‹ Journal du siége de Paris. Décrets, proclamations, circulaires, rapports, notes, renseignements, documents divers officiels et autres publiésChapitre 12 sur 97 · LXVIII · texte numérisé non relu

LXVIII

puiir vu l'vcrcer les loiictious dus que nous aurons quitté notre Capitale, en oonrorniitf do Nos instructions et de Nos ordres, tels que Nous les aurons fuit connaitre dans l'ordre général du service que Nous aurons établi et qui sera transcrit sur le Livre d'Ktat.

Iliitondons qu'il soit donné connaissance à Nos ministres desdits ordres et instructions, et qu'en aucun cas l'Impératrice ne puisse i'écarter de leur teneur dans rexcrcicc des fonctions do Ilégente.

Voulons que l'hnpératrice préside en Notre nom le conseil des nnnistres. Toutefois, Notre intention n'est point que l'Impératrice Régente puisse autoriser par sa signature la promulgation d'aucune loi autr;'que colles qui sont actuollomont pendantes devant le Sénat, le Corp> législatif et le conseil d'Etui, Nous réléraut à cet égard au contenu des ordres et instructions meutionnés ci-dessus.

Mandons à Notre garde des sceaux, ministre do la Justice et des Cultes, de donner communication des présentes lettres patentes au Sénat, qui les fera transcrire sur ses registres, et de les faire publier au Ihdlviin des lois.

l>ouno au palais des Tuileries, le 23 juillet 1870,

Napoléon.

^ u el scellé du grand sceau : Par l'Empereur:

Le finrde des sreuus, ministre de la Le ijanle des sceaux, ministre de la Justice et des Cultes. Justice et des Cultes.

t-MiLE Olliviek. Kmii.k Ollimer.

COMMLMCATIONS DIVKItSES.

Le Tiiiies a publié un prétendu traité entre la France et la Prusse, ayant pour objet de facilite* à la France l'acquisition du Luxembourg et de la Belgique, à la condition que la France ne s'opposerait pas a l'union des Liais du Sud de l'Allemagne avec la confédération du Nord.

Après le traité do Prague, plusieurs pourparlers ont eu lieu eu elTet ,1 Berlin, entre M. de Bismarck et l'ambassadeur de France, au sujet d'un projet d'alliance. Uuelques-unes des idées contenues dans le document inséré par le Times ont été soulevées, mais le Gouvernement français n'a jamais en connaissance d'un projet formulé par écrit, et quant aux propositions dont on avait pu parler dans ces entretiens, l'Empereur Napoléon los a rojclécs.

Il n'échappera à personne dans quel intérêt et dans quel but on cherche aujourd'hui à tromper l'opinion publique en Angleterre.

On nous prévient qu'on a fait courir, do raiilro côté du Khin, le nuit que l'Empereur aurait donné l'ordre que les prisonniers de guerre

seraient traités avec la dernière rifiueiir et mis en dehors du droit de? uens. Cofle nouvelle est d'autant plus absurde que l'Knipereur, au contraire, a reconiPiand»' de traiter les prisonniers avec la plus grande humanité.

iNous croyons devoir rappeler qu'aux termes de l'article 11 du code pénal, est puni de mort quiconque aura pratiqué des manœuvres ou entretenu des iiitelliirences pour fournir aux ennemis des secours en aruent.

JFAJDl 28 JUILLET.

ItKci-.ET. — Le général baron Durrieu est nommé gouverneur général , fiar tntérm, de l'Algérie.

Palais de Sainl-Cioud, 27 juillet.

Le général commandant supérieur de la garde nationale de la Seine a reçu de l'Empereur la lettre suivante :

Palais de Saint-Cloud, le 2G juillet 1870.

Mon cher général, je vous prie d'exprimer de ma part à la garde nationale de Paris combien je compte sur son patriotisme et son dévouement.

Au moment de partir pour l'armée, je tiens à lui témoigner la confiance que j'ai en elle pour maintenir l'ordre dans Paris et pour veiller à la sûreté de l'Impératrice.

Il faut aujourd'hui que chacun, dans la mesure de ses forces, veille au salut de la Patrie.

Croyez, mon cher général, à mes sentiments d'amitié.

Napoléon, VENDREDI 29 JUILLET.

Décret déclarant en état de guerre :

1» Dans la .V division militaire, les places de Metz, Thionville, Longwy, Bitche, Marsal, Phalsbourg, Montmédy, Verdun etToul;

2° Dans la ô*" division militaire, les places de Strasbourg, Schelestadt, Neufbrisach, Belfort, Lichtemberg et la Petite-Pierre. Palais de Saint-Cloud, 27 juillet.

L'Empnreiir a adressé la proclamation suivante à l'armée (1) :

Soldais,

Je viens me mettre à votre tète pour défendre l'iionneur et le sol de la Patrie.

Vous allez combattre une des meilleures armées de l'Europe; mais d'autres, qui valaient autant qu'elle, n'ont pu résister à votre bravoure. Il en sera de mônic aujourd'hui.

La guerre qui commence sera longue et pénible, car elle aura pour tliéàtre des lieux hérissés d'obstacles et de forteresses; mais rien n'est au-dessus des efforts persévérants des soldats d'Afrique, de Crimée, de Cliine, d'Italie et du Mexique, Vous prouverez une fois de plus ce que peut une armée française animée du sentiment du devoir, maintenue par la discipline, enflammée par l'amour de la Patrie.

Quel que soit le chemin que nous prenions hors de nos frontières, nous y trouverons les traces glorieuses de nos pères. Nous nous montrerons dignes d'eux.

La France entière vous suit de ses vœux ardents, et l'univers a les yeux sur vous. De nos succès dépend le sort de la liberté et de la civilisation.

Soldats, que chacun fasse son devoir, et le Dieu des armées sera avec nous I

Napoléon Au quartier impérial de Metz, le 28 juillet 1870.

L'Empereur a adressé aux marins de la Hotte la proclamation suivante, dont l'Impératrice a donné Elle-même lecture à Cherbourg, lors de la visite faite par Sa Majesté, à l'escadre, dans la dernière semaine :

Officiers et marins,

Quoique je ne sois pas au milieu de vous, ma pensée vous suivra sur ces mers où votre valeur va se déployer.

La marine française a de glorieux souvenirs ; elle se montrera digne de son passé.

Lorsque, loin du sol de la Patrie, vous vous trouverez en face de l'ennemi, songez que la France est avec vous, que son cœur bat avec le vôtre et qu'elle appelle sur vos armes la protection du Ciel.

(1) Ou lit dans le même numéro : L'Empereur et le Prince Impérial sont partis ce matin, 28 juillet, à dix heiires, du palais de Saint-Cloud pour Metz, où ils sont arrivés à sept heures.

Partout sur leur passage, l'Empereur et le Prince Impérial ont reçu l'accueil le plus enthousiaste.

Pendant que vous combattrez sur mer, vos frères de l'armée de terre lutteront avec la même ardeur pour la même cause que vous. Secondez réciproquement vos efforts, que couronnera le même succès.

Allez, montrez avec orgueil nos couleurs nationales. En voyant le drapeau tricolore flotter sur nos vaisseaux, l'ennemi saura que partout il porte dans ses plis l'honneur et le génie de la France.

Napoléon.

Palais de Saint-Cloud, le 23 juillet 1870.

Page 1