‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 15 sur 31 · MM · texte numérisé non relu

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, lundi 20, à Versailles. — L'après-dinée le roi enndit les harangues du parlement, de la chambre des imptes, de la cour des aides, de la cour des monnoies Idela ville, et alla ensuite se promener à Trianon. onseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne parti- Ht d'ici de grand matin pour aller courre le loup à Li- •y, d'où ils ne reviendront que mercredi, et iront tout Dit à Harly. — Le roi donna le matin audience au mte de Couvonges, que M. de Lorraine a envoyé ici >ur faire compliment au roi sur la mort de Monsieur. — .le Prince, qui a la goutte depuis quelques jours, fit un Fort pour aller au lever du roi remercier S. M. de la •èce qu'il lui avoit faite ces jours passés, et le roi lui en ; une nouvelle en même temps ; car il n' avoit que ^000 écus de pension, et il l'augmentera de 10,000 us, afin qu'il en ait 50,000, qui est la pension du premier înce du sang. — Madame la duchesse de Bourgogne la déjeuner dans le labyrinthe avec madame de Mainnon et plusieurs de ses dames ; ensuite elle alla à Triam, où elle passa la journée, et le roi sur les huit heures i donna une collation agréable où personne n'entroil où les dames se servoient elle^-mèmes.

Mardi 21, à Versailles. — Outre le conseil que le roi it le matin à son ordinaire , il travailla l'aprèsdlnéo ec M. le chancelier, Le soir il alla se promener danîj

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plusieurs bosquets de ses jardins et prit plaisir de faire voir A Vaul)an î?os plus belles fontaines. — H arriva on courrier de M. le maréchal de Gatinat parti de son aN m ée le 13 ; les choses y sont à peu près dans le même (Hat du cMfi des ennemis et du nôtre que quand M. de Marsin en partit. IjCS vingt bataillons que nous envoyons en ce pays-là sont en marche. — Le roi donnée ii.de Marsin la qualité d'ambassadeur extraordinaire, comme le ducd'Harcourtra; il aura comme lui aussi l-^OOG francs par mois pour sa dépense. A l'égard de son équipage, le roi veut qu'il en ait autant aussi que le duc d'HarcouH, et lui a dit de le commander, et S. M. payera loul. Le roi le mène ce voyage ici i\ Marly ; il y recevra ses demien ordres et compte de partir dans douze jours. — La flotte angloise et hollandoise est toujours à la rade de Spithead; les vaisseaux qu'ils ont envoyés en Irlande pour y prendre Tinfanterie angloise qui y est n'ont point encore reparo, et n'arriveront en Hollande apparemment qu'à la fin de juillet.

Mercredi 22 , à Marly. — Le roi choisit le matin M. le comte de Briorde pour remplir une des deux places de conseiller d'État vacante; j'étois le seul depuis ssstt longtemps. — Outre le conseil que le roi tînt le matin, il tint encore conseil l'aprcs-dlnée avant que de venir ici. — M. le maréchal de Villeroy eut une longue audience de S. M. avant le conseil de l'après-dinée et il prit congé de S. M., qui lui dit mî^me : « Comme vous èt« encore incommodé de votre goutte, ne vous presses [)oint de partir de Paris; car selon les apparences nous n'aurons pas irrand'guerre cette année du côté d'Aile magne. » Le comte de Tallard, qui doit servir sous lai, aura un petit corps séparé sur la Sarre , et S. M. a fait acheter de M. de Lorraine toutes les prairies de ce paysla pour cette année. — Madame la princesse et mademoiselle d'Enghien sont de ce voyage, et le roi leur a dorn»^ ici , dans le château , Tappartement de Monsieur et de

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bdame^ où madame la duchesse d'Orléans n'a pas voulu B mettre ; mademoiselle d'Enghien n'étoit jamais venue d, et madame la Princesse n'avoit pas souhaité d'y venir lopiiis la mort de mademoiselle de Condé.

Jeudi 23 , à Marly. — Le roi se promena tout le matin .fec les dames, et leur fit voir le pavillon nouveau qu'il . fidt faire auprès du nouveau mail et qui a été achevé m huit jours. Sur le soir^ le roi , Monseigneur, madame b Maintenon et la duchesse de Guiche se promenèrent kDs les jardins^ et le roi leur fit voir la nouvelle cascade j|li*il a faite du côté de l'Agrippine. Avant que de se kmener, le roi avoit couru le cerf dans son parc et Ut une fort belle chasse, où Monseigneur et monseifÊeat le duc de Bourgogne étoient. — M Chamillart ■voyB le matin au roi des lettres qu'il avoit eues de t k maréchal de Catinat ; les Allemands ont passé le ite de TAdige qui leur donne l'entrée dans la Polésine 8 Rovigo ; cela les éloigne encore davantage du Mila- Hs ; nous sommes sur le bord de l'autre bras de l'Age qu'on appelle TAdigetto ou le Canal Blanc. — On fende d'Allemagne que l'empereur, pour contenter le ince Louis de Bade, qai prétendoit qu'il lui étoit dû aucoup d'arrérages des appointements et pensions L*il devoit toucher durant la dernière guerre, lui avoit ié rOrtenau en souveraineté et lui avoit donné des Tes considérables en Hongrie. — On mande d'Angle- Tc que la chambre basse persiste A être fort opposée à la chambre haute.

Vendredi 24, à Marly. — Le roi se promena fort peu roe qu'il plut tout le jour; il fit une loterie pour les tmeschez madame de Maintenon, où il y eut beaucoup t jolis lots. Madame la duchesse de Bourgogne ne sort Utti point; on est fort aise qu'elle ne s'agite giiènî !éientement. — Le roi crée deux charges de directeurs » finances qui donneront chacune 800,000 francs, et rat les appointements iront à 80,000 francs. I^s inten-

UauU des finances travailleront sous eux. Ils rendnmi compte de fout à M. de Ghamillart, et ils rapporteront au conseil des finances^ devant le roi, les atSaires qoe H. de Chaniillart y rapportoit. On a choisi pour remplir ces deux places H. d'Armenonville *, qui ne donuora que ikOO.OOO francs et sa charge d'intendant des finanoes, qu'on supprime et qu'il avoit achetée &00,000 francs aussi ; Tautre place de directeur est donnée à M. Rouillé, procureur général de la chamhre des comptes, qui payen les 800,000 francs en entier. M. Pelletier cède sa chai;ge H M. Desforts ^ son fils, qui en avoit la survivance depuis quelques mois, et le roi donne 10,000 francs de penâoB à H. Pelletier, qui continuera à travailler avec S. I. aux fortifications. On supprime la charge dMntendaot des finances qu'avoit M. de Breteuil , à qui Ion donne 50,000 écus; la charge ne lui avoit rien coAlé; aina il ne demeurera que quatre intendants des finances^ el le roi aura 1,050,000 livres d'argent comptant.

* 1 V Armeiionville est celui qui depuis, dans la'régenœ d^Oriéans, a clé gnrde des sceaux. Il étoît firère de la femme de Pelletier, mimstredltnt et contrôleur général des finances , qui le fit intendant des finanees de IVveque d*Airc, puis d*Orléans, après le cardinal de Goisiin, et dn P. FkMiriau, jésuite. Chamillart, surchargé de travail , demanda ce's»^ c'oui-s , qui on fut un aussi momentané pour les finances par celle que ces nouveaux directeurs payèrent.

Samedi 25, à Marly, — Le roi se promena tout le matin (l.uîs SCS jardins et courut le. cerf Taprès-dinée ; MonstMt:neur ot monseigneur le duc de Bourgogne étoientàla chasse avec lui. — Il est arrivé un courrier de notr*? j ;nnl)assadeur ù Turin; il mande que les troupes <le / M. (le Savoie dévoient joindre notre armée le 18 et «jne S. A. W. devoit y arriver avant la fin du mois. — I.c m avoit fait offrir à M. Pelletier par M. de Chamillart x^w des places de directeurs des finances^ moyennant quoi on supprimeroit sa charge d'intendant des finances, dont son fils a la survivance; il a préféré Tintérèt de son fils

au sien propi'e^ et on aété si content de sa conduite qu'on lui a donné les 10,000 francs de pension^ sans qu'il les demandât. —* Le roi a choisi M. de Pomereu pour gouverner les affaires de Madame et régler les prétentions qu^elle apour ses reprises, et régler avec M. le duc d'Orléans tout ce qu'il y peut avoir de litigieux entre Madame et lui. — Le pauvre M. Courtin tomba en foiblesse à Paris; sa langue s'épaissit, mais il ne perdit point connoissance. L'abbé Aignan espère le tirer d'affaire malgré son grand âge.

JHmanche26, à Marly. — - Le roi alla à la messe de meilleure heure qu'à l'ordinaire et puis revint se coucher pour prendre médecine. Monseigneur fit comme le roi et prit médecine aussi. L'après-dinée le roi tint le conseil qu'il tient les matins. — Le traité pour la France et l'Espagne est conclu avec le Portugal. S. M. Portugaise a promis par écrit de le signer dès que les Espagnols lui auront accordé une petite chose qu'il demande, et les ordres sont partis pour lui donner tout le contentement qu'il souhaite là-dessus. — H. le cardinal de Furstemberg sacra à l'abbaye de Saint-Germain M. rabl>é de Soubise, qu'on appellera présentement le coadjuteur de Strasbourg; la cérémonie se fit avec beaucoup d'ordre et de magnificence. — Le roi de Danemark a vendu six mille hommo« de ses troupes à l'empereur, et l'on croit qu'il s'est engagé par un traité d'en donner douze mille aux HoUandois, qu'ils achètent bien cher. — H. de Souternon, qui mcnoit un de nos convois à Gueldres, a rencontré un convoi hollandois ; les commandants des deux convois se sont fait l>eaucoup de civilités l'un à l'autre, comme si nous étions les meilleurs amis du monde.

Lundi 27, à Marly, — Le roi se promena jusqu'à la nuit dans ses jardins. Avant que de sortir [>our la promenade il avoit longtemps travaillé avec M. Pelletier, qui demeure toujours chargé des fortifications. Son fils a pris place aujourd'hui, au conseil à Versailles oomm<^ inten«

dant des finances. — M. de Chamillart vint trouver le roi à son retour de la promenade; il lui apporta des lettres de M. de Catinat du 21 . Ce maréchal mande que les Impériaux sont toujours dans leur même poste le long de l'Adige; ils ont fait un pont au-dessous de l'endroit où cette rivière se sépare , mais ils n'y ont point encore fait passer de troupes que celles qu'il faut pour garder (;e pont. Ils attendent un détachement que l'empereur fait des troupes qu'il avoilsur le Rhin, qui ne peut arriver sur l'Adige que le iO du mois qui vient , et nous comptons que des vingt bataillons que nous envoyons en ce pays-là il y en aura douze d'arrivés au commencement du mois ; ces douze bataillons, joints aux (|uarante et un que nous y avons déjà , aux cinq bataillons espagnols et aux sept des troupes de M. de Savoie, feront soixantecinq bataillons outre les treize qui y arriveront encore avant la lin du mois de juillet.

Mardi 28, à Marly, — I^ roi le matin tint conseil de linancesàson ordinaire ; les nouveaux directeurs ne prendi'ontleur séanceque mardi prochain à Versailles. L'aprè»dlnéo S. M. courut le daim et au retour de la chasse il travailla avec M. de Pontchartrain. — Nos douze galères qœ commande le bailli de Noailles sont parties des cMes de Provence et vont joindre l'armée navale que commande le comte d'Estrées à Cadix. — On a envoyé ordre d'ici au marquis deCastel-Rodrigo, qui doit passer à Lyon, de s'y arrêter et de ne point continuer son voyage en Savoie jusqu'à ce qu'il ait reçu de nouveaux ordres. On n'est pas content ici de la lenteur avec laquelle marchent les troupes de M. de Sîivoie ; on les croit pourtant arrivées présentement à l'armée, mais en petit nombre. — M. le duc d'Orléans travaille souvent à régler sa maison et ne prend , aucune résolution sans en rendre compte au roi et avoir son approbation. — Mademoiselle, qui n'a que six ans, se trouva si mal à Saint-Cloud qu'on l'a crue morte pendiint plus d'une heure.

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WercrediWy àMarly, — Outre le conseil que le roi avoit ule matin à son ordinaire, il en tint encore un fort ig après dîner; et sur les sept heures le roi et la reine ingleterre vinrent ici. Ils furent quelque temps eûmes avec le roi, puis se promenèrent dans les jardins, ensuite s*en retournèrent à Saint-Germain sans souper, roi d'Angleterre n'étant pas encore en asse» bonne té pour se déranger. — On eut par la stafetlUe de ^arre des nouvelles de Madrid du i 6 ; le duc d'Harcourt 5l pas encore en état de travailler aux affaires ; les lecins lui ont fait quitter le quinquina, qui IVchauftrop, et la fièvre lui est revenue depuis, maifi intertente. — I^ roi Guillaume a harangué son parlement *a remercié des secours qu'il vouloit bien lui donner 18 la conjoncture présente pour empêcher l'agrandislent de la France , dont la puissance devenoit exormte par son union avec l'Espagne , et en finissant sa nngue il leur a dit que la saison qui s'avance l'oblioit à passer incessamment en Hollande pour veiller à rs intérêts communs ; ainsi on croit qu'il s'embarïra les premiers jours du mois. Ses équipages de isse sont déjà arrivés h Loo.

^eudi 80, à lUarly, — l^e roi dîna avant midi avec dame la duchesse d'Orléans , madame la Duchesse ot dame de Sforce, qui le suivirent ensuite à Saint-Gerin, où le roi alla courre le cerf. Mesdames de Mai ntenon , eudicourt et de Dangeau y dînèrent aussi ; mais elles lièrent point à la chasse avec lui. On servit les tables ir madame la duchesse de Bourgogne et pour toutes dames k l'heure ordinaire et comme si le roi y ertt . Au retour de la chasse, qui fut fort belle , le roi se •mena dans les jardins jusqu'à la nuit. — M. de Torey Pa dans le cabinet du roi aprèsson soui>er et lui apporta louvelle que le roi de Portugal avoit signé et ratifié Irailé de ligue offensive et défensive avec la Fmnce Espagne. Ce que S. M. Portugaise avoit à régler avec

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courrier de M. de Catinat, parti du dimanche matin 26. Ce maréchal mande que les Allemands ont fait passer une partie de leurs troupes sur le pont qu'ils ont fiait au-dessous de Tendroit où TAdige se sépare; ils avoient cent gros bateaux pour faii'e ce pont. Ce courrier a trouvé les équipages de M. de Savoie cinq ou six lieues par delà Turin.

Samedi i, à Versailles. — Le roi revint ici à la nuit après s'être promené tout le jour à Marly. Monseigneur partit de Harly après la messe du roi et alla dîner à Meudon, où il demeurera jusqu'à mercredi. — Par le courrier qui arriva hier de l'armée d'Italie^ M. le maréchal de Catinat mande qu'il a fait un pont sur TAdige, auprès de Vérone, qui inquiète fort les Allemands, parce qu'il pourra par là couper leurs convois qui leur viennent de fort loin ; il y a sept bataillons de M. de Savoie qui sont déjà arrivés dans notre armée. — Le roi fait H. le comte de Harsin lieutenant général ; il étoit très-ancien maréchal de camp. 11 y avoit eu même quelques-uns de ses cadets qui avoient passé devant lui. — Le roi a augmenté la pension du comte de Bielk, Suédois, qui est colonel réformé dans nos troupes. Il avoit 1,000 écus; le roi double sa pension ; il en aura 2,000 présentement, il espère outre cela tirer quelque chose de l'argent que le roi veut faire payer à la ville de Dantzick pour dédommager ceux qui avoient soutenu les intérêts de M. le prince de Conty en Pologne et à qui les magistrats de cette ville avoient causé des pertes considérables.

Dimanche 3, à Versailles. — Le roi alla le soir se promener àTrianon, où il ira coucher mercredi pour y passer le reste de la semaine. — Le roi a donné à M. d'Armenonville le logement qu avoit ici M. Chamillart dans le château avant que d'être contrôleur général des finances, et il adonné à M. Rouillé un beau logement dans le grand commun, qu'avoit feu M. le Nôtre. I^ roi a donné à M. de Callières, secrétaire du cabinet, le logement dans le chà-

te^iu qu'avoit ici le petit Bontemps^ à qui le roi en a T^ donné un plus commode. — On mande d'Angleterre i{ittf le roi Guillaume doit s'euiliarquer le 9 de ce mois, de notre style, qui sera samedi ; il doit^ avant que de partir, proroger le parlement sans que TafCaire des quabe seigneurs accuséH soit réglée. — On mande de Yienneque le comte Ernest de Staremberg est mort ; c'étoit Iqi qot avoit défendu Vienne en 1093. Il étoit président ducoa— seil de guerre^ et le prince Louis de Bade a toiqours souhaité cet emploi , qu'on parle de donner au comte ie- Mansfeld, ce qui pourroit bien rebrouiller tout de nouveais le prince Louis à la cour de l'empereur.

Lundi k, à VerMilles. — Le roi travailla Taprès-dlDé^* avec H. Pelletier et puis alla tirer; Torage le fit revenir* de bonne heure. — H. le comte de Briorde prit sa plaoK^ au conseil comme conseiller d^État d^épée , et M. Rouilk^ Ty prit comme directeur des finances. — Madame la da-chesse de Bracciano^ qu^on appelle présentement la prin — cesse des Ursins, a été nommée par le roi d'Espagn^^ pour aller quérir à Turin la princesse de Savoie, qu^UdoL^ épouser; elle Tamènera jusqu a Madrid. Le voyage se fer^ par mer, et le roi d'Espagne viendra recevoir, dit-on, s*» nouvelle épouse jusqu'en Aragon. — Par les dernière?* lettres qu'on a do Vienne , on apprend que les troupes' nouvelles que Tempereur veut envoyer en Italie ne pourront aiTi ver en ce pays-là que \evs le 20 août ; ainsi nous j serons toujours les plus forts , aiv nous y aurons avant et lenips-là soixanle-dix-huit bataillons , et les vingt escadrons nouveaux ([uo nous y envoyons y seront aussi avant la iin du mois.

Mardi 5, à Vermilles, — Outre le conseil que le roi tint le matin , il travailla Taprès-dlnée avec M. de Pontcha^ train , et sur les six heures il alla tii'er. Monseigneui' k dui* (l(î IJourgoi^'ne alla voir Monseigneur à Heudon d |)iissii la journée avec lui ; il nv. revint que pour le souimîI' du roi. — Uîs brigjuliei^s de Taruiée d'Allemagne ont or-

dre de parhr incessamment. — Les deux directeurs das finaoceg prirent place le matin au conseil royal. — Il est venu des lettres à des particuliers par le dernier courrier de M. deCatinat, qui portent que le prince Eugène de Savoie a reçu de pleins pouvoirs de l'empereur pour agir et traiter avec la France et l'Espagne ; cependant il ne parolt pas que rien tourne à la paix de ce côté-là. Les Allemands songent à faire un pont sur le Pô pour passer da côté de Ferrare^ et M. de Catinat a fait passer des troupes pour occuper le poste de la Stellata^ qui est à Tendroit où le Pô se sépare. M. le nonce, qui a vu le roi ce matin, assure fort que le pape ne laissera point entrer les troupes de l'empereur dans Ferrare ni dans aucune ville de l'État ecclésiastique.

Mercredi 6, à Trianon, — Le roi partit de bonne heure de Versailles pour venir ici, où il fera un plus long séjour qu'on ne l'avoit dit d'abord ; il n'en partira que lundi pour aller droit à Meudon , d'où il reviendra encore ici avant que d'aller ù. Marly. Il fait accommoder à Versailles l'appartement où il couche, et il sera du moins six semaines sans y retourner. Monseigneur revint ici de Meudon, d'où il repartira samedi pour retourner à Meudon, où il attendra le roi. Madame la duchesse de Bourgogne fait coucher ici une des dames du palais, et c'est la comtesse d'Estrées qu'elle a choisie pour cela. — Les dames de la cour ne viendront point diner ici comme les autres voyages; on en retiendra plusieurs pour y souper, et il y aura deux grandes tables comme ù Marly. — Le roi a dooné à la princesse de Montauban le logement ù Versailles qu'avoit M. Rose, secrétaire du cabinet; ce logement est dans la cour des secrétaires d'État au-dessus de M. de Heaux. — On mande de Londres que le départ du roi Guillaume est encore différé de quelques jours. La conclusion de notre traité avec le Portugal les a fort surpris et affligés en Angleterre.

Jeudi! ^ à Trianon. — 1^ roi s<», promena ici t(mt le jour

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dans les jardins, qui sont plus beaux que jamais. Parmi les dames qui ont soupe aujourd'hui avec le roi, ilyawit ' madame la marquise de Brancas, qui étoit venue sar le compte de madame la duchesse de Bourgogne. «- M. le chevalier de la Fare, frère de laFare, capitaine desga^ des de feu Monsieur, est mort à Marseille ; il étoit un des plus anciens capitaines de galères. — Le roi se trouve ici mieux et plus commodément logé qu'en aucune de ses maisons. — M. de Salins, lieutenant des vaisseaux et fils de feu Salins qui étoit lieutenant des gardes du corps, a acheté la charge de secrétaire du cabinet ; il en donne 200,000 fnincs au président de Chilt^^auregnard, qui avoit ordre de s'en défaire il y a longtemps. — M. le comte de (luiscard , notre ambassadeur en Suède et qui est pré^ sentement à l^is auprès de S. M. Suédoise, a obtenu son congé; on ne parle point encore de renvoyer un autre aml>assadeur en sa place. — Depuis le commencemenl de ce mois les louis d'or ne valent plus que douze livres et les écus blancs trois livres cinq sous.

Vendredi 8, à Trianon, — Le roi sortit sur les cinq heures pour aller tirer. Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne jouèrent au mail. Madame la duchesse de Bourgogne alla sur les sept heures les voir jouer, et après le coucher du roi elle s'embarqua sur le canal avec beaucoup de dames ; elle ne se coucha qu'après avoir vu lever le soleil. On continue toujours à espérer qu'elle est grosse. — U arriva un courrier de M. de Catinat, parti du 3 de ce mois ; ce maréchal mande que les Impériaux ont fait passer le Pô à sept ou huit cents chevaux sur une manière de pont volant, car ils n'ont point de poufs sur cette rivière. M. de Catinat fait un pont véritable à Ostiglia et a envoyé toute la garnison que nous avions dans Mantoue se saisir du poste de la Stellata, qui est l'endroit où le Pô se sépare en deux , et sur la dernière de ces deux bmnches est la ville de Ferrare. On a remis pour garnison dans Mantoue les cinq bataillons des milices

uiguedoc qui venoient d^arriver. Le poste de la Steloccupé et le pont fait à Ostiglia pour pouvoir passer \ notre armée pourront bien empêcher les Allemands mger à faire passer le Pô à toutes leurs troupes. Nous «encore huit bataillons^ outre les cinq de Languequi doivent être aiTÎvés présentement, tmedt 9, à Trianon. — Le roi alla raprè&nlinée s«; lener à Harly et n'en revint qu'à huit heures. Mouleur pai'tit d'ici à cinq heui*es du matin , alla couri'e up dans la forêt de Sénart et alla coucher à Heudon y attendra le roi. Madame la princesse de Conty y alla ber y et cela fit que madame la duchesse de Bourgogne t ici un plus grand nombre de dames à souper, eigneur le duc de Berry vient ici toutes les après- »; il y soupe avec le roi , mais il n'y couche point, duc d'Orléans y vient aussi tous les jours , soupe le roi et retourne coucher à Versailles. Il a retenu son confesseur le P. du Trévoux, qui étoit confesseur 3nsieur, et a pris pour son premier médecin le jeune rt, à qui il donne 2,000 écus de pension. Il laisse ^,000 is de pension à du Chénay, qui étoit premier médecin )nsieur, et le jeune Dodart garde ^,000 francs qu'il comme médecin de Saint-Cyr et de la ville de Ver- )S. — M. le chevalier de Lorraine a donné au roi sa », et le roi garde tous les chasseurs qui servoicnt dans quipage.

manche 10, à Trianon. — Le roi donna le matin once aux députés de l'assemblée du clergé qui finit; it l'archevêque d'Alby qui porta la parole. — Penque le roi étoit à table à dîner, M. de Duras lui apporta ettre de TEstrade, qui sert auprès du roi d'Angleterre ; nde que S. M. B. avoit eu une grande défaillance. i y envoya Louvain, un de ses écuyers, qui trouva le l'Angleterre mieux; on espère, que ce ne sera rien, î président le Bailleul*, le père, mourut a Paris sulent ; il se coucha en bonne santé ; on le trouva mort

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