ES AAA
royaume, et surtout à nos seigneurs de la cour qui craignent d'avoir plus d’un héritier, c’est qu’un seul homme, un soldat du régiment de Carignan, âgé de …, et qui s’y est établi en … ; actuellement vivant, a peuplé ces quatre paroisses, et voit deux cent vingts personnes de sa race. C’est ordinairement ici que les vaisseaux qui montent à Québec, trouvent des pilotes côtiers, Quand on est prévenu de l’arrivée des vaisseaux du Roi, on les leur envoie communément jusqu’à l’île du Bic, et quelquefois même vers le cap des Rosiers.
C'étoit au cap des Rosiers que nous aurions dû faire des signaux qui doivent être répondus de la côte, soit pour nous avertir s’il y avoit sûreté, du côté des Anglois, à entrer dans la rivière, soit pour qu'ils pussent avertir à Québec de l’arrivée du secours que le Roi y envaie cette année. Mais nous y avons passé de nuit et par la brume, Depuis les Sept-lles jusqu'à la Baie Saint- Paul, toute la côte du Nord, à l'exception de la paroisse des Eboulements qui appartient à la famille Du Tremblay, est du domaine, Depuis la Baie Saint-Paul jusqu’à Québec, le restant de cette côte, à l'exception d’un petit nombre de terres qui sont à des particuliers, est aux missons étrangères. L’Ile-aux-Coudres leur appartient aussi,
Suivant le P. Charlevoix, l’Ile-aux-Coudres a été formée par un tremblement de terre arrivé en 1676, qui transporta une montagne de la côte du Nord. On m'a assuré ce fait apocryphe, mais que le tremblement fut assez considérable pour aplatir cette même côte du Nord, qui est devenue uue plaine, de l'endroit où est le
village des Eboulements, ainsi nommé à cause de cet événement.
Le Gouffre que nous venons de passer, est formé par le rétrécissement que causent au lit de la rivière l'Ileaux-Coudres et une batture qui s'étend depuis la pointe de l'Est de cette île jusque par le travers du Cap-Tourmente qui en est à sept lieues, Il ne faut s'engager dans ce trajet que lorsque l'on a un vent fait et du flot ; autrement, si on y toit pris en calme, le courant vous briseroit contre la côte, et quoiqu'il y eut calme, il seroit impossible de jeter l'ancre, parce que le travers de l’île et environ une lieue en delà, le fond est de roche. Le Gouffre ne commence que vers le milieu de l’Ile-aux- Coudres, après avoir passé le mouillage de la prairie de l’Ile-aux-Coudres qui est fort bon, et où l’année dernière M. Dubois de la Motte, commandant l’escadre destinée à porter du secours en Canada, a resté cent et quelques jours.
Le calme nous ayant pris sur les deux heures, nous avons mouillé par dix-sept à dix-huit brasses entre le cap Maillard et le Cap-Tourmente. Depuis le Cap- Tourmente jusqu’à Québec, la côte présente le plus beau pays du monde, et elle est très cultivée et remplie d'habitations. Du côté du Sud, elle commence à offrir un beau pays depuis Kamouraska, et il y a une paroisse de deux en deux lieues,
Une chaloupe du port de Québec, qui va porter des vivres à un poste que nous avons au cap des Rosiers, nous a confirmé la nouvelle que le Héros étoit devant nous; mais quoiqu’à l’Ile-aux-Coudres depuis dimanche, il n’avoit doublé le Cap-Tourmente que ce matin,
et devoit être mouillé à six lieues de nous. M. Rigaud de Vaudreuil, frère du gouverneur général, est allé de suite à Québec, où il est arrivé le lundi, et a passé à Montréal pour apprendre à son frère l'arrivée des troupes et lui porter les ordres de la cour, Jusqu'à son arrivée, on ignoroit à Québec l’arrivée du secours que le Roi envoie cette année, n'étant encore arrivé aucun vaisseau qu’un petit bâtiment de la Rochelle,
Le coup de vent que nous avons essuyé dans la semaine sainte, s’est fait ressentir à Québec avec beaucoup de forc- les fêtes de Pâques. Il y a fait échouer plusieurs petits bâtiments.
Le tremblement de terre a été sensible au mois de novembre, surtout à la côte; mais il n’a eu aucune suite fâcheuse ; ainsi l’on peut regarder le tremblement qui a détruit en partie Lisbonne comme presque universel.
La petite vérole a fait de grands ravages en Canada l'hiver dernier ; cette maladie n’y paroît que de loin en loin, mais elle est toujours funeste et épidémique. L'inoculation qui commence à s’introduire en France, en Suisse et dans le Nord, n’y fera pas sitôt des progrès, Les sauvages n'aiment pas les innovations, et les Canadiens joignent quelquefois à une dévotion estimable, des préventions qui leur feront rejeter une méthode que je crois utile à la conservation de l'espèce humaine, sous prétexte qu’il n’est pas permis de donner un mal certain, quelque petit qu'il soit, pour un bien ; il peut y avoir quelque degré d'incertitude.
La journée a été tempérée, il a même fait chaud comme en France dans le commencement de l'été, Je
le remarque, parce qu’il n’y a que quelques jours nous avions très froid.
Du 9 mai 1756, — Les vents étant debout, par conséquent absolument contraires avec assez de force, nous avons resté au mouillage de Suer (sic) à deux lieues de la traverse du Cap-Tourmente, passage dangereux ; quand même le vent seroit favorable, on attend pour le passer que le flot aide, C’est à ce passage que L’Eléphant, commandé par M. le marquis de Vaudreuil, aujourd’hui lieutenant général des armées, fit naufrage ; heureusement personne ne s’y noya; mais le vaisseau fut perdu avec une partie des effets; et le même accident pensa arriver l’année dernière, par la faute du pilote, au vaisseau L'Actif, commandé par M. de Caumont,
Du 10 mai 1756.— Le temps étant toujours contraire, j'ai voulu me rendre à Québec par terre en abordant en chaloupe à un endroit appelé la Petite-Ferme, où l’on m'avoit assuré que je trouverois des calèches; mais n'ayant pu y aborder, malgré les indications qu’on nous avoit données, faute de connoître une petite rivière qui y mène, j'ai ét: jusqu’à la Grande-Ferme. de n’y ai trouvé que des charrettes; on m'a assuré que je ne pourrois m’y rendre dans le jour, et qu'il y auroit du danger à passer le Sault-de-Montmorency qui a grossi par la fonte des neiges. J’ai pris mon parti de rejoindre la frégate qui avoit appareillé sur les onze heures, pour, en louvoyant et profitant du flot, venir au pied de la traverse, où elle a mouillé sur les deux heures après avoir fait trois lieues,
Du 11 mai 1756, — Le vent s'étant élevé avec force sur l’ouest, il a fallu rester toute la journée au mouillage, Un bâtiment qui a chassé sur ses ancres, nous à fait craindre un petit moment d’être abordé,
Du 12 mai 1756.— Les vents continuant d’être toujours contraires, j'ai pris mon parti pour débarquer à un petit endroit appelé la Petite-Ferme, et me rendre par terre à Québec avec des petites voitures du pays, charrettes ou calèches, qui sont comme nos cabriolets, conduites par un seul chaval. L'espèce des chevaux est dans le goût de ceux des Ardennes pour la force, la fatigue et même la tournure, Le chemin de la Petite- Ferme à Québec est beau; on le fait dans la belle saison en six heures, on change à chaque paroisse de voiture, ce qui retarde, à moins qu’on n’en ait fait prévenir, On paye ces voitures à un cheval à raison de vingt sols par lieue, Les lieues sont déterminées sur celles de l’Ilede-France. Je fus obligé de coucher en chemin chez M. du Buron, curé de la paroisse du Château, Les cures sont ordinairement possédées par des gens de condition ou de bonne famille du pays; ils sont plus considérés qu’en France, mieux logés, et comme ils ont la dîme de tous grains, les moindres cures valent douze cents livres et communément deux mille livres.
Du 13 mai 1756, — Les vents étant hier devenus nord-est, le Héros est entré dans la rade de Québec et a débarqué ce matin neuf compagnies du régiment de la Sarre, La Licorne a profité du même vent pour entrer ce matin dans la rade; au moyen de quoi je ne suis arrivé que quelques heures après, et en voulant “
me presser j'y ai été pour de la pluie, de la fatigue et de la dépense,
La Reine -des- Anges, partie de Rochefort, et le Robuste, parti de Bordeaux, vaisseaux marchands frétés pour le compte du Roi, sont entrés et ont débarqués deux cent cinquante hommes de recrue et des provisions de bouche,
M. Bigot, intendant, m'a donné à dîner avec quarante personnes. La magnificence et la bonne chère annoncent que la place est bonne, qu'il s'en fait honneur ; et un habitant de Paris auroit été surpris de la profusion de bonnes choses en tout genre, L'évêque, M. de Pontbriand, prélat respectable, voulut me donner à souper, et M. le chevalier de Longueuil, commandant la place en l'absence de M. de Vaudreuil, gouverneur général que les opérations de la campagne retiennent à Montréal. Il est lieutenant de Roi de Québec; le gouvernement particulier en a été supprimé pour être réuni au gouvernement général et en augmenter les appointements, qui ne vont avec les émoluments qu’à quarante mille livres,
Comme dans ce journal uniquement fait pour moi, je parle des divers objets à mesure qu'ils se présentent, on me passera d’y dire que la viande de boucherie m'a paru très bonne, de même que la volaille. Les bécassines, canards, sarcelles, aussi bons qu'en France, les perdrix excellentes, avec beaucoup de fumet, malgré ce qu'en dit le P. Charlevoix; je n'ai pas fait cas 4 l'outarde,
Le pays produit peu de fruits, des peti' un petit fruit aigrelet approchant de la c appel atocha, qui vient sous la neige, et dont on fui. «les com
potes dans le printemps, des noix appelées noix de Niagara, qui ne sont pas plus grosses que des noisettes, une coque très vive, et en dedans un fruit qui a le goût de la noix de France, mais moins bonne,
La côte depuis l'endroit où j'ai débarqué jusqu'à Québec, m'a paru bien cultivée, les paysans très à leur aise, vivant comme des petits gentilshommes de France, ayant chacun deux ou trois arpents de terre sur trente de profondeur, Les habitations ne sont pas contiguës, chaque habitant ayant voulu avoir son domaine à portée de sa maison, De les avoir contiguës auroit été plus avantageux pour la défense du pays, la cour l'eût désiré, elle l’a ordonné plusieurs fois; mais les habitants ont toujours préféré leurs commodités, Les gouverneurs généraux ont toujours été d'avis différents, M. de la Galissonnière a été le dernier qui ait eu à cœur de rendre les habitations contiguës, Le Canada doit être un bon pays pour y vivre à bon marché en temps de paix; mais tout est hors de prix depuis la guerre, Les marchandises qu’on tire de France viennent difficilement; et comme tout habitant est milicien, et qu'on en tire beaucoup pour aller à la guerre, le peu qui reste ne suffit pas pour cultiver les terres, élever les bestiaux et aller à la chasse, ce qui occasionne une grande rareté et cherté pour la vie,
Le seul gouvernement de Québec a fait marcher depuis le premier de mai trois mille miliciens, dont dixneuf cents guerriers et onze cents hommes pour le service; et le Roi qui ne leur donne aucune solde, est obligé de les nourrir, A l’égard des sauvages, ils coûtent encore plus; car on leur donne des habillements, des
présents et on ne s’y fie pas trop. L'état-major de Québec est actuellement composé du chevalier de Longueuil pour lieutenant de Roi, M. de Ramezay pour major, et M. Péan pour aide-major.
Route de la Petite-Ferme à Québec
La Petite-Ferme.
La Grande-Ferme, où est l’église de la paroisse de Saint-Joachim ; on passe la Grande-Rivière et on arrive à la paroisse Sainte-Anne ; de la paroisse Sainte-Anne, on passe la Rivière-aux-Chiens, le Sault-de-la-Puce, et on arrive à la paroisse du Château; de la paroisse du Château à l’Ange-Gardien; à une lieue de l’Ange- Gardien, on passe le Sault-de-Montmorency, célèbre par une belle cascade naturelle, et passage dangereux à cause des rapides; du sault-de-Montmorenc y à Beauport, endroit où les Anglois débarquèrent autrefois ; de là on passe une rivière qui baigne pour ainsi dire les murs de Québec.
J'ai observé que les paysans canadiens parlent très bien le françois, et comme sans doute ils sont plus accoutumés à aller par eau que par terre, ils emploient volontiers les expressions prises de la marine.
Du 14 mai 1756, — On a dépêché un courrier à M. le marquis de Vaudreuil, à Montreal, à qui j'ai rendu compte de mon arrivée, On a eu ce soir des nouvelles de M. de Vaudreuil, qui a envoyé l’état des grâces accordées aux troupes de la colonie, consistant en avancement d'officiers et quatre croix de Saint-Louis, La lieutenance de Roi de Montréal a été donnée à M. d'Aiïllebout,
lieutenant de Roi des Trois-Rivières. Cette dernière à
M. de Noyan, major de Montréal, et la majorité de cette
place à M. Duplessis-Fabert. Le gouvernement de
Montréal reste toujours vacant, Par les nouvelles
recues de Louisbourg du premier, tout y étoit tranquille
et l’on n’y voyoit aucun vaisseau anglois, Les nouvelles de la Martinique nous ont appris que M. d’Aubigny, commandant le Prudent, vaisseau du Roi, avec une
: frégate, a pris un vaisseau de guerre anglois appelé le
Berwick de soixante canons.
ÿ Du 15 mai 1756. — On a amené deux officiers anglois
ny | que les sauvages ont fait prisonniers.
4 La Renommée, vaisseau frété pour le compte du Roi et ne portant que des provisions, est entré ce matin dans la rade, La goélette la Murie-Josèphe, partie de la Rochelle le 25 mars, est aussi entrée dans la rade ce
| matin, portant trente hommes de recrue.
M. de Montreuil, aide-major-général, est venu me joindre ce matin de Montréal, et m'a apporté une lettre de M. le marquis de Vaudreuil.
M. de Bourlamaque est arrivé le soir avec M. Desandrouins èt M. Marcel, mon aide de camp. Il a laissé la frégate la Sirène, sur laquelle il étoit mouillé, au Cap- Tourmente, et le ZLéopard à l'Tle-aux-Coudres ; ils étoient partis le 6 de la rade de Brest avec L'Zllustre, et la Sauvage le 7. Ils revirèrent tous quatre à la vue
| des Anglois ; ils furent mouiller à la côte de Bretagne le 8; ils appareillèrent la nuit du 8 au 9 ; un gros temps les a séparés, et depuis aucune nouvelle, Leur navigation a été belle, sans inconvénient ; ils n’ont pas essuyé le coup de in de quatre-vingt-dix heures que nous
avons eu. Ils ont pris une mauvaise petite barque chargée de fromage et farine, destinée pour l’escadre angloise, qui n’étoit conduite que par quatre hommes qu'on fit passer à bord du ZLéopard, et on fit brûler le bâtiment.
Du 23 mai 1756. — J'ai quitté le séjour de Québec pour me rendre à Montréal, où je suis arrivé le 26; j'y ai joint M. le marquis de Vaudreuil.
Du 30 mai 1756. —- Les dispositions de M. le marquis de Vaudreuil jusqu’à présent sont: de confier la garde du fort Duquesne et de la Belle-Rivière à M. Dumas, capitaine des troupes de la colonie, avec les Canadiens et tous les sauvages d'En-Haut qui se rassemblent à la Presqu'île. S'il parott que l’Anglois ne se détermine pas pour cette partie, M. Dumas fera passer vers Niagara un parti de sauvages, M. de Villiers, capitaine de la colonie, avec un détachement de sept cents Canadiens ou sauvages, est parti pour aller observer du côté de Chouaguen. M. le chevalier de la Colombière est parti avec pareil détachement pour observer vers le fort Lydius. Les régiments de la Reine et de Languedoc ne faisant que dix-huit compagnies, campées devant le fort de Carillon ou de Vaudreuil. Béarn parti du 24, se rend à Frontenac, et passera à Niagara à l’arrivée de Guyenne, dont la première division est partie ce matin de Lachine, et la seconde part demain. La Sarre est destinée à partir de Québec le 4 de juin pour venir ici passer de suite à Frontenac, qu'il faut considérer comme le point central et l'endroit faible, où nos ingénieurs vont être employés. La destination de Royal- Roussillon sera décidée pour le côté où l'ennemi paroîtra
porter ses forces. Pour s'assurer la navigation du lac Ontario, nous y avons quatre barques armées dont deux de dix-huit canons; les Anglois y en ont deux et en construisent une troisième, MM. de Boishébert et de la Naudière sont employés avec deux cents hommes des troupes de la colonie, beaucoup d’Acadiens réfugiés et des sauvages, avec le P. Germain, notre missionnaire, pour harceler et inquiéter l’Anglois vers la rivière Saint-Jean. M. de Vaudreuil ne paroît pas craindre une descente vers Québec; aussi dans cette partie qui est très dégarnie, il n’a été fait d’autres dispositions que d'avoir deux barques qui croisent à l'entrée du golfe, pour être averti, et des Canadiens d’ordonnance le long de la côte, avec des feux pour être avertis.
On a tiré le canon à mon arrivée, cet honneur ne m'étoit pas dû en France; mais en fait d’honneurs, il y a des usages particuliers dans les colonies :
Au gouverneur général, comme à un maréchal de France, et les honneurs de l'Eglise comme au Roi l’encens et la paix,
Pour l'évêque et l’intendant prendre les armes et rappeler.
Pour tout capitaine de vaisseau se mettre en haie.
Pu 31 mai 1756.—La première division du régiment de Guyenne composée de quatre compagnies, celle des grenadiers, est partie ce matin de Lachine dans vingt bateaux, la seconde division composée de cinq autres compagnies est venue coucher à Lachine pour en partir demain.
Du 1* juin 1756. — La pluie a empêché la seconde division de partir, à cause des vivres qui, n'étant cou-
verts que par des prélarts, auroient risqué de se gâter. L'article des vivres est de la plus grande considération, à cause de la difficulté du transport et de leur conservation ; car leur mauvaise qualité et les viandes salées, dont on fait beaucoup usage, occasionnent souvent le scorbut à terre.
ff Du 2 juin 1756. — La seconde division de Guyenne est partie ce matin de Lachine.
Du 3 juin 1756. — On a eu des nouvelles du 27 avril, des forts Duquesne, Rouillé, Machault, la Presqu'ile, Toronto, Il paroît par les diverses iettres que les sauvages d'En-Haut sont bien disposés et font de fréquentes courses chez les Anglois, où nous avons toujours la supériorité par les prisonniers que l’on amène, Nous avons cependant perdu trois Mississagués et un enseigne des troupes de la colonie appelé M. Douville, Dans tous ces divers postes, on se plaint du retard pour les subsistances.
On a eu aussi des nouvelles du fort Niagara du 21. Les vivres étoient au moment d'y manquer, ce qui retardoit les travaux. ‘
Un parti de sauvages a tombé auprès de Chouaguen, 4 pris un atelier de charpentiers, en a tué vingt et un et fait trois prisonniers. Suivant le rapport de ces derniers, 3 les ennemis s’assemblent, Ils n’ont que quatre cents . hommes à Chouaguen; mais ils sont campés à la Nouvelle-Orange, On parle de deux mille hommes et de l’arrivée du général Shirley. Les Anglois construisent “ un troisième bâtiment de vingt pièces de canon dont ils veulent se servit sur le ::: Ontario. On a appris par les lettres de Québec que L’Illustre et le Léopard sont
entrés le 30 à Québec et la Sauvage le 31. Ces vaisseaux étaient partis de Brest du 6 avril; leur traversée ayant été plus longue, ils ont eu assez de malades,
On a eu des nouvelles de l’Ile-Royale du 23 avril, il y étoit déjà arrivé trois vaisseaux frétés pour le compte du Roi, La piuce étoit fournie pour dix-huit mois de vivres, et des troupes bien recrutées et complétées.
Il est entré dans la rade de Québec, le 31, trois vaissceaux marchands frétés pour le compte du Roi, portant provisions, munitions et recrues.
Les Iroquois du Sault-Saint-Louis sont venus avec les dames du conseil me complimenter sur mon arrivée et en féliciter leur Père Ononthio (c’est ainsi qu'ils appellent le gouverneur général), et ils appellent le Roi Ononthio Goa. Ils m'ont fait l’honneur de me porter un collier, et je les ai assurés que j'irois chez eux leur rendre leur visite.
Les Abénaquis nous ont amené un prisonnier anglois.
Du 4 juin 1756. — On a eu des nouvelles du camp de Carillon; les travaux y vont lentement, faute d'outils, Le détachement de trois cents hommes aux ordres de M. de la Colombière, capitaine de la colonie, n’a pu réussir, parce qu'il a été découvert; ilest rentré ayant tué une quinzaine d'hommes, rapporté trois chevelures et fait cinq prisonniers. Il n’a perdu que son interprête qui a été tué. M. de la Colombière a 10marché, M. de Florimond est toujours en partis avec cent vingt hommes du côté de la rivière aux Loutres. On dit que les Anglois s’assemblent vers le fort Lydius, qu'ils doivent y être quatre mille hommes et qu’ils ont treize cents bateaux,
Les Népissings sont venus chanter la guerre, demander
la permission d’aller lever des chevelures sur l’Anglois, pour se consoler de ce que la petite vérole leur a enlevé leur femmes et leurs enfants.
On a eu ce soir des nouvelles du fort Frontenac ; rien de nouveau dans cette partie. On a amené cinq prisonniers, trois Anglois et deux femmes prises du côté de la Belle-Rivière.
Du 4 au 11 juin 1756. — M. Des Combles, premier ingénieur, est arrivé ici le 5 au soir. Le même jour on a eu des nouvelles du fort Duquesne, en date du 9 mai. Les ennemis n’y font aucun mouvement, M. Dumas qui y commande se plaint du manque de vivres, du retard des denrées et présents qu’on a coutume de faire aux sauvages, qu'il craint que les Anglois qui les recherchent de présents et de caresses, ne les détachent, Jusqu'à présent, ils nous paroissent très affectionnés. Que faute de matière combustible, il n’a pu exécuter son entreprise sur le fort de Cumberland. Il se plaint de M. Mercier, blâme le fort Duquesne, qu’une crûe d’eau a presque emporté depuis peu. Il a envoyé force chevelures et les commissions de trois officiers qui ont été tués; on leur a trouvé ces papiers par lesquels on voit une désolation dans la Pensylvanie et la Virginie,
Les troupes venues par le Léopard et L’Illustre ont beaucoup de malades, principalement celles venues sur le Léopard, que l’on dit avoir été pestiférées. Le 6 juin, les deux bataillons de la Sarre et Royal-Roussillon avoient cent quatre-vingt-deux malades,
Le régiment de la Sarre marchant sur deux divisions est parti de Québec pour se rendre à Montréal le 5 et le 6. Le 8, un parti d'Iroquois du Sault-Saint-Louis
est revenu d’auprès de Chouaguen, et a prétendu avoir rencontré trois cents Angloiset avoir été poursuivi saus perte, leur avoir tué beaucoup de monde, mais ils n’ont pas rapporté de chevelures.
Du 12 juin 1756. — Les Abénaquis sont revenus d'auprès de Boston ; ils y ont fait coup et rapporté quelques chevelures.
Du 13 juin 1756. — 7 compagnies du régiment de la Sarre, venant de Québec, sont arrivées ce matin.
Du 14 juin 1756. — M. Des Combles, ingénieur, est parti pour Frontenac.
Du 15 juin 1756.— Les six dernières compagnies du régiment de la Sarre sont arrivées ce matin, M. le chevalier de Lévis nous a joints ce soir,
Du 18 juin 1756. — Un parti de Népissings, revenu de la guerre, a ramené toute une famille angloise, prise auprès de Sarasto. Le chef appelé Machiqua, a cru me faire un grand présent en me donnant la femme angloise, il a fallu pour ne pas déplaire à ces messieurs accepter ce présent, leur faire donner le prix convenu qui est de quarante écus, et leur faire faire une gratification extraordinaire, parce qu’ils avoient honoré le général des troupes de Sa Majesté d’un aussi beau présent. Le soir il est arrivé un détachement d’Abénaquis, venant aussi de la Pointe, d’un détachement commandé par M. de Florimond, officier de la colonie, Par le rapport des uns et des autres, il paroîtroit que les Anglois travaillent à faire faire des chemins et s’assemblent pour diriger leurs forces vers Carillon,
Du 19 juin 1756. — Les sept premières compagnies du régiment de la Sarre sont parties ce matin pour
SE enr EneS
2 2 cr mener
Re en ue
aller coucher à Lachine et s'embarquer demain pour se rendre au camp de Frontenac. Les sept premières compagnies du régiment de Royal-Roussillon sont arrivées ce soir à Montréal, Les Iroquois du Sault ont ramené un prisonnier arglois qui a été fait auprès d'Orange, Suivant son rapport, les opérations des ennemis paroissent se diriger vers le fort de Carillon. Le renfort des troupes qu'ils attendoient de la vieille Angleterre est arrivé avec trois officiers généraux ou supérieurs,
Du 20 juin 1756.— Les six dernières compagnies du régiment de la Sarre sont parties ce matin pour aller à Lachine et s’y embarquer demain pour se rendre au camp de Frontenac, Les six dernières compagnies de Royal-Roussillon sont arrivées ce soir à Montréal,
Du 21 juin 17506, — M. de Bourlamaque est parti pour aller prendre le commandement du camp de Frontenac. Il est arrivé beaucoup de recrues pour les troupes de la colonie, de celles qui ont été faites par Ficher et la Morlière,
Du 22 juin 1756.— Quatre-vingt-quatorze hommes sont arrivés qui ont été pris en France dans divers régiments et qui sont destinés à être incorporés dans les troupes francoises. S'il en faut croire les nouvelles toujours incertaines des sauvages et des prisonniers, il paroîtroit que les Anglois dirigent leurs principales forces vers le lac Saint-Sacrement,
Du 24 juin 1756.— On a embarqué trois cents hommes des troupes de la colonie pour aller au camp de Carillon avec les soldats venus de France, pour les régiments de la Reine et de Languedoc. Comme ils ont
été au moment de se mutiner, on a arrêté le plus coupable d’entre eux qui a été jugé par le conseil de guerre et exécuté le 25.
Du 26 juin 1756. — La flûte L’Outarde, partie de Rochefort le 7 mai, nous a appris l’arrivée des troupes de France dans l’île de Port-Mahon, elle porte trois cents hommes de recrue et l'habillement de la colonie,
Du 27 juin 1756, — Départ de M. le marquis de Montcalm, de M. le chevalier de Lévis, du majorgénéral, pour le camp de Carillon, ils arrivent le 3 juillet.
Du 11 juillet 1756.— Les ennemis nous prennent deux bateaux armés de douze soldats ou miliciens, chargés pour M. de Lotbinière ; le nommé Sanspitié, sergent, qui le commandait, est tué.
Du 12 juillet 1756. — Le régiment de Royal-Roussillon arrive au camp de Carillon.
Du 16 juillet 1756.—Le marquis de Montcalm repart de Carillon après avoir donné ses instructions au chevalier de Lévis pour la défense de cette frontière, pour son ordre de bataille en cas d'attaque, et après avoir lui-même établi deux camps, l’un de trois cents hommes pour garder la rive gauche du lac Saint-Sacrement aux ordres de M. de Contrecœur, et l’autre de cinq cents hommes au portage * aux ordres du chevalier de la Corne pour garder la rive droite, avec un poste
*# Le portage de la rivière à la Chute par laquelle se décharge le lac George ou du Saint-Sacrement dans le lac Champlain. — NoTE DE L'ÉDITEUR,
intermédiaire à la Chute qui se relevoit tous les quatre jours.
Le marquis de Montcalm s’occupa à hâter les fortifications auxquelles on travailloit trop lentement, à mettre de l’ordre dans les vivres, magasins et hôpitaux, à quoi il réussit, étant aidé par M. Bigot, heureusement pour lors arrivé à Montréal, et fit changer la qualité du pain, dont les sauvages ne vouloient pas manger, et cette opération fut faite sans occasionner aucune perte au Roi de la mauvaise farine qu'il avoit dans ses magasins; mais au lieu de la consommer dans un mois, on la consomma dans trois, en faisant des mélanges avec la farine de Vérac, et depuis il a été mangé du meilleur pain à Carillon qu'à Montréal.
Le marquis de Montcalm s’'occupa aussi de mettre beaucoup de régularité dans le service et à donner une forme aux miliciens en formant six compagnies des troupes de la marine, dans lesquelles ils furent incorporés. Le marquis de Montcalm, pendant son séjour, fit plusieurs détachements pour reconnoître les approches de son camp ; il fut jusqu’à portée de l’île à la Barque sur le lac Saint-Sacrement, et jusqu’au poste des Deux- Rochers.
Il envoya le chevalier de Lévis avec un détachement de cent hommes des troupes de terre et de celles de la colonie, pour reconnoître les chemins appelés chemins des Agniers, et voir s'ils étoient pratiquables à l'ennemi pour déboucher sur Carillon et sur le fort Saint-Frédéric. . Il fit aussi un détachement de sauvages aux ordres de M. Duplessis, lieutenant, pour aller après le détachement des ennemis qui avoient pris deux bateaux. Il fit
faire aussi beaucoup de petites découvertes pour connoître la position et les mouvements de l'ennemi, et établir des bivouacs et des patrouilles pour la sûreté de son camp et des postes avancés, et pour couvrir les travailleurs qui jusque-là avoient été au loin avec trop de confiance,
Avant l'arrivée de M. le marquis de Montcalm, et depuis les détachements de MM. de la Colombière et de Florimond, il y en avoit eu plusieurs, qui tous avoient ramené des prisonniers et fait des chevelures, et fort incommodé l’ennemi; un Missagué, chef des Népissings, avoit été enle ‘er une famille aux portes de Boston. Les Iroquois du Sault avoient amené quatorze prisonniers. M. de Saint-Martin étoit revenu avec trois, et M. de Beaujeu avoit rapporté quelques chevelures,
Du 23 juillet 1756. — Un détachement de soixanteonze soldats et cinquante-deux sauvages sont allés avec M. de la Colombière jusqu'auprès du fort George. Ils rapportèrent quatre chevelures, après avoir tué du monde aux Anglois. Peu de jours après, autre détachement, commandé par M. de Pécaudy, qui fit une dizaine de prisonniers près le fort George.
Du 26 juillet 1756. — Mort de M. de Contrecæur, fils, tué pur accident, son fusil ayant parti entre ses bras.
Du 27 juillet 1756. — Les sauvages présentent un collier à M. le chevalier de Lévis pour couvrir la mort de M. de Contrecœur, fils.
Du 28 juillet 1756. — Un détachement de cinquante hommes des troupes de la marine et de celles de terre, aux ordres de MM. Duplessis et Liébaux, pour recon-
noître la rivière Boquet et les divers chemins qui pouvoient y conduire les partis de l'ennemi, Le même jour, détachement de trente hommes, aux ordres de M. d'Hébécourt, capitaine de la Reine, pour aller reconnoître et plaquer un chemin à la rive droite du lac Champlain, qui pût servir à la retraite des troupes en cas que l’on fût forcé à une retraite,
Du 29 juillet 1756. — Détachement de deux cents François ou sauvages avec M, de Beaujeu qui va vers le fort Lydius; ils font six prisonniers, parmi lesquels un capitaine, et rapportent une chevelure,
Du 7 août 1756,— Détachement de M. du Sablé avec quinze sauvages ; il rentra au bout de trois semaines, ayant fait un prisonnier et deux chevelures.
Du 11 août 1756, — Détachement de soixante sauvages ou Canadiens pour tâcher de couper un parti anglois, qui étoit venu faire deux chevelures auprès du camp.
Du 17 août 1756. — Au soir, les compagnies de grenadiers ont marché à l’occasion d’une alerte.
Du 23 août 1756. — Les trois compagnies de grenadiers se sont portées aux camps de MM. le chevalier de la Corne et de Contrecœur et ont rentré le 24.
Du 24 août 1756. — M. le chevalier de la Corne ayant dit que les ennemis avoient des troupes à deux lieues de son poste, on lui envoie quatre piquets qui rentrent le lendemain, et on établit le 28 un camp intermédiaire entre celui de M. de la Corne et celui de M. de Contrecœur de cent vingt hommes commandés par M. de Saint-Martin, lieutenant ; et l’on avoit renforcé le camp de M. de Contrecœur, le 27, de soixante hommes
des troupes de terre, qu'on relevoit tous les quatre jours. Les ennemis avoient fait le 14 août un mouvement en avant, et avoient pris poste dans les tles du lac Saint-Sacrement qui donnoient de l'inquiétude aux postes avancés du camp de Carillon,
Du 2 septembre 1756.— Te Deum et réjouissance pour la prise de Chouaguen.
Du 3 septembre 1756. — Sur la nouvelle que l’on a vu trois barques et dix bateaux sur le lac Saint-Sacrement, les trois compagnies de grenadiers marchent pour renforcer le camp de M. le chevalier de la Corne,
Du 7 septembre 1756.— Arrivée du régiment de Béarn qui campe à la Chute, entre le camp de Carillon et celui du chevalier de la Corne.
Le même jour M. de Tarsac et de Biville, lieutenants au régiment de la Reine, qui étoient allés à la chasse, tués par les Agniers.
Du 10 septembre 1756.— Arrivée du régiment de Guyenne qui campe à côté de celui de Béarn,
Le même jour arrivée de M. le marquis de Montcalm et de M. de Bourlamaque, colonel, avec la compagnie de grenadiers et cinquante hommes de la Sarre campés auprès des bateaux. L'arrivée du marquis de Montcalm avoit été précédée ou suivie de celle de six cents sauvages de diverses nations, On s’attendoit que milord Loudon, avec des forces très supérieures se portant à plus de douze mille hommes, attaqueroit une armée qui n’avoit jamais été au plus de trois mille cinq cents hommes, et qui après l’arrivée du marquis de Montcalm n’étoit encore tout compris avec ses sauvages, que de quatre mille neuf cents combattants,
Quelques sanvages qui escortoient M. ie marquis de Montcalm, firent prisonnier un capitaine de troupes angloises et un cadet écossois; les habitants de la Prairie avoient aussi arrêté un Ecossois qui étoit d’un détachement qui s’étoit avancé jusqu’à la Prairie, où il avoit enlevé un homme et une femme.
Du 11 au 16 septembre 1756, — Conseils avec les sauvages et petites découvertes vers le lac Saint-Sacrement. Le 16 au soir détachement de six cents sauvages, cent Canadiens et vingt officiers nu cadets de la colonie avec M. de la Rochebeaucour, aide de camp de M. ie marquis de Montcalm, le tout aux ordres de M. de la Pérrière, Les ennemis, sur ce mouvement, abandonnent les îles qu’ils avoient occupées. MM. Mercier, Desandrouins et de Bougainviile profitent de la circonstance pour mieux reconnoître le lac,
M. Marin, détaché par M, de la Perrière avec cent dix hommes bonnes jambes, s'avance très près du fort, rencontre un détachement Ge trois officiers et cinquante deux hommes; il les enveloppe ; ils sont tous défaits, tués ou prisonniers, hors un seul.
Le détachement rentré le 19 au soir, et jette une telle épouvante chez l'ennemi que milord Loudon, persuadé qu'on l’alloit attaquer, rassemble toutes ses forces vers le fort Lydius et le fort George.
Dn 19 septembre 1756. — Rerue géné: des troupes de la marine et des milices pour déterminer le nomlre de malades convalescents à renvoyer, où de milieiens qui avoient besoin chez eux.
Du 2ù septembre 1756, — Cérémonie de couvrr les morts, les Iroquois ayant eu üeux sauvages de tués,
Les sauvages s’en retournent successivement après ce détachement, à l'exception d’un petit nombre d’Iroquois et quelques Abénaquis.
Du 23 septembre 1756.— Petit parti de sept Iroquois de la Présentation, qui rapportent une chevelure.
Du 29 septembre 1756, — Détachement avec M. de Florimond de quelques Abénaquis pour reconnoître vers le fort Lydius ; ils reviennent sans avoir pu rien faire, ayant trouvé au fond de la baie un détachement considérable d’ennemis,
Du 2 octobre 1756. — La vue du convoi de M. de Bleury fait abandonner précipitamment aux Anglois quatre berges armées d’espingoles qu’ils avoient introduites dans le lac Champlain, pour tâcher de faire quelques prises ; elles sont menées le mêne jour au camp de Carillon.
Du 3 octobre 1756. — Détachement de soixante soldats, Canadiens et sauvages, MM. Mouette, de Louvigny et de Langy, de l’Ile-Royale, pour aller vers le fond de la baie.
Le même jour départ d’un détachement de quatrevingts hommes des troupes de terre et de celles de la colonie, pour aller faire des découvertes et reconnoître les divers débouchés des partis ennemis, entre le fort Saint-FréGéric et le fort George; ce détachement aux ordres de M. de Léry, pour reconnoître le chemin par où l’on avoit fait passer les berges angloises.
Le même jour détachement d’Iroquois pour aller vers le fort George et remettre les lettres des prisonniers Anglois.
Du 6 octobre 1756. — Retour de Louvigny avec les Abénaquis qui avoient relaché, un d’eux ayant été tué au lac, Rencontre d’un détachement anglois M. de Langy a continué avec les Poutéotamis et sept Népissings.
Du 11 octobre 1756. — Le détachement de M. de Léry étant rentré nous a confirmés dans l’opinion que les berges angloises étoient venues par la rivière au Chicot, et avoient passé de nuit sous le fort de Carillon,
Du 12 octobre 1756, — Départ de deux cents hommes des troupes de la colonie pour aller relever dans les postes d'En-Haut.
Le même jour un parti d'Agniers lève la chevelure à deux soldats de Béarn, entre le camp de Contrecœur et celui de M. de Saint-Martin.
Du 15 octobre 1756. — M. de Contrecœur replie son camp.
Le même jour, M. de Boucherville rentre avec un parti d’Iroquois, après avoir été jusque vers le fond de la baie et au haut de la rivière au Chicot, sans rencontrer qui que ce soit des ennemis,
Du 16 octobre 1756.— Départ d'un détachement d’Iroquois avec Perthuis interprète, avec quelques Canadiens pour aller vers le fort George.
Du 18 octobre 1756.— Retour du détachement de M. de Langy, avec un prisonnier ; il a trouvé les campagnes abandonnées, et a été jusques au faubourg d’Albany où les Anglois travaillent,
Du 26 octobre 1756, — Départ de M. le marquis de Montcalm, après avoir luissé à M, le chevalier de Lévis les ordres pour la séparation de l’armée,
Du 30 octobre 1756.— Le camp de M. de Saint- Martin se replie, ÿ Du 30 octobre au 13 novembre, —