‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 20 sur 31 · KM · texte numérisé non relu

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vint à deux différentes i*eprise8 ; mais il n'y put pas demeurer toujours^ parce; qu'il avoit beaucoup à travailler avec M. de Pontchartrain. — Monseigneur et monseigneur le duc de Bourgogne , cpii sont à Meudon , coururent le loup.

Mercredi 15, à Meudon, — Le roi, après son dîner à Versailles, donna une longue audience au comte d'Estrées, et puis partit pour venir ici, où il arriva H la nuit; maflame la duchesse de Bourgogne y étoit arrivée un peu auparavant. — Le roi apprit le matin que le chevalier de CoëtlogOD étoit revenu à Brest avec une partie de Tesoadre qu'il avoit menée à TAmérique. 11 y a quelques ▼aisseaux que le mauvais temps en a séparés, et on craint fort pour celui que commande le chevalier d'Hautefort, qui avoit fait les signaux d'un homme qui a besoin d'être ■ecouru. Tous ces vaisseaux^là sont revenus en mauvais état; les équipages ont fort souffert et les vers se sont mis dans le corps dos vaisseaux pendant qu'ils étoient mouillés à Li Havane ; on dit nième que c'est un accident

diiole. l£6 liabiU de œtte prince^e étoitïnt *ï*uw grande magnificence ; cepMdant (Hi|N*iit dire que sa i)ersonnc ornoit eiiiu>re plus le théâtre que la ridiesse de be^ habits. M. lo «lue d'Orléan:i a {KirfaittMnent bien joui* le n>le «l'Abner et

^ M«e une intaltigenei^ que Ton n'attrape que lorsque Ton a beaucoup d*fftpntM. lecoiute d'Ayen a joué Jua«, et luadaïue la ooint£8fte sa ftsmine baloinitia, ceux qui les counoissont simt {>ersuadés qu'ils ont bien remidi ces deux rùles.

t Quand on a de IVsprit inliniment, on réussit dan^i tout ce qu'on >eut se donner

^ h p(4iie d'fntretM>endre. Madame la priTtddente de Chally s'est fait admirer ^^^\e l'Ole d*Atlialie. H. le comte de l'Képare, o^cofid tiU de,M. l«<luc da Gui- ^^ qui n*a que se|)t à iiuit ans, a charmé dans le prsounage du jeune roi. ^' de Champt'ron , qui est encore fort jt'une, a très-bien réussi «ians le nMe ^ fila du granil-prMre Joad , et ceUii de ce Knind-|>rf tre a été joué |>ar le sieur

p ^^iXMi, qui assentiment de Uw* c^\ qui ont eu l'iioiuieur d'^tn^ nommé» pour ^•>ir jouer cette pièce, ({iii n'a été représeut*^ que devant très-peu «le monde, n'a J*>naisjoiié avec plus de force. A l'égard dos autres acteurs qui, ne s'etaut point ^Bwe donné le divertissement de repré«entt»r des |»ièces de tiiéàtre , ignoroient *^XHi4ines s'ils avoieui quelque tident|H>urceU, tous ceu\qui ont eu le phuBir *y^ les ^oir jouor iMit dit ha«ilement<iue les meiileurs couuïdiens n'auroieiit pM *Hifr a>ec |>lus d'intelligence et de feu, ni fairr n>|Kmdre |»lus «le larmes. » ^^tfttare «le février, im^es :WI à 3«:». )

très-ordinaire dans ces mers-là. Ils y ont attendu longtemps les galions sans en avoir aucune nouvelle; mais enfin ils ont appris qu'ils étoient demeurés à la Vera-Cruz et que celui qui commande dans le pays en a £Eât 6ter la charge. On ne sait si c'est par un mésentendu ou s'il n'y a point de la malefaçon dans cela ; ce qu'il y a de œr iiiiu, c'est qu'ils ne seront de longtemps en état de venir. — M. le vidame | d'Amiens |, qui vient d'acheter la souslieu tenance des chevau-légers^ a vendu le régiment de dragons qu'il avoit 112^000 livres au chevalier du UéroD, frère de du Héron , notre envoyé en Pologne; il a été major des dragons de son frère^ dont le régiment fot réformé après la paix.

Jeudi 1 6^ à Meudon. — Le roi alla se promener le matin avec Monseigneur^etTaprès-dlnée ils allèrent tirer malgré le mauvais temps. — Le roi étant le matin à la promenade, reçut un paquet de H. de Ghamillart, qui lui envoyoit les lettres qu'il avoit reçues de Crémone. Le prince Eugène a encore passé l'Oglio à Ustiano, et l'on croit qu'il veut encore entreprendre quelque chose avant l'arrivée de nos troupes ; ils font courre le bruit dans leur armée qu'ils veulent bombarder Crémone . mais il n'y a point d'apparence qu'ils veuillent faire une si grosse dépense \)onT une chose qui ne nous feroit guère de mal. Le marquis de Crenan est mort de ses blessures ; il étoit gouverneur de Condé. Ce gouvernement vaut environ 20^000 livres de renie y et le roi l'a donné au marquis de Revel. Crenan étoit aussi un des directeurs de l'infanterie ; le roi n'a pas encore disposé de cet emploi-là. — Un des frères de ûJlandre achète le régiment colonel de dragons qu'avoil Bournonville-Horet^ qui se retire ; je ne sais pas bien la somme qu'il en donne. Lafond^ capitaine aux gardes ^ se retire parce qu'il est fort incommodé; il étoit très-esiiiu^ dans le régiment. Il vend sa compagnie 80,000 livres h un ancien lieutenant de ce corps, frère de Bournonvilie; qui vend le régiment colonel de dragons.

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Vendredi 17, à Meudon, — Le roi fut longtemps enfermé le matin avec le P. de la Chaise, et puis il se promena avec Monseigneur; après dîner ils retournèrent ensemble à la promenade. — On compte que H. de Vendôme doit être arrivé aujourd'hui à Turin, et que la gendarmerie y arrivera à peu près en même temps que taî. — L'empereur a cité M. l'électeur de Cologne à comparoltre à Vienne dans trois mois et d'exécuter le jugement qui a été rendu contre lui par les électeurs de Hayence, de Trêves et Palatin , à faute de quoi il le menace de mettre ses États au ban de l'Empire. Ce procédé de l'empereur attaque tous les privilèges des princes d^ Allemagne. — Le traité que Chamarande avoit fait avec M, Collandre, lieutenant aux gardes, pour le régiment de la reine est rompu ; le roi veut bien permettre i Collandre d'acheter un régiment , mais il ne veut pas que ce soit un régiment comme celui-là, Collandre est fils de le Gendre, fameux commerçant de Rouen. — Le roi a indiqué lechapitre des chevaliers de TOrdreà dimanche matin. — Le roi a donné pour gratification un mois de paye extraordinaire à toute la garnison de Crémone, tant officiers que soldats. — La maison du roi, qui avoit eu ordre de se tenir prête à marcher au 1'^ mars, avoit été, au dernier voyage de Marly , contremandée jusqu'au 15 d'avril; mais le roi leur a ordonné aujourd'hui de se tenir prêts pour le 1*' avril, et les capitaines lieutenants des mousquetaires vont travailler au détachement de oeux qui doivent marcher cette année dans leurs compagnies.

Samedi 18, à Versailles. — Le roi se promena tout le leur à Meudon, et revint ici sur les cinq heures; Monseigneur y est demeuré, et n'en reviendra que mercredi ; monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne y jouèrent toute Taprès-dinée, et rfcn partirent qu'après le roi. — Les affaires de Lithuanie sont accommodées entre la maison Sapieha et la

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noblesse; copendant le roi de Suède parolt ne vouloir aucun acconiniodcment avec le roi de Pologne, quoique son prétexte pour entrer dans cette province eût été pour soutenir les intérêts des Sapieha; et comme cette guerre n'est pas finie , on doute du bruit que Toti fait courir en Allemagne que le roi de Pologne vend dix-huit mille hommes de ses troupes à Tempereur. — On a des lettres de M. de Tessé du 6 de ce mois. U mande qu'il ne manque de rien dans Mantoue ^ que la garnison c?st en bon état et que par les nouvelles qu'il a eues des ennemb il faut qu'ils aient fait une perte considérable à Taffaire de Crémone et que le prince Eugène paroisse fort affligé et fort piqué d'avoir manqué cette entreprise.

Dimanche 19, à Vermilles. — l^e roi alla tirer lapivsdînée. Monseigneur^ qui est à Meudon^ alla entendrtîla messe dans la chapelle, et puis vint se mettre au lit et prit médecine par pure précaution. Monseigneur le duc de Berry , après avoir été fort gai toute la journée, sur les dix heures du soir sentit un assez grand frisson et se coucha avec une grosse fièvre. — Madame^ qui a cassé la chambre de ses filles, prendra deux dames auprès d'elle, outre sa dame d'honneur et sîi dame d'atours; elle leur donnera à chacune i,000 livres de pension. La maréchale de Cléremlmull * en est une, et l'autre n'est jws encore nommée ''*. — On a fait pour six millions d'affaires cette semaine, savoir trois millions qu'on tirera de h création des charges des syndics des communautés dans le royaume, et trois m illions de charges qu'on crée de commissaires et sous- commissaires de la marine. Jusqu'ici of n'étoient que des commissions que donnoient les secréftiires d'État de la marine; M. de Pontchartrain a eu sur cela un très-bon procédé, dont le roi a été très-content. — H. l'évéque d Agde*''^ est mort ; il éloit fn^re de M: Fouqoet, surintendant. Il laisse trois abbayes vacantes, qui vaieni 10 on 12,000 livres de rente ; son cvèché vaut pour fc moins encore autant, et il n'y a quedix-sept paroisses. //a

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toujours étr rcf^ardé comme un des plus beaux évcVliés du royaume, et il l'avoit eu durant la faveur de M. Fouquet, son frère.

• La maréchale do Cléromhault éloit fille de (.havigny, secirlpire d^Êtat , soeur de Tévêque de Troyes, Boiithillier, dont il sera parlé dans la suite et de bien d'aiitn^ , et une des fenmies de Frana^ qui avoit le plus d*esprit et de savoir , et avee cela un esprit très-salé et trèsafprrable , sans montrer jamais ({u'elle sût rien ; du reste, riche, avare, bijoutière et singidière à Texcès, ne se souciant de personne, n'ayant aussi besoin de personne , et toutefois considérée. Elle avoit pensé mourir de la poitrine étant jeune : on lui conseilla d'éviter tant quelle poiUToit de parler. Elle fut une année entière de suite à avoir la cons* tance de ne pas proférer une seule parole ; sa froideur et s<i tranquillité naturelle y eut grande part. Tout cela ensemble Taccoutuma ii ne i>arler presque plus le reste do sa vie; mais quand elle étoit en liberté et quelle s'y mettoit, persoinie n étoit de plus excellente compagnie. Elle prétendoît , quoiqu'elle s'en cachât fojrt , trouver l'avenir par de petits points et des calculs , et cela Tavoit liée à Mackime, qui se plaisoit fort à ces sortesde curiosités. Elleaimoit la cour à ne |)ouvoir s'en passer, quoiqu'elle y filt venue asst»ztard, et on ne la rencoutroit jamais sans nn masque sur son grand et vieux visaj^e pAle ; elle disoit pour raison qtie, dès que Tair la froppoit, son teint se levoit en croiltes; mais cV»toiten effet une ancienne habitude de le conserver (ju'elle n'avoit pu quitter avw la mode qui en étoit autrefois. Elle lie buvolt jamais que de Feau , et jouoit sans mot dire les journées entières, et trouvoit fort mauvais à deux heures après minuit qu'on la quittât pour s'aller coucher, et encore plus qu'on voiihU les soirs s'aller proniener, et tout cela le plus plaisanunent du monde. Elle étoit parente et fort amie du chancelier et de la chancellère de Ponlehartrain, où elle alloll souvent avec eux et bonne contpagnie (x/r], et quelquefois sortant de la nu*sse sur le midi, elleentroit sur le pont du jardin, n'alloit|)as plus loin que le pont même , puis disoit : « Oh ! Dieu merci , me voilà bien promenée! et pour tout le jour aussi, qu'on ne m'en parle plus, et allons jouer. » Dès le matin v\W tenoit des cartes, et de partie en partie, s^uis intervalle, alloit tout le plus tard qu'elle pouvolt dans la nuit , et avoit grand regret encore à interruption du dîner et du souper. Elle avoit iinearpur, iille de Sainte-Marie delà rue Saint- Antoine, qu'elle aimoit paassionément, qu'elle alloit \oir sans cesse, et à qui, malgré son avarice, elle donnoittant et plus; cette sœur tomba fort malade, f-a maréchale le sut, et se garda bien de bouger de Versailh»s, mais elle y envoyoit à tout moment. Connue elle la sut de plus mal en plus mal : 4 Oh bien î dit-elle, ma pauvn» s«rur. qu'on ne m'en parie plus. « Ui

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sœur mourut, et la maréchale n'en parla de sa vie, non plus que de tes deux fils, qu'elle survécut longtemps; mais pour reux-là elle ne les aimoit pas trop. Elle savoit à merveille tout ce qui se passoit à la cour.

** La comtesse de Beuvron étoit aussi une femme de beaucoup d'esprit et aussi grande joueuse que la maréchale. EIles'appeloitThéoboD, et fille de condition de Guyenne, d'un nom qui est éteint, mais distingué dans la province. Elle étoit veuve sans enfants, et depuis longtonps, du frère de la duchesse d'Arpajon et du marquis de Beuvron, père du maréchal d'Harcourt, et fort unie avec eux. Le'eomDe de Beuvroo avoit été a Monsieur, et chassé avec le chevalier de LonradDe et le marquis d'Effiat , tous trois plus que soupçonnés du poison de la pranièrF femme de Monsieur. La comtesse de Beuvron étoit entrée en beaucoup de choses avec Madame , seconde femme de Monsieur, de la cour d^* qui la charge de son mari de capitaine des gardes Tavoit mise, et Monsieur mécontent d'elle lui avoit défendu de la voir et fait défendre la cour. Madame, qui ne l'en aimoit que mieux, lui donnoit beaucoup, car elle étoit pauvre, et lui écrivoit s<'ins y manquer jamais tous les jours dp sa vie, et lui envoyoit sa lettre par un page. C'étoit une fort aimable femme, mais qui avoit ses humeurs.

*** Cet évéque d'Agdc avoit été chancelier de l'Ordre. Il perdit sa charge et son cordon à la disgrâce de son frère, fut exilé longtemps, et revint après à Agde, où il a passé sa vie.

Lundi 20, à Versailles. — Le roi a fait le marquis de Créquy directeur d'infanterie en Italie, en la place dn marquis de Crenan ; ces emplois-là valent 16,000 livres d'argent et quelques commodités, mais ils sont très-pénibles. — Le prince Eugène redemande M. de Montgon comme son prisonnier, etM. de Hontgon^ qui n'avoit point donné sa parole, prétend être libre; le roi a expcMsé le fait avec toutes les circonstances à ses ministres, qui ont conseillé de prendre l'avis des maréchaux de France» comme plus capables qu'eux de juger cette afîaire-là (1). — La fièvre a quitté monseigneur le duc de Berry, et il a été fort gaillard tout le soir, fâché seulement de ce qu'on ne Tavoit pas laissé manger, — U arriva on cour-

(t) Voir toutes les pièces *lc cette afTairc dans le Mercure de mars, pag*^ 255 à 273.

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rierde Barcelone, parlecfuel on apprend que le roi d'Espagne a voit eu quelques rougeurs au visage qui avoient obligé les médecins de le faire saigner; mais cela n'a eu aucune suite , et il se portoil très-bien quand le courrier est parti. Il attend avec impatience les vaisseaux du roi qui le doivent porter à Naples , ayant grande envie de faire voir à ses sujets qu'il est digne d'être leur roi. Le roi lui écrivit de Marly, le 23 du mois passé , une lettre dont voici la copie :

Copie de la lettre du roi au roi d'EspagnCy écrite de Marly le 21 janvier 1702.

« J'ai toujours approuvé le dessein que vous avez de passer en Italie. Je souhaite de le voir exécuter; mais plus je m'intéresse à votre gloire, plus je dois songer aux difficultés qu'il ne vous conviendroit pas de prévoir comme à moi. Je les ai toutes examinées, vous les avez vues dans le mémoire que Marchin vous a lu. J'apprends avec plaisir que cela ne vous détourne pas d'un projet aussi digne de votre sang que celui d'aller vous-même défendre vos tÀfiis en Italie ; il y a des occasions où l'on doit décider Hoi-mème. Puisque les inconvénients que l'on vous a représentés ne vous ébranlent pas , je loue votre fermeté et je confirme votre] décision. Vos sujets vous en aimeront davantage et vous seront encore plus fidèles lorsqu'ils verront que vous répondez à leur attente et que , bien loin d'imiter la mollesse de vos prédécesseurs, vous exposez votre personne pour défendre les Étals les plus considérables de votre monfiurchie. Ma tendresse augmente pour vous à proportion que je vois qu'elle vous est due ; je n'oublierai rien pour votre avantage. Vous savez les efforts que j'ai faits pour chasser vos ennemis d'Italie ; si les troupes que j'y destine encore y étoient arrivées, je vous conseillerois d'aller à Milan et de vous mettre à la tète de mon armée ; mais comme il faut auparavant qu elle soit supérieure à celle de l'empereur, je crois que Votre

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ne faisant plus aucun mouvement ; ils ont besoin de laisser reposer leurs troupes. Il paroit que M. le duc de Parme se conduit très-bien à notre é^^ard , et les soupçons que l'on avoit eus de lui commencent à s'évanouir; on croit qu'on ne doit plus craindre qu'il veuille livrer Plaisance aux Impériaux. On emmène le maréchal de Villeroy en Allemagne^ et il étoit déjà au delà de Trente. Ce courrier trouva jeudi matin H. de Vendôme au haut du mont Cenis. — Il arriva un courrier de Barcelone : les rouj^eurs qui avoient paru au roi d'Espagne étoient un commencement de rougeole ; il étoit I^eaucoup mieux (juand le courrier est piirti, et la reine écrit au roi une lettre fort ^aie, marquant seulement que ce mal n'est plus rien, mais qu^elle est un peu fâchée de (^e qu'on n'a |>as voulu qu'elle le vit durant sii maladie y ni mènie enc^oi'e présentement, quoiqu'il n'y ait plus rien à craindre. Elle a envoyé à madame la duchesse de Bourgogne un habit d l'espagnole, avec la coiffure de même : rien n'est plus agréable et plus majestueux que cet habillement ; la manière d'Espagne est un peu changée. Madame la duchesse de Bourgogne, après le souper, entra dans le cabinet du roi avec cet habillement ; le i*oi la trouva encore l^eaucoup mieux qu'elle n'est dans sou habit ordinaire, et on loua surtout la coiffure. — La lièvre de monseigneur le duc de Berry n'a eu aucune suite; il vint le soir avant souper chez madame de Maintenon , où il joua au brelan et ne fut jamais plus gui. — Le roi donna hier une longue audience au marquis d'Huxelles, et il partira dimanche pour retourner en Alsace. Les Allemands font fortifier Spire, et rélecteur palatin a envoyé de ses troupes dans Germersheim et dans quelques villages de l'électeur de Trêves, qui estévèque de Spire ; ces villages sont en deçà de Landau, entre le Spierbach et la Queisch.

Mercf^edi 22, à Versailles. — Le roi entendit la messe dans la chapelle k son ordinaire, et puis se revint mettre au lit pour prendre médecine ; madame la duchejise de

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— M. rélecteur de Cologne a fait ses plaintes à la diète de Ratisbonne et aux électeurs et princes de TEmpire^ qui témoignent un grand mécontentement du mandement de Fempereur à Télecteur de Cologne , qui est entièrement contre les lois et les privilèges des princes de FEmpire.

— M. Télecteur palatin amis des troupes dans Veldenz et dans Traerbach , qui interrompent la navigation de la Moselle^ et nous sommes obligés de faire passer nos convois à Bonn par terre. Nous y en avons envoyé un grand sur trois cents charrettes, escortées par quinze escadrons, que commande Cheyladet, maréchal de camp. — Le roi a donné commission de mestre de camp au marquis du Bois de la Roche y enseigne des gendarmes; les deux autres enseignes de la compagnie, qui sont plus anciens que lui, avoient déjà la même commission. — Par les der^ nières lettres de Londres, on apprend qu^il y a de grandes brouilleries entre la chambre haute et la chambre basse^ cependant il paroit que le roi Guillaume fera faire à ce parlement-ci une partie de ce qu^il voudra.

Vendredi 24, à Versailles. — Le roi alla tirer Taprès-dlnée, et revint ici à cinq heures pour recevoir la visite du roi d'Angleterre et de la princesse sa sœur, qui n'y étoit pas encore venue. Le roi d'Angleterre et la princesse allèrent ensuite chez madame la duchesse de Bourgogne^ qui étoit au lit, où elle s'étoit mise l'après-dlnée, fatiguée de la pesanteur de l'habit qu'elle avoit hier à la comédie et qui étoit trop chargé de pierreries. La princesse alla ensuite chez Madame, et le roi d'Angleterre alla chez Monseigneur et chez monseigneur le duc de Bourgogne. Dès que le roi d'Angleterre et la princesse furent retournés à Saint-Germain , madame la duchesse de Bourgogne se leva et alla à la comédie avec Monseigneur. Le roi, après le départ du roi d'Angleterre , donna une assez longue audience dans son cabinet à M. le Grand, accompagné du prince Camille, et M. le Grand y demeura encore seul quand son lils en l'ut sorti. Le roi ensuite alla tenir

3S4 JOURNAL DE DAJIGEAU.

conseil des ministres chez madame de Maintenon: — Il arriva un courrier de notre armée d'Italie, où M. de Vendôme arriva le samedi 18. On apprend par ce courrier que d'Entragues , colonel du régiment des Vaisseaux, est mort à Crémone de ses blessures. M. de Vendôme étoit si las* en arrivant qu'il n'a pu parler d'aucune afEodre; il mande au roi qu'il travaillera le lendemain, et l'instmin de l'état où il a trouvé les a£Eaires en ce pays-là.

Samedi 25, à Versailleg. — Le roi a jugé à propos que M. de Montgon allât trouver le prince Eugène et se constituât son prisonnier. On n'a [K)int attendu pour cela que les maréchaux de France eussent donné leurs avis; ils n'ont pas laissé de les envoyer ce soir, parce qu'ils avoieut eu ordre de le faii^, et Ton a su môme que tous les avb n'avoient pas été pareils. Montgon avoit déjà eu la sagesse d'écrire au prince Eugène, et lui mandoit toutes les ci^ constances du lait, l'assurant même qu'en cas qu'il le coddaninàt il iroit le trouver et se rendre son prisonnier dès que sa santé le lui permettra, pourvu qu'il ne reçût poiut d'ordres contraires du roi. — Le prince Camille a la pe^ mission du roi d'aller à Nancy, où M. de Lorraine souhaite de ravoir et de lui faire de grands avantages. 11 aura une grosse pension, et Ton ne doute pas môme qu'on ne lui donne la chui'ge de grand maréchal qu'avoit le comte de Ou^lingford, qui, à ce qu'on prétend, quitte cette cou^ là poui* aller trouver renii)ereur, à qui il a toujours été fort attaché. — Le soir, chez madame de Maintenon , le roi vit encore jouer Atlialie à madame la duchesse de Bourgogne; Monseigneur, messeigneurs les duc de Bourgogne et de Berry, Madame et madame la princesse de Cority y étoient. Madame la duchesse d'Orléans et madame la Uuchosse n'ont vu aucune de ces comédies-là. Madame la duchesse de Bourgogne fit niédianoche avec beaucoup de dames.

Dimanche 26, à Trianon, — Outre le conseil que le roi tiiit le matin à son ordinaire, il tint encore conseil

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l'après-dinée jusqu^à six heures, après quoi il vint ici^ où Monseigneur, monseigneur le duc de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne étoient déjà arrivés. On y demeurera jusqu^à mercredi, et on en partira ce jour-là pour Marly sans retoiurner à Versailles. Le soir, sur les sept heures, il y eut comédie, que le roi et madame la duchesse de Bourgogne entendirent de la tribune; Monseigneiu* et toute la cour étoient en bas (1). — L'évèque de Béziers est mort; il étoit de la maison de Biscaras. Cet évèché vaut 25,000 livres de rente. Il n'avoit, je crois, point d'autres bénéfices. On avoit dit aussi que l'évèque de Saint-Halo étoit mort, mais il ne Test pas encore. — M. du Héron , notre envoyé en Pologne , a dépéché un courrier ici qui euriva il y a deux jours ; il mande que la diète est rompue. On ne doute pas que ce ne soit par les intrigues du roi de Suède, qui a un grand parti en Pologne. Ce prince marche à la tête de son armée droit à Varsovie, et veut faire déposer le roi de Pologne, qu'il appelle son traître de cousin. On est persuadé ici que le roi de Pologne, qui amusoit toujoui»s notre envoyé par une fausse négociation, avoit conclu un tmité avec l'empereur.

Lundi 27, à Trianon. — Le roi tint conseil tout le matin, se promena Taprès-dlnée , au retour de la pro-

(I) « Le dimanche gras, le roi, après avoir tenu conseil l'apK^s-dlnée, iiartità cinq heures et demie de Versailles pour se rendre à Trianon. Madame la ctuchesse de Bourgogne y étoit tirr\\ée quelques moments plus tAt , vdtuc à Tespagnole. Les comédiens représentèrent à sept heures la pièce nouvelle de Montezunie, qui fut suivie dr celle du Grondeur. Le un vit Tune et Pautre «le la tribune, et madame la ducltesse de Bourgogne demeura aupn's de lui. Monseigneur, les princessses , les princes et toute la cour étoient en Ivis dans le parterre en face du théAtre. Il resta, après la C4)niédie, grand nombre de dannes qui avoient été nommées iM)»ir le souper ; elKs «Hoient toutes nuigniliquemort vêtues d*étofTes or et argent , mais non |>as «>n robes. Les deu\ gnndes tables furent remplies , cVst-à-ilire c^'lles du roi et de Monseigneur, et furent tenues l'une et laiitre dans le mémo lirii. Au sortir do taMe, Sa MajeiUé, sniviede toute la cx)ur, alla dans lo;salon du lM>ut de la galerie du côté du , et y joiMi au portique, u ( ^ermcrede lévrier, P»ges .198 à ^(n. )

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bonne santé ; iL ne sait rien encore de ce que Tempereur veut faire de lui. Ces lettres sont venues par notre envoyé

lapr«hantioa que mes lettres ne furent interceptées, et qu'on ne m'en fit un erime pour mauter toute sorte de liberté ; inais Monsieur je ne puis plus résister à llapAtiaiiceou Je suis «rinformer le roy de ina inallieurei&e destinée phis crudlr mille fois que je ne Ta vois preveu , par un presentiment qui ne ce justifit* que trop , vous TOUS en souvenes Monsieur, vous veres dans la lettre du roy mes âvantares , ainsy je m*epargneray la peine et le chagrin de vous le repeter. Je nmile ases sur Ihoneur de vostre amitié pour croire que vous conpatires à Moo clat et que vous le souUgeres dans tout ce qui depandra de vous , M. le prteee Eugène, de qui j'ay receu milles lionetetes a voulu m'envoyer icy, je lu> i&a des instances très pressantes de me lesser a CastiUion , a quoy il ne voulut pas consentir par tiien des raisons dont je ne connois pas. Il me dit qua Inspmck je seroih a portée de rece\oir des nouvelles de lempereur qui puorroit seul desider de ma destinée , qu'il me randroit tous les services qui drpandroit de luy, mais que je savois bien qu'il nepourroit rien desider sur mua elat quapres avoir receu les ordres de l'empereur. Kufm me voicy à Inspmck, vous juises bien M^ que tous les lieux me sont égaux et qu'il ny a que mon elargisseroent qui puisse soulager letat ou je suis , jespere que le ro) mni U bonté de me continuer sa protection. Il y a une dtalite si suivie dans es qiii vient de mari? er que le témoignage de ma constance nadoucira jamais le aottvenir d'un tel malheur. Il faut que la nesesite des afaires me lace aler a Milan, et que je revienne à Crémone dans le moment fatal, reflections supeftua dont Ion se dévore jour et nuict, il y en a bien d'autres aussyjcruelles a ftirr. Fiaisons M^ il n'y a point de cartel de lait, ainsy ces messieurs ce servivoal de oe prétexte autant quils voudront a moins que la honte du roy ntntermaa^ en ma favair. Jec-ris un mot à M. de Torssy pour le prier de me randre linice, M. le maréchal de Crequi payant 50,000 francs de rançon, je suis loat prest de donner la mesme somme, jen ay les moyens sans estre A chaife a mes amis , des 300,000 frans que le roy ma donné je n'en ay depaaeé que I2â,000 frans ahssijay encore 176,000 que jemeferayavanserquand je vmalny. Vous voules bien M', que tout ce petit détail domestique demeure tÊân vous cl moy. La première chose qu'il faut savoir, c'est la volontédu roy, ctr je ne saunas entrer dans augune negotiati<in que je ne sois informe des jBtfwf^^» de SM pour suivre set ordres. M. le prince Eugène ma fait loulca aortes dofres. Jay oognu le comte de MansMt en France, que est pre- Mnloncnt président du conseil de guerre tout cella ne me peut estre bon arien ans la protection du roy, aussy. M*"., je vous supplie davoirla honte de me faire tiroir la conduite que j'ay a tenir. Jadresse mon paquet a M. de Ricous a Mu- Ml» <t le prie de vous lenvoyer par un de ses gens. Ayes la honte de me dooaar lie vos nouvelles que jatcnt avec bien de Kupatience , n'ayant eu avis ni aoavHks de personne depuis que je suis prisonnier. Je viens de voir dans les «Mettes aNemandes que nous avons quité les postes du bas de lOlio dont je Mibi Mea aHifP^ , car jen rugnoys la conséquence pour louveHure de la ram- T. VIII. Î^J

ite JOURNAL OE DAHGEAU.

à Munich et sans que ceux qui le gardent aient nt qu'il écrivoit.

Mardi 28, à Trianon. — U ne dîne ici avec le roi que les dames qui y ont des logements et Madame, qui y vient de Versailles. Il y a une grande table pour seize pe^ sgnneë et une petite pour quatre ; le soir il y a dev grandes tables, à cause des dames que retiennent Iff princesses. Lo roi soupa à neuf heures, et au sortir de table il monta dans la tribune, d^où il vit le bal; madame In princesse de Conty étoit dans la tribune aapiés | de lui. U en sortit avant minuit pour s'aller coucher, é le bal dura Jusqu'à deux heures. Il étoit dans la salle oi est le théâtre, et on a voit fait ôter rorchestre pour avoir plus de place. Il y avoit des bancs sur le théâtre pour te étrangers; les danseuses étoient madame la duchesse de Bourgogne, madame la Duchesse, mesdames d'Ali)ret. de Saint-Simon , d'Ayen/de Lauzun , de Souvré, deRafetot, de la Vrilliére , mesdemoiselles d*Elbeuf, d'Armagnac, de Helun et des Marests, sœur du grand £iti' connier, qui dansa pour la première fois. Les danseurs^ étoient n)onseigneur le duc de Berry, M. le duc d'Orléaûi»? Ir comte de Toulouse, le comie de Brionne , le prince to^ mille, le prince Charles, les dues de Saint-Simon, d'Entrées, la Châtre, Naugis, Li\Ty le lils, de la Baume - Nonaiit, le chevalier de la Vrillière et le petit marqiaî^ (lo N(*sle, qui n'a que treize ans et qui dansa là pour l» pi'eniière fois. Madame la duchesse de Bourgogne, nid- •daine la duchesse d'Orléans, madame la Duchesse et quelques autres dames a voient des halnts à l'espagnole ma- .gniiiquos ii . — M. le cardinal de Noiiilles a fait un

|>aftne. Coiniiieje n'ay |H)in! \^ \\hev\è «lecrirv, il npfiinl point dutpoMi^ \^ 'ment qu'on a>*» rwîiedi» mes lettres. Je «iiîs M'. voKtre Irps-hninMe ff b^* (»liei».int S4»r\iteur.

VlLUBOl.

(1) « Le mardi Madame vint raoon> dtnei' avir l« roi, et s'en irtoom A*

MARS 170». 3Si»

mandemont ti*èN-sévèi*e pour Inobservation du carême, ei ie roi a donné oi*di*e à Livry pour le l'aire ol)SiH*ver de point en point dans toutes les tables de sa maison^ et les oourtisans sont averlis d*en umt d«' même chez ru\. Mercredi V marSy à Marhf. — Il y i»ut conseil le matin

buniM* lieuiv à Nh-njûIIos ainsi (|uVUr a\(>it fait \v liiiiili. 1^' rui , nial^ic U« Umps qui éUnX très-ni4li% m> pronit^iia dans \v janlin pi>ii«lant doux lioiin«s. TmiI«m kw ilame« iirri%(Mvnt sur li»s qualn* d ciiM| heures |Mmr W liai, qui oMnroeiH'a a <li\ heures H «leniie, k* sou|jerayaut vU* a>juu'e «rune heun'. Le bilae passa «lans Lis«ilie de laconuMlie, dunt on a\oit Air lonliestre. I.e mi Mplarn dan^la tribune, et madame la princesse de Conly detnmira pr^ rie Ita Utinti^. |jOt dame« danMitet Turent niadaimt la diii-Jiesse de lk»urui)|UM*, liftaïUunela IXuiiesM , ina<iemoii»elle de Mdun, inailnmeile la Nrilliere, iiia> lUinela cointess<* dWycn, madame la diiehesse de I>auzun , inadaini> la r4>ml«w»» d'Kstrées , toutes values ma«niitiqiienH*nt ii l'esiM^noie. 1^ |)arni-e île iuftiUtiM* la duc4)etti« de IkHinculUie étuit !»ii|ifTl)e; inadaiiiH ki diH'lii'hM* |l*Urlé«iM étiiit \i\hie de la même manière , um> elle ne dansa |MHnt. I^e?! autreft dames du \ui\ etoient mademoiM'Ile d'Arma^nae , madt'inoîs«*lle d'FJhmif, mef^dames de Sainl-Shnou, de S4ni\re, d'Alhret, de i'Iiaumuni rtde Haletât, inademuiaello iIim Man'ts. JL.es danseurs t*t«iienl iimni lieiffMiir W dur de Ucrn, M. le due. «rorleans, M. le coinlc de l'oulouse. M. le 4-(Hnte de liri«mne, M. le dur de Saint-Simon, M. le marquis de Senttnanaty ffl* de M. l'ambassadrar d'KxpafOif , M. le «lievalfer de la YrHIi^re. le nMrqiiîK de Nonant, M. de Mootbazan, M. de Lftr> le lUi», M. de la CJudn^ M- h* iiiarquiit île à\au^:iy de la Baume et «le Sei^elu), M. U piinee Camille, M, le due d*K>tnVs, M. le piinee (."harleset M. le marquis de \esle, ipii eut crt honneur |H>nr la prenuen* foi*. Le nn «te n-tira avant minuit, W h* lai <*ontinua.

» Riru II etuit plu» i^^laut i|iie riialut u IVsiM^iide de iiuid«ime la duehi*ss4> do BoHT\!nf^i\ La reine d*Ks|Ki^ne l'a envo\éà rette prineesse ÎI «*toit airtNu- ^mpié d*tinc roifrure qui n'est |ms , non plus <pH* Tlialiil , selon raM-iniiM* iHiNlc. Cette coilTurt» u telleineni plu ipfuu croit k la nHir ipie de e^'lh's «le Franci* et d'iis|Ki<yie on eu eiUiqM^era une nou\elle'|ui tiendra de l'une et de rautre;leN iM^monn*^ <le Imiu sens et <le Im)ii ^oiM ne |>eii\ent s'acrtHumixler <le U hAirteur de eHli*^ de rmmv. Si voa aiiAeH sa%4ii<*iit et^ux qui h's c^miluiumi il, HlKii si> Hanicniient iNen d'eu im'ttre jamais île ni eli'\étîb.

m Tous eeu\ qui ont \u madame la (hielies>e de l(oui^o;;n<' avcr son liahit M res|wqawde en ont été elianiH'>, et IVmpress«*ment de la \t»lr a i*li* jiran I, iHÛs il faudroit entendre eette prineesM' |Kirl«T eiq>a}:n44. (Vite lan^iue ne panii. |iM iiMMiis agréable daus sa Uuuehe que I'IuiIhI esiM^nol sur mmi auguste ptTlamne. M. Pliilip|N'de SiHivre , t|ui an'u riioniieur de lui appreiidn' la langm» es|ia|UMile , doit sVstiiner heureu\ d*a\»ir tn»uvé un si |m>u sujet , de snrte ^11 n*n INW eu lietuiin d«' tiMite son liBhile4«', «pii e«t numiM*, |KMir enioiiuiei- |ie a «vite graiultt |H'itiiretiiife. » ^ Mei'curr tW Sf\ rier, |iii;if*s i0.i a • I '>. y

À Trianoiiy et le rai en partit après son dîner pour venir ici, où il se promena jusqu'à la nuit; madame la duchesse de Bour6:ogne partit un peu après le roi de Trianon, et le joignit ici i\ sa promenade. Monseigneur joua tout le soir; monseigneur le duc de Bourgogne joua de son cù\é ; il n'y eut point de musique. Le roi, au retour delà promenade^ travailla chez madame de Maintenon avec M. de Chamillart. Il adonné le régiment des Vaisseaux, vacant par lamortde d'Entragues, à M. deMontendre^qui s'est fort distingué àPaffaire de Crémone, où il a étébleâé, et le régiment de Médoc, qu'avoit M. de Hontendre, à M. le chevalier de Chamillart, frère du ministre, qui étoitdios la marine et ancien capitaine de vaisseau même, mais qui a désiré de servir sur terre. — J'appris que M. le chevalier de Bouillon, qui étoit aussi capitaine de vaisseau, avoit quitté la marine depuis quelque temps et qu'il demandoit au roi une commission de colonel, mais il ne la pas pu obtenir jusques ici. — Puységur arriva de Flandre, pour rendre compte au roi de Tétat de& troupes de France et d'Espagne qui sont en ce pays-là ; le roi a remis à l'entretenir au retour de Marly. Le$ Espagnols y ont présentement quarante-deux batail^ Ions, et il y eu a près de cent cinquante des troupes d^ France.

Jeudi 2, à Marly, — Le matin, après la messe, M. d^ Chamillart apporta au roi des lettres de H. de Vendôme^ qui rend compte de ce qu'il a fait depuis son arrivée. U visite les difféi*ents quartiers où sont nos troupes en deç^ de l'Âdda, et devoit aller à Crémone sur la fin du mois« II mande que les ennemis sont dans leurs quartiers saD5 faire aucun mouvement. La gendarmerie est presque toute arrivée; les dix-huit miUe hommes de recru^F que nous envoyons pour notre infanterie sont déluu^ qués et une partie a déjà joint l'armée, et des dixHoea/ , liataiUons que nous y faisons marcher il y en a d(fjà quinze dVmlmrqués. Ia" roi parolt fort content du hoù

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