‹ Journal du marquis de DangeauChapitre 24 sur 31 · MARS HM · texte numérisé non relu

MARS HM

mande sa résolution et dont voici la copie ; cette lettre a été fort approuvée ici.

Copié de la leurs du roi d'Espagne au mrdinal Porto- Car rero (1).

[ Mon cousin, j'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite ;

je prends en lx)nne part les représentations que vous

m'avez fait faire, tant sur mon départ que sur celui de

la reine. Je ne puis vous en donner une meilleure marque

qu'an me séparant d'elle et la laissant en Espaf^e poui^

satisfaire me« peuples, puis(|ue vous m'assurez le désirer

ainsi; c est le plus grand sacrifice que je leur puisse faire,

et j'espère qu'ils sentiront par là que j'ai plus d'égard i

^ - leur satisfaction qu'à la mienne propre. Je orpis qu'il est

^ i|)utile que je vous la recommande, l'amitié que vous

3 avç^ pour moi me répond du soin que vous aurez d'elle.

j il est inutile aussi que je vous recommande de prendre

I spii) (le mes affaires pendant nu)n absence ; car votre

fk télé m'est connu, et la confiance que j'ai eu vous est sans

j réserve. Je sais que VéUii présent des affaires ne vous

i permist pas d^ &ire de grands efforts pour nie secourir ;

I J9 compte que mon épargne sera ma jUus grande res-

r ^Hrce. Faites en sort^ seulement que ce que vous me

r pourrez fournir mè soit donné régulièrement, et que

g ma maison, qui est très*petite, aussi bien que celle de la

k r^in«, soit payée ayec exactitude ; et pour les dépenses

I extraordinaires, je ne vous demande que ce qui se p ourra

P 'aire sans que je ^is à charge à mes peuples. Je suis sûr

I ^Ue vousferez U)utl.e mieux qu'il yom sera possible, et cela

\ iHe suffit. Je ne doute point non plus que mes autres mi*

Pistres ne secondent vos iKmnes intentions , et que pen-^

(1) La copie clc c«tte Mtre ne se trouve |iai> dans le manuscrit de D^qseau; *• P^ «rt restée en Wanc; nous la reproduiftcHis d'apr^^ le Mercure galant , ^^ 1^ f»9àréei\am mmi volume «In mmn «K* mar;; , |)ages *>H:» h TQO.

dant que je verserai jusqu'à la dernière goutte de mon sang, s'il est nécessaire^ pour empêcher le démembrement de cette monarchie, et que je ferai tous mes efforts pour porter «a gloire au ^us haut où elle ait jamais été, vous n'agissîectous de concert pour maintenir dans les provinces la tranquillité, qui est si nécessaire. Je vous enjoins sur toutes choses de veiller à la défense des côtes et à la sûreté de Madrid.

Au reste/quHl ne soit plus question de me faire aùcane remontrance sur mon voyage d'Italie; le parti que j'ai pris est trop glorieux et trop nécessaire pour que je sois capable d'y rien changer. Faites faire à Madrid, aussi bien que par toute l'Espagne, des prières publiques pendant mon absence, pour demander à Dieu qu'il lui plaise de protéger la justice de ma cause et qu'il préserve mes Etats de l'invasion des hérétiques qui se sont ligués contrp moi. Voilà, mon cousin, ceque j'avoîs avons recommander. 11 ne me reste plus qu'à vous assurer de l'estime que j'ai pour vous, aussi bien que de mon amitié, que vous méritez de plus en plus par tous les services que vousme rendez. J

Vendredi 17, à Marly. — Le roi se promena toujours dans ses jardins^ et prit plaisir à faire voir à madame de Maintenon , qui étoit dans sa chaise fermée à côté du chariot du roi, tous les embellissements nouveaux qu'il y a faits cet hiver. Monseigneur vint joindre le roi à la proifnenade; monseigneur le duo de Bourgogne et madame la duchesse de Bourgogne y étoient, et il faisoit le plm beau temps du monde. Le roi et la reine d* Angleterre vinrent ici sur les sept heures; la reine fut quelque temps enfermée avec le roi et madame de Maintenon, et pendant ce temps-là le roi d'Angleterre joua au brelan avec monseigneur le duc de Bourgogne. A neuf heures LL. MM. BB. s'en retournèrent à Saint-Germain. — Le roi a fait donner à M. le maréchal de Catinat 10,000 écus pour son équipage ; il «voit vendu tous ses chevaux au retoof

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d'Italie^ croyant ne plus servir. — Des six mille chevaux qu'on envoie en Italie pour la rémonte de la cavalerie , il y en a déjà plus de quatre mille arrivés, et Ton compte que le reste y sera avant la fin du mois. M. de Vendôme est parti de Crémone pour venir à Pavie, où toutes les troupes arrivent. Les deux bataillons de Lyonnois et les deux de Crancey,qui se sont embarqués les derniers, doivent être en Italie.

Samedi 18, à Verêoilles. — Le roi, au sortir de la messe, ftUa courre le cerf; Madame étoit avec lui dans sa calèche. Monseigneur et messeigneurs les ducs de Bourgogne et Bercy étoient à la chasse avec lui ; elle fut fort l)elle et fort courte, et le roi eut encore le loisir de se promener avant son diner. L^après-dinée il retourna à la promenade, et ne revint ici qu*à la nuit. — Le roi donna ces jours passés au duc de Montfort 10,000 livres de pension à distribuer dans les chevau-légers , conmie il le jugera à propos, pour récompenser des vieux maréchaux des logis , des brigadiers et des sous-brigadiers. — Le roi a accordé, à la recommandation de M. le cardinal de Noailles, une pension de 800 francs à mademoiselle de Villefranche, nouvelle convertie. — La province de Bretagne lève à ses dépens un régiment d'infanterie de deux bataillons,et le roi a choisi pour colonel du régiment le marquis de Kerman, qui est capitaine de cavalerie depuis six ans et qui est Breton.

Dimanche 19, à Versailles. — Le roi, après le sermon, tint conseil, quoiqu'il Teût tenu le matin à son ordinaire; Monseigneur étoit au sermon et au conseil, et ne sortit point de tout le jour. — =- Il arriva un courrier de M. de Vendôme, qui est à Pavie : le bruit qui avoit couru qu'il avoit pensé être pris n'est fondé sur rien. Toutes les troupes sont arrivées en très-bon état, et on a donné dou2è mille fusils pour remplacer ceux qui ont été rompus ou perdus. Il n'y a nul armurier dans toutes les places du MilMieK^ et on a soin d'y en envoyer. On croit que M. de

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