‹ Journal du siège de Paris en 1590Chapitre 45 sur 115 · Mémoires de J.A. de Thou, p. Sgg · texte numérisé non relu

Mémoires de J.A. de Thou, p. Sgg

2. Voy» Isambert, Recueil général des anciennes loisfran ^aises, t. XV, p. 88 et 1 3 3.

3. Les cent et sept cris ^ue Von crie journellement à Paris^ composé en rhimmefrançoisepour resiouir les esperits, Paris, 1645, in-8».

Une pièce du même genre, mais plus courte et plus incolore, a été publiée dans le Magasin pittoresque (année 1846, p. 137), sous ce titre : Chanson nouvelle de tous les cris de Paris, et se chante sur la volte de Provence. Elle est tirée de la collection Maurepas (t..I, p. 243), et commence ainsi :

Voulez ouïr chansonnette

De tous les cris de Paris?

L'un crie : allumette! r i

L'autre : fusilZ) bon fusilz*

Âurangesl citrons 1 grenades I

Au jour naissant les frères quêteurs dès quatre ordres mendiants * se répandaient par la ville :

Nous sommes quatre mandians

Qui sont toujours près pour prescher,

Remonstrant le vice et péché ;

Qui n'ont noz vies qu'en mandians.

On quêtait aussi pour la nourriture des pourceaux de Pabbaye Saint-Antoine :

N'y a il rien pour les pourceaux S. Antoine, Chambrières regardez y;

et pour les prisonniers sans ressources, à qui le geôlier n'était tenu de fournir que le pain et Teau :

Aux prisonniers du Chastelet^ Qui sont en un lieu ort et laid.

Le crîeur des morts passait, en agitant sa sonnette :

Or dictes voz patenostres —

Quand vous oyez que je sonne Pour honorable personne Qui a esté frère nostre.

Fourmage dar de Milan 1 '

Salladel belle salladel

Faut il du boa pain challant ?

A ramouné la cheminée

Hault et basl Vieux fer! vieux drapeaux!

Beaux choux blancs ! ma belle poirée !

Moutarde! Almanacz nouveaux!

I. Les cordeliers, les carmes, les augustins et les jacobins.

Dès le matin, la laitière offrait son lait :

Au matin pour commencement Je crie du laict pour les nourrices, Pour nourrir les petis enfans.

Disant ça tost le pot, nourrice,

et le valet de Tétuviste annonçait que les bains étaient chauds :

Allez tost les bains sont prestz.

On proposait à la ménagère tout ce qu'elle pouvait désirer pour la nourriture de la journée : de Teau :

Qui veut de Teau ! A chacun duict, C'est un des quatre élémens,

du beurre, du lard, du sel, des œufs, des salades, des pois verts, des artichauts, des fèves de marais, des carottes, des navets, des oignons, du cresSSrf, des poireaux, du persil, du cerfeuil, de Toseille, des choux-fleurs, des concombres, des escargots, des pâtés chauds, de la saucd verte :

Vous faut il point de sauce verte ?

C'est pour manger carpe et limande^ Ça qui en veut qui en demande Tandis que mon pot est ouvert.

On pouvait s'offrir ainsi les desserts les plus variés : des échaudés, des gâteaux, des poires de Dagobert, des pommes de Capendu, des pêches

INTRODUCTION. 5l

de Corbeil, des fraises, des prunes, des groseil^ les, des pruneaux de Tours, des cerises et des guignes, du raisin, des oranges, des marrons, des cerneaux, des châtaignes, des fromages de Brie et d'Auvergne, du pain d'épice :

Pain d'épice pour le cueur !

Dans Senlis je le vois quérir.

Qui d'avoir en aura désir Je luy en donneray de bon cueur.

Les marchands de charbon mêlaient leurs cris à ceux des marchands d'aiguilles, de lacets, de balais, d'allumettes, de nattes, de semelles:

Semelle à bouter dans les bottes, Hz sont bonnes pour la froidure !

de mort aux rats, qui, paraît*il, venait d'être découverte :

La mort aux ratz et aux souriz, C'est une invention nouvelle l

Les merciers, les tonneliers, les chaudronniers, les rémouleurs, les savetiers se succédaient, faisant assaut de bruit avec les marchands de vieux habits, de chiffons, de ferraille et de verre cassé :

Vdirre cassez! voirre cassez !

Chambrières regardez y.

Si en trouvez beaucoup d'amassez; Vous nie ferez Un grand plaisir !

Le vendeur d'ϔUets chantait : .

A mon pot d'oeilletz.

Il est plantureux, Pour faire bouquetz Pour les amoureux !

Le marchand de peignes était plus prosaïque :

Pignes de bouy, la mort aux poux, C'est la santé de la teste !

Les ramoneurs offraient leurs services :

Ramonez voz cheminées, Jeunes dames haut et bas !

Faictes moy gaigner ma journée, A bien houlser je m'y esbas !

et les colporteurs cherchaient acquéreurs pour leurs livres les plus nouveaux :

Beaux A, B, C, en parchemin.

Le premier livre des docteurs.

Tandis que je suis en chemin, A qui en vendrai-je un ou deux !

Livres nouveaux, Chansons, balades et rondeaux.

Le passetemps Michaut, La farce du mau marié, I^ patience des femmes Obstinées contre leurs maris*.

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