‹ Journal du siége de Paris. Décrets, proclamations, circulaires, rapports, notes, renseignements, documents divers officiels et autres publiésChapitre 20 sur 97 · SÉNAT · texte numérisé non relu

SÉNAT

Présidence de S. Exe. M. Rolher.

(Séance du mardi 9 août.)

Cette séance est ouverte par le discours suivant prononcé par M. de Parieu, ministre présidant le Conseil d'État :

Messieurs,

L'Lmpereur vous a promis que l'Impératrice vous convoquerait si les circonstances devenaient difficiles.

il) A ce décret l'iit immédialeiat'nl substitué le suivant

Napoléon, etc.

(considérant que. les informations qui arrivent au Gouvernement lui signalent la présence spontanée à Paris de la plupart des sénateurs et des députés,

.ivons dérrété et décrétons ce qui suit:

La session extraordinaire du Sénat et du Corps législatif sera ouverte le mardi 9 août.

Paris, le 7 »oiit 1870.

Nous n'avons pas voulu attendre, pour vous réunir, que la patrie fût compromise; nous vous avons appelés aux premières difficultés.

Quelques corps de notre armée ont éprouvé des échecs, mais la plus grande partie n'a été ni vaincue ni môme engagée; celle qui a été repoussée ne l'a été que par une force quatre à cinq fois plus considérable et elle a déployé dans le combat un héroïsme sublime, qui lui vaudra une gloire au moins égale à celle des triomphateurs. (Bravo ! tès-bien 1)

Tous nos soldats, ceux qui ont combattu, comme ceux qui attendent riieure de la lutte, sont animés de lu même ardeur, du même patriotisme, de la même contlance dans une revanche prochaine; aucune de nos défenses naturelles ou de nos forteresses n'est entre les mains de l'ennemi; nos ressources immenses sont intactes. Au lieu de se laisser abattre par les revers que cependant il n'attendait pas, le pays sent son courage grandir avec les épreuves. (Bravo ! bravo!)

Nous vous demandons de nous aider à soutenir et à augmenter le mouvement national, et à organiser la levée en masse de tout ce qui est valide dans la nation. (Oui! oui! très-bien! — Yive l'Empereur!)

Tout est préparé.

Paris va être mis en état de défense, et son approvisionnement est assuré, au besoin, pour un long siège.

La garde nationale sédentaire s'organise partout.

Les régiments de pompiers à Paris, les douaniers seront réunis à l'armée active.

Tous les hommes de l'inscription maritime qui ont plus de six ans de service seront rappelés.

Nous abrégeons les formalités auxquelles sont assujettis les engagements volontaires. (Approbation.)

Nous comblons, avec nos forces disponibles, les vides de notre armée; et, pour le faire plus complètement et réunir une nouvelle armée de 450,000 hommes, nous vous proposons d'abord d'augmenter la garde nationale mobile en y appelant tous les hommes non mariés, de vingtcinq à trente ans ; de nous accorder, en outre, la possibilité d'incorpoi'er la garde mobile dans l'armée active, et enfin d'appeler sous les drapeaux tous les hommes disponibles de la classe de 1870.

.Ne reculant devant aucun des devoirs que les événements nous imposent, nous avons mis en état de siège Paris et les départements que l'ennemi menace.

Aux ressources dont ils disposent contre nous, les Prussiens espèrent ajouter celle qui naîtrait de nos discordes intestines, et ils considèrent le désordre à Paris comme pouvant leur valoir une armée. (C'est vrai ! — Très-bien!) Cette espérance impie sera trompée (Vive adhésion!), l'immense majorité de la ville de Paris conservera son attitude patriotique, et si une minorité tentait de troubler, par la force, l'entente

— IAKXVIl —

nationale, nous userions des pouvoirs que nous donne l'état de siège, nous ne ferions pas seulement appel à la frarde nationale courageuse et dévouée de la capitale, nous appellerions à Paris la garde nationale de la France entière, et nous défendrions l'ordre avec d'autant plus de fermeté d'âme que, dans cette occasion surtout, l'ordre c'est le salut. (Mouvement prolongé d'approbation. — Applaudissements.)

Le Sénat se sépare après avoir voté, sur la proposition de l'un de ses membres, M. Suin, « des remerciments à nos héroïques soldats. (Vive approbation. — Bravos et applaudissements.) »

CORPS LÉGISLATIF

Séance du mardi 9 août.

Chutft du cabinet. M. Emile Ollivier, ministre de la Justice et des Cultes, déclare à la Chambre que les ministres ont présenté leur démission à l'Impératrice régente, qui l'a acceptée, et qu'EUe a chargé le comte de Palikao de former un ministère.

Par décrets individuels, signés au palais des Tuileries, le 9 août, par rimpératrice régente, et contresignés, le premier par M. E. Ollivier, garde des sceaux, et les suivants par le comte de Palikao, le nouveau ministère a été ainsi composé :

Guerre : Le général Montauban, comte de Palikao.

Intérieur : M. Henri Chevreau, sénateur.

Finances : M. Magne, sénateur.

Justice et Cultes : M. Grandperret, procureur général près la Cour

impériale de Paris.

Affaires étrangères : M. le prince de la Tour-d'Auvergne, sénateur,

ambassadeur de France à Vienne.

Marine et Colonie^ : M. l'amiral Rigault de Gonouilly, sénateur. Instruction publique : M. Jules Brame, député . Travaux publics : M. le baron Jérôme David, vice-président du Corps

législatif.

Agriculture et Commerce : M. Clément Duvernois, député, Ministre présidant le Conseil d'Etat : M. Busson-Billault, vice-président

du Corps législatif.

11 sera pourvu ultérieurement h la nomination du ministre des Lettres, Sciences et Beaux-Arts, en remplacement de M. Maurice Richard, dont la démission est acceptée.

Page 1