ÉTAT DES SOLDATS TUÉS ET BLESSÉS PENDANT LE SIÈGE
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Un seul officier blessé, M. Le Fèvre, lieutenant des grenadiers du régiment de Royal-Roussillon,
Le 14. — On a cassé la tête à un soldat de la Sarre, qui avoit manqué au sieur de Langy, officier de la colonie.
Le même jour 14, on a fait passer par les verges un homme de Royal-Roussillon pour avoir vendu de l’eaude-vie aux sauvages.
Le 29,— Le marquis de Montcalm est parti de Carillon et a remis au chevalier de Lévis le commande-
ment de l’armée, avec ordre de faire achever le Portage, d'aller avec un gros détachement reconnoître le fond de la baie et la rivière au Chicot. Le chevalier de Lévis repartira ensuite avec les bataillons de la Reine, la Sarre, Languedoc et Guyenne, qu’il viendra établir à Saint- Jean et à Sainte-Thérèse, pour continuer les travaux de ce fort et les chemins. Le sieur de Bourlamaque, avec les bataillons de Royal-Roussillon et Béarn, continuera le fort de Carillon et y finira la campagne sur la défensive. Hotchig est revenu le 30 avec trois prisonniers faits auprès de Boston.
Sur la fin de ce mois, les sauvages ont eu leurs audiences de congé à Montréal ; ils ont remis tous ou presque tous les Anglois pris au fort Guillaume-Henry, Ils ont reçu des équipements complets par tête, différents suivant le rang que chacun d'eux tient dans la cabane dont il est, On a de plus donné ce qu'on appelle les présents du village, qui consistent en tabac, vermillon, tarcette et eau-de-vie.
A Lachine, lieu d’assemblée pour le départ, ils. nageoient dans cutte liqueur à pleins barils et ne quittoient le baril que lorsqu'ils tomboient ivres-morts, Selon eux, ce seroit une belle mort que de mourir d'ivresse ; leur paradis est de boire : j'aime mieux celui de Mahomet !
Avant de quitter Montréal, un Outaouais avoit tué un François dans une ferme appartenant à l’Hôpital- Général, Le marquis de Vaudreuil a fait demander le meurtrier, Les nations l'ont livré au sieur de Saint- Luc, qui l’étoit allé chercher à Lachine avec un détache-
| ment de trente hommes, Le grand chef des Sauteux l'a | | lui-même amené à Montréal, où on l’a mis au cachot, Les nations sont parties persuadées que son procès lui
sera fait et qu’il aura la tête cassée, 11 Le marquis de Vaudreuil a accommodé le différend || qui subsistoit entre les Sauteux et les Renards; ces | deux nativns ont accepté sa médiation et sont paitics amies.
JOURNAL
pu
1 SEPTEMBRE 1757 AU 31 Mai 1758
Du 1“ au 8 septembre 1757. — Les Anglois repris et rachetés à grands frais des sauvages, ont été conduits à Québec pour être de là envoyés en paquebot à Halifax. M. le chevalier de Lévis est parti de Carillon, après avoir fait faire un détachement pour reconnoître si les ennemis n’auroient point fait quelque mouvement vers le fort George. Il a été lui-même avec un détachement de six compagnies de grenadiers, sept piquets et cent Canadiens, reconnottre le fond de la baie; ila démoli un retranchement que les Anglois y avoit fait et brûlé les baraques d’un ancien camp.
Par les nouvelles de la Belle-Rivière et de Niagara, il parott qu’il n’est question que de quelques courses qui aboutissent toutes à quelques chevelures. L'on a ramené trois Anabaptistes établis sur la frontière de la Virginie. Les Canadiens les ont d’abord pris pour des Augustins. Ces trois Anabaptistes vivoient depuis longtemps dans les bois, dans une espèce d’hermitage, donnant indifféremment des vivres aux Anglois, aux François et aux Chaouénons qui les aimoïent beaucoup ; ce sont des Outaouais qui les ont pris.
* Pendant la campagne du fort George on a eu des nouvelles de l’Acadie, de la fin de mai, par lesquelles on à appris que M. de Boishébert avoit passé à l'Ile-Royale avec une partie des Acadiens, et que ceux qui étoient restés avoient fait un parti pour aller en guerre du côté de Beauséjour, au nombre de cinquante, et avoient défait entièrement, sans perdre un seul homme, un détachement de quarante-cinq Anglois, dont vingt-sept tués et dix-huit prisonniers.
Pendant l'expédition du fort George, le grand Onontagué, dont il est parlé à l’article du 24 avril, étant allé en guerre avec des Iroquois de la Présentation, s’est emparé d’une maison angloise à portée de celle de Johnson ; il y a tué quatre hommes et fait huit prisonniers.
M. le chevalier de Lévis est arrivé aujourd’hui après avoir établi les bataillons de la Sarre, la Reine et Languedoc à Saint-Jean, et Guyenne à Chambly.
Par les nouvelles que l'on a des déserteurs, il paroît que le général Webb a renvoyé du fort Edouard les milices, et est occupé à se tenir sur la défensive et à élever les retranchements du fort,
Du 9 au 26 septembre 1757. — Départ du marquis de Montcalm pour se rendre à Québec, pour y faire la revue des deux bataillons de Berry, des compagnies nouvelles créées par ordre du 25 janvier, pour remplacer les huit compagnies de la Reine etde Languedoc, prises par les Anglois sur l’Alcide et le Lys en 1755, et pour voir les recrues envoyées de France, Sur deux mille deux cents qui étoient annoncées, il n’en ess pas arrivé plus de onze cents, en général de chétive espèce. Les
troupes de la colonie en ayant pris sept cent cinquante pour se compléter et former leurs dix compagnies nouvelles, les compagnies des six bataillons des troupes de terre ne pourront être mises qu’à trente-neuf, et le régiment de Berry sera fort au-dessous du complet,
Les deux bataillons du régiment de Berry dont la composition avoit été ordonnée pour aller servir aux Indes, sont composés de neuf compagnies de soixante hommes chacune, y compris la compagnie de grenadiers, et de trois officiers par compagnie.
On «a eu des nouvelles que l’escadre angloise avoit paru le 20 devant Louisbourg, Sur cela, M. le comte Dubois de La Mothe qui y commande la flotte, a envoyé ordre à MM. de Montalet et de la Jonquière, commandant les vaisseaux le Célèbre et le Bizarre, détachés à Québec, de venir le joindre,
On a fait partir le 25, les paquebots portant les Anglois de la capitulation du fort George, et deux bâtiments dunkerquois,
La Nouvelle-Société, navire chargé de vin et d’eaude-vie, expédié de la Rochelle, a péri à trois lieues d'ici sur une batture ; il y a eu treize hommes de l'équipage de noyés,
Les maladies sont considérables à l’Hôpital-Général ; elles sont occasionnées par les matelots et les soldats de Berry.
La misère est très grande, la disette de pain extrême, la récolte mauvaise ; le peuple est réduit à un quarteron de pain. Monsieur l’intendant et le marquis de Montcalm donnent l'exemple sur cet article; on n’en sert pas davantage aux courriers,
M. de Sermonville, aide-major de Montréal, est arrivé pour instruire le procès des officiers qui ont rendu en 1755 les forts de Beauséjour et de Gaspareau, M, de Vaudreuil a voit ordre dès le mois de mai 1756, de tenir conseil de guerre; il a différé jusqu’à présent; on ne sait pas pourquoi il le tient actuellement, n’ayant pas eu des ordres nouveaux.
Du 26 septembre au 1° octobre, — On a fait partir deux bâtiments dunkerquois par lesquels on a écrit en France. La Liberté et le Bristol sont arrivés, après cent douze jours de navigation; le premier porte l’habillement pour trois mille neuf cents hommes des troupes de terre. Il auroit dû porter aussi cinq cents quarts de farine, objet qui auroit été bien précieux dans les circonstances présentes; mais par une fatalité sans exemple, par ordre de la cour, on l’a fait décharger sans que l’on puisse en pénétrer la raison, le ministère aura pensé que ce bâtiment ne pouvant arriver qu'après la récolte, elle auroit été assez abondante pour suppléer à nos malheurs.
Le Bristol n’étoit chargé que des effets pour les particuliers, de vin et d’eau-de-vie,
On compte reprendre tous les effets de la Nouvelle- Société sans perte.
On n’a eu aucune nouvelle ni de Louisbourg, ni des pays d'En-Haut, ce qui fait présumer une grande tranquillité.
Du 1° au 15 octobre 1757.— Le séjour du Bizarre et du Célèbre, vaisseaux de soixante-quatre canons, a été inutile au Canada, nuisible même au pays par la consommation qu'ils y ont faite, La pos'tion qu'on
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