Essais, livre II, chap. IX
2. V. Carloix, Mémoires de la vie du sire de Vieilleville» t. II, p. 63.
INTRODUCTION. ^'i
treux, avaient chacun plus de cent mille livres de rentes. « A ces deux derniers, ajoute-t-il, la cour de Parlement a esté contrainte de faire deflfense de plus acquester, tant estoient avides et ardents de se faire grands en domaines et possessions. »
On venait précisément de dresser pour la première fois le plan de cette opulente cité .
En ,i55o, Séb. Munster publiait, dans sa Cosmographie^ un plan de Paris dressé vers i53o, image encore informe de o,25 sur o,35.
Les édifices, tous à peu près semblables, .ont l'apparence de cabanes en bois. On y remarque lecoUegtum regium^ fondé eni529, la Bastille, nommée -4rA: valida^ l'église Notre-Dame appelée Summum templum. Trois cabanes adossées à une espèce de pigeonnier figurent l'abbaye Saint-Germain des Prés, et le Suburbium Sanctt Jacobi est représenté par vingt-deux maisonnettes. En haut de Testampe, on lit cette légende : Lutetia Parisiorum, urbs toto orbe celeberrima notissimaque^ caput regni Fran-
cice.
Vingt-cinq ans après environ, Georges Braun publia aussi une description de l'Univers, dans laquelle figure un autre plan de Paris, qui représente également cette ville vers i53o, mais qui est gravé à Teau-forte et bien supérieur au premier sous tous les rapports. Les mentions, fort
INTRODUCTIOH.
rares d'ailleurs', som en français^ la plupart des édifices sont dessinés avec un certain soin, et on peut y reconnaître presque toutes les rues. Trois personnages, placés dans un des angles,
donnent une fidèle image du costume à cette époque.
Le plan dit de Tapisserie, qui représente Paris vers 1 640, était en effet une tapisserie de cinq mètres sur quatre et demi. Elle est connue par deux copies. La première, très-réduite, est due aux soins de Gaignîères et est conservée à la bibliothèque nationale. La seconde, qui re-
I. On en compte seulement : i3 dans la Cité, 17 sur la ve gauche, 40 sur la rive droite, et 8 dans les ^ubourgs.
j6 INTRODUCTION.
produisait les dimensions de Poriginal, se trouvait à la préfecture de la Seine, où elle a été brûlée pendant l'insurrection de 1871; le service historique de la ville de Paris Pavait heureusement fait photographier, et les clichés ont pu être sauvés. C'est le premier plan qui offre une nomenclature un peu complète , car on y trouve nommés 465 rues ou édifices*.
Le plan dit de Ducerceau, qui vient ensuite, paraît avoir été dressé vers i55o, lorsque Henri II ordonna de « faire le portraict et dessein de la closture et fortifications de tout Paris, comprins les faulxbourgs ». Ce plan officiel n'existe plus, mais il est très-probable que le plan de Ducerceau en est Timitation.
On peut en dire autant du plan qui fut publié en 1675 dans la Co^wo^ropAîe universelle de François de Belleforest, et du plan de Truschet qui vient d'être découvert à Baie K Tous trois sont encore de grossières images, mais ils indiquent assez exactement les noms des rues et des édifices.
Mentionnons encore un plan publié à Rome en iSgi, par Pigafetta, et qui accorripagne sa
1. A. -F., Etude historique et topographique sur le plan de Paris de 1540, dit plan de Tapisserie, 1869, in-8». — Bulletin de la Société de V Histoire de Paris, année 1875, p. 86.
2. J. Cousin, Notice sur un plan de Paris du xvi« siècle , nouvellement découvert à Baie, iSjb, in-8».
relation du siège de Paris. L'intérieur de la ville n'est guère qu'une copie du plan de Braun, mais les cnviroris y sont indiqués jusqu'à une distance fort éloignée, de manière à permettre d'y suivre toutes les opérations de la campagne faite par Henri IV autour de Paris.
Université.— État civil. — Réforme du calendrier. — Corps de marchands. — Métiers. — Tribunal de commerce. — Approvisionnements. -^ Marchés. — Hôtelleries. — Cabarets. — Restaurants. — Jeux. — Loterie. — Jurements.
— Costume. — Deuil. — Meubles. — Éclairage intérieur.
— Couvre-feu. — Loyers. — Repas. — Lois somptuaires.
— Monnaies. ~ Impôts.
AU témoignage de Jean Le Maire, qui écrivait vers 1640, Paris était encore « la mère et maîstresse souveraine des estudes de tout le monde, plus que jadis nulles Athènes ne nulles Rommes *. » L'Université de Paris vivait cependant un peu déjà sur son ancienne réputation. La très-sacrée faculté de