‹ Journal du Yukon, 1847-1848Chapitre 23 sur 38 · La rivière Klondike probablement · texte numérisé non relu

La rivière Klondike probablement

4. Il y a aiiiourd'hui une rivière appelée rivière Copper qui se jette dans la baie Comptroller. Celle dont Murrav pari© pouvait être la Chilkat.

joui;.\.u, m YUKON ,S7

direction opposée. Le Youeou coule à travers le grand territoire des Gens-du-fou dans la direction du nord-ouest; il fait plusieurs grands détours, sert d'embouchure à plusieurs cours d'eau qui viennent des montagnes s'y jeter des deux côtés et doit probablement traverser la frontière par G-i" latitude ou, ce qui o^t aussi presumable, à un point situé plus au nord.^ A une distance de soixante à soixante-dix milles de ce dernier endroit, il passe à travers une chaîne de hautes montagnes où ses rives sont bordées de rochers e>carpé3 appelle petits Jlamparls;- à partir de là jusqu'au point où nous sommes, il coule à travers une région basse et plate suivant la même direction et faisant moins de détours qu'auparavant. La rivière Porcupine vient \c rejoindre à une distance de trois milles au-dessous d'ici, après quoi il continue de se diriger au nord-ouest jusqu'à une grande distance alors qu'il s'ouvre de nouveau un passage à travers la même chaîne de montagnes déjà mentionnées,^ montagnes qui plus bas s'appellent montagnes Big Beaver.^ Il fait ensuite un grand détour pour se diriger dans la direction du nord jusqu'à ce qu'il rejoigne la mer. A une distance de deux jours de marche environ des montagnes Big Beaver, son cours s'accroît des eaux d'une rivière considérable, la rivière des Mountain Men.'^ Cette rivière dans laquelle le castor abonde, paraît-il, vient du sud et son cours est parallèle à celui du Youcon. La rivière qui se rencontre ensuite est celle que j'ai désignée comme la rivière Russian que les Russes ont descendue durant l'été et que j'ai déjà décrite minutieusement. C'est à l'embouchure de cette rivière que les Russes ont passé 1 hiver et qu'ils sont établis présentement.^ Les sauvages d'ici connaissent

1. D'après C. A. Schott, le Yucon traverse la frontière internationale par 64° 40' 51".

2. D'après la description du lient. Scliwatka les Upper Ramparts du Yukon commencent au vieux fort Selkirk (érigé par Robert Campbell en 1848 au confluent des rivières Pelly et Lewes) et s'étendent en aval sur un parcoiirs de 400 milles.

3. Les Lower Ramparts qui commencent un peu au-dessus de l'embouchure de la rivière Tanana et s'étendent en amont sur un parcours de 100 milles.

4. Montagnes Tai ana. Celles ci sont indiquées comme les montagnes Big Beaver sur la carte de Richardson.

5. Rivière Tanana qui vient du sud-est fe jeter dans le Yukon par environ 152° longitude. Comme il a été déjà dit le nom sauvage de cette rivière signifie rivière des Big Mountain Men.

6. Nulato au-dessous de l'embouchure de la rivière Koyukuk. A cette époque Murray a pu confondre le Koyukuk, la bas du Yucon et le Kuskokvim — le bas du Yukon ou la Kuskokvim étant sa rivière Russian et le Koyukuk ce qu'il supposait être le Yukon. Il n'y a pas de doute que les

88 Alien l\KS C.WAIH I'l.N M'.S

liicu ju'ii all ilclà lie cc <li'iiii<'r poiiil. -le n'ai rciicoiit i-(' (|iriin honune <ini, <hins les premières années, était allé trafiquer avec les Ksqniniaux et vous savez aussi bien que moi qu'il a parlé (l'une autre rivière à l'est, laquelle fait un grand détour dans la direction de l'est avant de se jeter dans la mer polaire où elle reprend son nom uunlerue de Colvile. Les sauvages d'ici ne sont pas familiers avec le cours des rivières, mais ils indiquent assez distinctement les détours du Youcon et les endroits où les autres rivière viennent le rejoindre. Si je m'étais base sur leurs renseignements sans savoir où se trouvait le Colvile, j'aurais placé Fembouclmre du Youcon beaucoup plus loin à l'ouest et à une distance de nous beaucoup plus grande qu'il n'est possible. En face d'ici la largeur de la rivière est d'un mille environ mais elle est tellement parsemée d'îles que si celles-ci étaient réunies elle serait beaucoup plus étroite; le courant est beaucoup plus fort que celui du McKenzie, mais elle est moins profonde et le grand nombre de battures, de hauts-fonds et de canaux que l'on y rencontre en rendent la navigation très difficile. Les rives de chaque côté sont basses et se composent d'un sol sablonneux que l'eau mine aisément; quant à remonter cette rivière en bateau sans une voile et un vent favorable, c'est une tâche rude et de longue haleine. Des deux côtés la plaine est comparativement basse et parsemée d'une infinité de petits lacs et de marais dont plusieurs semblent avoir été les premiers canaux de cette rivière. De grandes îles disparaissent graduellement tandis que de nouvelles battures semblent se former; plus bas, les îles sont moins nombreuses, mais la rivière ])résente à peu près le même aspect, et, à l'endroit où elle passe à travers les montagne- Biq Beavcv elle est beaucoup plus étroite et le courant y est très fort.

ÎTous sommes au centre du territoire des " Kootehin-Kootchin" (gens des basses terres), terres décidément basses recouvertes partout de petits lacs, de marais et de bas-fonds dont les bords sont infailliblement garnis de fourrés de saules. Les endroits secs (où la terre est sèche elle l'est tout de bon parce

sauvages ont trafiqué avec les Eskimo sur le Koyukuk, mais il est certain qu'ils n'ont pu descendre jusqu'à l-x mer Arctique par les rivières Koyukuk et Colville, puisque celles-ci sont séparées à leurs sources par une distance de 100 milles. Le Colville se jette dans la mer Arctique par environ 151° Ions:. Bien que l'épellation ci-dessus ait été acceptée, le ' Colvile ' de ^îurray est réi^llement plus correct, car ce nom a été donné à cette rivière en 1837, en l'honneur d'Andrew Colvile de la Compagnie la baie d'Hudson.

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que le sol se compose de sable) sunt pour la plupart dénudés ou parsemés ci et là de (pielques petits bouleaux et de saules, car le bois de quelque importance ne se rencontre que sur les rives ou sur les îles. Au nord-ouest, ù l'ouest et au sud nous sommes entourés de montagnes élevées dont la distance varie de 40 à 100 milles; nous apercevons distinctement d'ici celles qui sont situées au sud et leur aspect est trr-s rude Au deli"! do (■fllc--ci. s'étend au sud-ouest aussi loin que les sauvages ont pu pénétrer, une région montagneuse. A partir de l'embouchure de lu rivif-'i-f des Mountain Men jusqu'à la mer polaire, on dit qur le terrain est très bas, marécageux et qu'il s'y trouve peu de bois. Il est rapporté que la région située au nord de la rivière Porcupine, entre le Yukon et le McKenzie, ressemble généralement au voisinage de la rivière Peel et que les endroits où il n'y a pas de montagnes sont couverts de lacs et de marais. Les montagnes Carribevx s'étendent sans interruption depuis les Ramparts sur la rivière Porcupine jusqu'à l'embouchure du McKenzie ; elles sont uniformes et arides à moins que l'on considère comme de la végétation les couches de mousse et les touffes de bruyère qui ont été épargnées. Les terres sont différentes dans le voisinage des sources des rivières Porcupine et Peel et les montagnes sont rocheuses. J'ai rencontré deux hommes de la bande des " îs^aheiy ", sauvages qui habitent les montagnes dans la direction de la source de la rivière GraveP et je me suis renseigné un peu sur la source de cette rivière. La principale branche prend sa source dans un lac et les autres branches sortent des montagnes; on nous apprend que la tête de la rivière Gravel est beaucoup moins éloignée du lac Frances qu'elle ne l'est de la partie supérieure de la rivière Peel et de la sorte il faut peu compter sur cette région-là pour établir des communications entre ici et le McKenzie. On nous dit (|ue h région qui s'étend entre l'endroit où nous sommes et le confluent des rivières Lewis et Pelly à le même aspect que l'endroit où

1. Rivière Gravel, uu tribiitaire du Mackenzie dans lequel elle se jette au-dessus du fovt Norman par environ 125° long. Elle se rapproche à sà partie supérieure des sources des rivières MacmiUan et Stewart, tiibutaires du Yukon. En 1898-99, des prospecteurs hivernèrent sur le l.aut de cette rivière, puis de sa source ils atteignirent la rivière Stewart et arrivèrent à Daweon vers le mois de juin 1899. Cette rivière a e te tracée sur la carte de 1899. indiquant les parties qui forment le territoire du Yukon et le district du Mackenzie; en 1908 elle eet indiquée d après les ébauches préparées p«r ces prospecteurs. Eli a été explorée pour la première fois par un officier de la Commission géologique.

!M) Al;OIII\KS C.VNADIKNNKS

nous soiniuoH, à r('.\c('i)tiou (jn'il s'v rciiroiii re plus de l)ois et ({lu' la rivière est aussi la uirnio, rapide, jiar-euiée do battures et de hauts-fonds et dittieile à remonter même |)our de^ eanots. Je ne crois pas qu'il y ait sur cette rivière un meilleur endroit pour un établissement que celui que nous avons choisi. Nous sommes' i)Our ainsi dire au centre de cette contrée, à proximité de cinq différentes bandes de sauvages et je présume — mais les Russes qui sont près de nous ont déjoué tous mes calculs — que si nous n'avions pas de concurrence, je pourrais compter presque sûrement sur 300 hommes qui viendraient régulièrement trafiquer ici. A l'exception du pékan il se trouve ici en abondance toutes les variétés de fourrures que l'on trouve dans les autres districts du sud. Les loutres sont très rares hormis que les sauvages en tuent bien peu ; le castor j est aussi abondant que partout ailleurs et bien qu'il n'y ait pas de martes en grande quantité dans notre voisinage immédiat, cependant les sauvages en tuent un grand nombre. Les renards abondent dans cette région, surtout les renards argentés et les renards rayés, ainsi que les wolverines et le grand loup gris y est souvent rencontré ; quant aux lapins ils ne peuvent rester longtemps en aussi grande quantité que l'hiver dernier parce que les l}^^x sont trop nombreux. Il s'y trouve aussi des ours noirs, bruns et gris; ces derniers qui sont les plus nombreux infestent les montagnes au sud et au sud-ouest ainsi que la région qui les sépare. Ils sont grands et ont le même caractère féroce que ceux du sud; les sauvages en tuent bien peu parce qu'ils évitent de les rencontrer autant que possible, car ces animaux attaquent les premiers et à moins que les s^auvages ne soient assez nombreux pour leur faire face, ils se sauvent généralement dans leurs canots ou grimpent sur les arbres. Quand vient le printemps (mars et avril) la quantité d'élans est telle que cette rêoion n'a pas de rivale; il suffit d'être bon chasseur et de profiter d'un coup de vent pour en tuer quand on en a besoin. Le caribou fréquente les terrains élevés aux environs des Ramparts de la rivière Porcupine à une distance de quatre jours de marche d'ici durant l'hiver ; sur les montagnes au sud on ne rencontre que le caribou qui appartient à la grande variété.^ Xons avons des la-

1. A regard des divers animaux à fourrure que Murray a trouvo au Yukon, on peut consulté l'ouvrage de Nelson, intitulé Report upon Natural Historii Collections viade in Alaska^ 1877-1881, ainsi que celui de Petroff, intitulé Alaska, p. 55 et seq. avec la ^érie de cartes intéressia.nte9 indiquant les clauses des divers animaux à fourrure.

JOl.ltiNAL DU YL'KO.V Ul

pins autant que nous Ic (Icsinniri et quant aux sortes de poissons je vous ai déjà tout dit ce qui eu était. Le sol est sec, sablonneux et très bon pour l'agriculture dans une région froide coniuie celleci ; j'ignore jusqu'à quel i)oint on peut le cultiver avec sufcès: en tout cas nous sommes sur le point de nous en rendre compte. Je commence à craindre que l'été ne soit trop court et les quelques pommes de terre plantées après notre arrivée (le 1er juillet) et que l'on a laissées croître aussi longtemps que la saison l'a permis, ont été arrachées le 13 .septembre après l'apparition des effets de la gelée sur les rivières. Dix pommes de terre, coupées en morceaux comme d'habitude, ont été plantées et elles ont produit près d'un gallon ; de celles que nous avons récoltées, dont la grosseur variait depuis celle d'un pois jusqu'à un œuf de perdrix, nous n'avons pu en conserver ([u'une demi-douzaine environ durant l'hiver, bien que nous les ayons entourées de mousse et placées dan^ la maison, dans du sable sec. Le reste des pommes de terre que nous avions apportées, avait été placé dans un baril rempli de sable pur, ce qui était le meilleur moyen de les empêcher de pourrir, afin d'en préserver les germes d'une manière ou d'iuie autre. Lorsque nous les avons examinées durant l'automne, nous avons constaté qu'elles en avaient produit de nouvelles et que celles-ci avaient puisé leur croissance dans la substance des anciennes, car le sable pur n'avait pu leur fournir de nutrition. jN^ous préparons la terre dans le moment et demain ou après-demain nous en planterons; en même temps nous sèmerons de l'orge et les autres graines que vous avez eu la bonté de m'envoyer et puisse Dieu nous accorder un été propice, ne le serait-il que pour les pommes de terre, car pour sauver ce produit je puis tout faire.

Quant aux bestiaux, on aurait pu trouver sans difficulté du foin pour en nourrir mille têtes, car dans toutes les directions nous voyons en automne des marais recouverts de longues herhes.

La îpopulation de cette région depuis la Pelly jusqu'à la mer polaire — j'entends le long du Youcon et de ses tributaires — doit être près de mille hommes, c'est-à-dire hommes et jeunes gens capables de chasser,^ Quant aux femmes et aux enfants il

1. Voir Richardson à ce sujet, I, 397. Richardson reproduit presque mot à mot eetta partie du journal de Murray, à l'exception de l'épellation des noms d© tribus oui est difiérente quelques fois. On trouve dans Richardson Artez-Kutchi pour " Arlez-Koochin '' dans cette copie; Tathzey-

y 2 AKomvEs oanadiennks

serait inulilo d'en rechercher le nouibro, mais je suppose qu'ils forment une proportion considérable. Comme je n'ai rencontré que trois hommes qui se sont rendus jusqu'à la Pelly/ je n'ai pas pu me renseigner beaucoup sur les tribus qui se trouvent aux environs des rivières Lewis et Pelly et dans la direction du Great Lahe; toutefois entre la rivière Pelly et la côte se rencontre une bande appelée " Arlez-Kootchin " (gens durs ou solides) dont le total est de 100 environ. Dans le voisinage des sources de la rivière Deep et à l'ouest de celle-ci, habitent les '' Tchu-Kootchin '' (gens de l'eau) ; ils comptent aussi 100 hommes environ. Sur les bords du Youkon, au-dessous du contluent des rivières Lewis et Pelly se trouvent les "Fathzei- Koochin " (gens des Ramparts) ; cette bande qui ne compte que 20 hommes et la bande précédente font le trafic avec les Eusses sur la côte. Entre ces derniers et les terres qui appartiennent aux natifs d'ici se trouvent les " Han-Kootchin " (gens de l'eau) appelés Gens-du-fou ; cette bande qui compte 230 hommes est la plus considérable des alentours. Ces sauvages sont divisés en quatre bandes; les " Frawtsee-Kootchin " (gens du confluent) composent la bande d'en haut. Les Gens-du-fou habitent une grande région qui s'étend des sources des rivières Porcupine et Peel jusqu'à celles de la rivière des Mountain Men; ils vont souvent rencontrer les Eusses sur la côte mais ils leur arrive fréquemment de trafiquer par l'intermédiaire d'autres sauvages. (Quelques-uns avaient l'habitude d'aller à la rivière Peel oii seize d'entre eux s'étaient rendus le printemps dernier ; plusieurs

Kufchi pour " Fathzei-Kootchin " ; Tràtzè-kutehi pour " Frawtsee-Kootoliin " et Zekà-thaka ou Zi-unka-kutchi pour " Teeathaka " ou " Teoounka- Kootchiu ". La manière différente de lire le manuscrit original peut expliquer jusqu'à un certain point ces épellations diverses, et comme Richardson a entendu sans doute prononcer ces noms par Bell et d'autres, qai sont allés au Yukon, il est plus sûr d'accepter son orthographe comme correcte. Dans cette copie " Arlez " devrait sans doute se lire " Artez " ; " Fathzei " devrait s'écrire " Tathzei ", " Frautzei ", " Trawtsee ", •' Teathaca ", " Zeeathaoa ", " Tecounka ", " Zecunka ". De telles erreurs dans la transcription des lettres initiales du manuscrit peuvent se faire facilement. En outre Richardson croit que son orthographe est plus conforme à l'articulation des noms sauvages. Quant au nombre d'hommes et de jeunes gens compris dans ces différentes tribus, les chiffres de Murray peuvent être comparés avec ceux de l'agent principal, James Anderson, dont le dénombrement de 1858 est reproduit dans Yukon Report de Dawson (Commission géologique 1887-8, 20-')B). D'après Anderson le nombre de ceux qui visitent le fort Yukon, le poste Lapierre et le fort McPherson est de 1179, y compris les femmes et les enfants, de sorte que si ce dernier chiffre et celui de Murray sont à peu près corrects, la population aurait diminuée considérablement dans l'intervalle de dix années.

1. Comme il a été dit précédemment, chaque fois qu'il est fait mention de la Lewes il s'agit de la Pelly et vice i^ersa.

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sont venus ici durant l'été et l'automne mais ce qu'ils ont apporté ne valait pas grand chose. Les sauvages d'ici sont les "Kootcha- Kootchin" (gens des terres basses) ; ils sont divisés en trois bandes qui forment un total de 90 hommes. Plus bas sur la rivière se rencontre les "Teeathaka" appelés quelques fois les ''Tecoiinka-Kootchin " (gens de ce côté-ci ou gens du milieu) ; ils no comptent que 20 hommes et comme les sauvages d'ici, à l'exception de quelques-uns qui ont pu voir les Eusses, ils n'ont jamais eu de relations avec les blancs. A l'ouest de ces derniers se trouvent les " Tannin-Kootchin " (gens des huttes) qui comptent au delà de 100 hommes et plus bas aux environs de la bifurcation de la riviove Russian habitent le? " Teytseh-Xootchin" (gens de l'ombre ou de l'abri) qui comptent environ 100 hommes. Ces deux bandes trafiquent régulièrement avec les Eusses et depuis la première apparition de ces derniers sur le bas de la rivière, elles avaient l'habitude d'acheter les fourrures des sauvages d'ici. Dans le voisinage de l'embouclnire de la rivière se trouvent deux autres bandes appelées " Tlagga-tsilla '' (petits chiens), nom qui leur a été donné par les sauvages d'ici; leur nombre n'est pas connu mais il est supposé que ces sauvages comptent plus de 100 hommes. L'on croit qu'ils n'ont pas rencontré les Eusses et qu'ils trafiquent les fourrures qu'ils peuvent préparer avec les Esquimaux de l'ouest à l'embouchure de la rivière. La région située aux environs de la rivière Porcupine, surtout au nord de celle-ci, appartient aux " Vanta-Kootchin " (gens des lacs) connus à la rivière Peel comme les distant Rat Indians dont le nombre est de 80 hommes environ. "Letter Carrier ", leur chef, et peut-être le tiers de sa bande out toujours trafiquer à la rivière Peel depuis que le fort y a été érigé. Les " ISTeyetse-Kootchin " (gens de la grande région) font presque partie de la dernière bande, car ils n'ont pas de chef propre ; leur nombre est de 40 hommes environ et à l'exception de quatre qui sont venus ici durant l'automne, les autres n'ont jamais vu les blancs. Les sauvages sur lesquels on peut compter ici pour le trafic comprennent les " Kootcha-Kootchin ", environ une centaine des " Gens-du-f ou ", la "Bande du milieu", les " Gens-du-Laye " et peut-être une cinquantaine des ^'Hommes des lacs", en tout 300 hommes. Cependant s'ils savaient trouver ici en quantité considérable les marchandises

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qu'ils (Icmamleiit, c'est-n-ilire des perles et des fusils, je crois (liriiii j)liis <;r;iud uoinbir y viendraient.

Je dois maintenant vous faire vine description plus complète des natifs de cette i)artio du monde. Les Loucheux et les sauvages d'ici parlent le même langage; maigre la prononciation qui est un pen ditîérente et certains mots entièrement différents, l'interprète comprend facilement les uns et les autres. La lumdc du Milieu et les (Icns des BuHcs parlent au-^si le mr-me langage. Les sauvages à l'ouest et au sud de nous, entre ici et la côte, ont une prononciation qui diffère sensiblement, mais ils se comprennent les uns les autres; il est indubitable que l'on parle le même langage dans toute la contrée, entre l'embouchure du ]\fcKenzie et le détroit de Behring, à l'exception des Esquimaux le long de la côte nord. Ces derniers s'appellent euxmêmes, et toutes les autres tribus en font autant, les Gens " Kootchin " ; ce dernier mot se prononce entièrement à la rivière Peel, mais ici la lettre " n " est à peine articulée et l'on prononce fréquemment Kootchi. A l'ouest et au sud-ouest se trouvent les TchukootcMns (gens de l'eau) ; ce nom et celui de Tcliuktclies sont le même, et ce dernier, si je me rappelle bien, est le nom donné aux habitants qui se trouvent sur le côté opposé du détroit de Behring. Il y a du côté ouest une bande qui porte le même nom et il n'y a pas de doute qu'à l'origine les deux ne formaient qu'une même tribu.

Les Gens du fou parlent différemment et leur langage qui est un mélange de loucheux et de nawhawny est à peu près le même que l'on entend vers le lac Frances. Un certain nombre des Gens du fou, ceux qui se trouvent le plus au nord, comprennent bien le loucheux.

Tous les sauvages que j'ai vus s'habillent à peu près de la même façon, toute la différence consiste dans la manière de porter les cheveux et quelques-uns de leurs ornements.^ Ils

1. Quant au dialecte des Loucheux et des Kutchin, aux liens de consanguinité et rl'affinité entre ces deux tribus de même qu'à la signification et à l'application du nom Kutchin, voir l'Alaska and its Resources de Dali, l'Alaska de Ptrtoff, les Notes on the Tinneh or Chipewyan Indians of British and Rvssion America de Gibb dans le Smithsonian Report, 1866, et le Yukoji Report de Dawson dans la Commission géologique, 1887-8, 203B.

2. Quant à la toilette et aux ornements des Kutchin, ainsi qu'à la manière de porter leur cheveux et quant aux vêtements des hommes et des femmes, aux armes, aux tentes, etc., comparer avec Richardson, I, ch. xii, avec les Kutchin tribes de Strachan Jones, les notes déjà citées de Gibb, l'Alaska de Dali et de Petroff et le Journey to the Youcon dans le Smithsonian Report, 1864.

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portent une capote ou chemise de peau de cerf préparée, pointue en avant et qui a la fonue d'un frac en arrière; une larfjje bande de perles partant des épaules traverse la poitrine, tandis qu'en arrière ils portent une frange de perles de fantaisie avec de petits glands de cuir entourés de piquants de porc-épic, enfilés avec des noyaux de baies blauclici cijuiniuiics daus (-(îlte régiou. Le Neather garment est simplement un pantalon de peau de cerf retenu par une ceinture étroite autour de la partie inférieure du corps; ce vêtement est orné de chaque côté d'une bande de perles d'une largeur de deux pouces environ qui s'étend de la hanche jusqu'à la cheville et d'autres bandes de perles entourent la jambe et la cheville. Le pantalon et les souliers sont pris dans la même peau et les bandes qui entourent les jambes se composent de perles rouges et de blanches : assez souvent ces bandes sont remplacées par de simples franges et quelques fois ceux qui sont pauvres se contentent de piquants de porc-épic. Les perles sont portées de toutes façons sur la poitrine et sur les épaules et quelques fois de gros rouleaux de toutes les couleurs leur servent de collier. Les bandes qui ornent la tête se composent de petites perles de couleurs variées et de petites coquilles (comme celles que vous m'avez envoyées) ; ces coquilles sont toujours un ornement pour le nez et les oreilles» Les cheveux sont attachés en arrière et ornés de coquilles. Ils apportent toujours avec eux leurs mitaines qu'ils considèrent comme un ornement ; ils leur arrive même de les attacher à quelques-uns de leurs fusils. Chaque homme porte suspendus à son cou deux petits sacs contenant de la mine de plomb et de la terre rouge pour se colorer (le visage) ; chacun se bariole à sa fantaisie, mais le plus souvent la partie supérieure des joues et le tour des yeux sont peints en noir, le nez est aussi marqué d'une raie noire à son sommet, le front est couvert de raies rouges étroites et le menton orné de raies rouges et noires. Dans les cheveux sont fixées en arrière des plumes d'aigle et de faucon qu'ils enlèvent seulement pour se coucher ou pour s'en servir en dansant. Les " Gens du fou " et les sauvages d'en bas mêlent à leurs cheveux de la terre rouge avec de la graisse et du duvet d'oie et de canard ; il s'ensuit qu'après avoir suivi cette coutume depuis l'enfance la natte devenue aussi grosse que la tête atteint une immense longueur et devient si pesante une foia ornée de perles et de coquilles et saturée de malpropretés, que

I) (I AUC'lllVES CANAIMKNNKS

le con se penclie en avant et donne à ces sauvages nne apparence courbée. Leurs armes se composent de l'arc ordinaire et de flèches, du couteau et du poignard russes et de la lance. Leurs couteaux sont en fer, mais les manches de fantaisie et les lames cannelées ont plus de valeur pour eux que la trompe nic-nie de ces couteaux; ils se plaignent que les nôtres sont trop durs et trop difficile? à aiguiser. Ils portent le carquois sur le côté «jauche au moyen d'une corde qui entourent les épaules; jusqu'à dernièrement bien peu avaient des fusils, mais ceux-ci sont fort demandés aujourd'hui. Des 90 hommes qui composent la bande 12 seulement avaient des fusils, mais un nombre beaucoup plus considérable sont munis de poires à poudre qu'ils ont obtenues des autres sauvages et tous emportent des munitions quand ils peuvent s'en procurer afin d'obtenir une part de ce qui est tué par les propriétaires des fusils. Les vêtements d'hiver consistent en une capote de peau de lapins et en im pantalon de peau de cerf munie de son poil ; ce dernier est toujours porté sur la peau. Ils apportent toujours leurs habits de toilette qu'ils portent le soir, soit ici ou dans leurs tentes. Les femmes s'habillent à peu près comme les hommes, à l'exception que leurs capotes plus longues ne sont pas taillées en pointe en avant; elles portent aussi moins d'ornement et leurs cheveux sont rarement noués. Chaque famille est munie d'une tente en peaux de cerf revêtues de leur poil afin de préserver la chaleur en hiver ; ils se servent rarement de ces tentes durant l'été. En hiver ils campent au milieu d'une touffe de pins ; le sol est déblayé et la tente est dressée au moyen de perches de saule qu'ils transportent généralement avec eux sur leurs traîneaux. La neige est ensuite entassée jusqu'à mi-hauteur, l'intérieur est recouvert de petites branches de pin et la petite ouverture qui sert de porte est fermée avec une peau de cerf. Bien qu'il n'y ait qu'un petit feu dans cette sorte de tente, elle est aussi chaude que la plupart d"es maisons. Leurs provisions qui se composent généralement de poisson séché, sont placées à l'extérieur dans une cache préparée avec des branches recouvertes de neige et dont l'ouverture est fermée avec leurs traîneaux. Ils sont mieux vêtus et en général ils vivent beaucoup plus confortablement que les sauvages du McKenzie. En hiver les femmes sont chargées des travaux fatigants qui consistent à amasser le bois de chauffage, à traîner les bagages avec les chiens, à aller chercher de la neige

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pom- se procurer do renii, elc, mais ce sont toujours les lionmicqui cuisinent et il n'est pas permis aux femmes de manger avant que les nuiris se soient assouvis. Ils traitent généralement leurs femmes avec bonté mais ils en sont très jaloux. Les principaux de la nation ont deux ou trois feuuues cliaenu; un vieux chef en a même cinq, tandis que d'autres qui possèdent peu de perles (celles-ci sont leurs richesses) pour parer les fenniie>, restent célibataires, mais un bon guerrier, quoique pauvre, peut toujours avoir une femme. En été les femmes ont peu de chose à faire et leur travail se borne à faire sécher le poisson et la viande; les hommes conduisent seuls les canots et les femmes sont considérées comme des passagers. J'ai même vu des hommes transporter celles-ci des canots jusqu'à un endroit sec de crainte qu'elles ne se mouillassent les pieds. Les hommes, qui sont élancés mais bien constitués sont de taille moyenne; ils ont les traits réguliers, le front élevé et une complexion beaucoup plus délicate que les autres sauvages que j'ai vus. Les femmes sont semblables et il y a actuellement ici une femme, celle d'un chef, qui serait aussi jolie qu'aucune autre femme, sans ses vêtements horribles et son visage tatoué, car les femmes ont toujours le menton tatoué et elles se servent presque toutes de noir pour se colorer le visage. Les enfants ne sont pas attachés dans des sacs garnis de mousse, sorte de berceaux en usage chez les autres tribus, mais ils sont placés sur une espèce de siège fabriqué avec de l'écorce de bouleau dont la partie postérieure et les côtés sont disposés à la manière des chaises à bras, tandis que la partie antérieure est façonnée sur le modèle d'une selle espagnole. C'est dans cette sorte de berceaux que les femmes portent leurs enfants au moyen d'une lanière enroulée autour des épaules comme c'est la coutume. Les jambes de l'enfant protégées par des bottes pendent de chaque côté et les pieds sont emprisonnés pour les empêcher de se développer. Aussi voyonsnous chez ces sauvages toutes sortes de pieds courts et difformes, mais pour eux c'est la manière d'avoir de beaux pieds. La danse et le chant sont leurs amusements favorits et comme sauteurs et lutteurs ils surjDassent tous les autres sauvages que j'ai vus; ils S3 livrent aussi souvent à d'autres exercices de force et d'agilité, lorsque différentes bandes qui sont dans de bonnes relations se rencontrent. Ce sont des parleurs invétérés et chacun en arrivant débite un discours que nous devons écouter avant qu'il se

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décide à franchir la porte; il nous apprend où il est allé, ce qu'il lui en a coûté pour nous procurer telle et telle chose et comme il doit être bien payé; il parle aussi des agissements des autres bandes, etc., etc., et il ne faut pas l'interrompre avant qu'il ait fini, même dans les jours les plus froids de l'hiver. Ils ont, comme toutes les autres tribus, leurs bons et leurs mauvais esprits auxquels ils s'adressent rarement, hormis qu'il s'agisse de nuiladie ou de guerre, et, en ce cas, ils invoquent génoi-aloniont le mauvais esprit car ils le craignent beaucoup et d'après ce qu'ils racontent cet esprit fait des choses étonnantes parfois. Ils ont aussi leurs " médecine men " ou sorciers qui, à leur sens, ne peuvent communiquer qu'avec le mauvais esprit et prédire la mort. Ceux-ci sont considérés par les autres avec une crainte mêlée de respect ; s'il arrive que quelqu'un meurt après avoir eu une querelle ou une dispute avec une autre bande, tous croient que la mort est causée par le sorcier de cette bande et en ce cas un parti considérable est chargé d'aller venger la mort de leur ami s'il n'est offert un dédommagement immédiat sous forme de perles ou de peaux dont le nombre est fixé à vingt, cinquante ou soixante suivant le rang du défunt. Comme je l'ai déjà dit, une bande de cette nation, celle d'en bas, a été en guerre avec les " Teytse-Kootchin " qui ont perdu cinq des leurs, mais ces derniers n'ont pas été tués dans un engagement, car il est rare qu'un combat en règle ait lieu; leur mode de faire la guerre consiste à surprendre l'ennemi pendant la nuit ou à s'embusquer dans le voisinage de son campement et à massacrer les rôdeurs qui leur tombent sous la main. La cause de cette querelle remonte à l'été dernier alors que la femme de l'un de nos principaux hommes mourut subitement peu de temps après son arrivée ici. Xous fûmes d'abord tenus responsables, mais comme une telle absurdité ne pouvait être maintenue, le blâme fut dévolu sur la bande d'en bas qui avait eu quelque malentendu avec le mari de la défunte. Plus de trente guerriers descendirent la rivière en canots et ils avaient gagné la rive pour dormir lorsque cinq " Tevtse-Koochin " arrivèrent sans soupçons. L'un d'eux se trouvait beaucoup en arrière des autres et les quatre premiers auxquels on avait permis d'aborder furent poignardés en un clin-d'œil et dépouillés de leurs perles et de leurs ornements. Celui qui se trouvait en arrière arriva ensuite, mais ne voyant pas ses comj)agnons il soupçonna que quelque

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chose allait mal et refusa d'aborder; il se réfugia sur une batture et c'est de là qu'il parla aux guerriers de l'autre côté du chenal. Deux de nos sauvages s'esquivèrent avec leur canot à travers les saules, s'embarquèrent plus haut derrière une pointe et descendirent la rivière comme s'ils avaient appartenu à un autre parti. Ils se dirigèrent vers la batture où se tenait l'étranger, informèrent celui-ci qu'ils descendaient la rivière, qu'ils seraient heureux en sa compagnie, car il était beaucoup plus agréable de se trouver deux ou trois ensemble et ils chantaient en s'avançant. Il attendit jusqu'à leur arrivée et il était sur le point d'embarquer dans son canot lorsque le Little Chief lui donna un croc-en-jambe qui le fit tomber à l'eau et l'autre sauvage le poignarda avant qu'il eût le temps de se relever. Les guerriers (meurtriers) continuèrent leur trajet dans l'intention de pousser encore plus loin la vengeance, mais ils revinrent sans avoir fait d'autres victimes, car les sauvages qu'ils poursuivaient se trouvaient en trop grand nombre pour les attaquer avec succès.

Quatre des sauvages d'en bas ont été tués un peu au-dessus d'ici il y a deux ans. Ils arrivèrent un soir à la tente d'un vieillard malade; celui-ci, qui était campé seul n'avait que ses deux fils dont l'un était un jeune garçon. Les visiteurs -entrèrent dans sa tente en se donnant pour des amis, mais plus tard les deux fils constatant que ces derniers ne dormaient pas et soupçonnant leurs intentions, sortirent de la tente en disant à leur père qu'ils allaient visiter les pièges et ils apportèrent leurs arcs et leurs flèches. Ils attendirent à l'extérieur jusqu'à ce que la conversation qui avait lieu en dedans leur apprit que la vie de leur père était menacée et comme ils savaient où les étrangers se trouvaient assis, ils en tuèrent deux avec leurs flèches lancées à travers la tente et les deux autres furent abattus de la même façon en essayant de fuir. On parle de cela comme d'un acte de bravoure remarquable. Cependant ils parlent rarement de leurs revers et ils doivent avoir été moins heureux que quelquesans de leurs adversaires, car il y a* vingt ans, disent-ils. ils formaient une grande nation, mais comme ils ont toujours été en guerre plus de la moitié des leurs ont été tués. Au dire de tout le monde ils sont très perfides et il ne leur en coûte pas plus de prendre la vie d'un homme que de tuer un élan. Ils se sont bien comportés à notre égard, sans doute parce qu'ils n'ont jamais vu de blancs; cependant je dois mentionner le fait ci'-

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après coiuine une exception. L'lin de ceux qui étaient ici l'automne dernier clierclui Ti pénétrer dans la maison de M. Hope, alors que la femme de celui-ci s'y trouvait seule; elle lui ferma la porte au nez mais il essaya une seconde fois de l'ouvrir et il alla jusqu'à menacer la femme de son couteau. Comme il l'a dit par la suite, il ne voulait que l'effrayer et je crois qu'il n'avait j)as d'autre intention; néanmoins il a été jugé à propos de lui adresser une sévère réprimande et ordre lui a été donné de ne i^Ius entrer dans cette maison, (-'est la seule fois que j'ai eu à me plaindre de ces sauvap;es. Je n'ai jamais constaté que quelqu'un d'entre eux ait volé, mais je dois dire que nous leur donnons peu de chance de s'emparer de quoi que ce soit, car nous exerçons une stricte surveillance; en tout cas il ne faut pas s'y fier. Comme ils sont presque constamment en guerre et que leurs ennemis sont toujours à craindre, ils se groupent généralement en bandes nombreuses. Ils passent l'été à faire la pêche surtout et se préparent alors pour l'hiver une provision de truites et de poissons blancs séchés. Ils barrent les petites rivières et les parties étroites des lacs avec des piquets et ils attrapent le poisson au moyen d'une sorte de paniers de saule placés à cette fin avec lesquels ils font quelques fois des pêches abondantes ; ils ne se servent jamais de filets qu'ils ne connaissent même pas. En automne et en hiver ils vivent de lapins et d'élans; ces derniers sont généralement pris au piège, car bien peu de sauvages i3euvent les tuer autrement; cependant il y a une telle abondance de ces animaux qu'ils en tuent souvent avec des fusils. Le jeune chef a été employé ici comme chasseur du fort et il a eu beaucoup de succès, mais il est considéré comme le meilleur chasseur d'élan de toute la bande. Vers le printemps ils se dirigent du côté de la région des caribous pour faire une provision de viande sécliée, mais cette chasse a surtout pour objet de se procurer des peaux pour se vêtir. Bien peu de leur temps est employé à faire la chasse pour acquérir des fourrures, mais ils parlent comme s'ils pouvaient en accumuler autant qu'ils le désireront en n'importe quel temps; la saison qui suit immédiatement la rupture de la glace est le temps le plus favorable pour , tuer le castor.

Comme je crois en avoir assez dit sur le compte de ces barbares, je vais ajouter, pour varier ce sujet, quelques silhouettes et quelques échantillons du langage de ces gens qui ^ous intéresseront peut-être.

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Saveeah, chef des Kootcha-Kootchin.

JOUItNAI, DU VfKOX I(||

La silhouette ci-contre est celle de " Saveeali ",' le principal chef des Kootcha-Kootchiii ; il était pré.^cnt lorsciuc je faisais ]<-. portrait des autres et il uie fit remarquer qu'il ne voyait pas le sien. Je lui ai offert de faire l'esquisse de sa personne pour l'envoyer au grand chef blanc et depuis une demi-heure il se tient assis et s'efforce de composer son plus sédui.sant vi-atio. Il est très fier de son apparence sur le papier, bien que son portrait ne soit pas un succès car, à l'exception de la bouche, rien ne lui ressemble.

Je dois vous faire remarquer ici que tous les chefs des alentours sont jeunes ; une fois devenu vieux un chef n'est pas beaucoup considéré. Celui dont je viens de faire le portrait n'a jamais vu de blancs avant notre arrivée. Il nous a apporté plus de fourrures et plus de viande que tout autre et c'est à lui que sera donné l'habit après notre retour du poste Lapierre.

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