Aujourd'hui rue JSer^er
ro. Antiquité f de Paris, édition de i56i, p. 174.
religieuses, soit â de grands seigneurs, ces fon- / taines ne fournissaient qu'une très-faible quantité d'eau, quelques-unes même n'en donnaient plus du tout depuis longtemps. Henri IV, en ' iSgS, supprima toutes les concessions gratuites ; les concessionnaires, soit anciens, soit nouveaux, furent soumis à une redevance annuelle, dont le produit, ajouté à une élévation du droit d'entrée sur les vins, permit de poursuivre la réparation des aqueducs. Celui de Belleville avait été presque entièrement refait sous François P' *; mais l'aqueduc du Pré Saint-Gervais ' était en fort mauvais état, sur quelques points même il menaçait ruine.
I. Journal d'un bourgeois de Paris sous François /•', p. 33o.
Architecture. ^ Carosses. — Cris dans les rues. — Assistance publique. — Pauvres. — Hôpitaux. — Mendicité.— Ivresse. — Voleurs. — Supplices. — Prisons. — Police. — Milice bourgeoise. — Guet* — Éloges de la ville. — Premiers plans de Paris.
PARIS avait peu à peu perdu son caractère gothique. Les fenêtres à châssis s'étaient presque partout substituées aux meneaux de pierre , et les carreaux de verre aux lourds vitraux garnis de plomb. Les artistes français et italiens, attirés à la cour par la faveur de François P', construisaient, décoraient d'oeuvres immortelles les résidences royales et les somptueux hôtels que la noblesse faisait élever de toutes parts. La grosse tour du Louvre, imposant souvenir des mœurs féodales, était abat-
tue*, et le palais actuel couvrait ses ruines. Catherine de Médecis fuyait Thôtel des Tournelles empesté par le voisinage d'un égout, et chargeait Philibert Delorme de lui dresser les plans d'un logis qui devint les Tuileries; enfin, le i5 juillet 1 533, le prévôt des marchands posait la première pierre du nouvel hôtel de ville qui allait remplacer la vieille Maison aux piliers '. La bourgeoisie suivait l'exemple que lui donnait la cour. Les murailles de torchis, les toits
I. • Au dictait 1527, en février, fut commencé à abattre la grosse tour du Louvre, par commandement du Roy, laquelle cousta à abbatre deux mil cinq cens livres, et fîst ce faire le Roy, pour applicquer le chasteau du Louvre logis de plaisance, etpoursoy y loger... Toutesfois fut grand dommaige de la desmolir, car elle estoit très-belle, haulte et forte, et estoit appropriée à mettre prisonniers gens de grand renom. On disoit qu'elle avoit onze pieds d'époisseur par hault et vingt-trois par bas. » Journal d'un bourgeois de Paris sous François /«, p. 329.
« Ledict seigneur (François !•'), dès Tan mil cinq cens XXIX, feit razer la grosse tour du Louvre pour spacier et amplifier la court d'iceluy chasteau : au quel il feit faire de grandes réparations et nouveaux édifices. Entre les quels, un peu devant son trespas, feit commencer une grand'salle à la mode des antiques, la plus excellente selon l'art d'architecture qu'on veid jamais : laquelle le Roy Henry second du nom a faict parachever. » G. Corrozety Antiquite:( de Paris, édition de i56i, p. 160.
a. « L'an mil cinq cens trente trois fut commencé le trèsmagnifique édifice de l'hostel de la ville de Paris, bastiment très excellent en nostre aage. » G. Corrozet, Antiquite!( de Paris, p. 157.
écrasés faisaient place à de solides demeures, où la brique unie à la pierre supporte des combles élevés, couverts en ardoise, et dont la place Royale nous ofire encore aujourd'hui un spécimen intact.
On s'était décidé aussi à donner plus de largeur aux rues, et celles qui furent percées à cette époque suflSrent pour longtemps à toutes les exigences du commerce et de Tindustrie. L'ambassadeur vénitien Marino Giustiniano écrivait à son gouvernement en 1 535 : « Les rues sont encombrées par les charrettes, les mulets et d'autres bêtes de somme, et par toutes sortes d'embarras.* » Mais la mode des carrosses, qui commençait alors à s'établir, fît comprendre plus impérieusement encore la nécessité d'élargir les voies de communication.
Jusque-là, les courtisans les plus raffinés ne pouvaient éviter la boue qu'en se servant d'un cheval ou d'un mulet ; ils se rendaient ainsi à la cour ayant souvent leur femme en croupe. On voit dans les Monumens recueillis par Monfaucon « deux courtisans qui vont au Louvre*», tous deux montés sur le même cheval ; puis un