‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 21 sur 31 · MARS I70S · texte numérisé non relu

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compte que lui l'end H. de Vendôme. On h appris par ce même ordinaire deux actions où la garnison de Mantoue a battu les ennemis , Tune en les chassant du po6te des Chartreux^ qu^ils vouloient occuper^ et Tautre, qai a été plus considérable > en voulant enlever un de lears quartiers. Le comte de Tessé avoit détaché pour cela dix compagnies de grenadiers, commandées par le marquis tie Leuville^ et deux cents chevaux; Zurlauben, maréchal de camp, marcha avec ce détachement à un quartier où il y avoit cinq cents cuirassiers. Son guide Pi^ara la nuit et lui lit perdre quelque temps , qui empêcha que les ennemis ne fussent entièrement surpris. Ils eurent le loisir de monter à cheval et de se mettre n bataille. Zurlauben ne laissa pas de les attaquer; il en tua cent cinquante , prit cent prisonniers et emmena cent cinquante chevaux dans Mantoue.

Vendredi 3, à Marly. — Le matin, après la messe du roi, M. de Chamillart, qui avoit couché h TÉtang, apporta an roi une lettre de M. de Vendôme, qui écrit de Lodi du S5 du mois passé. Il mande que ce jour-h\il ira coucher à Crémone ; que la gendarmerie est toute arrivée à Pavie. Nous avons rétabli le pont de Crémone, et on travaille à agrandir le fort qui le couvre. On a vérifié qu'il y avoit eu deux mille sept cents Allemands tués à l'affaire de Crémone ; op a échangé les prisonniers de part et d'autre, et nous en avions soixante et douze plus qu^ls n'avoient. Le prince de Dietrischstein est mort de la blessure qu'il avoit reçue au delà du Pô. On croit que M. de Vendôme a d^à quelque dessein et quUl attend les ordres de la cour poor Texécuter, quoiqu'il ait dos pouvoirs fort amples; presque toute notre infanterie est arrivée dans TAlexandrin. — On mande de Hollande que le roi Guillaume y a fait passer milord Albemarle pour concerter les opérations de la campagne, qu'ils veulent , disent-ils , commencer de bonne heui'e, et on croit qu'ils attendront la fin des avocaloires données à M. Télecteur de Cologne.

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qui 8*»ra Icî V du mois prochain, après quoi on compte qu'ils attaqueront Kaiserswert.

Samedi k, à Versailles. — Le roi partit à six henies de Marly j>our revenir ici. Monseigneur le Dauphin alla a Meudon, où il demeurera jusqu'à mercredi. Le matin^après iti messe, le roi courutle cerf; Monseigneur^ monaeigneur le duc de Bourgogne étoient à la chassa , monseignenr le duc de Berry y vint de Versailles, et retournèrent tous dîner à Marly. — Les régiments des gardes françoiseï et suisses ont ordre de se tenir prêts pour la revue le 15 de ce mois et pour marcher le âO ; on ne sait point encore de quel c^té on les envoie. — On a jugé ici à propos que la reine d'Espagne ne suivit pas le roi son mari à Naples: elle ira à Madrid, où sa présence servira à attacher encore davantai^e les peuples à leur nouveau roi. On a envoyé pcmr cela un courrier à Barcelone, où Ton juge bienqœ LL. MM. ce., qui s'aiment fort, seront im peu fâchées de se séparer. — Le roi a donné des pensions de 1,000 livres i\ MM. l'abbé Tallemant , Toureil et Dacier, qui ont travaillé k l'explication de ses médailles, et Ton va travailler présentement aux médailles de Louis XIU, et pais à celles de Henri IV. On corrige quelques fautes qui s'étoient glissées dans celles du roi, et on supprime la préface du livre.

Dimanche 5 , à Versaille4i. — Le roi , hipr au retour de MarJy, donna une longue audience à M. de Puységur cbez madame de Haintenon. Le roi est très-content de toute la conduite de Puységur en Flandre, où il a fort servi i\ mettre les troupes des Espagnols dans le bon étit où elles sont dans ce pays-là. — Le roi a aujourd'hui entendu le sermon du P. Gaillard, et après le sermon est allé se promener k Trianon. Madame la duchesse de Bourgogne a fait ses dévotions aux HéooUets, et Tapnèsdinéc a entendu le sermon et vêpres. Elle n'ira point à la comédie durant tout le carême, et peut-être même qu'il n'y en aura point du tout ici. — Le roi a donné des corn-

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missions de mestre de camp à huit exenipU de ses ^ai^es du corps, qui soni Neufchelles, Parisy-Fonlaine et Philippe, de la compagnie de Villeroy ; Kaint-Pau, de hi compa^ie de Noailles; Vernassal , le chevalier de Villeneuve, Saint-Avit et d^Auger ; d' Auger même avoit sa commission il y a déjà quinze jours. Le roi n'avoit jamais donné tant de ces commissions-là aux exe^ipts de ses gardes. Le chevalier de Villeneuve étoit aide-major de la com-» pagnie de Duras ou de Lorges , je ne sais de laquelle des deux (1) . — Le roi a donné une pension de 1,000 livre» à Duché , auteur de la comédie (ÏÀbsalon, que madame la duchesse de Bourgogne a jouée cet hiver, et inndame de Maintenon lui a envoyé 100 pistolesv — Le roi a donné une pension de 500 écus au chevalier d'Entragues, qui est capitaine dans le régiment du roi, et lui a fait espérer un régiment dHnfanterie quand il y en auroit un de va« cant. Il est frère de d'Entragues , colonel des Vaisseaux , mort à Crémone de ses blessures.

Lundi 6, A Versailles, — Le roi alla raprés-dinéc tirer dans son pai*c ; xVlonseigneur le duc de Bourgogne alla tirer d'un autre côté. Madame la duchesse de Bom*gogne et monseigneur le duc de Beri^ allèrent séjwirément à Meudon voir Monseigneur, passèrent Taprès-dlnée avec lui et revinrent ensemble. — Le roi a fait un règlement pour les capitaines d(^ c^ivalerie ((ui vendront leur com- (>agnie; ceux qui les vendent pour acheter un régiment ou quelcfue autre emploi à la guerre en tireront tout m; qu^ils pourront^ et on a vendu les dernières jusqu'à 1(3,000 livres ; mais on taxe le prix pour ceux qui (juittent le service, et on ne leur permet de les vendre (|uo (),000 livres dans les régiments des gentilslnmimej;. et 10,000 livres dans les régiments royaux. M. de BuUion le fils, qui a eu l'agrément d'acheter un des régiments royaux de

( 1) Il était (le U compajjnie de Duras.

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cavalerie^ a œnclu son marché pour le régiment royal de RoussiUon avec M. de Praslin, qui en étoit inestre de camp^ et il lui en donne 100,000 livres. — Le roi a trouvé bon que H. de Turmenies, garde du trésor royal, remit sa charge à M. de Nointel, son fils, qui est intendant en Bourbonnois, et on a nommé à cette intendance M. de Maupeou d'Ableiges, qui étoit intendant en Poitou. On envoie pour intendant en Poitou M. Pinon, qui étoit intendant à Alençon, et Tintendance d'Alençon est donnée à H. d'Angervilliers, jeune maître des requêtes, qui est en très-bonne réputation.

Mardi 7, à Versailles. — Le roi alla l'après-dlnée se promener à Trianon, et en revint de fort bonne heure.

— Le roi déclara le matin que monseigneur le duc de Bourgogne iroit cette année commander ses armées en Flandre , et le soir après son souper il dit à M. le comte de Toulouse qu^enfin il lui accordoit la grâce qu'il lui avoit si souvent demandée d'aller faire cette année sa charge d'amiral. Il n'y a rien encore de réglé sur le nombre des vaisseaux qui composeront Tarmée navale.

— On a des nouvelles de Pologne qui portent que le roi de Suède , après avoir marché quelques jours du c6té de Varsovie, a fait halte sur les frontières de Lithuanie, et qu'il attendra là que les députés que lui envoie la république de Pologne soient arrivés. Us ont choisi quatre sénateurs et quatre gentilshommes pour aller lui faire des propositions d'accommodement, et on croit que S. H. suédoise les écoutera d'autant plus volontiers qu'elle trouve de grandes difficultés dans l'exécution de son entreprise. — Le roi donna le soir une grande audience à M. de Puységur, qui prit ensuite congé de S. M. pour retourner en Flandre. — M. le marquis d'O suivra M. le comte de Toulouse ; il a servi longtemps sur mer, et le roi croit qu'il peut y être très-utile à M. le comte de Toulouse, qui a une grande confiance en lui. — M. de Chiverny , par sa mauvaise santé, est hors d'état d*aller à

raniiëe, et ainsi des trois hommes (jue le roi a dioisis pour être auprès de monseigneur le duc de Bourgogne il n'y aura que M. de Saumery qui le suive c;elte année à Tarmée. La santé de M. de Saumery n'es^t pas même trop bonne , car il est incommodé de ses blessures.

Mercredi 8, à Versailles. — Le roi entendit le sermon, et puis alla se promener à Trianon. Madame la duchesse de Bourgogne^ en sortant du sermon, entra chez madame d^O, qui garde le lit depuis quelque temps, et alla après joindre le roi à Trianon, avec qui elle se promena assez longtemps. — Monseigneur revint le soir de Meudon, où il étoit depuis samedi. — M. de Chamarandc , qui avoit vendu le régiment de la reine à CoUandre, lieutenant aux gardes, qui n'en a pas pu avoir l'agrément, avoit propos*» au roi plusieurs autres; gens qui se présentoient pour Tacheter, et S. M. a bien voulu montrer si Chamarande la considération qu'il a pour lui en lui permettant de donner son régiment à son fils, qui n'a pas encore dix-neuf ans. — Le roi envoie Polastron, lieutenant général, servir sur les côtes de Bretagne, sous les ordi'es du maréchal d'Estrées ; on y envoie aussi quelques maréchaux de camp et quelques brigadiers. La province lève un régiment de dragons à pied; le roi n'a point encore nommé le colonel^ et on croit qu avant la fin de l'année on les mettra à cheval. — On a das lettres de Londi'es qui ^K)rtent que le parlement parolt toujours fort soumis aux volontés du roi Guillaume; mais ces lettres portent que ce prince n'est pas en bonne santé, et que depuis son i*etour en Angleterre il n avoit pas été si mal (pi'il est présenterment.

Jeudi 9, à Versailles. — \a) roi alla se promener à Marly. Monseigneur entendit la messe dans la chapelle , v\ puis alla se coucher et se faire saigner par pure précaution; il se releva à midi, et joua toute l'après-dinée chez madame la princesse de Conty. — On déclara tous les ofii-

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ciei*s généraux de» aroiées de Flandre y d'Allemagne et

cntalie^ dont voici la liste

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