ESCADRE QUI EST DANS LOUISBOURG
Le Prudent,
M, Desgouttes.… L'Apollon, La Fidèle, La Chèvre, chebec,
L'Entreprenant, 74 canons Le Célèbre, 64 M. Beaussier..…..{ Le Capricieux, 64 “ Le Bienfaisant, 64 “ La Comte, 80 ‘
On envoie une forte escadre en Amérique et le deuxième bataillon de Cambis à Louisbourg.
Du 26 mai 1758. — Courrier de Québec pour apprendre qu’il vient d'entrer à Québec deux bâtiments chargés de vivres, l’un faisant partie du premier convoi de douze, l’autre étant un second convoi et s'étant sauvé des pattes de cinq corsaires anglois, qu'il a laissés aux prises avec la frégate. Il y a actuellement, à Québec, douze navires, une frégate et une prise angloise, dix mille quarts de farine, du lard en proportion, ce qui, sur le pied de deux livres, ne feroit des vivres pour douze mille hommes que pour cent cinq jours ; sur le pied d’une livre, pour deux cents jours. Ce calcul est fait en supposant qu’on fasse deux cent quarante livres de pain par quart, ce qui doit être ; à compter deux cent vingt, il y auroit quelque diminution à faire.
Du 27 mai 1758. — Nouvelles de Carillon: lettres du général Abercromby ; affaires de prisonniers, Ce général major notifie en même temps le départ du comte de Loudun et qu’il a le commandement des forces de Sa Majesté Britannique dans l'Amérique septentrionale. . Les ennemis ont un régiment d’Ecossois au fort Lydius ; ils font sortir force partis. Des dix-sept soldats que l’on croyoit tués à la rencontre du 4 mai, dix sont prisonniers, dont deux blessés, Robert Rogers s’est remis en
mouvement et s'est sauvé, lui, vingtième à l’action du 13 mars, M. de Langy à la guerre depuis le 17.
Du 29 mai 1758.—Nouvelles du Détroit: M. Dumuys assez mal; les Hurons, peuple toujours suspect, tonant de mauvais propos ; il faudroit que M. le marquis de Vaudreuil y envoyât dès à présent le successeur de M. Dumuys.
Nouvelles du fort Duquesne, 11 avril et 7 mai. Par les dernières, on parle, d’après le dire des prisonniers, d’une marche de l'ennemi sur l'Ohio avec quatre mille hommes et des chariots. Les sauvages anglois ont tué en deux fois trois hommes à portée du fort,
Nos sauvages paroissent toujours bien intentionnés, mais voudroient des hommes de France (qu’on ne leur envoyera pas). Ils continuent à désoler les colonies angloises ; depuis le 2 mars, ils ont amené au fort Duquesne cent quarante prisonniers on chevelures, Les coups les plus considérables sont ceux du sieur de Normandville, qui a pris et brûlé, style du pays, un fort, c'est-à-dire une maison avec de mauvais pieux debout, On craint au fort Duquesne pour le convoi des Lilinois, que l’Anglois ne le fût attaquer.
Nouvelles du Niagara du 20 mai: le sieur d’Espinassy a trouvé, et cela devoit être, tout ce qui concerne l’artillerie en désordre, soit à Frontenac, soit à Niagara et uné garnison trop faible de cent trente hommes, Pour faire des fortifications, ils demanderoient quatre cents hommes, Plusieurs partis mississagués en campagne, entre autres Bakons qu’on dit sauvages très affidés. M. de Joucaire, qui est aux Cinq-Nations depuis deux mois, assure que tous les Iroquois ont été en guerre;
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mais, par le détail d'un homme qui ne manque pas d'esprit, ce dernier estime que ces divers partis ont été frapper vers la Belle-Rivière, et assure qu'il lui a paru que la politique des Ciuq-Nuations seroit de ne jamuis frapper vers Corlar, pour trouver toujours, en cas d'événement avec l’Anglois, au moins moyen de se raccommoder ; il lui a paru que c’étoit l'avis des Tsonnonthouans et Goyogouins, les seuls qu'il ait vus,
Du 30 mai 1758.— Courrier de Québec, ‘“ Liond'Or, navire de la seconde division, parti de Bordeaux, a échoué entre l’Ile-aux-Coudres et l’Ile-aux-Basques : nul de l'équipage ne s'est sauvé; on espère sauver la cargaison de mille six cents quarts de farine. Ordres donnés au régiment de Languedoc pour partir des Grondines le 3; au troisième de Berry de Québec le même jour, au second le 5; les ouvriers et cadets de l'artillerie, renvoyés à Québec, sont repartis du 29.
Arrivée d’un Jroquois de la cabane des Goyogouins qui assure être venu avec un Iroquois qui a été à Orange et avoir appris que l’Anglois ne songe pas à se rétablir ni à Théoga, comme on l’avoit dit, ni à Chouaguen, mais fait des mouvements pour se renforcer vers la frontière de Lydius.
Plusieurs vols faits dans les convois de la Belle- Rivière; des quarts de lard qui arrivent remplis de bois pourri. O tempora ! O mores! Impunité, exemple funeste, par l'opinion que le vol des effets du Roi est licite.
Depuis l’arriv'e des farines, on a remis le peuple de Québec, qui étoit à deux onces, au quarteron de pain.
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Un des petits partis abénaquis, allé à la guerre, partie chasse, partie guerre, est de retour après avoir fait trois chevelures dans un moulin où nous avions neuf de nos malheureux Acadiens travaillant pour les Auglois. Les Abénaquis au moment de les tuer, les tenant en joue, entendent avec surprise crier: Vive le Roi françois! Ils les accueillent avec toute l'affection possible et nous les ont ramenés de Dingerfil sur la rivière de Massachusetts. L'Anglois a cru bien disperser ce peuple fidèle, il n’en a pas changé le cœur,
JOURNAL
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1% JUIN AU 12 aouT 1758
Du 1 juin 1758. — Conseil des Iroquois du lac qui arrivent successivement en trois bandes; pour éviter, disent-ils, l’ivrognerie, ils offrent d’aller en guerre où leur père voudra.
Arrivée du sieur de Langy-Montégron, qui a été à sa dernière course jusque vis-à-vis le fort Milcen; on a jugé d’un camp d’une centaine de tentes, beaucoup de petits arbres et branches coupés lui ont f:: juger que les ennemis font des fascines pour se retrancher à la tête du petit lortage, à deux heures de Lydius, vis-à-vis un rapide.
Du 2 juin 1758. — Nouvelles de Carillon du 30. Le parti de quarante Népissings, commandé par le sieur Outelas et Kisensik, a rencontré, à la hauteur de la Clute et de la rivière au Chicot sur la droite, un parti de dix-huit sauvages et cinq Anglois; il y en a eu neuf de prisonniers, savoir : deux Anglois et sept sauvages, dont on dit deux Loups, un Moraïgan et quatre Agniers, et quatre chevelures, dont deux de sauvages et deux angloises,
Les dépositions des deux prisonniers varient considérablement sur la dispositiou des forces de l’ennemi ; il parottroit qu’outre les cinq compagnies franches de
Robert Rogers, les ennemis ont deux compagnies de sauvages.
Nouvelles de Québec: un nouveau bâtiment en rivière appelé le Zélindor, chargé de vivres et d'effets pour le Roi; on dit un brigantin venant de Louisbourg en rivière.
Du 3 juin 1758. — Nouvelles de Québec : La Judith, vaisseau du second convoi, chargé pour le compte du Roi, arrivée à Québec, a laissé la frégate qui escortoit le second convoi aux prises avec cinq corsaires anglois à soixante lieues des atterrages de France ; le capitaine Du Bois qui la commandoit se battoit encore à onze heures. La Judith a fait deux petites prises angloises, en a brûlé une et rançonné l’autre, D’après les nouvelles que lui ont données les prises angloises, il paroît que tous les vaisseaux et bâtiments des Anglois sont rassemblés à Halifax, et que le Foudroyant, vaisseau richement chargé pour le compte du Roi, portant des recrues, et où j'avois la plus grande partie de mes provisions, ainsi que le marquis de Vaudreuil et M. Bigot, a péri sur la côte de Terreneuve, Ce bâtiment étoit de la première division; son conducteur, le capitaine …, a déjà perdu un vaisseau l’année dernière.
Le sieur de Boishébert, capitaine des troupes de la colonie, parti le 8, et ayant été contrarié par le vent de nord-est et manquant de vivres, est rentré le 29 à Québec pour en repartir de suite mieux approvisionné en vivres, ce qui confirme ce que j'ai dit et écrit sur la nécessité qu’il y avoit eu de faire repartir cet officier sur les glaces, et l’inutilité dont il sera à Louisbourg.
Nora BENE. — Cette dernière nouvelle est fausse, Boishébert a continué sa route ; il n’y a qu’un bâtiment portant une partie du détachement, qui est rentré faute de vivres. Les pêches de nos postes du nord-est sont d'un grand produit.
Du 4 juin 1758. — Arrivée de la bande de la Tortue des Iroquois du lac qui passent à Saint-Jean, où il se rassemble un parti de quatre-vingts guerriers, qui doit partir dans quelques jours pour Carillon avec le sieur de Langy-Montéuron. Arrivée d’un parti de Népissings et Algonquins avec Kisensik ramenant les neuf prisonniers, dont sept sauvages, Loups et Abénaquis. Les Outaouais et Iroquois des Cinq-Nations vouloient les tuer à leur arrivée ; c’étoit même l'avis d'Hotchig, Népissing ; mais les autres s’y sont opposés, principalement les Abénaquis qui se sont écriés : “Ce sont nos frères; c’est notre propre sang”. Ce petit différend a été au moment d’avoir des suites très fâcheuses, parce que les sauvages avoient perdu l'esprit, c’est-à-dire s’étoient enivrés.
Du 7 juin 1758.— Les sept compagnies du régiment de Béarn, qui ont passé l’hiver à Montréal, et un piquet de cinquante hommes de la colonie sont partis pour aller camper, quatre compagnies et le piquet de la colonie à Saint-Gabriel à un quart de lieue de la ville, les trois autres près de Lachine, pour y réparer le chemin d'ici à Lachine, qui est abîmé par les charrois, et parce qu'il n’y à rulle police en Canada sur l’article des chemins qui devroient être à l'entretien, On ne songe aux choses qu'au moment qu’on a besoin ; on fait alors
de grosses dépenses et puis on néglige les ouvrages commencés, Faute de prévoyance, on songe seulement, pour donner de la célérité aux opérations de la campagne, à acheter des bœufs pour accélérer le portage de Chambly, et, ce qui est plus étonnant encore, à envoyer des charrons faire les charrettes. Ne pouvoit-on pas y songer plus tôt? Heureusement, il a paru jusques à présent qu’il n’y a pas plus de prévoyance ai plus d'activité de la part de nos antagonistes, les Anglois de l'Amérique septentrionale, Du 8 au 15 juin 1758. — Détermination du marquis de Vaudreuil pour assembler l’armée à Carillon, d’environ cinq mille hommes, et détacher MM. de Lévis et de Rigaud avec seize cents hommes et des sauvages. En w conséquence, ordre donné aux troupes de terre pour se rendre à Carillon, où le bataillon de la Reine est .éjà. Départ de Languedoc de Saint-Jean le 11.
Départ du troisième bataillon de Berry de Saint- Jean le 12, Départ de M. de Bourlamaque de Saint-Jean le 13, 4 pour aller commander les troupes de Carillou, Le second bataillon de Berry en marche pour se rendre à Carillon.
Ordre au régiment de Guyenne de partir de Chambly le 18.
Ordre au régiment de Royal-Roussillon de partir de ‘ ses quartiers le 16; au régiment de la Sarre d’en partir le 18; au régiment de Béarn d’en partir le 20. Le détachement destiné à M. le chevalier de Lévis Goit être de seize cents hommes, dont huit cents Canadiens,
quatre cents hommes des troupes de terre et quatre cents de celles de la colonie,