ITALIE
LIBUTKNAIfTSt GKNJRAUX.
MM.Revel.
MM.Créquy,
Tewé,
Vaubecourt ,
Villare,
Barbezières ,
Médavy ,
Bachevilliers.
Bezons ,
Albergotti,
Pracomtal ,
Praslln.
Saînt-Frémont ,
MARiCHÀUX DE CAMP.
VIM.Villepiou,
MM.Chartogne,
Zurlauben ,
Marçay ,
Cavoyf ,
D'Estaing,
Monti;on ,
B'Avarey,
Asfeldratné,
Clermont, .
Greder Allemand.
Aubeterrt ,
(/)mte de Roucy ,
D'Arennes',
Diiede Villeroy,
Duc de la Feuîllade.
(ihemerault,
Bissy,
Lan^alerie ,
Flamanville.
Boutigoeux ,
MY
M. le duc de la Hoohe^^uyon ne 8ert point; M. de la Rochefoucauld; son pÀre, Ta souhaité, et en a parlé au roi d'une façon dont 8. M. est contente; mais c'est une pertt*
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pour le service du roi y car M. de la Roche-Guyon est galant hoinnie et bon officier.
Vendredi 10, à Versailles. — Leroi^ après avoir entendu le sermon, alla se promener à Trianon, où il fait travailler. Monseigneur ne sortit point de tout le jour. Hadame la duchesse de Bourgogne^ après le sermon, alla à la Ménagerie. — On eut des lettres de M. de Vendôme, qui mande au roi que les Impériaux ont abandonné Monticello et Borgo San-Donino, qui sont des bourgs du Parmesan où ils avoient mis des troupes. Monticello est sur le P6 audessus de Crémone, et Borgo San-Donino entre Parme et Plaisance. — Outre les officiers généraux qui furent nommés hier, il y a eu deux lieutenants généraux nommés aujourd'hui pour servir, Bartillat en Allemagne et Manpertuis en Flandre. M. de Villequier, qui n'étoit point sur la liste , servira aussi de maréchal de camp en Flandre. On envoie en Poitou, pour servir sous M. de Chamilly, Nancla, maréchal de camp, Silly, brigadier de dragons, et Vervins, brigadier d'infanterie. On envoie deux maréchaux de camp servir sous M. de Matignon en No^ mandie; ces maréchaux de camp sont MM. du Rozel Talné et Romain vil le. — M. de Saint-Pouanges le fils épouse mademoiselle de Sourdis, qui a environ vingt ans, ijui a toujours été nourrie dans un couvent à Paris. Le marquis de Sourdis, son père, lui donne 2,000 écus de pension; il n'a point d'autre enftint. Elle héritera encore des biens de M. de Montluc, son oncle, et en partie des biens du marquis d'Effiat, en cas qu'il ne se marie point ou qu'il n'ait point d'enfants.
Samedi 11, à Versailles, — Le roi , après son lever, til entrer M. le maréchal de Catinat dans son cabinet. Ce maréchal avoit eu le jour d'auparavant une longue conversation avec M. de Chamillart, à Paris, qui lui avoit dit. de la part du roi, que S. M. avoit résolu de lui donner le commandement de son armée d'Allemagne. ïl se défendit quelque temps d'accepter cet emploi, mais enfin il assuw
qu'il étoit prêt d'obéir et d'accepter tous les emplois où le roi croiroit qu*il lui seroit utile. La conversation avec le roi a été telle qu'il convenoit en pareille occasion, et finit de la part du roi par dire au maréchal : a Présentement nous voici en état que vous pouvez vous expliquer avec moi à cœur ouvert de tout ce qui s'est passé en Italie durant la dernière campagne. » Le maréchal répondit : «Sire, ce sont toutes choses passées; le détail que j'en pourrois faire seroit inutile au service de Votre Meyesté et ne serviroit qu'à nourrir peut-^ tre des inimitiés étemelles ; ainsi je la supplie de vouloir bien que je garde un silence profond sur tout cela. Je ne me justifierai, Sire, qu'en songeant à vous servir encore mieux, si je puis, en Allemagne qu'en Italie. » Le roi a fort loué ce procédé. — Le roi a donné à M. de Tournemine, exempt de ses gardes, le régiment de dragons que lève la province de Bretagne; M. le comte de Toulouse l'avoit proposé au roi pour remplir cet emploi, et le roi Va fort loué d'avoir jeté les yeux sur un si bon sujet.
Dimanche là, à Versailles. — Le roi, après avoir entendu le sermon, alla se promener à Trianon. — M. le duc de Richelieu,qui a déjà été marié deux fois,épouse en troisièmes noces la veuve du marquis de Noailles. Elle lui donne 100,000 livres, et ils signent en même temps un contrat de mariage du duc de Fronsac, fils du duc de Richelieu, qui n'a que sept ans, avec la lille aînée de la marquise, qui en a onze, à qui la mère donne 200,000 livres et une maison magnifique qu'elle a fait bâtir depuis peu à Paris auprès des Invalides. Le roi signera le contrat de mariage de ces enfants pour y donner plus de force. — On mande de Londres que le roi Guillaume a fait une grande chute de cheval et s'est rudement blessé à l'épaule; il y a même des lettres qui portent que la clavicule est rompue. — Le pape a jugé l'affaire entre Madame et M. 1 électeur palatin; sa sentence arbitrale porte (pie Ma<lame aura de cet électeur, pour toutes le» préten-
MO JOURNAL DK PANGKAU.
tioii8 qu'elle a^ 800^000 éout rommiiift, en dédauant aiir cette somme ce qu'elle a déjà touohé. L'abbé de Tciea, chargé des affaires de Madame à Rome, a protesté eontie cette sentence, prétendant que le pape a exoé^é soo pouvoir, parce que, par le traité de Ryswyok , il avoit été été réglé que, si l'empereur et le roi, qui étoientartnins de ce différend, ne pouvoient pas convenir, l'affaire m* roit portée au pape , qui confirmeroit la sentence du roi ou eelle de l'empereur, et que dans le jugement qu'il vient de rendi*e il a pris un troisième parti. Le pape avoit nommé sept commissaires pour examiner cette alhire-là ; de ces sept, trois ont été d'avis de confirmer la sentence du roi et quatre ont opiné pour Texpédient que le pape a suivi. -^ Les deux aides-majors des gardes du corps quittent, n'étant plus en état de servir. Sérignan n'ademandéauroi, pour récompense, qu'un logement ici dans le château, et le roi lui laisse le sien > en attendaot qu'il lui eu puisse donner un plus commode pour lui et pour sa femme. Il a dit au roi qu'il étoit assez riche et que 8. M. lut avoit fait assez de grâce pour n'avoir besoin que des commodités pour lui faire sa cour et lui témoigner sa reconnoissance. Teste, qui n'est paa bien Anm ses affaires^ aura 7,000 francs de pension en attendant que 8. M. lui donne un gouvernement ou lui fasse quelque autre gràce.Le roi donne la place de Sérignan à d'Avignon, qui étoit premier enseigne de la compagnie de Duras, et celle de Teste à Brussac, major des carabiniers qui sont en Italie; il est de la maison de H. d'Hautefort; il est frère de Marquessac, colonel d'infanterie, et ils sont neveux de Brussac qui est mort lieutenant des gardes du corps. Le roi à promis à Taste un logement à Ver sailles. Ces deux nouveaux aides*major0servirootalternativement^ l'un à rariiiée et l'autre à la cour, au lieu que depuis quelques années Taste servoit toujours a Tannée et Sérignan à la cour.
Lundi Id, à VertailUê. — Le roi donna hier h la
Vienne , un de ses quatre premiers valets de chambre , une charge de gentilhomme ordinaire de sa maison, vaûftnte par la mort de M. Day ; ces charges-là se vendent d'ordinaire 50^000 livres, et le roi en la donnant à la Vicmne lui en donne la survivance pour son (ils. — L'évèque de Poitiers est mort. U avoit été précepteur d«* M. le comte de Toulouse^ et s'appeloit eu ve teinpei<'hi ral)l)é Girard. Cet évôché vaut 10,000 écus de rente au m4)ins. — L'évoque de Tulle (1) quitte son évècbé, et le roi, qui soubaitoit qu'il s'en défit, lui donne, pour le dédommager , Tabbaye de Ham, qui ne valoit que 12,000 livrée à feu M. d'Agde, mais on compte qu elle vaut beaucoup mieux. — Le roi après sa messe fit entrer M. Kosen dans son cabinet; il lui dit qu'il vouloit, durant la campagne, qu^il fût toiyours auprès de monseigneur le duc de Bourgogne afin que sur ses bons conseils et sur son itxemple ce prince pût s'acquitter de tous ses devoirs et acquérir une bonne réputation. M. Rosen est le pi*eniier lieutenant général ; ainsi étant toujoui*s auprès de la personne de monseigneur le duc de Bourgogne , ce sera M. le duc du Haine qui commandera Taile droite ; car il est le premier après M. Rosen. Le roi fit ensuite appeler M. de Cayeu, et lui dit qu'il le mettoit auprès de monseigneur le duc de Bourgogne. Cayeu étoit depuis longtemps auprès de H. le duc d'Orléans, et avoit 12,000 livres de pension du roi pour cela. Connue M. la duc d'Orléans a présentement toute la maison de feu M. son (lère, M> de Cayeu n'avoit plus de fonction auprès jie lui. -— Le roi a choisi six officiers de mérite et de distinction pour les envoyer à Naples au roi d'Espagne, qui les emploimii comme il le jugera à propos. IjC rui leur donne h chacun, outre ce qu'ils tirent de leurs emplois^ 500 livres par mois. Ces six ofticiei^s sont : HM. des Aides, co-
<l) HunlMiftABoeêiii.
lonel réformé de dragons; Lessart^ colonel réformé; de Uns ^ lieutenant-colonel de dragons; le chevalier P^ et Luzbourg^ lieutenants colonelsde cavalerie^ etMcmchains, capitaine des grenadiers de Bourbonnois. — Le roi a donné à M. de Villequier Fappartement qu'avoient la gouvernante et les fiUes de Madame ; la princesse d'fla^ court en avoit prétendu une partie pour le prince de Montlaur, son iils; mais M. de Villequier Pa en dans son entier^ et il prétend n'être entré dans aucun engagement avec madame la princesse d'Harcourt là-dessus. — Le roi a donné commission de mestre de camp à Uormois, major du régiment du roi de cavalerie ; c'est le premier major à qui le roi ait donné commission de mestre de camp.
Mardi ik , à Versaille$. — Le roi devoit aller à la volerie^ où il n'a pas encore été cette année; mais le vilain temps l'en empêcha. — On apprit la mort de M. de Senhs (1), qui mourut hier après diner à Paris. Voilà présentement six évêchés vacants^ qui sont: Agde, Béziers, Saint-Malo , Poitiers, Tulle et Sentis^ et il y a dix-huit ou vingt abbayes à donner. Le roi n'étant pas content delà conduite de M. Tévêque de Gap *, qui n'a pas proiité des avertissements que S. M. lui avoit fait donner, a relégué c^t évèque à Condom. — Le roi a fait M. le marquis d*0 chef d'escadre ; il servira en cette qualité sur le vaisseau que montera M. le comte de Toulouse. Il y a plusieurs places de chefs d'escadre vacantes que le roi n'a pas remplies. M. d'O n'étoit pas un des plus anciens capitaines de vaisseau, mais son mérite et ses services auprès de M. le comte de Toulouse, qui a fortement parlé pour lui, ont déterminé le roi à lui faire cette; grâce. — Par les lettres qu'on a reçues de Londres on apprend que le roi Guillaume eut la fièvre le 8 du mois, qui n'étoit pas
(1) DonK Sanguin.
encore cessée le 9 au soir quand l'ordinaire partit. — Le roi a donné à Savinne , mestre de camp de cavalerie^l'enseigne de la compagnie de Duras, vacante par la promotion de d'Avignon à Taide-majorité.
* Cet évéquede Gap étoit Gis d'Uenré, conseiller en la grande chambre, et il étoit parvenu à Tépiscopat par ses missions et par une vie fort sainte. Son épiscopat le fut de même jusque vers cinquante ans, qu*il se dérangea , et la dégringolade fut rapide et affreuse, jusque-là qu'il n>n avoit point de honte , et vivoit chez lui et dans Paris dans un scandale qu'il ne se donnoit pas la peine de cacher. r.e cardinal le Camus, dont il étoit suffragant, lui en parla une fois à Grenoble. - Monseigneur, lui répondit Tévéque, toute la difierence qu'il y a entre vous et moi , c'est que vous avez commencé par où je finis , et que je finis par où vous avez commencé; mais je le trouve si bon que Je suis étonné de ne m'y ^tre |)as mis plus tôt, et que je regrette d'avoir tant perdu de belles années que vous avez employées mieux que nKN. » Cette forceuerie à la fin lui coilta cet exil, dans lequel ne changeant point de \ie , on voulut qu'il quittât son évéché ; mais il n'y voulut point entendre. Quoique sa déposition fût canonique et sûre si le roi l'eih voulu , la cérémonie d'un concile provincial et le grand éclat réduisirent le roi à capituler avec lui. Il se démit moyennant la domerie d*4ubrac de 30,000 livres, et la permission d'être à Paris tant quH voudroit, dont il usa avec son même scandale, et alloit même effrontément à la cou^, où il comptoit fleurettes aux dames eu passant. De* venu fort vieux, Dieu le toucha. 11 se retira, travailla à des missions avee des capucins en province, et finit avec l)eaucoup de repentir de ses dérèglements.
Mercredi 15, d Marly. —Le roi, après avoir entendu le sermon à Versailles, vint ici, où il se promena jusqu'à la nuit. Il avoit signé le matin les contrats de mariage du duc de Richelieu, qtii a environ soixante-dix ans, et du duc de Fronsac, son fils, qui n en a que sept. I^ duc de Richelieu compte que la fille de la marquise de Noailles, outre les 400,000 livres qu'on lui donne en mariage, aura encore du moins huit centsautres mille livres. La marquise de Noailles n'a que deux filles, et si Taln^ venoit à manquer, M. le duc de Fi*onsac épouserait la cadette, qui aurcut tout le b'M»n dp In maison. — M. le
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luaréclial de Catinatest de ce voya^; le roi donuit sa promenade a pris plaisir A lui faire voir tons les embeilissaments nouveaux qu^il a fait faire ici depuis un an. — Le roi a choisi M. de la Baume , fils du comte de TaUard, pour acheter le régiment de Savinne, qui vient d'être fait enseigne des gardes du corps. — On a des lettres de M. de Tessé de Mantoue^ qui mande qu^ils font tous les jours des prisonniers et qu'il leur vient beaopoup de rendus. Toutes les écuries de la ville sont pleines de chevaux des ennemis, et de chevauxen très-mauvais état, [cej qui marque bien que la cavalerie des Impériaux a beaucoup souffert. On n'a pas la confirmation qu*ils aient abandonné les postes qu'ils avoient dans le Pa^ mesan.
Jeudi 16 , à Marly. — Le roi partit à midi, et alla dans la plaine de Ouille faire la revue de ses régiments des gardes françoises et suisses. Monseigneur, monseigneur le duc de Bourgogne suivirent le roi à la revue. Madame la duchesse de Bourgogne se promena k>Dg<tenips avec lui Taprès-dlBée. — On eut des lettres de Ba^ celone. Le roi d'Espagne mande cp'il suivra le conseil du roi sur ne point mener la reine sa femme à Naples; il avoit même quasi déjà résolu de prendre ce paîrti-Ii avant que de recevoir la dépèche du roi. La pauvre petite reine a fait à merveille sur tout cela ; elle a marqué une très-grande douleur de se voir contrainte'à se séparer bientôt du roi son mari, mais en même temps elle lui a dit qu'il n'y falloit pas balancer ; que ses intérêts et sa gloire exigeoient cette séparation, et que leur tendresae mutuelle devoit céder au bien de TÉtat; qu'elle ailoit tAcher, étant à M«'idrid, de se rendre digne de lui et de ae faire aimer de ses |>euples, pour augmenter encore leur affection pour leur nouveau maître. On apprend parce courrier qu'on avoit eu nouvelle A Madrid que le roi de Portugal étoit assea^ mtalade. I>e roi d'Espagne a écrit uni* lettre au cartlinnl Porto-Carrero, par laquelle ifW