fourrages et ris tous les chariots; mais M. le comte de Montre vel, qui 'est engagé tpop avant parmi les e^nepiis, y a été tué. [ étcât petit-neveu de M. de MontreveJ, lieutenant gèlerai.
Mardi 8, à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf daq» % calèche avec Madame et n'en revint qu'à la nuit; monaigreur le Dauphin et messeigneurs ses enfants étoient \ la chasse. Madame la duchesse de Bourgogne alla à ielun aux Filles de Sainte-Marie. Il y a grande apparence {fîo cette prince^sa est grosse^ et les médecins n'en douent qiiasi plus; cependant on la laisse aller en carrosse îl aussi vite qu'à l'ordinaire. — La reine des Romains est Mîcoucbée d'une tille; ils n'ont point de garçon ; le petit ircfeiduc, qui n'avoit pas encore un an, mourut il y a quelpe temps. On a la confirmîition que l'empereur a fait arrêter l'ambassadeur d'Espagne. — Le comte de Bissy *, wcien lieutenant général et cj^evalier des ordres du roi, 5st nioï»t à Metz. U commandoit dans les Trois-Évéchés^ 't ce commandement lui valoit plus de 20,000 livres le rente. — Le prince Louis de Bade, avant que de repasser le Rhin, a fait tracer une ligne depuis Spire juslu'à la Petite-HoUande , et il y a laissé beaucoup de ^ysans qui y travaillent actuelleu^ent. — Depuis que le lue d'Harcourt est arrivé en France, sa santé se rétablit ^^t; il n'a plus de fièvre, il a moins de foiblesse dans les ^ï^bes. U n'ira plus à Barbotans, et l'on compte qu'il eï*a à la cour à la fin du mois.
Le bonhomnac Bissy s'appeloit Thiard, et fut un des chevaliers du ^m-Esprit militaires à qui on trouva fort à redire et à qui M. de ^^vois procura l'Ordre en 1688. C'étoit un fort galant hcmiine, dont
n% JOURHAL DE DANOBAU.
lefils»évéqiiedeToiiLaliieafiiftpailerdelui,et«taiil Longtemps avant d*étre évé^, et w troimnt à JSamf émM père, quiy oommandoîtd^, onlelouafiMrtdeviMliii:«ViMii eonnoissez pas, dit Bisqr aux kmangenii; voyea-foot Un mp prestolet-là qui ne senible pas Feau troublée : tel won le BifSiïÀ une ambition effirénée, et qd sna capable, sH peut, de mBHie FÎ|p etl^ÊtatcQ eomboation pour fidre fiMCtune(l). » On a vnqrta^ prophète, et on le Toit eoeoie tous les jours.
Mercredi 9, à FfmuAnMmm. ^ Le roi alla fin Monseigneur conratle loup. Monseigneur le doc de Boi gogne prit médecine et joua le soir dans sa chaoïlÉ Madame la duchesse de Bourgogne lui tint oompif^ toute Taprès-dlnée; le soir elle alla à la comédie^ 1k elle Tentendit de la tribune en haut, et monaeignao^ duc de Bourgogne, après son jeu, y alla fiedre un Is aussi (2). — Onr mande de la Haye que le roi GoiDaa parut à rassemblée des États le k. U jlevoit partirfeli demain , mais on mande que le vent est un peu ccmlnii la vérité , A ce qu^on croit ici, c'est que sa santé Ikei permet pas de s'embarquer. Les gens qui l*ont vu ai dent ici quMl est changé à Téxcès et qu'il est a ftiU que, quoique deux hommes Faident à marcher, àpeii peut-il encore mettre un pied Tun devant l'autre. 0 mande que les HoUandois envoient dLx miUe homnM dans le pays de Juliers. On parle déjà de remplir 1 places de stathouder et de capitaine général, que i prince avoit réunies en sa personne et qu'on séparcn parce que, jointes ensemble, cela donne trop d'autorité un seul homme. — Le prince de Saxe-Weissenfels pi congé du roi pour retourner en Allemagne; il est nev< du prince de Saxe qui avoit épousé la sœur de madan de Dangeau.
Jeudi 10 , à Fontainebleau . — I^ roi courut le cerf sci
(1) Voir l'addition du !•' février 1698, tome VI, pag^287. Cette projWi suivant l'expression de Saint-Simon, y est reproduite en d*autres tefiiM>
(2) On jouait V Homme à bonne fortune ^ comédie de Baroo.
NOVEMBRE i70i. 398
dans sa petite calèche^ et fut plus content de sa chasse qne d^aucune qu^il eût jamais faite ici. Madame la duchesse de Bourgogne ne va plus à la chasse avec lui, parce que les espérances que Ton a ici de sa grossesse continuent. Monseigneur le duc de Berry étoit à la chasse. Ifonseigneur courut le loup le matin. Monseigneur le doc de Bourgogne joua le soir chez lui. — Madame de Bauteforty femme du feu marquis de Hautefort, premier écayer de la feue reine, est morte à Paris; il y a quelques années qu^elle avoit fait le partage de son bien entre ses enfants. — Les Vénitiens assemblent des troupes vers Cattaro pour empêcher que les Allemands qui ont assemblé quelques troupes à Trieste et à Segna ne puissent se porter du côté de Raguse ; ils font venir beaucoup de troupes de Dalmatie et se veulent mettre en état d'empêcher qu'on ne prenne des quartiers d'hiver en leur pays. — On attend ici M. de Louville, que le roi d'Espagne envoie et que S. M. C. a fait gouverneur de ses officiers françois et colonel. Ce roi a donné au prince de CastigUone la principauté de Fondi au royaume de Naples^ pour le dédommager de ce que les Allemands lui ont pris dans le Mantouan. Laprinci[)auté de Fondi étoit possédée par le comte de Mansfeld, qui est chef du cx)nseil de guerre de Tempereur.
yendredi 11, à Fontainebleau. Le roi alla tirer Ta-
prèsnllnée. Monseigneur se promena en carrosse avec
Dï^ame la princesse de Conty, Monseigneur le duc de
^Upgogne et madame la duchesse de Bourgogne ne
^ïlirent point. — Le roi permit à M. de Poissy de prendre
^ place de président à moiiiei' d l'ouverture du parle-
''^^nt. Il en avoit la survivance, et son père lui a cédé
** charge; ! ainsi il passera devant celui qui achètera
^ charge de M. de Crèvecœur. Ces charges sont taxées
* 500,000 francs. — Il «arriva, pir l'ordinaire, des nou-
^^lles d'Italie du 3, Un parti des ennemis, commandé
P^r le fils du prince de Vaudemonl, a passé l'Adda et a
284 JOURnAL DE DAnCEAU.
enlevé six cents chevaux de la cavalerie de Milan qui U* soient fort mauvaise garde; le commandant a été prit et tu<^ dans son lit. Les armées sont toujoun dans \mn mêmes camps, et il faut voir qui sera obligé de décain|Mr le premier. ) — Le prince de Caserte, qui était de la oûm* piration de Naples s'est réfugié dans Parmée de Ten^ reur. Le pape lui a fait faire son ppooàs, a fait enlnr des troupes dans Bemioneta et Cistorna qui sont im places assez fortes appartenant à ce ppînoe; il km confisquées et réunies au domaine de la obambre apoi* tolique. Le baron délia Roooa et un des CaraQa^qii étoient aussi de la rébellion^ ont été arrêtés dans Bénévnrt par les ordres du cardinal de Gravina, qui an est wkf^ vèque.
Samedi i^, à Fontainebleau, — Le roi courut le cerf; Monseigneur et monseigneur le duo de Berry étoientih chasse. Monseigneur le duc de Bourgogne n a poial m<mté A cheval depuis sa purgation ; il joua raprès-diaéi eheslui. Le soir il y eut comédie (1). — On mande df Lis))onne que le comte de Chàteau-Henaud en est parii avec son eseadi»e, et fit voile le 20 octobre pour aller î Cadix. S. M. Poiiuiraise lui a fait un présent qui vau^ V ou 5,000 écus, i\i\'\\ faisoit difliculté de pn»ndre. \a^ w lui dit (ju'il ii'on dovoit point taire, et que de la ninnièn dont il rtoit avec Iv \\n de France les François ne devoien plus le reirarder C4)iume un roi étranger. — l^ouvilk arrivji d'Espairntî et vit le roi chez madame de llaintenoi p(Mulant <|ue Monseigneur étoit à la comtiiie. Le ra son maître alla au-ilevant de la reine jusqu'au demie village de ses États : il ne lui étoit pas i^ermis d'aller plu loin, parée que les États de (Catalogne sont assemblés, <?' nu^me il a lallu qu'on lui donni\t un acte pour sortir (ie la viguerie de Hai»celon(\, parce qu'il est dans Toi-dre que
ll^ «• Los coiiWsliViis n'pn^st'nttVont Jrx Horacvs «le M. «lo Conhnflertrifcote des Maris <ïo M. tW Molière. » (Mvrcurv de noTcmbre, page 231.)
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le roi d'Espagne n'en sorte point quand les États de la province sont assemblés ; et le roi y est censé présent, sans quoi les délibérations qu'on y prendroii n'auroient nulles forces. La reine est fort petite , assez aimable sans être belle; elle a beaucoup d'esprit , et Lou ville pousse la louoQge si loin qu'il dit qu'elle en a autant que madame la duchesse de Bourgogne , sa sœur. Elle a été un peu fâchée de ce qu'on a renvoyé toutes les femmes qui étoient arec elle dans le voyage ; la moitié partit de Perpignan, et les autres du dernier lieu où elle a couché sur les terres d^ France et où les Espagnols la vinrent recevoir. 1^ mariage fut consommé à Figuéras. La pauvre reine manqua un peu trop son chagrin j et le roi ne coucha pas le lendemain avec elle (1).
* Louville étoit un gentilhomme de Beauce du nom d'Allonvilie^ de très-bon lieu et dont Tanc^re paternel étoit chambellan de Ix)uis XI «•fort bieo aver lui. Il étoit parent de M. de Reau?illiers , et sa mère ^M> l^bvencouit, d'un bon nom, alliée à une branche éteinte deSa|nt« StaoQ, et INl. de Saint-Simon avoit pris soin de cette famille dans sa foveur sous Ix)uis XI ii. Quand on mit des gentilshonunes de la waiHe auprès des princt»s, ^I. de Saint-Simon eq parla à M. de Beau- 'tlliers, qui ne le connoissoit point. Le père étoit retiré depuis longteps chez lui , et le fils étoit fort jeune et capitaine au régiment du ^ d'iafanterie , où il s etoit même distingué. Il fut donc gentilhomme ^ la nianche de M. le duc d'Anjou; M. de Beauvilliera le goûta, et il ^ Gt beauco\ip d'amis considérables à la cour. Toute la famille de M. de Beauvilliers et ses amis particuliers, M. de Pomponne , \\. de Tewy, même M. de Barbezieux, en firent le leur. Il étoit fort ins- ^uit, avoit beaucoup d^esprit et de ces conversations charmantes par «n amusement et des saillies toujours nouvelles, et avec cela tout lo solide et la mesure possible. Il entra fort avant dans la conSance de ^ M. de Beauvilliers et lui fut attaché et aux siens en tout temps avec *■*€ fidélité et une ardeur inviolables. Il suivit le roi d'Kspagne, et fut Mqu'à son mariage IMnie de tout dans sa cour et dans son conseil , et >iiii ne se faisoit que par lui. Ce lut lui qui fiit chargé de venir "Blldro compte de mille détails qui setoient passés jusqu'alors, de b première entrevue et du mariage du roi et (ie la reine d'Kspagnc,
(1) Voir let Ji^anoirei de Lauvilk.
et de solliciter la permission pour le roi d'Espagae de ùm la cam< pagne eu Italie, et d'arranger, s'il Tobtenoit, tout ce TOjra^ aie notre cour, comme il Texécuta très-bien, à la saUs£aM!tkm de Tum f de l'autre.
Dimanche iS,à Fontainebleau. — Le roi ne sortit poii de toute la journée; il alla chez madame de Haintenoi après son dlner^ où il demeura le reste du jour. Monsc gneur alla le matin pour courre avec les chiens < M. le comte de Toulouse ; mais il avoit si fort gelé^ terre étoit si dure qu'il revint sans chasser. H. comte de Toulouse s'opiniàtra à y demeurer et tua i sanglier à coups d'épée. Madame la duchesse de Bon gogne ne sortit point et alla au salut. Le soir Monsc gneur et monseigneur le duc de Bourgogne jouèrent sj parement à leur ordinaire chez madame la princesse di Conty . — Louville dit que madame la princesse des Dp sins ne prendra point la qualité de camerera-major; h Espagnols veulent que ce soit une dame de leur natioii qui ait cette charge ; mais on croit qu'on ne la rem[£n point tant que la princesse des Ursins sera en Espagne où elle a des affaires particulières qui la retiendron pendant quelque temps. Louville fera peu de séjour î Versailles et retournera auprès du roi son maitre, qu compte d'être à Madrid avec la reine sa femme à la li: de Tannée. — Le roi donne à M. le Duc, pour 20,000 km la maison et les jardins de la Touanne à Saint-Maui La Touanne y avoit dépensé 7 à 800,000 francs; cel donnera beaucoup de logement à M. le Duc, dont avoit besoin; cela augmente et embellit fort son parc on joindra tout ensemble aisément, et il y a 2,500 l\\T\ de rente à celte maison.
Lundi \\, à Sceaux, — Le roi partit de Fontaineblea à onze heures, après y avoir mangé, pour ne pas s'arrêii en chemin. 11 avoit dans son carrosse madame la d' chessc de Bourgogne auprès de lui ; Madame et madan la duchesse d'Orléans étoient au devant, madame la Di
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ihesse et la duchesse du Lude aux portières. Honsei- ^eor étoit parti un p^u avant lui avec madame la prineesse de Conty. Monseigneur le duc de Bourgogne vint m chaise de poste. Monseigneur le duc de Berry alla droit à Versailles, ayant avec lui dans son carrosse MM. de Beauvilliers , de Dénonville père et fils , M. de Rasilly et mon fils. — Avant que de partir de Fontainebleau, M. de la Feuillade parla au roi dans son cabinet pour avoir Fagrément de son mariage avec mademoiselle de Chamillart'^ ; H. de Chamillart avoitdéjà, quelques jours auparavant , rendu compte au roi de cette affaire. S. M., en faveur du mariage, donne 200,000 francs àla fille, et le père lui donne 100,000 francs et plusieurs années de nourriture. M. de la Feuillade, en comptant son gouvernement, jouit de 100,000 livres de rente. I^soirici, chez madame de Maintenon, Monseigneur joua au brelan avec madame la duchesse de Bourgogne , madame la Duchesse, M. le comte de Toulouse et moi. Le roi étoit de moitié avec madame la duchesse de Bourgogne et nous voyoit jouer. Monseigneur le duc de Bourgogne jouoit à une autre table avec les dames.
* U duc de la Feuillade étoit veuf sans enfants de la fille de Château* ï*^î sœur do la Vrillière , tous deux l'un après Tautre secrétaires d'É- ^t. Il avoit fort mal vécu avec elle, sans cause et avec grand mépris pour laforailie. Il disoit que son beau-père épluchoitde la salade avec 8tt comims dans son cabinet ; et en effet il n'avoit pas grande application. Il avoit fait nombre de choses qui avoient tellement déplu au roi ^'il auroit été cassé sans le chancelier de Pontcbartrain, qui le prétest par pur honneur. Il vouloit se raccrocher par ce mariage. La pre- ^^^ fois que Chamillart en parla au roi , le roi Tarréta tout court ; il 'ni dit qu'il ne le connoissoit pas comme lui ; qu'il ne vouloit sa fille QU6 pour le tourmenter pour faire pour lui , et que lui, Chamillart, le ^nuentât en sa faveur ; qu'il lui déclaroit que jamais il ne feroit rien P^^lui, et qu'il lui feroit plaisir de n'y pas songer davantage. Cha- "^^hrt se tut, et revint une autre fois à la charge. Le roi céda avec ré- P^'SQaiice et l'assura qu'il s'en repentiroit. En effet, il vécut plus mal ^eore avec cette femme-ci , qui étoit étrangement laide , qu'avec '^utre. Mais il avoit jeté un charme sur Chamillart , à qui il manqua
^^ ^ ^ ii*ai fut paimoÎDi afifolédekn. Od verra ^^^ 9iéu cher à la France.
l!9Ui 15, à Sceaux. — Le i-oi fut quelque temps eD- L.^ le matin avec le cardinal de Noailles^ qui est le <!.;. qui ait eu permission de venir ici, où il n'y a que le service, et puis il alla se promener dans les jardins. L'jiprès-dinée il monta dans une petite calèche avec lai.iaine ; mesdames de Chàtillon et de Chàteau-Thiers éioient au derrière. Madame la duchesse de Bourgogne monta dans une |>etite calèche fermée avec madame de Maintenon. Monseigneur étoit à cheval. Monseigueur le duc de Bourgogne demeura chez madame de Mainteuon avec madame la duchesse d'Orléans , madame la prince»^ de- Conty et les dames qui n'étoient pas de la promenade * et il lem* tint le ]X)rtique. — Le soir^ sur les sept heures^ il y eut des marionnettes en liant chez madame la du— chesse de Bourgogne : le roi y étoit et tous les a)urtisans qui étoient ici. — M. de Torcy apporta des nouvelles aa rui; elli> sont du 10, de la Haye. On mande que le roi (Guillaume n'étoit point encore embarqué; mais, comme il se porte un peu mieux ., on compte en ce pays-là qu il pourra s'embarquer le 1 3 ou le 1 i, qui est le temps de h pleine lune : et d'ordinaire, quand il repiisse en Auirleterre, il attend les pleines lunes pour s'embarquer. Ce piiiK-e a donui' qiielque> audieniv:^ aux ministres de l'tMiipei-t'ur et à 1 'ainl>ass«i(leur de Venise, voulant hii ]H'^ suader d»' ilonntn- des quartieis d'hiver dans leur i»ii)^ aux troupes impériale .
Mernedi 10 , (/ Versaillvs. — Le voi se promena tout le matin dans les jardins de Sceaux en chariot. Madame la duchesM* de Houri:»»L'ne se pnnnena a pit'rf Mon>eii:ntMir alla à Meud.»n. où il demeurera huit joui-s L'aprèsilinè»*, en sortant de talde, le i\»i monta en ca^ rosse [nnw venir loi: il avoit dan^son cam>sse les mènu'S jHTMtinn > i|u'il avoit amenées de Fi»ntain**bleau : il iiy
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atoil de changement que madame la princesse de Conty^ qui prit la place de madame du Lude. Le roi trouva M son appartement d'une magnificence, d'un agrément •t d'une commodité non pareils (1). Il voulut que madame la duchesse de Bourgogne se couch&t en arrivant; aile se releva pourtant pour souper avec lui. L'espéra&ce que Ton a de sa grossesse augmente fort. — Il arriva un courrier du maréchal de Villeroy parti du 10. Im armées sont toujours dans leurs mêmes cam{)s : les Allemands font faire des écuries et couvrir leurs l>ai*aqaes, comme gens qui sont résolus d'y passer Tbiver. Il y a des lettres de pai*ticuliers qui mandent pourtant que le^frince Eugène fait al>attre ses retranchements et fiût Un des ponts sur lesnaviglies (2), qui sont à la tôte de I^or camp, comme s'ils avoicnt intention de nous venir i^ttaquer dans le nôtre y ne pouvant plus subsister où ils sont.
'eadt 17, à Versailles. — Le roi alla passer Faprêsdlnëe à Marly. Madame la duchesse de Bourgogne alla ■«Iprès-dlnée se proîuener à la Ménagerie. Le roi n'ira <»Ucher à Marly que de mercredi en huit jours. — Le duc de Gesvres, dont la santé ne lui jHïrmet guèi*e de ^eiiir ici et encore moins ^ quand il y est, de monter à ^n appartement, qui est fort haut, le rendit au roi auparavant (|u'on allât à Fontainebleau; le roi Ta donné
(1) C*e9l de GPttf époque que datent le sakm dit ôtVŒU bcettf et la ebaiii- ^i coucher de Louiii \1V, qui existent encore à Versailles. Jusqualoni la iirtieoccu|)ée|»arlesalonder(Ki1 (lelMi^favaitét^diviÂ^en deux pièces: Tune ferrait d'antietinintire , et m nommait la chambre des RasaanA (Dannitiu m irte i la date du 2b ianvier 1687 ) ; Tautre était la cluunbrc îi coucher du roi, k avait cette destination depuis la coni»truction du cliÂt<*au de Versailles |»ar ooU XIII. La nouvelle chambre à coucher de t^ouift XIV fut transpffrtée dans ( gTMid cabinet do roi, que Dangeau nomme « le salon où le roi s*halMlle, » et wm lequel nooa avona vu c«^l«^haT les Hanvailles du duc de Cliartres et du ic du Maine, en lCtl3. Louis \1V lial>it«i cetti' deniitT<* rliambre de|Hiisla fiu ft f/Ol ]uMia*àsatnort.
fl) Bw^Ms CM balMux.
à Moreau , premier valet de chambre de monseigneur le duc de Bourgogne. Plusieurs gens ont demandé oelui que Moreau quitte; mais on croit que S. M. le donnera au comte de Tallard. — On commence A dire que la chambre des filles de Madcime nei sera pas cassée i la fia de Tannée^ comme on l'avoit cru il y a quelques mois; Madame n^a jamais eu grande envie de les ôter. — Le roi a donné au fils de Saint-Mars ^ gouverneur de la Bastille et gendre de M. Desgranges^ maître des cérémonies, une pension de 1,000 écus qu'avoit M. de Saint-Mars, son père. Le roi avoit accordé une semblable grâce, il y a quelques mois, à M. de Montbron pour son fils qui est colonel du régiment Dauphin. — Le mariage de M. de la Feuillade se fera jeudi chez M. de ChamiUart à sa maison de l'Étang; il logera son gendre à Paris, et lui donne ici un appartement pour lui et pour sa femme, à la surintendance.
Vendredi 18, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dinée voir madame la duchesse du Maine, qui relève découches; madame la duchesse de Bourgogne y alla aussi. Ensuite la reine d'Angleterre arriva ici et y amena le roi son fils. Monseigneur vint de Meudon pour recevoir les visites et fut étonné et charmé de la magnificence de Tappartement du roi. LL. MM. BB., aprèsavoir rendu toutes leurs visitesà la famille royale, retournèrent à Saint-Germain. — Le roi a choisi M. d'Ahgre, le maître des requêtes, pour remplir la place de président à mortier qu'avoit M. de Crèvecœur. M. d'Aligre est petit-fils et arrière-petit-fils de chancelier; il est gendre de M. Pelletier le ministre, qui, avant que de se retirer, avoit supplié le roi d'accorder à son gendre l'agrément d'une de ces charges-là quand il en vaqueroit. Il n'avoit vaqué depuis que celle de M. Talon, et dès qu'il sut que M. de Lamoignon y songeoit, il ne fit aucune diligence pour l'avoir. 11 n'en coûtera que 500,000 francs à M. d'Aligre ; il n'y a point de pot-de-^in l)our la famille de M. de Crèvecœur. M. de Tonnerre
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laiest son héritier, espéroit en avoir 100,000 francs, et ilusieurs gens qui songeoient à cette charge les lui iToient offerts.
Samediidy à Versailles. — Le roi alla tirer Faprès-dlnée. lonseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse le Bourgogne allèrent chacun dans leurs carrosses diner i Meudon avec Monseigneur et ils en revinrent ensemble lans le carrosse de madame la duchesse de Bourgogne. — On a eu nouvelle que le roi Guillaume s embarqua te U, pour repasser en Angleterre malgré sa mauvaise «aité; on croit que Tair de la mer, qui lui a toujours fait ■ud, lui en fera encore davantage dans Tétat où il est ; 1WÛ8 les affaires le nécessitent à passer. — M. Pagiot «»t M. Roulier, qui ont la direction des postes en France pour ks lettres, offroient depuis six mois au roi d'Espagne de si* diarger de celles de Flandre et d'en donner 200,000 francs par an à S. M. C, et de rembourser le prince de la Tour- Taxis de ce qu'on en avoit financé d'argent dans sa maison du temps de Charles-Quint. Les Espagnols ont été long, temps à accepter celte proposition ; mais enfin ils se sont ftxiàus à la raison et à l'avantage qui en revient au roi fcur maître. La surintendance de ces postes avoit toujours demeuré dans la maison de Taxis depuis Charles- QÛDt, aussi bien que celle d'Espagne, qui est encore au comte d'Onate, grand d'Espagne, de la maison de Taxis. Ce prince de la Tour avoit épousé une nièce du cardinal de Furstemberg, qui est morte depuis huit jours.
IHfnanche 20, à VerscUUes, — Le roi alla tirer l'aprèsdlnée. Monseigneur vint ici le matin pour le conseil, et aïOena avec lui , pour dîner à Meudon, messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry et madame la princesse de Couty. — Le roi unit àl'évèché de Perpignan une abbaye '^uUère, qui vaut 14,000 livres de rente, et l'on ne doute pas que le pape ne consente à cette réunion , parce que l'é- ^*ché étoit d'un fort petit revenu ; c'est l'abbé de Flaman- ^le qui en est évoque. — Le roi d'Espagne a écrit au
Ul JOURNAL DE DANGEAU.
roi d'Angleterre Jacques III^ qui est à Saint-Germain, elle reconnolt roi d'Angleterre comme nous le reconnoissons en France. — L'évoque de Die est mort ; il s^appeldt Pajot ; cet évêché avoit été désuni^ il y a quelques Années, de celui de Valence, auquel il étoit joint depuis cinq cents ans. — Le roi a donné à M. de Tallard le logement dans l'aile neuve qu'avt)it Horeau^ premier valet de chambre de monseigneur le duc de Bourgogne. — On eut nouvelle par Calais que le roi Guillaume» qui s'étoit embarqué le 1^, étoit arrivé le 16 aux côtes d'Attgletcm, qu'il avoit mis pied à terre h Margate, d'où il s'en alloità Londres en relais de carrosse. Le parlement, qui devoit se rassembler le 10, a été prorogé.
Lundi 21 , à Versailles. — Le roi alla se promener l'après-dlnée î\ Marly , d'où il ne repartit qu'à la nuit. Le soir il sentit un peu de mal au pied. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Beri^ allèrent tirer ensemble. Madame la duchesse de Bourgogne ne sortit point. — Il arriva un courrier de Rome que M. le cardinal de Janson a envoyé; ce courrier, en passant par Milan, a entendu dire que note armée avoit repassé l'Oglio, et que M. le maréchal de Câlinai avoit été blessé au bras d'un coup tiré de fort loin par des gens qui étoient derrière une haie. Commeon n*à point encore eu de nouvelles de M. le maréchal de Villeroy là-dessus, on doute de laJ)lessuredu maréchal de Catinat; mais on ne doute pas du décampenient de nos troupes, car elles ont ordre de décamper le 13 pour venir camper prè$ d(î Crème, qui est encore des terres de la république.— On a nouvelle que trente-cinq vaisseaux angloisethoUandoiSi de ceux qu'on croyoit destinés î\ aller en l'Amérique, sont rentrés dans les ports d'Angleten*e et de Hollande ; il n'en reste plus que dix, souslamiral Bembow, qu'on croit qn'il envoie seulement en l'Amérique pour porter quelques secours à leurs colonies, et non pas pour rien entreprendre sur les Espagnols en ce i)ays-là, ni pour cheiTher à attaquer la llolte qu'on espère qui arrivera bientôt à Cadix
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Mardi 22, à Versaillea. — I^ roi eut un peu de iHitte la nuit et se fit porter î\ la chapelle. Il tint conseil ! matin à son ordinaire et travailla Faprès-dinée avec . dePontchartrain. Monseigneur revint de Meudon, où ivoit toujours été depuis Sceaux. Madame la duchesse e Bourgogne se trouva un peu incommodée le matin. Elle *alla point à la messe, garda le lit presque tout le jour ; Ile se leva le soir pour aller souper avec le roi. Toutes B8 espérances qu'on avoit sur sa grossesse sont finies. — « traité d'alliance de Tempereur avec l'Angleterre et la bllande est ratifié et rendu public ; tous les articles môme isont dans les gazettes. — dn croit que M. le duc de ivoie , dès que nous aurons repassé TOglio , retournera Turin et ramènera ses troupes en son pays. Il a déjà Jliu quelques discours qui tendent fort à cela, et son aintesadeur qui est ici a eu audience du roi dans lacjuelle a tâché d'insinuer que ce prince a satisfait à ses engateents en demeurant î\ l'armée jusqu'au 15 novembre, î que la campagne devoit être censée finie en ce tempS- ; et que, si S. A. R. ne renvoyoit ses troupes présentelent dans de bons quartiers d'hiver, il ne les pourroitpas omettre pour Tannée qui vient.
Mercredi 23, à Versailles, — Le roi entendit la messe Uis sa chambre et dîna dans son lit ; madame la dulesse de Bourgogne, madame la duchesse d'Orléans et maune la Duchesse revenant de la messe le virent dîner. On iase entrer les gens de qualité. Le roi, qui avoit tenu contfl après sa messe, comme à Tordinaire, travailla encore iprès-dlnée avec M. de Cliamillart; madame de Maintean vint ensuite chez le roi et y demeura ju»qu'î\ son sou- Br. Le roi se releva pour manger et souffre plus de dounr» de sa goutte qu'il n'en avoitencore souffert i\ aucune tbujue, car d'ordinaire il l'a fort légènîment. Monsei- Deur fut souvent dans la chambre du roi , et le soir joua bel madame la pri ncesse de Con t y . — Il arriva un courrier Q maréchal de Villeroy parti du 1T ; nouii avons rt^passé
rOgLio et allons camper auprès de Crème, où nous set^ beaucoup plus commodément et pour la F»ul>sistaiicfl pour les fourrages. Si uouîi eussions attendu un jotir plus à décamper, nous aurions été fort embarrassés, que le terrain devenoit impraticable , et la ueigi tomba abondamment ce jour-là auroit fort au^i^meiilé embarras. M. de Savoie est retourne à Turin et renvoîl troupes dans sou pays, eu c|uarti6r d'hiver. M* lemaréel de Catiûat^ qui faisoit Tarrière-garde, a été blessé aubi d'un coup tiré de fort loin» Les ennemis n'ont point sm à BOUS attaquer ; il ne leur est arrivé aucuu renfort; m Iês troupes que Fempereur a achetées du roi de Ù^B mark les doivent^ dit'-on, joindre incessamment. ^ïomh rendus qui viennent de leur armée assurent que leuj troupes sont fort délabrées et les chevaux dans un ^ mauvais état, — Le roi et toute la maison mjili gnèrent le contrat de mariage de M, de ht Feutlbdit mademoiselle de ChamiUart* — Monsei^i^m* aUii raprti dinée à Saint-Germain avec madame la princesse dt^ Cool voir le roi et la reine d'Angleterre, qrniest affligéecootii le premier jour. L'amlmssadeur d'Espàgna leur a jk^i^ lu lettre du roi son maître, qui est en latin, et il lud avec lui Louville^ qui leur en présenta une autre ea ftw çois et de la main du roi d'Espagne.
Jeudi 2k j à Yer$ailles. — Le roi n'eut point de dodbji la nuit; il se leva à son ordinaire et alla en chaiseii messe. L'après^née il alla à Trianou, s'y pronaenti chaise; mais le soir en se couchant son pied étoit i rouge et fort enflé^ et U souffroit assez. Honseigneor p médecine et joua le soir chez madame la prinee^Vi. Ck)nty à son ordinaire. Madame la duchesse de Booi^og ne sortit point et passa la journée chez madame de M tenon. — M. de la Feuillade épousa mademoiselle de Cl millart ; la noce se fit à TÉtang.. — Le roi envoie ùBuh taillons dans les places de M. l'électeur de Cologne, snri Rhin , deux régiments de dragons et deux àd ctfaki»
9staoupes doivent être entrées dans ces place&-là de hier Q soir. — 11 y a quatorze bataillons destinés à aller servir nltalie^ dontil y en a déjà sept en Franche-Ck)mté^ qui sont s deux bataillons lyonnois, un deGrancey, un de Forez, ont H. de Montmorency est colonel, le Royal -italien et eax bataillons irlandois. Les autres de ces bataillons ne mt pas nommés encore. On enverra aussi vingt escarons, savoir : huit de la gendarmerie qui y va tout enère, quatre des carabiniers , deux de Villeroy, deux *E8clainviUiers. Je ne sais pas qui sont les quatre autres, u fait revenir cinq ou six bataillons de Tarmée dltalie, le ceux qui ont le plus souffert durant la campagne.
Vendredi 25, à Yermlles. — Le roi a la jambe et le pied art enflés ; mais il n'a quasi plus de douleur ; il alla se romener à Marly Paprès-dlnée. Monseigneur ne sortit ointdetout le jour. Le soir ily eut comédie. Messeigneurs » ducs de Bourgogne et de Berry coururent le cerf avec ■ chiens du roi. — M. de Rabodanges, aide de camp du ^nite de Montrevel, apporta la nouvelle que nos troupes ^cnt entrées dans Liège le 23. M. de Montrevel y avoit Mxîhé presque avec toutes les troupes du camp de Ri- ^lle et entra dans Liège par la porte la plus proche de citadelle. Cesi le baron de Berlau, qui commande dans ttc citadelle pour M. l'électeur de Cologne , qui a été ^n aise que les troupes de France fassent dans une ville t^t il n'étoit pas autant le maître qu'il devoit Fètre. ^ que M. de Montrevel fut entré dans la ville, il se saisit L [wdais, mit des troupes sur les principales places et à iltes les portes. Méan, qui ièst grand doyen et qui a tou- Urs été ennemi de la France , demanda d'abord du ilaps à M. de Montrevel , le priant de faire ressortir les oapes de la ville pendant qu'il assembleroit le conseil y
son intention, à ce qu'on prétend, étoit de donner le »îsir aux troupes de la garnison de Maéstricht, qui étoient i marche, d'entrer dans la ville par une autre porte. Enlite, n'ayant rien puobtenir, il voulut faire reprendre les
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armes à (juel(|ues bourgeois malintentionnés pour nous', mais M. de Monlrevel les ayant menacés de faire main l)asse sur ceux qui voudroien t s^opposer & ses intentions et promis en mftme temps de ne faire aucun mal à ceux qui demeureroient tranquilles, ils posèrent les armes et roitrèrent dans leurs maisons sans qu'il y eût un coup tiré.
Samedi 26, à Versailles. — Le roi continue à se porter mieux de sa goutte ; mais il ne va encore qu'en chaise ; il alla laprès-dînée à Marly, où il fait faille un chemin nouveau. Monseigneur alla courre le loup à Saint-Germain; le roi d'Angleterre étoit à la chasse, et Taprès-dlnée madame la duchesse de Bourgogne alla à iSaintrCermainvoir h» roi d'Angleterre, la reine d'Angleterre et la princesse. MonstMgneur le duc de Bourgogne étoit à la chasse avec Monseigneur, et monseigneur le duc de Berry alla se promener à cheval à Noisy. — M. Fagon, premier médecin du roi, est considérablement malade; on ne doute point qu'il n'ait la pierre et il se va faire tailler ces jours ici. — On mande d'Angleterre que le roi Guillaume alla droit à Windsor «ms passer à Londres; il a prorogé le parlement jusqu'au 2 décembre ; on croit même en ce pays-là qu'il pourroit bien le casser. — Le roi a été fort conlenl de la conduite du comte de Montrevel dans l'affaire de Liège. S. M. en a parlé Ircs-avantageusement ; elle en conta, hier à son souper, à M. le Prince tout le détail.— Le roi a donné une pension de 1,000 écus à madame de Saint- Hérem : c'est la seule pitié que le roi a eue de l'état où elle est qui lui a fait accorder cette grâce, ne voulant j)as que la femme d'un homme de condition, qui Ta seni si longtemps, demeurât sans pain.
Dimanche 27 , à Versailles, — Le roi et toute la maison royale entendirent en haut dans la tribune le sermon du P. Bonneau, jésuite, qui prêche ici cet avent. Monseigneur alla faire des battues à Chaville. Le roi se fait encore pointer en chaise, parce qu'il lui reste delà foiblessc, mais il ifa plus de douleurs. — Le roi envoya le soir
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ubaipillart chez M. Fagon. S. M., qui est fort touchée voir un si habile et si honnête homme dans un si te état y lui manda qu'il lui donnoit 100,000 francs ir faire avoir une charge à son fils, et iy outa à cela dos 'X)urs fort obligeants et fort tendres, et que M. Fagon a a mérités. — M. le comte d'Estréesa emliarqué sur ses sseaux quatre mille liommes des troupes d'Espagne irles porter dans le royaume de Naples, où ils sont atdus avec impatience ; car, quoique les désordres de mys-là soient finis, on craint toujours qu'il n'y arrive îlques mouvements nouveaux , et il n'y a point de apes dans le pays. On a suspendu la punition de quel- »-uns des coupables qu'on a arrêtés.
mdi 28 , à Versailles. — Le roi alla laprès-dlnée se mener à Trianon. Monseigneur et messeigneiu*s les a de Bourgogne et de Berry et madame la duchesse Bourgogne dînèrent chez madame la princesse de tty et y demeurèrent toute raprès-ilinée. Le soir, i\ 1 heures. Monseigneur joua au brelan; madame la hesse de Bourgogne jouoit avec lui ; monseigneur le ! (le Berry jouoit aussi au brelan à une autre tidjle, et nsi*igneur le duc de Bourgogne en étoit avec moi au *
de Monseigneur, — Le roi a dit au marquis de Biuin qu'il avoit fort envie de voir le duc d'IIarcourt, son ,quiestarrivéi\ Paris, etqu'il luidonneroit une chambre arly en bas, afin qu'il n'eût point à monter à cause de mauvaises jambes. — Le roi ira mercredi à Marly, où esera que trois jours. — On a nouvelle que les galions
passé le détroit de Bahama et que le chevalier do tlogon les a joints. Ils sont richement chargés; il y a sde 50 millions pour les Anglois et les ilollandois, et craignent fort, et avec raison, s'ils entrent en guerre c TEspagne , qu'on n'en saississe tout ce qui leur en i revenir. On écrit d'Amsterdam que la consternation grande sur cet article et que tous les négociants s\)[)ent fort à la guerre.
348 JOURNAL DE DAMGEAl}.
Mardi il9, à Versailles. — Le roi alla Taprè^^éese promener àTrianoD. Monseigneur alla dîner àleadon avec messeigneurs ses enfants^ madame la duchesse de Bourgogne et madame la princesse de Conty; raprès^ée, [ils] allèrent tous ensemble à Topera à Paris. Honseigneiir le duc de Berry n'y avoit jamais été à Topera; il n'avoitvu de ces spectacles-là que dans son voyage. Us revinrent aa souper du roi. — On eut des nouvelles de not^ année d'Italie; nous nous rapprochons de Crémone, et nos troupes sont en un pays très-abondant ; les ennemis ont quitté leur camp et marchoient du côté de Brescia.Ou disoit qu'ils vouloient se rapprocher du lac de Garde et joindre les troupes que le roi de Danemark a vendues à l'empereur, qui sont déjà arrivées à Trente avec deux régiments qu'on a fait venir de Hongrie ; ce renfort de voit être de sept ou huit mille hommes, mais on croit qu'ils seront fort diminués par les longues marches qu'ils ont faites. — Le comte de Tessé est dans Mantoue; il a encore fait jeter dansl'Adige un magasin de farine des ennemis qui étoitde quinze cents grands sacs, et un autre magasin de quatre milleoutils de fer : ces deux magasins étoient à vingt lieues de Mantoue.
Mercredi 30, à Marly, — Le roi partit de Versailles après son dîner pour venir ici. Madame la duchesse de Bourgogne alla à vêpres à Versailles et arriva ici un peu après le roi. S. M. se promena en arrivant, et au retour de sa promenade il trouva le duc d'Harcourt dans sa chambre, qui ne peut pas encore marcher. Le roi le reçut à merveille et lui dit: « Je suis très-aise de vous voir; mais en môme temps je ne laisse pas d'être fâché, car vous m'étiez bien nécessaire en Espagne ; ne songez qu'à ménager votre santé, et demain nous nous entretiendrons plus à loisir. » — Le soir on eut des nouvelles de Londres. Le roi Guillaume a cassé le parlement et en assemble un nouveau, qui doit conmiencer le 1 0 de janvier de notre style. Comme il leur faut du temps pour examiner ks
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commissions de ceux qui composeront la chambre basse ^ on ne ctoit pas qu'il soit en état d'a^sur les affaires générales que dans le mois de février, et la peur qu'on a en ce pays-là aussi bien qu'en Hollande qu'on n'arrête en Espagne les effets qu'ils ont sur les galions les empêchera peut-être de se déterminera la guerre.
Jeudi V^ décembre^ à Marly. — Le roi après sa messe alla courre le cerf. En montant dans sa calèche il appela Nyert*, son premier valet de chambre en quartier, et lui dit : « Je veux vous faire aimer Marly , et pour cela je vous donne la survivance de votre charge pour votre fils. » Ce filsaquinze ans, et estbienfaitet joli garçon. Pendant que le roi étoit à la chasse, on lui apporta une lettre où on lui mandoit de Versailles que M. Fagon avoit été taillé ; que l'opération s'étoit faite heureusement. Maréchal, qui est celui qui l'a taiUé, espère qu'il échappera malgré sa foiblesse et la délicatesse de son tempérament. Le roi, qui aime fort M. Fagon, avoit donné ordre qu'on lui apportât des nouvelles dès que l'opération seroit faite. — Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne étoient à la chasse avec le roi, et monseigneur le duc de Berry y vint de Vei*sailles ; ils revinrent dîner ici. L'après-dlnée S. M. se promena dans ses jardins ; et le soir, chez madame de Maintenon, il fit entrer le duc d'Harcourt, qui demeura plus de deux heures avec lui. S. M. ne pou voit se lasser d^entendre parler du roi son petit-fils, que le duc d'Harconrt loue au dernier point; mais les affaires de ce payslà ont grand besoin d'un roi de ce mérite-là et aussi appliqué à rétablir cette monarchie.
• Le grand-père de Nyert chantoit bien et jouoit eneon> mieux du Mh ; M. de Mortemart, qui dans sa vieillesse fut des dm^pairs de 166S, étoit premier gentilhomme de la chambre de liouis XII 1. Il aimoît la musique , et avoit pris Nyert à lui aux barricades de Suze , que Louis XIII vouloit forcer et qu'il for(;;a en effet. H se trouva de telles difficultés qu'on ne chercha qu*à dégoûter le roi pour le faire de cette entreprise, et on le laissoit même souvent seul les
paiement. Milord Godolphin est fort attiiché à la religion anglicdDe^ dont les principaux ne veulent point ^ guerre, et le roi Guillaume veutsoutenir les presbytériens, qu'on appelle en ce pays-là les wighs, qui lui sont plus dévoués, et il espère que dans le parlement qu'il va assembler il y fera entrer des députés qui seront opposés aux ëpiçcopaux.. On doute fort qu'il réussisse, et nous espérons que le parlement nouveau ne lui sera pas plus favorable que celui qu'il vient de crisser.
Samedi 3, à Versailles, — Le roi partit de Marly à la nuit pour revenir ici. Il avoit couru le cerf le matin et étoit revenu diner à Marly. Le soir ici, chez madame de •faintenon, il y eut une petite loterie des lots qui étoient oemeurés de la blanque de Marly. — Il arriva un valet de ciainf }fe du maréchal de Villeroy, qui mande que les ennemis se rapprochent toujours du lac de Garde et du Mincio. Lç bruit court dans leur armée qu'ils veulent atta- ^^^ Golto , où nous avons trois bataillons et qui est en éfat fie soutenir un siège. On croit présentement que les si^ rr^ille Danois qu'on disoit arrivés à Trente ne marcbent point en Italie. M. de Savoie est arrivé à Turin, et ses ti*oupes qui étoient demeurées sur TAdda jusqu'au 25 dvt mois passé sont retournées en Piémont. Notre arraée ^tst distribuée en différentsquartiers au basdeTOglio. l^ lettres du maréchal de Villeroy sont du 27. — Le roi adoi^néau marquis de Varennes, maréchal de camp, le commandement dans les Trois-Évêchés qu'avoit M. de Biss-y ^ qui vient de mourir ; ce commandement vaut plus de 2o,000 livres de rente, et le marquis de Varennes étoit fort mal dans ses affaires. — Monseigneur alla le matin de Marly diucpà. Meudon et revint ici le soir souper avec le roi . ^manche 4, à Versailles. — Le roi et toute la maison royale alla au sermon dans la tribune en haut, et au sortir du Sermon le roi tint encore conseil, quoiqu'il reûttenu le itiatin à son ordinaire. — Le roi a permis au comte du *^^^g, maréchal de camp et mestre de camp du régiment
royal, de donner ce régiment & son fils, qui n^a qœ diihuit ans et qui y étoit déjà capitaine. — Desnos, chef d^escadre et gouverneur des lies de F Amérique, est mort; le roi a créé son fils lieutenant de vaisseau. Desnoz étoit un homme de beaucoup de mérite et n^avoit ce gouvernement que de cette année ; ce gouvernement vaut beaucoup. Il y a présentement trois ou quatre places de chefs d^escadre vacantes. Le chevalier de Guitaut est lieutenant de rai des lies. Le grand maître de Malte prétend que le roi a promis à l'Ordre que ce seroit un chevalier de Malte à. qui on donneroit ce gouvernement quand il vaqueroit ; mais on ne compte pas ici d'avoir aucun engagement 1^dessus. — J'appris que le roi avoit fait donner à madaïae la princesse des Ursins 10,000 écus pour faire son voyage d'Espagne; elle en a déjà touché une partie. — Tappris que Tévèque de Dol, frère de M. Chamillart, avoit donaé à la duchesse de la Feuillade, sa nièce, quand elle s'est mariée, 20,000 francs; ainsi elle a eu 320,000 livres en mariage.
Lundi 5 , à Versailles. — Le roi ne sortit point de tout le jour; Monseigneur courut le loup. Le soir il y eut comédie. — Le roi a changé tout l'extraordinaire des guerres. Montargis, gendre de Mansart, aura la charge de la Touanne, qui est mort depuis sa banqueroute; il en donne 1 ,200,000 francs. On vend les deux autres charges de l'extraordinaire la même somme ; ceux qui les avoient dévoient au roi presque tout ce que leurs charges valoient, et les 1,200,000 écus qu'on tire de ces trois charges serviront à payer une partie des dettes que le roi s'étoil obligé de faire payer aux créanciers de la Touanne. — Le roi envoie la gendarmerie, beaucoup de cavalerie et d'infanterie en Italie; mais on ne veut point en dire le nombre. On compte que toutes ces troupes, qui sont déjà en marche, arriveront en Italie à la fin de février. L'infanterie ira par mer et la cavalerie passera les montagnes. On songe à faire les recrues pour toute l'infanterie qui est
en ce pays-ià^ d'où Fod ne fera revenir aucun régiment^ q[aoiqu'on Feùt résolu il y a six semaines; et les colonels ont ordre d'envoyer quelques officiers à Lyon, à qui on remettra les recrues qu'on aura fait pour leur régiment.
Mardi 6, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Trianon ; il ne se peut pas encore appuyer sur son pied, mais il n'y a plus de rougeur, d'enUure ni de douleur. — M. de Montrevel envoya un courrier de Liège pour rendre compte au roi qu'il avoit fait arrêter Méan, qui est grand doyen de ce chapitre. On a pris tous ses papiers et on Ta conduit au château de Namur ; on ne lui laissera avoir commerce avec personne. On a pris aussi son frère, qu'on a mis aussi dans le château de Namur; ils ont toujours été grands ennemis de la France, fort attachés d'une inclination particulière au roi Guillaume et gens d'une grande ambition. On avoit intercepté les lettres qu'il écrivoit au gouverneur de Huy pour Pexhorter à ne point obéir aux ordres de l'électeur de Cologne et de ne déférer qu'à ceux du chapitre de Liège. H. l'électeur de Ck)logne avoit donné ordre à M. de Montrevel de l'arrêter; car tout se fait en son nom, et toutes les troupes que nous avons en son pays sont à ses ordres et sont comme troupes du cercle de Bourgogne. On étoit averti que les HoUandois, qui ont beaucoup de troupes dans les duchés de Berg et de Juliers, vouloient faire entrer des troupes dans Liège de concert avec Méan, et M. l'électeur de Cologne les a prévenus.
Mercredi! y à Versailles. — Le roi alla l'après-dlnée se promener àMarly, d'où il ne revint qu'à la nuit. Monseigneur alla dîner à Meudon, d'où il revint de bonne heure, et joua au retour chez madame la princesse de Conty, à son ordinaire. — Le soir, chez madame de Maintenon, le roi trouva bon que je lui fisse voir le modèle des habits des chevaliers de SainirLazare dans les cérémonies, que nous faisons faire selon l'ancien usage justifié par les monuments de l'Ordre, et approuva tout ce que nous
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avions projeté, ordonnant que cela seroii mis dans nos i»egistres pour servir dérègle immuable à l'avenir (1). — Le roi fit donner, il y a quelques jours, 20,000 francs à M. Rosen le lieutenant général ; il lui en avoit donné 20,000 sur le gouvernement du Maine quand Fervaques, qui en étoit gouverneur, mourut. — La marquise de Moy mourut ces jours passés à Paris ^. Elle étoit jEQle unique du feu (2) comte de Broglia, gouverneur d'Âvesnes, et après la mort de son père elle auroit été extrêmement riche. Elle laisse beaucoup d'enfants; son mari a été lieutenant des gendarmes écossois, et n'a plus de charge présentement.
* La marquise de Moy étoit fille du vieux Carie Broglio, qui étoit reou d'Italie sous la protection du cardinal IVIazarin, qui aimoît ceux de md pays. 11 étoit frère cadet du père de celui qui, en 1724, fut fait si étrau* gement maréchal de France , et avoit acquis des trésors dans le gouvernement de la Bassée, du temps qu'on laissoitles contributions aux gouverneurs pour Tentretien de leur garnison. l\ eut depuis le gouvernement d'Avesnes, et avoit épousé une fille du maréchal d'Aumonli grande et grosse créature comme un soldat suissiï, très-laide , et une espècx; de folle, dont il eut cette fille unique. Cette vieille Broglio étoit glorieuse à Pexcès sur sa frontière , et son mari n'étoit occupé qu'à raconunoder ses procédés avec tout le monde. Entre autres manies, elle nevouloit saluer personne » c'est-à-dire baiser, et se conformoit aux filles de France. On s'étoit à la fin accoutumé à ses folies pour Tamour de son mari, et on se contentoit d'en rire. Roquelaure, depuis maréchal , allant joindre Tarmée avec sou régiment , passant par Avesnes, alla avec la plupart des oiliciers chez le gouverneur. 11 étoit duc à brevet et étoit salué par les filles de France. La vieille Broglio lui voulut donc faire le même honneur, et s'en mit en devoir. Roquelaure, qui aimoit mieux rire que baiser la vieille^ redouble de révérence ; elle de s'avancer, lui de reculer, et tant et si bien l'un sur l'autre qu'ils gagnèrent ainsi l'autre bout de la chambre. Enfin Roquelaure^ à bout de
(1) Ces nouveaux costumes servirent pour la première fois le i7 dëcembit suivant, jour de la fête de Saint Lazare. Dangeau garde, comme presque toujours, le silence sur cette cérémonie; mais le Mercure en donne une namtioD détaillée , que nous rapportons en appendice à la fin de cette année.
(2) Dangeau a écrit /eu par inadvertance, et la suite de sa phrase le pnw^e. Cliarles de Broglia ne mourut que le 17 mai 1702,
référenees et ent^re plus de terrain , se mit à crier : « Madame , je ne siiit4u*à brevet; je ne veux point vous tromper. Madame, à brevet, ▼oui d»-je , à brevet, à brevet. » Malgré tout ce brevet il fut acculé et baîsé ; mais cène fut pas sans bien rire, lui et toute l'assistance. Le bonhomme Carie ne letrouva pas trop bon. Il ne tint qu*à son gendre défaire une grande fortune. Il étoit de la maison de Ligne : notre cour a toiyours aimé les étrangers. M. deLouvois eut quelque tempf envie de* lui procurer UD nmg et d'en faire son gendre. Il avoit la compagnie des Kcossois dans la gendarmerie. Cette compagnie qui en est la première y a des distinctmos et des prétentions , et M. de Louvois projetoit de lui en faire comme un régiment fort distingué ; mais il ne répondit point à ce projet , et M. deLouvois connut bientôt combien il s*en seroit repenti, lia débauche, Tobscunté et le mensonge qu'il rendit célèbre au point qu'9 le poussa le jetèrent dans un état fort triste , dans lequel il a longuement vécu et peu servi. Il a laissé une fille , morte sans eufimti , et un fils dont le mariage étrangement fait avec une fille de madame de Mézières a eu aussi d'étranges suites.
Jeudis, à Versailles. — Le roi entendit le sermon, vêpres et le salut dans la tribune ; toute la famille royale y ^it avec lui. Le soir, chez madame de Haintenon, le '^î fit chanter un motet nouveau de Lalan de à la manière italienne et que S. M. a entendu plusieurs fois à la chapelle. Monseigneur et madame la princesse de Conty vin- '^ntchez madame de Maintenon entendre cette musique, V^i est fort àla mode. — Le roi donna uneixînsionde 1 ,000 *<^^s àmadame de Vergetot, fille du feu maréchal de Belle- ">nds, qui en avoit l)esoin. — Le pa[)e déclara, dans un "es derniers consistoires, qu'il avoit résolu d'envoyer de» '^<>nces extraordinaires à l'empereur, au roi etauroid'Es- P^gne pour les porter î\ la paix. I-.e lendemain il fit s^i- ^*>ip que le nonce qu'il avoit destiné pour la cour de * ^iTlpereuréloit m(mseigneur Spada, à présent nonce à ^logne et neveu du cîirdinal Spada, qui étoit secrétaire ^ Etat sous le feu pape ; à la cour de France, monseigneur ^'^schi, archevêque d'Avignon, qui y est actuellement ; à *^ cour d'Espagne, monseigneur Zandedari, neveudufeu ordinal Chigi. Sa Sainteté a donné à monseigneur Gual- ^i^ri, aujourd'hui nonce en France, l'évèchéd'Imola dan s
la Romagne; cet évèché vaut 5,000 écus romains. Onavoit dit que le pape avoit résolu de ne plus donner d'évèchés aux nonces pendant leurs nonciatures , et cela &it voir que le pape est fort content des services de ce nonce.
Vendredi 9, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly . Monseigneur courut le loup , et le soir madame la duchesse de Bourgogne alla le voir chei madame la princesse de Gonty ; elle y joua au brelan avec lui^ et ensuite ils allèrent ensemble à la comédie. — On eut nouvelle que M. de Montespan étoit mort dans ses terres en Guyenne après une longue maladie. M. d^Antin, son fils unique, étoit allé le trouver avant que la cour partit de Fontainebleau. On dit qu'il héritera de plus de 40,000 livres de rente et qu'il trouvera beaucoup de vaisselle d'argent et de meubles. — M. de Sainte-Mesroes mourut ces joure passés; il étoit chevalier d'honneur de madame la grande-duchesse et l'avoit.été de feu Madame, sa mère. — M. le nonce a rendu au roi des lettres de l'empereur qui lui donne part de la naissance d'une seconde fille du roi des Romains. Quand Tempereur et le roi n'ont point de ministres à la cour l'un de l'autre, c'est le nonce du pape dont ils se servent pour de pareils devoirs de civilités; et c'est M. de Callières , secrétaire du cabinet, qui a rendu à M. le nonce la réponse du roi à l'empereur, parce que le roi et l'empereur ne s'écrivent que des lettres de la main. La chancellerie de l'empereur ne veut point donner de la Majesté au roi, et le roi ne veut point que ses secrétaires en donnent à l'empereur quand la chancellerie de l'empereur ne lui en donne point; et l'on a trouvé l'expédient d'écrire des lettres de la main où ils se donnent de la Majesté l'un à l'autre, et cela a commencé en 1663, quand Tempereur envoya demander du secoui-s au roi contre les Turcs. Ils avoient été longtemps sans s'écrire à cause de cette difficulté-là.
Samedi 10 , à Versailles. — Le roi alla l'après-dlnée se promener à Marly ; il s'appuie un peu sur son pied, mais
DÉCEMBRE 1701. m
16 peut pas encore marcher. Monseigneur alla diner à ndon, où il demeurera jusqu'à mercredi. Le soir il y . chez madame de Maintenon musique^ où le roi fut jours. — On a des lettres d'Italie par Fordinaire, qui rient que les ennemis song-ent à faire un pont sur TO-
0 et à prendre Caneto^ que nous ne pourrions secourir s Fattaquoient, parce qu'il est au delà de TOglio à bne ^ard , et comme ce n'est pas un poste bien impor- A, nous y avons laissé fort peu de monde. C'est le petit éoourty colonel d'infanterie^ qui y commande. Notre née est en différents quartiers sur la Delmona , petite 1ère qui coupe le Crémonois ; le quartier général est Sospiro. Le maréchal de Villeroy envoie ici un officier néral qui rendra compte au roi en détail de toutes cho- I. — Le roi a mis M. de Ximenès dans Liège en la place
M. de Montrevel, qui va commander les troupes que «B avons dans le pays de Cologne. Les places de cet chevêche ne sont pas en trop bon état , mais on y traîUe avec beaucoup de soin et d'application. Les Holndois ont un assez gros corps de troupes dans le pays JuUers et font de grandes instances auprès des martrats de Cologne pour qu'il leur soit permis de faire trer de leurs troupes dans cette ville ; jusqu'ici les martrats n'y ont pas consenti malgré les fortes recommantiens que l'empereur fait faire pour cela par l'évéque Javarin, prince de la maison de Saxe et chanoine A k^e, où il est actuellement.
Omanche 11, à Versailles, — L'après-dinée le roi alla sermon et ensuite tint conseil d'État^ quoiqu'il l'eût tu le matin à son ordinaire. — On mande d'Angleterre e le roi Guillaume est un peu mieux et que même il a ! à la chasse. Il y a déjà des députés nommés pour la unbre basse , et Ton croit que ces députés-là ne lui seit pas favorables^ parce qu'on en a déjà élu de ceux qui étoientles plus suspects. — lia déjà passé 50,000^000
1 Monnoie qui y ont été réformés, ou à celle de Paris T. VIII. n
3^ JOURH AL P|£ DAliftBAU.
ou d^ps les provinpas] o\i a établi 4ans Pm« beiuh coup de chapgeç^ ipais op y apporte 4 toun tant 4'^ gept que le peuple a peine A en appropher. -^ )#iQi i donné la pommission de rnestre de camp à Cocfionteiitfi lieutenantHîplonel de oayalane j qui s'étoit fort ^iitingo' a upe petite affaire qu'il y a ^u en Italie. Lp rpi » !»• cordé aussi la même gr^ au pomte da Nmm pOPT le lieutenant-polonel du rég^mept rqyal allemand j 4wt le nom m'est échappé, -r M. de Pontcbartraip vîpt ip* porter le soir au roi la nouveUa que le comte dlMréii étoit arrivé à Naples^ où il a été reçu avec de grandes apclamations de joie.
Lundi i^y à Versailleê. --r Le roi alla se promener Taprès-dlnée à Trianon ; il s'appuie un peu sur son F^d, mais il ne marche point encore . Nosseigneurs les diKi de Bourgogne et de Berry coururent le cerf. Hadanie k duchesse de Bourgogne alla à Heudon voir Monseigneor; elle y joua au l)relan avec lui, puis y fit collation j et reviot ici sur les huit heures. — Il se répandit le soir un bniii que les ennemis avoientpri^ Caneto, où étoit le chev^li^r de IMaulevrier avec cent trente hommes ; on dit mtms que le chevalier de Hauleyrier s'y est défeudu deui ou trois jours. Les ennemis y avoient douze pièces de canoQ. ' Le chevalier de Haulevrier et sa petite garnison loat prisonniers de guerre , et par malheur il n'y a point eih core de cartel réglé. On ne parle point que Imécouriy fût , ainsi il en étoit apparemment sorti. Canetoestranciep Bedriac, où Othon perdit la Imtaille contre ViteUius, et quelque temps après Vitellius y en pprdit une au9Û contre Vespasien. U y a un petit château où il y avoit trois brèches, et le lK)iu»g est tout ouvert.
Mardi 1 3^ à Versailles. — Le roi alla enpore se promener Taprès-dlnée à Trianon, d'où il fait 6ter quelques footaiues. Monseigneur eut un petit dévoiement la nuit à H^Q' don ({ui Tem pécha d'aller à Topera ; madame la prinoesfle de Conty étoit allée dîner avec lui en intention dcletipivTe
ifi, et elle lui tint compagnie tout le jour. — Il arriva mrrier du maréchal de Villeroy ; il est vrai que les mm ont pris Caneto , et toute la nouvelle qui s'en répandue hier est confirmée par ce courrier. Le mail de Villeroy mande beaucoup de bien du chevalier aolevrier; ilcommandoitdans Bozzolo et a voit Tins* on lur Caneto , où nous n'avions que cinquante mes; il reçut ordre du maréchal de Villeroy d^aller âteretd'ymetiireenoorequatre-vingtsoucenthommes, t jugeoit à propos. En y arrivant il trouva que les «nis Tinvestissoient et il se jeta dedans, où il s'est ndu plus qu'il n'y avoit apparence qu'il se pût défen- Depuis sa prison il a écrit au maréchal de Villeroy i mande que M. le prince Eugène le traite fort bien. mreredi ik, à Marly. -^ Le roi , en sortant de table ersailles, vint ici, où il se promena jusqu'à la ni)it. BÎgneur arriva ici sur les six heures de Heudon; son mmodité n'a pas eu de suite. -— Le soir, chez mae de Maintenon , le roi entretint longtemps le chevalier eionsy que le maréchal de Villeroy a envoyé Ici^ pour ire compte à S. H. de l'état des armées d'Italie. M. de nillart y étoit présent. Le chevalier de Besons étoit i de l'armée dès le 30 du mois passé ; il dit que notre aterie est en très-bcm état^ qu'il n'y a point de mali qu'il n'y a point eu de désertion depuis trois mois, ut toiyoursété bien payés; ils ont toujours eu de pain , de la viande et du ris , et qu'enfin elle est bien AS diminuée qu'on ne le croyoit ici ; la cavalerie s'est raccommodée depuis qu'on a quitté le camp du Rago ; d'il y a dans nos troupes une grande envie de comre. 11 croit que les ennemis sont présentement du AS aussi forts que nous; ils ont détaché le prince de iMrcy avec trente escadrons et quelque infanterie et larchent vers le Mincio ; on croit qu'ils veulent faire iége de Golto.
mdi 15, à Marl^. — Le roi, après la messe, monta
M» JOUERAI. DEtAUnCAH
en oalàcfae et aik courre le cesd^ei dlnor ici àfion.ordmaJj^^iMonaeigiiêiif^etTTQioiiieîpipp le duo de Boqrg^ne éioîent à la chasse^ et moûsàpeiir' le duc de Ben?y y vint de VersaiUe-s, — Le roi, amnl qiF de partir pouvla chasse, entretint ossej^ longtemps Le due d'Baroourt sur les afCabes d*Espa^e, — Il ^rnn m eourrier hier au soir de Baroelooe^ où LL. MM. iX, é\oimi encore le 7 de ce mois. On mande que la reijit^ ^t dfl jolie, qu'elle iémoigne avoir beauœup d'atnîtté pur k roi son mari etqu^eUe est présentement fort conkutf; elle détruit bien par sa conduite tous les bruits tpm avoit Jhit courre d'elle les premiers jours de SO0 mr nage. -— M. d^Antiu a écrit au roi pour le supplier df permettre: qu'on exaniinàt la prétention qu'il avoit àb duché d^J^jOrnon ^ et qu^d âeroit bien contant si le rdi le faifloit duc et qu'il abandonneroit la prétention du rauË de cette duché. H. le duc d'Orléans, madami^ la duciiaar d'Orléans, M. le Duc^ madame la Duchesse^ M. du Maiof et M. le comte d^ Toulouse se joignii^ent ensembk, ti k soir après souper j le roi étant dans son cabinet» ils lui pB^ lèrent en faveur de H. d'Antin, M* le duo d'Orléans ff^ tant la parole; mais ils ne trouTèrent pas que leur p^ position fût bien reçue. Monsei^eur éioit présent àcctip conversation , mais il ne s'y mêla point.
Vendredi ±6, à Marly. — Le roi se promena k mib et Taprès-dlnée dans ses jardins jusqu'à la nuîl Le sÀ à la musique, où madame la dncb^se de Bourgogmi presque toujours été durant ce voyage ici , on acheva é chanter un opéra dontle lils de Philidor^ qui n^a pas viiij^ ans, a fait toute la musique. Le roi^ le soir^ ch^ madiine de HaintenoUy entretint durant pins de trois heures IL k duc d'Haroourt. — On a des nouvelles d'Italie par Torfr naire; les lettres sont du 9. Le roi envoie en oS' pi}»^ un plus grand nombre de troupes quVn n'avoit réetkî il y a vingir-deux bataillons commandés et trenle es»drons , et Ton prend pour faire les reeruasde Tinfantaîe
lui est en ce pay&-là quinze ou seize mille hommes des lemiëres milices qu'on a levées. La brigade des carabi- AliBts que commande Aubeterre se joindra à celle dn chendier de Gonrcelles^ qui étoit déjà commandée pour ce pcys^à; Les trente escadrons qu'on y envoie seront cornposés des huit de la gendarmerie , de quatre de carabiitters, six de dragons et douze de régiments qui ne sont |iM0 royaux. Toutes ces troupes y marcheront dès le oom- Ihencement de janvier^ et on compte qu'elles arriveront à là- fin de février.
'-' Sionedi i*I, à Versailles. — Le roi se promena dans ses jiardins à Marly jusqu'à la nuit, et puis revint ici. Hon- 'Mgneiir courut le loup. — Le roi donna une pension 4crl,000 écus au chevalier de Broglie , mestre de camp de 0avalerie et qui sert il y a longtemps. — On mande de fiondres que le roi Guillaume a retombé dans Tétat où il àvmt été en Hollande quelques jours avant que d'en partir; ces fréquentes rechutes feront faire des réflexions feBges aux Anglois et aux Hollandois^ dont les intérêts ne ■sot pas de commencer la guerre. Cependant les HoUandoîs ont fait entrer quatre mille honmies dans Cologne da consentement des bourgmestres. — On agite fort la question s'il est à propos , pour le bien des affaires, que le roi d'Espagne passe ce printemps en Italie pour n mettre à la tète des armées ; les avis sont partagés, et il y a beaucoup de bonnes raisons de part et d'autre. On agite fort aussi quand les galions seront arrivés, qui veviennent fort richement chargés, si l'on doit retenir tout l'argent qui en revient aux Anglois et aux Hollandois, 6t les avis sont partagés sur cela comme sur le voyage du foi d'Espagne en Italie. Ce sont choses qui méritent d'être fort examinées, et l'on ne songe ici qu'à prendre les partis ssges et justes en toutes sortes d'affaires.
.'tJKtiMiM&a 18, à Versailles. — Le roi entendit le sermon ^SDB la tribune ; il ne descend point encore en bas, quoi-
ipill commence un peu à marcher. Monseigneur et toute
à ^\iitdliqgf« «a IMS.
— Le roi pritmMtGiaaiitU
il a «eeoottmié da bire lo* eoanit 1© loopk
mmim H tr\im% fow k «c»Mnl, Le «w il y eui oam^ oà alU ittiyfaiit k dnelKB& ^ BoofgQgiM mwm Mon» «menr, — iNi«Mt neiier du ouod à k redoote oA no* tr»vmiUoM m^gH d» Sm de GAod avec ordre da lotf sur k pki^ ^ ks Hnlkadciiii iMomiiMflWiit à tirera BN» tnrmîUefin; mats ûq n'a pas d^avia qu'ils aintoietinii€ de Ijpe^r: il panÉt méiiiequHb veoleot ootr*» ii^oeiatiM kdcaani — Ou a arâ par des kllra <)«
DBCEMBllI': ItOI. 268
marthandê que le chevalier de Coétlogon^ qui escorte les gdloiwij à paftt & la hàutëût des Açores avec Un vetit fartikvdtable, et dn le cfoit bien {irès d'E»pagtië préseiiteiMttt; 11 n'y h que cltiq cents lienes tout au plus des Aforei à Gadljt. Le comte de Ohàteau-Renaud avec treute fdssëÉitiJi «si allé au-devaut d^etut, et il pat*olt que l'ien ne tes peut cmpêchei* d'arriver heureusement. On cotlipte que les galions sont chargés de plus de quarante millions d'éclis^ dont il y eu a presque urt tiers pour les mat'ohands anglini et hollandois, un tiers pour les François et les Génois^ et Vautre tiers pour le roi d^ps^ne et pour ses
Mardi 20, à VerHdlles. — Le roi, dont la goutte dimintieloQs les Jours, alla tirer Taprès-dlUée, et au retour de la chassé il entra chez madame la duchesse de Bourgogne, (fttitiêtattlltavec Une grosse fluxion dans la tête et un peu dé fièvre ; il y t^touma encore après iWtiper , mais on croit qiw cette fièvre n'aura point de suite. — M. Fagon, (jui est ati vlâgtième jour de son opération, commença à se l«tef et on le croit hors de danger tfaalgré sa grande feiblesse, qui est ce qu'on a toujours le plus craint dans «Ml mal. — Le roi commence à faire payer les dettes de feula Touanne; on en a déjà acquitté pour 1,250,000 francs, et l'argent commence à se remettre dans le cominefce. — Mademoiselle d'ElbeUf, fille du duc d'aujourfhui, mourut à Paris de la petite vérole. Elle étoit belle îtbien faite, eu âge d'être mariée, et le duc d*Ell>euf û*avoit que cette fille-là, et il n'a qu'un fils ; sa fille n'avoit î^niaisparu en ces pays ici. — Trois ou quatre officiers fc la gendarmerie ont demandé presque en même temps l»e défaire de leurs charges, les uns par maladie, les wtres par le mauvais état de leurs affaires; mais comme Is ne se sont avisés de cela que depuis que la gendarnerie est commandée pour l'Italie, cela n'a pas laissé de 'éplalre ; mais cependant le roi leur a permis de vendre.
Kêttreâi Si, à Yersailles. -^ Le roi alla tirer Taprès-
DÉCEMBRE 1701. 3<tô
talogneponrretoumeràlladrid ; mais on croit qu'elle s'arfêtera assez longtemps à Saragosse y et Ton ne doute pas qae les États d^ Aragon ne lui fassent un présent beaucoup plus considérable que celui des États de Catalogne. On mande qu'il est encore plus aimé en Aragon, s'il se peut^ qa'en CastiUe. On est très-content de la jeune reine; le rai Taime fort. La princesse des Ursins fait toutes les fonotions de camerera mayor^ et l'on ne doute point que oelte charge-là ne lui demeure. Le roi d'Espagne e^ trèsappliqué aux affaires. Le comte de San-Istevan, qui Fa sÛYi dans ce voyage^ est celui de ses ministres en qui il parolt avoir le plus de confiance; il est en grande liai- «m avec le cardinal Porto-Carrero, ainsi il y a apparence qu'il y aura beaucoup d'union dans le conseil.
Fmdre^jj 23y à Yer$aUlts, — Le roi ne sortit point de tout le jour. U tint conseil le matin^ quoiqu'il n'ait point aoooutiuné d'en tenir les vendredis ^ et il n'y avoit à ce conseil que M. de Beauvilliers et M. de Torcy, parce que M. le chancelier et M. Chamillart n'étoient point ici. L'aprèg^née S. M. s'enferma avec le P. de la Chaise; il se confesse toujours la veille des jours qu'il doit faire ses <l^votions. U vint plusieurs fois dans la journée chez l'ii'adame la duchesse de Bourgogne, qui garde encore le ^'> et, quoiqu'elle n'ait eu que deux jours la fièvre, eUe ^ presque aussi abattue et aussi changée qu'après sa S^^de maladie. Monseigneur s'enferma aussi avec le P* de la Chaise et se confessa pour faire ses dévotions ^l^QUdn. — On a des nouvelles de notre armée d'Italie du 13. Nous avons fait un pont sur le Pô à Casal-Haggiore , ^H. Âlbergottiy maréchal de camp, a déjà passé cette civière avec quelques troupes. M. le maréchal de Villeroy 1 envoie par ordre du roi à Parme et à Hodène pour de- '^^^iider à ces princes-là des quartiers pour nos troupes "*û8 leur pays , ce que nous avons lieu de croire qu'ils ^^Us accorderont. Les Impériaux sont toujours de l'autre ^té de TQgliOy occupant différents quartiers depuis Ga*
26« JOURNAL DK DAMOEAU.
ncto jusqu'à Borgoforte , qui est slir 1« Pô ^ et où Ton di^ soit qu'ils vouloieilt faire un polit ; mttls p«r letAoufilles d'aujourd'hui on apprend qu'ils n^y travailleilt pmnt^ el il y a plus d'Apparende, s'ils veulent passer le PÂ^ qa'ih feront leur pont A Ostiglia^ qui est par delà le Minm.
Sùtnedi %k, à Vêr»ûillêê. -^hô toi alla A Tépres elpiù s*enferma avec le P. de la Chaise pour faire la diilribih tion des bénéiioes. Le soir il fit collation de bonne heure et alla en haut A la tribune^ où il entendit matinel elln trois messes. Il avoit fait ses dévotione le matin etaroit touohé les malades espagnols et italiens qui étolent Ici, mais il neiouoha point de François. Monseigneur fit wm ses dévotions le matin. Le roi avant Sa collation alla cbes madame la duchesse de Bourgogne, qui se porte considérablement mieux. — Le roi a donné Tévéobé de Die, qui vaut 14,000 livres de rente, A l'abbé de Gosnae> ageutdn clergé et neveu de M. rarchevôque d'Aix; on croit qtw l'agence du clergé sera donnée A l'abbé d'Herbaut, frère de d'Horhaut, intendant de la marine. Madamede Hortiay, abbesse de Meaux, a été obligée, par sa mauvaise santé, de se démettre de son abbaye, que le roi a donnée à une madame de Poissy, fille du président de Maisons. 11 y a une petite abbaye de 2,000 livres de rente donnée au grand vicaire de M. l'évèque de Blois. — Par les dernières lettres qu'on a eues de Londres, il parolt que la de^ nière rechute du roi Guillaume a été fort courte et peu considérable, et qu'il se porte moins mal qu'il ne se po^ toit quand il partit de Hollande. — M. de Chemeratilt, maréchal de camp en Italie , a eu permission d'en revenir et est arrivé à Paris; il n'a pas encore paru ici.
Dimanche 25, jour de Noël, à Versctilleê. — Le roi et toute la maison royale assistèrent A toutes les dévotions de la journée. Madame la duchesse de Bourgogne est teul A fait rétablie ; il ne parolt quasi plus qu'elle ait été malade. — 11 arriva avant-hier une petite affaire A M. de Lauzun ches madame la duohesse de Bourgogne, qoi
DECEMBRE ITOl. MT
éfant au lit. 11 avoit suivi le roi et étoit entré aveo lui dans la ohaoïbre; l'huissier Ten fit sortir^ et comme H. de Lauzun a les entrées des premiers gentilshommes de la chambre ^ il est même le seul en France qui les ait^ il s'est plaint au roi^ croyant que oe que T huissier avoit fait etoit par Tordre de la duchesse du Lude. La duchesse dU Lade» de son côté^ a pris Tordre du roi de ce qu'elle avoit à faire en pareille occasion ; le roi leur a paru à Tun et àTautre^ qui lui ont parlé en particulier, oontent de leur conduite^ et a réglé que M« de Lausun devoit entrer quand les gentilshommes de la chambre entroient, et csela ches madame la duchesse de Bourgogne comme ehes lui ; ainsi il a tout sujet d'être content du sucoès de cette affaire. -^ Le roi d'Espagne lève une compagnie de cent mousquetaires à cheval; il en donne Tenseigne au frère de Louville, qui est capitaine ici dans le régiment du roi> et on croit que S. H. G. prendra le comte d'Ursé pour commander cette compagnie; le comte d'Ursé est Flamand et revient présentement d'Espagne, où il est en bonne réputation.
lAiHdi â6, à Yenaillês. — - Le roi alla Taprès-dlnée à la chasse. Monseigneur, après le conseil, alladiner à Heudon, où il demeurera jusqu'à vendredi ; madame la princesse de Conty est de ce voyage avec plusieurs dames. -^M. de Siroiane a permission de vendre sa sous-Iieutenance de gendarmerie, qui lui coûte 100,000 francs. Le fils du marquis de Renty avoit eu Tagrément pour Tacheter, mais H. deHenty,sonpère, ne s'étant pas trouvé en état dedon^ ner cet argent-là, le roi a trouvé Ixm que M. de Tilladet, frère de Fimarcon, colonel de dragons, achetât cette charge; il est enseigne de la gendarmerie aussi bien que M. de Renty. — Les HoUandois ont demandé d'entrer en conférence sur ce qu'ils ont fait tirer le canon du Sas de 6and sur nos travailleurs qui achèvent une redoute que les Espagnols font assez près de cette place-là ; on avoit eu qualqne envie d'y faire mener du canon et de tirer sur
368 JOURNAL DE DAlfGEAU.
les HoUandois aussi ; mais on a jugé pins à propos d'entrer dans la conférencequ^ils ont proposée snr cetteafEaîre, pour laquelle ils envoient un député à Braxellei. — M. le cardinal de Furstemberg avoit demandé un ooadjnteur pour les abbayes de Stavelo et de Halmédy, dans l'espérance que les moines éliroient le comte Ernest de Lowenstein^ son neveu ^ que tous les moines pârcHssment souhaiter; mais^ contre son attente et la nôtre^ les moines ont élu le prince Charles, frère de H. de Lorraine, pour qui l'empereur a fait de fortes instances.
Mardi 27, à Versailles. — Le roi donna le matin audience à M. l'ambassadeur de Savoie, qui lui présenta le marquisdu Coudray, capitaine de la première compagnie des gardes de M. de Savoie , que S. A. R. a envoyé ici pour assurer S. M. que dans le mois de février prochain ses troupes, au nombre de dix mille cinq cents honunes, et lui en personne seront prêts à marcher pour retoumep joindre notre armée d'Italie; il s'engage plus que jamais au roi de tenir le traité qu'il a fait avec la France et FEspagne. — Le roi alla tirer l'après-dlnée. Monseigneur fit une battue à Heudon pour donner le plaisir de la chasse aux dames; il devoit aller à l'opéra et les y mener, mais il a remis à jeudi, parce que madame la princesse de Conty est un peu incommodée. — On a des nouvelles de notre armée d'Italie par l'ordinaire, qui sont du 19 de ce mois. Les Impériaux ont passé le Pôsur un pont en deçà d'Ostiglia et par delà le Hincio et ont fait passer aussi quelques troupes sur des radeaux à Borgoforte en deçà do Hincio ; et ces troupes qui ont passé le Pô se sont emparées de Guastalla, qui est au prince de ce nom, de la maison de Hantoue , et qui a toujours été fort attaché à l'empereur. Nous avions déjà fait passer le Pô sur notre pont de Casal-Maggipre à trois mille hommes commandés par Albergotti, qui sont entrés dans le' pays de M. de Parme ; ce prince parolt fort dans nos intérêts et fort ferme dans les engagements qu'il a pris avec nous.
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Mercredi 28^ à Versailles. — Le roi ne sortit point de toat le jour ; le vilain temps et la neige qui tomboit en abondance lui firent changer le dessein qu'il avoit pris d'aller se promener à Trianon. Monseigneur le duc de Bourgogne alla diner avec Monseigneur ; madame la duchesse de Bourgdgne y alla Taprès-dlnée^ y joua avec Monseigneur^ puis y fit collation^ et revint ici à huit heures. — 11 arriva un courrier du maréchal de Villeroy qui apporte des lettres du 22. Ce maréchal mande que notre infanterie est en bon état et en de très-bons quartiers ; que la cavalerie se raccommode extrêmement ; qu'il attendra patiemment les troupes que le roi envoie en ce pays-là ; que les ennemis occupent toujours Tautre c6té de rOglio; que nous sommes en deçà et presque vis-àr vis de tous leurs quartiers. Ce courrier confirme ce qu'on avoit dit des ponts des ennemiis sur le P6 et des troupes qu'ils y ont fait passer; que M. le duc de Parme, s'étant plaint des désordres que les Impériaux avoient déjà commis sur ses terres, en avoit demandé réparation et menacé de se déclarer ouvertement contre eux si on ne la lui faisoit promptement, et que M. le prince Eugène avoit fait rendre tout le butin et promis de faire payer tout le dégât. Il y a des lettres qui portent que H. de Parme nous a remis Plaisance ; mais comme cela n'est pas dans les lettres du maréchal de Villeroy, cela mérite confirmation. Ou dit que M. le duc de Modène a fait mettre quarante pièces de canon sur les remparts de Brescello.
Jeudi 29, à Versailles. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly et trouva les travaux qu'il y fait faire fort avancés. Monseigneur devoit aller à l'opéra à Paris; mais madame la princesse de Conty s'étant trouvée incommodée , il n'ira point avant Marly. Madame la duchesse de Bourgogne répéta chez elle une tragédie qu'elle doit jouer avec M. le duc d'Orléans, le comte et la comtesse d'Ayen^ mademoiselle de Melun et quelques autres
f?0 JOUBMAL M DAROEAU.
aeteun; cette tragédie est AhÊOlÊm et a été faite par un nommé Duché, -r- U y aquelqwaYÎeiiicbrigadûndeoavaterieqni avoîaot demandé pemiÛBOB de vendièlaim xégimento; le roi ne Favoit puant iroate ponnattia Jm» qu'à ce que tous les mestrea de eamp léfmiiiii fMMft% remplaeés; mais comme ces vieux farigadiera ne peaivnf plus servir^ et que pendant la guerre il but des meitiii As campa la léte des régime nts^ 8. M. trouve bon que MM. Ac Lagnyï de Sibourg et du Pleesis se déCsaaent, et a doimë l'agrément à M. de Renel^ fils de Renel, mettre de esnap général de la cavalerie, qui fut tué à Gambray, d'acheter le régiment de Lagny ; à M. d'Espinchal , lieutenantcolonel du régiment de Sibourg^ d'acheter le régiment de Sibourg 9 et au chevalier de Mérinvilley capitaine des ctrabiniers, d'acheter le régiment du Plessis. Il est mort un mestredecamp nommé Wilte, beau*frèrede Praalini doot le i-égiment sert en Italie, qui n'est pas enoore donné.
Vendrtdi 30, à Vênaillêi. -««* Le roi après -son lever donna audience au duc de Chevreuse. S. M. a trouvé boa qu'il se démit de la charge de capitaineriieutenant des cbevau-légersde la garde en faveur du duc de Montfort. son iils et mon gendre ; il étoit le prenûer des quatre oo^ nettes de cette compagnie, et depuis quatre ans le roi avoii ti*ouvé bon qu'il Ût le détail de cette compagnie. La charge vaut 25,000 livresde rente, et le duc deChaulnes, de qui le duc de Chevreuse Tavoiteue, l'avoit achetée du duc de Noailles 5^0,000 francs. M- le duc de Chevreuse en avoit refusé sept cents de gens qui en auroient pu avoir l'agrément, et il la cède pour rien à son fils. Il lui busse même à vendre la charge de cornette, dont il tirera environ 100,000 francs. Par là Imécourt devient premier cornette eta 1,050 livres plus que les autres cornettes, qui n'ont que 1,000 écus, — I^e roi alla l'après-^linée se pro* mener et voir le roi et la reine d'Angleterre à Saint-Germain. — Le roi donne des pensions à trente ou quarante officiers de l'aimée d'Italie qui se sont distingués cette
ogmpagna et q[uplqii0s brevets de rnastpe de ciunp à des lîauiep aate-oQloiiel^, entre autres ^ Coulangesi lieutenant
Q^lopeldu f^ J'apprisquele comte de Boselli, qui se
•anva Uy a sii^ moi^ de la Bastille^ où le roi Tavoit fait mettre à la prièrq du roi Guillaume, mftis dont le rm nV voit point eu sujet de se plaindre, avoit eu Taffrément de S. M.^ il y a déjà quelque temps, de lever en Italie un régiment de dragons à ses dépens ; ce régiment sera presque tout rempli de bandits et servira dans notre armée à lieu près comme les huasards servent daus Tarmée de rempereur, — - Notre inianterie destinée pour Tltaliedoit pfurtir de ses quartiers le 7 de janvier ; elle s'embarquera aiurle Rhùue à Lyon, et sur mer à Toulon ou à Antibei. La cavalerie et les dragons partiront de leurs quartiers I0 8 i la geadurmerie le il ; elle sera payée, avant que de partir, jusqu'au t&, et quand elle sera arrivée à Lyon on l90v pftyera le reste de janvier et tout le mois de février. Ile ont ordre d'y laisser quelques officiers subalternes pour y attendre les recrues qui n'auront pas été faites et les traiqeurs qui n'auront pas pu suivre. — Le chevalier de la Vallière a l'agrément pour acheter la sou»-lieuteoance de Blaincourt, qui n'est plus en état de servir et qui va se faire tailler.
Swfikfdi 31, à VtriaillBê. — Le roi allaraprès-dlnéese promener àTrianon^ où il fait toujours faire quelque em« bellissement nouveau. Monseigneur revint hier de Meudon avec madame la princessede Conty, et le vilain temps Ta empêché de sortir aujourd'hui. Madame la duchesse de Bourgogne se trouva un peu incommodée et gardlt le lit toute l'aprôs-dinée. — On a eu nouvelle, par un courrier du maréchal de Boufflers, que M. Télectaur palatin ayoît fait arrêter à Dusseldorf quarante bateaux diargés de munitions de guerre et de bouche que le roi envoyoit à Kaiserswerth ; jusqu'ici il avoit laissé passer UMUii9DU]( qu^on y avoit envoyés^ attendu que l'on est enccN» en paU, et l'on croit que ce sont lesHollaudoisqui lui
17t JOUBNAL DE DANGEAU.
ont fait faire cette dernière démurdie ici, qui est uebfraction à la paix. — Madame de Saini-Pienej eaae eoichant , reçut une lettre de madame la dachease d'Méans par laquelle elle la prie de vouloir reoeTOÎr d'eUe, pour marque de sou amitié, une pension de 1,000 écus qa'dle lui fera payer par avance.
Pendant le cours de cette année le roi a toujours tenu lesconseilsd'État, comme les années passées, ledimaoche, le lundi, le mercredi et le jeudi; à ce conseil il D>Qtrf que Monseigneur et les ministres,, qui sont : M. de Beanvilliers, M. de Torcy et M. de Chamillart.
Les mardis et les samedis il tient conseil de finances, où entrent Monseigneur. M. le chancelier, M. de Beauviltiers comme chef du conseil des finances, M. de Chamillart comme contrùleur général. MM. de Pomereu et Daguesseau comme conseillers du conseil royal des finances, MM. d'Armenonville et Rouillé, directeurs des finances, qui sont des charges qu'on leur a créées celte année, et les conseillers d'État ou maîtres des requêtes qui sont chargés de rapporter les afiaires.
Les vendredis le i\>i travaille a^^ec le P. de la Chaise. son confesseur.
Les lundis, de quinze jours en quinze jours, le roi tient conseil de dépêches pour les affaires du dedans do royaume ; et à ce conseil entrent monseigneur le duc de Bourgogne et tous les secrétaires d*État qui rapportent les affaires de leur département. Monsieur y entroit aussi.
Outre cela, de quinze joun^ en quinze jours, et d'ordinaire les samedis après diner. le roi tient conseil pour les affain?s des religionnaines. et tous ceus qui entrent au conseil des dep^^hes y entrent.
Les lundis après diner le roi travaille avec M. Pelletier au\ fortification^ : et pnesque tous les soirs il trn-
JUeohez madame de Maintenon oa avec M. Ghamillart
mr les affaires de la guerre ou avec M. de Pontchartrain
mr les affaires de la marine.
Les conseils du matin commencent au sortir de la
Bsse, qui est d'ordinaire à dix heures, et durent jus-
'au dlner^ qui est d'ordinaire à une heure.
On entre tous les jours dans la chambre du roi à
T. viii. is
APPENDICE A L'ANNÉB 4T01.
F^E 'deSaimt-Lazabi ceubbbe pak lu outaluis m aT
ORDRE, AVEC UftR DESCRIPTION DE LEUR8 NOUYBADE HABlTb ET UN DÉTAIL DES CBRÉMOl^IES QVl SK PEATIQUEM E> CES OCGASIO>S.
V Le samedi 1 7 de ve mois , les chevaliers de Tordre royal , militais et hospitalier de Notre-Dame du Moiit-Cannel et de Saint-Lazare de Jérusalem, (|ui avoient tenu chapitre le jour précédent dans une dos salles de Tabbaye de Saint-Gi^rniain des l^rés , célébrèrent dans IVglise dtcette abbaye la fête de saint Lîizare , patron de leur ordre. CetU» itrémonie m'a paru si singulière et si digne de votre curiosité que j'ai cru ne devoir pas oublier de vous en parler. Je vous ai plusieiin» loi> i»ntretenue de eel ordre militaire qui a donné la naissance à toiis h^ autres et que \v roi a rétabli dans sa première splendeur. Je vous lis part au mois de juillet dernier d'une ode latine sur ce sujet coniposéi' [>ar M. l'abbé Boutard, traduite par M. Tabbé du Jarry et adressée à M. le marquis de Daugeau^ qui soutient si bien toute la dignité de l'Ordn* (1 .
(1; Voici la traducUon en vers par l'atibé du Jarry de cette ode adresitt^' j M !•marquis de Dangeau :
C'ttst la religion qui dans les grand(>ii ânie?>
S<^ne de la valeur let» immortelles flammes.
^)ui forme sps hén)s k di» chrf^tini'^ rxploils
Kt consacre leurs mains à défendre ses droits.
Je l'ai \ lie au milieu de 6i's plus saints mystères
<iraver sur des guerrier» ses divins caractères :
Kt le pomjK'uv concoure d'un i»nlre glorieux
Dans un temple sacré s'(^i offert h mes yeux.
Ci's athlètes dressés |Kmr une sainte guerre ,
(^ui du plus noble sang n fait rougir la terre.
Enrirhisde In Ci-oix. découvroient .sur leurfrtmt
L'ardeur qui dans Solyme en ré|»ara l'affront.
A leur côté brillojt l.i redoutable épé<>
Par «lui de rottoman raudnœ fut frappée ;
Kt d'ornemenis sacrés en ce jour revêtus.
En étalant leur gloire, ils niaripioient leurs vertus.
Lrurs soupirs redoublés d;ni> un humble silence
Font au i:icl une douce *'t siinlf* violence :
El les griiouv flérlii«i, parmi d<'s vieux pressant.
lis en mèh'ul l'odrur nu parfum de l'cnrons.
lu frappes mes rrgards dans cette Iroupi; illuKlnv
Dangi'.in. doiii li* mérite cnn'hausMt» !<> lustre.
APPJSlfDIGK. tf«
id msûite^ def^ qu'il a étéoonuné |Mur le roi et coulinoé par Im d'innooeot XU, u*a point cessé de pourvoir à tout ce qui l relever la gloire des chevaliers dont il t^t le difpie chef. Kon
£l «l'iiu riche appareil la bhllante «plenUeur Du haut rang ifiie tu tien» dérouvre la mnmk'ttr. Cet pieni chefallcrt à l'envi font pirollre Le déftir d'imiter un chef digne de Tètre , Qui dau» an champ fécond en célettes lauriem Du véritable honneur leur ouvre les Kntleri. Sous son auipice hennuK la troupe renoafdit* De ses augottti viiilx la |)onipr solenneUe. Ut}k brûlant de vaincre , ils consacrent leurs bras A la gloire da Dieu qui ^éfflde aux combam. Leur iileuse ndeur, qu'anime ton exeni|de, l*arolt SLTtic effort ca|)tliiT dans le teiii|>le . Kt doaut Ict MlHs fait éclater l« fer Qwî rraiiil enoore ByiaiMf' et redoute l'enfer, l'rvts (1(> porter pour Dieu de glurieufios chaînes Kt de lui prodfgiMrr f<mt le mng île knirs Trines . Jp crois les ?olr, poBS>és d'une wrinle fureur. Dans un climat affreux ré|iandrp la terreur. Kt. d'un barbare sang tes mains em'ore teintes . Y laisser do la iTOix les Images empreintes : Tant est tlve , Dangeau , la martiale ardeur Qui du feu de tes yeut liasse Josqu'h lenr ciiiir. Tout If i>euple applaudit à ce pompeux spectaHe : S(Mt (luu ta digmr toix , qni leur tient Heu d'nrarle, Lr<i instruise avec sein de lem^ sévères lois ; S4»tt que ta noble main leur présente la croix , iHiiii \o. brillant émail semble offrir à la vui* 1.4- vif axur du ciel dont eHe ett deteendue t Ou que le saint baiser, t>nibole de la ptix . Marque <run sreau sirré le don que tu leur fai*. I^in de ce corpa qu'anime une \Trttt dl\liie Oui dont «i sang obscur a caché l'origine , Ou qui . portant un nom des temps victorieux , Jusipie dans le icmibeau font rottgtr leurs aïeux, Kt dans l'oisif re|ios d'une noMe hidolcnce Traînent des jours |ienhis, honteux I lonr nalmanne. C'vit la seule vertu, jointe à l'érlat du tang , Qui tracY le cbimln k cet iUustrc nng. Quand au pied des autels cen guerrie4'» se rasuuabient . f :'i*st iKHir s'associer ft ceux qui leur ressembtcnt , Qui se sentent |iouisés des nobles Houvemenls , Ikiut la viiï do la gloire enflamme ses amants, Qu'aiûme d'un l>can feu l'ainiurde la palrir . Dont la race n'est |M)int |»ar le vice flétrie , Qui font voir dans leun* muMirs une juste cantlenr. fcf tir la pl<M«* ikirtout M-ment l'otieur : Titrt'N dans If^ héros difiurs «|U*on le* révère Plu» que d*mi nom fameux l'édat héréditairr.
lA.
276 APraSUDlGK.
coDtaitd*a8siirer leurs anôeiispriTflégei, iadifiiipnfal wm Fusagede leiin andens habits, dont la i^nre iTtit rmmuhmm tableau qui se Toit encore dans la eoinnuDdniedeGialtaMBl,ctiié>
O uiot Ordre,
Kxtc le naai i
De b religion le wipirt et b gloire
r.tde trail
Li> ]Hjutiln rwnniw ,2j ■roooiéi far la nw «S
Itr- kun <kii» à rcs^i TorBèra
soibdr» Uiit» coottoé» à de |
Sa ckuité irudoit In plw IcBdro oOtoet
\WK dirHirm attira en cet aopHle lie*
«Hi l'noU sur b croix le «uns «le TBommÊt-Dèm.
rm %o<vafoear l^ie ?<i«lagfotept le» ■irtrb . Et préaniloicBl pactuat des jûlei ovictto un maladei rrranl». de b lr|ire comcrb^ Ha» hicntôc de» aaleb dercBH b dtfcMe . en SBenien giÙMJCMi en ont YC^gé r< Ont Um à bar scoowt on les a tv» Tobr. An fer do Otlnmin» UMI priti à siiiMoier. Et In forcer d'onmr le* porta de Soifoe An pèlerin conlnt «|ni va | Le Ajgitiin nyDefoiipar knn i DM aide if ans a vn roogir k» 1 Lenr vaiearparb arte an oooftnts aHnér ■cèrra In rcaparts qne kâm PInMnifa (V : MonnaxnU dont b fioire étcnbant lev» fats AU taitn de rÊgLie a gnrê knn bienfaits C'est auM qne. inininl dan» ai dwat baitec» . Cet ordrf répandit k &aini noa tb Laaaie. La 4<nl a lait gnmBr dan» k aoode ckf^tin Tant d'onlm. dont Indat raMovclk k «a . Et dont an 6cr CnwwMil k» iktose» CaLa^ ne b relipi« froaaawnt k» annaks.
EVont ai iKtk a korî In i
Pendant rct^krtÉanti
(Hfre an tmnirm iii—ti l'aïAe de aon <
EL qnaad un tnoc dn anamaentircUart.
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Tel cet ordre onobl. par a lise i
IV b IboAn «octtt tfirMe a Solpnn
t t*««fbr «e AkMI-Lâurr vfta^k ats- ko frtmktt*^ <ircb« Or I KflOr. r CmAtm i^ hn telln 0«^ po^e* «ifXMCrr 1%. IV IV. un«m lUl ccM* t tl OMbIf en kMAtHK o» eapow» ^i«nrftl et 4e Nt b» i^ ibiltf' . PMrvatar m %<rr. « •* «f PVwrft^. i -.-«f wc k« l^dHr* par k* ri^»'^ *
APPENDiCK. tfl
H un chapitre général, qu*ils le porteroient les jours de oérépour les foire souvenir de sa piété et de la valeur de leurs prèirs qui Font porté, et rendre par ce moyen la pompe plus . En effet , elle n*a jamais eu tant d'éclat ni plus de majesté. 1 jugerez par le détail que je vais vous en foire. s tête marchoit l'huissier de rOrdn* vêtu d'un justaucorps de
Malte , où Rhodes renaît , ronr d'airain où se iNiae
Le torrent forieax qui menace rÉgUte»
Qni do captif chrétien rompt les Indignes fers.
Du pirate cmel purge les vastes mers
Et remplit de héros la flotte triomphante '
Qui remporte le prix au combat de Lépante.
Mille athlètes sacrés , défenseurs des autels ,
De cet ordre célèhre ornement» immortels ,
De leurs illustres chefs suivant les saints vestiges ,
Pont refleurir encor ces glorieuses tiges ,
Et couronnent leur front d'un honneur étemel (1 ).
Recevant dans leur sein les guerriers du Carmel :
Tel un fleuve pompeux, en arrosant les plaines ,
s'enrichit du tribut qu'apportent les fontaines ,
Kt. suivant les détours de son lit tortueux ,
Grossit en s'avancant son cours majestueux.
l/invmcible Henri d'immortelle mémoire,
De ces deux corps fameux réunissant la gloire,
Par des vurux solennels leur imposa la loi
De défendre toujours la patrie et la fui.
NéresUng ['i\ le premier à ses serments fidèle.
Dans un combat sanglant victime de son lèle .
Hérita par sa mort ce triomphe si beau
^i couronne un vamqueur dans le sein du tombeau.
Dangeau , tu fais revivre eu i^ette illustre place
O héros que tu suïm avec ceux de ta race.
IxNiis offre à nos yeux ces deux ordres uniit ,
Dans leur premier éclat par tes soins réUbU».
lu sais les maintenir dans ces beaux privilège»
^'osèrent violer des abus» sacrilèges t
c>n te volt consacrer par des usages sainte
l>e dépôt des trésors confiés à tes mains :
Montrer un ccrar de |>ère à l'HUistre JenneMe /3'
Qu'au rang de chevaliers élève la noblesse ,
Les former aux beaux arts comme aux |»las grands emplois
Et de Louis enfin Justifier le choix.
'en ée Notre-Dame da Mont-Caraei, ïmmmt par Heori IV H aal à l'ordre et urc raa isos.
Iftert de Nérestang, grand- naître de l'ordre de Salnt-Uiare, caplUlae des nrdes éc Henri IV, fut toè dans un combat donné près da Pout-de-Cé, o* Il co—sndsH
Bvcl cUbUMement de Jeunes ffentllshommrs élevés dans les eierdees de la uo- •r %t* sotns du grand maître de rordre.
278 VPPEWDM>:.
dru|i aiuuraiiU' vl portaul sa inosM^ Il avoit uik^ <:rui\ cii iuéd«He,Kto^béo iMi' une chaîne à lu Lmutouuière (*oiiinio U^ frères sen-aoti. ht héraut de rOrdre le suivoit ayaut une cotte d'aniM» de vclonn Um amars^te doublé de aatiii voit, bordée d'or et chaiigée devant , dniM e[ '«ur les deux inauches d'un cartoiH'iie aux armes de TCMrl U y ml ôerit eu lettres d'or au bas de i^ maucrhes, d'un côté : Orén de NoIrB' Dame du yfont'Carmel^ et de l'autre : OrdredeSaint'LazareétJé ntsalem. Il avoit une toque du même velours et de la même avec ime aigrette noire açcompa^ée de deux plvunes. Tune 3 ei Fautre verte. 11 portoit en main un bâton «louvert de veloun «i» rantc aux chiffres de l'Ordre , avec des flmirs de Hs semées , en brod^ rie d'or.
•t Immédiatement après le héraut , paroissoieut les élèves de l'Orév en habit court amarante. Vm sont dit jeunes fi^entilshoinnies, issus des meilleures maisons de France, que M. le grand maltn> Îtâx élever d»s les exercices convenables à la noblesse et qui sont comme une pépiniw de chevaliers, dont la religion et TKUt tireront un jour nu grand sr- «•ours.
Knsuite s'avancèrent les no^ic4»s de l'Ordre qui dévoient l'utrerff jour-là dans le corps des chevaliers. Leur habit étoit une soubnivesledr satin blanc chargée de la croix de l'Ordre avec un manteau de taffel» ^ert. I.es chevaliers laïques et les commandeurs qui les suivoient 6isoient la plus noble partie de lapon)}»e, tant par le nombre que parla richesse de lenre habillements. C'étoit un manteau de velours tannéanBrante, doublé de satin vert, tombant a fleur de terre et traînautd'un pied par derrière , bi>rdé sur les deux cotés du devant d'un bord d'or, ayant au haut par derrière une molette aussi de velours doublé desatin. (le manteau étoit attaché par devant, à trois doigts ducou.aw inie boutonnière d*or, à queue et relrous.sé, du côté d^i l epée, d'unep»reille boutonnière. Sur le coté gauche étoit la croix de l'Ordri' , écar* telée d'auïarante et de sinople , brodée de soie , bordée d'or, cantMnée (le (piatre fleurs de lis et chargée dans le centre de l'image de Iî \ ierge. Il ya\oit sous ce manteau une soubreveste ou espèce de dainetique de satin blanc , chargeai devant et derrière, et sur les mauclH^' dans toutes leurs hauteurs, d'une croix de même, mi-partie de vAt?» d'amarante, liserée d'or, avec des manches de dessous fermées jas* qu'au poignet, de satiii amarante. \ii culotte et le;^ souliers etoiflJt de velours aussi amarante et les bas de la même couleur. I^ur \i^ nient de tète étoit une tocpie du même velours et de la même foutewavec un <*ordou d'or et une aigrette noire, et ils avoieul la cwi^ ** l'UÀ'dn; pendue au cou à un ruban laree tanné amarante, iesllffd'^ mail , la plupart de diamants.
■ Ils précédoienl ainsi le «j:rand iiMiitii*, qui marquoit sadip»'*'?'
VPPENDICfc. S79
habit |>lus riche que w\m des autri^. Son uiauteuii, qui eloit de la !mc couleur et étoffe que celui des chevaliers , avoit la queue plus Ifue et étoit seoié de Ueunî do lis d*or et des lettres initialee des lix Ordres entrelacées et brodées d*or. Sa toque, semblable aux (let, était retroussée avec uue'rose de diamants, et sa soubre%este, i étoit couverte de soa cordon bleu , outre la croix de TOrdre dont %iàoii cbar^^ée , brilloit eueore de la croix, pectorale , qui etoit toute pierreries et qui pendoit par devant avec uu grand ruban onde ama • Ole.
« La marché étoit fermée par les chevaliers eci^Iésiastiques, qui alml après le grand mattre et dont Thabillement ne cédoit point en K^ificence à celui des chevaliers laïques : ils étoieut revêtus d*une Hiane de moire amarante avei* la ceinture de soie de plusieurs (h>umet d*uu camail de même étofl'e, doublé de satin >ert , chargé sur hras gauche de la croix brodéi^ dt' soie et d'or. Us avoient sous le mail uu rochet de point d'.^gleterre , sur lecjuel pendoit la croix ■ctorale d'or et d'émail , attachée; avei^ un giand ruban oudé aiualate. Ia^uts bas et leurs souliers etoient do la même (^(HiliHir, et leur Hàuei carre etoit noir.
« Telle fut la marelie des chevaliers de Saiat-J^usare, qui partirent en t habit, deux à deux, de la salle ou s'assemble le chapitre général de trdre, pour se rendre daas Téglise. Us se rangèrent tous sur deux Qes dans la nef, qui étoit parée de riches Uipisseries, et se pla<*èreut r des sièges e^ouverts d étoffe amarante , de sorte que les principaux iciers di'TOnlre, conune le eJianeelier, le procureur ^neral, lepret , le trésorier (>t le greflier, approclioient de plus près le grajtd iiàin', qui avoit a ses côtes les clievaliers ecdébiastiques. Au eonimenmeut (le la iiiessis tous les ehe\ allers. (|uiétoii>nt entres i'oii\ertsdaus SMse, otèrent leur toque et éc mirent a gei)Ou\,et s'étaot assis à répitn*.
se levèriMit à Tevangile , pendant \\H\\Uii ils tinrent leiu*s épees nues, 4UI 1 ancienne coutume , aussi bien (ju a l'élévation de la sainte hos- S pour marquer qu'ils sont prét:i à défeudn^ la religion et à répandre ir sang pour les intérêts de la foi. i'«i tte cérémonie ne panit pas iMns extraordinaire quewllede roffraiule^où 1»^ prévôt derOrdre,te- Ht une baguette noire bordée d'i>oire par un bout, sortit de son u§ e4 vint au milieu d(> la nef faire une révé^remi' au maitre-âutW, I pliant les genoux Siius baisser le corps , et ensuite une autre an Vud maître |M)ur 1 avertir daller à Toffrandt'. Le grand maître, erti, fit la même ré\erene(> a l'autel , ;ui liiilitui de la nef, et deMv 4rw aux chevaliers, se tournant <bj h'ur côté à droite et à gauehe. ipfevôt, après ravoir |H*^eede et recopduil en sa place ^ salua uqe seude lois lautel au milieu de lu nef, h^ grand maître, et puis les clieilittspoiir leur donner le même sicual. Us sortirent de leiifs placer
280 4PPEND1CK.
deux à deux, et avaut que d'aller à l'oflirande Us firent la même cbo»» que le grand mattre.
« La raecee finie , le grand mattre sortit de son siège pour en ilhr occuper un autre qu*on lui af oit préparé auprès de l'aotel du côté de l'évangile pour y recevoir les nouveaux cheralien. n étoît précédé de rhuiseier de l'Ordre , du héraut, des cinq prindpaui officiers et du plus ancien des chevaliers, qui se rangèrent à droilp et à gauche, aux côtés de son fauteuO, savoir : è sa droite le plus «nn chevalier, quiétoit ce jour-là M. le commandeur de Sémonvie; le procureur général de l'Ordre, qui est M. de Genouillac, et le trésorier, qui est M. Breget ; M. de Guénégaud , ebaneeiier, éloît à sa gauche; ensuite M. de Sauleux, prévôt et mdltre des-eérteonies de l'Ordre, et M. de Saint-Olon, qui en est le greffier. Cbacan d'eux y avoit sa fonction. Le chancelier tenoit devant le grand maître le livre des Évangiles, qu*il avoit reçu des mains du prêtre awlant et sur lequel le récipiendaire prête le serment qui lui est lu à haute voix par le greffier. L'ancien chevalier présentoit au grand maâtreTépée qu'il devoit donner au nouveau chevalier. Le trésorier lui pnfotoit la croix, le procureur général le livre des statuts de TOrdie, et le prévôt ou mattre des cérémonies le manteau. Tontes ces ehosiis leur avoient été mises entre lesmams par M. PeEey, héraut de l'Ordre. Les récipiendaires se présentèrent devant le grand nudtre en habits de novices , qui consistoient en la soubreveste de l'Ordre seulement et sans manteau , au lieu duquel ils portoient une capote de satin vert, doublée d'un taffetas de la même couleur. Ils avoient, ainsi que les chevalieis. la calotte et les souliers de velours amarante, et la toque de même, ornée d'une aigrette noire. Le grand maître les revétoit du manteau de rOrdre en les recevant.
« Cette cérémonie fut auguste et se (it avec beaucoup d*ordrr et d>dification. M. le cardinal de Furstemberg, M. le nonce et M. Taroba»sadeur de Venise la virent d'une tribune qui regardoit à coté du choeur des religieux. Plusieurs autres ministres et seigneurs étrangers et plisieurs personnes de qualité et distinction de l'un et de l'autre sexe y assistèrent. >I. le duc de Rohan , M. le marquis de Torcy, M. le comti' deTallard, M. le comte de Briord, M. deSeignelay, MM, les abbé deLouvois, de Pomponne et de Polignac, madame la duchesse de Saint-^inaon , mesdames d'Heudicourt et de Grancey, madame la maréchale d'Estrées , madame la présidente de Ménars , madame la marquise de Sommiers étoient de ce nombre.
<« Vous remarquerez que les habits dont je viens de vous £aire la description en vous pariant de la marche des chevaliers ont été fort différents de ceux dont ils se sont servis dans les autres cérémonies. Ce changement est venu de ce que M. le grand mettre et le conseil de
rOrdre, ayant trouvé que les justaucorps, quoique imiformes , avec* lesquels ils y avoient assisté les autres fois ne convenoieiit point à la règle et à la dignité de cet ordre , se sont crus engagés à redoubler à eet égard Tattention qu'ils emploient sans relâche à tout ce qui peut le rétabKr dans la régularité de ses fonctions et dans Féclat de son am^ienne Hpleodeur. I>ans ce dessein ils ont eu recours aux recherches les plus exactes afin de se conformer à ce qu'ils pourroient recouvrer dans leurs anciens registres et monuments* et, suivant ce qu'ils y ont décou- % eit, ils se sont résolus, après en avoir obtenu la permission du roi, fondateuret souverain protecteur de l'Ordre, à accommoder l'habit antique des chevaliers de Saint-Lazare avec ce qui leur a semblé convenable n Tordre de Notre-Dame, du Mont-Carmel qui y est joint, et ce fîit dans eel habit qu*ils parurent pour la première fois, le 17, dans l'église de Sahit^Geniiain des Prés, où, comme je vous l'ai déjà marqué , ils célébrèrent la fête de saint Lazare. Il y a des frères servants dans ces Ordre, ainsi que dans celui de IVlalte. Comme ils ne parurent point dans cette dernière cérémonie , je ne vous ai point décrit leur habit. 11 ^st de drap de couleur amarante sur le même modèle que celui des chevaliers, avec cette différence que leurs manteaux ne sont point doublés , qu'ils ne tombent que jusqu'à quatre doigts de terre , sans être bordés ni agrafés d'or^ mais seulement de soie aurore , et que leurs soubrevestes et les croix de dessus ne sont que d'étoffe de laine » ( Mercure de décembre 1701, pages 302 à 326. )
Dimanche 1"' janvier, à VersaiHes, — Ij*. roi uoteudii vêpres <;t alla au salut ; le luatiu il y eut pvocesïiiou de chevaliers, et rarchevùque de Keiiiis oflicia à h\, ffraude rnessi». — Outn» les étrennes yue ^e l'oi donne tous les nns à pareil jour, ayant appris que monsei^rneur le duc de Bourgogne a\oit quitté le jeu depuis un mois, \KiivA* qu'il ilevoit quelque i ho6c, S. M. lui a envoy*'^ d(^ Targent pour payer ses d(;ttes, et ce prince, qui a recoraniencé à jouer ce soir, a fort diminué son jeu, et s'est promis à lui-même de continuer dans cette modération-là toute cette année. Il est si iernu^dans tout ce qu^il résout qu^oD peut être îLssuré qu'il ne (!hangera pus. — M. Féleeteur de (À)logne envoie ici hî baron Siméoni, qui y demeureia en <pialilé de son envoyé; il est frère cadet de Siméoni qui est déjà à l^aris depuis (quelque temps et pour <(ui xM. rélecteur de Bavière avoit autrefois beaucoup d'amitié. — Le roi a donné le régiment de cavalerie vacant par la mort de M. de Wiltz à M. d'Aulezy , qui avoit ét«'' nonuné pour aller en Portugal et qqi est un des plus anciens mestres de canq) réformés; il est de la maison de Uamas.
Lundi 2, à Veraailles, — Le roi alla raprès-tllnée »ie promener à Marly malgré le vilain temps. Monseigneur ne sortit point de tout le jour. I-,e soir il y eut comédie; madame la duchesse d*» Bouriiogne n'y alla pas. — Ia\ roi a donné un régiment d'infanterie à lever au duc de hi Force, (pii CNpèrc le lever fout entier et fort promptement
284 JOURNAL DE DAMGEAU.
sur ses terres; le chevalier de Pezeux, neveu du maréchal de Choiseul^ a eatrepris d^en lever un aussi en Franche-Comté. — Les affaires de Madame avec M. le dnc d'Orléans sont entièrement réglées. Ce prince en a trèsbien usé ; il donne à Madame au delà de ee qu'elle pouvoit prétendre. Elle aura de lui 200^000 livres par an^ et le roi lui donne^ comme du vivant de Monsieur^ 250^000 livres 9 et outre cela de grosses étrennes; ainsi Madame jouira de 450^000 livres de rente et partagera avec H. le duc d'Orléans ce quMl lui viendra de M. l'électeur palatin ^ qui est réglé à 200^000 livres par an : mais Madame ne pourra rien aliéner. Elle s'est réservé seulement le pouvoir de disposer de 400,000 livres.
Mardi 3, à Versailles, — Le roi tint conseil Taprèsdinée outre celui qu'il avoit tenu le matin à son ordinaire : ainsi il ne sortit point de tout le jour. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne jouèrent le soir chez madame la princesse de Conty à des jeux séparés. Madame la duchesse de Bourgogne répéta chez madame de Maintenon la comédie qu'elle doit jouer ces jours ici (1). — L'envoyé de M. l'électeur de Cologne eut sa première audience. — Le comte d'Aguilar, qui a servi la dernière campagne en Italie , vint saluer le roi ; il eut l'honneur de baiser madame la duchesse de Bourgogne, parce qu*il est grand d'Espagne. — M. de Montrevela envoyé ici M. de Rabodanges, un de ses aides de camp, et mande que M. l'électeur palatin a fait réponse à M. Y(> lecteur de Cologne, qui se plaignoit à lui des bateaux qu^il a retenus à Dusseldorf, qu'il en avoit écrit à l'empereur et qu'il attendoit ses ordres. — Il arriva un courrier de M. Bouchu y intendant de l'armée d'Italie, et qui demeureà Milan pour donner là les ordres dans tout le pays pour la subsistance de l'armée , et Ton approuve les dispositions qu'il a faites.
(I) Voir.au 1 9 janvier suivant.
JANVIER 1708. sas
Mercredi k, à Marly. — Le roi partit de Versailles aussitôt après son diner pour venirici^ où il ne demeurera que jusqu'à samedi. Monseigneur alla à Saint-Germain avec madame la princesse de Conty voir le roi et la reine d'Angleterre^ et arrivèrent ici quand le roi revint de la promenade. — M. de la Gaze mourut hier à Paris; il étoit de la maison de Pons. M. de la Rochefoucauld, qui avoit beaucoup d^amitié pour lui, après la mort de Tilladet obtint pour lui de S. M. le gouvernement de Cognac, qui vaut plus de 10,000 livres de rente; l'habitation en est très-belle et le pays délicieux. 11 n'y a guère de plus joli ^uvernement de place dans le i*oyaume. — Le bon- , homme Salis est mort; il étoil brigadier et avoit un régiment Grison et plusieurs compagnies franches. Il étoit fort estimé parmi les Suisses, et sa vacance est considérable parmi eux. — Le roi fait repartir, au commenoement de la semaine qui vient, le chevalier de Bezons pour reporter ses ordres en Italie, et Puységur pour les reporter en Flandre. Les nouvelles levées qu'on fait en ce pays-là sont très-belles, et Ton est très-content ici du marquis de Bedmar, qui y commande en l'absence de M. de Bavière.
Jeudi 5, à Marly, — Le roi, malgré le vilain temps, se promena tout le matin et toute Taprès-dinée dans s(^ jardins jusqu\\ la nuit. Le soir il y eut chez madame dt' Maintenou une petite manière de loterie, où mademoiselle d'Elbeuf vi madame de Dangeau gagnèrent de fort jolis lots; le roi lui-même s^en mit pour s'amuser. Madame la duchesse de Bourgogne, avant que de venir hier ici, répéta sa tragédie chez madame la maréchale de Noailles. Madame la duchesse du Maine est de ce voyage : il y avoit longtemps qu'elle n'y étoit venue ; et la duehesM* de la Feuillade est ici pour la première fois. Tous les ministres sont du voyage. — I^es troupes de la maison du roi ont ordre de se tenir prt^tes à marcher le premier jour du mois de mars i»t les régiments des jwtrdes fran-
çoises et suisses ponr le 10. — M. le cdfaile de Gttisoerd est revenu de son ambassade de S«ède sAlis paarer à là Hayi? et salua le roi mardi au soir à Versailles ; les UoUando» eroyoient qu'il passeroit A la Haye, où il serolt charge d'entrer en quelque négociation a\'ec eux . et c'est paor i*ela qu'il a évité d'y passer.
Vendredi 6, à Marly. — Le roi fit un tour l'aprèa-dliiée dans ses jardins; les jours qu'on ne travaille point, le roi prend moins de plaisir à se promener. Le soir il y eut encore ches madame de Maintenon une manière de petite loterie, où madame la duchesse de Bourgogne et la da- . chesso d'EU>euf eraenèrent de fort jolk lots; toutes ces lo- |pri«*s-lii se font aux dépens du roi sans qu'il en e<>rtte rie» ini\ dami^. — M. le duc de Vendôme prit coneé du \\\\ jxïur s'en aller à la mer, ayant été léché d'un chien enmcré. — L<* roi donne à M. de Saint-Hérem, gouverneur de l'ontainebleau. une pension de 1^000 écus, et il quitte sa compagnie de cavalerie, que le roi donne au prince de Tarente . iils de M. de la Trémoille. Le roi donne un règiment d'infanterie à lever à M. de Villemor, colonel réformé, frère de madame des Marests, mère du grand fauconnier. — 11 arriva un courrier de Barcelone, parti d« io décembi-e. L<*roi d'Espagne y étoit encore : il y a eu la fièvre cimtinue avec des redoublements, et au bout de six joui*s en a été entièrement quitte sîins avoir pris de quinquina : et quand le couri'ier est j^irti il se portoil fort bien. I.es États de Catalogne demandent de grands priviléires, que S. M. (*. nest pas encore résolue A leurai*t^oiTlor,
Samedi 7, à Versailles — Le mi se pmmena tout le jour à Marly et n^vint ici à la nuit. Monseigneur counil le loup et alla ensuite à Meudon. où il demeurera jusqu» mercredi, il venoit Ix^aucoup de dames les soirs chet madame de Maintenon pendant que le roi étoit ici et les apn*s-ilinées à Marly quand la cour y étoit , et cela poui* faire leur (X>ur à madame la duchesse de Bourgogne :
jAhvin f TM. têt
toutes ces dames qui venoient aVoietot eu la permission d^y venir; mais 9 icomme le nombre en étoit fort auçrnàenté, on à jugé A propos de changer cette dispositionlà r ainsi les dames n'y viendront q^e quand madame la duchesse de Bourgogne les enverra quérir. Il n'y aurn que les dames du palais , la duchessi* de (vuiche et madame d'Heudicourt qui y puissent venir sans être mandées. — Il arrtva un courrier du maréchal de Villeroy qui mande que les Impériaux se sont rendus maîtres de la Mirakidole par rintelligeuce qu'ils ont eue avec la princesse de la Mirandole^ qui étoit demeurée dans le éliAteau . Ceth' lirincesse est Une vieille fille^ grande tante et tutrice des princes de ce hoiti . NoUs avions dans la ville ettviiHm deux l'ente hommes commandés jiar le chevalier de la Chélordie , que \ti i>rinces8c pria A dîner ; il entra sans aucune méfiance dans le château, dont elle fit aiissilôt lever le {lont-levis, et pendant ce temps-là elle fit entrer datis la ville plusieurs soldats de Tarmée impériale déguisés en paysans et qu'elle faisoit passer pour ses sujets qui s'y réfug-ioient. Ils n'eurent aucune peine à se rendre maîtres de la \411e, d'où elle fit ensuite sortir les François, qu'on renvoya à notre armée en triste équi|Kifi^ et sans armes.
Dimancht 8, à Ver$aille$. — l>e ivi a accordé à M. de la hochefoncauld qu'on prendroit 20,000 francs sur le b:ouvernement de Cognac pour payer les dettes de M. de la Caxe ; celui que le roi choisira pour gouvt»rneUr aura durant quatre ans 5,000 li\Tes d'appointements de moins. — M. le maréchal de Catinat est parti de l'armée d'Itiilie: il y a plus de trois mois qu'il avoit son rcmgé. H arrivera î\ Paris à la fin du mois. On croit qu'il ne veut plus ser>ir et qu'il prendra le parti de se retirer à unimaison de campagne qu'il a auprès de Saint Uenis. — Li Motte . lieutenant des pardes du coi'ps de la rompaîrnie de Xoailles, est mort. Il avoit une i)etite chargi» dans la louvetericqueleroi adonné«»àson fils, et Ion croitqur
Castau^ pi*emier enseigne de la compagnie de Noailles, aiti*a sa lieutenance , quoique sa mauvaise santé ne lui permette guère de servir. — Le roi donne au fils du m^tquis de Lassay la permission de lever un régiment d'infanterie en Bourgogne ; il étoit dans le régiment du roi, et très-peu avancé. Lassay le père est élu de la noblesse de Bourgogne, et M. le Prince, gouverneur de la province^ rhonore d'une protection particulière^ ce qui Ini donnera des facilités pour lever ce régiment.
Lundi 9 , à Versailles. — Le roi alla l'aprè^dlnée se promener à Trianon ; mais on le porte encore, et il ma^ che peu à pied dans ses jardins. — M. le duc d'Orléaib a donné 4,000 écus de pension à M. de Cbàtillon, le chevalier de l'Ordre, et H. de Chàtillon, en remerciant M. If duc d'Orléans, l'a prié de trouver bon que de ces 4,000 écus il y en eût 2,000 pour madame de Cb&tillon , sa femme, dame d'atours de Madame , quoique depuis assez longtemps il soit séparé de corps et de biens d'avec elle.— J'appris que le marquis de Plu veau le père avoit cédé à son fils la cbai*ge de maître de la garde-robe que M. le duc d'Orléans lui avoit donnée après la mort de Monsieur. — On mande d'Italie que M. le duc de Modène avoit refusé au prince Eugène de laisser entrer des troupes de l'empereiu* dans sa place de Bercello et il lui a mandé (|u'il avoit assez de troupes pour la garder lui-même, el effectivement il y a mis quinze <^ents hommes. — La duchesse de Sully la douairière est à Textiémité et a reçu tous ses sacrements à Paris; elle venoit rarement ici.
Mardi 1 0,(i Versailles. — l^roi alla l'après-dlnée auprès lie Sator j , où il monta à cheval et où il fit recevoir le diK de Montfort à la tète des chevau-légei's qui sont en quartier; ensuite le roi alla tirer, et le maréchal d'Estréesrcrut le serment du duc de Montfort. C'est toujours uh maréchal de France qui fait prêter ces sermentsJà. Ifc- (Lime la duchesse de Bourii^ogne y vint pour voir cette n^ ccptioii (*t ensuite olle vit tirop le roi, qui nr ohaAt^ p
JANVIER tTOi. 989
loa^mps. Madame la princesse de Conty alla diner îk Meudoii avec Monseigneur et n'en revint que le soir. — . Le roi adonné des conuuissions de niesti*e de camp à trois lieutenants-colonels des cai*abiniers ^ qui sont Clouet, Saint-Orin et 1 Étang; r.'est M. le duc du Haine qui a obtenu cette grÀce-là pour eux. — M. le duc d'Orléans a douné <h,000 francs de pension à la Fare^ capitaine de ses gardes , et autant à Liscoet , qui commande la compagnie de ses Suisses. — Le cardinal de bimbert^ pi*eniier commissaire de lempereur à la diète de Ratisl>onne9 en est reparti pour aller, disoit-il , passer les fôtes de Noël à sou évéehé de Passau; mais ou ne sait s'il y reviendra, (Niive qu'il est mécontent des dispositions où il a trouvé la plupart des envoyés des princes derKmpire.
Mercredi 11, à Versailles. — Le roi , qui eut la goutte i^ier au soir bien forte, n'a pas laissé de passer assez bien Ja nuit; on Fa traîné à la messe dans son fauteuil à roulettes et il est allé Taprès-dlnée à Marly, où il s'est promené cfi chariot jusqu'à la nuit dans ses jardins. Monseigneur ''^vint le soir de Meudon. — 11 est arrivé un courrier de ^rcelone par lequel on apprend que le roi d'Espagne ^®t entièrement sans fièvre et qu'il commence à se lever; *^n voyage en Italie pour ce printemps est encore incer- •ftiii , mais il parolt qu'il a toujoui^s grande envie de le faire. U étoit retombi^ et a pris du <{uinquina A cette ""^chute-là; le courrier est |>arti du 2 de ce mois. — Le '^i donna à Castan, le lendemain de la mort de la Motte, *^ lieutenance de la compagnie de Xoailles. — Parmi les ®*ficiers qui sont revenus de Tannée d'Italie il a paru ^^ le roi distinguoit fort le duc de Lesdiguières, qu'il a "^^U très-agréablement , lui témoignant être fort content "^ la manière dont il y a servi. — Depuis la mort du "^i d'Angleterre, la reine a voulu que le comte de F^erth, Souverneur du jeune roi , prit le titre de duc, MiddletoD *^ titre de comte, et le seci^étaire de ses commandemenfji
M**i s appelle le titre de imron , dont le feu roi leur
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avoii donné les patentes pendant qu'il étoit en Mande; mais ils Tavoient prié tons trois de tenir la chose secrète.
— U y eut hier après-dlner une conférence ches H. le chancelier^ où étoient les quatre ministres^ le docd*Ha^ court ei V. de Pontchartrain. Le roi étant au conseil dimanche ordonna cette conférence-là , que M. Chamillari avoit demandée ; dans la e4>nférence ches le chancelier; M. de ChaiiiiUart se mit au-dessous du duc d'Harconrt*, et la conférence fut lon^e et roula fort sur le commerce.
— Il y eut hier au soir bal chez madame la duchesse du Maine à la viUe y où toutes les princesses allèrent. Madame la duchesse de Bourgogne, après être sortie de chez le roi, se masqua, mais elle ne sortit point du château; elle alla réveiller plusieurs dames et revint se coucher avant deux heures. — Le prince Pio**, qui sera grand d*Espagne, vint saluer S. H. et s'en va à Madrid demanda quelque emploi dans la guerre au roi son maître; lia servi cette année dans Tarmée d'Italie. Sa mère éfoit iille de Castel-Kodrigo, qui n avoit point laissé de garoon.
* Ci'tte remarque de la séance de 1 Jianiillarl est superflue : persoBWi au (*ons<'ii ni ailleurs^ ue dispute aux ducs. Ailleurs ceux qui ont rang de prince étranj:er disputent en quelques lieux, et au consol V chancelier nouvellement les précède \$ic\. et très-nouvellement le prff des sceaiix.
••Ce princt» Pio fut depuis gouverneur de Catalogne et Barcelone, capitaine général d'année et cheralier de la Toison. \\ périt c^leH^ meut par une crue d eau qu*uii del)ordeu)eut d^orage amena vers m iustaut dans la maison du prince de la Mirandole, son beau-frère i à Madrid, près du Huen-Ketin), où plusieurs autn^ furent noyés, taudis que feute dVaii la mapiitique maison du duc d*Ossone bniloit depû trois jours dans un autre quartier. T.a duchesse de la Mîrandole fîM noyée dans son oratoire. Il y avoit cent ans que pareil accident rftiil arri\e daus la même maison . dont a cause de cela le nonce Aklofaraadin, depuis cardinal, sortit un instant deiaut, \oyaiit \enir loiage. G* prim^» Pio s'étoit formé i\ la guerre, aux affaires et au monde, «l éloit un homme fort ^orîeux , mais poli et pourtant fort aimabip. H avoit été nommé grand écuypr de In reine, fille de M. le ducd'Orinns, à son mariage.
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)êdii%y à VerMilUs. — Le roi allaraprè»-dlnéeseproir à Trianon ; il donna le matin audience au duc de in^ qui lui parla pour le pauvre Tracy, son parent, a )Mitta quelques gens dans Paris assez légèrement. . pru qu'il étoit retombé dans un mal dont on l'avoit
soupçonné et que ses grandes blessures pouvoient r altéré un peu sa raison. On le mit aux PP. de Na- Ih le jour que cette affaire lui arrivH, et depuis si^ fiie Ta feit transporter à un chAteau près de Paris où
en a grand soin. Le ix)i lui continuera sa pension, istde^yOOO écus, et permet qu'on vende son régiment D profit. Le roi avoit acheté ce régiment-là pour luj née passée quand il lui fit quitter l'enseigne des gardes orps. — M. le maréchal de Noailles a eu une longue lenca du roi , dans laquelle S. H. a réglé tous les igeipents qu'il y a à faire dans sa compagnie des les du corps, qui est la compagnie écossoise et li^ QÎère de toutes. Saint-Viancfî n'est plus en état de ir : \\ en étoit premier lieutenant ; et Maoqueville, qui st enseigne, ne peut plus servir non plus. Il se petire,
roi lui donne 4^,000 livres de pension. mdredi 18, à Yêr^aillett. — (k>mme il n'y a {)oint de eil les vendredis , le roi mangea de meilleure heure
Tordinaire et alla courre le cerf; Monseigneur et seigneur le duc de Bourgogne étaient à la chasse, qui lans le parc de Marly . Le soir il y eut comédie ; monteur le duc de Bourgogne joua chez lui avapt la idie. — Le roi a donnât le gouvernement de (lognar int-Viance, et en lui donnant il lui dit en lui serrant ain : « Je suis bien fâché que vous ne soyes plus en de me servir dans mes gardes et je vous y regi*ette. » ville, enseigne dans la même compagnie, monte 4 '^ lenance; (lastan vient d'avoir celle de la Motte, et {ueville se retire; ainsi voilà les trois enseignes de icom{>agnie vacanti*s; Uruys en est préscptament le nier lieutenant. — l>e roi donna le soir une aqsex
longue audience elMz nmi!— i de
tniuxelles , arrivé dt- ^tnebovr^ depuis qadiHi jmr
— On mande de BAmkmv^xrs qaoa a des wHiitludeli-
x^yoïii^ qui portent qœ l» fort de DoDenni
i^ttci* kl ne restem rien aa roi de Pologne de
^11 Ij&xwittie^ et le roi de Suède veut toojcMiK qmt le^hit
lutts >4ettl la couronne à leor roi« sans quoi il ne «cat pU
NiMMi t%. ù Versailles. — Le roi alla Taprâ-dl]»»
•i>iaMiM«r A Trianou. Monseigneur courut le kjapu-^l
UTtut un coarrier du maréchal de Yilleroy, qui Mik
4u«^ ^ i« vitii; de lodène a livré sa place de BemlioiB
iuip^rftdkux contre toutes les assurances qu'il avait doute
iv \«MjLiOftr dmiieurer dans une parfaite neutralité. &
*jo>ie os( d*uue )çraade impOTtance et a Migé M. kwk
>H;hai de Villeroy de retirer une partie des
vfut* ikouai> ;ivious sur UO^o; cda nous éloigne
da^aiiia^ de Xautoue, qui est entièrement bloqué; mi
nous V ;ivou2^ beaucoup de troupes et tout ce qu'il W
(Kiur leur subsïibiauce jusqu au mois de mai. H. de Tcsr.
K\m \ oommuude. el beaucoup d'officiers qui ysontavee
lui ont î'iut t'oniliv leui* vaisselle pour pouvoir doMer
;ui***iue .inr^Mit iiL\ ix^apes. — M. le duc d'Orléans a aiç-
T t'Mîo ^t» viu 1 ■ii>iiiioit .i luaduiue la duchesse d'Orl^
H^uï ^s uii>it>: îî LUI duuue 1,000 livres par moi^<lf
■*i> ' \- iM'Micf ià*»iiiif une petite pension de l.OOOli*
^-^"^ \ir iii i H. lit' Niuleux. qui a son équipage po*
t»-^ « ^•••«^i^ — «^u I oublie depuis peu un édit qui doD^''
't rî\i>îs*'iî 4 -.» 'lobieîî^e de faire le couimeree ensw*
Ihntmc'U î '>. I y-:rsatUes. — Le roi alla rapnVdlD*' ^' v£^ i 1 :>•«• i rruiiKui. Il \ tfut le soir bal en ma^:^ :kwa iiuuianie la duohess<' du Maio^* li je lJuunro4Cue, lUîulanie la duclK*' Iviirw c::- , «. îis*i;iueur le duc de Berry et i(^^ ^•n Ut t-^-*-* \ » ,-r^iir . le luil Hnit à deux lieinv^- "
emarqais de Villars, lieutenant général^ salua le roi et Q fut fort bien reçu ; il y a près d^un mois qu^il est parti e rarmée d'Italie , ainsi on n'apprend aucune nouveUe •ar lui. — Le roi a choisi pour acheter le régiment de taey le chevalier de Rouvray, qui en étoit lieutenantolonel et qui est un officier de réputation. — Madame a duchesse de SuUy la douairière mourut à Paris; elle îtoit fille de M. Servien^ surintendant des finances^ et lYoit eu 800^000 livres en mariage. Elle laisse 32^000 liftes de rente, qui est tout ce dont elle jouissoitet qui seront également partagées entre le duc et le chevalier de SoUy. Elle donnoit 2,000 écus au chevalier, si bien qu'il n'y gagne que 10,000 livres; elle n'avoit point d'autres enfants. — Le roi a donné un régiment d'infanterie à lever à M. de Montboissier, capitaine de cavalerie , qui n'aura la permission de vendre sa compagnie que quand son r^iment sera sur pied.
Lundi 16, à Versailles. — Le roi alla tirer Taprèsdttnée. Monseigneur donna à dîner chez lui à madame la duchesse de Bourgogne et à madame la princesse de Conty, qui y passèrent toute l'après-dinée fort agréablement et sans jouer. Le soir il y eut comédie. — Le roi a donné un régiment d'infanterie à lever à M. de Franquiè- >^, exempt, des gardes du corps de la compagnie de Nooilles, et une pension de 1,500 livres. Le roi a donné ttn régiment suisse qu'avoit Salis à M. Mey, à qui le roi ïivoit donné l'année passée une commission de colonel et q[m est présentement en Suisse ; il est du canton de Berne, où il a toujours montré son attachement pour la France. 1 y avoit quatre compagnies de vacantes dans le ré- Siment de Salis qui sont grisones et que le roi a don- 1^^ à quatre Grisons. Un de ceux que S. M. avoit nommés Wet a été rayé, parce qu'il avoit écrit une lettre à M. de •^leaieu, secrétaire des Suisses, dans laquelle il lui of- ^it de l'argent pour le servir auprès de M. du Maine, et 'alerâeu ayant porté la lettre à M. du Maine, on a donné
ÏVM JOURNAL hb DAMOËAU.
la compa^ilie à un auti'ts pour faire voit* qu«3 ce nesi que le métiie (|ui fait donner les placte.
Mardi 17> à VersaiUeê.-^LeToi alla tirer; Monseigneur courut le loup. — Caâtan^ à qui le roi vient de donner k lleutenanee des gardes du corps dans \é compaernie et iNoailleâ , n'étant plus en état de servir^ se retire et le roi hii donne 2,000 écus de pension, il y a apparence môme qu'on ne Tavoit fait monter à la lieutenanoe ces jourt {lasdés que pour lui donner la pension de 2,000 écw, parce i]ue tous les lieutenants qui ne sont plus en étatde servir dans ce corps ont des pensions de 2^000 écus el que les enseignes qui se retirent n'en ont qtie de i,OM livres, et le roi a voulu bien traiter Castan , qui est ui ofiicier de mérite. — On a des nouvelles de I^ndres do 9 de ce mois qui portent que les deux partis sont moins d'accoi*d que jamais y qu ib) ne i>eavent pas convenir de Torateur qu'on choisira. Le parlement devoit s'ouvrir k lendemain; mais peut-être que ces contestations le knni différer. La santé du roi Guillaume paroit un peu uieilleure ; il donne audience aux ministres étrangef^. M. Spuheini, que nous avons vu ici longtemps et a été plusieufS fois envoyé de Télecteur de Brandebourg, son mallre^âi à Londres en qualité d'ambassadeur extraordinaire^ eet électeur y étant reconnu roi de Prusse.
Mercredi i8> à Vermlles. — Outi'e le conseil quek l'oi avoit tenu le matin à son ordinaire, il tint emm conseil Taprùs-dinée pom* n'en point tenir le leudeniaio. voulant avoir cette journée libi'e. Monseigneur, qui im: manque quasi jamais d'èti*e au conseil d'État, ne sorlil point de tout le jour pour y être. Le soir il y eut,- chez ni*dame de Mainlenou, répétition sur le théâtre de la tiiigédie iVAbsalon, qu'on doit jouer le lendemain devant le roi. — La lieutennnce de gardes du corps vacante par la démission de Castan a été donnée à d'Alipon, mestre de camp de caval(»rie; c'est le premier exemple quil y ait eu qu'on devint lieutenant dans ce corps sans y avoirété
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ds^gne. D'Alipon vendra son régiment, 6t si un de ss frères le veut acheter, il en aura ragrétnenf prëférîiiement à personne, afin que ce régiment, qui est depuis mgiemps dans la maison d^Imécourt, y demeure. Ils mt six frères dans le service, et le roi a de la bonté oor toute cette famille. Les trois enseignes de la compàniè de Noailles sont données, la première à Cheyladet, Dcien mestre de camp de cavalerie , et les deux autres nx deux plus anciens exempts de la compagnie, qui sont Qzy et Chapizeaux.
Jeudi 19, à Versailles. — Le roi, qui n'avoit point de ionseil à tenir, eut le matin la patience de se faire achever le peindre chez madame de Maintenon par Rigaud ; il nkvoie ce portrait au roi d'Espagne , qui l'en avoit instamment prié (1). Le roi dîna de fort bonne heure et nUase promener à Marly, d'où il revint plus tôt qu'à l'ordinaire pour voir la tragédie (2) que madame la dudiesse de Bourgogne joua dans le cabinet de madame de Hainienon, où l'on avoit fait faire un fort joli théâtre. Madame la duchesse de Bourgogne, qui y représentoît la fille d'Absalon , avoit un habit magnifique brodé de lotîtes les pierreries de la couronne. M. le duc d'Orléans y représentoit David; le comte d'Ayen, Absalon ; la comfesse d'Ayen , Tharès , femme d'Absalon ; mademoiselle deMelun, la femme de David, et le petit comte de Noailles y faisoit aussi un personnage. Les autres acteurs étoient
(i) « On a exposé lo portrait du roi dans le grand ap|)artenient de Versailles ; il «tenpîedavec l'habit royal. Cet ouvrage est de M. Rigaud.. fanïais|>orlrait n'a ^ mieux peint ni plus ressemblant ; toute la oxmr Ta vu et tout le monde Ta "■attiré. Il faut qu'un ouvrage soit bien beau et bien parfait pour s'attirer un lipbudi^sement général dans un lieu où le bon goilt règne et où Ton n'est P*« prodigue de louanges. Sa Majesté, ayant promis son i^rtraH au roi «î'Es- 1*^, veut tenir sa parole en lui domiant l'original, et M. Rigaud en doit faire ^ copie, qui est soubaitée de toute la cour. Quoiqu'on voie avec regret par- ■f i'origioal , on en auroit bien plus de chagrin s'il n'étoit pas destiné au n)i "Kspagne. >> ( Mercure de janvier, imges 302 et 303. )
(V ^foolon, tragédie tirée de l'Écriture sainte, par Duché.
296 JOUllNAL DE DANGKAU.
Baron le père, et q<uelques domestiques de M. de Noailles. Tous les habits étoient fort beaux, et la pièce fut fort bien jouée. 11 n'y avoit place dans ce cabinet que pour IrcnW ou quarante pei*sonnes. Monseigneur et messeigneurs ses enfants y étoient ; madame la princesse de Conty, M. du Maine, toutes les dames de madame la duchesse de Bon^ gogue, madame de Noailles et ses filles. Il n'y eut quedem ou trois courtisims. — M. de Torcy vint trouver le roi chez madame de Maiutenon avant la ti*agédie et lui ap* porta des lettres du roi d'Espagne, de Barcelone, du 9 de ce mois. Ce prince est en i)arfaite santé, et les Étnte de Catalogne finissent; ils ont accovdé à S. M. C. tout ce qu'elle souliaitoit et renoncent aux privilèges qu'ib avoient demandés avec instance jusqu'ici aux rois sesprédécesseurs et à lui. Ils ont bien marqué en cette occasion ici Tenvie qu'ils ont de plaire à leur nouveau roi. Il y avoit cent sept ans qu'il n'y avoit eu d'États de Catalogne linis. Le roi catholique ne retournera point à Madrid qw Louville ne soit revenu de France pour lui apporter la décision du roi sur son voyage d'Italie, qu'il a toujoufs grantlo envie de faire et que tousses ministres lui conseillent , hormis le cardinal Porto-Ciarrero. En cas que le mi soit d'avis ici qu'il passe en Italie, il ira tenir les États d'Aragon, dont il tirera encore plus d'argent que decpux de Catalogne ; mais i l ne retournera pas àMadrid. II a cassé sa garde allemande, et la reine douairi^i^e a pris aiiprT** d'elle celui qui la conimandoit.
Vendredi 20, à Versailles, — Le roi devoit aller !cmi*tin voir monter monseigneur le duc de Berry à cheval mais les écuyers, cjui iiont i>as encore trouvé ce print'*^ assez avancé, ont i)rié S. M. d'attendre encoi-e quelqu** temps. L'après-dinée le roi alla tirer. Monseigneur le dac* de Bourgogne alla au manège voir monseigneiu'son frère : il y monta quelques chevaux lui-môme. Monseigneur all^ (Uner î\ Meudon et revint ici à six heures. Le soir il y eu/ comédie. — On eut des nouvelles de Londres dn 11 •1*'
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enseigne. D'Alipi>n vendra son résinent, et si un de ses frères le veut acheter, il en aura l'agrémenf préféra- Uement à personne, aiin que ce régiment, qui est depuis longiemps dans la maison dMmécourt, y demeure. Us sont six frères dans le service, et le roi a de la bonté pour toute cette famille. Les trois enseiprnes de la compag^nie de Noailles sont données, la première à Cheyladet, ancien mestre de camp dfe cavalerie , et les deux autres aux deux plus anciens exempts de la compappnie. qui sont
* Suzy et Chapizeaux.
Jeudi 19, à Versailles. — Le roi, qui n'avoit point de conseil à tenir, eut le matin la patience de se faire achever de i>eindre ches madame de Maintenon ]>ar Ri^aud; il envoie ce portrait au roi d'Espagne , <pii Ten avoit inî4ftamment prié (1). Le roi dîna de fort bonne heure et alla se promener à Marly, d'où il revint pins \M qu'à l'ordînaire pour voir la tragédie (2) que madame la duchesse de Bourgogne joua dans le cabinet de madame de Maintenon , où Ton avoit fait faire un fort joli théâtre. Madame la duchesse de Bourgogne, qui y reprèsentoit la fille d'Absalon , avoit un habit magnifique brodé de toates les pierreries de la couronne. M. le duc d'Orléans y reprèsentoit David ; le c^mte d'Aven, Absalon ; la comtesHe d'Ayen , Tharès , femme d' Alisalon ; mademoiselle de Melun, la femme de David, et le petit comte de Noailles y faisoit aussi un personnage. Les autres acteurs étoieut
( 1 / H Onae\|M>si'U' iM)i1rait du roi dans le granil ap|>art(>ineiit de Vorstiilles ; il c*t en pied ave<-. l'habît royal. CVt ouvrage est de M. Rijçaud. Jamais |M>rtniit n'a clé mieux peint ni plus ressemblant ; toute la eonr Ta vu et tout le monde Ta nlniiré. 11 faut qu'un ouvrage soit bien beau et bien parfait p«Hir s'attirer un apfilawli&seuient {général dans un lieu où le bon ^odi rè}9ie et oii l'ou n'eitt pM pnMtijsue de louan^^es. Sa Majesté, ayant promis son i)ortrait au n>i d'Ks- IMtpie, ^Ytit tenir sa parole en lui donnant l'original, et M. Ri^id en iloit faire ■se copie, qui est souliaittH^ de toute la cour. Quoi<iu'on voie avec r«>}eret partir roriginal , on eu auroit bien plus ile cliaj^rin s'il n'étoit pas destine au n)i d'Ospagne. » ( Mercure de janvier, |»ages 30? et 303. )
(7) .ttealoii,tragéciic tirée de rÉcritore sainte, par Duché.
398 JOURAAL De DAJNGlûAU.
4;ennain l'arment de létrerun régiment d'infAiilerie, et S. M. a ajouté qae c'étoit proprement an père qo'il doDnoit cet agrément, parce qu'étantgoiiTeniear delmlatcltt il aura plus de facilité à lever un régiment.
Dimawhe âd, à VenalUet. — Ootre leconseîl d'État qn'il y eut le matin comme à l'ordinaire, le roi tint eneore le même conseil Taprè^-dinée, et l'on croit qu'il s'y agite de décider si le roi d'Espagne passeroit en Italie eette année et la manière dont il y passeroit , si on prenoit cette ré> Kolution-là. On croit les avis partagés là-dessus et que le duc d'Harcourt , dans les différentes conversations qa1l H eues avec le roi et avec les ministres, insiste fort à empêcher ce voya|?e*. — Monseigneur alla diner chez msilame la princesse de Conty à la ville, où Ton joua le soir dans sa galerie Èlectrej qui est le plus bel ouvrage de théâtre qu'on ait vu depuis la mort de Corneille et de Hacine : 1 . Ix)ngepierre en est Fauteur ; la pièce fut jooée à merveille, et le vieux Baron joua avec lescomédiens, qooic|u*il ait quitté le théâtre il y a longtemps. Tonte la c€^ y étoit. hormis le roi, qui n'a pas voulu honorer ce spe^ tacle de sa présence. — Nous apprîmes le soir au coucher
1 ^ M. <le Longefii«*rro. >i connu [lar >esoii\rag(^, a>ant fait dt^is ptosititf^ anntfs la traf^Mif f\'Èlfctre pour sa propre ^atisfadioii H su» aucun desiOR tic la «luuuer au p«iblii', MooseiiQieur et luadaïue la priocesde de Contr. afn> lui a\air doiuamW vi onlonm* au\ coiiH'tlicQS «le rapprendre et de la réprlff. l'iKit fait n»pn»si*ntiT tnris fois sur le (liéàtre de ITi^Mel de Conty à Venâilb. mi elle a reru des applandkseroeots roofonnes à son mérite. Ûle en itoH ff il«^ià d e\traonlioaires dan» les répétitions quiea atuieot «lé laites à Paris, «i tout le beau iiiomle et les l)eau\ es|>rit:i axtûent couru en foule. Ltu^^ a»tte trage«lie, <|ui est admirable , et «pii a été traité |>ar Sophocle et par EonpMe. a reçu de nouTellef beautést de M. de Loonepierre. Le sieur Btroalf |ière, qui a quitté le théâtre depuis plusieurs années, le sieur Rosok, qui >'o fst retiré depuis |>eu de temps, y ont joué. Lt» premier a fait Oreste, et k s^ cond Égiste. Ij* sieur Eiaron a fait Toir que, bien loin qu^il eAt perdu qoHqoi' ctio$e de ses talents par le manque d'e^errice , il etoit encore aH-déSMis àf tt qu il eloit il > a vio^ ans. Madeiuoi&elle Dudus , dans le persusiii^e di* lectn' , a fait dirn généralement qu'aucune comeilienne n'avoit jamais «téplu> loin qu elle, ni joué avec tant lie force et de grâce. • ( Mercure de lë^riff, p•9e^ J79à 381.;
du roi qu'il avoit été résolu dans le conseil que le roi d'Espagne passeroit en Italie ce printemps ; noua lui don* nerons des vaisseaux qui le porteront droit à Naples. M. de Pontcbartrain a déjà reçu Tordre du roi pour faire tenir ces Taisseaux-là prêts. Louville repartira incessamment pont aller à Barcelone pdrter cette nouvelle à S. M. C, qui souhaitoît passionnément qile le roi approuva son deM^iil et lui donnât les moyens de retécùter .
* Le roi d'Espagne vouloit avoir M. d'Harc'ourt on Italio, vî M. d*Harfïoiirt , qui , sotis la protection de mâdmnV de IMaini^tioh , se flaltoit d'entrer incessamment au conseil d'Ëtat du roi , n'ouhlioit ried pour rompre uii \oya0e qui déraugeoit toutes ses mesures, ou rc\posoit à un refus formel qui avoit même pour la cour de grauds iuconvénîents. (Test ce qui -bainnc^i si longtemps la déirision du voyage clu roi di^^gne , et Harcoiirt tie fo pouvant eiTi|)^eher sairta le bAtbn âù f^fus. Il f MirtfH été maréchal de France, et il aima mieut en empêcher la promotion. Uuxelles, qui le découvrit, le lui reprocha bien et lui qu'é-' tant duc [sic] il plaidoit les maius garnies. 11 eût été maréchal de France en même temps comme ils le furent après ensemble.
Lundi 23^ à Marly. — Le roi partit de Versailles après :ion dîner pour venir ici passer la semaine. Il y aura des l>aLs ce voyage-ci ; on y a amené des dames et des courtisant pour danser. Madame de Reuel en est^ qui n^y étoit point encore venue. — Le comte d^Estrées ne reviendra point ici ; c'est à lui à qui on donne la commission d'aller i Barcelone pour conduire le roi d'Espagne à Naples. La jeune reine fera le voyage malgré les fatigues de la mer, dont elle a l>eaucoup souffert en passant en Espagne. Ou pai*le de gens considérables de la cour qui suivront le roi d'Espagne en Italie; mais il n^y a rien encore de déctaré là-desHUS. — Le soir ici il y eut musique à Toixlinaire , et iuai*di et veudi*edi il y aura l>al. — Un mande de Cologne que les troupes hollandoises qui sont en ce pays-là ont pris les drapeaux impériaux. — Le marquis de Villars épouse mademoiselle de Vorengeville*, qui a présentement près de 1^50^000 livi*es de beau bien et qui en aura encore considérablement après la mort de madame sa
mère et de M. Courtin, son grand-père ; car elle n'a à partager qu'avec madame de Poissy, sa sœur.
* Varengeville, qui s'appeloit Roc, étoit un Nomuind de rien, mais riche, qui épousa ime fille de Courdn, conseiller d*Etat et sourent ambassadeur, et le président de Roebefort , de Rennes , Tautre fiUe. Goortin valut à Varengeville l'ambassade de Venise. Il n'eut que deux fillei. L'aînée épousa le président de Maisons, et la cadette Villars, deui femmes belles et de grande mine. Villars eut tout le bien , madame de Maisons étant morte* et son fils unique après elle sans enfants.
Mardi 24-, à Marly. — Le roi, après la messe, alla courre le cerf dans sa petite calèche. Monseigneur courut le loup dans la forêt de Marly, puis ils revinrent tous deux dinar ici. Le soir il y eut bal, qui commença à sept heures et demie et finit à dLv heures. Monseigneur le duc de Bou^ gogne n'y dansa point ; il a quitté la danse pour toujours. — On eut des nouvelles du comte de Tessé, qui est dans Mantoue. 11 écrit du 10 que le jour d'auparavant il avoit fait un grand' fourrage et qu'il y en avoit dans la place présentement jusqu'à la fin de février. Les ennemis envoyèrent quelques troupes pour empêcher ce fourrage; Zurlauben les attaqua, les battit, ramena quelques prisonniers et I)eaucoup de chevaux dans Mantoue, et leur toa assez de gens. Il s'est fort distingué dans cette action. Nous avons des vivres dans la place pour deux ans, et la garnison y est en très-bon état. — Le roi envoie quatre bataillons è Naples qu'on mettra dans les châteaux, et ce seront les quatre premiers bataillons qui arriveront à Toulon, où ils doivent être avant la fin du mois; si les Impériaux vouloient faire un détachement de leur armée pour passer en ce royaume-là, en ce cas le roi y enverroit plus de troupes. Le roi d'Espagne y passera avant la fin dn mois de mars et y mènera la reine sa femme, s'il le jufre à pro[K)s. M. de Marsin les suivra.
Mercredi 25, à Marly. — Le roi tint conseil le luatin et se promena toute Taprès-dlnée ; Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne sui\irent le roi à la prome-
JANVIER ITM • SOI
nade et jouèrent le reste du jour jusqu'à l'heure de la musique. — On eut des nouvelles de Londres du 16 ; il y a déjà eu des avis dans le parlement fort séditieux contre le roi Jacques III y proposant de le déclarer criminel de haute trahison pour avoir pris le titre de roi d'Angleterre. il y a même eu un particulier qui a poussé son insolence jusqu'à lui disputer Thonneur de sa naissance. Le roi Guillaume leur demande de grandes sommes d'argent pour les garantir des maux dont ils sont menacés par l'union de la France avec l'Espagne. — Puységur prit congé du roi ces jours passés à Versailles, et S. M. lui dit qu'il pouvoit compter qu'il le mettroit sur la liste des maréchaux de camp à la première promotion , et cela fait ciboire encore davantage ce qu'on croyoit déjà que Ton en va faire une incessamment. — Depuis qu'on travaille à la réforme de la monnoie , il en a déjà passé plus de 130 millions à la Monnoie de Paris ou à celles des provinces , et Ton y en porte autant que les premiers jours. — Monseigneur le duc de Bourgogne, en renonçant à la danse, dit que c'étoit un malheur de n'être pas adroit, mais qu'il y avoit tant d'autres qualités plus essentielles et plus à souhaiter dans lés hommes, qu'il songeroit à acquérir, et qu'il espérait par là réparer ce qui lui manquoit, et l'on s'aperçoit tous les jours qu'il songe à tout ce qu'il y a de plus noble et de plus honnête.
Jeudi 26, à Marly. — Le roi se promena tout le matin et Taprès-dlnée. Monseigneur ne sortit point. Monseigneur le duc de Bourgogne courut le cerf avec les chiens de M. le comte de Toulouse. Le roi et la reine d'Angleterre vinrent ici avant six heures. Le roi d'Angleterre joua au brelan avec monseigneur le duc de Bourgogne; M. de Lauzun le conseilloit, et la reine fut enfermée longtemps avec le roi et madame de Maintenon, et puis LL. MM. BB. repartirent à huit heures pour retourner à Saint- Germain. — La supérieure des Carmélites de Pontoise, WTMir de la duchesse du Lude, est morte; le roi a défendu
qu'on la dit à la du^^^sse du Lude , afin qu'elle pAl èbe pi^cpFQ demain avap madame la duchesse de Bourgogne ^]i ha). — Ou eut des lettres du roi et de la reiqe d'Es* pague qui mandent la clôture des États de Catalogne, oà le foi et )a reine étoient sur un tr^ne; le due de MediparSi4onia, grandi écuyer, à pété du roi et tenant Tépée que^ pt à côté de la reine la ptincesse des Ursins , came* rpra-in^yor» sur une pile de carreaux. Toutes les lettres i^fi la reipe sont écrites avec tant d^espi^it et d'agrémeof que Ton e|i psi surpris. Rien n'est si extraordinaice dans une per^qne de c^t àge-là. — Le courrier qui porte an )?oi d'IUspagne la nouvelle de la résolution prise sur sod passage pn Italie partit d'ici mardi. LouviUe ne partira qup la semaine qui vient.
FefK^redf 27, à Marly. -rr Le rqi se promena le matin ()ans ses j^^din^; Taprès-dlnto i\ retoqrqa encore à h promenée. (1 fai^pit si be^n que moi^ei^eur le Qai)« pl^iq^ n^pn^pigneur )p duc de Bourgogne, madame la duchessp de poqrgognp le suivirent ^ la promenade. La s^pir il y eut bal, qui cpiniqença à huit heures, lies dsnseuses él^ofent mi^dai^^e la duchesse de 3ourgogne , niadaiue la Duchesse, n^psdanies Ips duchesses d'Aibret, dfî Luxeiubourg, de Sf^int-Simoq, de Villeroy et de Lauzuu, juesdempjselles d'Klbeul', de Meluii et de Solre, mesdames de Souvré et de Kenel ; les danseurs sont monseigneur le duc de ^en•y, M. le duc d'Orléans, H. le comte de Toulouse, le comte de Brionue^ les ducs de Saint-Siuiou, de la FeujUade etd'Humières, le comte d'Ayen, la Châtre, Sei{iuelay et Bouzoles. Le roi vit danser jusc|u*à neuf heures, et puis retourna chez madame de Maiq tenon quand la collatiqp eut été portée; il y eut encore bal aprè^ souper, mais ou w dansa (jue des petites danses; il finit à minuit et den)i, et le roi y demeura jusqu'à la lin. — On uiande de Lisbonne que le cardinal de Souza y est mort; il Caisse uq huitième chapeau vacant dans le sacré collège. — ()n ayoit été en peine du roi de Suède, qui, eu