‹ Journal du siège d'Orléans, 1428-1429, augmenté de plusieurs documents notament des Comptes de Ville 1429-1431, publiéChapitre 7 sur 125 · XXII · texte numérisé non relu

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deppuis neuf heures au matin jusques à trois heures “apprez midy. Et ce temps durant, Glacidas et autres Seigneurs du pays d’Angletere requisdrent au -bastard d’Orléans et au seigneur de Saincte Sévère, mareschal de France, qu’ilz eussent une note de ‘“haulx menestriers, trompettes et clarons, ce qui leur fut accordé; et jouèrent les instrumens assez longuement, faisans grant mélodie. Mais si toust que les treves furent rompues, se print chacun garde de soy. »

« Le mardy, vingt deuxiesme de février, le conte de Suffort et les seigneurs de Talebot et d’Escales envoyèrent par ung hérault pour présent = au bastard d'Orléans un plat plain de figues, roisins et dattes, en luy priant qu’il luy pleust envoyer à celluy conte de Suffort de la panne noire pour fourrer une robbe. Ce qu’il feist volontiers, car 1l lui envoya par le hérault mesme, de quoy le conte luy seut très grant gré. »

: Ces deux récits, pris entre bien d’autres du méme genre, prouvent que l’auteur du journal n’a négligé aucun de ces menus faits de détail qui. charment le lecteur ; mais ils montrent en même temps qu’il s’est bien gardé d'oublier les grands

faits dignes de l'attention et propres à éclairer l’histoire.

Ce mémorial a été rédigé par un Orléanais, par un habitant de la ville, à l’époque même du siège.

Chacun sait que le notaire Guillaume Girault constatait la délivrance d'Orléans dans une de ses minutes et son témoignage nous a paru si plein d'intérêt et d'actualité que nous avons jugé à propos de reproduire ces impressions écrites le jour du sept mal.

Les événements mémorables accomplis durant ce siège de sept mois ne méritaient-ils pas d’être laissés à la postérité? Et qui pouvait mieux les faire connaître qu’un Orléanais ?

Il y a er effet certains détails qui prouvent que ce journal fut rédigé par un habitant de la ville. Un étranger n'aurait pas parlé d’une femme, nommée Belles, « demourant prez la poterne Chesneau », qui fut blessée par une pierre lancée par le oros canon Passe-Volant, et de trois autres Orléa- nais tués le 15 février et les 3 et 19 mars. La mort du prévôt Alain Dubey, survenue le 17 mars, eût

passé inaperçue pour un autre.

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