‹ Journal du siége de Paris. Décrets, proclamations, circulaires, rapports, notes, renseignements, documents divers officiels et autres publiésChapitre 44 sur 97 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

NOMliRE

de représentants à élire.

Report .

Rhin (Haut-) . . . ,

Rhône

Saône (Haute-) .

Saône-et-Loire. . ,

Sarthe

Savoie ,

Savoie (Haute-).,

Seine

Seine-Inférieure Seine-et-Marne .

Seine-et-Oise. . .

Sèvres (Deux-).

Somme

Tarn

Tarn-et-Garonno

Yar

Vaucluse

Vendée

Vienne

Vierihe (Haute-)

Vosges

Yonne . . »

Total

Colonies.

Algérie

Martinique .

Guadeloupe.

Guyane . . . .

Sénégal. . . .

Réunion . . .

Total

A été nommé préfet du déparlemont de Tarn-et-Garonne M. Flaraens, en remplacement de M. de Freycinet; démissionnaire.

Décret. — Il est ouvert au ministre de l'instruction publique

un ( r(''(lit (le cinquante mille francs pour travaux de préservation à exécuter dans les musées et bibliothèques. Palis, le 15 septembre J870.

Déchet. — L'état de siège est levé dans le département de la Nièvre.

NOUVELLES DE LA GUERRE

Un décret du 13 septembre nomme au grade de général de brigade MM. Bertrand (Réné-Ludovic), colonel du 43*" régiment d'infanterie de ligne.

Tripard (Josepli-Elie), colonel du 6^ régiment de lanciers.

Borel (.lean-Louis), colonel au corps d'état-major.

Avril de l'Enclos (Joseph-Marie-Désiré), colonel du 42'" régiment d'infanterie de ligne.

Rebilliard (Marie-Réné-Philippe), colonel du 16« régiment d'infanterie de ligne.

Le ministre de 1 mtérieur a fait publier les dépêches suivantes :

Le chef de gare de Joinville télégraphie à Vingénieur et à rinspeeteur de la ligne :

Jeudi, 15 septembre, 9 h, 50 du matin. Ennemis au nombre de 10,000 environ, se dirigent sur .foinville. La troupe se concentre dans les forts. Dans une heure

l'ennemi sera ici.

(Sous toutes réserves.)

Paris, gare du Nord, 15 septembre, 2 h. 30 soir. Le commissaire de surveillance de la gare du Nord au ministre des travaux publics et au préfet de police.

Le train 117 de ce jour a été pris par les Prussiens à son arrivée à Senlis. Aux abords de Chantilly, l'ennemi a tiré sur le train 120. Personne blessé ; la compagnie vient de supprimer tout service entre Paris et Chantilly.

Vincennes, 15 soptembro, 3 li. 20, soir. A Monsieur le gouverneur de Paris, au Louvre.

Les ulilans sont eu ettet entre Créteil et Neuilly-sur-Marne. A ce point parait être ra\ ant-garde de la colonne signalée ce matin.

Informons et activons tout le monde.

Le colonel commanchnit le fort de Charenton à M. le (jourerneur

de Paris.

Quelques ulilans prussiens se sont avancés jus(}u'aa[)rès de Créteil et ont sabré des maraudeurs.

Le détachement (|ue j'avais envoyé à la découverte le long de la Marne est arrivé sur ces entrefaites, a tii'é sur l'ennemi, qui a pris la fuite. On pense qu'un parti de 200 cavaliers envii-on est aux alentours de Méîv.

GARDES NATIONALES

Paris, le 14 septembre 1870.

Rapport. — Avant que la garde nationale mobile eût été remise à l'autorité militaire, il avait été constitué une solde de 1 fr. par jour aux caporaux et simples gardes, et de 1 fr. "26 aux sous-otiiciers.

Un certain nombre de bataillons de ladite garde ayant été dirigés sur Paris, et la situation particulière de ces corps dans la capitale ne leur permettant pas de s'alimenter en commun, le Gouvernement a décrété qu'une somme de 1 fr.' oO par jour serait allouée à chaque garde mobile ; mais il n'a été fait aucune différence pour les sous-officiers, qui, lors de la première fixation, touchaient un supplément.

Il parait juste de rétablir aujourd'hui cette difïérence et d'accorder aux sous-officiers une augmentation de solde qu'on proposerait à 25 c. pour les sergents-fourriers, et à oO c. pour les sergents- majors et adjudants.

Le ministre de la guerre,

Général Le Flô.

Approuve, etc.

Le Gouvernement de la défense nationale décrète : Art. l*^^ Les corps détachés des gardes nationales sédentaires toucheront, (|uand ils seront en marche, une solde de 1 tr. par jour par homme.

Art. 2. Les communes sont autorisées à s'imposer extraordinairement pour dépenses de guerre. Le premier produit de ces impositions sera affecté à l'habillement, à ré([uipement et à l'organisation des gardes nationales formant les corps détachés.

Paris, le 15 septembre 1870.

Avis. — Les journaux publient chaque jour une série de détails fort circonstanciés sur les travaux de défense exécutés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des fortilications.

Quel que soit pour les citoyens l'intérêt de ces communications, les directeurs des journaux doivent comprendre que, pour satisfaire une curiosité légitime, ils s'exposent à donner à l'ennemi des renseignements dont celui-ci peut utilement profiter.

Le préfet de police fait en conséquence appel au patriotisme de la presse, et l'invite à user de la plus grande circonspection en tout ce qui concerne les travaux de défense.

On trouve encore, dans le numéro de ce jour, la proclamation suivante du garde des sceaux, ministre de la justice, représentant du Gouvernement de la défense nationale, à son arrivée à Tours :

Français !

L'ennemi marche sur Paris. Le Gouvernement de la défense nationale, livré dans ce moment suprême aux travaux et aux préoccupations que lui impose la capitale à sauver, n'a pas voulu, dans l'isolement où il va se trouver momentanément, que sa légitime influence manquât à nos patriotiques populations des départements. Pendant qu'il dirige sa grande œuvre, il a remis tous ses pouvoirs au garde des sceaux, ministre de la justice, le chargeant de veiller au gouvernement du pays que l'ennemi n'a pas foulé. Entouré des délégations de tous les

ministères, c'est aux sentiments de notre peuple de France que j'adresse ces premières paroles.

Chacun de vous tient dans ses mains les destinées de lu patrie. L'union, la concorde entre tous les citoyens, voilà le premier point d'appui contre l'ennemi commun, contre l'étranger.

Que la Prusse comprenne que si, devant les remj)arts de notre grande capitale; elle trouve la plus énergique, la plus unanime résistance sur tous les points de notre territoire, elle trouveia ce rempart inexpugnable qu'élève contre l'invasion étrangère l'amour sacré de la patrie.

Placé dans un département qui m'a témoigné, dans les plus graves circonstances, les plus vives sympathies, je sais que la Touraine est pleine de courage et de dévouement à la République. J'appelle tous les départements libres à nous soutenir de leur patriotique appui. Souvenons-nous que nous étions, il y a deux mois à peine, le premier peuple du monde : si !e plus odieux et le plus inepte des gouvernements a fourni à l'ennemi les moyens d'envahir notre territoire, malgré les prodiges d'héro'isme de nos armées, qu'il était impuissant à conduire, souvenons-nous de 9â, et, dignes lils des soldats de la Révolution, renouvelons, avec leur courage qu'ils nous ont transmis, leurs magnitiques victoires ; comme eux, refoulons l'enut-mi et chassons- le du sol de notre République.

Tours, 13 septembre 1870.

Ad. CnÉMiEux.

Le Gouvernement de la défense nationale décrète :

Art. ^''^ Il sera procédé dans toutes les communes de France à une nouvelle élection des conseils municipaux.

Art. 2. Le nombre des conseillers à élire et le mode de l'élection sont réglés par la législation existante.

Art. 3. Le premier tour de scrutin aura lieu le dimanche 25 septembre; le second tour, le mercredi 28.

Art. 4. Les conseils municipaux élus nommeront les maires et adjoints le jeudi 29.

Ai't. o. Los élections poiii' l'Assemi)léc consliliiaiilc sont avancées au dimanche 2 octobre.

Elles auront lieu conformément aux dispositions du décret du 15 septembre.

Nota. — Un décret réglera demain les élections municipales de Paris et de Lyon (1).

Paris, 16 septembre 1870.

Le Gouvernement de la défense nationale,

Considérant que le général Le Flô, représentant du peuple, rayé des cadres de l'armée à raison de sa résistance au coup d'État du â décembre 18ol, a été restitué dans ses droits par le décret du l^ septembre 1870, Décrète :

Le général de brigade Le Flô est réintégré dans l'armée avec le grade de général de division, à la date du 2 décembre 1851.

Paris, 16 septembre 1870.

L'intérim du ministère de la marine et des colonies, qui avait été confié à M. le contre amiral de Dompierre d'Hornoy, a cessé par décret du Gouvernement en date du 15 septembre, et M. le vice-amiral Fourichon, minisire titulaire, a pris le même jour la direction du déparlement.

Le vice-amiral Fourichon, ministre de la marine, exercera par délégation les fonctions de ministre de la guerre auprès de la partie du gouvernement siégeant hors de Paris (2).

(!) Pour celte dernière ville, les élections numicipales a>ant été faites avant la promulgation de ce décret, le Journal officiel du samedi d9 publie, à ce sujet, la note suivante :

« De nouvelles électiois municipales ayant eu lieu régulièrement à Lyon le jeudi 13 septembre, il est devenu inutile, dans les circonstances actuelles, de statuer sur le renouvellement du conseil de Lyon ».

(2) Pendant son absence, dit le Journal officiel du 18 septembre, M. le contre-amiral de Dompierre d'Horuoy, directeur du personnel, sera le délégué du ministre de la marine à Paris.

Décket du l(i scplriiilire :

M. (ilais-lJizoiii, im-nibre du Gonvrfiicinciil, ••! Taiiiir.d Fouriehon, ministre de la niariiic, se rcndroul à Tours cl y Ibrmeroiit, avec le garde des sceaux, la déléyaliou du (Ioumtuement de la défense nationale, appelée à exercer les pouvoir> de ce Gouvernement dans les départements non occupés par l'ennemi. Ces pouvcMrs dureront autant (jnc rinvestissemeut de la capitale.

Déchet daté de Tours le 14 septembre et si;;né par M. (àvmieux :

Le dé])artement de l'intérieur sera représenté près la délégation du Gouvern<'ment par M. Laurier, directeur général dupi'i'sonncl et, du cabinet, en ce «jui concerne la direction politique, le personnel des préfectures, la publicité et la sûreté générale, et par M. Jules Gazot, secrétaire général, pour les services administratifs (divisions du secrétariat, de l'administration départementale, de l'administration communale et hospitalière, des prisons et de la comptabilité).

M. Gazot sera spécialement délégué pour la signature des ordonnances de paiement et de délégation (1).

Le maire de Paris,

Sur le rapport du secrétaire général de la mairie de Paris ;

Gonsidérant que l'an VIII de la République, le nom de }jUi<:e des Vosges a été donné à la place Royale, en souvenir de l'acte {)atriotique du département des Vosges ([ui, le premier enlie tous les départements, fournit à la France la double dette du contingent militaire et du paiement de l'impôt;

Gonsidérant qu'un décret du 14 mars 1848 a i-endu à la place Royale le nom de place des Vosges :

(1) Le journal officiel publie en outre la noie suivante, relativement à l'organisation des servi(;es publies à Tours :

L'n certain nombre de chefs de division, de cliefs de bureau et d'employés ont été désignés par le ministre de l'intcrieur pour se rendre à Tours, près de la délégation du Gouvcrncnieol, alin d'assurer la marche des services lorsque les eommunieations avec Paris serout interrompues.

Il)

Considérant drs lors qu'il importe de restituer dès aujourd'hui à la place des Vosges le nom (ju'elle a porté sous les deux Républiques, et qui signifie patriotisme et dévouement: Arrête :

La place dite Royale re[)ieiidra le nom de place des Vosges.

NOUVELLES DE LA GUERRE. Saint-Denis, 15 septembre 1S70, li li. li) ni., soir. A M. le gouverneur de Paris.

D'après les renseignements recueillis par les reconnaissances d'aujourd'hui, des coureurs se montrent en petit nombre à hauteur de Villeneuve, Dammartin et le Plessis-au-Bois, précédant une colonne d'environ 3,000 hommes à Villers-Cotterets, une autre de 10,000 hommes à Nanteuil. Soissons bloqué par la cavalerie.

Le général commandant supérieur.

Schlesladt, J5 septembre, 'J ii. ^0 m., matin.

Préfet du Bas-Rhin au ministre de V intérieur .

Communications par Colraar interrompues. Les Prussiens ont occupé Colmar après un petit combat à Horbourg; des réquisitions ont été faites. Des mobiles en expédition à Sainte- Croix en plaine ont rencontré une simple reconnaissance prussienne; Schlestadt n'est pas menacé. Un employé du chemin de fer, sorti de Metz le 4, <lit que Bazaine a 75,000 hommes et des provisions.

Le sous-préfet au ministre d" la guerre.

Neufcliàteau, 15 septembre, 8 h. 35 m., soir. Le bombardement de Toul a recommencé ce matin à six heures; il a duré jusqu'à deux heures; ce soir il a dû être trèsvif; aujourd'hui, il n'y avait que 600 hommes à Colombey et personne à Commercy ; les troupes qui se trouvaient hier à Void et Vaucouleurs étaient rejointes vers Toul par environ 4,000 hommes.

Le sous-prrfet au ministre de l'intérieur.

Fontainebleau, 15 septembre.

Le maire de Monîereau me télégraphie que des iihlaiis sont arrivés à Courcelles, qu'ils y ont requis de l'avoine et déjeuné, que les paysans en ont arrêté douze avec armes et bagages, que des hommes de Montereau partent pour aider les paysans, que les prisonniers sont dirigés sur Fontainebleau. Un express annonce au commandant des francs-tireurs établis à Fontainebleau qu'une partie de ce corps a tendu avec succès une embuscade à l'ennemi sur la route de Guignes.

Guebwiller, 15 septembre, 2 h. soir.

Le préfet aux ministres de l'intérieur et de la guerre.

Un corps badois d'environ 4,000 hommes, infanterie, cavalerie et artillerie, commandé par le général Keller, a occupé Colmar hier, vers midi, après avoir échangé avec nos francstireurs et gardes nationaux une fusillade appuyée de quelques coups de canon. L'ennemi a requis des vivres et des fourrages, détruit toutes nos communications télégraphiques et enlevé des

rails.

Ce corps quitte la ville à l'instant, après avoir rallié les détachements cantonnés dans les villages voisins.

On estime sa force aujourd'hui à 6 ou 7,000 hommes, avec une vingtaine de canons et un équipage de ponts. Il annonce qu'il marche sur Mulhouse et (ju'il sera remplacé ce soir à Colmar par un nouveau corps. Je vais faire mon possible pour gagner Mulhouse par la montagne. 3Ion secrétaire général reste à Colmar. On entend depuis ce matin le canon dans la direction de Brisach.

Colmai-, 15 septembre, 6 h. 30 m. soir.

Secrétaire général du Haut-Rhin à MM. les ministres de la guerre et de l'intérieur.

Des troupes badoises, au nombre d'environ 5,000 hommes, infanterie, cavalerie, 20 canons et équipages de ponts, se sont emparés hier de Colmar. Après une faible résistance, M. le pré-

Ici a (lu si; replier. Resté seul, j'ai été tait prisonnier d'abord, et ensuite retenu prisonnier sur parole à la prélecture. Aujourd'hui jeudi, à midi, ils repartent me laissant libre et se dirigent... (La dépêche n'a pas été terminée, les lils ayant sans doute été coupés entre Roulïac et Mulhouse).

Pour copie confoi'me :

Le ministre de Vintérieur.

Léon Gambetta.

Vincenaes, 16 seplembie, 10 h. 30 m., niatiii. Le commandant Tclicr, des vedoutes de Saint-Maw, à M. le (jénénd Trochii.

Le commandant a l'iioimeur de rendre compte que les rondes et les patrouilles n'ont rien signalé de nouveau. Il suppose que l'ennemi est encore assez éloigné. Le pont de Joinville ayant entièrement sauté, il est impossible de se rendre compte de la marche des Prussiens. Les hommes du service des eaux, au pied de Gravelle, ont passé la nuit au fort et sont retournés à leur poste ce matin. La batterie d'artillerie mobile est arrivée avec des munitions. Tout va bien.

Ablon, 16 seitlembro, 4 h. 30, soir.

Le directeur de la y are d'Orléans au directeur (jénéral à Paris.

N'expédiez aucun train ; la voie a été coupée par la canonnade au deuxième pont, entre Ablon et Athis.

Bt-lforl, 16 scplcnibre, 7 h. 31, malin. Le sous-prcf'el de lielfort au minisire de l'intérieur. L'ennemi a occupé Mulhouse, Cernay et Bussang, paraissant vouloir se irayer une nouvelle route sur Paris. On ne signale, néanmoins, qu'un corps de 4,000 hommes.

Paris, garo du Nord, 10 septembre, 4 ii. :20 soir. Le com7nissaire de l'administration de la gare du Nord au ministre des travaux publics.

Par ordre de la compagnie du Nord, les trains ne vont |)lus (jue jusqu'à Saint-Denis.

Ou se bat à Atliis. F.a gaiv d'Elampcs est prévenue d'arrêter les trains allant sur Paris. Cette nouvelle vient de la gare de Brctigny.

L'ennemi est à Pierre-Lave (Seine-et-Oise).

D'après deux dépêches adressées par M. \v. directeur de; la pare d'Orléans au directeur général des télégraphes, dans l'aprèsmidi du 16, les communications télégrapliiques ont été rompues entre Ablon-sur-Seine et Juvisy. De ce côté remiemi a traversé la Seine à gu('. Il paraît vouloir établir une batterie près de Juvisy.

GAUDES NATIONALES

Le (îouvernement de la défensi' nationale,

Vu la loi du 28 janvier 1868 (art. 8) ;

Considérant ([ue les circonstances dans lesquelles a eu lieu la nomination des officiers de la garde mobile rendent nécessaire l'élection des officiers.

Décrète :

Art. 1". Les bataillons de la garde mobile actuellement armés et réunis à Paris sont appelés ti élire leurs officiers.

Art. 2. Les élections auront lieu le lundi 19 septembre, par les soins du chef de bataillon en exercice.

Art. S. Le ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent décret (1).

Fait à Paris, le 17 septembre 1870.

Décret du 16 septembre :

[1 est formé un nouveau régiment provisoire d'infanterie de la garde nationale mobile (|ui prendra le n" 67. Ci; régiment aura trois bataillons.

M. de Polignac (Camille-Armand-Jules-Marie), chef du d''" bataillon, promu an grade de lieutenant-colonel, commandera le régiment qui recevra la même organisation que les 6i) autres précédemment créés.

(1) Une note publiée au Journal officiel du 18 décembre ajoute : ce décret est applicable aux bataillons des départements.

Par décret on date du 16 septembre 1870, M. Schœlclier, ancien représentant du peuple, a éié nommé colonel d'étatmajor général des gardes nationales de la Seine.

Le ministre des travaux publics, sur la proposition de la commission d'armement, s'est préoccupé de créer des abris pour les gardes nationaux qui feront le service des fortifications. Un inspecteur général des ponts et chaussées est chargé de concentrer ce service entre ses mains.

AMBULANCES

Le président du Gouvernement de la défense nationale, gouverneur de Paris, commandant l'état de siège:

Considérant qu'il importe d'organiser le service des ambulances destinées à donner les premiers soins aux blessés des forts et de l'enceinte,

Charge la commission centrale d'hygiène d'organiser le service des ambulances dans tous les arrondissements de la périphérie ; à cet effet, lui donne pouvoirs de requérir tous officiers municipaux, tous agents de la force publique, tous médecins et pharmaciens, de prendre possession de tous locaux publics et privés nécessaires à l'établissement desdites ambulances, de requérir enfin tout le matériel et tous les médicaments propres

à leur service.

Général Trochu.

Paris, 16 septembre.

M. Henri Brisson, adjoint au maire de Paris, et WSl. Béhier, Verneuil, Labbé, Onimus, membres de la commission centrale d'hygiène, agissant en vertu de la délégation spéciale qui leur a été donnée ce matin par le Gouvernement, ont suivi aujourd'hui l'enceinte continue depuis la porte d'Aubervilliers jusqu'à la porte de la Gare (19®, 20"', 12® et 13® arrondissements); ensemble, 33 bastions.

M. Moring, directeur de l'administration préfectorale, accompagnait les délégués.

Vingt-six ambulances de rempart, destinées à donner les

premiers soins aux blessés, ont été désignées sur ce périmètre, qui parait aujourd'hui le plus directement menacé par l'ennemi.

Demain, le même travail sera fait dans les 14", 15% 16®, 17* et 18^ arrondissements.

La commission tient à constater que les pouvoirs de réquisition dont elle était armée lui ont été inutiles ; les locaux privés ont été mis à sa disposition avec un empressement au-dessus de tout éloge.

La commission a aussi admiré, durant cette visite, qui n'a pas duré moins de onze heures, l'esprit d'ordre, de vigilance et de discipline dont les gardes nationaux détenseurs des bastions font preuve sur tous les points.

Le Journal officiel de ce jour publie encore les notes suivantes :

Le ministre de la guerre avait donné des ordres pour que la fabrication des mitrailleuses se fît dans de larges proportions à Paris et en province, et pour que l'industrie privée fût appelée à y concourir.

Mais il a été reconnu par les industriels eux-mêmes, appelés à examiner la question, que l'exécution de ces machines exige la création d'un ensemble d'outils spéciaux, et que le temps nécessaire à cette installation, s' ajoutant à celui qu'exige la succession des opérations d'une même pièce, entraînerait des délais non en rapport avec l'urgence commandée par les circonstances.

Le ministre de la guerre a décidé, en conséquence, dans le but d'arriver à une solution plus prompte et de ne pas désorganiser les ateliers établis, que le travail serait centralisé dans ces ateliers, tout en faisant exécuter dans l'industrie privée le matériel coulant et les pièces détachées qui n'exigeront pas un outillage spécial.

Déjà plus de trente industriels ont reçu des commandes ; plus de quatre mille ouvriers travaillent à leur exécution.

Ces chiffres seront doublés d'ici à quelques jours.

Le nombre dos iiij^éniours civils de bonne voloiilé ((ui ont mis leur dévonemenl à la disposition de la cause nationale déi)asse toute espérance.

Les ini^énieurs civils des mines ont saisi avec empressement l'exemple donné par ceux de l'École centrale et ceux des écoles d'arts et métiers, et les services sont concentrés au Conservatoire entre les mains de MM. les directeurs et sous-directeurs.

AVIS. — Les habitants sont tenus d'avoir chez eux et à tous les étages, des récipients solides, tels que baquets, seaux, etc., constamment pleins d'eau, afin de pouvoir, en cas de bombardement, porter eux-mêmes les premiers secours, s'il y avait incendie.

Dans ce même numéro, et à propos des pèlerinages fnils journellement à la place de la Concorde, devant la statue de Strasbourg, par la population et la garde nationale, M. Théophile Gautier a publié un article sur la ville ellemême, alors assiégée. Nous extrayons de cet article le passage suivant, qui a plus spécialement trait aux manifestations qui se sont produites à Paris en Ihonneur de la noble résistance de la vaillante cité alsacienne :

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