‹ Journal du siège de Paris en 1590Chapitre 67 sur 115 · Article · texte numérisé non relu

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curés mentionnaient parfois les plus intimes et les plus naïfs détails de leur ménage.

En r56o seulement, la signature des actes no* taries devint obligatoire. L'article 84 de l'ordonnance d'Orléans, confirmée par un édit du 19 mars 1672, ordonna aux notaires de faire signer les parties sur tous les actes, ou de mentionner qu'elles ne savaient pas écrire *.

C'est encore du xvi® siècle que date une autre réforme qui joua un certain rôle dans la vie privée des Parisiens. Pendant longtemps, on se servit simultanément en France de plusieurs calendriers ; suivant les provinces, l'année commençait soit le i®' janvier, soit à Pâques, soit le jour de l'Annonciation (5 avril). Dans le nord, c'est le jour de Pâques qui prévalut, et cette coutume resta en vigueur à Paris depuis le XIV® siècle, d'où les noms de septembre , octobre, novembre, décembre, qui désignaient bien alors les septième, huitième, neuvième et dixième mois. Dans le midi, au contraire, le

I. a Seront tenus les notaires faire signer aux parties et aux témoins instrumentaires tous actes et contrats qu^ils recevront, dont ils feront exacte mention, à peine de nullité desdits contrats et actes et d'amende arbitraire... Et en cas que les parties ou témoins ne sçauront signer, les notaires ou tabellions feront mention de la réquisition par eux faite aux parties et témoins de signer, et de leur réponse *qu'i là ne sçavent signer. » Isambert, Anciennes lois françaises, t.XIV, p. 85 ct25i.

jour de TAnnonciation était presque partout regardé comme le commencement de Tannée.

On voit quelle confusion devait résulter de cette différence. Jean Bouchet, par exemple, raconte ainsi la mort de Charles VIII : « Il alla de vie à trespas le septiesme jour d^avril de Tan 1497 avant Pasques, ainsi qu^on faict à Paris, et Tan 1498 à commencer Tannée à TAnnunciation Nostre-Dame ainsi qu'on faict en Âcquitaine ^ » Pour comble de désordre, la tradition romaine et gauloise s^était conservée pour les étrennes ; c'est au i*"^ janvier qu'on se les envoyait, et qu'avaient lieu les fêtes de famille destinées à célébrer Tannée nouvelle. L'article 3g d'une ordonnance de janvier 1 563 régularisa cette situation ; il est ainsi conçu : « Voulons et ordonnons qu'en tous actes, registres, instruments, contrats, ordonnances, édits, lettres, tant paten* tes que missives, et toute écriture privée. Tannée commence doresnavant et soit comptée du premier jour de ce mois de janvier *. » Rappelons encore qu'en i582, la France adopta la réforme grégorienne, qui retranchait dix jours de Tannée, et que Ton passa immédiatement, cette année-là, du 5 au 1 5 octobre. •

I. J. Bouchet^ Les anciennes et modernes généalogies des roys de France, édit. de iSSg, f» 137.

a. VoyAMmhcTtfAncienneslois françaises, UXIW, p. 169.

Le haut commerce de Paris était encore divisé en cinq cotys de marchands^ qui étaient régis chacun par quatre maîtres jurés^ et qui formaient une confrérie jouissant de nombreux privilèges. Les maîtres^ choisis parmi les commerçants les plus intelligents et les plus probes, étaient élus pour deux ans ; ils avaient un costume spécial en velours *, marchaient dans les cérémonies publiques à la suite du corps de ville, et portaient le dais sur la tête des rois et des reines aux entrées solennelles des souverains dans Paris. Le titre de maître était un premier pas fait vers la dignité d'échevin, et l'un d'eux, Claude Morel, maître de l'orfèvrerie, fut élu prévôt des marchands en 1 570.

A l'avènement de François i«% les corps de marchands étaient au nombre de sept, ordinairement classés dans l'ordre suivant :

Les changeurs.

Les drapiers.

Les épiciers et apothicaires, Les merciers et tapissiers.

Les pelletiers et fourreurs, Les bonnetiers, • Les orfèvres.

I. Noir pour les drapiers, tanné pourries épiciers et les bonnetiers, violet pour les merciers^ pers pour les pelletiers, et cramoisi pour les orfèvres.

88 cmoDiJcnoN.

En i5i4, les dmngeurs se trouvèrent en si petit nombre et si déchus de leur antique importance, qu^ils cessèrent de former un corps spécial. Il n^y en eut plus dès lors que six ; mais en i585, Henri III en créa un septième, celui des marchands de vins, que les autres corporations refusèrent d^ailleurs toujours de reconnaître.

Le reste des artisans formaient autant de communautés distinctes qu^il y avait de métiers exercés dans l'industrie parisienne. Le jour de rentrée à Paris de Henri II (i6 juin 1549), les métiers, représentés par un certain nombre d'hommes bien équipés et bien armés, vinrent au-devant du roi, et le compte rendu officiel de la fête ^ les énumère ainsi :

Homoica

Les paticiers 5o Les natiers 20

— vitriers 25 — poullaillers i5

— veryers 8 — espingliers 3o

— mareschaux 40 — taillandiers 1 5

— tonneliers 40 — pourpoinctiers 8

— chandeliers 40 — menuisiers 5o

— foureurs 3o — serruriers 60

— layetiers 10 —gantiers i5

— bourreliers 8 -* charrons lo

»- courtepoinctiers .... 25 — orlogeurs lo

•— chercuitiers i5 — libraires 5o

— cousteliers 1 5 — abateurs 4

— chappeliers 20 — tourneurs de bois . . . 8

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