FORCES FRANÇOISES DANS L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE
: Douve bataillons au complet feroient six mille trois cents hoïames. Tls n’ont jamais été au complet, uuy+: 4e is marine, envi:on trois mille neuf cents;
Compagnie d'artillerie cent vingt hommes.
Milices : œ'te année ou après la retraite des ennemis, le mur: vis de v:uvouil a fait marcher ici le ban et l'errière-ban, à! n’ÿ e‘: «:rivé que deux mille cent huit miliciens ; sur quoi, qurtre bataillons à Louisbourg ne peuvent être d’aucun secours dans cette place ; tous les postes d’En-Haut sont à garnir, Donc à pouvoir mettre en campagne restent... *
Départ de M. Bellot, capitaine au régiment de Gayenne, pour aller chercher à Québec nos recrues ; il y porte nos dépêches pour France,
Le 28 juillet 1758. — Rien de nouveau ; beaucoup de terreurs paniques dans les camps avancés. En 1756, où les mêmes troupes occupoient les mêmes postes, on fut obligé d’y établir un détachement de nos bataillons, qu'on relevoit tous les quatre jours pour mettre fin aux fausses alarmes,
* Un blanc daûf le manusorit.
Le 29 juillet 1758, — Certaines gens parlent beaucoup de retourner sur la natte, Jamais encore, avant 17 55, on n’avoit fait la guerre en Canada ; jamais on n’avoit campé. Partir de Montréal avec un détachement, s'en aller à travers les bois, faire quelques chevelures, revenir à toutes jambes quand on avoit frappé, voilà ce qu’on appeloit guerre, campagne, succès, victoire, On assembla en. un corps de. * et l’objet de cette armée étoit de détruire les Renards, c’est la première et seule campagne du marquis de Vaudreuil ; c’est où il s’est formé dans l'art difficile de Mars. Le succès fut brillant et instructif,
La guerre de Chicachas, pour laquelle des détachements, partis de Montréal, du Détroit, des Illinois, de la Nouvelle-Orléans, se réunirent sur le Mississipi, qui a coûté plus de deux millions au Roi et duré un an, se termina à un chemin commencé pour conduire de l’artillerie devant les villages entourés de palissades, à deux ou trois prisonniers et quelques colliers. Maintenant, la guerre s'établit ici sur le pied Européen, des projets de campagne, des armées, de l'artillerie, des sièges, des batailles, Il ne s’agit pas de faire coup, mais de conquérir ou d’être conquis. Etre conquis! Quelle révolution ! Quel changement! On croiroit que les gens de ce pays, étonnés de la nouveauté de ces objets, demanderoient quelque temps pour y accoutumer leurs yeux, quelque temps ensuite pour réfléchir sur ce qu'ils avoient vu, quelque temps encore pour effacer leurs premières idées, devenues idées fausses, dangereuses, préjugés de
° Un blano dans le manuscrit,
l'enfance, enfin beaucoup de temps pour apprendre des principes, tirer des conjectures, se mettre à l’école de l'expérience, Au contraire, bourgeois, financiers, marchands, officiers, évêques, curés, jésuites, tout cela projette, disserte, parle, déparle, prononce sur la guerre. Tout est Turenne ou Villars, Grand malheur pour ce pays ; il périra victime de ses préjugés, de la confiance aveugle, de la stupidité, ou de la friponnerie de ses chefs, Cet oracle est plus sûr que celui de Chalcas.
Le 30 juillet 1758, — Départ de quatre bateaux pour Montréal.
M. de Saint-Luc revient, ayant frappé le 28, à midi. Sa troupe embusquée entre le fort Edouard et Halfway’s Brook, a détruit un convoi de quarante ou cinquante charriots escortés par un enseigne de Blackney et cinquante hommes. Plusieurs femmes, enfants, marchands, faisoient route en même temps. Tout a été pris ou tué, Nous avons eu un Iroquois tué et deux blessés, Toujours les Iroquois perdent quelqu'un ; c'est que, de tous les sauvages, ils sont les plus braves. Sarégoa leur chef de guerre, est celui qui a conduit l'entreprise. Lorsque, dans un détachement, les sauvages sont les plus nombreux, ils donnent la loi et décident sans appel. Bonheur quand celui d’entre eux qui est le plus accrédité a une bonne tête ; et celle de Sarégoa est très bien organisée.
Les dépositions des prisonniers sont à peu près les mêmes que celles du 21 : les ennemis, au nombre de dix ou douze mille hommes, retranchés au fond du lac Saint-Sacrement occupent par des détachements les îles voisines, Ilest incertain s'ils veulent y rebâtir un
fort ou y tenir simplement la campagne ; si leur projet est de venir encore nous attaquer, ou la défensive, Suivant les dernières nouvelles qu’ils ont reçues de Louisbourg, la place se défendoit toujours.
Sauvages saoûls dans les camps ; grande brocanterie pour leur acheter le pillage qu’ils ont fait ; le vin est la monnaie qui facilite les marchés ; peu de gens ici scrupuleux sur cet article,
Le 31 juillet 1758. — Arrivée d’un courrier de Montréal. Lettres du marquis de Vaudreuil à l'ordinaire, c'est-à-dire, vagues, ridicules ou captieuses, ne répondant point aux raisonnements, aux faits, à la démonstration.
Nouvelles de la Belle-Rivière ; tout y étoit tranquille,
On dit à Montréal qu’il y avoit ici, le jour de l'affaire, dix-huit cents Canadiens ou soldats de la marine et que maintenant nous sommes ici douze mille hommes; il faut expliquer comment cela peut se dire ou se prouver.
Premièrement, on commande un certain nombre d'habitants de la meilleure espèce, pour aller à la guerre ; on les inscrit sur les rôles ; on les équipe en conséquence, Les voilà prêts à partir; alors on leur offre le choix, ou de s'engager à un très bas prix pour aller à la mer d'Ouest, à la baie, etc... ou de “ marcher au feu ” : c'est le terme dont on se sert ici et qu’on trouve fort expressif. Leur choix n’est ni long, ni douteux, Ils s'engagent pour les postes et l’on dit qu'ils sont à la guerre, les rôles en font foi,
Deuxièmement, le munitionnaire a besoin de monde et même en grande quantité pour ses transports. Au lieu d’avoir évalué le nombre nécessaire, de l'avoir tiré
| de la totalité des milices et engagé pour toute la cam- FU pagne, on commande des miliciens pour la guerre; on | les met sur les rôles de l’armée; ensuite on les exempte d’y aller, à condition qu’ils feront gratis deux ou trois voyages pour le munitionnaire. De là s'ensuit que l’armée paroît nombreuse et qu’il n’y marche réellement que la plus mauvaise espèce d'hommes et que les paroisses sont foulées, il Tantum potuit suadere malorum auri sacra fames. il Si les gens en place tolèrent de pareils abus, décisifs DL pour là perte de la colonie, il faut qu'ils leur soient profitables ; s'ils les ignorent, pourquoi sont-ils en place ?
ÉTAT DES SOLDATS DE LA COLONIE ET MILICIENS QUI ÉTOIENT A CARILLON LE 8 JUILLET A MIDI
Arrivés le 1‘ juillet... ss sosososossossess 110 “avec M. de Raymond, capitaine de la j colonie, le 8. .... 00000000 00000000 00 118
“avec MM. de la Naudière, de Saint-Ours, et de Gaspé, capitaines, le 5... 180 “avec M. de Gannes, capitaine, le 6... 183
Sur quoi, il faut défalquer environ cent quarante hommes, malades, détachés pour ramener des bateaux à Saint-Jean, tués ou pris au combat du 6. Restent quatre cents cinquante et un soldats de la colonie ou Cauadiens, lorsque l'affaire du 8 a commencé, | Le 8, à quatre heures du soir, est arrivé M. Duplessis avec quatre-vingt-cinq hommes, oisvert, commis du
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munitionnaire, avec cent soixante-huit ; une grande partie s’est portée sur le champ de bataille, Il y a bien loin de ce nombre à celui de dix-huit cents,