Pantagruel, livre II, chap
les pantalons collants, les pourpoints tailladés, les manteaux d^étoffes précieuses. Les mignons de Henri III, sur qui se modelait la cour, portaient des chausses étroites et bouffantes, avec un justaucorps bien serré et un petit manteau à large collet, sur la tête une toque ornée de pierreries ou un chapeau à plumes. La mode des fraisas ou collerettes godronnées (empesées) avait commencé sous Henri IL « Un homme de la cour, dit J. Lippomano, n^est pas estimé riche s'il n'a pas vingt-cinq ou trente habillements, et il doit en changer tous les jours ^. » Les courtisans se paraient de colliers de perles, de bagues, de boucles d'oreilles, se parfumaient de civette, de musc, d'ambre gris ^. De là cette épigramme de l'excentrique poëte Tabourot •
Ce petit Popinelet,
Au poil frizé blondelet,
Dont la reluisante face
Feroit mesmes honte à la glace,
Et sa délicate peau
Au plus beau tint d'un tableau,
Ce muguet dont la parole
Est blèze, mignarde et molle.
Le pied duquel en marchant
N'iroit un œuf escachant,