VI
Un autre manuscrit, portant le nom de Ms.
d’Urfé, signalé par Quicherat et qui se trouve
encore à la Bibliothèque nationale, contient aussi.
: ce Journal, datant de la même époque que le:
| précédernit.
Longtemps on a cru que ces trois copies étaient- : -
: les seules qui existassent ; mais, au Vatican, dans
le ms. 891 du fonds de la reine Christine, se trouve une nouvelle copie de cet ouvrage. Le volume qui. la contient, porte, à droite et en haut du premier feuillet, la marque bibliographique
:..(R. 49) de Paul Petau, acquéreur d’une partie des
manuscrits de Saint-Benoît-sur-Loire. Cette indi-
. cation permet de supposer avec vraisemblance ne È
cette copie fut faite ou sur l'original conservé à. Orléans, ou sur le manuscrit de Soudan. M ‘ : La Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg 2e : possède à son tour, sous le n° 86 Z, une cinquième | copie du Journal, dont le titre, ainsi que celui du Vatican, ressemble presque entièrement à l'énoncé
du ms. de Saint-Victor. M. Boucher de Molandon : L ‘a parlé de l’origine et du contenu de ces deux
. derniers manuscrits dansle t. X VIIL, p. 251, des Mémoires de la Société archéologique de l’Orléanais.
Ces cinq manuscrits reproduisent un récit iden-
- tique dans le fond, bien qu’un peu différent pour Ja forme. Ils ne tardèrent pas à être employés.
Celui que possédaient les Arcaives d'Orléans fut
mis à contribution dans le Mystère du Siège d'Orléans, dont l’auteur est très probablement
. Jacques Millet, étudiant ès-lois dans notre Univer- | “sité, en 1542 (Étude sur le Mystère du Siège 4 d'Orléans, par H. Tivier, Paris 1868); car la copie unique jusqu'ici connue de ce vaste poème, conservée à Rome, provient encore de la Biblio- - thèque de Saint-Benoît. Cette pièce, dit Quicherat (& V. p. 79), n’est autre chose que le Journal du “Siège, ‘avec une ex posttton empruntée à R'Chro= nique de la Pucelle (1). :
:. Vers l’année 1516, Valerandus Varanius publia un poème latin en quatre chants, sous ce titre : « De Gestis Joanne, virginis France, egregie bellatricis, libri quattuor. Venumdatur Parisiis à
(4) Un ouvrage assez rare est le suivant: L'histoire tragique
de la Pucelle de Dom-Hemy aultrement d'Orléans, nouvelle |
ment départie par ucles el représentée par personnuges, Far le P. Fronton du Duc, représentée à Pont-à-Mousson le 7 septembre 1580 et publiée par Barnet en 4581; Nancy, par la Vefve Jean Janson. Rééditée en 1859 par Durand de Lancon. Paris, in-8. |
Johanne de Porta in clauso Brunelli sub signo -cathedre commorante. » Dans la dédicace au cardinal d'Amboise, datée du 10 des calendes de . novembre 1516, l’auteur affirme qu'il a composé | son récit d’après le manuscrit de Saint-Victor et.
SE renvoie à cette précieuse autorité celui qui aime- ë | -rait à connaître plus à fond l’histoire de Jeanne
-d’Arc et les détails du siège d'Orléans. « Siquem-
piam delectet plenius historiam nosse, EX Cή-
nobio S. Victoris Parisiensis librum repetat,
quem aliquot dies muluatus sum, ubi abunde ex fori judiciarii ordine omnia quæ transcripsi digeruntur. » | | à
Dans quelques vers, qui terminent-son ouvrage, =
ET remercie l'abbé de Saint-Victor qui lui a prêté cœ
| manuscrit.
.… Nostra tibi grates exolvit musa, quod hujus Historiæ nobis (le duce) aperta via est.
Le poème de V. Varanius fut réimprimé parmi.
‘les Opera de memorabilibus et claris mulieribus: publié à Paris, en 1521, in-fol., par Ravisius Textor. L'édition de la Bibliothèque d'Orléans, D 1284,
a perdu les feuillets K 11 — L 11. L'abbé Dubois
ne semble pas avoir connu cet ouvrage et, cepen- dant, le monastère de Bonne-Nouvelle en possédait : un exemplaire, qui est, aujourd’hui, dans notre dépôt littéraire.
En 1560, Louis Micqueau publiait l’histoire du
siège d'Orléans et le récit des merveilleux exploits de Jeanne d’Arec, avec ce titre : « Aurelianae urbis - anglicana obsidio et simul res gestae Joannae
- Darciae, vulgo Puellae Aurelianensis, aulore
- Joanne Lodoico Micquello, juventutis Aure- | lianae môderatore. Aureliae, 1560, apud Trep- perel, et Parisiis apud Wechel. » Né à Reims, | vers 1530, il vint à Orléans, en 1557, où « on le fit
chef d’un des collèges de l'Université, qu’on nom-
… mait le collège de Champagne (Dom Gérou,
t. Le, p. 348) » et où il prononça, en 1558, un discours qui nous a été conservé (De constituenda apud Aurelias juventulis disciplina. Aureliæ, in-6"). | Dans l’épitre dédicatoire adressée au cardinal de Jorraine, Micqueau affirme qu'il a composé son ouvrage sur des manuscrits français conservés à Orléans ; cependant, l'abbé Dubois (p. 25) montre que sa narration, dont le fond est vrai, a été
revétue de tant de circonstances puisées dans son imagination, qu’il lui a fait perdre la majeure partie de son mérite. C’est pour cette raison que. #
le savant Orléanais, Gentien Hervet, au Jugement
ur Micqueau avait soumis son ouvrage, s'em- | pressa de le féliciter, tout en lui: envoyant une .
page d'observations : Ca Tuam de viragine hisloriam 5 L
al quæ meo quidem judicio longe est di
| sissime quæ in lucem exeal. In ea autem
les genda occurrerunt nonnulla que paulo dili-
- gentius consideranda censeo, ea una pagella sub=
nolala, ad te mitto. Tui eril judicii videre num id “
lemere fecerim. Vale. » Cette lettre, datée de Cra- L L
. “a “vant, ne “fut peut-éfre pas du soût de Micqueau, h
“qui, du. reste, ayant embrassé le parti de: la U Réforme, : se brouilla complètement avec G. Hervet,
ainsi que l’indiquent. certains pamphlets devenus .
assez rares : Response aux invectives d'un a
maistre d’ escolle d'Orléans qui se dit de Rheims. | : -Rheims, 1564, In-6°. 7 Response au discours . de G. Hervet, sur ce que les pilleurs, voleurs, el brusleurs d'église n'en veulent qu ‘aux prestres, par J. L. Micqueau, muistre d’escole à Orléans, |
| Lyon, | 1564, in-8°. — Deuxiesme response de sn
J. L. Micqueau, maistre d’escole à Orléans, aux : folles resveries, exécrables blasphèmes et erreurs.
: .mensongères de G. Ilertvet. Lyon, 1564, in-8°.
. Cf. Revue historique el littéraire de la Cham-. — pagne, n° des 17 et 15 novembre 18541).
‘= Quoi qu’il en soit, cet ouvrage eut une seconde : 7 | 7". édition donnée par un médecin : « ZZoc opusculume, : L quod À ureliance Puellæ bellicam virtutem olim
: : explicabal præconio Micquelli el pene intermor- -
luum insignis medicus magistra manu nunc.
vivere jussil »,en 1632, à Paris chez Jacq. Dugast, ‘ ee
in-12°. L'année précédente, le sieur Dubreton l'avait © traduit en français, avee une dédicace aux maire
et échevins d'Orléans, sous ce titre: Histoire du: : . | -
| siège d'Orléans et de la Pucelle. Paris, 1631. | Jusqu’à cette époque, les Orléanais ne semblent ï pas s'être préoccupés du Journal du Siège; du
| reste, le souvenir de Jeanne d’Arc vivait toujours | dans leurs cœurs et la procession annuelle du 8 mai rappelait à leurs souvenirs la mémoire de leur délivrance. Mais les mauvais jours étaient | venus avec les guerres de religion, la procession n'avait plus lieu, la statue de Jeanne d’Arc, élevée sur le pont par la reconnaissante générosité des
dames orléanaises, avait été renversée par les
- soldats huguenots. La ville d'Orléans, redevenue |
cité royale et catholique, répara promptement ses: ruines, rétablit la fête annuelle, et, non contente :
de faire revivre Jeanne d’Arc « par sa remem-
" -brance de bronze, » voulut aussi laisser à la posté-
. rité un mémorial de sa gratitude.
Saturnin Hotot, libraire et imprimeur de la :
ville, ayant manifesté le désir de publier le Journal du Siège, le maire et les échevins chargèrent
É l'avocat Nicolas Rousseau de (leur adresser un
: “rapport à ce sujet. Celui - ci s’exprimait ainsi : :
«€ Maintes proñesses et exploitz chevaleureux péri-
°° .-roient comme enseveliz ès ténèbres d’oubliance, si
É la clarté de l’histoire ne les remettoit en lumière. C'est pourquoy j'ay trouvé fort à propos le dessemg
°°: ‘de vostre Imprimeur de retirer de vostre trézor :
__: et publier à la congnoissance d’un chacun le vra .. >
discours de ce qui s est passé soubs la conduite de la Pucelle d'Orléans contre les ennemis hérédi- .. taires de ce royaume, rafraischissant par ce moien : sa mémoire presque éteincte. » :
Muni du privilège roy al en date du 20 juillet 1576, {fort de l'approbation. de M. Rousseau, du ‘15 sep-
XIIF tembre de la même année, Saturnin Hotot conclut avec la ville un traité par lequel il s'engageait à lui =. fournir un certain nombre d'exemplaires du Jour-.
. nal du Siège, et dont les détails se lisent dans
:… l'article suivant du Compte de forteresse. « Payé à | | .
“Saturnin Hotot, imprimeur de la ville, la somme
-. de 30 I. tournois, pour. avoir, par lui, suivant le
- - marché de ce faict, imprimé le livre de la Pucelle” |
et en avoir délivré trente livres, dont il y a deux | imprimés en parchemin, pour mettre au trésor de. ù ‘ladite ville, par marché signé Fleureau et Rousselet, deux des échevins, en date du 8 dudit mois . d'octobre 1576, et quittance dudit Hotot, signée de
hp et de Dubois notaire. > (L'Abbé Dubois, p. 61 EE .
.. Cet ouvrage, nommé plus haut Livre. de
la Pucelle, porte dans lédition de S. Hotot un long titre dans le genre de ceux qui furent publiés à cette époque (Voir Brunet, Discours au . vra y, etc.) : | « L'histoire et discours au vray du siège qui fut . mis devant la ville d'Orléans par les Anglois, le mardi XIT jour d'octobre M.CCCC.XXVIIL. régnant alors Charles VIT. de ce nom Roy de France. Contenant toutes les saillies, assaults, escarmouches
et autres particularitez notables qui de jour en jour y furent faictes; avec la venue de Jeanne la ‘Pucelle, et comment par grâce divine et force
d'armes, elle feist lever le siège de devant aux
fe Anglois. Prise de mot à mot, sans aucun chan- ; :
= gement de langage, d’un vieil exemplaire escript =: - à la main en parchemin, et trouvé en la maison de : … Jadicte ville d'Orléans. Plus un Écho contenant les Le
ea singularités de ladicte ville par M. Léon FHopauls :
: conseiller en icelle ville. »
Les deux exemplaires sur parchemin, qui devaient
1 É ‘être déposés dans les archives de la ville, en ont.
‘disparu à une époque impossible à déterminer: l’un:
. « trouve à la Bibliothèque nationale, avec le: S ” n° 2807 . (Inventaire alphabélique des livres sur o . .célin. Paris 1877) ; l'autre, croyons-nous, est con- | E servé au British Museum. | a
Cette édition de 1576 ne fait pas honneur aux | presses de S. Hotot, car chaque page donnerait .
- lieu à une foule de corrections typographiques ; L cependant, les. exemplaires étant devenus rares, | Lu
es bibliophiles se les disputent avec acharnement
| dans les ventes où on les rencontre.
Aussi Olivier Boyard 7 Jean Si impri-
meurs à Orléans, crurent-ils utile d’en donner une seconde édition, en 1606, avec quelques additions et des caractères plus soignés, bien que
|. souvent encore défectueux. Ils y joignirent une
; | grav ruré de Léonard Gauthier, représentant ne
ne Pucelle, d’après un tableau de la mairie d'Orléans, | : |" daté de 1581. É .: Nous ne savons si ces mêmes libraires firent un __ second tirage de cette édition; mais Denis Godefroy (Histoire de Charles VII, p. 853) cite, comme “étant extrait du Journal du Siège, un passage qui
; ne s’y rencontre point (L'abbé Dubois, p. 55).
Une troisième édition parut à Lyon, chez Larjot,
| en 1619, avec ce litre: « La vië et Ia mémorable mort de la Pucelle d'Orléans, contenant au vrai
| Vhistoire de ladite ville assiégée par les Anglois, le
12 octobre 1428, sous Charles VII, roi de France, |
tirée d’un ancien manuscrit. » In-12.
À mesure que les éditions se multiplient, les imprimeurs ajoutent de nouveaux détails sur
Jeanne d'Arc. Telle est encore l'édition de 1621, “qui se vendait à Orléans, chez Robert Hotot et :
Charles Rose, et à Rouen, en la boutique de
Jacques Caillon. Dans les exemplaires de Rose, on
oit une gravure sur cuivre, représentant la Pucelle montée sur un cheval de bataille et tenant une épée nue à la main et une vue perspective
d'Orléans.
En 1622, Edme Briden en imprimait une cin- | | quième édition que l’on trouvait à Orléans, chez le. | libraire Foucault (1). Un Nos annalistes orléanais ne pouvaient passer sous silence un fait aussi important. | La Saussaye publiait, en 1615, ses Annales eccle- : siæ Aurelianensis, et, à la page 587 de cet ouvrage, L il racontait en abrégé le siège d'Orléans, renvoyant ceux qui désiraient des détails plus circonstanciés 2,
. "à un manuscrit conservé dans les archives de no Fe . “ wille: « Historiam fulsissimam islius obsidionis
©: habemus ex archivis publicis civilatis Aurelian. : antiquo idiomate gallico, cui consentiunt omnes . L
- annales antiqui. » Ce manuscrit, quel était-il?
Nous ne savons, car La Saussaye ne le désigne pas
autrerient ; mais il existait encore au commence-
nent et même au milieu du XVIT* siècle.
(1) Vergnaud Romagnési, après avoir cité les éditions signalées, . ajoute : « Il existe de cet ouvrage des exemplaires qu'on dit avoir. .
L été annotés, du temps de Symphorien Guyon, par son frère Jacques. » : (Histoire d'Orléans, p. 353, note 1.) .-
En 1650, Symphorien Guyon écrivait à son tour en français une Histoire de l'Église d'Orléans et, à | | la page 183 du second volume, parlant du siège, il | | : dit: « Cette histoire est tirée d’un vieil livre nanus- | crit, trouvé dans les archives de la maison de ville . d'Orléans, et depuis imprimé à Orléans en vieil | langage gaulois, selon la phrase de ce temps-là, duquel j’ay tiré le sens et la substance de l’histoire, retranchant quelques choses non nécessaires et y ajoutant quelques autres nécessaires qui avoient . été omises. » .
| Quatre ans après, ce même auteur faisait un tirage : | à part de son JJistoire de Jeanne d’Arc et le
- publiait sous ce titre: « La Parthénie Orléanoise, ‘ou Fhistoire mémorable de la ville d'Orléans
..assiégée par les Anglois et délivrée par une vierge L L envoyée de Dieu, tirée de l’Aistoire d'Orléans de M. Symphorien Guyon, prestre orléanois. Orléans,
Claude et Jacque Borde, 1654, pet. in-8 » (1).
(1) Ce volume assez rare, que ne possède pas la bibliothèque publique et qui nous a été aimablement communiqué par M. A. Bas-
seville, érudit et bibliophile orléanais, contient d’abord un avant- Es propos de # pages « au lecteur amateur de la vérité de l’histoire »,
viennent ensuite 14 pages destinées à amener le récit du siège : enfin, l'histoire du siège qui n’est que la reproduction de l'édition in-folio. Une particularité de ce petit volume, c’est que les vingt pre- :
Nous arrivons à l’année 1739. A cette date, Barrois publiait à Orléans, une « Histoire du mémorable siège de la ville d’Orléans par les Anglois, commencé le 12 octobre 1428 et levé le 8 mai 1429, avec la vie de Jehan d'Orléans,
comte de Dunois. In-8 de 93 p. et une dédicace aux maire et échevins d'Orléans. »
Enfin une nouvelle édition du Journal était donnée en 1841, par Quicherat; A. Jacob en publiait une autre en 1855. Les deux dernières sont de notre érudit libraire, M. H. Herluison : l’une de 1867, in-12; l’autre de 1885, en caractères microscopiques.
L’abbé Dubois disait : « Le grand nombre d’éditions du Journal du Siège d'Orléans prouve combien les François ont toujours été curieux de connaître les principales circonstances d’un événement si mémorable. Cependant, cet ouvrage est assez rare, parce qu’on ne l’avoit couvert qu’en parchemin, pour en diminuer le prix, et que les mières pages ne sont ni foliotées, ni paginées, mais ont seulement au bas le signe $, $$, etc. ; La pagination en chiffres arabes ne com-
mence qu’à la page 2, qui est paginée 1. De sorte que l'ouvrage contient en réalité avec le titre et l’avant-propos 6 + 20-+ 263 pages.
ignorants, qui sont malheureusement si nombreux, mettent au poivre tous les volumes couverts en parchemin, présumant qu’il n’est pas possible qu’ils contiennent des choses intéressantes » (p. 58).
Tel est l’historique de cel ouvrage. | Il nous reste à faire connaître l’époque de sa ‘composition.
Tous les efforts de la science historique de Quicherat tendent à démontrer que le Journal du Siège n’a pu être rédigé, dans l’état où se présente cetouvrage, qu’en l’année 1467. « Le manuscrit exécuté par Soudan était-il la transcri ption d’un exemplaire plus ancien, ou bien seulement la mise au net d’un travail achevé en 1467? Contre l'opinion Jusqu'ici accréditée, je dois dire que Îa dernière de ces hypothèses est la seule admissible. » (T. IV, p. 95.)
De son côté, l'abbé Dubois (p. 61) ajoute:
« En 1466 (et non en 1467), les officiers municipaux d'Orléans faisoient un grand cas du Journal du Siège, puisqu'ils crurent devoir le faire copier sur parchemin pour le conserver plus longtemps. Or, la plupart avoient été témoins des événements rapportés dans ce journal, ou ils en avoieni entendu parler à leurs parents dans le plus grand détail. On doit donc regarder ce journal non “seulement comme l’ouvrage d’un historien contemporain, mais encore comme une pièce pour ainsi dire authentique, puisqu'elle a été approuvée par les officiers municipaux qui gouvernoient la ville, en 1466, et qui lont fait copier. » | |
La question, on le voit, devient assez intéres- | sante à résoudre, et, pour la trancher, il importe d'étudier dans tous ses détails le Journal du Siège.
On peut distinguer en cet ouvrage deux parties essentielles, deux sortes d'événements, dont les uns concernent le siège, et les autres n’en sont que la conséquence immédiate et comme le com plément indispensable.
$ 1. — Ce qui constitue le siège proprement dit remonte, tout le monde le reconnait, à un mémorial quotidien tenu en présence des événements, et, quoi qu’en dise Quicherat, ce registre n'offrait point de lacunes. Les Comptes de ville que nous publions en appendice n’ajoutent aucun fait nouveau, aucun détail à ceux qu’a consignés l’auteur de ce mémorial. Nous avons parcouru les notes annoncées comme propres à développer certaines circonstances omises et nous n’y avons relevé aucune particularité remontant à cette source précieuse, et, si le Journal renferme tous les faits relatifs au siège, n’est-on pas en droit de conclure que sa rédaction première remonte à l’époque même du siège ?
Sans doute, il y a certains jours, certaines semaines où le mémorial garde le silence ; mais qui donc prouvera que ce vide devait être rempli? D’ailleurs les armées en présence ne sv livraient pas des assauts continuels, et, quand on lit des récits qui ne semblent pas se rattacher au siège, il est permis d'affirmer qu'il ne s’y rencontre aucune omis- ‘sion. | « Le jour de Noel, dit le journal, furent données et octroyées treves d’une partie et d’autre, durées