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que 4aii£f QÏei^iiz^o et les autres postes i^ue les ennemis ayoient sur lis lac de Qarde ils y ont lai^ plus de vin^ qfiUe j^facs 4e grains. M. de Vendôme devoit marcher le 3 pour aller camper entre Castelluccio et Santa-Maria délie Grazie , qui n'est qi^'à un mille de la gauche des ennemis y qiais la Fossa Maestra entre deux. M. de Vendôme comptedes'y retrancher comme les ennemis le sont de leur c6té, et cependant i} verra du côté du l>as Mincio et du côté du Pô QB qu'on peut faire pour les incommoder d^s leur camp.
Sfimedi 10, à Versailles. — Le roi, après dîner à Meudon, l^la se promènera Marly et ne revint ici qu'à la nuit, lladame la duchesse de Bourgogne demeura jusqu'à neuf heures à Meudon avec Monseigneur; elle y joua i'aprèsdinée, et Ip soir se promena en calèche avec lui. Il ne 4oit revenir ici que mardi, mais madame la princesse de Conty et les dames qu'il y avoit menées sont revenues. — Le roi a donné 25,000 écus à M. le maréchal de PouHlers, qui a été obligé d'augmenter sa dépense pendant que monseigneur le duc de Bourgogne n'avoit point ses équipages. — On a des lettres de monseigneur le duc de 3ourgogne du 7. Il est toujours à Santen ; mais il doit marcher au premier jour, et on ne dit point encore de quel côté il tournera. Les lettres de Kaiserswert du 6 portent que les assiégeants ne sont plus qu'à huit où dix toises des angles saillants du chemin couvert ; il leur est arrivé quatre liataillons des troupes que commande le comte d'Athlone. — Le roi donne au comte de Tessé 50,000 livres de gratification pour la dépense extraordinaire qu'il a été obligé de fairedurantle blocusde Mantoue, etS. M. adonné au marquis de Tessé, son fils, 2^000 écus pour son voyage.
Dimanckf 11, à Versailles. — I^* roi, sur les cinq heures après diner, idla à Meudon voir Monseigneur, à qui la fièvre avoit pris à onze heures par frisson pendant qu'il se promenoit dans ses jardins. Le froid dura deux heures et le chaud tout le jour, mais sans aucun aoeident. Mon-
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seigneur en avoit déjà eu deux accès le mercredi et le vendredi pendant que le roi étoit à Meudon^ et il les avoK cachés. Madame la duchesse de Bourgogne alla à Meudon voir Monseigneur en sortant de table , et elle y demeura encore après le roi. — M. le Prince avoit une prétentioD à Naples de 50,000 livres de rente par madame lai Princesse; ce bien-là venoit d'une BonnaSforza^ grand^mère^ je crois , de Casimir^ roi de Pologne. L'électeur palatin^ soutenu par Fempereur^ jouissoit de la moitié de ces biens-là durant le règne du feu roi d'Espagne ; ce roi ici remet M. le Prince en possession du total en attendant que l'affaire soit jugée à fond, et M. le Prince n'avoit jamais joui de rien. — Le marquis de Castel dos Rios, ambassadeur d'Espagne , a reçu la lettre du roi son maître qui le fait vice-roi du Pérou, et cette grande gi'àce est accompagnée de deux petites. Il le quitte des droits qu'on paye pour la grandesse et donne à son fils aine y qui sert volontaire dans l'armée d'Italie, la pension de fils aîné de grand qui sert à l'armée sans emploi ; cette pension est de 200 écus par mois, et on l'augmente à proportion des emplois qu'ils ont dans la suite.
Lundi 12, à Versailles. — Le roi prit médecine par précaution; Taprès-dlnée il tint le conseil qu'il auroit tenu le matin. Monseigneur arriva ici de Meudon sur les sept heures du soir; il commença à prendre du quinquina à deux heures du matin. Une heure après que la fièM*e l'eut quitté , il dîna fort bien à Meudon et fut deI>out tout le jour. On espère que cette maladie n'aura aucune suite. — Le roi nous dit à son dîner qu'il avoit reçu des lettres de monseigneur le duc de Bourgogne du 9 ; ce prince devoit marcher le 10 au matin pour aller attaquer les ennemis qui sont toujours derrière la forêt de Clèves. II lui faut deux jours de marche, et il compte de les combattre aujourd'hui s'ils l'attendent dans leur camp, où apparemment ils sont bien retranchés. M. de Tallard doit marcher par une trouée de la forêt qui va à la droite des ennemis,
pendant que monseigneur le duc de Bourgogne ira attaquer leur gauche. On croit que M. le comte d'Athlone n'a toutau plus que quarante bataillons et soixante escadrons ; ainsi il y a beaucoup d'apparence que les ennemis ne nous attendront point, qu'ils se retireront sous une de leurs places, à moins qu^ils ne croient leurs retranchements assez bons pour que nous n'osions les attaquer. Le roi a témoigné beaucoup de joie du parti que prend monseigneur ie duc de Bourgogne et n'a pas laissé de dire qu'il seroit fort inquiet jusqu'à ce c[u'il sût le succès de cette entreprise. — Les assiégeants à Kaiserswert ne sont plus qu'à trois toises de l'angle saillant de lat contrescarpe. Nous avons dix-huit bons bataillons dans la place; Lappara et deux autres de nos meilleurs ingénieurs y sont rentrés, et l'on croit que les ennemis pei'dront bien du monde à l'attaque du chemin couvert.
Mardi iSy à Versailles. — Le roi travailla l'après-dlnée jusqu'à six heures avec M. de Pontchartrain , et puis s'allapromeneràTrianon. Monseigneur continue à prendre du quinquina et n'a eu aucun mouvement de fièvre aujourd'hui quoique ce fût son jour. Il s'est promené ce soir dans les jardins jusqu'à la nuit et a bien dîné, bien soupe et est fort gai. — La flotte hollandoise a joint à l'Ile de Wight celle d'Angleterre, qu'on croit qui n'est pas encore prête. Les troupes qu'on a voit retirées de dessus la flottede Hollande se sont rembarquées, et on compte qu'il y a six mille hommes ; on ne sait point encore combien il y aura de troupes sur celle d'Angleterre. La princesse de Danemark a 6té la charge d'amiral au comte de Pembroke et l'a donnée au prince de Danemark, son mari ; ainsi le voilà généralissime des armées de mer et de terre. Le comte de Pembroke a refusé la pensioq de 3,000 guinées qu'on lui offiroitpour le dédommager de Tamirauté, <{u'on lui ôte. Godolphin a été fait grand trésorier, qui est la seconde charge d'Angleterre et qui est encore plus considérable en ce pays-là que celle de surintendant des
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tioaDces ici. On a oUigé milord d^AlbooMoie de wemén sa charcre de capitaine des gardes, et il se retife em Hollande.
Mercrtidi iky à Vêrmilleê. — Le loi alla l'apite-dliiëe se promener à Mariy et en revint d'aaws bcmne heoie. Monseigneur continue à se porter mieux. — Il aniva le matin à huit heures nn courrier parti de Naplea le i de ce mois et qui avoit vu le rm d*Espagne embarqué. D es arriva un autre depuis, parti leTdeSan-Ste&noflurkeMe de Toscane, où étoit S. M. Cathcdiqueoe joojvlA, elle voit étoit si favorable que Forville. qui oonmiande nosgalères, assuroit qii on arriveroit le lendemin 8 à Final. Le roi compte que le roi d'Espagne est présentement à Milan.— U arriva à midi un courrier de Portugal. L'empereur, k» Anglois et les HoUandois ont Cait ce qa^ils ont pu par prières , par belles promesses et par menaces pour détacher S. M. Portugaise de nos intérêts et de ceux d'Etr pagne . mais tous leurs efTorts ont été inutiles ; ce prince assure que rien ne le sauroit détacher de Tallianee qa'il a faite avec nous. — Ce soir, à sept heures, M. de Dénoaville. aide de camp de monseigneur le duc de Boui^rogiie, est airivë. Notre armée marcha le lu et le 11 an malifl: elle arriva près des ennemis, qui n*ont pas jugé à propos de nous attendre dans leurs retranchements; ilssesoDtie* tirés avec prtxMpitation. Nous les avons saisis jusqu*à >'imègue et . sous le feu du canon de la place . nous avons renversé leur arrière^i.'arde jusque dans le chemin couvert et le fossé de la ville. Nous leur avons tué plus <k huit cents hommes, prit cent prisonniers, trois cents chiriot5. presque toutes les munitions de guerre et mille ch^ \au\. Nous n'avons eu que quarante ou cinquante honunes tuéÀ et environ quatre-vingts blessés, parmi lesquels est le lieutenant-colonel de Durfort ; ce régiment et le ooloiel uut trèi^iien fait. M. de BoufHers loue fort MM. de Montre\el. de liuiche. de Montfort. dWlègrCy de Souternoo ^ deSilly. Il ma nde des chines meneilleuses de monseigneur
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le duc de Bourgogne, qui s^est porté partout ; il loue sa va* leur, son sang-froid, son activité et son coup d\jQil, qui est le terme dont il se sert dans sa lettre. M. de Dénon«- ▼iUedit que les ennemis ont sûrement perdu plus de deux mille hommes ; mais monseigneur l<« duc de Bourgogne et M. de Boufilers dans leurs lettres n'en comptent que huit cents de tués.
Jeudi 15, jour de la féi$ de IHeu , à VenaiUes. — On reçut des lettres de Kaisers wert du 10 de ce mois. Le 9 au soir las assiégeants attaquèrent la contrescarpe ; on cornbattit duraqt trois heures. Lappara, qui étoit en derÂdu Rhin, mande qu'il n'a jamais entendu un plus grand feu ; les ennemis y ont eu près de trois mille hommes tués .<tar la place. Ils se sont logés sur les deux angles» saillants de iacontrescai'pe, qui sont minés; mais M. de Blainville n'a pas voulu les faire sauter, de peur d'ouvrir son chemin couvert. Nous avons eu h cette affaire trois cents soldats tués ou blessés. M. de SaintrSulpioe , qui avoit acheté le régiment de la Châtre, et M. de Stain ville, colonel réformé dans ce régiment, y ont été tués. -— M. le comte de la Motte a attaqué etpris, Tépée à la main, la petite ville lie Middlebourg. Les ennemis se sont retirés dans le chà^ tenu ; il la fait canonner toute la nuit. A la pointe dujuur, lemarquisdeBedm^ir est arrivé avec de nouvelles trou|)es, dont on n'aurait pas eu besoin ; les assiégés ont demandé à capituler et se sont rendus prisonniers de guerre. Il y avoitdanscette place deux centoinquante hommes, quinze officiers et un lieutenant-colonel, qu'on a envoyés à Bruges, Middlelioarg.est cette petite ville que (]oborn avoit prise sur les Espagnols au commencement de la campagne. -— Le roi alla à dix hernies à la paroisse et suivit le saint sacsrement jusqu'à la chapelle et le reconduisit de même jusqu'à la paroisse, où Û entendit la grande messe ; on empéclàa monseigneur le Dauphin d'y aller. Madame la ducliesse de Bourj^ugne, qui continue à prendre le lait, attendit la processicm à la chaiielle et puis alla entendre
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la grande messe à la paroisse^ d'où elle revint avec le roi.
Vendredi 16, à Ver$aillet. — Il arriva un ooorrier de monseigneur le duc de Bourgogne par lequel oa apprend beaucoup de détails de Taffaire dont M. de Dénonville avoit apporté la première nouvelle. Les ennemis y ont perdu près de deux mille hommes et Ton a pris plus de chevaux , d'équipages que Ton h'avoit dit d'abord. Ds sont fort étonnés en Hollande de' voir leurs troupes contraintes à rentrer dans le Bétau. — Il y a une lettre de M. de Blainville du 11 ; il rend compte de Faction qui se passa le 9 au soir à Tattaque de la contrescarpe. Nous y avons eu deux cents hommes tués et cinq cents de blessés, parmi lesquels quatre officiers morts et quarante-six blessés. M. deSaint-Sulpice n^apasététué, maisil est dangereusement blessé, etM. deStainville^qu'onavoitditmortaussi, n'est blessé que légèrement. M. de Blainville croit que les assiégeants ont eu plus de trois mille honunes tués sur la place, et qu'ils en ont eneore davantage de blessés. — Le roi donne 2,000 écus d'appointements à M. Noblet, qui bit la charge de secrétaire des commandements de monseigneur le duc de Bourgogne et dont ce prince est très-content; ce sont les mêmes appointements qu'a M. desTancheaux, qui fait cette même charge chez Monseigneur.
Samedi 17, à Ver»aille$. — Outre le conseil de finance que le roi tient tous les samedis et les mardis, il tint conseil d'État Taprès-dlnée jusqu'à cinq heures ; il avoit o^ donné qu'on commençAt le salut à cette heure-là, quoique en cette saison ici il ne commence qu^A six heures. Après avoir été au salut, il alla se promener à Marly jusqu'àlanuit. — On a des lettres d'Italie du 7 . M. de Vendôme se retrancha sur la Fossa Maestra pour empêcher les ennemis de sortir du Seraglio de ce côté-là. On ne sait point encore ce que M. de Vendôme fera du côté du Pô et du bas Mincio. M. de Viantais, qui commandoit dans Sabionetta, ayant voulu se saisir de Viadana, où les Impériaux oui eiieoi'e quelques troupes , a été tué ; il n'avoif qu^
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trente hommes avec lui^ et c'est d'après une fausse intelli- ^nce qu'il avoit entrepris cette affaire. M. de Vendôme a envoyé pour conmiander à Sabionetta du Guast , colonel réformé ; Viantais étoit colonel réformé aussi , et il étoit frère de mademoiselle de Viantais ^ fille d'honneur de madame la princesse de Conty . — Des Ormes est mort à Paris. Il avoit été contrôleur général de la maison du roi ; il avoit vendu sa charge au fils de Félix 60,000 écus et âyOOO écus de pension à vie.
Dimanche 18 , à VerMilles. — Le roi travailla Jusqu'à six heures, alla au salut et après le salut à Trianon. Monseigneur alla Taprès^dinée à Meudon pour y demeurer jusqu'à mercredi. — Monseigneur le duc de Bourgogne est dans le camp où étoient les ennemis avant leur retraite à Nimègue ; il voit de là plusieurs camps différents des ennemis dans le Bétau. Ils se sont partagés, et il parolt une assez grande épouvante en ce pays-là. Nos troupes ont pillé tout le pays entre le Wahal et la Meuse ; ils y ont pris beaucoup de chevaux et de bestiaux. — Les lettres de M. de Blainville du 13 au soir portent que les ennemis ont avancé leurs batteries, qui battent jusqu'au pied de la muraille où ils commencentà faire brèche ; ainsi les premières nouvelles que nous en aurons apparemment, c'est que la place sera prise. — Le roi de Suède, qui est à Varsovie, a envoyé des lettres circulaires pour faire monter la noblesse à cheval ; quand c'est le roi de Pologne ou le primatqui envoie ces lettres, on les appelle des universaux. H veut toi^jours faire déposer le roi de Pologne , qui s'est retiré à Cracovie.
Lundi 19, à Versailles. — Le roi travailla jusqu'au salut et après le salut alla se promener à Trianon. — Kaiserswert enfin s'est rendu le 15 juin. M. de Blainville envoya au prince de Nassau la capitulation toute dressée et lui manda que, s'il n'accordoit pas tous les articles sans y changer un seul mot , il n'avoit qu'à venir à l'assaut. Ce piînce ne trouva pas à propos d^exposer ses troupes,
4dë JOURINAL 1)K DANGEAU.
et signa. Par cette capitulation , la place nara rasée rea piad, rez terre , et nous retirons tout oa que nous y avons d'hommes, artillerie» munitions» bagagw, etc., sansqu'il reste rien aux ennemis. Le roi parla à son eoueher de cette singulière capitulation et dit ^fu^il avoît ordonné à H. de Blainville de proposer que la place fût rasée, mais de n'insister pas jusqu'à mettre la gwmîeon en danger. H. de Blainville n'a proposé la capitulation qu'après que les assiégeants ont eu battu les bastions jusqu'au pied. Le marquis deSaint^Sulpice et M. deStalnvilk sont morte de leurs blessures.
Mardi 20, à Vtr»ailUi. — Le roi alla Taprès-dlnée le promener à Marly. Madame la duchesse de Bourgc^ prit médecine ; elle a achevé de prendre son lait, dont eUe se trouve fort bien. Elle avoit donné hier à souper à Iieaucoup de dames à la Ménagerie, Madame la princesse de Contyalla Taprès-dlnée àHeudon, d*où elle ne revint qu'après avoir soupe avec Monseigneur. — Il y a qnelques jours qu'une frégate angloise de quarante pièces de canon débarqua quelques soldats sur la c6te de Bretagne; ils trouvèrent de la résistance;, et le comlNit dura si longtenq>s que quand les Angiois se voulurent retirer la mai*ée qui les avoit portés comineocja à iiaisser. La frégate ne put gagner la pleine mer ; elle se brisa sur un rocher; tes soldats et les matelots qui voulurent se sauver furent tués ou pris, et nos gens pillèrent le vaisseau tout à leur a ise . — Le marquis de Resnel est mort de maladie à Liège ; sa femme^ qui est sœur de M. de Torcy, est gfosse. Il étoit gouverneur de Chaumont en Bassigny ;ce gouvernement est auprès de ses terres et vaut k ou 5,000 livres de rente. Le roi le donne à l'enfant qui naltm si c'est au garçonnet si c'est une ftUe il le donne à l'abbé de Resnel , fri^re du mort. M. de Kesnel devoit enoore 2,000 écus du régimeot de cavalerie qu*il acheta cet hiver, et le roi les fera payer par celui qui aura le régiment.
Mercredi 21, à Versailles, — Le roi travailla jusqu'au
salut et s'alla promener, aprt^s le salut, à Triaium. Monseigneur revint à huit heures de Heudon,et nous n'étions que cinq ou six courtisans avec lui. — Le roi , trè»- <»ntentdes services de M. de Blainville, Ta fait lieutenant général^ quoiqu'il n'ait été fait niarécha] de camp qu*à la dernièi'e promotion. On ne peut rien ajouter à toutes les louanges qu on lui donne sur la manière dont il a défendu Kaiserswert et Ton espère que S. M. lui fera encore d'autres grôces. — Le roi a donné le régiment de Saintr Sulpice au frère de celui qui vient d'être tué ; il est entré depuis quelques jours dans les moust^uetaii^s. — M. le prince Eugène^ étant informé que M. de Yendùme étoit logé dans une maison qui touchoit au lac de Mantoue et que sa garde de ce côté-là étoit fort petite , détacha trois cents grenadiei*s commandés par un lieutenant-colonel et quinie ofHciers choisis ; il les embarqua dans vingt petits bateaux , à l'entrée de la nuit, avec ordre de oe point tirer quoi qu'il pût arriver. Ils abordèrent sans être découverts au l>out de l'allée de la maison où logeoit M. de Vendôme ; il y avoit une sentinelle qui, voyant qu'ils ne répondoient point au qm va là, tira dessus. Les enaeoiîs, oubliant Tordre de leurgénéral, tirèrent sur la sentinelle^ qu'ils tuèrent. Ix; corps de garde au bruit prit les ajrmes et s'avança dans l'avenue ; les trois cents grenar diers, se voyant découverts, se retirèrent sans aller plus loin. Le prince Eugène fait faire le procès au lieutenantcolonel qui les commandoit. M. de Vendôme a fait faire un pont sur l'Oglio à Harcaria et a envoyé des ti*oupes à Viadana, qui n'est pas tout à fait sur le Pô , vis-à-vis de Bercello. Les ennemis avoient quelques troupes dedans qui se sont retirées de bonne heure. M. de Vendôme a fait prendre aussi une petite redoute que les ennemis avoient iaite touchant au Pô d'un côté et à Viadana de l'autre.
Jeudi 23, à Trianon. — Le roi alla le matin à la paroisse, accompagnant le saint sacrement juscju au rejM>floir, et le reconduisit jusqu'à l'église, où il entendit la
grande messe ; madame la duche^ne de Bourgogne et Madame étoient à la procession. Monseigneur eut la nuit mie assez violente colique qui l'empêcha de dormir ; il en fat encore assez tourmenté tout le jour. Le roi y alla avant la procession et Taprès-dinée encore avant que de venir ici. S. H. vouloit rompre le voyage qu'elle ne fiait même que pour faire plaisir à Monseigneur, qui aime fort ce lien ici ; mais Monseigneur^ qui se croyoit en état de venir ici le lendemain, pria fort S. M. de ne rien changer à la destination qu'elle avoit faite; ainsi, après le salut, le roi partit de Versailles pour venir ici, où Ton demeurera jusqu'à mercredi. — Le roi a donné le régiment des gardes suisses à Keynold, qui en a été autrefois lieutenant-colonel ; il est maréchal de camp. Il avoit un autre régiment suisse qui vaut autant pour le revenu, mais qui n'est pas si honorable ; le roi le donne à Castelas, lieutenant-colonel du régiment des gardes suisses; il avoit une pension de 2,000 livres, que le roi a doublée au commencement de cette campagne, la lieutenance-colonelle étant d'un trop petit revenu. On ne dit point encore qui sera lieutenantcolonel en sa place.
Vendredi 23, à Trianon. — Monseigneur a fort bien passé la nuit, et l'aprè^-dinée il n'a quasi point eu de douleurs ; le roi l'est venu voir sur les six heures, et madame la duchesse de Bourgogne y a demeuré très-lonsrtemps. Après que le roi en a été sorti , Monseigneur s'est mis au jeu ; il a soupe de bon appétit et viendra demain matin trouver le roi ici. 11 avoit même envie d'y venir dès ce soir, mais les médecins ont trouvé plus à propos qu'il se reposât encore. — On a eu des lettres de Turin qui portent que le roi d'Espagne débarqua le 11 à Final et que LL. AA. RR. partoient pour l'aller trouver à Alexandrie. On avoit déjà su pal* M. de Vendôme que S. M. Catholique étoit arrivée le 1 0 à la baie de Sayone, qui est fort proche de Final ; cependant Vernassal , capitaine des galères , qui doit apporter ici la nouvelle de son arrivée
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À Final, n'est point encore venu. On commence à croire que M. le duc de Savoie ne fera |>oint la campagne ; on ne le presse pas beaucoup ici de la faire. — On mande de Farmée de M. de Gatinat qu^on entend tirer beaucoup de canon du côté de Landau et' qu'on croit enfin que le prince Louis en va faire le siège.
Samedi 2i^ à Trianon. — Le roi donna le matin audience au duc de Médina-Geli^ qui a voulu passer ici, retournant en Espagne et revenant de la vice-royauté de Naples. Il est sept fois grand*. Le roi tint ensuite le conseil à son ordinaire et alla tirer sur les quatre heures. Monseigneur, dont la santé est entièrement rétablie , partit de Versailles après la messe et vint ici pour y demeurer; il se promena beaucoup Taprès-dinée et joua tout le reste du temps. — Dénon ville repartit, il y a deux jours, pour retourner auprès de monseigneur le duc de Bourgogne, dont il est aide de camp; le roi lui a donné 2,000 écus pour payer sou voyage. Toutes les lettres de Flandre ne sont pleines que des louanges de monseigneur le duc de Bourgogne, qui se fait fort aimer et fort estimer dans l'armée. — (^telas, lieutenant-colonel des gardes suisses, a prié M. du Maine de mander au roi qu'il ne pouvoit se résoudre à quitter cet emploi, qui Tapprochoit si souvent de S. M., et qu'il aimoit mieux y demeurer cpie de prendre le régiment de Reynold, quoique d'un bien plus gros revenu, et qu'il seroit content pourvu qu'il demeurât dans son emploi ; qu'il ne demandoit ni régiment ni augmentation de pension. Le roi a été fort content de son procédé, et comme il l'estime fort, il le laisse lieutenantcolonel des gardes et lui donne le régiment de Reynold.
* Être une t'ois grand , ou sept fois ou davantage ne fait quoi que ce soit Ces grandesses s'accumulent par héritage, et tombent toutes meessairement sur la tête du fils aine ou autre héritier ou héritière nécessaire, à faute d'enfants, sans donner plus de rang ni d'avantages qu'une seule grandesse.
IHmaMhe â5, à Triaiion. — Le roi tint conseil le ma-
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tin comme à son ordinaire et après dlaer il monta à cheval dans sa cour pour aller tirer. Monseigneur monta à cheval aussi et accompagna le roi à la chasse ; ensuite Monseigneur joua avec madame la duehewe de Bourgogne et l)eaucoup de dames au lansquenet, où Ion a recommencé à jouer ce voyage ici. — On mande d'Angleterre qu^ou n^y a pas trouvé tous les matelots dont oo auroit eu besoin pour cette grande flotte , la plus grande qui ait ^leut-ètre jamais été en mer ; elle est toujours i nie de Wight. Us ont désarmé une partie de leurs pl« grands vaisseaux, tant parce qu^ils n'ont pas tous les matelots nécessaires que parce qu'ils ne croient pas avoir besoin d'une si nombreuse flotte. Ils font courre le bruit qu'ils vont en Sicile , mais il paroit qu'il est un peu tard pour entreprendre cette navigation, et nous croyons ici présentement que leur dessein est sur un petit port qui est entre la Corona et le Portugal ; les Espagnols ont de ce côté-là quatre ou cinq mille hommes de troupes réglées et les milices de Galice, qui ne sont pas mauvaises. Lundi 26, à Versailles. — Le roi dit le matin à son lever à Trianon qu'il retourneroit l'après-dlnée à Ve^ sailles, et on envoya à Paris contremander les comédiens qui avoient ordre de vejiir le soir. Le roi et Monseigneur allèrent encore tirer l'après-dlnée. Il y eut conseil le matin. Monseigneur a depuis quelques jours quelques petits mouvements de goutte au pied dont on n'est point fâché. Madame de Maintenon s'étoit trouvée un peu mal la nuit, et on croit que c'est ce qui a obligé le roi à quitter Trianon, où il avoit résolu de demeurer jusqu'à mercredi. Madame étoit du voyage de Trianon^ où elle retenoit des dames k souper, comme madame la duchesse de Bourgogne et les autres princesses. — On eut des nouvelles de Milan du 18. Le roi d^Espagne y étoit arrivé; il en devoit repartir incessamment pour aller se mettre à la tète de Tarmée. 11 a vu M. de Savoie entre Final el Alexandrie, et mesdames les duchesses de Savoie à
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AlaIandri^^ d^où M. de Savoie est retourné avec elles à Turin y et on ne croit plus qu'il fasse la campagne, il parolt même qu'en ce pays ici on n'a pas grande envie qu'il la fasse.
Mmrdi %7 , à Verêailles. — Le roi travailla Taprèsdlnée avec M. de Pontchartrain et il avoit tenu conseil de finance le matin y comme il fait tous les mardis et les wnedis. Monseigneur alla dîner à Heudon» où il couciia I0t où il a mené fort peu de monde. — On n'est pas coniMitdes Vénitiens^ qui ont laissé sortir de leur port un ymisBeau que l'ambassadeur de rem()ereur a acheté et bi% armei* et qui a arl>oré le pavillon de Tempereur, et qi$k va porter â l'embouchure du P6 des munitions de fgmn% pour l'armée du prince Eugène. Notre ambassadeiir à Venise a envoyé un courrier au chevalier de For- Mb av6c ordre de faire rentrer ses frégates dans le golfe, {•^ioibassadeur de Venise qui est ici a eu plusieurs confirenoes avec M. de Torcy pour Uicher de justifier la i^^publique sur ce fait-là. — On mande d'Alsace que l'ar- 0née du prince Louis est présentement de plus de quanmta mille hommes ; elle a été considérablement fortifiée jfêf des princes qui sont des cercles de Franconie et de Souabe; mais ce ne sont pas les cercles entiers qui ont ftasé le Rhin.
Mercredi 28, à Marly. — Outre le conseil que le i-oi «voit tenu le matin à son ordinaire , il tint encore conseil Taprès-dlnée à Versailles avapt que de venir ici, où il compte de demeurer dix-huit jours; ce sera le plus long S^our qu'on y ail encore fait. Monseigneur vint ici de Jfeudon, où il avoit couché. Madame, qui a eu quelque»^ accès de fièvre^ est demeurée à Versailles et viendra ici 4èt que la fièvre Taura quittée. — Le roi d'Espagne a ■ommé le prince Borghèse ambassadeur extraordinaire A Rome pour aller remercier Sa Sainteté de lui avoir envoyé un légat. Il a fait le prince; de Monte-Sai-chio chevalier de la Toison d or et lui a donné la charge de gêné-
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rai des galères de Naples avec les honneurs de la graih desse. Il a fait le comte de Lemos vice-roi de Sardaigne; il a fait le prince de Gastiglione général de la cavalerie de Naples et le prince de Santo-Buono ambeasadeiir à Venise ; tout cela s'est fait avant que S. M. C. partit (fe Naples le 8 de ce mois. S. H. C. arriva dans le port de Livonme avec vingt galères; on lui avoit préparé le palais qni est dans la grande place^ qu'on avoit meublé avec une magnificence ertraordinaire ; mais l'impatieiiee que ce roi a de se rendre à la tète de ses armées Tayaot déterminé à ne pas descendre de dessus sa galère, le grand-duc^ suivi du grand prince et de la grande princesse, vinrent l'y saluer et il les reçut avec de grandes marques de considération et d'amitié y particulièrement pour la grande princesse y qui est sa tante , étant sœur de feu madame la Dauphine^ et elle a toujours paru fort zélée pour la France. S. M. C. les fit saluer de quatre coups de canon de toutes les galères et les traita d'Altesse, honneur auquel ils ont été fort sensibles. Le grandduc a envoyé toutes sortes de rafraîchissements en grande quantité pour toute la suite du roi d'Espagne^ et la grande princesse lui a donné un joyau qui vaut plus de 20,000 écuS; le priant de l'envoyer à la reine d'Espagne. On compte que le grand-duc a dépensé à ce passage-là plus de k ou 500,000 livres*. — La comtesse de Gacé mourut ces jours passés à Paris; elle étoit femme du comte de Gacé y gouverneur du pays dWunis et lieutenant général.
* M. de Savoie ue vit le roi d'Espagne qu'en passant et sans s asseoir il attendit, sur le point de Tentrevue, à déclarer sa prétention d'avoir ud Êiuteuil devant le roi son gendre. Marsin, qui Taccompagnoit comme ambassadeur, n'y trouva point de difficulté , parce que les cardinaui reoevoient ce traitement du roi d'Rspagne. 11 ignoroit la source de cet abus, et la différence essentielle en Espagne de fauteuil à fauteuil qv M. de Savoie ne vouloit pas admettre , mais dont pourtant il se seroit peut-être contenté à la fin. Marsin étoit ignorant , étourdi y d*une cnilité égale au lieutenant d'infanterie , pareille au lieutenant général tpà fiûsoît litière fort indécemment de son caractère d'ambassadeur et de
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cduî de tout ie monde. Louville représenta que let ducs de Savoie , uï €Sk EqMgne ni -hors d^Espagne, {n'avoient jamais imaginé cette prétention sous Philippe II ni sous aucun autre roi d'Espagne , dont ils avoient épousé les filles et les sœurs ; que pour obtenir Paltesse royale de Tempereur et des électeurs , et le traitement à Vienne de tête eou- TOiméepour ses ambassadeurs , r*avoit été à condition expresse et si* gDée de céder partout aux électeurs avec qui il se pouvoit trouver, dont il n*avoit fait aucune difficulté à Venise à Télecteur de Bavière avec lequel il sV étoit trouvé; que ce même électeur de Bavière, qui comme disant l'empereur avoit un fauteuil devant lui , n*en avoit jamais prétendu du roi Guillaume, avec lequel il s*étoit continuellement trouvé en Flandre et devant qui il n'avoit jamais eu qu*un tabouret, le roi Guillaume étant dans un fauteuil; qu'enfin les princes du sang ne oédoient point en lieu tiers au duc de Savoie , témoin ce qui se passa à Lyonet qui fut répété n Paris entre le fameux (Iharles- Emmanuel et M. le Prince, qui, sVtant rencontrés à la porte de la chambre de Henri IV, qui s*habilloit , se firent des compliments pour entrer, que Heori IV finit bientôt en disant fort haut a M. le Prince : •« Passeï, mon cousin ! M. de Savoie sait trop bien ce qu*il vous doit; » et M. le Prince entra , et M. de Savoie après lui. 11 en fut de même pour la chemise. Ce qu'il y avoit de grands d'Espagne auprès du roi dont les pères avoient évité Charles- Emmanuel en Espagne, et qui tout gendre de leur roi qu'il étoit ne lui avoient pas cédé, s'élevèrent contre ce fauteuil. 11 fut donc nettement refusé ; et M. de Savoie , qui comptoit de ravoir et qui avoit préparé un festin au roi d'Espagne pour y en jouir avec plus d'éclat , fut outré , ne vit le roi que debout une fois et un moment, ne le pardonna point , et on prétend que cela infiua beaucoup sur les partis qu'il prit dans là suite. >lais ce qui s'étoit passé auparavant sous les yeux du maréchal Catinat et sous le nez du marf* chai de ViUeroy» de concert avec M, de Vaudemont, pouvoir détromper qu'il eût attendu jusque-là à trahir les deux cx>uronnes.
Jeudi 29, à Marly. — Le roi alla Taprès-dlnée à Saint* Germain voir le roi et la reine d'Angleterre, et au retour se promena jusqu'à la nuit dans ses jardins ; Monseigneur et madame la duchesse de Bourgogne , qui avoient joué i'après-dlnée dans le salon au lansquenet, se joignirent à la promenade. — Un cx)iuTier de M. de Torcy revint de Milan, d'où il partit samedi 24 de ce mois. Le roi d'Espagne y a fait plus de séjour qu'il ne pensoit; ses équipages n'y étoient pas encore arrivés. Il y a vu le magnifique
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opéra que le duc de Saint-Pierre a fiiit faire & ses dépens ; il devoit en repartir aujourd'hui et compte d'arriver A Tarmée le a de juillet. M. de Savoie avoit éciût ici pour demander ce qui seroit le plus agréable au roi , ou qu'il suivit le roi d'Espagne à Tannée, ou qu'il demeofàt à Turin ; on lui a fait réponse qu'on croyoit que le parti qu'il prendroit seroit toujours le meilleur, et il a pris celui de retourner & Turin. — L'assemblée du clei^, ayant fini ses séances , vint hier en corps saluer le roi i Versailles, et Tévôque de Toulon fit la harangue.
Vendredi 30, à Marly. — Le roi courut le cerf Taprèsdinée dans son parc; madame la duchesse de Bourgogne étoit avec lui dans sa calèche. Monseigneur, qui e&t en pai*faiie santé, étoit achevai. — Par le courrier qui arriva hier de Milan on sut que le chevalier de Vemassal, qui devoit apporter ici la nouvelle du débarquement du roi d'Espagne à Final, avoit été retenu par S. M. C. pour renvoyer ici quand il sera à la tète de Taïunée ; on étoit en peine de ce chevalier de Vernassal ; on le croyoit mort ou tué. — Il y a quelques jours qu'on apprit que H. de Vendôme avoit canonné le quartier du prince Eugène^ qui est à Curtatone, par une batterie qu'il a fait faire la nuit dans un mai'ais; on leur a tué plus de cent personnes dans le quartier général et on l'a obligé à le ({uitter ; il a fallu même quUl fit décamper quelques r^ments. M. de Vendôme mande , par les lettres qu'on a re^ eues aujourd'hui, qu'il avoue qu'il n a pas été fâché de î5C venger par cette canonnade-là de Tenteprise qu'a voit fait^ le princeEugène de l'enlever. Les rendus disent que les eïï^^ neniis commencent à beaucoup souffrir dans leur camp-
Samedi !•' juillet, à Marly . — Le roi nous dit que momiseigneur le duc de Bourgogne lui mandoit qu'un de noe partis de trois cents chevaux avoit trouvé , entre Grave et Niinègue, un parti des ennemis beaucoup plus fort « qu'il u'avoit pas laissé de l'attaquer et qu'après uu asst:z rude combat nous étions demeurés maîtres du champ de
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bataille. La cavalerie ennemie s'est trèi»-l)ien défendue et il a ftdlu toute la vigueur de nos troupes |K>ur les obliger à se retirer^ ce qu'ils ont fait eu très-bon ordre. La moitié des troupes qui composoit notre parti étoit de la liaison du roi^ et Philippe , exempt des gardes du corps ^ le commandoit ; il eut Tbiver passé commission de mestre de camp. Il a été blessé légèrement à cette affaire d'un coupd'épée, et Gœurli y un autre exempt ,a été pris. — La reine d'Espagne a terminé les Étais d'Aragon, qui ont fiedi des protestations sur ce qu'ils avoieni été tenus par une reine ; ils prétendent ne le devoir jamais être que par le roi d'Espagne en personne. Ils n'ont pas laissé de lui accorder 100^000 écus^ argent comptant, quelle a envoyés sur-le-champ au roi son mari saas en vouloir rien prendrtf.
Dimanche %, à Marly. — Le roi' tint conseil le matin à son ordinaire et travailla encore longtemps Taprès* dlnée avec M. de Chamillart. — M. le maréchal de Catinat écrit du 28 que la tranchée n étoit pas encore ouverte A Landau le â6 et qu on entend toujours tirer lieaucoup de canon. La place est si bien investie qu*il y a six semaines qu'on n'a pu recevoir aucunes lettres de Melac ; cependant, malgré la garde exacte <{ue font les ennemis, un de nos brigadiers est entré dans la place avec deux antres officiers. On ne m'a point nommé le brigjulier. — On mande de Tarmée d'Italie qu'un parti ennemi de quatre ou cinq cents chevaux étoit sorti du Seraglio par un pont qu'ils ont sur le Imis Mincio à la Virgiliana, qu'il étoit venu passer le liaui Mincio à Borglietto, qu'il avoit traversé tout le Bressan et le Créinas<iue et étoit venu sur TAdda jusqu'à Lodi ; on croit qu<^ leur dessein est d'enlever quelqu'un de la suite du roi d'fc)spagne. H. de Vendôme a détaché apri^s eux huit cents chevaux eenumandés par Bourgneuf, et le marquis d'Ayetonne, gouverneur de Crémone , a détaché aussi mille chevaux ôm cette place pour tacher à les joindre.
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Lundi 3, à Marly. — Outre le ccmseil d'État que le rai tint le matin à son ordinaire , il traTaillm enooce Taprés^ dlnée jusqu'à six heures avec M. Pelletier et puis se promena dans ses jardins jusqu'à la nuit. — Madame de Mainienon a eu quelques accès de fièvre tierce dont dk n'est pas entièrement quitte. — Quatre de nos galères que nous envoyons à Lisbonne, commandées par le chevalin de Valtjelle, frère de l'évèquede Saint-Omer, ont trouve surlescùtesd'Espa^edeux vaisseaux salétins quivenoîeol pirater sur les Espagnols ; nous les avons attaqués et pris après une assez longue résistance^ et nous les avons nieoés à Lislionne. Les ElspagnoLs et les Portugais ont témoigoé beaucoup de joie de cette prise , car ces pirates-là les incommodeiilfort; il y avoit deuxou trois cents Turcs sur ces bâtiments qui seront une belle recrue pour nos galères. — Monseigneur le duc de Bourgogne continue à se foire adorer dans son armée : il est toujours dans son camp près de Clèves. Les ennemis se retranchent dans le Bétau comme des gens qui craignent d*ètre attaqués. Les eaux sont plus liasses à Tolhuys et devant le f<Ml de ScbencL quelles ne rétoientquand nousypassàmes à nage il y a trente ans. — Le brigadier qui est entré dans Landau s*appelle Damigny et est lieutenant-colonel de Vermandois.
Mardi ï . à Marljf. — Outre le conseil que le roi tint le matin à son ordinaire, il travailla Taprès-dinée avec M. de Chamillart . et puis se promena dans ses jardins avec Monseigneur. Madame la duchesse de Bourgogne, qui a une grande fluxion sur les dents • ne fut point à la promenade. — On eut nouvelle, par rordinaire qui est arrivé d'Italie, que M. de Vendôme s avançoit à Marcaria pour Kcevoir le roi d'Espagne, lia envoyé le marquis de Créquy avec un assez grand corps à Crémone, et 1 od croit qu'après que S. M. CaUdolique y sera arrivée i^ troupes passeront le Pu pour aller attaquer Bercello ou pour marcher dn>it au pont que les ennemis ont h Buiyro-
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Forte. Les quatre cents chevaux quMls avoient envoyés' jusqu'auprès de Lodi sont rentrés dans leur camp par Borgo-Forte. — Le roi a donné à M, le comte Jean-Ernest de Lowenstein^ frère cadet de madame de Dangeau, l'abbaye de Saint-Vincent de Laon^ sur la démission qu'en donne le cardinal de Furstemberg, retentis fructibus; cette abbaye est considérable par son revenu et par ses collations y et le roi accorde rarement de pareilles gr&ces.
Mercredi 6, à Marly. — Le roi travailla encore Taprèsdlnée avec M. de Chamillart^ outre le conseil qu'il avoit ienu le matin. — On mande de Toulon que M. le comte de Toulouse devoit s'y embarquer dimanche passé; on croit qu'il va à Messine. — Il y a eu encore quelque petite conspiration dans le royaume de Naples depilis le départ du roi d'Espagne ; mais elle a été découverte^ et on ne croit pas que cela ait aucunes suites. — Il y a des lettres du maréchal de Catinat du dernier du mois ; il mande qu'il croit que le 28 la tranchée n'étoit pas encore ouverte à Landau. — M. de Neufchàtel , autrefois le chevalier de Soissons et que madame de Nemours a choisi pour son héritier il y a déjà quelques années , est à la dernière extrémité à Paris. — Le chevalier de Tilladet tomba avanthier dans une grande paralysie ; il reçut l'extrème-onction et on le crut mort durant deux heures; on le croit présentement hors de danger. — Madame^ qui étoit demeurée à Versailles avec la fièvre, est entièrement guérie et est venue ce soir ici pour y demeurer le reste du voyage. • Jeiidi 6, à Marly . — Le roi courut le cerf l'après-dinée ; Monsieur étoit àla chasse. — Il arriva un courrier de M. de Vendôme parti de vendredi dernier. Il trouva le roi d'Espagne, samedi matin, à une demi-lieue de Milan, escortéde beaucoup de troupes; ildevoit arriver le 3 à Crémone, où M. de Vendôme arrivera le même jour. Le 4 ils y doivent passer le Pô et marcher droit au pont de Borgo-Forte pour tâcher à le rompre et ôter au prince Eugène toute communication au delà du Pô. Ce prince voudra peut-être sou- T. VIII. 29
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tenir mn pont, et il ne fleroit pas iinpoAible qu'il votiltt passer et combattre Tannée du roi d'Eip^me, qoi aarti outre les troupes qu'il a amenées, qoajiinte-olnq faatail*lonsei cinquante-oinq escadrons de nosmeilleiftwlniupai. Le reste de notre armée et la garnison que noua avom dans Mantoue seront commandés par le comlt de Teaé, qui demeurera dans nos retranehementa le long de h Fossa-Maestra a%'ec ordre d'entrer dans le SevagUo si le prince Euffène le quitte {Kiur aller défendre le poilt de BoriFo-Foiie. ou pour passer le bas Mincio si le prinoe Eugène demeure dans son camp. Le roi d'Espagne, après avoir rompu le pont de itorgo-Forte, fera le siège de Bercoilo fort à son aise.
Ventlredi T, cl Marly. — Le roi fut enfermé longtempsle matin avec le P. de la Chaise et prit plaisir Taprès-dlnée à lui faire voir les emliellissements qu'il a fait faire dans ses jardins. — Il arriva hier au soir un courrier do canlinai de Jansim, qui est de retour à Rome ; il envoie au roi la copie de la lettre du ducd'Escalonaau roi d*Espagne, dans laquelle il lui rend compte dune nouvelle conspiration d<***ouvcrtv à Nuplesetdontila fait arrêter les princi- |)auv complicf^s On ne nous en dit point encore le détail: on sût seulement qu»^ le duc de Noia, de la maison de Caraffa , est un dos plus coupables et qu'il est arrêté. M. de Toiry eut ces joui^s prisses une conversation avec le duc de Medina-Olï avant qu'on eût avis de cette demiéiv conQpir:»lion, et le duc lui dit que, s'il arrivoit des dés«inlres à Naple^, ils st>roient fomentés par quelques seivneuiN na|xditains qu'il lui nomma « et ce sont là justement ceuv i{ui tint vnulu faire révolter le peuple. — l'appris que le roi a^oit fait deux brigadiers d'infanterie. M. de Marillac . colonel du régiment de Languedoc, qui a p;«rt'aitement bien ftiit dans kaiserswert • où il s'étoit jeté depuis l'ouvertme de la tranchée « et l'autre est ValeiUe». qui i toit lieutenant du roi dans Kaiserswert. où il a dipi«îmeut servi. — Il arriva le matin un lieutenant des p-
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lères nommé le chevalior de Mnrillai* {[xw le chevalier de lu Pailletrie envoie au roi pour lui rendre compte d^ine Ibrt jolie action qu'ont faite les six galères que nous avons ft Ostende, où eUes ont ramené un vaisseau holiandoisde soixante pièces de canon qu^elles ont attaqué et pris i\ six lieues de la côte et à la portée du canon de toute Teseadre d'Évertsen. Le oombat a duré (|uatre heures, et c'est le flls de Malezleu , qui est lieutenant de galère; qui a été le premier à Tabordage. Deux de nos galères avoient pris le vaisseau avant que les quatre autres fussent arrivées^ paroe qu^elles se préparoient à attaquer un autre vaisseau^ qui n^osoit tenter de secourir celui qu'on a pris. Nous avons perdu en cette occasion un neveu de M. le terdinal de Janson> qui étolt lieutenant de galère. — On a nouvelle que la flotte ennemie étoit encore le ^ à TUe de Wigbt, mais qu'elle étoit toute prête k mettre à la voile; il y a dessus cette flotte seise mille hommes de troupes de débarquement^ savoir dix mille Anglois, cinq mille Hollandois et mille volontaires.
Samedi %, à Marly. -^11 arriva un courrier de monseigneur le duc de Bourgogne, et le roi ti la piKMuenade nous lut la lettre de ce prince; elle est du 4. Il mande au roi qu'il est venu camper le 3 entre la Meuse et la Niers, ayant sa droite à Gocb ; il a fait faire des ponts sur sa gauche pour pouvoir aller au fourrage au deh\ de la lieuse* Les ennemis, qui sont considérablement fortifiés tant par les troupes qui ont fait le siège de Kalserswert que |Mir les secours qui leur sont arrivt^s d'iVllenyigne, ont repassé A Nimègue^ où ils ont leur droite, et leur gaiiolit^ les iniiproche de Grave. Monseigneur le duo de Bour|L:o.icne a fait un détachement pour l'armée d'Allemagne, comme le roi lui avoit ordonné; ce détachement est de doiiae liataillons et de quinze escadrons. Chaniarande, mnréchal de oamp» le commandera jusiju'à Thionville, et Ià M. le inarquis de Villars, lieuteuaiit gtinéral, ie viendra prendre; il commandera ce petit corps ii^*pnré et sera
aux ordres du maréchal de Gatinat. Monseigneur le due de Bourgogne supplie le roi instamment dans sa lettn de le laisser à la tête de Tarmée, et il espère > quoique son armée soit affaiblie par ce détachement et que celle des ennemis soit augmentée , pouvoir leur tenir t^et les empêcher de rien entreprendre.
Dimanche 9, à Marly. — Outre le conseil que le ni tint le matin à son ordinaire , il travailla Taprès-dlnée avec M. de Chamillart. — Le roi nous apprit beaucoupde particularités de la dernière conspiration de Naples. La nuit du 8 au 9 du mois passé, les troupes qui sont dans la ville furent sous les armeâ; on changea tous les postes. Le vice-roi fit arrêter le duc de Noia, le prince de Trebisaccia et quelques moines. Les conspirateurs vouloient se servir du tourion des Carmes. Il y a une liste de vingtcinq personnes accusées d'en être complices. On accuse fort renvoyé de Venise d'avoir fomenté ces troubles-là, et il y a déjà quelques jours que la république l'a rappelé à la prière du roi d'Espagne. On prétend qu'il avoil gagné beaucoup de gens avant que de partir et qu'il étoit gagné lui-même par le cardinal Grimani. Il y a trois capitaines du régiment des gardes napolitains soupçonnés; on dit même que l'homme qui charge le fusil du roi d'Espagne à la chasse étoit gagné et qu'on en vouloit à sa personne. — U y a des lettres du maréchal de Câlinât qui portent que la tranchée doit avoir été ouverte à Landau le 3. Le roi des Romains partit de Vienne le 26 du mois passé pour venir commander à ce siège.
Lundi 10, à Marly, — Outre le conseil que le roi iint le matin à son ordinaire , il travailla l'après-dlnée avec M. Pelletier, comme il fait tous les lundis. — Les mousquetaires qui étoient demeurés à Paris ont ordre de s'en aller à Valogne en Normandie et sont en marche. — Tap priscjue M. de Rosmadec, chef d'escadre, étoit mort; il avoit le petit gouvernement de Redon en Bretagne, qni a été donné à M. de Nesmond , lieutenant général de b
marine; ce petit gouvernement vaut 1^000 écus de rente. On a su la mort de M. de Rosmadec par un courrier de M. de Château-Renaud venu de Brest, où il étoit arrivé sur un bâtiment que Château-Renaud avoit envoyé de TAmérique, et ce courrier a eu ordre de ne point dire où étoit Ch&teau-Renaud ni ^'il ramenoit les galions. — Le roi , après son petit coucher, appela M. de Bouillon, et Ton sut que c'étoit pour lui parler de son neveu, le prince d'Auvergne, qui avoit un régiment de cavalerie dans l'armée du maréchal de Catinat ; il a quitté son régiment, est allé trouver les ennemis à Weissembourg. On ne sait s'il prendra de remploi dans leurs troupes ou s'il s'en ira à Bergop-Zoom, qui est une terre à lui. — Monseigneur alla Taprès-dlnée à Saint-Germain voir LL. MM. BB. ; madame la duchesse de Bourgogne y alla aussi après lui.
* Mardi 11, à Marly. — Le roi tint un petit conseil d'État le matin avant le conseil de finance. — Le chevalier de Tilladet mourut à Paris. II étoit gouverneur d'Aire; il avoit deux commanderies à Malte assez bonnes; la plus considérable est celle de Piéton en Flandre, qui est la commanderie magistrale du grand prieuré de France, et le roi, qui a'déjà recommandé au grand maître de Malte le bailli d'Armagnac, interposera encore pour lui ses offices dans cette occasion. — On eut des nouvelles de M. de Vendôme du ^ ; il étoit encore en son camp de Rivalte sur la Fossa-Maestra, mais le détachement qu'il a fait pour passer le P6 à Crémone e«t en marche. Albergotti, lieutenant général, qui étoit allé visiter nos fourrageurs, trouva un parti des ennemis de quatre cents chevaux; il n'en avoit que deux cents et ne laissa pas de les attaquer. Ils se retirèrent derrière un chÀteau où ils avoientde l'infanterie, et il les en chassa; le lieutenant-colonel du régiment du prince Eugène y a été tué. L'avantage a été tout entier de notre côté; mais nousy avons perdu Grandclos, lieutenantrcoloneldeRuffé, et le chevalier d'Albon, capitaine de carabiniers. Un autre
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parti (leH enneniin de cent cuiramers a été battu et eolbuté diins Tll^^lio par cent oinquanta oavaliars aipa^nolsj que le marquis d'Ayetonne avoit détachiéa de la ganUsoii de Oéinoiie ; nous avons battu encore un autre petit parti de» ennemis^ et nos troupea ont pris la aupépiorité pairtout.
Mercredi 12, à Marly, — L« roi tint oonaeil le matifi ot se promena toute TaprèdHlinée dans ses jardins. -« On a des nouvelles de la flotte ennemie ( toutes les troupes sont embarquées, mais elles n'étoient pas enoope à la voik le 7* On dit que o'est le vent contraire qui la retient at qu'elle partira de Tite de Wight dès que le vent sert changé. — ' Chamois, envoyé de France à la diète de Ratisbonne, a reçu ordre de Tempereur de se retirer; pas un envoyé des princes de l'empire n'a osé s'opposer aux ojrdres de rempereur, qui en use avec la môme autorité que s il étoit roi d'Allemagne. Chamois a été obligé de'se retirer auprès de M. Télecteur de Bavière à Munich, oà il est présentement. — J'appris que le prince de Darmstadi étoit emlmrqué sur la flotte ennemie ; il prétend avoir quelque intelligence en Espagne. Il étoit fort considéré de la reine douairière et a commandé en Catalogne.— Le roi a donné le régiment qu'avoit le prince d^ Auvergne à celui qui eu étoit lieutenant-colonel , dont je ne sais pas le nom. — M. le Prince rachète la terre de Creil de madame la princesse d'IIarcourt, qui Favoit achetée avec le comte de Clermont de M^ le prince de Carignan ; le roi est entré diins cette affaire-là avec beaucoup de bonté pour M. le Prinoe, et H. de Chamillart est chargé par S. M. d'en régler le prix.
Jeudi 13, à Marly- — Le roi, qui a été trèsrconteat de Taetion qu'ont faite ses galères auprès d'Osteqde , a M chef d'escadre le chevalier de la t^aill^trie^ qui ks commande. 4'apprifi que le chevalier de Rosmadeç, inortsuf les vaisseau K que nous avons à T Amérique, avoit été cbûi^i pour gouverneur des lies de ce paysrlà; on nesavoitpas s'il accepteroit l'emploi, et apparemment il étoit mort