Voici quelques détails sur cette cérémonie
a Après que la messe eust été chantée, et qu'un re-
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Et cela s'estoit passé le dimanche xî* de mars de la présente année iSgo, quand le quînziesme ensuivant, voicy arriver la nouvelle du succez malheureux pour le party catholique, de la bataille donnée le jour précédent à Ivry*, entre monseigneur le duc (x) de Mayenne^ et Henry de Bourbon. Nou-
« ligieux eust fait une prédication pour les exhorter a tous à se tenir fermes dans le parti de la sainte Union t <c ils allèrent les uns après les autres jurer sur le livre tt des Évangiles, qui estoit ouvert devant le légat, vestu <c et séant en pontificat, d'emploïer leurs vies pour la à conservation de la religion Catholique, Apostolique « et Romaine, de ne prester jamais obéissance à un roy (( hérétique, quel quHl fust... Une pareille forme de « serment par escrit fust après dressée, que les colona nels et capitaines eurent charge de faire jufer au « peuple, chacun en leurs quartiers, fi {Journal de Les^ toilCt 1 1 mars i Sgo.)
1 . Cette nouvelle fut apportée à Paris par un sieur du Tremblai, qui avait assisté à l'action. {Lestoile^ igmarsiSgo.)— Le moine Chrestin, chargé d'annoncer cette défaite au peuple, prit pour texte de son sermon ces paroles de TÈcriture : a Je châtie ceux que j'aime.» — Le soir même de la bataille, Henri écrivait au duc de Longueville : u Mon cousin, nous avons à louâr Dieu, « il nous a donné une belle victoire. » (Lettres dé Henri IV, t. ni,p. i6g.)
2. Frère des Guise, et depuis le i3 mars iSig « lieù- « tenant-général de l'État royal et couronne de
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velle qui, à la vérité, apporta beaucoup de fascherie et d^estomiement aux princesses ^i, à tous les corps et magistratz, et généralement à tout le peuple; comme à ceux qw ne se voloient pour lors en estât ni en espéranceprochaine de pouvoir assembler forces suffisantes pCHir t^r en bride Tennemy viçr torieux, et Tempescher qu'il ne vint, comme bon luy sembleroit, entreprendre à se hke maistre de la ville, en la venant assi^er ou mesmes assaillir de premier abord. Chas.curi recognoissant que cette guerre estant civile, Ce debvoit estre le principal object et desisein de Tennemy de s'emparer d'iceJle, tomme de la capitale du royaulmç controversé en la dicte guerre ^.
En cette première poincte doncques de la dôtileur qu'ilz sentoient des pertes pas- :sées>. et de la crainte qu'ilz a voient de celles
<t France/» Il était sorti de Paris avec 2 5,ooo hommes pour tenir ht campagne Contre le Béarnais.
t. Les duchesses de Nemours, de Mayenne et de Montpensier, mère,femme etsœurdu duo d-e Atayeane..
2. Voytz État de la ville de Paris après la déroute d*Ivry, dans les Méhtoire^ de JaUgue^ ti IV, P- ?^'
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^ui )à sembloient leur pancher sur la teste, leur unique soûlas fut de recourir tous à la tnaison, au conseil et consolation de mon* dict seigneur le légat. Où se trouvant entre eux fort divisez et diâérentz d'opinions^ qui âe monstroient espérer et qui désespéroient de la conservation de la ville au cas que Tennemy vint l'assaillir ou assiéger. Et s'en trouvoit assez qui la tenoient pour totalement désespérée^ eu esgard à T^xcessive grandeur de la machine et de la circonfé^ rence dHcelle *, aux intelligences intérieures que Tennemy auroit avec les PoUticque$,par le moyen des menées et pratiques que pourroient faire les bannis et rebelles d'icelle
' I..U EUes^ voyoit sans pierres, ai mjurai^es Yiv^ n qui la peussent défendre, sans gouverneur ni màgisa tratqui luy commandast... Les murailles estoyent a si mauvaises que^ par plusieurs endroits, ony montoit tt etdescendoit sans difficulté. » (P. Corneio, Br^iij- Voi/ri et véritable des choses plus notables arrivées au siège de Paris^ Lyon, chez Jean Pillehotte, libraire de ^a sàincte Union, iSgo, in-8o, p, 7.) — a Le rn\ira et li « terràpieni erano si deboii et mal parati, che da molti « siti vi poteva entrare et uscire. » (F. Pigafetta, Relatiane deirassediodi Parigi,i>, 6,)
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qui suivent son party ; et finablement à ta facilité à se soulever d'un si grand nombre de menu peuple, qui leur serviroit de premier instrument de sédition, tout aussy tost que Tennemy paroistroit à nostre vue avec^ ques son armée, ou pour le moins au pre4 ixiier retranchement de vivres^ et du pain notamment^ que Ton sentiroit dans la ville.
Asseurant qu'en icelle ne se trouvoit de quoy nourrir le commun peuple, sinon que pour un mois ou un moi^ et demy au plus*.
: Adjou&tant daventage qu'icelle estant ^puisâe de deniers, fort diminuée de cré-* dit^ lassée des grandes et inutilles contributions passées, et totalement privée des çomnaerces dont elle souloit tirer son principal revenu , elle n'çstoit en estât de pouvoir introduire et entretenir un prince d'auctorité pour y conamander, ny
I. paris avait a si peu de provision de paia, vin et au--, (( très choses nécessaires à la vie^ que personne n'estî- « moit quasi avoir provision pour quinze jours. )> {Comeio, p. 7.)
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souldoyer grand nombre de gens de pied et quelque peu de cavallerie, comme il seroit de besoin, tant pour la garde d'icelle que pourlessortyes nécessaireaà faire^ escorter et asseurer l'entrée des vivres ordinair-es.
Et beaucoup moins luy estoit il possible de faire ceste soudaine et grande provision de grains, que chacun voioit bien estre très, né^ cessaire/
pt partant, ceux cy qui tenoient finablç* ment pour impossible que Monseigneur 1$ duc de Mayenne peust, sinon avec un long espace de temps, et possible jamais, rallier forces suffisantes, ny pour secourir la viiie^ ny pour faire teste à Fennemy qui, au contraire^ se feroit en un moment renforcer et de gens et de prospérité en ses affaires, e^noient d'advis qu*il falloit penser à se rendrq au plus tost, et soubs les plus avantageuses conditions que faire se pôurroit, sans le voulioir irriter davantage par ce dilayement, ny permettre que la ville fust réduite en pire estât qu'elle n'esrtôit encore^ de présent, et en moindre espérance de jouir par après de la clémence du prince, victorieux.
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' Qûî pfes eist, il s'en trouvoit aulcuns quv ée^i-èchef, vouloîent faire revivre les pratiques du traicté de la paix générale, tesqûdles Monseigneur le légat, dès sionamvëè àParîs, avoit interrompues et du totit âssonpîés^' ■
Èieh est vray que, dé Taultre part, les af-^ fectionne2i 'dëtholiciaes et ceux notamment qt!Ît5éu auparavant, comme dict est, àvoiënf réitéré ié sehnént de T Union, les bons théOlogfiehs, et sur tous Messieurs dé là' Sorbohtieii né tnànquoîerit à persuader la?
résolution de se défendre^ Mais kvecquè^ liaisons plus spéculatives, et ressemai»
niiëux-pour ainsy dire, une saincte contem^' plàtion'qu'uhe solide pratique et expérience dèis éSUit^ès, qili pëust estre appliquée c^ à\ilélihémèrnt séi^vii^ à Testât ôû se retrouvtiitlbrà la ville et tout le royaume. • • ^
'Et quelques autres; plus soigneuk <fc réùr'iîitérest particulier que du public, met^ fbibn't désîa en avant rabandonnemeht de Paris, s'éfforçànt de persuader qu'il rie^sei^ lôît qtië bon que les princesses notamment en s()tti«ént, avecques toute la maison -de
€[uise, pour la garantir et asseurer 4^ myi^s de i'^nnemy,: davennit par tr-op^ iijsqlerit.à cause de cette victoire^ .,,...
; Pjanaay ces confusions .et cjifficul*^, JV^qp- $çigneuj Iç Cardinal ne&iiiUt à faire^p^rro^^ tre sa prudence et constance accoustuoaé^ )^ les enicpm;ageant . tpu^, e^i , général, . çt , df sauadaurC tout à faict le traiçté 4e la pa,i^;g^| ii4i;alQ ayecqugs l'hérétique ; protestjaî^t i^^ç, où Vpïi en Vrouldpoit recQnunancer »Ies ^pfja^^ tiques, ils deslogeroit aussy tost^ non . çeU^ Içnient.de Paris., mais du ^yaulme enç^çev Et quand à . Ija* dédition de la.yiliç., ^ï,lwy< s^pabloit que c'estoit trop précipité^qi^e d'en, parler en, cette premiers émotio^i de^dourj leur et;de crainte ;. et par;itSMît, J»e, çejrpijqju^ bon faire en sorte . que Monseigtiev^r ^ç, Mayenne s'approchast au plustostrqi^ifj^ffiÇ. se pourroit, afj&n de po^yoir^rpgr u^^^qvj^, cbement, entendra soa adyiz s^urt toutes 4es di§p|Çultç2' proposées, . cit en partiçul^l?r.,C9: qp'Upi^voit^coajecture^^ d^scouyri^4ç?j dessein^ de Tennemy^ et quelle espér^cq il a,voit du rçstablis&pmeçt de sps; prppfjÇ?. fwqes^.pour Juy. pouvoir faire tçste, et .s^-
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courir la ville à son besoin ; laquelle ce penK dont après avcnr plus posément exanlioé son estât, pourroit plus îneureimeQit dôUbô^ me et dfsoMirir à psurt soy de sa puissance ou impuissance à tenir , et ainsy se réseul^: dre à: se défendre ou se rendre-
Ëtjavecipaes ce prudent conseil^ ayant àulcunementendormy les premiers tumultes de (te ^our ià V il despescha incontinant à^ Rome çom* doimer advis de l'accident ;: comme E en.escrivit encor en Espaigne: et en Flandres, par occasion des. «courriers qui, -à ce mesme effect, y furent despeschez par Je Seigneur don Bernardin de Mandoza, am-; bassadeur du Roy cadiolique **
Et le mesme soir mondict Seigneur le Légat consulta avec les prélatz qui Tassistoient, sur le faict de la demeure de sa personne en la viUe de Paris, ou de sonpcirtement d'icelle '. C'e&t-à-dire assavoir lequel ■ < " ■ ■ ' ■ ' ■ I. . ■ ■ . . . » I ■ . i ■ ,
1. U rtpréseatait non-«ealement le catholiicismé, mais encore les préteations des Espagnols. Phiitp^pe IF âiettàit en avant les droits de sa fÛle, née d'une sœur de Henri III. :