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avant que de savoir ({Uti le roi Ty eût destiné. -^ M. le duc de liorraiqe avoit envoyé au prinee Louis de Bjide pour répéter M. de Varennesj qui n'étoit pas de bonne prise , et s'offroit même à payer wi rançon en oas qua contre raison on vouliU soutenir qu'il éloit luen prisj M. le prinoe Louis a répondu qu'il croyoitll. de Varennes de mauvaise prise, mais qu il no pouvoitle renvoyer sans la permission de Temp^reur, à qui il on uvoit écrit trèsfortement. — Le roi et la reine d'AnglolejTe vinrent ici Bur les six heures; S. M. mena promener l(> roi crAu^lnierre dans ses jardins, et la reine dt^neura iivvv, miidame de Maintenon, qui aencore quelque rtH»senlimuntde liiHrc,
yendrtdi IV, à lUarly, — Le roi alla raprù^i-iUnétî oourrelecerf ; Monseigneur étoit à lacliasse. ( n peu apriis le laissez-courre une barde de cerfs lit peur au cbcva) de M. de la Rochefoucauld, qui emporta son u)altre sous un arbre, où il fut blessé à la tète, mais légèrement ; ce qu il y eut de C^heux, c'est qu'il fut désarçonné et qu'il tomba sur le bras gauehe, qui fut rompu entre Tépaule et le coude. Le roi lui fit donner une do ses petites calécht^s (jui suivent toujours lachiuise, et on le mena à Vei^sailles au Chenil. M. Félix y vint, lui raccommoda le bras, et un espère le tirer daffîiire^ Il avoit eu l'épaule de ce bra.vlà fracassée au passage du Rhin, et on craint que cela ne rende sa guérison plus diflicile. Le roi et Monseigneur vinrent à Tendroit où il étoit toml)é et lui mar(|uèrent toute lamitié du monde. — On eut des lettres du 1 du roi d'Espagne ; il étoit arrivé le 3 & Crémone, où il attendoit M, de Vendôme. — On eut des lettres de Matlrid du 29 ; la reine y devoit arriver le lendemain. On i'.ontinue à mander des merveilles de cette princesse, et elh* a laissé une grande opinion d'elle en Aragon ; Tamii^anle ^lartira pour venir ici dès qu'il Taura saluée.
Samedi 15, à Versailles. — 1^ roi se promena tout le jour dans ses jardins à Marly, et ne revint ici qu'à huit heures; madame la duchesse de lk)urgogne en re\int en
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même temps que lui. Monseigneur alla Taprès-dinée à Meudon^ où il demeurera jusqu'à jeudi. La santé de madame de Maintenon ne se rétablit guère ; cependant elle alla hier à Saint-Cyr et y a été encore aujourdliui. — H. de Dnras^ qui a été assez malade à la fin de son quartier^ comptoit de revenir ici aigourd'hui prendre leb&lon; mais le roi lui manda hier par Davignon de ne pœnt venir et de ne songer qu'à se reposer^ et cette honnètetf du roi a été un peu regardée conmie un ordre et comme une décision en faveur de M. de Noailles^ lequel prétend que M. de Duras n'étoit pas en droit de prendre lé bâton, puisqu'il n'avoit pas commencé le quartier qui n'est point son quartier naturel. 11 convient que M. de Duras, s il se fût bien porté à la fin de son quartier, étoit en droit de commencer celui du maréchal de Villeroy ; mais que, ne Payant pu faire et lui ayant pris le bàton^ on n'étoit plus en droit de le lui 6ter.
Dimanche 16, à Versailles. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire , il travailla longtemps Taprès-dinée avec M. de Chamillart et puis alla se promener à Trianon. — Le roi envoie M. d'Audiffret à Nancy auprès de M. de Lorraine; il revient d'auprès de M. de Mantoue, où il a'été longtemps an la même qualité d'envoyé. On parle d'une neutralité pour la Lorraine ; mais il seroit d'une grande importance pour le roi d'avoir des troupes dans Nancy, surtout si les ennemis prennent Landau , comme il y a grande apparence, puisque l'on ne peut secourir la place. Les nouvelles qu'on en a, c'est que Mélac incommode fort les assiégants ; il a lâché les écluses, qui ont inondé une partie des travaux qu'avoient faits les ennemis et les a réduits à une seule attaque. — On mande de Madrid que Li reine d'Espagne y est. arrivée; elle n'y a point voulu faire d'entrée, mais eUe y a été reçue avec de grandes acclamations de joie. Elle mande à madame la duchesse de Bourgogne qu'elle a trouvé Madrid J>ien plus beau qu'eUe ne pensoit.
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Lundi il, à Versailles. — Le roi prit médecine et tint conseil Taprès-dinée. Madame la duchesse de Bourgogne et Madame allèrent le matin chez le roi séparément, et Taprès-dlnée madame la duchesse de Bourgogne alla à Meudon voir Monseigneur; elle s'y promena avec lui jusqu'à la nuit; elle y fit collation et revint ici. — Monseigneur le duc de Bourgogne, qui est toujours au camp de Goch, y attendoit un grand convoi qui est arrivé; c'est le comte de Gacé qui commandoit les troupes qui Tescortoient. On mande de ce pays-là que les ennemis veulent passer la Meuse, ce qui nous obligera à la passer aussi. — On a nouvelle que la flotte des ennemis est prête à se mettre à la voile et qu'on croyoit qu'elle partiroit le lendemain de File de Wight. — Cinq cents hommes de nos troupes, qu'on a détachés de la garnison de Huningue, ont passé dans l'Ile qui est dans le Rhin vifrA-vis de la place où ils se sont établis ; ils relèvent les fortifications du fort, que nous avions rasées suivant le traité de Ryswyck et qu'on a rétablies sous le feu des ennemis postés sur le ' bord du Rhin du côté d'Allemagne.
Mardi 18. à Versailles. — Le roi donna le matin audience au duc de Medina-Celi, qui prit congé de lui pour retourner en Espagnç; le roi et les ministres lui ont trouvé beaucoup d'esprit et de capacité. Il est persuadé, et nous le sommes aussi, que la dernière révolte de Naples n'aura aucune suite et qu'elle a été beaucoup moindre qu'on ne l'avoit dit d'abord. — On eut par For* dinaire d'Italie des nouvelles de M. de Vendôme; les lettres sont du 10. Il de voit partir le lendemain pour aller à Crémone, où le roi d'Espagne Tattend. Le pont que nous avons dessein de faire à Casal-Maggiore ne se peut commencer que nous n'ayons des troupes vis-à-vis, de l'autre côté du Pô, et pour cela le marquis de Créquy doit se mettre en marche, le 14, avec un gros détachement. Il lui faudra quatre jours de marche, ainsi on ne commencera à travailler à ce pont-là que le 18 ou le 19 ; on pré-
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tend qu'il sera fait en deui jours. Le marquis de Crâfoy diiit êtn* parti vendredi patfé de Crémona, el aeloo Im ap{)arences doit être arrivé préwntaiiMiiit v|s-4-wde Casal-Uacgiore.
Mercredi 19, à IVrsoîiia». — Le rai alla tiiar laprtadinée. Madame la duchesie de Boureogiie paasa toute la journée chez madame de Maintenon, qui se Iroinna eoceic plus mal qu'elle n^avoit été depuis les six aamainca qu'elle tsit incomoKidêe. — lin croit que M. de Fointîa aval des- M*io , avec les neuf vaisseaux qu'il a i Donkerque et k» sis galères que le chevalier de la Pailletrie a anieiiét:s d'Ibt^nde, d'aller sur les cùtesde Z^f lande et t^*her d'y rr*iu(itr quelque> di^uesï. Les Hollandois, qui ne craignent rieo tant que cela et avec grande raison^ ont envoyé vingt-sept vaiseseaux à la hauteur de Dunkerqua pour emprcbtr IH>intis d'en sortir ; ces vaiâieaux-là ne sont pas du noniUt de ceui qui doivent agir avec la flotte d'Anglelene. On a nouvelle que cette flotte mit à la voile le ik par un fort beau temps, qui n'a duré que deux jours; le vent leur a toujours été fort contrain; «t fort violent depuis ces dem jouiv4â ; ain>i on or\*it qu'il> auront été obligés à relâcher sur l«ï^ eûtes d 'Angleterre .
Jeudi iù . a Termitie*- — Il arriva de^ aourrier^ ilr notre armée de Flandre et de celle d'Allemagne. MuD- ^ii:neur le duc de Bourgogne mande que les ennemis ont iail repa&ïirr la Mru<e à un aisex irros corps de détachement de leur> tn:*upe> qu'ils avoient envoyé pour tàchtf d'entivprendre quelque chose sur notre convoi. Mikmi Marlborough . qui conjmande présentement Leur armée. s'c:i4 appiwhe du camp de monseigneur le duc de Botu^ gogne et fait faire tous iâ^ jours à sea troupes des VEuMr vemenu différents , ce qui fait croire qu'ils n'ont aucun drsïcân formr. Monseigneur le duc de BourgofDt dr meure ferme dans 2on camp et ne sonpc plus à passer la Me us«\ puisque ie> tzv4ipes ennemie» l'ont r«|)assèe. h> kltr\> lù iK4rv amie^ d .VUemagn«* p(.4ient que le f 7lr>
travaux des assiégeants devant Landau n'étoiont pas fort avancés; ils attendoient tous les jours le roi des Romains. Mélac^ qui commande dans la place, fait un furieux hm et leur tue beaucoup de monde ; il a des munitions en abon^ dance^ mais sa garnison est bien faible.
Vendredi 91, à Ver$aiHeê. — Le roi alla Taprès-dlnée se promener à Marly ; avant que d'y aller^ il passa ches madame de Haintenonj qui n'a plus de fièvre j mais qui est encore fort abattue» -^ Monseigneur revint bier de Meudon, où il fait faire encore un nouveau b&timent. -^^ Ou eut des nouvelles de la flotte ennemie ) elle est encore à la rade de Torbay> et le vent continue à être contraire ; cependant ils font toigours courre le bruit qu'elle ira en Portugal i mais U saison est trop avancée pour cela. --* On eut par l'ordinaire des nouvelles de M. de Vendôme; il arriva le 1^ à Crémone, où il salua le roi d'Espagne. M. de Mantoue y est venu aussi et a été cbarmé de la bonne réception que lui a faite S. M. C. ; il dit qu'il veut la suivre à Tarmée , m^is on croit pourtant qu'il s'en ira à Casai. M. le duc de Parme est venu aussi à Crémone voir le roi d'Espagne, et s'en est retourné à Plaisance fort contint de la bonne réception de S. M. C, qui se fait fort aimer de ceux qui ont l'honneur de l'approcher. M. de Tessé la suivra à Casal-Uaggiore, où elle compte d'arriver le W pour y passer le Pô) on croit pourtant que le pont n'en iera achevé que le 22 ou le 23.
Samedi 22, à Fer^t/Zei. ^— Le roi alla tirer l'aprèMllnée. Madame la duchesse de Bourgogne alla faire collation & la Ménagerie. — M. l'évoque d'Autun, qui a quatre-vingts ans passés, a donné au roi la démission de son évëché et m même temps a prié S, M. de mettre en sa place l'abbé de Senaux , son neveu, que le roi nomma il y a quelque tempil à l'évéché de Saintes; le roi a accordé à M. d'Autun ce qu'il demaqdoit , ainsi l'évéclié de iiaintes sera A donner. — Don Rernardo de Quiros, qui étoit ambassadeur d'iïspagne en Hollande^ eut mardi dernier une au-
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dience très-favorable du rm. S. M. loi dit : « Je sais que vous avez bien servi le roi votre maître et même contre moi ; mais, bien loin de voos en savoir manTaîs gré y je vous en loue ; vous faisiez Totre devoir^ et je sais qne vous continuez à le faire encore avec j^os de plaisir depuis Funion entre les deux nations et que les intacts de la France et [de] TEspagne sont devenus les mêmes. » ~ M. de Locmaria, qui commande à Mets, et M. de SainiCofitest^ qui y est intendant, sont allés à Nancy pour r^kr quelques affaires avec M. de Lorraine.
Dimanche 23, à Ver$aille$. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire , il travailla encore longtemps Taprès-dinée avec M. de ChamiUart et puis il s'alla promener à Trianon. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme^ parti du 18 de Castelvetro, qui est au delà du fày vis-à-vis Crémone. M. de Vendôme étcnt en marche et comptoit d'arriver le 22 vis-à-vis de Casal-lhggiore, où nous faisons construire notre pont, sur lequel le roi d'Espagne passera. M. de Vendôme mande que le prince Eugène a fait avancer dix mille hommes sur la Parma à Colomo; on ne sait si ces troupes ^ront suivies du reste de leur armée qui est dans le Seraglio , car il n'^y a guère d'apparence que le prince Eugène ait voulu séparer son armée. — On eut nouvelle que la flotte ennemie étoit encore le 19 à Torbay: les vents lui sont toujours contraires. Par tous les a>-is qu'on a d'Angleterre , cette flotte est toujours destinée pour aller en Portugal, et on assure qu'ils ne changent point de dessein, quoique la saison soit fort avancée.
lundi ±ï . à VersaiUes. — Le roi travailla longtemps Taprès-dinée avec M. Pelletier et puis alla faire un tour à Marly pour voir quelque chose qull Eût faire. Madame la duchesse de Bourgogne alla à une ferme auprès de Vitlepreux par les plus vilains cheminsdu monde. — Le roi a donné le gouvernement des lies de rAmérique à Hachant, ancien capitaine de vaisseau, et la veuve de dWmblimoat,
mort il y a six mois, quiavoit ce commandement^ a eu une pension de 1^200 livres. — Le roi de Suède marche tou* jours à Cracovie ; voici la réponse quUl fit à Varsovie à renvoyé de Télecteur de Brandebourg : « Je sais que votre maître n^attendoit que le succès de la ligue entre le roi de Danemark y le Moscovite et la Pologne pour se déclarer contre moi. J*ai châtié le roi de Danemark jusque dans Copenhague et Lui ai pardonné en bon voisin. J'ai dompté le Moscovite et Tobligerai bien à rester en paix. J'ai chassé le roi de Pologne de sa capitale. J'irai à votre maître le dernier pour lui montrer le cas qu'il falloit faire de mon amitié et qu'il devoit la mériter avant que de l'obtenir; retirez- vous. »
ilfardî2ô, à VîriaiUes. — Le roi alla tirer Taprès-dlnée. - Monseigneur alla coucher à Villeneuve -Saint -Georges pour courre le loup le lendemain dans la forêt de Sénart. — Les lettres de notre armée d'Allemagne portent que la nuit du 16 au 17 le prince Louis de Bade avoit fait attaquer la contrescarpe de Landau et que les ennemis s'y étoient logés ; le lieutenantde roi de la place^ qui s'appeloit d'Aoust, y a été tué. Voilà ce que l'on dit dans l'armée et que la place est pressée; ce qu'il y a de certain c'est que M. de Catinat décampa le 19, avec assez de précipitation mème^ parce qu'il eut avis que le prince Louis faisoit faire beaucoup de ponts sur la Loutre. Varmée ennemie est de plus de cinquante mille hommes, et nous n'en avons pas vingt-cinq dans la nôtre. M. de Catinat s'est venu cam|)er à Herte , qui n'est qu'à deux ou trois lieues de Strasbourg. — Le prince d'Auvergne est parti du camp devant Landau pour aller en Bavière voir madame la duchesse Max [9%c\f sa tante (1). Il n'a point pris d'emploi parmi les ennemis, comme on l'a voit dit. — Madame de
iX) Mauricette-Fébronie de la Tour- Bouillon , tante du prince d'Auvergne , avait épousé en 1M8 Maximilien-Philippe-JérAme , comte palatin da Rhin^dae «le Bafièrf .
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Maintenon est toujours fort inootnmodée, et le roi lui avoit proposé de rompre le voyage deliarly; Itilliselleaniieiu aimé faire un effort sur sa santé que de rien ehatiger ati projet du roi.
Jtfererf dt 20^ à Marhf. ^^ Outre le oonsell que le roi tant le matin à son ordinaire^ il travailla encore longtemps ]'aprè»<ilnée avant que de venir ici. Monseigneur oonrutle loup àSénartet alla eoucheràMeudon. M. le dno d'Or> léans et madame la duchesse d^Orléans ne sont point de w voyage ;ilsBont allés à Saint'^loud pour dit ott douze Jourl. Madame la duchesse du Maine est demeurée A Sceaux, oA elle se plait fort. Madame de Monaco est de ce voyage ; il y a près de trois ans qu^elle n'y étoit venue ; la marquise de Brancas y est pour la première fois. -— M^ Téleoteur de Cologne a envoyé ici Calvo, colonel du régiment royal, qui est détaché avec cinq cents hommes des troupes de France pour commander dans le fort qui est au delà de Bonn. On ne dit point le sujet de sa commission , mais on croit que cet électeur ne veut point être enfermé dans sa place et quMl souhaite que le roi trouve bon qu'il aille se mettre k la tète de Tarmée que commande M. de Tallard; le roi y consent. M. de Calvo a ses ordres pour repartir demain) il n'y a aucunes troupes trançoises dans la ville de Bonn.
Jtxkdi 27, à Marly. — Le roi 9e promena le matin et Ta* près-dinée dans ses jardins. Monseigneur revint de Heudon, où il avoit couché. Madame la duchesse de Bourgogne se promena Paprè^-dinée avec leroi. Madame de Maintenon passa la journée fort doucement ; son point au côté est fort diminué. — De la flotte ennemie qui est à Torbay il a y eu quelques vaisseaux détachés, sous le commande, ment de Fairborne, qu'on croit qui sont hors de la Manche. Les Anglois disent que ces vaisseaux vont en Portugal pour obtenir de S. M. Portugaise la neutralité, qu'il aura peine à leur refuser en Tétat présent des affaires. Nous n'avons pas pu lui envoyer les trente vaisseaux qu'on lui avoit fait espérer, et il a eu un très-bon procédé avec nous; on
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ti« s'en plaindra point quand tnème il accepteroit la neu* traiité. -^ On mande de Madrid que le 1*' de ce mois on ouvrit les ordres de8« M. C. par lesquels il renouvelle le dé* . oret du 14 février et confirme ceux qu'il y avoit nommés dans le gouvernement des affaires et pour assister la reiiie de leurs conseils ; ce sont le cardinal Porto^krrero, don Manuel Arias , président de Castille , le duc de Mon* talte, les marquis de Manseraet de Villafranca^ le comte de Monterey et le duo de Medina^Celi. La reine a depuis assisté tous les jours au conseil, et on doane de grandes louanges à oette prinoime sur son honnêteté et sur sa ca* paoité môme, qui est surprenante à son Âge.
Vendredi S8> à Matly. «^ Le roi courut le oerf l'aprèsdlnée dans sa oalèohe; Madame y étoit avec lui. Monseigneur étoit à la chasse. Madame la duchesse de Bour^ gogne demeura chez madame de Main tenon, dont la santé se rétablit forti •««- On eut des lettres de M. le maréchal de Gatinat du i6. U mande que les assiégeants n'avoient pas encore attaqué la contrescarpe de Landau et qu'ils n'é* toientmême qu'au pied du glacis ; le toi des Romains n^é^ toit pas encore arrivé à l'armée; il est demeuré à Heidell>erg pour quelques jours» -^ L'ordinaire d'Italie apporta des nouvelles de M. de Vendôme du iO ; ce prince étoit arrivé sur la Parma, où^ il n'a trouvé aucunes troupes des ennemis. On travaille au pont deCasal-Maggiore, qui sera liientôt achevé. M. de Vendôme mande qu*il enverra un courrier dèsqu'il aura passé la Parma. «^ On mande de Pi>logne que le roi de Suède a rejeté toutes les propositions l{ue le comte de Ziniendorf lui avoit faites de la part de Tempereur ; il marehe droità Cracovie, où le roi de Pologne a fait venir les huit mille Saxons qu'il avoit promis à Tempereur. Les Sapieha ont joint le roi de Suède.
Samedi 20, à Jf«rly. -* Le roi fit l'après-dlnée une fort jolie loterie ches madame de Maintenon pour madame la duchesse de Bourgogne et {fouv ses dames. Madame la com«tewe de Gramont y fui appelée et y diaputa un lot contre
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le roi ; le roi le gagna et le lui donna, lui disant : c il n'est pas juste, comtesse, que ce soit moi qui vous empêche de gagner. » — On eut avis que cinq vaisseaux de la compagnie des Indes étoient arrivés au Port-Louis; a charge, de ces vaisseaux est estimée cinq millions, et cela rétablira les affaires de cette compagnie , qui étoient en mauvais état. — On va publier un édit pour la diminution dei monnoies au mois de septembre ; les louis d'or senmt diminués de six sous et les écus à proportion. — On mande d'Angleterre que le duc d'Hamilton et tous ses adhérents, qui sont en grand nombre, persistent toujours à soutenir que rassemblée du parlement d'Ecosse n'est pas légitimement convoquée, et pour justifier leur conduite ils veulent faire signer leur requête à la reine Anne par plus de cinquante mille personnes, et Ton ne doute point que ce parlement ne soit cassé.
Dimanche 30, à Marly. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire, il travailla encore Taprèsdinée avec M. de Chamillart. — On eut des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne du 28 au matin ; il mande que toute l'armée ennemie avoit passé la Meuse le 27 à Grave et qu'il alloit se mettre en marche pour la passer aussi. On croit qu'il pourroit bien y avoir quelque action considérable en ce pays-là; les ennemis y sont plus foris que nous, mais nos troupes sont beaucoup meilleures, et monseigneur le duc de Bourgogne témoigne une grande joie de voir les apparences si prochaines d'un combat. — On mande de Marseille qu'une barque arrivée de Tunis y a apporté les nouveUes du changement qui est arrivé en ce pays-là par la mort d'Amurath^Bey et de tous ceux de sa famille qui possédoient ce royaume-là depuis cent ans. L'.aga de ses spahis turcs, appelé Ibrahim Chérif, le tua dans son carrossed'un coup de mousqueton ; on envoya étrangler à Tunis son fils et son oncle ; ses deux cousins furent tués dans l'armée, ainsi la famille fut exterminée et le gouvernement est revenu entre les mains des Turcs.
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Lundi 31 , à Marly. — Outre le conseil que le roi tint le matin^ il travailla Taprès-dinée avec M. Pelletier le ministre. — Il arriva le matin un courrier de monseigneur le duc de Bourgogne, qui mande au roi que le 28 il passa la Meuse àRuremonde et sur deux ponts qu'il avoit fait faire proche de cette ville-là; si les ennemis avoient voulu empêcher son passage^ il auroit été difficile ; mais la marche s^étoit faite avec tant de diligence que les ennemis n'ont pu s^avancer jusque-là. Les deux années sont à trois lieues Tune de l'autre. Monseigneur le duc de Bourgogne a fait rapprocher Tallard, mais il ne lui a point encore fait passer la Meuse. — Il arriva sur le midi un courrier de M. de Vendôme, qui écrit de Colomo du 2k', il n'a point trouvé les ennemis sur la Parma. Le roi d^Espagne devoit passer le lendemain le PôàCasal-Maggioreetvenir camper ce soir-là sur la Lenza et le 26 marcher jusqu'au Crostolo, où M. de Vendôme mande qu'il croit trouver les ennemis. Tous les avis portent que le prince Eugène ne laisse que dix mille hommes dans le Seraglio et vient avec le reste de ses troupes pour défendre le passage du Crostolo ; en ce cas-là M . de Vendôme croit qu'il y aura deux actions, et que M. de Vaudemont d'im côté et la garnison de Mantoue de l'autre attaqueront le Seraglio pendant qu'il attaquera les ennemis sur le Crostolo. L'armée du roi d'Espagne est de quarante bataillons et de plus de quatre-vingts escadrons.
Mardi V aoûty à Marly. — Outre le conseil que le roi tint le matin , il travailla l'après-dinée avec M. de Pontchartrain, qui lui fit voir une carte marine des bancs qui sont depuis Ostende jusqu'à Calais, et entre ces bancs Pointis a fait marquer la disposition des vaisseaux ennemis qui Fempèchent de sortir de Dunkerque et qui n'osent pourtant l'y attaquer, ce qu'ils ne pourroient faire que I^ar un fort petit front. Ils ont quarante-trois vaisseaux de guerre, dont le moindre est plus grand que celui de Pointis, qui n'en a que six ; les galères sont demeurées àOstende.
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— On aut Am kttresde Strasbourg et de rttrméé dumaféchal de Gatinat du 38 ; elles portent qUe Mélac se défisiid toujours A merveille , que les assiégeante ne sont peint encore à portée d'attaquer la oontrescarpe et qu*tm capitaine de la garnison avoit déserté> chose quasi sans exemple parmi les François ; noé soldato ont tiré dessus^ et il est blessé . — Madame alla à' Saint^oud voir madame la duchesse d'Orléans ; elle pleura fort en y entrant et n'y demeura guère ; c'étoit la première fois qu'elle y eût été depuis la mort de Monsieur.
Mercredi 3, à Marly* — Le roi, après le conseil, alla voir élever le cheval ailé qui porte la Renommée (1) et qae l'on posa sur son piédestal au bout du jardin sur l'abreuvoir; tous les connoisseurs disent que c'est im ouvrage achevé. 11 est de Coyzevox , et a été fait en quinze mois. Monseigneur y avoit été dès le matin et retourna ensuite au conseil ; le soir, après que le roi eut travaiUé avec M. de Chamillart, le roi y retourna encore et vit achever de le poser, ce qui s'est fait sans qu'il y ait eu rien de gAté à la figtœe, malgré les difficultés qu'il y aA élever de si grands poids. — Pendant que le roi voyoit placer cette Renommée, M. de Chamillart lui apporta des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne, que S. M. eut la bonté de nous lire. Elles sont du 31 au soir, et le courrier n'est parti que le l"*' au matin ; il n'a été que quarante heures en chemin. Monseigneur le duc de Bourgogne est campé à Brey, poste que les ennemis avoient envie d'occuper; il les a prévenus par sa diligence. Milord Marlborough, qui les commande , après avoir pris le chAteau de Crancnborg> qui s'est très-bien défendu, s'est venu camper à Colille,qui n'est qu'à une lieue de notre camp, et nous ne
(1) Cette tii^ire, ainsi que celle de Mercure du même sculpteur, a été poMe dans le jardin des Tuileries depuis la mort <le Louis XIV, parc* qu'alors on voulut orner ce janlin, le roi Louis XV <*tant venu habiter le palais des Tlltt^ TifA. (ISoie du tiHC rfp ijtffws, )
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sommes sé[mrés que|KU'un \Hi\\ï ruihS4*aii assex iiiam;»geux. Monseigneur le duc de BourgoKi^^^ ("roit comb^itf re et en espère un bon succès^ quoi(|uo las ennemis soient plus forts que lui considéralilemeni. Tallurd devoit le rejoindre hier au soir.
Jeudi Sy àMarly. — Le roi alla Taprès-dinée courre le cerf; madame la duchesse de Bourgogne étoit dans »i |>etite calèche avec lui. Madame étoit à lâchasse aussi, mais dans une autre calèche. Monseigneur et monseigneur le duc de Berry étoient à la chasse. — Le chevalier iU\ V<»rnassal arriva le matin ; le roi crEspague le lit partir It; :ii\ de CastelBOvo^ qui est entre la l^iiza et le Crostolo ; i^'est où 8. M. C. a joint M. de Vendôme. Le prince Eugène n^est point sur le Crostolo, comme on Tavoit dit; il n'y avoitque trois mille chevaux commandés ptir Visconti, qui se retirent à mesui*e que nous approchons. M. de Vendôme fait descendre son pont de Casal-Maggiore et celui de Marcaria sur FOgUo pour communiquer plus aisément avec M. de Vaudemont. Le roi d'Espagne alloit marcher, quand Vernassal est parti, pour passer le Crostolo, et M. de Vendôme étoit déjà en marche. Lamarie , Ueutenant des gendarmes, est mort. M. de Modène s'est retiré à Venise. Pendant le diner du roi, il arriva un courrier de M. dt; Vendôme par lequel on apprit que les trois mille chevaux « que commandoitVisconti avoient été entièrement défaits par M de Vendôme. Le roi d'Ësi>agne arriva sm* la lin de Faction, qui se passa le 26 au soir; il mande au roi qu'il ne lui a point envoyé de courrier et qu'il en laisse le soin à M. de Vendôme, qui a toute la gloire de faction. Voici la lettre du roi d'Espagne :
Au campdeCastelnovo, le -27 juillet 1702.
J'envoie à Votre Majesté la relation que M. dtî Vendôme a faite deTtiffairequinousarrivahier ; elle est aussi complète, à ce que j'ai ouï dire à des gens qui en ont vu beaucoup, qu'une affaire de civalerie peut Tètre. J ai eul>eau-
coup d^en vie de m'y trouver^ maismalgré toute la diligence que je fis^ qui fut extrême, je ne pus m^y trouver que sur la fin, parce que je fus averti trop tard et que les ennemis tinrent peu. Je passai le Crostolo avec neuf escadrons et quittai la colonne que je menois pour fiedre plus de diligence. Il n'a tenu qu'aux ennemis de nous disputer k passage de cette rivière, qui est très-dificile ; ils Fauroient pu faire facilement, mais ils n*y ont pas songé, oomptut apparemment que nous nous arrêterions à faire le si^ de Bercelle ou que nous ne pourrions pas faire une si grande diligence, ce qui a donné le temps à nos troupes de les surprendre presque dans le camp, qui étoit composé des régiments de Commercy, de Darmstadt, Vi»conti et d'Herbilliers. Ce corps étoit commandé par Vi»conti qui auroit été de quatre mille chevaux s'il eût été complet, mais je crois qu'il y en avoit tout au moins trob mille. Il s'étoit fort bien campé contre le prince Eugène, mais fort mal contre mon armée, ayant un ruisseau de^ rière lui dans lequel ses troupes se sont jetées presque eo bataille ; il étoit comblé de corps morts et de cbevanx lorsque j'y arrivai, et les grenadiers le passèrent à piedsec, comme sur un pont, quoique les bords en soient fort esca^ pés. Le camp des ennemis a été entièrement pillé aussi bien que leurs équipages et bagages. Je trouvai leur camp tout tendu, ce qui marque qu'ils ne nous y attendoient pas, et nos troupes ont profité de leurs dépouilles et ont bu leur vin, qui nous a été d'un grand secours après une si longue marche. Les six cents grenadiers qu'on avoit détachés se sont montés et sont devenus en un instant grenadiers à cheval. Presque tous leurs chevaux ont été pris, et ceux qui se sont sauvés se sont sauvés à pied et se sont jetés dans les bois , en sorte que Votre Majesté peut compter qu'ils ne nous feront pas grand mal le reste de la campagne. Mon régiment de cavalerie d'Anjou appris deux tUendards et le marquis de Snint-Germain Beaupré, qui y est capitaine, une paire de timballes. Le régiment de dra-
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gons Dauphin a pris aussi deux étendards et une paire de timballes; Wartigny^ qui le commande, y a été considérablement blessé et s'est fort distingué. M. de Vendôme a chargé d'abord avec un seul escadron de la gendarmerie que conunandoit Mézières. Le régimept de dragons d'Estrades et six cents grenadiers et les deux escadrons des carabiniers qui s'y sont trouvés ont fait des merveilles ainsi que les gendarmes, à qui les prisonniers ont dit qu'ils en vouloient principalement. J'ai actuellement huit étendards et trois paires de timballes, dont deux paires ont été prises en chargeant. Valsemé , qui commande la cavalerie , a chargé à la tète de trois escadrons et a fait des merveilles. Le marquis de Créquy a combattu à pied et à cheval et s'est trouvé partout , ainsi que MM. de Bezons, de Marsin et d'Albergotti. Selleton a été fort blessé et a fort bien fait
aussi bien que et je prie V. M. d'avoir égard à leurs
services. Enfin V. M. peut compter que l'affaire a été des plus complètes, et la peur des ennemis a été si grande que je lui répète qu'ils se sont jetés presque en bataille d'aussi haut dans le Tesson que l'on se jetteroit de la terrasse de Saint-Germain dans laSeine, et qu'il y a beaucoup plusde noyés que de tués. On dit que nous nous battrons encore demain et qu'ils ont fait passer huit à dix mille hommes pour s'opposer & notre marche ; je le souhaite, car il seroit fort agréable de les défaire en détail. Le Sérénissime, c'est ainsi que l'on appelle M. de Nantoue, m'a suivi partout ainsi que tous les Espagnols , & la réserve du duc d'Ossone (1 ) , qui ne Ta pas jugé à propos ; ils me pai*oissent
(1)0q sait par m. de Pignatelli , ambaMadeor d'Espagne» mort en France en 1752, que le roi d*Espagne Philippe V, après son retour d'Italie, étant dans le ileMein de fiûre une promotion de cbeTaliers de la Toison , le secrétaire tl*État lui préwota nne liste suivant l\isage, dans laquelle étoit le nom d*un grand ««ifpMttr. Le roi d'Espagne garde cette liste et met une apostille tu\ noms de ceux qu'il choisit avant de la remettre au secrétaire d'État. Le roi d'Espagne ayant remis cette liste au secrétaire d'État, ce ministre fut fort étonné de voir i|iie le nom do ce grand seigneur étoit sans apostille , et prit la liberté de de-
170 JOURfiAL DK DANGKAU.
fort (lises de cette aventure. Je n^écris point à Monseigneur non pliis(|u'à mon frère^ parce qneje ne pourroisqne leur dire la même chose , et je suis si las qne je ne sanroîs écrii-e. Je voua prie de leur faire part de ce que je tous mande et de leur envoyer la relation. Ne soyez point soppris si je laisse à M. de Vendôme le soin de vous envoyer on courrier; je ne me veux pas faire honneur d'une adion dont i I a tout le mérite, et quand j'enverrai à Votre Majesié quelqu'un de m»i part je veux que ce soit 'une action décisive, afin ([ue Votre Majesté n*ait pas une fausse joie. Notn» cavalerie a conçu par cette action fort peu d'estime pour celle de rem|>ei'eur, et j'espère que Votre Majesté en sera tout aussi contente qu'elle le doit être de son inEsuoteriu. Je finis en assurant Votre Majesté de la continuation de mon attachement et de ma tendresse.
Sismé Philu»pe.
Ia* lien on h*s ennemis étoieni campés et où ils ont été battus s'apiH»lle Santa-Vitturia ; ainsi ce combat s'appellent le comlwt de la Victoire.
Vendredi i, à Marhj. — Le roi et la reine d'Angieterre vinrent ici sur les si\ heures ; le roi d'Angleterre se promena avec le roi. rt la reine demeura toujours chez madame de Maint'^non. LL. MM. BR. ne seront point do voyaîre de Fontainebleau. — Le roi eut, par plusieurs endmits, la nouvelle que le roi de Suède avoit entièremeot défait le \\A de Polo^rne à dix lieues de Cracovie. Le?
inantlor au mi si cr nVt<»it |ioint un miMi. Le mî rvpomlit qall a^oit srsFii' $4Hi<. Lo scrMain» «ffltat |Ninit enron» phis sannift de ctKW ivfow», rtoimk ffue «V ;imiHi >ftgn<^r. |Mr<a naissnnr»' A s^ Hiiniiteft, ne pciuTX>it étreH««è; ( f* fut aliHs que Phili|i|ie V luiiiit : Puisque Tmi« vonlet savoir mts xiivm. e nf |Hri>- (>uMii'r ila^ IM1 \\n\e nif^ >tni\ cHai iloiit vott« me |iat1a! féti uni- Kitaille en Italie. •
Crtti' ;ui<Mlott* |Mniit <lr%oir ^tiv a|i|»liqiiée a M. le dur dX>!«!«mie Hà b bataille ilv i.u//:)r.i. Il |«n>lt «fu»» r'rtiwt |iar inên«i|«efiienl que M. de Pi0tttrli m» bouillit |Ms niHmui'r ^m wwn. " Vo/erf## *lttr ilf Lifyiif».^
deox généraux de l'année du roi de Pologne, Hteinau et Flemmingy ont été blessés à mort; on ne sait ee que le roi de Pologne est devenu. La bataille se donna le 19 ; on n'en sait pas encore toutes les particularités. — Le comte de Guiscard est allé à Nancy de la part du roi ; on croit que c'est pour proposer à M. de Lorraine de recevoir des troupes de France dans son pays. — Il arriva un courrier du maréchal de Catinat; il mande que les ennemis nV vancent guère à Landau. Mélac se défend à merveille; il manque beaucoup de choses aux assiégeants ; ils ont été trois jours sans tirer de canon^ n'ayant pas de boulets de calibre. Le roi des Romains doit être arrivé le 25 À leur armée.
Samedi 5, à Marly. — Le roi coiu'ut le cerf l'aprèsdlnée ; il a prolongé ce voyage ici de huit jours, mais il n'a point voulu que Monseigneur «changeât rien aux dispo* sitions qu'il avoit faites ; ainsi il est allé coucher à Meudon et va demain à Saint-Maur Jusqu'à mercredi. Madame la Duchesse y est allée aujourd'hui pour l'y recevoir demain. — Monseigneur le duc de Bourgogne marcha le d de ce mois, prêtant toujours le flanc aux ennemis, qui n'osèrent l'attaquer dans sa marche, qui fut longue ; les troupes que commandoient Tzerclaes et Gacé le joignirent le soir, il a renvoyé ses gros bagages à Diest; il vint camper ce Jour-là à Sonoven. Les ennemis sont àPeer. Monseigneur le duc de Bourgogne est présentement aussi fort qu'eux en infanterie; il a soixante-douie bataillons et n'a que cent vingt-cinq escadrons, et les ennemis en ont cent quarante ; cette différence-là n'est pas assea grande (lour lui ôter l'envie de les combattre. Il devoit laisser reposer son armée le h si les ennemis ne faisoient aucun mouvement, et le 6 il devoit marcher pour se rapprocher d'eux.
Dimanche 6 , à Marly. — Outre le conseil que le roi tint le matin , il travailla longtemjw l'après-dlnée avf?c M. de Chamillart et s<' pronirna ensuitt^ jusqu'à la nuit et s*amusa à voir jouer uiadame la du(*hes5f» de R^iurgoiritp
et ses dames à un jeu d'adresse qu^on appelle la passe e4 qui est dans un bosquet près de la chapelle. — On eut aTÎs que le comte de Château-Renaud étoit parti de la Har vane il y a plus de deux mois pour aller à la Vera-Cnu prendre les galions^ quinesauroient arriver en Espagne avant le mois de septembre. L'escadre angloise que commande Tamiral Bembow étoit encore à la Jamaïque. — Quoique le vent ait été favorable depuis le commenoemeat de ce mois à la grande flotte -des ennemis pour sortir de la Manche , on a eu avis qu'elle étoit encore le fc an matin à Torbay. — On. mande de Hollande que Télecteur de Brandebourg partit de la Haye en diligence dès qu'il eut appris la nouvelle de la bataille que le roi de Suède a gagnée contre le roi de Pologne ; on espère qu'il sera obligé de remener dans son pays une partie de ses troupes qui sont en Hollande.
Lundi Ij à Marly. — Le roi travailla Taprès-dlnée avec H. Pelletier^ comme il a accoutumé de faire tous les lundis. — Madame la princesse de Con ty èdla à Saint-Maur^ d où elle reviendra mercredi avec Monseigneur. — Il arriva le matin un courrier de M. de Vaudemont, parti le l"decc mois de Montanara dans le Seraglio ; ce prince mande au roi que Zurlauben^ qui commande dans Mantoue, voyant que les ennemis se mettoient en marche et avoient quitté les postes de Cerese et de la Pradella^ étoit entré dans le Seraglio avec une partie de sa garnison et avoit rasé les retranchements que le prince Eugène avoit faits aux postes de Cèrese et de la Pradella , qui sont à la tête des digues. M. de Vaudemont, averti par Zurlauben do mouvement des ennemis, étoit entré dans le Seraglio avec toutes ses troupes et avoit rasé les retranchements de ûu^ tatone et de Montanara. La plus grande partie de Vannée ennemie marchoitvers Governolo, et le reste marchoitvers Borgo-Forte pour en faire lever le pont apparemment e* le faire descendre à Ostiglia ; toute leur armée aura présentement repassé le bas Hincio. On attend un courrier
du i*oi d'Espagne qui nous apprendra quelque chose de leur marche.
Mardi 8, à Marly. — Le roi travailla longtemps Taprèsdinée avec M. de Pontcliartrain et puis alla voir élever la statue de Mercure monté sur un cheval ailé qu'on jiosa sur le piédestal et qui répond à la Renommée qu^on posa ces jours passés (1) . Madame la duchesse de Bourgogne entendit la messe de bonne heureet puis dina dans Tapjmrtement de monseigneur le duc de Bourgogne avec les dames qu'elle menoit à Saini-Maur. Elle partit d'ici à midi et avec trois relais ; elle arriva à Saint-Maur sur les trois heures ; elle trouva dans Tavant-com* une course de bague sur des chevaux de bois et y courut avec beaucoup d'adresse et s'y divertit fort (2). Monseigneur vint l'y rece-
(I) Ces deuK figures ont été placées depuis au pont-tournant <les Tuileries, où elles sont encore en la présente année 1755. {yotedu duc de iAtynes. )
il) « Madame laduchesse de Bourgogne arriva à trois lieures etdemieavecses daine$,et s'arrêta près du cliÂteau à voir une macliine quia paru déjà aux foires, où quatre |)ersonnes, montées sur de petits clievaux de bois , courent la bague avec beaucoup de vitesse. Monseigneur, les princes et princesses s'y rcBdirort un moment après, et madame la duchesse de Bourgogne courut la bague avec d^autres dames. Ce divertissement dura trois quarts)d*lieure, après lesquels la compagnie entra au château. Madame la duchesse de Bourgogne visita d^abord Tappartement de Monseigneur, qui est magnifiquement meublé et dont la vue est fort belle. On la conduisit ensuite dans d'autres qui son! encore plus lieureusement exposés. On se mit au jeu sur les quatre heures, et il survint un orage considérable une demi-heure après. Il cessa sur les six heures, et Ton monta dans des calèches pour aller à la nouvelle maison qui appartenoit cidevant à M. de la Touannc. On servit dans le salon une très-belle et abondante collation; ce furent les otHciers de M. le Duc qui la servirent. Lorsqu'elle fut Gnie, Ton alla voirVorangerie et Tappartement des bains, qu'on trouva très-beaux. EBfuiteon traversa le jardin et la terrasse , qui sont admirables pour la vue et pour la propreté. L*on trouva au haut du pont qui sépare les deux jardins des calèches de Monseigneur rf de M. le Duc. On monta dedans et on se promena dans les grands jardins jusqu'à l'entrée de la nuit Lorsqu'on fut rentré dans la maison , on joua jusqu'à dix lieures, et les ofliciers du roi servirent le souper sur deux grandes tables, comme il se pratique à Marly. M. le Duc en fit servir anssi d'autres très-déKcales pour tontes les personnes de la coor, ainsi qu'il avoit fait les jours précédents. On m*, mit an jeu après le «ou|ier, pemlant lequel mademoiselle Cou|ierin clianta quelques récits des vieux opéras accumpapnée
474 JODRNAL DE DANGEAU.
voir, ensuite on entra dans le château. On joua an lans- (juenet : on alla faire une collation magnificpie à la maison de la Touanne ; on se promena en calèche dans tous les jardins jusqu'à la nuit ; on revint jouer jusqn'an souper. M. le Due et H. le prince de Conty soapèrent avee Monseigneur, madame la duchesse de Bourgogne et toutes les dames. On vouloit recourre la bague après souper, mais la pluie en empêcha; on se remit à jouer; pendant le jeu il y eut musique, et elle ne repartit de Saint-Manr qu'au grand jour. Monseigneur ne se coucha que quand elle fut partie. — 11 arriva un courrier de M. le maréchal deCatinat. qui mande que le siège de Landau va toujours fort lentement, et Choisy, gouverneur deSarrelouis, écrit du i que le 3 les assiégeants étoient encore à plus de cent pas de la contrescarpe. Ils ont fait une nouvelle batterie de pièces de quarante-huit pour rompre les défenses qui ne sont j>as encore fort endommagées. — Le chevalier de Forhin est i*entrë dans le golfe de Venise et y a pris un asKi gn>s vaisseau de la république chaigé de marchandises pour Coiistantinople ; quand on s^est plaint à lui de Tenlèvement de ce vais.seau, il a dit que ce vaisseau étant chargé de marchandises pour les Turcs il étoit en droit de le prendix' y attendu que les Espagnols étoient toujours en guerre avec eux et que lui devoit être regardé coniiDû vaûiseau d'Espagne, dont il porte le pavillon. La république sVst plainte à Charmont , notre ambassadeur, qui a répondu (]u'on neeouteroit leurs plaintes que quand ils auroient satisfait à celles du roi , et Ton a approuvé ici sa réponse. — J*appris que le commandeur de Bethomas étoit mort à Paris; il a voit été chef d'escadre de galères, où il avoit servi avec beaucoup de réputation, il avoit
ck*s sii-urs CiHifieriB H F«irm>>. Le jeu «km jiiiqua prêt de qaalir beiir», fli mai1ain«' la <liii-iiesâ4> iW Buuneo^uie inooU en carn)8se pam ftUmîwsk à Mariy p»T uiH* |iluie Wrm^aNp qui nnitiiiiwél di^MH^ «N\ hnira eu «air. *• « Utrcnrt *W joilM, fiasses :VM* <• JTO. ^
une pension du roi , une pension sur un évt^ché,uneah- Ixiye et deux commanderies.
Mercredi 9, à Marly. — Le roi travailla Taprès-dln/îe avec M. de Chamillart et puis alla tirer dans son parc. — Monseifmeur revint de Saint-Maur le soir avec madame la princesse de Conty. Madame la duchesse de Bourgofrne traversa Paris \ cinq heures du matin , fit quelques tours dans les halles^ où elle prit plaisir avoir venir tous les fruits des environs de la ville, et ensuite elle alla en-* tendre la messe à Saint -Eustache. Elle arriva ici h huit heures avant que le roi fiU levé ; elle le vit un moment dans son lit. — On eut des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne » du 5 ; ce prince est cam[)é à Beringhen et les ennemis h Peer. Us ont un gnind marais à leur droite et devant leur camp des défilés impraticables; il parolt bien par le poste où ils se sont mis qu^ils ne cherchent point à combattre. — M. de Pontchartrain eut avis qu'il y avoit déjA dans la rivière de Lisbonne quatre de nos plus gros vaisseaux ; il y en doit encore entrer d'autres incessamment.
Jeudi 10, à Marly. — Le roi se promena beaucoup le matin et alla tirer l'après-dlnée. — On eut des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne du 6. Uespéroit être en état de marcher le lendemain, pour s'approcher des ennemis. H. de Marlborough a mandé à M. de Boufflersque ce n'étoit point sa faute s'il ne Tavoit pas attaqué dans la marche ((ue fit notre armée le 30, avant que M. de Tzercla^s et M. de Gacé eussent joint notre armée, mais que le ox)rate d'Athlone s'y étoit opposé de la part de MM. les États, disant qu'il étoit vrai que nous étions plus foibles, mais que l'armée de France étoit invincible, ayant h la tête l'héritier de la couronne; qu'il ne falloit songer qu'î\ faire durer la guerre, que nous ne pourrions pas soutenir longtemps faute d'argent; <|ue s'ils venoient k perdix; une bataille contre nous pi'ésentement , la Hollande étoit perdui^sans ressource. Il jmroU extraordinHiiH»
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le duc de Bourgogne a quitté le camp de Beringben et a marché sur le Dommel, et est campé présentement à Dommelen ; il a toute la vallée d^Eyndhoven derrière lui pour fourrager. Il mange le Brabant hollandois et coupe par là aux ennemis laconununication avec Bois-le-Dnc. lia fort approché Tannée ennemie dans sa marche sans que personne ait branlé dans leur camp; leurs généraux ne sont pas bien d'accord quand il s'agit de combattre. — On a des lettres de Mantoue et de Tarmée de M. de Vaudemontqui portent que les troupes qui marchoientsur le bas Hincio à Govemolo n'étoient que pour escorter les gros bagages et les malades de Farmée du prince Eugène, quMl envoie à Ostiglia, et que toute son armée va à Borgo-Forte, quUl a beaucoup fait retrancher. On croit même qu'il y passera le Pô et qu'il veut se retrancher derrière le Zéro, qui est très-escarpé et assez difficile à passer.
Dimanche 13, à Versailles. — Le roi travailla Taprèsdlnée avec H. de Chamillart et puis alla tirer. — On eut des lettres de M. de Vendôme du 5 ; il étoit campé à Testa sur la Parmegiana, qui n'est qu'à dix miUes de Borgo-Forte . Il mande que le prince Eugène a laissé quelques troupes dans Borgo-Forte et a passé le Pô avec le reste de son armée ; qu'il fait de grands reti*anchements derrière le Zéro, comme s'il vouloit défendre ce poste; mais comme on ne croit pas qu'il y puisse subsister, on a peine à s'imaginer qu'il veuille s'y opiniàtrer. Cependant M. de Vendôme, qui a envie de l'attaquer, a envoyé demander à H. de Vaudemont un détachement de douze mille hommes de son armée ; il faut que ce détachement soit au moins cinq jours en marche, car il faut qu'il passe l'Oglio à Harcaria et le Pô à Casal-Haggiore , nos ponts n'étant pas encore descendus ; ainsi le roi d'Espagne ne sauroit rien entreprendre que le 10 au plus tôt. La personne du roi d'Espagne embarrasse fort M. de Vendôme dans cette situationlà, car si Ton veut forcer les ennemis derrière le Zéro, ce sera une action périlleuse au dernier point.
478 J0URN4L DE DANGEAU.
Lundi iky à VenaUleê, -^ Le noi alla Taprès-dlnée à vêpres dans la tribune en haut; tonte la maison royale y étoit avec lui ; ensuite S. H. s^enferma avec le P. de k Chaise pour se confesser et puis il alla se promener à Trianon. Monseigneur se confessa aussi le soir. — ^ M. de Lorraine a obtenu de l'empereur et du roi le consenidment que son pays demeurât en neutralité durant cette gueri'e. — On a nouvelle que la flotte ennemie étoit partie de Torbay le 6 de ce mois ; elle s'est séparée; une partie retourne en Hollande et y ramène les troupes hollandoises dcvstinées au débarquement ; une autre partie a pris la route d'Espagne ou de Portugal et est sortie de la Manche. Le prince de Darsmtadt, qui avoit été quelque temps embarqué sur cette flotte, a pris le devant/ et Ton a nouvelle qu'il étoit arrivé k Lisbonne^ où il n'avoit encore pu avoir audience de S. M.Portugaise. — On mande de Londres qu'on y est mécontent du peu d'avantage qu'on a tiré jusqu'ici de ce grand armement qui coûte plus de cinquante millions à T Angleterre. Il y a beaucoup de brigues pour les élections du nouveau parlement^ qui ne sera pas apparemment si facile à accorder tout l'argent que la cour leur demandera.
Mardi 15, jour de la Notre-Dame , à Versailles. — Le roi lit ses dévotions et toucha quelques malndes étraugei*s; il a remis les François à la Toussaint. L'après-dlnée, il entendit vêpres en bas ; toute la maison royale y étoit avec lui. Monseigneur fit ses dévotions le matin avant le roi, et après vêpres ilallaàMeudon, où il demeurera jusqu'à lundi. La santé de madame de Maintenon se rétablit fort depuis quelques jours. — L'ambassadeui» de Venise, qui n'avoit pas eu d'audience depuis quelque temps, l'a demandée au roi, qui la lui a promise pour demain matin. — Après vêpres le roi travailla avec le P. de la Chaise à la distribution des bénéfices. Il donna l'évêché de Saintes à I abbé de Saint-Mauris, Franc-Comtois, qui est grand prévùt doyen de Màex>n ; il donna à l'abbé d'Entragues,
AOUT âTM. 479
frère de celui qui étoit colonel au régiment des vnisse.-iux et qui fui tué à Crémone, une abbaye (1) de ^ ou 5,000 livres de rente, qu'avoit le commandeur deBethomas, qui vient de mourir; il n^y avoit point d'autres bénéfices considérables vacants. — Joyeux, premier valet de chambre de Monseigueur et capitaine de Meudon , est tombé rudement sur le petit degré de Monseigneur et s'est rompu une côte.
Mercredi 16, à Versailles. — Le roi, avant que d'entrer au conseil, donna audience au nonce , ensuite à Tamba»sadeur de Venise et puis à Tenvoyé de H. de Lorraine; il paroit qu'on est content du pape et qu'on ne Test point des Vénitiens. L'envoyé de Lorraine a remercié le roi d'avoir consenti à la neutralité. — L'après-dlnée le roi alla tirer. Monseigneur, qui est à Meudon, courut le loup; monseigneur le duc de Berry alla le courre avec lui . — ( )n a des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne du 13 qu'il s'est avancé jusqu'à Eyndhoven. Les ennemis souffroientfort dans leur camp par la cherté des vivres; ils ont £ait un mouvement, mais il paroit qu'ils fuient le combat. Milord Marlborough a mandé au duc de Berwick, son neveu (2), que les Hollandois l'empêchent de coml>attre, comme il l'avoit déjà mandé à une autre occasion à M. de Bouftlers. — On anouvelle que le duc de Holstein- Gottorp, beau-frère du roi de Suède, avoit été tué d'un coup de canon au commencement de la bataille; le roi de Suède, qui l'aimoit tendrement, l'embrassa en mourant et lui jura de venger sa mort jusque dans les entrailles du roi de Pologne. — On a nouvelle que M. le comte de Toulouse est arrivé à Falerme ; il avoit envoyé de la hauteur de Givita-Veochia à Rome le marquis d'O pour offrir au pape les vaisseaux et les galères du roi; le pape a té-
( 1 ) 1/al)l)aye d'Y vernaux .
{7) Le diMî dp tterwick iHail filfi ttaturcl du mi Jm^w» H et irArabelIa Clmrclilll, «œuf du duc de MarUionM^ili.
moigné beaucoup de joie de savoir que les vaisseaux de France fussent dans ses mers et a comblé le marquis d^O d'honnêtetés.
Jeudi 17, à Versailles. ~ Le roi alla l'après-dlnée à Harly se promener et n'en revint qu'à la nuit. Madame la princesse de Conty alla dîner à Heudon avec Monseigneur. — La famille de la marquise de Richelieu s'étant plainte «lu roi de la mauvaise conduite de cette dame, S. M. Ta envoyée prendre par un exempt qui Fa conduite à Malnoue, qui est une abbaye à six lieues de Paris. — On a reçu des lettres de M. le maréchal de Catinat du 13; son armée se fortifie considérablement. Le marquis de Yillars le joint avec les douze bataillons et les seize (^ cadrons qui ont été détachés, il y a six semaines, de Tarmée de monseigneur le duc de Bourgogne. H. de Catinat mande que le 11 les assiégants à Landau étoient encore à vingt pas de la palissade de l'ouvrage couronné qui est sur la hauteur du côté de Nèustadt ; quand ils auront pris cet ouvrage , il faut un siège nouveau pour la place , car Touvrage est plus loin de la place qu'il n'y a du château de Versailles à Trianon. — Milord Hiddleton, premier ministre du roi d'Angleterre et qui étoit protestant, se fait catholique, et son fils se fait catholique avec lui ; sa femme, qui a beaucoup de mérite et de vertu, étoit déjà catholique. Le feu roi Jacques, en mourant, avoil fort exhorté ce milord à prendre ce bon parti-là.*
Vendredi 18, à Versailles, — Le roi alla Taprès-dinéc à Meudon voir Monseigneur, visiter les nouveaux travaux qu'il y fait faire et puis tirer dans le parc, où il trouva moins de gibier que dans celui de Versailles. — Monseigneur le duc de Bourgogne mande qu'il est arrivé un grand convoi de Bolduc à l'armée ennemie; ce convoi étoit toujours couvert de rivières, ce qui fait qu'on n'a pas pu l'attaquer ; ces rivières-là, quoique petites, sont trèsdifiiciles à jjasser, parce qu'elles sont marécageuses. — L'ordinaire d'Italie nous apporta des nouvelles de M. de
Vendôme du 8; il attend le détachement de Tannée de M. de Vaudemont que lui amène Hédavy ; ce détachement arriva le 10 à Casal-Haggiore , ainsi il joindra M. de Vendôme le 12. Le prince Eugène est toujours avec le gros de son armée derrière le Zero^ mais il a fait avancer quelques troupes sur la Secchia. H. de Saint- Frémont^ qui est de Farmée de H. de Vaudemont^ fait travailler à une batterie de gros canon qu'on a tiré de Hantoue et prétend pouvoir peu» là fort facilement rompre le pont de Borgo-Forte. M. de Vendôme et M. de Vaudemont sont convenus des signaux quUls feront pour attaquer les ennemis en même temps , ce qui ne sauroit être que le 13 ou le 14 au plus tôt.
Samedi 19, à Versailles. — Le roi alla tirer Faprè»dinée. Monseigneur est encore à Hei^don , d où il ne reviendra que lundi. — Toutes les nouvelles qu'on reçut de Hollande portent que les ennemis veulent faire le siège de Venlo et queTarmée que commande milordMarlborough ne sera que Farmée d'observation ; mais on doute encore ici qu'ils fassent cette entreprise : c*est Cohorn qui doit commander à ce siège. — M. le maréchal de Catinat mande qu'un valet de chambre de M. de Nettancourt; sorti du 13 de Landau, assuroit que la garnison étoit très-peu diminuée depuis ce siège et très-résolue à se bien défendre; qu'il espère tenir jusqu'à la fin de septembre ; que les assiégeants s'étoient logés le jour de devant sur un angle saillant de la contrescarpe de l'ouvrage coiuronnè; que les ennemis n'ont pu jusqu'ici démonter notre canon ; qu'on leur tue beaucoup de gens; que la dyssenterie qui est dans leurs troupes leur emporte beaucoup de monde et que Mélac est jour et nuit en action et ne paroit point embarrassé. L'état qu'on a de l'armée des assiégeants devant Landau sur le pied complet est de soixante-quinze mille hommes, dont il y en a trente-cinq de troupes payées par l'empereur, sur quoi ilfautdiminuerlesgarnisons qu'ilsonten ce pays-là.
489 JOITRNAL |>E DANGRAU.
DifMnrhe 20, à VenaiUes. — Le roi travailla Tapies^ dlnée avec M. de Chamillart et puis alla tirer. — L'ordinaire d'Italie arriva^ qnoiquMl n'arriveque les mardis et les vendredis. M. de Vendôme écrit du 12 an soir, du camp de Testa, que le détachement de l'armée de M. de Taudeniont sous Médavy étoit arrivé après six jours de marche, qu'il le laisseroît reposer le 1 3 et le li et qu'il feroît prendre à son armée du pain pour cinq jours; que le 15 il passeroit la Parnie^iana et la Tagliata, qui n^e^ qu'un petit ruisseau. Les ennemis sont toujours derrière le Zéro, et il n'y a |kis d'apparence quMLs son^nt à se retirer présentement. Nous faisons descendre notre pont de Osal- Maggiore et nous le fei*ons vis-Â-vis de Luzzara, où il y a des lies qui nous en faciliteront la construction. Saint- Frémont devoit commencer le 13 au matin à canonner le pont des ennemis à Borgo-Forte ; Chartogne est de meure dans Mantoue, où il commandera, et Zurlauben a joint M. de Vaudemont. Le prince Eugène n*a laissé qoe deux mille hommes dans Bercello.
Lundi âl, à Versailles. — Le roi prit médecine et tint conseil raprès-dlnée. Monseigneur revint le soir de Mcodon. — On a des lettres de monseigneur le duc de Bou^ gogne du 18 ; il est toujourscampé auprès d'Evndhoven. on il y a du fourrage en abondance; les ennemis font toujours courre le bruit qu'ils veulent faire le siège de Venlo, mais nous en doutons encore. — U y a une lettre du gouverneur du Fort-Louis du 17 qui porte que les assiégeants à Limdau n'avoient pas encore pris la contrescarpe de Tonvrage couronné le 13. il mande une autre nouvelle qui a Ijesoin de confirmation: il assoK que le roi des Romains a détaché dix-sept bataillons de son armée ■ \H)iir les envoyer en Silésie, où Tempereur craint que h^ roi de Suède ne veuille entrer malgré lui. — Il y a quelques jours que le roi a fait mettre en pri»n, dans If château de Dijon, le chevalier de la Ferté, dont U conduite ne convient :ruèrp à un homme de condition.
AOlVr I7M. 488
— On n'a point de nouvelle de In flolfo «nin<»inii» depuis qu'elle est hors de la Manche.
Mardi 22, à Versailles. — Le roi travailla chez lui jusqu'à cinq heures et puis alla tirer. Monseigneur courut le loup. Madame la duchesse de Bourgo^Tie alla h une maison de la duchesse de I^auzan à Vassy et en revint pour le souper du roi (1). — Il arriva chez M. de Chamillart
(1) <t Le mâitti 22, inMatne la doclieAAê île Hourgofoie, suivie de |>luMieurA dames, partit à tioig heures et demie de VerMille» pour alliT à Pa«s> eltn M. le duc de Lauzun, dont elle avoit 8i>uliaité voir la uiaison, qui ap|iartei)oit d-deTant à M. Carelle , receveur gtkiëral de^ finana^s , de la génémlitr de Piirift, et auptrayant à M. Berthelot , fwcn^taire deK eoinmaiidemeat<i de madame la Dauphine. Cette priooeMe fat reçue à la porte grillée luir le bord M la rivière par M. le duc et madame la duchesse de Lauzun , madame la duchesse de 5>aiiit->Slmon, sœur de madame la duchesj;e de Lauzun , et |Nir ma dame la marquise de Bfatm, nièoe de M. le dnc de liauzon. KHe fut d*ahord conduite dans le salon qui eo occupe le milieu. Elle admira la vue de cette façade, dont] la gauche regarde Paris et la droite Issy, Meiulon et Saint-Cloiul , sans compter les Invalides] qui sont presque \i!v4i-vis. Slt4>t quelle fut entii^ dans les pièces qui sont aux côtés du sakm, Ton tira un fort granl nombre dt boites que l'on avoit disposées dans une all^ au bas du parterre. Mailame la duchesse de Bourgogne monta dans Tétage aunlessus, et trouva les appartements de M. le duc et de madame la duchesse de lauzun fort propres et fort galanU. M. le duc de Lauzun avoit fait placer dansoneallëe an bas de la terrasse, do c^té fie Clialllot, une maciiine à courir la bague, qui avoil di\erti madame la duchesse de Bourgogne, «pielques jours au|>ara\anl, «iSaint-Manr. Elle y courut |)endant trois quarts d^heure avw une adresse ot une grâce merveilleuses. Elle fut cxHiduite ensuite dans le pavilUm qui est à rextrémitt^ du Jardin, du o^ d'Aoteuil, et elle Ht une reprise d'hombre dans aa cabinet fort agréable; et les boites recommencèrent à tirer quand elle se mit au jeu. Lon servit, à sept heures et demie , dans le sakm , la collation qui etof t un ambiga; le repas fut très-propre, trèiwléltcat et fort abondant. M. le doc de Lauzun y senrit madame la duchesse de Bourgogne. Toute la suite , jusqu'aux gardes et à la livrée, fut fort bien rt^gakH*, et M. le duc de Laiizuu, a\ec sa politesse ordinaire , <ionna des ordres iiour que tout le momie (ùi content , et Désordres furent parfaitement exéc4ités. Les bottes tir^rrat encore pour la troisième fois avant que madame la <lucJiesse de Bourgiigue sortit de table. Un joueur de gol)elels Tamusa ensuite durant une deml-heun' , et après avoir remercié M. le duc et mailaine la duchesse de Lâuzun de leur galante f<Ne , elle monta en carrosse à neuf heures et arriva à dix k Versailles , assez t«H pour le aonper du roi. FJIe fiarla n Sa Majesté de M. <)e iMtnzun en termes fort obli- ^Rants, (4 lui en dit deâ cluMes très-avantageuses. m{M€tTurf d*aoM, 1141 à 247.)
484 JOURNAL DE DAliGEAU.
un courrier qu'on prétend qui vient de Vienne; c'est on Juif. On dit qu'il porte des nouvelles de la marche des troupes de M. l'électeur de Bavière ; mais le roi, ni les ministres n*en ont rien dit. — M. le maréchal de Catinat,qiiia présentement dans son armée quarante-neuf batailloDS et quatre-vingts escadrons^ est campé entre Haguenan et Saverne^ et l'on dit qu'il va marcher pour quelque entreprise . — Ce matin les États de Languedoc ont présenté leurs cahiers au roi^ comme ils font tous les ans; Tévé^ d'Alet a porté la parole, et sa harangue a été fort beDe; il en a fait une aussi à madame la duchesse de Bourgogne qui m'a paru admirable; je ne me souviens point d'avoir entendu mieux parler. Il s'appeloit l'abbé Tafforeau avant que d'être évoque d'Alet.
Mercredi 23, à Marly, — Le roi travailla jusqu'à six heures à Versailles avant que de venir ici. — Il arriva encore un courrier de Vienne, mais on ne dit point quelles nouvelles il apporte ; on les croit bonnes. — U duc de Villeroy arriva le soir durant le souper du roi; il apporta la nouvelle d'une grande action qui se passa le 15, jour heureux pour la France. Le duc de Villeroy n'est parti de l'armée que le 17 à minuit.
Voici la relation qu'en a envoyée le comte de Tessé à madame la duchesse de Bourgogne (1)
Jeudi 24, à Marly. — Monseigneur se trouva incommodé le matin à la messe et fut obligé de sortir de la chapelle avant que le prêtre eût achevé la communion. Il remonta dans sa chambre. Il eut quelque frissonnement; on le coucha, il s'endormit bientôt après , et à son réveil le chaud de la fièvre se déclara j mais il en fut quitte sur les cinq heures , et nous jouâmes le soir avec
(1) Cette relation ne se trouve pas dans le maDUScrit origiDal. Le Mercurt «l'août donne plusieurs relations de la bataille de Liizzara, mais dob cdledo «ointe «le Tessé.
lui dans sa chambre au brelan^ et il fut fort gai durant toute la reprise. Les médecins assurent que ce ne sera rien. — Le duc de Villeroy croit que la perte des ennemis est encore plus considérable que M. de Tessé ne Ta mandé ; le roi d^Espagne a témoigné beaucoup de courage dans toute cette action^ et on n'a pas pu Tempècher d^aller dans les lieux fort périlleux et où M. de Vendôme étoit au désespoir de le voir. H. de Vendôme écrit à Monseigneur que tous les rendus assurent que M. de Commercy a été tué, et prie Monseigneur de prendre des mesures pour dire cette triste nouvelle à mademoiselle de Lislebonne et à madame d'Épinoy, ses sœurs, qui partirent dès hier au soir d'ici fort désolées. On croit le comte Guy de Staremberg aussi tué ; c'étoit un des meilleurs officiers des ennemis. Les rendus disent aussi que le prince Thomas, fils de M. de Vaudemont, a été dangereusement blessé. Notre pont sur le Pô se fait à Luzzara; celui de l'Oglio est achevé à Torre d'Oglio. H. de Vendôme fait venir encore dix bataillons de l'armée de H de Vaudemont que Barbezieux amènera et qui doivent arriver le 18 ; le pont du Pô doit être achevé le matin de ce jour-là. Le marquis de Resnel est mort de sa blessure; on venoit de le nommer pour un des nouveaux régiments que le roi fait pour seize colonels réformés. Bragelonne , colonel et frère du capitaine aux gardes , a été tué aussi; d'Arennes, frère du major général, fut emporté d'un coup de canon le 16. Les deux armées sont si proches Tune de Fautre que le canon passe bien loin par delà les tentes. On a trouvé dans Luzzara trois mille sacs de grains, beaucoup de vin et quelques munitions de guerre. Le roi d^Espagne, dans sa lettre au roi, loue tous les officiers en général et H. de Marsin en particulier. Le duc de Villeroy loue fort le prince d'felbeuf, lils du duc; il est aide de camp du roi d^Espagne. Il n'y a pas un régiment de ceux qui ont combattu dont les généi-aux n'aient été très-contents.
48G JOURJNAL UK DiUNGEAU.
Vendredi 25, à Marly. — Le roi se promena tout le nuilin et alla tirer Taprès-dlnée. Monseigneur n*eutpoiiit de fièvre et joua Taprès-dlnée au lansquenet et le soir au brelan ; il prend un fébrifuge nouveau où il n^eotre point de quinquina. — On eut des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne du 22 au matin; il quittoit la camp de Uylhoven et se mettoit en marche pour suivre les ennemis, qui marcboient ce jour-là. Nous avons établi des contributions dans presque tout le Brabant hoUandois, (pii est leur meilleur pays pour les quartiers d'hiver. — I/ordinaire d'Italie arriva ; il n'apporta des lettres que du 1 ï, qui est le jour de devant le combat. Ce qu'on apprend de nouveau, c'est ce qui se passe a l'armée de M. de Vaatlemont, qui a ouvert la tranchée à Borgo-Forte, où le prince Eugène a laissé huit bataillons. Saint-Frémont, qui cauonne leur pont, a déjc\ rompu la partie qui va de l'Ile au Zéro et les a obligés de faire descendre leurs bateaux plus bas; il a pointé toutes ses batteries sur la Ja^ tiequi va de Borgo-Forte à Tlle et mande du 14 au soir qu'il a déjà rompu quelques bateaux. Le prince Eugène étoit venu le 13 reconnoltrc le poste où il est, et le troura si bien retranché qu'il ne jugea pas à propos de l'attaquer. Saint-Fréniont jugeoit (jue le prince Eugène, ne pouvant rien enti'eprendrc du côté du SeragUo ni sur son c^mp, prendroit le parti d'attaquer M, de Vendôme, conmie cela est arrivé. U assure que quand les ennemii* racconnnoderoient la nuit le désordre que leur canon fait à leur pont le jour, ils seroient toiyours en état de rompre ce pont en six heures de temps, et s'ils veulent le faire descendre, il faudra qu'ils s'éloignent des retranchements qu'ils ont depuis Borgo-Forte jusqu'au Pô, el qu'ainsi toute communication avec Borgo-Forte leur sera ôtée.
Samedi 26, à Marly. — Le roi alla courre le cerf dans
sa calèche avec madame la duchesse de Bourgogne; Xa-
B étoit seule dans une autre calèche, Monseig-neur se
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réveilla avec la fièvre, (jui lui dura jusqu'à six heures du soir, mais peu violente et saos frisson. -^ On eut aouvello que Mélac avoit reçu par deux endroits les lettres du roi où il lui donnoit avis de ce qu'on songeoit à faire pour sauver Landau; le roi avoit envoyé quatre duplicata de cette lettre, qu'on croit très-importante. Mélac mande que les assiégeants ne sont pas encore maîtres de la contrescarpe; il y a apparence que la place durera encore asseat longtemps pour nous donner le tenjps d'exécuter ce que nous voulons entreprendre. — M. de Monasterol vint ici voir M. deTorcy, et ensuite M, de Torcy vint chez le roi; on ne doute point que Monasterol ne soit venu iK)ur donner avis de la marche des troupes de M. l'électeur de Bavière, son maître; cependant le roi et les ministre» n'en ont rien dit, et quand il marcheroit nous ne savons rien de son dessein. De quelque côté qu'il marche, cela ne nous peut être que très-avantageux.
Dimanche 27, à Marly. — Le i^oi tint conseil le matin à son ordinaire; M. le chancelier n'y éloit point, il est i*evenu de Pontchartrain à Versailles avec la lièvre. — Monseigneur fut saigné, et on dit la messe dans su chambre ; il se leva à midi et joua toute TaprèsHllnéo dans le salon. M. Fagon croit qu'il n'aura plus de tièvri* , tant il a de confiance en son remède. — On eut des lettnîs de monseigneur le duc de Bourgogne du 25; il march«i le 22 et le 23. 11 se trouva fort proche des ennemis qui étoient entre Hekteren et Echtel , mais ils avoient de\ant eux des défilés et des marais impraticables. On deuieuni en présence le 23 et le 24 ; on se canonna de part et d'au* tre; il y eut de petites escarmouches, et le 25 monseigneur le duc de Bourgogne fut obligé, manquant d'eau et de fourrages, de venir à Belen. Les ennemis sont demeurés dans leur même camp ; un officier hollandois, qui s'est venu rendre, assure qu'ils ont perdu plus de cinq cents hommes de la canonnade. Nous en avons perdu environ cent, parmi lestj[ucls il y a seize oflicicrs. — Toutes Us let-
très de Flandre portent qae nous allons (aire le siège de Hulst; M. de Bedmar commandera ^ et nous ne prendrons pour ce siège aucunes troupes de Tannée de monseigneur le duc de Bourgogne.
Lundi 28 , à Marly. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire^ il trsCvailla encore Faprès-dinée avec M. Pelletier. — Monseigneur n'eut point de fièvre et joua toute raprès-dlnée dans le salon. — On eut des lettres de H. le maréchal de Gatinat^ qui mande que le 20 les ennemis avoient attaqué la contrescarpe de Landau, qu'ils y avoient perdu beaucoup de monde ^ que le comte de Soissons^ qui est général de rartillerie, y avoitété blessé de deux coups dont Tun lui casse le bras. Ils se sont logés dans le chemin couvert. Un de nos ingénieurs qui étoient dans la place, ayant peur d'être puni pour une querelle qu'il avoit eue, s'est rendu à eux et a éventé une de nos mines; il leur promet de rendre dans quinze jours nos écluses inutiles. — Le roi a donné le régiment des vaisseaux au marquis de Guerchy, ancien colonel et brigadier d'infanterie, et a donné à M. de Nisas, colonel réformé qui commandoit la marine , le régiment qu'avoit H. de Guer- 3hy. La direction d'infanterie qu'avoit le marquis de Créquy , et qui avoit été demandée par plusieurs lieutenants généraux, a été donnée à Chartogne , maréchal de camp, qui étoit inspecteur.
Mardi 29, à Marly. — Le roi courut le cerf Taprèsdlnée; madame la duchesse de Bourgogne n'étoit point à la chasse. Monseigneur prit médecine et joua le soir dans le salon. — On eut des lettres de M. le maréchal de Catinat, qui est encore campé à Ingenheim entre Haguenau et Saverne ; il mande que le 22 les assiégeants à Landau, à l'attaque de la ville, étoient maîtres du chemin couvert et coraniençoicnt à jeter des fascines dans le fossé de la demi-lune. — 11 arriva un courrier de M. de Vendôme parti du mercredi 24; il envoie au roi une relation de la bataille de Luzzara, c'est ainsi qu'il l'appelle. H
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mande (jue nous y avons perdu près de deux mille cinq cents hommes et que les ennemis y en ont perdu du moins six mille. M. de Commercy est mort sûrement; mais le comte Guy de Staremberg ne Test point, et le fils de M. de Vaudemont n'a pas été blessé. Le prince Eugène a fait de furieux retranchements qu'on ne peut point attaquer. Nous sommes fort retranchés de notre côté, et il n'y a de notre camp au lem* qu'une portée de fusil. Nous avons établi une batterie dans une lie du Pô , d'où nous incommodons fort le camp des ennemis; les armées continuent à se canonner. Un des gens du roi d'Espagne a été tué dans sa cour. M. de Vendôme a fait ôter le lit de S- M. d'un endroit où le canon pourroit venir aisément et l'a fait mettre dans une chambre plus reculée ; il mande que ce prince s'est tellement exposé dans le combat qu'il va redoubler ses précautions pour lui. Le marquis de Flamarens, enseigne de gendarmerie, a été tué; le marquis de la Force , frère du duc, qui étoit aide de camp de M. de Vendôme , en allant à Crémone porter quelques ordres, a été écrasé sur le pont de Viadama. Barbezières fait le siège de Borgo-Forte dans les formes ; le prince Eugène n'y a laissé que trois bataillons, mais il y en peut remettre aisément, car ils raccommodent toutes les nuits les désordres que notre canon a fait durant le jour à leur pont. Le détachement nouveau des dix bataillons de l'armée de M. de Vaudemont a joint le roi d'Espagne.
Mercredi 30 , à Marly. — Le roi travailla longtemps l'après-dlnée avec M. de Chamillart, et cela Tempècha d'aller tirer, comme il en avoit donné l'ordre le matin. Monseigneur n'eut point de fièvre et se promena jusqu'à la nuit dans les jardins; il avoit été le matin au conseil. — Par le courrier qui arriva hier de M. de Vendôme, M. Bouchu mande à M. de Chamillai't qu'il n'aura pas besoin de cent mille sacs de grains qu'on songeoit à envoyer à Tarmée d'Italie, et qu'on en trouvera sufth^mment dans les lieux où les Impériaux avoientdes magasins
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et dont nous nous rendons les maîtres. M. de Vendôoie Hait faire un second pont sur le Pô auprès de celui que nous avons à Luzzara. Les ennemis^ malgré le mauvais succès qu'ils ont eu au dernier combat, en ont fait des salves de réjouissance. Le roi a donné ordre qu'on en chantât le Te Deum à Notre-Dame. — Le roi a fait payer à M, de Lauzun 76,000 livres pour le fonds et les arrérages de deux maisons qu'on lui avoit prises durant sa prison. Tune îl Versailles et Tautre à Saint-Germain.
Jeudi 31, à Marly, — Le roi travailla longtemps avec M. de Pontchartrain Taprès-dlnée, et sur les six heures le roi et la reine d'Angleterre vinrent ici ; le roi fut enfermé un quart d'heure avec eux dans son cabinet, et puis les deux rois allèrent à la promenade et la reine entra chez madame de Maintenon. — Il arriva le matin un courrier de monseigneur le duc de Boiirgogne, qui n'est plus séparé des ennemis que par le ruisseau de Beringhen; le courrier est parti du 28 au soir. — M. le maréchal de Catinat écrit du 28 qu'il alloit marcher sur la Lauter; il devoit être le 30 à Lauterbourg. On ne croit pas que les ennemis viennent lui disputer le passage de la Lauter, et étiint posté sur cette rivière, il y pourra prendre des niesui'es pour les incommoder dans leur camp. Le siège va fort lentement, et il assure que le 27 ils n'étoient pas encore établis dans le chemin couvert.
Vendredi l^*" septembre, à Marly. — Le roi courut le cerf l'aprùs-dinée; Madame étoit avec lui dans sa calèche. Monseigneur étoit aussi à la chasse en calèche. Ils en revinrent sur les six heures et se promenèrent jusqu'à la nuit et par le plus beau temps du monde. — 11 arrivai matin un courrier de monseigneur le duc de Bourgogne. Les ennemis, qui s étoient approchés du ruisseau de Beringhen, voyant que monseigneur le duc de Bourgogne, qui ne cherche qu'à les combattre, s'en approchoit aussi, ont pris le parti de se retirer vers Hasselt, comme s'ils vouloient aller à ïongres. Monseigneur le duc de Bour-
gogne n'ailendoit cjue son convoi pour les suivi*e , et il mande du 30 au matin que la tète de oe convoi parolt. — On dit toujours à la Haye que MM. les États Généraux ne veulent pas que milord Marlborougb se mette à [)ortée de combattre, et cependant on assure qu'ils veulent toujours faire le siège de Venlo ; c est la Badie qui y commande.
Samedi 2, à Versailles. — Le roi se promena tout le matin et toute Taprès-dinée à Marly ; il ne revint ici qu a la imit. Monseigneur, dont la santé est entièrement raffermie, alla de Mariy à Saint-Germain voir le roi et la reine d'Angleterre et puis revint ici; il n'ira que mardi à Meudon. — Les nouvelles qu'on a de notre armée d'Italie portent que M. de Vendôme n'a point été d'avis qu'on fil le . siège de Borgo-Forte, parce que le prince Eugène y [>eut faire entrer de nouvelles troupes tous les joui's. — 11 est venu plusieurs lettres de l'armée de M. le maréchal de Catinat qui parlent de deux attaques que les assiégeants ont faites à la demi-lune deux jours consécutifs ; on assui*e même que le premier jour ils y perdirent deux mille hommes et trois mille le lendemain , que les deiLX attar (jues durèrent chacune quatre heui'es; mais le roi n a point eu cette nouvelle, ainsi Ton en doute fort.
Dimanche 3, à Versailles, — Le roi tint conseil à son ordinaire, et M. le chancelier y vint [K)ur la premièi'e fois depuis sa maladie. — Avant le conseil Tambassadeur d'Espagne présenta au roi le marquis de Léganès; il y a longtemps qu'il est parti de Madrid pour venir en France, et ce long retardement durant son voyage faisoit croire qu'il ne viendroit point. On a cru la même chose de l'ar mirante, qui vient aml)assadeur ; mais enfin on a nouvelle qu'il est parti de Madrid. — L'après-dlnée le roi alla tirer ; son cheval s'enfonça jusqu'au ventre dans une molière (1); une de ses jambes fut pressée sous son che-
(1) Tflrn^ molle et tnarécaiçuiise où le pied n'enfoncv; ci* mot et»! enooru
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val, mais les courtisans qui suivoient le roi le dégagèrent promptement. Il ne se fit aucun mal ; il aila changer d'habit à Trianon et retourna sur Fheure à la chasse — M. de Pontchartrain vint parler au roi à l'issue de son dîner; on croit que c'est de la flotte ennemie, qu'on prétend avoir été vue le 20 à la hauteur de Lisbonne.
Lundi ky à Venailles, — Le roi alla sur les cinq heures se promener à Trianon. Monseigneur alla se promènera Ghaville avec madame la duchesse de Bourgogne^ à qui il fit porter une collation de finiits dans un endroit du jardin fort agréable. — On reçut des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne, et Ton croit que, si les ennemis assiègent Venlo, on y marchera pour le secoxirir. — On parle fort d'un courrier de M. de Bavière qui vint à H. le maréchal de Catinat avant qu'il se mit en marche ; on croit que cet électeur fait marcher ses troupes aussi de son côté, mais cela est fort incertain. — Le roi donna au second fils de M. de Flamarens^ page de la grande écurie, le guidon des gendarmes anglois qu'avoit son frère aîné, qui vient d'être tué en Italie. — Le chevalier de Forbin a bombardé Trieste ; il a brûlé une partie de la viUe et les vaisseaux qui étoient dans le port. Trieste est une ville d'istrie qui appartient à l'empereur. On dit qu'il a aussi brûlé Fiume, Segna et Buccari, qui sont trois petits ports appartenant à l'empereur, siu» la côte de Croatie.
Mardi 5 , à Versailles. — Le roi donna des audiences particulières au nonce, à l'ambassadeur de Savoie et à Simeoni, envoyé de Télecteurde Cologne. S. M. travailla l'après-dlnée avec M. de Pontchartrain, et à cinq heures le roi alla se promener à pied dans ses jardins ; madame la duchesse de Bourgogne, ayant su que le roi étoit à la promenade, alla le joindre. Monseigneur allaàMeudonet ne reviendra plus ici avant Fontainebleau. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme pendant que le roi étoit à la messe. Les armées sont toujours dans leur même situation et se canonnent toujours. Nous avons changé le dessein
d'assiéger Borgo-Forte et avons pris le parti d'attaquer GuastaUa; la tranchée y fat ouverte le 1*' du mois. Cette place ^ qui étoit dans nos derrières^ nous incommodoit fort pour nos convois ; la place est mauvaise y mais il y a une assez grosse garnison. H. le prince Eugène a envoyé demander qu'on réglât le cartel, voyant que nous avions bien plus de prisonniers qu'ils n'en avoient ; M. de Vendôme n'y a consenti qu'à condition qu'ils feroient revenir les prisonniers qu'ils ont envoyés en Hongrie, dont ils sont demeurés d'accord. M. le maréchal de Villeroy sera remis en liberté en payant 50,000 livres pour sa rançon ; ce cartel ne s'exécutera point qu'ils n'aient tenu parole sur ces deux articles. — Le roi donna le matin au petit Bontemps, son premier valet de chambre , un brevet de retenue de 100,000 livres. — On apprit par les lettres venues de l'armée de M. le maréchal de Catinat que le comte de Soissons étoit mort devant Landau le neuvième jour après ses blessures. — On mande de Flandre que le siège de Hulst continue et qu'on a déjà pris cinq des neuf forts qui entourent la place ; il y avoit des écluses importantes dans un des forts que nous avons pris, et nousy avons perdu trois cents hommes en l'attaquant. — On mande que le roi de Suède est dans Cracovie ; il y a donné audience à l'envoyé de l'empereur. On dit qu'il va assiéger Czestokowa, où il y a un trésor fort riche ; on prétend même que les pierreries de la couronne qui ne sont pas engagées à M. Télecteur de Brandebourg y sont. Czestokowa est célèbre par une image de la sainte Vierge pour laquelle les Polonois ont une grande dévotion et qu'on prétend peinte par saint Luc.
Mercredi 6, à Versailles. — Le roi, après son diner, entra chez madame de Maintenon, qui avoit eu la fièvre la nuit ; il en ressortit à trois heures pour aller tirer. En revenant de la chasse, il entra chez madame de Maintenon, qui avoit encore de la fièvre, et envoya quérir M. de Chamillart, avec qui il travailla. — H. de Canaples'^.quiasoixanteetquinze
4M JOOUIAL DE DAMvEAU.
an«i p»<9^%, épcRL<e mademoisefle de Vîvoniie: od aroH déjà parlé plusieurs fois de ce mariage, et la mort du marquis de Créquy. qui n*a point laissé d'enfants, a défermiiié Canaples h le faire. — Le doc dTIbeaf rendit avant-hier au roi une lettre du prince d^Harcoort. qni est à Paris, par laquelle il demandoit à S. M., avec un esctrème empressement, rhoDueur de la voir et de Tentretenir : le roi. en sortant de chez madame de Maintenon,. dit an doc dTlbeaf qu'il avoit lu la lettre, mais qne. comme le prince d*HartH[)urt avuît plissé seize ans sans le voir, il ponrroit Uen encore attendre quelque temps. — Le roi dit à M. de >V»ailIt> qu'il pourroit bien i^tre relevé dans ce mois ici par le maréchal de Villerny, qui <^rr»it en quartier s'il étoil ici. — N. le duc de Ixvislin et M. le comte de Gr.\monf n'cI dansrereusement malades.
* Canafitesctoitnvr^eMirtdadiicdeCreqiiT et firvre aiar éi Bandui de Crviiu} . Le duc n'avoit Laisr dmixA que la ducttegy et ii TnHDoiilr. rC soD duché rteint par coascqueot . qui a^oîtHr bnm pour lui rii 1663. I^ marrchâl avoit «-u \e marquis de CrvquT . lut 2 Lozzara . sans «nfmts . <f tm^ fîHe &i premier Ift do dv d'Aan>fl! . <c BbnrbeforL mort auparavant sas avoir ece marie. Ije dur d^ Lesécuirrvs D'avoit ^Àai d'^fd^Dls d uBr filk de M. ^ Dwas. toi» èm\ for jcuues. Ce ducHivpairie r^^^niott Cuupies. 6i> d'im âU od^ #(ii d>- À- Lrtdi£-x>r>:>. Wtc la bnaeite de Les^Lçjier^. Ù i>r de*cit ^ «f*-TVT d'en prini-'liir la (fznite, -K ti^utef?*? -n assurant st-o UtD i *> ne*^i\. fiî< du msnrha! *» T^equr. il sie nwkx, tipiniJ*nrmeiil rcsrr^-^ sies dnxts a cv( taxé : .^u» se maria-t-il éti que la braDche du mue* chai de Lrequy fu: ùùe. Cetcti on vieà f.mbnM, qui av oit cotamiaèt j Lvv» e: qui y dv:*ciKx: iâ iMjedÀ.-tîoQ dias h« rus de Sk>a camwf. o-viuiir- rjï^-Tft^Ayj-. voi-LOt: doaaer d^ drmis&oir» 1*'^*.- ei u«r comry ci-^mr\tiian: de î.\-te U j'iridiocioo erd<siastîq-.^; -xi en tMi e* -^a te LLcss-r-it fiirv l^.%3Td:aji A? lV-»^sliii. surpris de swinurjf^'. lï*? en parti, li dît qu'à TtHiioit avoir des eofmts. • Hat». ra-?i»eur. rrp4iqui W rjnfatul parian: de ^ifuturv, eiie est bien vertuevâe. • teioM tu: :r.Xive d'xiui.: pi^ pOËUAt q:s'ii MXt>i: dr ia UMadie w pi«'^ pt:rv et u p;u> r^frj.-rkr^ ij-'i y ^l; pe*it-êcr^ duis tix;: l'epcseopat.
JfM^i T. fi rfr«8i/(f!(. — Le ri>i, en sortant de fciht. pasKi cIk^ madame de Maintenon. pni< alla «» promnier
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à Marly, d*oû il revint à sept heures. Madame la duchesse de Bourgogne alla dîner à Meudon avec Monseigneur ; le repas fut fort gai. A cinq heures on se promena dans les petites calèches, et à sept heures on revint faire collation, puis elle repartit pour venir ici. — Le roi a ratifié le cartel que M. de Vendôme avoit fait avec le prince Eugène, qui n'aura son effet que quand les ennemis auront fait revenir nos soldats qu'ils avoient envoyés en Hongrie ; il est d*ailleurs sur le pied des cartels de la dernière guerre. — On mande du Fort-Louis du 3 que les assiégeants n'avançoient point à Landau ; que M. le maréchal de Catinal éioit campé à Drusenheim, où il avoit établi ses fours. — Le roi a donné au chevalier de Vernassal la galère qu'avoit le chevalier deHontfuron, chef d'escadre , qui est mort en Portugal. — Le roi a donné le régiment de cavalerie de Vandeuilausieurde Cappy, quienétoitlieutenant-^^olonel. Vandeuil étoit brigadier et a été tué à la dernière affaire dltalie à Luzzara. — M. Tévèque de Sentis fut reçu à TAcadémie*; M. Chamillart, son frère, étoit à la réception. On avoit pratiqué dans un cabinet voisin de la salle où m font les réceptions une tribune pour les dames; il n'y en avoit jamais eu à aucune assemblée de l'Académie françoise, mais seulement à celles de l'Académie des sciences et des inscriptions.
* Cet évéque de Senlis étoit homme de bien et le meilleur homme du monde, mais un imbécile et le jouet même de toute sa famille, l/académie éhit bassement M. Chamillart , parce qd'il étoit lors ministre fa- Tori et tout- puissant , qui d'ailleurs n*étoit rien moins qii*un sujet académique et qui donna son frère en sa place. Cette nouveauté fut en faveur des filles de Chamillart et de leurs amies, qui y allèrent pour se moquer du pauvre Senlis.
Vendredis^ à VersaiUf$. — 1^ roi, i\ son lever, déclara que monseigneur le duc de Bourgogne étoit |>aHi de l'armée et arriveroit demain ici. Madame la duchesse de Bourgogne fit ses dévotions. — On chantai A Paris et ici le TeDeum pour la victoire de Luztara. — Monseigneur vint
de Heudon voir le roi'^et dîna chez madame la princesse de Conty . Le roi alla à vêpres et au salut^ et entre les deux il travailla avec M. Mansart. — Il arriva le soir un couiv rier de M. de Vendôme^ qui mande que les ennemis ont ratifié le cartel. — Monseigneur le duc de Bourgogne, qu'on n'attendoit que demain^ selon ce que le roi avoit dit à soulever, arriva un peu avant minuit ; il montachex le roi par le petit escalier de la garde-robe et entra dans la chambre de S. M. dans le temps que Ton sortoit dn grand coucher ; il fit une révérence très-profonde au roi, qui lui dit : « Embrassez-moi donc », et le roi Tembrassa très-tendrement. Après une fort courte conversation, le roi lui dit : « Allez vite chez la duchesse de Bourgogne, qai vous attend avec beaucoup d'impatience. » Cependant madame la duchesse de Bourgogne, avertie promptementde son arrivée, courut dans le cabinet du roi parla galerie, quoique fort en désordre, car elle alloit se mettre au lit. Les embrassements furent vifs et tendres ; elle le conduisit chez elle et dans ses petits cabinets. Livry lui fit porter à manger; il fut servi par les femmes de chambre. Le repas dura peu ; il se déshabilla fort vite tant il avoit d'impatience de se voir en liberté avec elle. — Venlo est investi; mais, par les dernières nouvelles qu'on a eues, la tranchée n'étoit pas encore ouverte. — Monseigneur le duc de Bourgogne étoit parti ce matin de Douai; on l'a trouvé fort engraissé et fort changé en bien. — Le duc de Gramont, qui estarrivé ce soir de Paris, a dit (m roi en sortant du salut que le comte de Gramont étoit à Textrémité. — Les mousquetaires que le roi avoit envoyés à Valogne en Normandie ont ordre de revenir. — Un Syrien venu du grand Caire a présenté depuis quelques jours une lettre au roi de la part du grand patriarche d^Éthiopie, qui marque la vénération de ces peuples d'Afrique pour S. M. — C'est M. de Beaujeu, heutenant de gendarmerie, et d'Esgrigny, intendant de l'armée d'Italie sous M. Bouohu, qui ont travaillé A régler le cartel.
Samedi 9, à Versailles. — Le roi déclara à son lever qu'il ne partiroit pour Fontainebleau que le 19 après son dîner. Le roi alla chez madame de Maintenons qui avoit mal passé la nuit, et ensuite il alla tirer. — Le roi dit qu'il avoit reçu des lettres de Landau, mais il n'a point parlé de la date; il a conté seulement que Mélac avoit fait une sortie dans laquelle il y avoit eu beaucoup des ennemis tués. On les a chassés fort loin, et peu de temps après des chariots sont sortis de la place qu'on a emplis de foin que les faucheurs avoient coupé dans les dehors ; les vaches de la place sont venues paître dans le même endroit comme si la place n'avoit point été assiégée. — Nous avons perdu cinq ou six cents hommes à l'attaque d'un des forts de Hulst ; on a lâché des écluses^ qui nous ont obligé d'abandonner cette entreprise et de nous retirer. — Monseigneur le duc de Bourgogne commença ses visites le matin par madame de Maintenon , il alla ensuite chez madame la maréchale de la Motheet chez madame de Beauvilliers. Après le conseil, il fut assez longtemps avec le roi ; il dîna avec madame la duchesse de Bourgogne, et àtroisheiu'es il alla voir Monseigneur à Meudon.
Dimanche 10 , à Versailles, — Le roi travailla l'aprèsdlnée avec M. de Chamillart et puis alla se promener à Trianon. S. M. manda hier à Monseigneur par M. deLivry ijue la fièvre de madame de Maintenon l'avoit obligé de iifférer son départ pour Fontainebleau, mais qu'il lui sonseilloit de ne rien changer aux mesures qu'il avoit prises pour y aller ; ainsi Monseigneur partira toujours Diardi, et le roi ne partira que huit jours après. — L'ambassadeur d'Espagne et le marquis de Léganès apportèrent au roi les nouvelles qu'ils avoient reçues de Cadix. Les Angloiset les HoUandois ont fait une descente à Rota, jui cast entre San-Lucar de Barameda et Cadix. Il se trouva juelque cavalerie espagnole dans ce village qui les re- [>oussa et les obligea de se rembarquer. Le commandant le la cavalerie espagnole fut tué. Le marquis do Léganès
4»8 JOURVAL DVs UANGKAU.
a dit au roi qu^il le regrettoit fort et que c'étoit un officier de laérite. Les ennemis ont pris poste depuis dans la presqu'île de Léon^ et M. de Brancacio ^ qui commande à Cadjx et à qui ils ont fait faire des propositions, leur a répondu qu'il étoit prj&t H les recevoir comme les ennemis du roi son maître.
Lundi 11, à Versailles. — Le roi, au sortir de la messe, alla chez madame de Maintenons à qui la fièvre avoit pris le matin. Monseigneur vint de Meudon ici pour le conseil; il prit ensuite congé du roi et passa chez madame de Maintenon. Il part demain pour Fontainebleau^où il mène madame la princesse de Conty. Monseigneur le duc de Bourgogne dîna chez madame la duchesse de Bourgogne . et uUa ensuite à Saint-Germain voir le roi et la reine d'Angleterre. — Le roi parla de la descente des Anglois et Hollandois auprès de Cadix ; ils y ont débarqué dix mille hommes. Ils se sont établis dans la presqu'île de Léon, où il leur sera difficile de demeurer, le terraio y éteint fort mauvais et leurs vaisseaux étant obligés de rester à la grande rade , en sorte que, s'il arri voit le moindre coup de vent , toute eomnmnicatipn seroit rompue entre les troupes débarquées et les vaisseaux. — M. de Mélac mande à M. de Catinat qu'il n'est point pressé; ce maréchal étoit campé le G près du Fort-Louis, et ce jour-là il passiiàStnisbourg un courrier de M. l'électeur de Bavière qui lïorte à M. de Catinat la nouvelle que S. A. E. esl eu niarcbe à la tiHe de vingt-cinq mille hommes.
Mardi 12, à Versailles. — 1^ roi eut la nuit un peu de goutte, et le matin il se lit porter à la messe dans son petit fauteuil ; il ne sortit Taprès-dlnée que pour aller chez madame de Maintenon. 11 reçut ensuite la visite du roi d'Angleterre, qui vint ici sur les quatre heures, et après qu'il fut parti S. M. travailla avec M. Daguesseau. Monseigneur partit de Meudon pour Font^iinebleau, où il attendra le roi ; madame la princesse de Conty est avec lui. — 11 arriva un courrier du comte d'Ayen, parti de Stnis-
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lK)iirg le 9 (If) ce mois, qui apportoit au ranliual dp Noailles la nouvelle que le jeune comte de Nojiilles, mj promenant sur le t>ord du Rhin avec le comte dWyen et plusieurs autres officiers, avoif été hlessé as«es considérablement à la t<>te, d'un coup venu d^unc U<» du Rhin drmi ils étoient assez éloifrn<'*s. Ce courrier assuiv «pie M. de Gatinat est assez près des i*etranchements des ennemis; qu^il recevoit souvent des courriers de M. de Bavière et lai en envoyoit souvent aussi ; que cet électem* est assurément en marche à la UWe de ses trou()es, et qu^on le croit fort près de Ueilhronn. — Le fn*and maître de Malte, à la recommandation du roi, a donné au i>aiJli de Lorraine, fils de H. le Grand, la commanderie du Piéton, qu^avoit le chevalier de Tilladet; elle vaut plus de 20,000 livres «le rente; c'est la commanderie ma^nstrali* du ^^rand pri^urt» de France. Dans chaïuin des trrands prienivs de 1 oithv de Malte le ^rand maître a une «-4>mmanderi«^ (|ui lui (*st affectée et qu'on ap|)elh) la cx>mmanderie magistrale : il la donne H un chevalier du ^nind prieuré à sou choix, et ce chevalier lui doit payer deux années du revenu, qu'il est obligé de consigner par avance. M. le Grand a consi^^né pour son fils 5^0,000 livres, et le chevalier de Tilladet, par le crédit de M. de Louvois, ne les avoit jamais consignées et en doit encore une partie à Tordre. Outre les commanderies magistrales, le grand maître donne dans chaque grand prieuré la première commanderie qui vient k vaquer après son élection; il en donne ensuite dans chaque grand prieuré une tous les cinq ans, et c'est lace qu'on appelle les commanderies de ^^n\ce. Tout cela se fait ordinairement sans la participation de Rome, mais quelquefois le pape écrit au grand maître des hi*efs, qu on appelle brefs impératifs , [Kir lesquels il lui ordonne de ^nner à tel ou tel chevalier une commanderie magistrale ou une commanderie de grâce dans tel ou tel grand prieuré. Il donne même de pai'cils hrutn pour les grands prieurés, et c*est ainsi qu'en usa Clément X en faveur de
M. le chevalier de Vendôme pour le grand prieuré de France.
Mercredi 13, à Versailles, — Le roi se trouva le matin fort incommodé de sa goutte ; il fit dire la messe dans stm cabinet et puis tint conseil à son ordinaire. Après le dîner le roi envoya quérir M. de Ghamillart; il travailla long^ temps avec lui ; ensuite S. M. se fit habiller et porter cha madame de Maintenon. — Le duc de Yilleroy prit congé pour retourner à Tarmée d'Italie, et le roi le fit lieutenant générai. — On a dépêché un courrier à H. le comte de Toulouse, qui est en Sicile, et le roi lui donne ordre de revenir en Provence. — L'ordinaire d'Italie a apporté des lettres du 5. La tranchée étoit ouverte à Guastalla dn 1*% et le 5 nous n'avions encore perdu que dix hommes; une partie de la cavalerie qui étoit dans la place s*est retirée à Bercello , qu'on croit que nous assiégerons après avoir pris Guastalla. — 11 est constant que M. Félecteur de Bavière marche avec vingt-cinq mille honunes et une l>elleet nombreuse artillerie ; il a fait déclarer àRatisbonne qu'il n'en vouloit ni à l'empereur ni à Tenipire, mais qu'il vouloit venger son frère des insultes que lui a faites l'électeur palatin.
Jeudi 1^, à Versailles. — Le roi se trouva fort soulagé de sa goutte, et après avoir entendu la messe à la cluh pelle il passa chez madame de Maintenon y tint ensuite conseil, et Taprès-dlnée il aUa à Marly, d'où il ne revint qu'à sept heures. — Le roi parla à son diner du si^ de GuastaUa. M. de Vendôme lui mande que le peu de canoo quavoient les assiégés est démonté ; que le roi d'Espagne, malgré toutes les remontrances qu'on a pu lui faire , avoit voulu aller à la tranchée et même voir travailler à la sape. — Cavoie , maréchal de camp dans Tarmée d'ItaUe , y est mort de maladie. — On mande de Flandre que la tranchée fut ouverte devant Venlo le 6 de ce mois; nous avons dans la place cinq l>ataillons. M. le maréchal de Bourtlers marche à Tongres. — 11 y a des lettres d'Aile-
magne qui portent que la demi-lune de l^andau est prise et que le corps de la place est fort entamé; que M. de llatinat avoit tenu un grand conseil pour délivrer si Ton tenteroit de forcer les passages de la Loutre, et qu'on avoit jugé que la chose étoit impraticable.
Vendredi 15, à Versailles, — On eut le matin la nouvelle que Landau s'étoit rendu le 10. Le roi chargea M. le prince de Conty , qui partoit pour Fontiiinehleau, de dire à Monseigneur quil lui onverroit la capitulation dès quHl Tauroit reçue. M. de Catinat mande au roi (jue si M. de Mélac n^avoit capitulé il auroit été infailliblement emporté, sa garnison étant réduite à fort peu de monde et qu'il commençoit à manquer de poudre ; la garnison est conduite à Strasbourg. — Le roi, après la messe, alla à la grande écurie voir monter monseigneur le duc de Berry à cheval et a été très-content de sa fermeté et de son adresse ; c est le dernier jour que monseigneur le duc de Berry ira au manège. — On mande d'Elspagne que les députés de tous les royaumes arrivoient à Madrid pour donner à la reine de nouvelles assurances de leur fidélité et lui offrir leurs biens et leur vie pour défendre le roi et le royaume. Le connétable vint à la tôte des grands de la noblesse; la reine, qui étoit encore à sa toilette et les cheveux épars, le lit entrer ; il lui dit qu'ils venoient recevoir ses ordres et qu'ils étoicnt prêts à marcher. La reine loua fort leur zèle, les remercia et leur dit que, pour donner l'exemple , elle marcheroit elle-même et iroit droit à Séville. Elle a offert à la junte de mettre toutes ses pierreries en gage, mais on n'a pas jugé à propos qu'on en eût besoin ni qu'elle fit le voyage de Séville.
Samedi 16, à Versailles. — Le roi a toujours un peu de goutte et il se fait porter dans son fauteuil à la messe et chez madame de Maintenon; il vouloit aller se promener à Trianon Taprès-dlnée , mais la pluie l'en empêcha. — Le roi envoya Saint-Olon au cardinal de Coislin lui faire compliment sur la mort du duc de Coislin, son frère, qu'il
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cinq cents prisonniers suivant \v cartel. Moncau, colonel de Bupey, est mort de maladie dans rarniée (ritalie. — IJlm est une des principales villes impériales; c'est là que s'assemblent ordinairement les diètes du cercle de Souabe. Elle est grande, riche et bien fortifiée ; c'est où le Danul)e commence à porter bateau. Les troupes (|ue le roi envoya en 1664. au secours de remi>ereur contre les Turcs s'y embarquèrent, c'est-à-dire toute l'infanterie, car la cavalerie alla par terre. Je crois , et l'on dit dans le pays, qu'elle n'a jamais été prise. Le erand-père de l'électeur de Bavière d'aujourd'hui , en 1 61 7 , se rendit maître de Donauwerth, autre ville impériale et sur le Danul)e au-dessus d'Ulm , et ses successeurs en sont demeurés les maîtres moyennant les contributions (ju'ils payent à Tempire, comme la ville les payoit autrefois; c'est ce qu'on appelle en Allemagne eœimere cum onere. Cet électeurci a pris la ville par surprise un jour de foire.
Lundi 18, à Versaillea. — I^ roi ne sortit |K)int de tout le jour; la reine d'Angleterre vint l'après-dtnée et demeura lon^temp chez madame de Maintenon. — Coteron. capitaine des g^ardes de M. de VendAme , arriva et apporta la nouvelle que Guastalla avoit capitulé le 11. Le comte Solari, qui en étoit crouverneur. demanda (ju'on vint voir l'état de sa prarnison et que, si on ne lui arcordoit une capitulation honnête, il se défcndroit jusqir?\ l'extrémité; on y alla et il fit passer en revue doux mille cinq cents hommes sous les arm(*s. La capitulation a été qu'ils seroient conduits à Trente et cpi'ils ne pourroient servir dans les armées de Tempereur avant le 1*' a\Til prochain. M. de VendAme, ou pour mieux dire le roi d'Espagne, a étendu la droite de son armée el enveloppe présentement l'armée du prince Encrrne. Il y a Ijeaueoup de malades et dans Irnir armée et dans la utMre. — M. l'électeur de Bavière, après s'ètn^ empan^d'l-lm, a détaché dix mille hommes qui marchent droit à Huninprue; on croit que c'est pour attaquer la redoute que les enne-
voit Chartogne; il y a près d'un mois que cela est fait.
— H. de Pontchartrain porta le soir au roi des nouvelles de la mer. On ne dit point encore ce que c'est ; on croit seulement que ce sont de bonnes nouvelles de la flotte.
— M. d'Armenonville^ qui étoit grand bailli de Chartres, en a acheté le gouvernement du chevalier de Liscouet, à qui il en donne 4^^500 livres de pension viagère ; cela s'est fait avec l'agrément de monseigneur le duc d'Orléans, qui a Chartres dans son apanage, et le roi en donne la survivance au fils de M. d'Armenonville, et ce gouvernement vaut près de ^,000 livres de rente.
Jeudi âl, à Fontainebleau. — Le roi alla tirer Taprèsdinée. Honseigneiur et monseigneur le duc de Bourgogne coururent le cerf avec les chiens de monseigneur le duc d'Orléans. Madame la duchesse de Bourgogne alla à vêpres et puis se promena dans la forêt et au bord du canal.
— Il arriva hier au soir un courrier d'Espagne qui rapporte que le 10 de ce mois les troupes ennemies débarquées proche de Cadix étoient dans la même situation que le 28 du mois passé ; que le duc d'Ormond avoit envoyé un trompette au marquis de Villa d'Arias, qui commande les troupes d'Espagne dans la campagne , pour Texciter à prendre le parti de la maison d'Autriche et que ce marquis lui avoit répondu qu'il faisoit des tentatives inutiles et que les Espagnols ne changeoient jamais ni de maîtres ni de religion. — Le roi a donné le régiment qu'avoit le jeune Moncau à son cadet, qui ne fait que d'entrer dans le service. Le roi a donné une pension de 1,000 livres à la veuve de Cavoie, maréchal de camp, qui vient de mourir en Italie. Le roi a envoyé ordre à M. de la Feuillade de revenir de ce pays-là , où sa santé ne se rétablit point. — Le soir il y eut comédie (1).
(1) « Les comédiens représentèrent la tragédie d'Arie et Pétus [ par mademoiselle Barbier], et la petite comédie de Crispin médecin du sieur d'Hauteroclie. » (Mercure de septembre, page 282. )
Yendredi^'2yà Fontainebleau. — Le roi, après la messe, alla chez madame cle Maintenon, dont la fièvre s'est tournée en double quarte ; elle est même ipès-abattue. Le roi a étal)li, les soirs k six heures, un petit jeu de brelan, où il tient la carte lui-même quand il n'a point d'affaires. Les cincf têtes pour le jeu sonf le roi, qui a pour associées madame de Maintenon et madame de Dangeau, qui tient son jeu quand il travaille; madame la duchesse de Bourgogne a mesdames les comtesses d'Estrées etdeRoucy, et une de ces dames-lA tient son jeu quand elle quitte, ce qu'elle ne fait que pour aller à la comédie; la duchesse du Lude tient une tête , elle a avec elle mesdames de Roquelaure et de Nos^aret ; la quatrième tête c'est la duchesse d'Elbeuf , mesdames de Pontchartrain et de Maulevrier sont avec elle ; madame de Noailles , la comtesse d'Aven et madame d'O font la cinquième tète. — 1^ siéire de Venlo s'avance fort; comme la place est tr-V mauvaise et la garnison assez foible,on ne doute pas qu'elle ne soit bientôt prise , et qu'ensuite les ennemis n'assi(\i>'eiî1 Stewenswert et Ruremonde pour être maîtres de toute la Meuse depuis Maestricht. ï>e marquis de Villars, qui va joindre M. l'électeur de Bavière avec quinze mille hommes, doit marcher pour cela le 25 de ce mois.
Samedi 23, à Fontainebleau. — Le roi alla i'après-dînêe à la chasse ; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa calèche. On prit deux gros cerfs. Madame ctoit î\ la chasse dans une autre calèche ; Monseigneur et messeigneurs ses enfants y étoient à cheval à leur ordinaire. Le soir il y eut comédie (\\. — Le roi de Suède est parti de Cracovie après y avoir donné audience au comte de Zinzendorf , envoyé de l'empereur, k qui il n'a fait aucune réponse positive sur toutes ses propositions; il a laissé deux mille hommes dans le château. Le roi de Po-
(1) « Lrs coinéiiiens iv|»n'«senl«*irnl U' Misant hrojH* de Molièiv. »• ( MvrcuK i\v sepirmhre, pagt' 'i(»s. )
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logrie est auprès de Sandomirz, ei Ton croit qu'à l'approche de l'armée suédoise il retournera à Varsovie. — M. le comte de Toulouse, qui est arrivé à Messine , y doit incessamment recevoir les ordres du roi pour revenir, et on compte qu'il [>ourra arriver ici avant la fin du voyage. — Le chevalier de Forbin , après s'être rafraîchi à Ancùne, est rentré dans le golfe, et M de Vendôme lui a envoyé ordre d'entrer dans le Pô le plus avant qu'il pourra, pour ôter au prince Eugène les secours de muni* lions de guerre et de bouche qui lui viennent par b\. — Le duc de Berwick a formé un régiment des Anglois, Irlandoiset Écossois qui ont déserté de l'armée des ennemis cette campagne.
Dimanche 2i, à Fontainebleau. — Le roi en sortant de son diner alla chez madame de Maintenon, qui avoit mal |KLssé la nuit; au sortir de chez elle, le roi alla tirer. Monsei^^neur, mcsseigneurs ses enfants et madame la duchesse (le Bourgogne ne sortirent point de tout le jour. On avoit proposé quelcpies nouvelles dames pour être en société du jeu les soirs chez madame de Maintenon , mais le roi n'a point voulu que le nombre en augmentât ni qu'il y eiU aucun changement. — Quoiqu'on ait jugé à Vienne que M. de Varennes n'ait piis été de bonne prise , on ne le renvoie point et on commence à craindre qu'ils ne veuillent faire quelque incident sur le maréchal de Villeroy, dont on n'a aucunes nouvelles depuis le cartel régir. — !x» roi a donné «V M. de Cayeu le brevet de justaucorps bleu qu'avoit M. le duc de Coislin. — Le roi a donné h M. le cardinal de Coislin les droits qui lui reviennent des terres du duc de Coislin en Bretagne ; le roi d'ordinaire les donne aux enfants , mais il a mieux aimé, en cette occasion-ci, les donner au frère, et le cardinal de Coislin sûrement les donnera à son neveu. Le roi n'a point disposé encore du gouvernement de Crécy, qu 'avoit le duc et c|ui vaut 5,500 livres de rent<\
/jiiif/i 25. à Fontahichleau. — Lr roi pril médecine;
508 JOURINAL DE DANGEAU.
madame la duchesse de Bourgogne entra chez lui à dix heures et y demeura jusqu'après midi. Monseigneur donna à dîner à madame la duchesse de Bourgogne ^ à madame la princesse de Conty et à plusieurs autres dames ; les officiers qui servoient n'entroient qu'au son de la clochette. L'après-dlnée le roi tint conseil. Le soir il y eut comédie (1). — Depuis que Félecteur de Bavière s'est saisi de la ville d'Ulm^ on apprend qu'il s'est encore emparé de Kirckberg^ passage important sur l'Iller^ qui tombe à Ulm dans le Danube^ et de la petite ville impériale de Biberach^ qui est à dix lieues en deçà d'Ulm. — On mande de Bàle que les cantons catholiques ont accordé des troupes au roi d'Espagne^ conformément aux anciens traités faits entre les rois d'Espagne comme ducs de Milan et des cantons catholiques. — M. le maréchal de Boufflers étoit venu camper à Tongres le 13; il fait fortifier cet endroitrlà. 11 a détaché M. le comte de Tallard et il se mit en marche le 18 avec le corps qu'il a commandé toute cette campagne pour aller passer la Meuse à Liège. — Madame la présidente d' Aligre , fille de M. Pelletier le ministre, est morte; M. son père est toujours retiré à sa maison de Villeneuve-le-Roi, où il mène une vie fort chrétienne.
Mardi 26, à Fontainebleau. — Le roi alla tirer Taprèsdinée. Monseigneur courut le loup. Madame la duchesse de Bourgogne dina chez la duchesse du Lude et ensuite alla se promener dans la forêt. Messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Berry allèrent tirer. — M. le duc de Rohan eut une affaire avec M. de Saint-Hérem, capitainede Fontainebleau , et fit battre un garde de la forêt il y a quelques jours; l'affaire a été accommodée sans avoir été portée au roi par M. de Saint-Hérem, et le roi, qui Ta su par ailleurs, a témoigné être bien aise de ne point mar-
(I) « Les comédiens représentèrent la tragédie de Wenceslas de Rotroa et la petite comédie du Cocu imaginaire de Molière, i» ( Mercure de septembre, page 409.
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quer le savoir, pai*ce qu'il auroit été obligé , à ce qu'il a dit à ses ministres y d'envoyer H. de Rohan à la Bastille. — Il arriva un courrier d'Italie^ envoyé par la famille de M. de Montauban^ qui étoit mestre de camp de cavalerie et qui vient de mourir en ce pays-là ; son frère, qui est exempt des gardes du corps et qui est en service présentement auprès du roi^ a eu le régiment et monseigneur le duc de Bourgogne^ qui s'étoit engagé, avant que de partir de Flandre , de demander au roi pour un homme qu'U honore de ses bonnes grâces le premier régiment de cavalerie vacant, a dit qu'il croyoit devoir manquer de parole en cette occasion-ci , pour ne pas nuire à un aussi galant homme que Montauban.
Mercredi 27, à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa calèche. Madame étoit dans une autre calèche du roi ; Monseigneur et messeigneurs ses enfants étoient à la chasse. Madame la duchesse de Bourgogne donna un retour de chasse chez madame de Maintenon à monseigneur le duc de Bourgogne et aux dames de sa suite, et cela ne Tempècha pas de souper encore avec le roi. — On eut nouvelle que Venio s^étoit rendu ; les ennemis avoient pris, quelques jours devant , le fort Saint-Michel Tépée à la main. — Il est arrivé à Brest un vaisseau de Fescadre du comte de Château-Renaud qui en a été séparé en deçà du grand banc. On ne laisse point parler aux officiers du vaisseau ni aux matelots. On croit les galions bien prêts d'arriver; on ne doute point qu'ils n aient eu avis que la flotte ennemie est sur les côtes d'Andalousie , ainsi ils n'arriveront pas de ce côté-là. Ils arriveront apparemment ou en France ou au Passage(l), dont le port est très-bon ; mais l'entrée en est difficile, parce qu'il n'y a point de rade. La flotte est plus riche qu'elle n'a été depuis longtemps , on la croit chargée de six-vingts millions.
(t) Ville et port d'EApaKue*
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Jtwii 28. /j FonUtimMêmÊ. — Le roi alla tÎRr rft»j dlDé^. MofiÂi&iîrneur s*alla prommer at^c nailaakt la priac0^!y-é- lie Contv. !>- soir il t eut comédie 1 : Warfan»» £mir^it <lifticiilt*r f3*y aller quand on arrna îd. êtaal davli seconde année de ^jd demi; mais le loâ lai kprm ee «mpule en lui disant qae ce qui se taisoft dans «a nama ne rlevoit [loint i^tre regardé comme le» latre» speetarks puhlio. — Il arriva an courrier de Cadix. Les eoDentt» ont attai(iié un fort qui est à Tentrêe da port qu'on appelle 1*2 Matatronle : il y avoit dans ce fort les soldat» des trois vai««eau.\ et dix-huit sralères «jue noas aTon^ Jans le jjort de Cadix. On a rif^pou>sé les ennemis, qui y ont |ier<iu plus i\K A\ c^nt^ h«jnimes. tin a donné ordre ici. »i les «Tinemi^ v rendaient maîtres des furts, ce qu'^'C crr>it trê>-ilifhcile, de lirtler le corps des vaisseaox et dt> ffalères: ruais ap[>aremment on ne sera point ohli^rt- de prendre r»* {>arti-U. — Il arriva un courrier d'Italie. |>.irli du 19 et à qui on a repnjch*' sim peu de diligence. Les armées sont toujours dans la mAme situation. Il y a l^eaucrmp de malades de part et d*autre : nous en avons plus de seize mill^ dan^ la nôtre en eomplani ce qui est dan> Mantoue.
Vmflrt'U 2!9, a Fontainebleau, — 1^ roi, au sortir de la m#'«»se , alla riiez madame de Maintenon. qui a passé les deux derni«Te> rmits ^ans fièvre. L'après-dlnée le roi alla m promener autour du canal dans sa i)etite calèche découverte ave<- madame la duchesse de Bourtroffne. Mouseitrnenr, qui avoit couru le loup le matin, s'y promena de son cMé en cari*osse avec madame la princesse de &>nty et au nîtour de la promenade joua chez elle. — On sut un pini plus de détiiils de la flotte qu'amène le comt»^ <le ChAteau-Renaud ; le roi, à son dîner, en imrla
(l Lrs < oiiitMiens re|»résH[it^rent if Menteur de M. deCorneilK- l'aine. {Mricnre \W se|)teiiil»re, |»aî4e iI.'J.)
SËpnCMBRK 17011. SU
•X l^Hinbassadeur d'Espagne en louant fort le comte de Cbàteau-Renaud^ qui a pris dans cette affaire-là tous les bons partis qu'il pouvoit prendre, et l'ayant fait sans avoir reçu d'ordre. Le roi le loua sur sa capacité et sur son courage et ajouta qu'il avoit toujours été heureux dans toutes les affaires dont il avoit été chargé. L'ambassadeur lui demanda si la flotte étoiten sûreté, et le roi lui répondit qu'il y avoit tout lieu de le croire et qu'il espéroit en avoir bientôt des nouvelles. — Depuis quinze jours monseigneur le duc de Berry entre les soirs après souper dans le cabinet du roi, comme tous ses autres enfants.
Samedi 30, à Fontainebleau. — Le roi courut le cerf Taprès-dlnée ayant Madame dans sa calèche. Madame la duchesse de Bourgogne ne fut point de la chasse ; il y a quelque petite apparence de raison présentement pour ne Ty pas laisser aller; elle se promena en carrosse autour du canal. Madame de Maintenon est considérablemcmt mieux depuis trois jours qu'elle a passés sans fièvre el a dormi les nuits sans opium Le soir il y eut comédie (1). — Il arriva un courrier de M. de Pontchartrain, parti de Ciidix le 17 et qui a demeuré \ingt-quatre heures à Madrid. 11 iissure que les ennemis ont perdu plus de (piinze cents hommes k l'attaque du ïoH de Matigorde, qu'ils ont attaqué par trois différentes fois , dont ils ont toujours été repoussés avec perte considérabl<\ Le marcjuis de Villa d'Arias est campé devant les ennemis avec mille chevaux de bonne cavalerie ; les milices qu'il avoit se sont dis|K»rsées. Les ennemis ont fait de grands sacrilèges dans les églises, ce qui augmente encore l)eaucou{> l'aversion des Ksjmgnols pour eux. Le courrier croit que les ennemis alloient se remlmrquer (piand il est parti, et annonce que
(1) « 1.68 œmiVllens représentfrent la tra;;tmie tlAmasis tU* M. «le la Grange, inaitro «riiAtH ordinaire <U* Madame, et la ciuiMNlie de V/îcole drs Maris de Molière. •• ( Merctne d'octoUre, fta^e \t^\).)
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