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citoyens dévoués pour défendre ses droits, soutenir ses intéréts, ‘enflammer son zèle el accroître son | patriotisme!
Orléans, 6 janvier, | s.
Jour anniversaire ad LE naissance e de Jaune d'Are .
- PETIT THRAICTIÉ par manière de crouivque, contenant en brief le siège mis par Les À nqloys ue | devant da cite d'Orléans, | el les saillyes, | assaulz el esrarmouches qui durant le siège
y furent faicles de jour en jour ; La venue et “aillans faicl: de Johanne de Pucelle, el conmont elle en feist partir les Aagloys vt ehlert de siege pre qr'ice divine el force d'armes.
Le conte de Salebris (1), qui estoit bien grant
scigneur et le plus renommé en faictz d'armes de tousles Angloys, el qui pour Henry roy d'Angleterre (2) dont il estoit parent, el comine son licutenant et chef de son armée en ce royaulme, avoil eslé présent en plusieurs batailles et diverses
4) Thomas Montaigu, comte de Salisbury et de Sarum, avait le commandement en chef des troupes anglaises à Cravant, prit part à la bataille de Verneuil et, en 4427, était retourné en Angleterre avec de grandes richesses. 11 en fut rappelé pour le siège d'Orléans. M, L. Jarry a publié « Deux chansons normandes sur le siège d'Orléans et la mort de Salisbury », dans le Bullelin de ta Société archéologique de l'Orléanais, t. X, p. 359.
(2) Henri VI, roi d'Angleterre.
ro —— rencontres et conquestes contre les Français, où il s'estoit tousjours vaillamment maintenu, cuydant prendre par force la cité d'Orléans, laquelle tenant le party du roy son souverain seigneur
1598. Charles, septiesme du nom, la vint assiéger, Île 4% octobre. mardi douziesme jour d'octobre mil quatre cens
vingt-huit, à tout grant ost ct armée, qu'il feist L | Joger du costé de la Sauloigne, et prez de lung LL. des hourgs que on dict le Porteriau (1). Ouquel
Cost et armée estoient avec luy messire Guillaume de la Poulle (2), conte de Suffort, et messire Jehan de la Poulle (3), son frère: le seigneur d'És- |
(l) Aujourd'hui le Portereau du Coq, ainsi nommé de l'hôtel du Co. En 4428, trois rues ou bourgs formaient le faubourg d'Orléans du côté du anidi, et portaient le nom | de lPortereau. Celie qui était dirigée vers le sud se nommait Liu ice... je fortereau Ssint-Marceau, parce qu’on y trouvait l'église de. .. | oo - ce saint ; elle conduit à Olivet. Le Portereau de Tudeile, du. côté de l'ouest, conduisait à Saint-Mesmin. Celui du Coq se.
dirigesit vers Saint-Jean-le-Blanc; il portait alors le nom de. Turcie Saint-Jean-le-Bianc. C'est au bas de cette Turcie que
campérent les Anglais. Le mot lortereau, en latin Portercllus,. se lit dans le nécrologe de Sainte-Croix, ms. 112 bis de la tibliothèque de la ville, écrit en 1421 : 22 janvier « Anni- sersarium pro Johanne Villedense, in quo distribuentur,
VE. D. © xwper domum quamdam sitam in Porterello » ;
22 octobre « super censum Porterelli » ; 23 novembre « pro censu Porterrili. »
(2) Guillsume de la Pole, comte de Suñolk et de Dreux, | gouverneur des pays chartrains et d'entre Seine et Loire, en
4424, pris à Jargeau le 12 juin 1429, fut mis à mort au mois
de février 1450 pour crime de haute trahison. (C{. M. L. Jannv,
Compte de l'arméc anglaise au siège d'Orléans, p. 208-209.)
(3) Jehan de la lle, frère du précédent, capitula à
Jargeau le 5 octobre, ainsi qu'Alesandre de La Pole.
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calles (1), le scigneur de Fouquembergue (2), le bailly d'Evreux (3), le seigneur de Gres (4), le seigneur de Moulins (5), le seigneur de Pomus (6), Glacidas (7) fort renommé, messire Lancelot de
. (4) Thomas de Scales, baron de Nucelles, vidame de
Chartres, pris À Patay le 18 juin, périt, en 1460, de mort violente. (CF. L. Jarry, op. cit., p. 210-211.)
(2) Guillaume Nevitle, lord Falcombridge, capitaine d’'É- vreux. ({d., p. 213)
(3) D’après Quicherat, ce bailli d'Évreux serait Richard Guethin, chevalier du pays de Galles ; cependant, en 142, c'était Itichart Waller ou Wallier qui possédait ce titre, dont il avait déjà joui en 1495 et 1426. (/d., p. 208; B. de Molan- donet A. de Heaucorps, l’Armée anglaise vaincue par Jeanne
d'Arc sous les murs d'Orléans, p. 129.) (4) Richart, seigneur de Grey ou Gray, neveu de Salisbury, capitaine de Janville, fut tué le 3 mars par la couleuvrine de maître Jehan. — Une épitaphe du Grand Cimetière contenait “üne erreur manifeste. Voici le texte : « Joanne Lhuillier,
nomine secundus, qui, anno 1428, Aurelianensibus obsessis
au:cilio cucurrit, duce Stephano de Vignolles, dicto Lahire, __eteixdem post Kalendas martias erumpentibus in Anylos, saylordum Grey, comitis Salisbury fratris filium, ipse ferro munu sua inlerfecit ; cujus facti ob memoriam ad sacrum solemne Carcli VIL regis jussu, rer ille Jonnnem nostrum Lhuillier in equitun ordinem adscivit el Caroli VIT nanu ipsa factus fuit eques torquatus ». Ms. 461 d'Orléans, p. 11.
(») Guillaume de Molins, frère de Guillaume Glasdali.
(6) Hichart Ponyngs fut tué aux Tourelles, Son chapelain fat fat prisonnier en mème temps.
(7) Guillaume Glasdatl, bailli d'Alençon, asxista au siège de Montargis au mois de septembre 1427, se noya en regagnant les Tourelles et fut pleuré par Jeanne d'Arc. Son corps, rapporté à Paris, y fut exposé pendant huit jours à l'église de Saint-Merry, puis conduit en Angleterre. (B. de Molandon, op. cit., p. 97.)
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47 octobre.
Lisle (1), mareschal de l'ost, et plusieurs autres seigneurs et gens de gucrre, tant Angloys comme autres faulx Françoys tenans leur party. Mais les gens de guerre ÿ estans en garnison avoient ce mesme jour avant la venue des Angloys, du conseil el ayde des cytoyens d'Orléans, faict abatre l'esglise et convent des Augustins d'Orléans (2), et toutes les maisons qui lors estoyent audict Porteriau, affin que leurs ennemys ne y peussent estre Jogez ne v faire fortificacions contre la cité.
Le dimenche ensuyvant, gectèrent les Angloys dedens la cité six vingtz et quatre pierres de hombardes et gros canons : dont telles pierres y avoit qui pesoient cent seize livres. Et entre les autres avoient assiz près de la turcie de Sainct
Jchan le Blanc, entre le pressouer de la Favière (:)
et le Portereau, ung gros canon, qu'ilz nommoient Passe voulant. Lequel gectoit pierres pesans quatre vingtz livres, qui feit moult de dom-
(4) Lancelot de Lisle eut la tête emportée par un boulet qui n’était vraisemblablement destiné qu’à lui seul, le 30 janvier.
(2: L'église et le couvent des Augustins se trouvaient à peu près à l'endroit où l’on a élevé une croix auprès de laquelle se fait la station du 8 mai; ils étaient au midi du boulevart des Tourelles et un chemin de quarante pieds de large les séparait seulement.
(3) Le Pressoir de la F'avière, suivant l’abbé Dubois, était la maison qui touchait du côté de l’est à l'ancienne raffinerie et qui avait son entrée dans le Portereau du Coq. Le camp anglais occupait les jardins qui sont à l'entrée de la rue de la Guigne, de Guigny ou des Anguignis : cette rue est l'ancien chemin de Saint-Cyr conduisant dans une partie du Berry.
es — maiges aux maisons et édiffices d'Orléans, combien qu'il n'y tua ne blessa si non une femme nommée Belles, demourant près la poterne Chesneau (1). Cette mesme sepmaine, rompirent aussy et abatirent. les canons des Angloys douze moulins qui esloient sur la rivière de Loire (2), entre la cité et la Tour neufve. Pour quoy ceulx d'Orléans feirent faire dedens la ville unze moulins à chevaulx qui moult les reconfortoient. Et non ohstant les canons et engins des Angloys, feirent sur eulx les Françoys estans dedens Orléans, plusieurs saillyes et escarmouches entre les Tournelles (3) du pont et Sainct Jehan le Blanc, depuis celluy jour de dimenche jusques au jeudi vingt et ungniesme jour du mesme moys.
Auquel jour de jeudi, assaillirent les Angloys ung boulevert qui estait faict de fagotz et de terre, assiz devant les Tournelles, dont l'assault
(4) La poterne Chesneau, du nom d’un particulier qui demeurait non loin de là, s'appelait au IXe siècle posterula sancti Benedicti. Cette porte était la seule par laquelle on pouvait se rendre au fleuve en temps de guerre.
(2) Ces moulins étaient assis sur des bateaux. La Tour Neuve était à l’extrémité de la rue de ce nom. (Cf. Mémoires de lu Société archéologique de l'Orléanais, t. XVIIT, p. 76.)
(3) A la tête du pont, du côté du sud, il y avait une porte défendue par deux tours fort élevées qu’on nommait les Tourelles. Ces tours étaient séparées de leur boulevart par un bras de la Loire qui en rendait l'approche très difficile, et sur lequel se trouvait un pont que la Pucelle fit sauter. Le boulevart des Tourelles avait, suivant l’abbé Dubois, 60 pieds de long sur 80 de large, et était environné d’un fossé de 24 pieds de large.
21 octobre.
dura quatre heures sans cesser, car 11z commencèrent dès dix heures au matin, et ne le laissérent jusques à deux heures après midi, là où furent faictz plusieurs beuulx faitz d'armes, tant d'une part que d'aultre. Des principaulx Françoys qui gardoient le boulevert, estoient le seigneur de Villars (1), capitaine de Montargis, messire Mathius (2), Arragonnoys, le seigneur de Guitry (3), le seigneur de Courrus (4), gascon, le seigneur de Sainctes Trailles (5), et son frère Poton de Sainctes Trailles (6), aussi gascons, Pierre de la
(4) Archambault de Villars, autrefois favori du duc d'Orléans, s'était rendu célèbre dahs le combat de Montendre, en 4402, entre sept Anglais et sept Français.
(2) Ce personnage est appelé Madre dans les comptes de ville ; il était seigneur d’Archiac. 11 portait peut-être encore le nom d’Amäde.
{3) Guillaume de Chautnont, seigneur de Guitry.
Un de ses descendants, le comte de Chaumont Guitry, mourut à Orléans le 18 décembre 1814.
(4) Raimond Arnauld, seigneur de Cotraze, était béarnais et rioñ jascon. 11 vint au siège avec le comte de Foix, dont il était lieutenant, et son noni se trouve plüsieurs fois dans le compte d'Hémoh Raguier « du fuict de lavitaillement et secours sur les Anglois. »
(6) Le seigneur de Xaihtrailles, frère de Poton, se nonitüait Jean.
(6) Poton de Xuintrailles, bailll de Berry, vicomte de Brouttes, maréchal de Francé, Octavien de Saint-Gelais dit,
dans son Séjour d'honneur, de Poton et dé Là Hire :
Après luy, vis deux nobles conquérans, Ce fut La Hire et Pothon de Saintrailles, lesquels souvent ont soustlenu les renes En tiers destous et crueuses batailles.
France doit bien plorer leurs funérailles
en,
Chappelle, gentilhomme du pays de Beausse (1), et plusieurs autres chevalliers el escuyers, sans les citoyens d'Orléans, qui tous se portèrent tres vaillamment.
Pareillement y feirent grant secours les femmes d'Orléans; car elles ne cessoient de porter très diligemment à céulx qui deffendoient le boulevert, plusieurs choses nécessaires, comme eaues, huilles, gresses bouillans, chaux, cendres et chaussetrapes. En Ja fih de l'assault, y furent plusieurs blessez d'une partie et d'autre, mais trop plus des Angloys, dont il ÿ en mourut plus de douze vingtz. Lors advint que durant l'assault, chevauchoit par Orléans le seigneur de Gaucourt (2), car il en estoit gouverneur; mais en passant par devant Saincl Pere Empont (3), il
Et regretter deux si nobles consors,
Car eulx vivans n’ont esparyné leurs corps Au bien publique, sans laucheté cominetire t'nvers lé Huy leur ires soûverain mdistre.
({) Pierre dé la Chapelle; dont le château, suivant Lebrun de Charmettes; s'élevait sur le bord de la Loire, à La Chapelle-Saint-Mesmin, était plutôt seigneur ou de La Chapelledu-Noyer, ou de La Chaypelle-Onzerain, paroisses voisines de Châteduduh: Une famille de Ha Chapelle habitait à Thimory, mals cé pays n'appartient pas à la Beauce.
(8) Le sire de Gaucourt était gouverneur d'Orléans depuis le 28 mats 14%, par lettres du duc Charles, prisonnier en Angletérre. Il mourut âgé de plus de quatre-vingt-cinq ans. Il déposa dans le procès de réhabilitation.
(3) Cette église; aujourd’hui démolie, aboutissait sur la rue allant diréctement au pont romain situé à le poterne Chesïieau. La tour servait de beffroi à la ville avant que les échevins eussent fait élevet celle du Musée: Il y avait un guet-
2% octobre.
ss cheut de son cheval par cas d'aventure, tellement qu'il se desnoua le bras; si fust incontinent mené aux estuves pour appareiller (1).
Le vendredy ensuyvant vingt: deuxiesine jour d'icelluy mois d'octobre, sonna la cloche du beffroy, rar ce que les Francoys cuidoient que les Angloys assuiissent le boulevert des Tournelles du bout du pont par la mine dont l'avoient miné ; mais
ilz s'en deportèrent pour celle heure. Et ce meisme
jour rompirent ceulx d'Orléans une arche du pont, et feirent ung boulevert au droit de la Belle Croix (2), qui est le pont (3).
teur de jour et de nuit dont parlent les Comptes de ville ; et c'est lui qui, durant le siège, donna souvent l'alarme et prévint les attaques des ennemis.
(4) IL y avait deux sortes d’étuves ou de salies de bains : les unes pour les hommes, les autres pour les femmes. Les premières se trouvaient dans la rue du Petit-Puits, derrière Saint-Donatien, les secondes dans le cul-de-sac de Sainte- Barbe, sous les murs d'Orléans, Vergnaud dit que la maison rue du Plat-d'Étain, nes 4 et 6, est désignée, de temps immémorial, comme ayant été le lieu des étuves. C'était dans celte rue, et non loin des étuves, que demeurait maître Jean, l’habile couleuvrinier du siège.
(2) La Belle-Croix était un monument de bronze doré, élevé sur le pont, en 1407, par les soins de Pierre de Saint-Mesmin, lieutenant général au bailliage et gouvernement d'Orléans, et orné de quatre bas-reliefs, représentant : la Sainte Vierge, saint Pierre et saint Paul, saint Jacques et saint Étienne, et, enfin, saint Euverte. Un treillis en fer doré l'environnait. Cette croix avait été placée sur le pilier qui séparait la cinquième arche de la sixième, entre la motte Saint-Antoine et l'extrémité méridionale du pont, du côté de l'est. Brisée en 1562, refondue par Jehan Buret, et rétablie en 1578, la Belle-Croix subsista jusqu'en 1729. A cette époque, dit
Le samedy ensuivant, vingt troisiesme jour d'icelluy mois, bruslèrent et abatirent ceulx d'Orléans le bolevart des Tournelles et le habandonnérent, par ce qu'il estoit tout myné, et n’estoit pas tenable, au dit des gens de guerre.
Le dimenche ensuivant, vingt quatriesme jour de ce mesme mois d'octobre, assaillirent les Angloys ct prindrent les Tournelles au bout du pont, parce qu'elles estoient toutes desmolies et brisées des canons et grosse artillerie que ilz avoient gectez contre. Et aussi ni eut point de deffence, parce qu'on ne se osoit tenir dessoubz.
Celluy jour de dimenche au soir, voult le conte de Salebris, ayant avecques luy le cappitaine Glacidas et plusieurs autres, aller dedans les Tournelles, aprez que elles eurent esié prinses, pour regarder mieulx l'assiecte d'Orléans ; mais ainsi qu'il y fut, regardant la ville par les
Jousse (ms 451, p. 24), un coup de vent fit tomber les deux bras de la croix ; le reste n’a été détruit qu’en 1751, quand on a construit le nouveau pont.
Il ne faut pas confondre cette croix avec le monument en l'honneur de Jeanne d’Arc érigé par la générosité des dames d'Orléans, très probablement sous le règne de Louis XT, et placé aussi sur le pont témoin de ses exploits.
(3) La plus ancienne mention de ce pont remonte à l’année 1178 : « In capite pontis janilor castelleli fenum « quadrigis non exigat ». (Charte de Louis le Jeune.) [Il était composé de 19 arches et mesurait en longueur 182 toises. Vers le milieu de sa longueur, ce pont s’appuyait sur une ile qu'il partageait en deux portions appelées les mottes Saint-Antoine et des Poissonniers ou Challans percés. (Cf. ns. 436?, p. 120.)
23 octobre.
24 octabre.
95 octobre.
fenestres des Tournelles, il fut actaint d'un canon que on disoit avoir esté tiré d'une tour appellée la tour Nostre Dame (1) combien qu'il ne fut oncques sceu proprement de quel part il avoit esté gecté; pour quoy fut dit dès lors [et deppuis aussi] par plusieurs que c’estoit euvre divine. Le coup d'icelluy canon le frappa en la teste tellement qu'il luy abatit ia moictié de la joue et creva ubg des yeulx : qui fut un très grant bien pour ce royaume, car 1l estoit chief de l'armée, le plus craint et renommé en armes de tous les Anglois.
Ce meisme jour du dimenche que les Tournelles avoient esté perdues, rompirent les François, estans dedans la cité, ung autre bolevarft très fort, Et d'autre part rompirent les Anglois deux urches dü pont devant les Tourhelles, aprez qu'ilz les eurent prinses, et y firént ung très gros bolevart de terre et de gros fagotz.
Le lundy ensuyvant, vingt cinquiesme jour d'icelluy moys d'octobre, arrivèrent dedens Orléans pour la conforter, secourir et ayder, plusieurs nobles seigneurs, chevalliers, capitaines et escuyers forl renommez en guerre, desquelz estoient les principaulx : Jehan basturd d'Oiléins (2), le seigrieur de Sainct Sevère
(4) La tour Notre-Dame tirait son nom d’une chapelle adossée aux murë de la ville, à l'endroit où est le chœur de l’église actuelle de Recouvrance. Elle était située entre la tour dé la Barre-Fiarbert et eelle de l’Abbreuvoir:
(2) Jean d'Orléans, cowte de Dunois et de Longueville,
marcschal de France (1), le seigneur de Bueil (2), messiré Jacques de Chabannes (3), seneschal de Bourbonnoys, le seigneur de Chaumont sur Loire (4), messire Théaulde de Valpergue (5), chevalier lombart, et ung vaillant cappitaine
grand charbellañ de France et le plus grand capitaine de son temps, était fils naturel de Louis, duc d'Orléans, et de la dame de Cany. Pour récompenser son mérite, Charles VII lui donna le titre de Restaurateur de la patrie. Sa déposition dans le procès de réhabilitation prouve qu'il connuissait admirablement le caractère de la Pucelle. Il moutut en 1468 ; son corps fut rapporté à Cléry, où il reposa auprès de Charlotte de Harcourt, sa seconde femme, dans la chapelle de Saint-Jean qu ils avaient fondée.
(4) Jean de Brosse, seigneur de Sainte-Sévère, d'UHuriel et de la Pérouse et de Boussac, conseiller et chambellan du roi, fut fait maréchal de France par lettres du 17 juillet 1496 et mourut en 1433, fort endetté, ayant dépensé tous ses biens au service de son Souverain. Ses créanciers, qui, de son vivänt, l'avaient fait excommunier, voulurent, aprës Sa mort, qu'on jetät ses cendres au vent, mais son fils paya ses dettes et lit lever l’excemmunication.
(2) Jean V, sire de Bueil, seigrieuï de Montrésor, de Saint-Calais, et comte de Sancerre, était d’une famille de Touraine. Il fut fait amiral de France en 1450, et chevalier de Saint-Michel de la première promotion, en 1469.
(5) Jacques de Chabannes Ier, seiyneur de la Palice, grand maître d'hôtel de France, mourut de contagion huit jours après la bataille de Castillon, en 1453. Son corps fut déposé à Charlus, en Chabanais, où on le transféra de chez les Cordeliers de Riom qui avaient reçu sa dépouille mortelle.
(4) Pierre d'Amboise, seigneur de Chaumont-sur-Loire, chevalier et chambellan des rois Charles VII et Louis XI, mourut le 928 juin 1473.
() Théaulde de Valpergue reçut, d'après les Comytes de ville, 435 8. « hour un cheval qu'il avoit z#rdu tué soubs luy devant les Lastilles d'Orliens ».
- 27 octobre. |
gascon, appellé Estienne de Vignolles, dit La Hire (1), qui estoit de moult grant renom, et vaillans gens de guerre estans en sa compaignie. Et pour lors esloit cappitaine de Vendosme messire (Cernay (2), Arragonoys, et plusieurs autres, acompaignez de huit cens combatans, tant hommes d'armes, comme archiers, arbalestricrs, avecques autres enfanterie d'Italie, qui portérent tergons.
Le mecredi ensuyvant, vingt septiesme jour d'icelluy moys, trespassa de nuit le conte de Salebris en Ja ville de Meung sur Loire, où il avoit esté porté du siége, après qu'il eut eu receu le coup de canon dont il mourut. De la mort duquel furent fort esbahiz et doulans les Angloys lenans le siège, et en feirent granit deuil, com-
bien qu'ilz faisoient le plus secretement qu'ilz -povoient, de paour que ceulx de Orléans ne s'en
1pperceussent. Si feirent vuyder les entrailles, et
envoyer le corps en Angleterre. La mort duquel . conte fcit grant dommaige aux Angloys, et par
le contraire grant prouffit aux Francoys. Plu-
(1) Ise distingua dans maintes circonstances : au siège de Montargis, à la bataille des Harengs, à la prise des Tourelles, au siège de Jargeau et à la bataille de Patay.
(2) Guillaume de Cernay, Ternay ou même Sarnay, d’après les Comptes de ville. Dans le Compte d’Hémon Raguier, il
recut une somme de soixante livres pour plusieurs objets et,
entre autres, pour « avoir esté avec les Lourgois d'Orliens, en Auvergne, par devers le comte de Clermont luy dire et nottifier certaines choses touchant le faict du siège et pourvoir au lièvement d'iceluy ».
sieurs dirent [depuis] que le conte de Salebris print telle fin par divin jugement de Dieu, et le croyent, tant pour ce qu'il avoit faïlly de promesse au duc d'Orléans prisonnier en Angleterre, auquel 1: avoit promis qu'il ne mesferoit en aucuns de ses terres, comme aussy parce qu'il n’espargnoit monastères ne églises qu'il pillast et feist piller, puis qu'il y peust entrer : qui sont choses assez induisans à croire que ses jours en furent abbregez par Juste vengence de Dieu. Et en especial fut pillée l'église Nostre Dame de Cléry et le bourg aussy pareillement.
Le mardy huitiesme jour de novembre, fut devisé et déséparé l'ost des Angloys, qui s’en alèrent, partie à Meung sur Loire, ct partie à Jargueau, et laissérent grosses garnisons aux Tournelles et boulevart du pont, desquelles demoura cappitaine Glacidas, et avecques luy . Cinq cens combatans pour les garder.
Ce meisme mardy brulèrent et crdirent les Anglois plusieurs maisons, pressoers et autres édifices ou val de Loire. Et d'autre part mirent telle dilligence les gens de guerre et citoyens d'Orléans, qu'ilz brulèrent et abatirent dedans la fin de ce mesme moys de novembre plusieurs églises qui estoient ès forsbourgs d'entour leur cité, comme l'église de Sainct Aignan (1), pateron
(1) Abattue déjà en 1370 pour résister aux Anglais commardés par Knolle ou Kanolle, relevée par Charles V et achevée par Charles VI, cette église, démolie au moment du siège, fut reconstruite sous les rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII.
8 novembre.
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d'Orléans, et aussy le cloistre d'icelle église, qui estoil moull bel à vooir, l'église de Sainet Michiel (1), l'église de Nainet Avy (2), la chappelle du Martroy (3), l'église de Sainct Viciur (4). assize ès forsbourgs de la porte de Bourgogne, l'église de Sainet Michel dessus les foussés (5), les
Jarobins (6), les Cordeliers (7), les Carmes (8).
. En 1567, la voñte et la couverture de sa nef principale furent “encore détruites depuis Je portail actuel jusqu’ sa tour qui sceupait l'angle de la rue des Cinq-Marches et qui ne disparut qu'en 1804.
(1) L'église Saint-Michel ouvrait sur l'Étape, en face de ta mairie ; c'est aujourd'hui le théâtre.
(2) Kelevée de ses ruines, démolie enture en 152, cette église disparut en 1710 et, 4 sa place, on construisit le Grand- Séminaire. On y voit ur: curieuse crypte, du VII siècle très probablement.
(3 La chapelle: du Martroy-aux-Corps était adossée au grand --eimetière ; on y entrait par la ruerte l'Évéché. Elle ajparte-
naït aux chapelains de Sainte-Croix.
(4 L'église Saint-Victor était construite à l’extrémité de Ja rue des Pensées.
(5) Ge n'était qu’une chapelle bâtie sur l'emplacement d’une croix. Elle n'existait pas encore en 1358; on en attribue la fondation aux maîtres couvreurs, MAÇONS et charpentiers. Elle fut vendue en 1792. Une rue porte encore son nom.
(6) La porte de ce monastère était dans un angle de la place de l’Étape ; ce couvent est devenu une caserne.
. (9) Le couvent des Cordeliers s’étendait jusqu’à la rue Vaslin et probablement jusqu’à la rue Sainte-Anne.
(8) L'emplacement qu’ils occupaient était situé entre les rues de l’Arche-de-Noé et des Charretiers : il leur fut accordé par un riche libraire nommé Hervé. A l'endroit où se trouvait le couvent s'élèvent toutes les maisons de la rue des Carmes. Le portier occupait une petite maison qui sert aujourd'hui de boucherie, au coin de la rue des Charretiers.
Sainct Mathurin (1), l'Aumosneé Sainect Pooir (2), et Sainct Lorens (4). Et oultre plus brulérent «t démolirent tous les forshourgs d'entour leur cité, qui csioit très belle et riche chose à vooir avant qu'ilz feussent abattuz: car il y avoit de moull grans édifices et riches, et Lellement que on tenoit que c'estoient les plus beaulx forsbourgs de ce rovaume. Mais ce nonobslant les ahatirent el bruslérent les Franchois de la garnison, et ce par le vouloir et avde des citoyens d'Orléans, «fin que Îles A\nglois ne Ss'v peussent loger, parce qu'ilz eussent esté fort préjudiciables à la cité.
Le premier jour de decembre ensuivant, arrivérent aux Tournelles du pont plusieurs seigneurs Anglois. dont entre Jes autres estoient de plus grant renom messire Jehan Tallot, premier baron d'Angleterre, et le scigneur d'Escalles, acompaignez de trois cens combalans, qui ÿ amenèrent vivres, canons, bombardes et autres habillemens
(1) Cette chapelle, située à l’ouest de la rue Bannier et au nord de celle du Colombier, servait à un hôpital fondé par saint Louis pour les aveugles. Le 2# mars 16520, les administrateurs en vendirent l'emplacement aux religieuses de la Visitation qui y demeurtrent jusqu'à la Révolution.
(2) En 1498, il y avait une barritre et un corps de garde à lendroit où la rue de la Bretonnerie se joint à la rue Bannier. L'aumône Saint-Pouair était au sud de ce corps de garde. Cet hôpital avait été bâti, en 128, par la confrérie des écrivains.
(3) L'église de Saint-Laurent -des-Orgerils, aujourd’hui Saint-Laurent, fut rebâtie vers 1440. En 1625, on travailla de nouveau à son portail et à la tour du clocher, et on sculpta au-dessus de la porte un gril qui se voit encore.
47 décembre,
de guerre: desquels ilz gectérent contre les mur “© dedans Orléans plus continuellement et plus fort que devant n'avoient faiet au vivent du conts de Salebris ; car ilz gectoient de telles pierres, qui pesoient huit vingls quatre livres, qui foirent plusieurs imaulx et domimaiges contre la cité, en : … Plusieurs maisons ct beaulx édiMfives d'icelle, sans Personne luer ne hlescher : que on tenoit 8 grant | merveille, car entre les autres, en lu rue Aux. | petitz Souliers en cheut une en l'ostel et sur la able d'un homme qui dinoit, jus cincquiesme, Sans aucun en lucr ne blescher : que on dit avoit esté miracle faict par Nostre Seigneur à la requesle de monsieur Nainet Aignan, patron d'Ur-
| Jeans. | 7 décembre Le mardy ensuivant, à trois heures du matin, Pa sonia li cloche du beffroy, parce que les Francois ee -etidérent que les Argiois Vousissenl asssilir Je : bolevart de h Belle Groix sur le pont. Et aussi en Y avoit deux qui l'avoient drès jà eschcllé jusques à l'une des canonnières: mais ilz se en retournérent tuntosl en leurs Tournelles et taudis, obstont ce qu'il; apperceurent que les Francois faisoient le gucct, el avoient apparcillé toutes Choses, comme canons, arlalestres, fondes (1) à baston, couleuvrines, pierres et autres habillemens de gucrré, nécessaires à leur deffence, se
on les assailloit.
(1) « I! y a cent ans à peine, dit Jousse, qu'on écrivoit fonde pour fronde. »
Le jeudy vingt troisiesme jour de ce mois de décembre, conmenca à gecter la bombarde (1), gectant pierres poisans six vingis livres, que cveulx d'Orléans avoient lors faict faire toule neufve, par ung nommé Guillaume Duisy, très
soutil ouvrier, el fut assortie à Ja croche (2) des
-moulins de la poterne Chesneau, pour gecter
contre les Tournelles ; auprez de laquelle estoient assortiz deux canons, l'un dit Montargis, et l'autre CRifflart (3), qui durant Je siège geclérent contre
des \nglois, et leur feirent de grands dom- Inaiges.
Le jour de Noel ensuivant, furent données el actroyées trèves d'une partie et d'autre, durécs deppuis neuf heures au malin jusques à trois heures apprez midy. El ce lemps durant, Glacidas
ct autres seigneurs du pays d'Angleterre requis-
() La bombarde était uno pièce d'artillerie grosse et courte, avec une ouverture fort large, servant à lancer des boulets de pierre tels qu'on en voit dans notre Alusée ; on la balancait sur des cordages soutenus par des gruës.
(2) Une croche, croiche ou crèche, est une sorte d'éperon, vuvrage avancé en rivitre pour protéger le pied d’une construction. Nous avons encore la Croche Meffroy.
«t) L'usage du temps était de donner des noms aux pièces d'artillerie et nous verrons plus tard une bombarde appelée Bergère où Bergerie en l'honneur de la Pucelle, Les Anglais avaient leur Passe-Vollant. Dans les Comptes de ville du 28 mars 1485-1486, on lit: « En la tour André y a un gros canon enfusté, appellé Riflard, garny de sa boueste » ; et dans un inventaire du % novembre 1670 : « Une pièce nommée la Pucelle. » Il y avait en outre le canon Naudin et la grosse bombarde qui sont indiqués dans les Comptes de forteresse 14281490.
23 décembre.
25 décembre.
drent au bastard d'Orléans et au seigneur de Sainct Sevère, mareschal de France, qu'ilz ‘ussent une note de haulx menestriers, trompeltes et clarons : ce qui leur fut accordé ; et Jouèrent Îles instrumens assez longuement, faisans grant mélodie. Mais si toust que les trèves furent rompues. se print chacun garde de s0y. ns
Durant les festes et fériers de Noel, gectèrent
d'une partie et d'autre très fort ct horriblement
de hombardes et canons, mais sur tous faisoit moult de mal ung couleuvrinier, natif de Lorraine, estant lors de la garnison d'Orléans, nommé maistre Jehan (1), que l’on disoit estre le mcilleur maistre qui fust lors d'icelluy mestier. Et bien le monstra, car il avoit une grosse cou- Jeuvrine dont il gectoit souvent, estant dedans le
-piHier du pont, près du bolevart de ta Belle Croix,
tellement qu'il en lua et bleca moult d’Angloys.
(1) D’après le compte de Hémon Raguier, il fut donné 140 écus d’or « à maistre Jehan de Montesiler, canonnier, demou- rant à Angiers, envoié à Orliens pour servir le roy de son industrie. » Dans le Compte de forteresse de 1428-1430, on lit: « À maïstre Jehan, canonnier, pour don faict à luy par les procureurs pour luy aidier à vivre, pour ce qu’il n’a nulz gaiges de la ville, xxirit À. p. » (9% mandement.) Voici les noms des autres canonniers : Barthélemy Courtbec, Pesson Bailly, dit Rousselet, Bertin, qui jouait de la grosse bombarde, - Arnoul la Vaintre, Jehan du Pont, Basin, Perrin Bontemps, Mahiet de la Forest, Guillaume Boisdurant, Thomas Lucas, Claude Gobin, Guillaume Doisy et Jehan François. Les couleuvriniers connus étaient : Jehan llurecoq, Jehan Mauviet, Gabriau et Estienne Troissillon. |
Et pour les mocquer, se laissoit aucune fois cheoir à terre, faignant estre mort ou blecié, et s'en faisoit porter en Ja ville; mais il retournoit incontinent à l'escarmouche, et faisoit tant que les Anglois la sçavoient estre vif en leur grant dommaige et desplaisir.
Le mecredy vingt neufviesme jour d'icelluy
“mois de décembre, furent brulées et abatues plusieurs autres églises et maisons, qui estoient
aincoires demourées auprez d'Orléans, comme
= Sainct Loup (1), Sainct Marc (2), Sainct Gervais (3), Sainct Evurtre (#4), la chappele Sainct
Aignan (5), Sainct Vincent des Vignes (6), Sainet
(1) Le monastère de Saint-Loup était bâti sur le haut du coteau de la Loire. C’est aujourd’hui une habitation particu-
--ière. Outre l’église ou chapelle du couvent, il y avait-une église paroissiale qui fut supprimée en 1580 et réunie à Saint-Jean-de-Braye. En 1428, les religieuses se retirèrent
dans une maison qui leur appartenait, dans le quartier de la Juiverie, près de l'ancienne église de Saint-Germain ; elles y demeuraïent encore en 1434. |
(2) L'église Saint-Marc n’a pas changé de position. = (8) Saint-Gervais était un prieuré dépendant de Saint-
Benoît-sur-Luire, situé tout près de l’église Saint-Marce, du
côté de l’ouest. Il portait aussi le nom de Saint-Phallier.
(4) Saint-Euverte et sa collégiale sont bien connus.
(5) La chapelle Saint-Aignan fut bâtie en 854, sous l'épiscopat d'Agius ; elle était connue sous le nom de Notre-Damedu-Chemin, et située non luin de la porte actuelle de Bourgogne.
(6) Cette é;lise portait ce nom à cause de sa situation au milieu des vignes.
29 décembre.
30 décembre.
Ladre (1), Sainct Pouoir (2), ct aussi la Magde-
leine (3), afin que les Angloys ne se peussent là loger, retraire el fortiffier contre la cité.
Le penulliesme jour d'icelluy mois, arrivèrent
environ deux mil cinq cens combatans Anglois à
Sainet Lorens des Orgerilz près d'Orléans, pour là
- fermer ung siège ; desquelz estoient cappitaines le conte de Suffort et Talbot (4), messire Jehan de la Poulle, le seigneur d'Escales, messire Lancelot de
Lisle et plusieurs autres. Mais à leur venue furent faictes ce jour grandes escarmouches, car Île
baslard d'Orléans, le seigneur de Sainet Sevère, messire Jacques de Chabannes, et plusieurs autres chevalliers, escuiers et cyloiens d'Orléans, qui
moult vaillamment se portèrent, leur alèrent au
-devant et les recuellirent comme leurs ennemys. Et là furent faicts plusieurs beaulx faiz d'armes
. d'une partie et d'autre. En celles escarmouches
(1) Saint-Ladre était une maladrerie fondée au commencement du X1le siècle très vraisemblablement, Située dans le faubourg Bannier, elle fut donnée en 1622 aux Chartreux qu'ont remplacés les religieuses de la Visitation.
(2) Saint-Pouair est Péglise de Saint-Paterne actuelle.
(3) C'était une maison de religieuses de Fontevraud, à l'extrémité de la ville actuelle d'Orléans, sur la route de La Chapelle-Saint-Mesmin ; aujourd'hui, elle est devenue une maison particulière, avec un beau parc dont la vue domine la Loire. |
(4) Jean ,'s. de Talbot, chevalier banneret, comte de ja mises de Furnival et Wefford, fut pris à Patay et échangé, en 1431, contre Xaintrailles. 11 mourut à la bataille de Castillon, en 1453. (L. Jarry, op. cit., p. 209-210 ; B. de Molandon, p. 115.)
— A — fut blesché ou pié d'ung traict des Angloys mes-
sire Jacques de Chabannes et son cheval tué par.
cas pareil.
Ce inesme jour aussy furent faicts plusieurs
beaulx faiz d'armes, d’une partie et d'autre, envi-
ron :à Croix Boissée près de Sainct Lorens. Et tout ce jour feist grandement [son| devoir maistre
‘Jehan à tout sa couleuvrine.
Le vendredy, dernier jour de l'an, à quatre
“heures après midy, eut deux Francoys qui def-
firent deux Anglois à faire deux coups de lance,
ct les Angloys receurent le gaige. L'un des |
Françoys avait nom Jehan le Gasquet, et l'autre Vedille, tous deux gascons, de la compaignie de La Hire; ledit Gasquet vint premier contre son adversaire et le gecta par terre d'un coup de lance ; mais Vedille et l’autre Angloys ne peurent
: 31 décembre.
. veincre l'un l'autre. Pour lesquelz regarder avoit
assez prez d'eulx plusieurs seigneurs, tant de
France comme d'Angleterre.
Le samedy ensuivant, premier jour de l'an, eut une grousse escarmouche, environ trois heures aprez midy, entre la rivière Flambert (1), porte Regnard (2) et la Grève: là où furent plusieurs
(1) Il n’a jamais existé de rivière de ce nom, c'était un bras de la Loire formant une petite île en face la tour Notre- : Dame. Comme il y avait une grève entre ce bras et les murs de la ville, on avait construit une barrière pour empêcher les Anglais d'aborder de ce côté.
(2) A l'entrée de la rue du Tabour, sur l'emplacement du marché Porte-Renart.
4er janvier.
L 2 janvier. ;
noïs, p. 38h.)
tuez, bleciez et prins prisonniers d'une partie et d'autre, et plus de François que d'Angloys. L'abbé de Cerquenceaux (1) que on disoit estre religieux, el estoit moult vaillant pour les François, y fut blecié. Là fut aussi perdu le chariot de la
couleuvrine et prins par les Anglois: par quoy furent les François constrains de reculler hastive- : “ment parce que les Anglois saillirent à grant . puissance. | |
Le dimenche ensuivant, à deux heures aprez minuyt, sonna la cloche de la cité à l'effroy, parce que les Anglois cuidèrent escheller le bolevart de la porte Regnard: maiz ilz trouvèrent ceulx de la cité qui faisoient bon guet, et constraingnirent les Anglois d'eulx en retourner à
grant haste dedans leur ost et bastille de Sainct
Lorens des Orgerilz. Sy ne gaignèrent que estre
" __ mouillez, car durant celle heure pleuvoit très fort. L | 3 janvier.
Le lundy ensuivant, iroisiesme jour de janvier, arrivérent devers le malin, dedans Orléans, neuf
cens cinquante quatre pourceaulx, grous et gras, ct quatre cens moutons. Et passa cellui bestial
au port de Sainct Loup (2): dont le peuple
(1) L'abbaye de Cerquenceaux, Sacra cella, se trouvait dans le diocèse de Sens, à deux lieues de Nemours. L'abbé qui la gouvernait à cette époque est demeuré inconnu. (Cf. Gullia christiana, t. XIE, col. 21, et D. Morin, Jlistoire du Gasti-
(2) Ce port était sur la rive gauche, vis-à-vis le monastère de Saint-Loup, à l’endroit où se joignent les communes de Saint-Jean-le-Blanc et Saint-Denis, auprès des maisons
nommées l’Amérique et les Bouteroues.
d'Orléans fut fort joyeulx, car ilz vindrent au besuing.
Le mardy ensuivant, quatriesme jour d'icelluy “moys, et environ trois heures aprez minuÿt,
sonna la cloche du beffroy, parce que les Anglois
se vindrent présenter devant le bolevart de Îa porte Regnard, où 1lz firent à tous grans criz
sonner leurs trompettes et clairons et aussi firent
parcillement ceulx des Tournelles, comme s'1z voulsissent assaillir le boulevert. Mais ceulx d'Orléans se portèrent si grandement, cet tant . saigement se deffendirent des canons et autres habillemens de guerre, que les Anglois se recul- lèrent en leurs bastilles de Sainct Lorens.
= Le mecredy ensuivant, vint messire Loys de Culun (1), admiral de France et deux cens combatans avec luy, courir au Porteriau devant les
Tournelles, où éstoient lés garnisons des Angloys,
ct malgré eulx passa Loire au port de Sainct Loup; et s'en entra luy et ses gens dedans la cyté pour sçavoir des nouvelles, et du gouvernement d'elle et des Franchois y estans. Auquel el à ses gens fut faict grant chière, et moult furent louez. Cer aussy s'estoient ilz portez tres vaillamment contre les Angloys à l'escarmouche du Porteriau. Le jeudy suivant, feste de la Tiphaine (2), c'est (4) Louis de Culan, baron de Châteauneuf-en-Berry, ” conseiller et chambellan du roi, amiral de France en 1422, mourut en 4444. () C’est le nom qu’on donnait à l'Épiphanie, d’après le Nécrologe ms. de Sainte-Croix, n° 112 bis. On disait aussi Tiphanie. M |
4 janvier.
5 janvier.
G janvier.
> 94 Le =} des Rois, saillirent d'Orléans, les seigneurs de Sainct Sevère el du Culan, messire Théaulde de Valpargue, ct plusieurs autres gens de guerre et
. .eyloyens ; et foirent une grant escarmouche, où ilz -
‘se portérent très grandement contre les Angloys, . Jesquelz sc deffendirent bien ct hardiment. nt … estoient il: beaucoup de seigneurs d'Angleterre, ra tant de chevalliers comme d'escuyers ; mais on: ne:
. :.scel leurs noms. À celle cscarmouche sc porta .. : -parcillement moult bien maistre Jehan à tout sa 5 ;
: 40 janvier.
couleuvrine. | M Durant celluy temps avoient tant travaillé les “ Angloys, qu'ilz avoient faiz deux boulevars sur la
rivière de Loire, l'un estant en une petitte ysle du … cousté et au droit de Sainct Lorens (1), qui -esloil faict de fagotz, sablon et de bois ; et Lee ou champ de Sainct Privé (2), au droit de l'autre: -ctsur ie rivaige de a rivière, fiquelte itz pasaoTent. -en célluy endroit, portans vivres les ungs aux autres. EL pour les garder en avoicnt faict cappi- «taine messire Lancelot de Lisle, moral -d’'Anglelerre. —
Le lundy, dixiesme jour d’ icelluy mesmes mois, |
arrivérent dedans Orléans grant quantité de
(1) Cette île portait le nom de Charlemagne, d'après. les . Comptes de forteresse de 1429 ; il ne faut pas la confondre … : ou une île du même nom du côté de: Saint-Loup. Celle qui.
se trouvait au droit de Saint-Laurent n’existait plus en 1689; mais elle tend à se reformer aujourd’hui. Un peu plus bas, on
voyait l'ile de la Madeleine.
(2) Sur larive > gauche de la Loire.
pouldres de canon, et plusieurs vivres que on y nmenoit de Bourges, pour la conforter ct scourir.
En celluy jour eut aussi une très grousse el forte
-escarmouche, tant des canons comme d autre traict
# couleuvrines : dont ceulx qui les gectèrent : fcirent grandement leur devoir, et tellement,
qu ‘il y eut beacoup d' Angloys 0 Luez et € un il —
<prins prisonniers.
Le mardy ensuivant, environ neuf heures de :nuÿt, fut toute la couverture et le comble des.
“Tournelles abatue et geclée au bas, et six Angloys
‘‘tuez dessoubz, d'un coup de canon de ler qui estoit
| assorty ou boulevart de la Belle Croix du pont (4), ct que on feit gecter au bas à celle heure.
Le mecredy ensuivant, douziesme jour d'icelluy
41 janvier. :
12 janvier.
moys de janvier, sonna la cloche à l'effroy, parce
: queles Angloys firent merveilleux cry, et sonnérent
| leurs lrompettes ‘et clairons devant ‘16 bolevart de on .
© Ja porte Regnart. Et ce meisme jour arrivèrent
dedans Orléans, vers le matin six heures, SiX cens
Rs | Le samedy ensuivant, quinziesme jour du . “mcisme janvier, environ huit heures de nuÿt,
saillirent hors de la cité le bastard d'Orléans, le
‘seigneur de Sainct Sevère, et messire Jacques de
(4) Le boulevart de la Belle-Croix fut élevé entre les
.mottes et ce monument par les Orléanais, après la prise des Tourelles par les Anglais. Il était défendu par une si grande
quantité de bois et de pieux que, lorsqu’ on le détruisit, on en chargea quarante-deux voitures, d'apres: les Comptes de.
forteresse de 1429.
| 45 janvier.
Chabannes, acompaiynez de plusieurs chevaliers, -eseuiers, capitaines ct citoyens d'Orléans, ét
Fe ii | euydoven charger sur une partie de. l'ost de.
Reiie LE - Sainel Lorens des Orgerilz; mais les Angloys 8 en! Ft
MR URURTe ir : aperveurent, el criérent alarme dedens Teur ot: LD Dur quoy ilz se armérent, tellement qu'il y cul uuG... if à
ge ‘ous el for le cscarmousthe. En fi in “C retrairent . * es Francois ou boulevart de la porte Reyn: FE ‘eur les Angloys saillirent à toutte . puiskinee, 1. ‘combien que ‘en leur saillie furent très bien! M :batuz. | | : Le dimenche cusuivant, environ deux heures 2% aprez midy, arrivèrent en l'ost des Angloys douze …: . | i icens Combatans, dont estoil chef messire Jehan. ‘
sens # èr JL su PRE: e.
Ra Lu 4" Re EL
Si: Faro (D); et amencèrent uvécques eulx, vivres. . :.hombardes, canons, pouldres, traicts et | : babiflements de RAR de “uoy leurs Rens de
Le gare ‘ensuivant, dix séplicine d icelluy ©
Te SATA STE du." :
: ETS ARS
MOREL re À
Lirare
‘moys, | advint moult merveilleux cas: car ii >Angloys gectèrent un canon de leur Louleva rt de: À Qu Groix Boisée, dont la pierre cheut devant le: " boutevant de la porte Banier, ou milleu de plus de
LS ‘cent personnes, sans aucun blescher ne tue ne É A mois frappa seulement par le piet ung compai-. Fi ‘i tenon françois, tant qu'elle lui osta le. soullier,
u uns pe faire aucun mal: qui est chose mer AS
He à
SRTRR LIRE | : (4) Jean Fastolf, chevalier, grand-maître d'hôtel du. duc de td us ai “Bedford, capitaine de. Honfleur. (L. Jarry, op. cit. | P- 206.)
Fe {5 rot n ie FA ge Be ar qi 6 a ee ESC | | »
FR PN E E RE LS SR Ma a es +
Rs | Cellui mesme jour se devoit faire ung gaige de bataille de six Françcoys contre six Angloys ou proue hain charp dela porte. Banier, là où souloit RE Hs esire Je coulombier Turpin ; mais il ne. se fisL: n «point, combien qu'il né Lint aux Frans ois; car ilz 5: mr … se prescntérent contre leurs adversaires, “qui ee. en D ei ivindrent. ne ‘comparurent, avec ce n ‘osérent | ie “a ssaillir. © Lits net Gas Are malin hi “re Le re dix huitiosme d'icelluy moys. «de 481 janvier. :: Sjnnvier, à neuf heures de nuyl tirérent. te rien “re sAnglois, estans ës Tournelles, ung Canon on :: +. | bolouart de la Belle Croix, qui: frappa ung | :nomimé Le Gastelier, natif d'€ Jrléans, lequdl, en des” à rgnrdont bandoit une arbalaistre. voulant drone és ñe . contre culx. Er Sn :.. Celluy- jour arrivérdnt. “dedans Orléans, ainsy HU . comme aux portes deffremans, Lots ante chiefz Les . aumaittes et deux:cens. POUrCRUX: hi. ie ee a e Gelluy jour, et toust après l'entrée: du état A gere les. Angloys des Tournelles Ja: dur criére, deux. sentines et” cincq cens chier de. ï Hu :hestial, que mäarchans cuydoient amener. dedans. su ee ‘Orléans, lesquelz furent acusez par aucuns SAR tt e traistres d' ung villaige emprez, dit Sandillon (1), : ; afin qu'ilz eussent partie du butin; el aussi fut : | ‘après le beslial butiné i 1 Jargueau, estant lors : Anglois. | ne | “ Gelluy: mesme jour, environ trois heures. après
.. () mis à quelques lieues d'Orléans, sur la rive gauche
Rue N trs mis de RAA AU
- "nas N ; CURE rs Lt , 2,2 [os ‘. ie à c:
es Pi - 1 — HE :
2» R . midy, eut une grousse et forte escarmousche en’ . :. + uneisle devant la croiche des moulins de Saint: E ee ;-..Aignan, parce que les Angloys rompirent le: EE :conduict pour passer la charrière qu'ilz avoient ‘gaingnée au port de Sainct Loup. Et les François, LS tant gens de guerre comme citoyens d'Orléans, ER, . se firént passer l'eaue en cette isle, a Fi . | {recouvrer leur charrière perdue dès le matin. A ‘l'encontre desquelz yssit grant puissance d' An: ns : © gloys qui estoient embuchiez derrière. la turcie, : a : °ung peu plus loing que Sainct Jehan ke Blanc: : | RE “#2 et faisans grans criz se adressèrent contre je Fra Des dis qui s’en retournoyent, et reculérent vers * ::. teurs boulevars très hastivement : ce qu'ils ne :%%'sceurent faire si toust que il n'y en demoura: 7 ovingt deux mors. En oultre y furent prins deux: ee Le (2 Me hmenen l’ung nommé le petit Breton, qui... e estoit au .bastart d'Orléans, ot l'autre,
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Us “ #2 Remonet (4), ‘estant au märéschal de’ Sainct: RU
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