SAMEDI G AOUT
NOUVELLES DE LA GUERRE
5 aitiil, midi -'t5 ni.
Trois régiments de la division du général Douay et une brigade de cavalerie légère ont été attaqués à Wissembonrg par des forces trèsconsidérables, ma.ssées dans les bois qui bordent la Lauter.
Ces troupes ont résisté pendant plusieurs heures aux attaques de l'ennemi, puis se sont repliées sur le col du Pigeonnier, qui commande la ligne de lîitscli.
Le général Douay (Abel) a été tué.
Lu de nos canons, dont les chevaux ont été tués et l'afrût brisé, est tombé au pouvoir de l'ennemi.
Le maréchal Mac-Mahon concentre sur les lieux les forces placées sous son commandement.
5 août, \ h. 30 m.
Le maréchal Mac-Mahon occupe avec son corps d'armée une forte position.
On est en communication télégraphique avec tons les corps de l'armée.
Les troupes françaises, qui au nombre de sept à huit mille soldats (Hit été engagées devant Wissembonrg, ont eu affaire à denx corps d'armée, parmi lesquels se trouvaient des troupes (réiile apparlenanl à la garde prussienne.
Malgré l'infériorité du nombre, nos régiments ont résisté pendant plusieurs heures avec nn héroïsme admirable, et, lorsqu'ils se sont repliés, les pertes de l'ennemi étaient si considérables qu'il n'a pas osé les suivre.
Tandis qu'à Sarrebruck nous avons .coupé la ligne prussienne, la nôtre n'a pas été coupée.
DnJAiXCHE 7 AOUT.
Le conseil des ministres a adressé à la population de Paris
la proclamation suivante :
Vous avez été justement émus par une odieuse manœuvre (Ij.
Le coupable a été saisi, «t la justice iui'unue. Le Gouvernement prend les mesures les plus énergiques pour qu'une telle inlamic ne puisse plus se renouveler.
Au nom de la patrie, au nom de votre armée béronjne, nous voua demandons d'être calmes, patients et de maintenir l'ordre.
Le désordre à Paris, ce serait une victoire pour les Prussiens.
Aussitôt qu'une nouvelle certaine arrivera, de quelque nature qu'elle soit, bonne ou mauvaise, elle vous sera immédiatement communiquée.
Soyons unis et n'ayons en ce moment qu'une pensée, qu'un vœu, qu'un sentiment : le triomphe de nos armes. Le b août 1870, à (j heuies.
Le Gouvernement prévient le public que toutes les nouvelles officielles du théâtre de la guerre porteront désormais la signature du ministre de l'Intérieur.
LIMJI S AOUT.
PROCLAMATIO.N.
Français, Jusqu'à cette heure, nous avons toujours donné, sans réserve, toutes les nouvelles certaines que nous avons reçues. Nous continuons à le faire, (^ette nuit, nous avons reçu les dépêches suivantes :
Metz, minuit et demi.
Le maréchal Mac-Maiiou a perdu une bataille ; sur la Sarre, le général Frossard a été obligé de se retirer; cette retraite s'opère en bon ordre; tout peut se rétablir.
Navoléon.
JIftz, 7 aoiil, 3 h. 30 du malin.
Mes communications étant interrompues avec le maréchal de Mac-Mahon. je n'ai pas eu de nouvelles de lui jusqu'à hier. C'est le général de Laigk;
li Le bmil d'une grande victoire, hélas! iuiaginaire, rempurlée par le maréchal de ?.lac-Maliun sur le ininct Frédéric-Charles avait été répandu dans Paris et y avait excité une émotion extraordinaire.
— Lxxxiir —
qui m'a annoncé que le niaréclial de Mac-Malion avait perdu une bataille contre des forces considérables, et qu'il se retirait en bon ordre.
[l'un autre côté, sur la Sarre, un engagement a commencé vers une iiciire. 11 ne paraissait pas trôs-sérieux, lorsque petit à petit les masses cnaemies se sont accrues considéral)]cnicnf, cependant sans obliger le 'Z'' corps à reculer. Ce n'est qu'entre six cl sept heures du soir que les masses ennemies devenant toujours plus compactes, le 2^ corps et les régiments qui le soutiennent se sont retirés sur les hauteurs. La nuit a été calme. Je vais me placer au centre de la position.
NaI'OLÉON.
Le major général au ministre de rintérieiir.
Metz, 7 aoiH, 4 h. ;J0 du malin.
Après une série d'engagements dans lesquels l'ennemi a déployé des Ibrces considérables, le maréchal Mac Mahon s'est replié en arrière de sa première ligne.
Le corps de Frossard a eu à lutter hier depuis deux, heures contre une armée ennemie tout entière. Après avoir tenu dans ses positions jusqu'à six heures, il a opéré sa retraite en bon ordre.
Les détails sur nos pertes manquent. Nos troupes sont pleines d'élan. La situation n'est pas compromise ; mais l'ennemi est sur notre territoire, et un sérieux effort est nécessaire. Une bataille parait imminente.
Vav présence de ces graves nouvelles, notre devoir est tracé. Nous faisons appel au patriotisme et à l'énergie de tous.
Les Chambres sont convoquées.
Nous mettons d'urgence Paris en état de défense; pour faciliter l'exé^ cution des préparatifs militaires, nous déclarons l'état de siège.
Pas de défaillances! Pas de divisions! Nos' ressources sont immenses. Luttons avec fermeté, et la patrie sera sauvée ! Paris, le 7 août 1870, K heurfs du malin.
Par l'Impératrice régente :
Le garde des sceaux, ministre de Injustice et des cultes^ ÉMile Ollivier. Le ministre des affaires étrangères, Duc de Gra.mont. Le ministre de Vintérieur, Chevandiek de Yalukome. Le ministre des finances^ Segkis.
Le ministre de la guerre par itnérim, Généhal vicomte Dejean. Le ministre de l'agriculture et du commerce, Louvet. Le ministre de la marine et des colonies, Amiral Rigault de Genouilly. Le ministre des travaux publics, Plichon. Le ministre de l'instruction publique, Mége. Le ministre des lettres, sciences et beaux-arts, Maurice Richard. Le ministre présidant le Conseil d'Etat, E. de Parieu.