L'on doit sans doute lire " le Youcon
l' M.-CIIIVKS CAXAIHr.NNKS
jus(|u'iiu troiu:()n, |»«>iw m':ic<|\iitt('r dc cette tAclio, (J'est vous dire qu'il n'est pas en mon pouvoir de tracer un paysage avec de tels instruments et «juo vous devrez vous contenter des quelques ébauches que vous trouverez disséminées à travers ces pages.
Je me suis proposé de former un lirrr, avec cette lettre, et conmio il doit être rempli d'uiu» maiiièi-c ou d'une autre, je vais vous faire le l'écit complet de mon voyage au Youcon. Mon journal sera peut-être i)our vous ce que le Jolinsons Dictionary a été pour ^[. Peniel, "//;• \and\ flrif recrtin " , mais il est })ossil)le que les [directions]' et les distances indiquées puissent être utiles. Pour ne pas abuser de votre temps ou du mien je vais terminer ici mes reuuirques préliminaires.
Permettez-moi de vous transporter à notre point de départ sur la rivière Peel."
Fort Macpliersou.. De la batture qui se trouve eu face, juin 184Y. Le fort est tel qu'il était il y a un an, mais je puis certifier qu'en réalité il est loin d'avoir l'apparence que l'on trouve sur l'esquisse qui en est faite.
VOYAGE DE I.A RIVli-^RE PEKL AT VOITOOX.
Nous sommes partis du poste Lapier le 11 juin 1847. Mon parti se composait de M. A. McKenzie,^ de liuit hommes et d'une femme, accompagnés de deux hommes de la rivière P. et de quatre sauvages pour aider à transporter les effets à travers les
1. Cette emendation et la précédente sont conjecturales; elles remplacent des mots illisibles du manuscrit.
2. Ainsi nommée par sir John Franklin en l'honneur de sir Robert Peel. Franklin la visita poiir la première fois en revenant de son expédition par terre à la mer Arctique. Elle fut explorée par Bell en 1839 et par A. K. Isbister, un autre fonctionnaire de la Compagnie de la baie d'Hudson, 1840-41. Une exploration plus minutieuse fut faite par le comte V. E. de Sainville en 1S93, et en 1905 elle fut explorée d'une manière complète par C. Camsell. Voir Account of his own and Bell's exploration, Isbister, dans le Royal Geographical Journal, vol. XV; le Report on River Peel and Tributaries, Commission géologique, 1904 et Commission géologique, 1888-9, 114 D.
3. Erigé en 1840 par Êell. pour la Compagnie de la baie d'Hudson. Ainsi nommé d'après le premier agent Murdo ou Murdock McPherson. Encore maintenu par la compagnie c'est son établissement le plus au nord. Il est situé sur le côté est de la rivière Peel. Voir rapport de Camsell, '•36CC. C'est à la description qui s'y trouve que l'auteur fait allusion.
4. Alexander McKenzie. Plusieurs personnes de ce nom s'occupèrent de la traite à différentes époques, sans compter le grand explorateur qui a donné son nom à la rivière Mackenzie. Celui dont parle l'auteur était un commis à l'emploi de la Compagnie de la baie d'Hudsoa. C'est probablement le même Alexander McKenzie mentionné dans MacKenzie Basin, de Mair et Macfarlaue, comme ayant stationné au fort Resolution, 1860-62.
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montagnes, surtout les patates et le [Barley]' que vous avez envoyés pour semer et un sac supplémentaire de pcmmican.^ Le sauvage loncheux' ' Vandeli ' engagé auparavant comme clias.<eui''au fort et comme interprète auprès des "Gens du fou'V partit en même temps que nous avec ses deux femmes et ses deux enfants. Il lui fut donné de la viande sécliée pour accomplir le trajet avec les siens jusqu'au poste Lapier après quoi il devait compter sur lui pour sa subsistance et celle de sa famille.
Après avoir pesé la charge que chaque homme devait porter et avoir tout préparé, nous nous mettons en route à l'heure fixée, 7 h. du matin. Nous traversons sur le côté ouest de la rivière, dans le bateau, à un mille environ au-des'^ous du fort et après avoir échangé avec nos amis qui restaient, les adieux habituels et les " God hless yous " , nous prenons nos charges sur les épaules et précédé par un guide sauvage, nous nous engageons dans ce labyrinthe de marais et de lacs qui s'étendent devant nous jusqu'aux collines éloignées. Tout ce bas-fond d'une largeur de quatre milles environ et qui s'étend jusqu'au ^IcKenzie a été inondé par la rivière au mois de mai et se trouve présentement dans un état impraticable. Pendant la plus grande partie du trajet nous avançons dans l'eau jusqu'aux genoux et souvent nous enfonçons jusqu'au milieu du corps dans la boue et dans l'eau. Le temps était clair et chaud et les maringouins avaient commencé leurs ravages, ce qui reudait le commencement du voyage fort désagréable. En trois heures nous avons franchi cet abîme du désespoir, slough of dispond, et une heure après nous atteignons le sommet des collines les plus rapprochées de la rivière Peel, où nous prenons un peu de repos, avec une ration
1. Il faut probablement lire "barley", car il est constaté oilleurs que Murray en apporta pour son voyage.
2. Pour la méthode de préparer le pemmican, y compris les objets nécessaires, voir Wanderings of an Artist among the Indians of North America, de Paul Kane, p. 78.
3. II en est fait mention pour la premiere fois par sir Alexander Mackenzie lorsqu'il descendit le Mackenzie en 17S9. Sir John Richardson en parle brièvement et ajoute qu'il doit à Bell et à Murray les renseignements qu'il possède à ce sujet. Voir son Arctic Searching Expedition, oh. xii ; Isbister dans le Rep. of Brit. Ass., 1847, p. 122. Les Loucheux appartenaient à la famille des Athapaskans.
4. " Les Tothzey-kutchi ' people of the ramparts ' que les traiteurs et les voyageurs canadiens appelaient " Gens du Fou ".... habitent une grande contrée ciui s'étend des sources de la Porcupine et de la Peel jusqu'à la source de la rivière Mountain Men". Richardson, I, 398.
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de pemmican et de l'eau de marais. Tout le monde se trouvant rassemblé et maintenant en route tout de bon sur une plaine unie, j'ai recommandé à mes hommes de prendre soin des effets de la compagnie, puis je leur ai fait entendre que chacun était responsable de ce qui lui était confié, qu'ils ne devaient pas se séparer pendant le trajet et j'ai chargé M. McKenzie de la surveillance générale. J'ai ensuite pris le devant avec Manuel, le meilleur marcheur parmi les hommes, et un sauvage moins chargé que les autres, avec l'intention d'atteindre le poste Lapier en trois jours afin de répondre à diverses lettres, de prendre les dispositions nécessaires et de ne pas retarder le voyage. Chaque homme portait une charge de 40 lbs sans compter ses provisions, ce qui était un poids assez considérable pour un semblable trajet à cette saison de l'année. Nous avons marché vite pendant quelques heures jusqu'à ce que le sauvage éreinté déclara ne pouvoir aller plus loin avec le fardeau qu'il portait, bien qu'il ne transportasse que mes propres effets et fût moins chargé que les autres ; en tout cas je le débarrassai de sa couverte et le trajet se continua plus facilement ensuite. Bien que nous traversions une région montagneuse et que nous gravissions graduellement des collines en pente, le sol était complètement saturé d'eau ; à peine apercevions-nous quelque- traces de végétation comprenant quelques touffes de bruyère et de mousse disséminées sur un fond boueux et qui ne s'élevaient guère qu'à six pouces au-dessus du sol. iSTous avons traversé ime chaîne de petits lacs qui s'étendaient vers le nord ; les bords étaient libres, mais la glace paraissait encore solide au centre. Plusieurs bandes d'oies ont été aperçues ici, mais nous étions trop pressés pour leur faire la chasse. Sur les bords d'un ruisseau de montagne nous avons trouvé quelques pins nains avec lesquels nous avons fait du feu ; nous avions l'intention de camper là pour la nuit, mais après avoir mangé et fumé nous nous sommes sentis délassés et nous avons poursuivi notre voyage. Il était dix heures lorsque nous avons rencontré un endroit oii il y avait suffisamment de broussailles pour faire du feu, mais il a été difficile de trouver un endroit assez sec pour s'asseoir. Chacun se chercha un monticule cmivert de mousse, puis s'enveloppa dans sa couverte et se livra au sommeil. ISTous n'avons franchi que vingt-cinq
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milles aujourd'hui dans la direction de l'ouest, au uurd de la route d'hiver.^
12. Malgré la fatigue et l'engourdissoiuent ressenti dans les articulations j'ai dormi un peu; de mon lit de mousse j'ai roulé dans l'eau, puis j'ai eu une forte attaque de gastralgie après avoir mangé du pemmican cru qui généralement me dérange l'estomac. C'est pourquoi je me suis levé de boune heure et pour
mon déjeuner j'ai tué une couple de ^ . . . .avant que
les autres s'éveillassent. ISTous nous mettons en route à la même heure qu'hier à peu près et comme nous n'avons pas trop d'obstacles à surmonter nous frauchi'^sons une bonne distance avant le déjeuner. jSTous avons vu plusieurs beaux cerfs et nous en avons suivi un de près en contournant une petite colline, mais comme nos fusils étaient chargés de menu plomb, nou^ l'avons manqué. A mesure que nous approchons des montagnes Rocheuses que nous voyons maintenant devant nous, le sol devient beaucoup plus ferme et bien que la montée soit plus prononcée la marche n'est pas aussi fatigante qu'hier ; les collines sont couvertes d'une couche d'herbe suffisante et il j a des perdrix et des baies en abondance. A midi nous atteignons la base de la chaîne de montagnes où nous étendons nos couvertes pour les faire sécher, puis nous dormons un peu au milieu de la chaleur du jour, car nous préférons marcher durant la nuit alors que le temps est frais, bien que le soleil ne se couche pas à cette saison de l'année. Après s'être reposé nous commençons à gravir les montagnes en zigzags à travers les roches et les amas de neige et nous atteignons le sommet après trois heures d'ascension. Bien que le temps soit calme et la chaleur oppressive dans la vallée, nous jouissons ici d'une brise rafraîchissante; la vue qui s'étend au loin sur la région environnante n'offre rien de saisissant, car de
1. R. G. McConnell suivit absolument la même route du fort McPherson au poste Lapierre en 1888. Il dit: "La marche est excessivement difficile, car le sol est recouvert de mottes herbues et rondes appelées Têtes de jemnies dans cette région ". Ces buttes embarrassantes se rencontrent sur une grande plaine qui s'étend jusqu'au pied des montagnes. McConnell dit que le trajet du fort McPherson au poste Lapierre est de soixante milles environ, et qu'il faut quatre ou cinq jours pour franchir cette distance; que la charge ordinaire d'un sauvage durant ce parcours est de quarante livres sans compter sa couverte et ses provisions et que le tarif pour le transport de cette charge est de quinze peaux ou sept dollars et demi payés en marchandises. Commis, géolog., 1888-9, 116-17.
2. Mot du manuscrit illisible. Il s'agit probablement de perdrix ou piarmifjnn qui se rencontrent partout dans cette région.
-0 Al:<lllVKS CANArMKNNKS
chaque côté l'on n'aperçoit qu'une suite de montagnes stériles' et derrière nous la région onduleuse que nous venons de traverser. La plus haute montagne se trouve sitïiée à six milles au sud environ, et de la rivière Peel c'est celle-ci qne j'avais pris comme point de reconnaissance durant l'hiver. La descente du coté ouest a été plus rapide que l'ascension; il a fallu tantôt glisser sur des rochers ou des })ierres détachées, tantôt avancer en s'aidant des pieds et des mains ou descendre en roulant et quelquefois frauchir des auuis de ueige eu se laissaut glisser de leur sommet. Kntiu, après avoir opéré notre descente sains et saufs, à l'exception de quelques écorchures, nous rejoignons cette partie de la route d'hiver ap])(Oée lîarren Iranise.- A cet endroit tout ce qui peut contenir de l'eau est inondé; chaque amas de neige forme un cours d'eau et les cours d'eau qui en hiver ne semblent que de médiocres ruisseaux sont maintenant des rivières écumantes dont plusieurs interceptent notre route et nous font subir des retards. La dernière rivière à franchir est la plus difficile, car aux endroits où elle est large le courant est trop fort et où elle est étroite la j^rofondeur de l'eau est trop considérable ; nous devons par conséquent suivre le courant jusqu'à une certaine distance avant de rencontrer un point qui parut guéable et nous avons décidé de ne pas aller plus loin. Manuel est le premier à entreprendre la tâche de traverser et il entre dans l'eau lentement pendant que le sauvage et moi nous tenons le collet de son habit ; nous étions sur le point de le tirer croyant la tentative inutile lorsqu'il atteignit le fond et put lutter contre le courant dans l'eau jusqu'à la poitrine. Nous le suivons successivement et chacun se plonge dans cette eau accumulée par la neige fondue, après quoi une marche forcée ramena la chaleur dans nos membres engourdis, mais je constate avec beaucoui> de peine^ la perte d'une certaine quantité de capsules à percussion qui se trouvaient dans la poche de mon gilet et que l'eau avait détériorées, car les capsules à fusil sont rares dans cette région. Xous avons vu plusieurs ])etits troupeaux'* de cari-
1. McConnell dit à ce sujet: "Le contour des montagnes environnantes est régulier, et Taspect de celles-ci est raoriie. Leur élévation au-dessus de la vallée est de mille à deiix milles cinq cents pieds".
2. Ainsi se lit la copie. Il faut sans doute lire barren traverse.
3. La copie de Toriginal se lit I was greatly mystified. Il faut sans doute lire mortified.
4. McConnell dit (Commission géologique, 1904, 47CC) : " Ces animaux Se troiivent en grand nombre dans tout le voisinage de la chaîne de montagne (dans la région de la rivière ePel); il y en a même sur le plateau".
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bous, le long Je cette rivière ([lU semble être l'iin de leurs refuges favoris et où il s'en trouve con.staninient durant l'hiver. Il y avait aus^^i des pluviers et des i^erdrix blanches (nom erroné donné à ces dernières à cette saison de l'année car avec leur j)luniage d'été elles ressemblent plutôt à (\e^ oies) en grande quautité et nous en avons tué deux couples; nous avons ensuite trouvé quelcpies nids dont les œufs ont été avalés crus. A notre arrivée à la chule, sorte de défilé à travers les rochers où les traîneaux et les chiens sont descendus avec des cordes en hiver, nous avons trouvé cet endroit transformé en cataracte mugissante et les rochers de chaque côté impraticables. Xons avons dû par conséquent gravir les collines et nous avancer du côté droit à une distance de deux milles alors que nous avons fait une descente très rapide au moyen de quelques sauts de rochers en rochers, comme aui)aravant, et d'une glissade remarquable du sommet d'un amas de neige presque perpendiculaire, qui nous a transportés an loin parmi les saules de la vallée, îs^ous avons ensuite longé les bords du cours d'eau^ jusqu'à deux heures du matin alors que, complètement é]Miisés, nous avons campé où il y avait du bois sec en grande quantité ; nous avons enlevé nos vêtements pour les faire sécher et nous avons pris nn excellent souper composé de perdrix et de pemmican. La distance parcourue aujourd'hui a été de 28 à 30 milles.
12.^ Î^Tons partons à 10 heures et nous atteignons bientôt la rivière BelP bien connue pour son courant rapide à cette saison-ci. J'avais souvent entendu parler de la difficulté de traverser cette rivière le printemps, mais je ne m'attendais pas à la trouver si gonflée. Nous nous coupons chacun une forte
1. Il s'agit de la branche de la rivière Bell décrite par McConnell dans son rapport, 118D. Murray ne put traverser l'un des cours d'eau de la montagne qui du nord vient se jeter dans la branche ci-dessu';. Il dut par conséquent longer le côté est et traverser plus haiit à une distance de deux milles.