‹ Journal du siége de Paris. Décrets, proclamations, circulaires, rapports, notes, renseignements, documents divers officiels et autres publiésChapitre 38 sur 97 · MAIRIE DE PARIS · texte numérisé non relu

MAIRIE DE PARIS

Citoyens de Paris, Le Gouvernement de la défense nationale n'entend usurper aucun des droits du peuple. Dans un délai aussi court que le permettront les circonstances, les citoyens seront appelés à élire leur municipalité. En attendant, et aiin de pourvoir aux nécessités urgentes du service de la Cité dans une situation exceptionnelle, le maire de Paris nomme pour maires provisoires des 20 arrondissements les citoyens dont les noms suivent : l^"" Arrondissement. — Tenaille-Saligny, avocat à la cour de

cassation.

'2" Arr. — Tirard, négociant.

S^ Arr. — Bonvalet, négociant.

4^ Arr. — Greppo, ancien représentant du peuple. 6° Arr. — J.-B. Bocquet, ancien adjoint. 6" Arr. — Hérisson, avocat à la cour de cassation. 7" Arr. — Ribaucourt, docteur-médecin.

8*^ Arr. — Carnot, ancien membre du gouvernement provisoire de 1848.

9° Arr. — Banc, homme de lettres.

10" Arr. — Turpin, négociant (1).

11® Arr. — Léonce Ribert, professeur (2). 12*^ Ait. — Alfred Grivot, négociant à Bercy. 13* Arr. — Pernolet, ingénieur.

i4^ Ait. — Leneveu, rédacteur du Siècle. 15'' Arr. — Corbon, ancien représentant du peuple. 16® Arr. — Henri Martin, historien.

17® Arr. — François Favre, homme de lettres. 18® Ait. — Clemenceau, docteur- médecin.

19® Arr. — Richard, fabricant.

20® Arr. — Braleret, commerçant.

Ces citoyens sont invités à entrer immédiatement en fonctions et à désigner chacun deux adjoints. Il est inutile de rap-

(1) N'a pas accepté. U a été remplacé par M. O'Reilly, ancien secrétaire général de la Préfecture de Police.

(2) N'a pas accepté. Il a été remplacé par M. Coffard.

peler aux nouveaux administrateurs des mairies parisiennes qu'on face de l'ennemi marchant sur Paris leur premier devoir est de veiller sans relâche à rarmcment des citoyens et de se teni", nuit et jour, prêts à seconder la défense nationale.

VFVE LA RÉPUBLIQUE !

Le maire de Paris,

Etienne Arago.

Le Gouvernement de la défense nationale décrète : La division des beaux-arts et les musées sont réunis au ministère de l'instruction publique.

Les manufactures de Sèvres, de Beauvais et des Gobelins sont réunies au ministère du commerce.

M. le comte de Nieuwerkerke est révoqué de ses fonctions de surintendant des Beaux-Arts et de directeur des Musées du Louvre.

Le Gouvernement de la défense nationale décrète :

Les bâtiments de la couronne, le mobilier de la couronne,

les bâtiments et établissements agricoles de la couronne sont

réunis au ministère des finances.

LE MINISTRE DE l'iNTÉRIEUR AUX PRÉFETS.

Monsieur le préfet, en acceptant le pouvoir dans un tel danger de la Patrie, nous avons accepté de grands périls et de grands devoirs. Le peuple de Paris qui, le 4 septembre, se retrouvait, après une si longue absence, ne l'a pas entendu autrement, et ses acclamations veulent dire clairement qu'il attend de nous le salut de la Patrie.

Notre nouvelle République n'est pas un gouvernement qui comporte les dissensions politiques, les vaines querelles. C'est, comme nous l'avons dit, un gouvernement de défense national*', une République de combat à outrance contre l'envahisseur.

Entourez- vous donc des citoyens animés, comme nous-mêmes, du désir immense de sauver la Patrie et prêts à ne reculer devant aucun sacrifice.

Au milieu de ces collaborateurs improviséi;, apportez le saiigfroid et la vigueur qui doivent appartenir au représentant d'un pouvoir décidé à tout pour vaincre l'ennemi.

Soutenez tout le monde par votre activité sans limites, dans toutes les questions où il s'agira de l'armement, de l'équipement des citoyens et de leur instruction militaire.

Toutes les lois prohibitives, toutes les restrictions si funestement apportées à la fabrication et à la vente des armes ont disparu.

Que chaque Français reçoive ou prenne un fusil et qu'il se mette à la disposition de l'autorité : la Patrie est en danger!

Il vous sera donné jour par jour des avis concernant les détails du service. Mais faites beaucoup par vous-même, et appliquez- vous surtout à gagner le concours de toutes les volontés, alhi que, dans un immense et unanime effort, la France doive son salut au patriotisme de tous ses enfants.

Piocevez, etc.

Léon Gambetta.

GARDE XATIOXALE

Extrait d'une circulaire du ministre de l'Intérieur :

Les 60 bataillons de la garde nationale du département de la Seine, de création ancienne ou récente, actuellement existants, sont maintenus.

00 bataillons nouveaux, comprenant chacun un effectif de 1500 hommes en 8 compagnies, seront immédiatement formés.

Aussitôt qu'un l)ataillon aura été formé, le maire de l'arrondissement fera procéder à l'élection des officiers, sous-offîciers et caporaux.

L'uniformité de la tenue n'est plus obligatoire; le typtdésigné communément sous le nom de vareuse, est simplement recommandé.

L'ennemi se rapproche de plus en plus de Paris.

Vodminisiraietir provisoire de la Côte-d'Or cm ministre de i'intérieur « Dijon, 5 septembre 1870, 5 h. du soir. « On me communique une dépêche de l'employé du télé- « graphe de Neufchâteau, annonçant que l'ennemi est sur le « point d'entrer dans cette ville. »

On lit encore dans le Journal officiel de ce jour, la note suivante :

Le Gouvernement delà défense nationale reçoit incessamment les adhésions chaleureuses des députés de l'opposition élus par les départements.

Tout le monde a compris que dans la crise que nous traversons, là oîi est le comi)at, là doit être le pouvoir.

C'est sur Paris que marche à cette heure l'armée envahissante.

C'est dans Paris que se concentrent les espérances de la patrie .

Pour affronter cette lutte suprême dans laquelle il suffit de persévérer pour vaincre, la population parisienne a choisi pour chefs les mandataires qu'elle avait déjà investis de sa confiance, et le général dévoué sur lequel repose spécialement l'organisation de la défense.

Rien de plus logique et de plus simple. Quand Paris auia fait son devoir, il remettra à la nation le mandat redoutable que ; la nécessité lui impose, en convoquant une Assemblée constituante.

Les députés des départements l'ont bien compris, aussi ne marchandent-ils au Gouvernement de la défense nationale ni leurs conseils ni leur concours.

M. Jules Mahias a été nommé secrétaire général de la mairie de Paris,

Ont été nommés adjoints au maire de Paris, MM. J. Clamageran et Emile Durier.

Par décret en date du 6 septembre, M. Jules Ferry, membre du Gouvernement, est délégué par le Gouvernement et par le ministre de l'intérieur près l'administration du département de la Seine.

M. Hérold, avocat au conseil d'État et à la cour de cassation, est nommé secrétaire général au ministère de la justice, en remplacement de M. ^fantellier, qui reprendra ses fonctions de président à la cour d'appel d'Orléans.

Le Gouvecnement de la défense natioiiale décrète :

Article premier. — Le ministère de la maison de l'empereur est supprimé.

Art. 2. — Tous les biens, meubles et immeubles, désignés sous le nom de biens de la liste civile, feront retour au domaine de l'Etat.

Art. 3. — Les biens désignés sous le nom de biens du domaine privé seront administrés sous séquestre, sans préjudice des droits de l'Etat et des droits des tiers.

Art. 4. — Il sera nommé par le ministre des linances une commission, chargée de la liquidation des biens de Fancienno liste civile et du domaine privé, airsi que de l'administration pendant la durée de la liquidation desdits biens autres que ceux déjà réunis aux ministères du commerce, de l'instruction publique et de l'intérieur.

Art. o. — Toutes dispositions contraires au présent décret sont abrogées.

Le Gouvernement de la défense nationale arrête :

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