C'est le 13 du mois qu'il faudrait lire
.3. Ainsi nommé d'après John Bell, qui le premier explora son principal cours en 1839. Voir la description de McConnell, Comm. géolog., 1888-9, 121D. La rivière Bfll prend sa source à la hauteur des terres non loin de celle de la rivière Rai et rejoint la Porcupine vers le 137° 30'. La confusion des noms au sujet de cette rivière provient de ce que ce nom de "Bell" au temps de Murray a été appliqué à la branche de la rivière Bell d'aujourd'hui, tandis que celle-ci était alors connue sous le nom de rivière Bnf. Il y avait de fait deux rivières B,at qui prenaient leurs sources dans le même voisinage et dont l'une se jetait dans la Porcttpine et l'autre dans le Mackenzie. Richarscn ajjpelle la première, rivière Eat de l'ouest. Voir .McConnell, 11.5D, au sujet de l'usage de ce double nom.
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perche qui devait nous aider à lutter. contre le courant et plusieurs tentatives inutiles sont faites à différents endroits, après quoi nous suivons sur la rive des traces récentes laissées par quelqu'un sur le sable, jusqu'à un point plus large où nous trouvons une perche encore mouillée. Par la suite nous avons appris qu'un sauvage en route pour le fort avait traversé à cette endroit durant la nuit. Mais la rivière a dû monter beauc'jup depuis, car aucun être humain ne pourrait résister au courant dans le moment. Il est proposé d'avoir recours à un radeau, mais ce moyen n'est pas approuvé, parce que les morceaux de glace que charrie la rivière et les nombreux récifs qu'elle renferme rendent cette tentative très dangereuse. Il nous semble aloi-s qu'il n'y a pas d'autre parti à prendre que de suivre le cours de la rivière, dussions-nous aller jusqu'à sa source. Quelque étrange que cela soit, il s'agit cependant du même cours d'eau profond que nous avons traversé hier, car il fait un détour de vingt milles peut-être à travers les montagnes en se dirigeant vers le nord. Après avoir de nouveau gravi les collines nous suivons pendant quelque temps la crête de celles-ci ; de cette hauteur nous voyons bien la rivière et à deux milles environ nous constatons qu'elle se sépare en deux chenaux qui, d'où nous sommes, paraissent bloqués par la glace. Xous nous dirigeons dans cette direction et nous traversons heureusement le principal chenal sur un pont de glace ; quant à l'autre chenal, il était libre et comme il paraissait étroit Manuel qui marchait en tête, s'y engage sans hésitation, mais après en avoir franchi les deux tiers le chenal devenant trop rapide et trop profond, il dut rebrousser chemin alors que sa perche céda et il fut emporté par le courant qui, fort heureusement, se dirige vers la rive opposée qu'il atteignit après avoir été roulé une ou deux fois et avoir perdu son fusil et son bonnet. S'il avait été emporté quelques pieds plus loin, il aurait rencontré des banquises de glace très élevées et le courant étant plus fort à cet endroit, nous aurions eu à déplorer sa perte. Je ne me suis rappelé qu'à ce moment que la corde réservée pour le nouveau bateau se trouvait dans le paquet confié au sauvage et en cette occurrence c'était ce qu'il fallait pour me tirer d'embarras. Après avoir placé mon fusil et mes pistolets en sûreté sur mes épaules, je m'enroule un bout de la corde autour du corps, puis ayant attaché une pierre à l'autre bout, je lance celle-ci à Manuel
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avant de me risquer dans le fort du courant, afin de me faire haler comme un billot en cas d'accident, mais en m'appuyant sur une forte perche je réussis à traverser sans le secours de personne. Le sauvage qui n'admirait guère cette méthode refuse d'en faire l'essai et se rend plus haut où il traverse avec moins de difficulté à un endroit beaucoup plus large.^
Maintenant que nous sommes en sûreté je pense à ceux qui nous suivent, mais considérant que des sauvages Bai- qui connaissent bien la rivière les accompagnent, j'en conclus qu'il serait peu avantageux d'attendre. Comme nous sommes présentement à sept ou huit milles de la route habituelle nous décidons de suivre la ligne droite pour atteindre les habitations et " Tarshee " le sauvage, pe charge de nous servir de guide. ISÎ^ous avons passé toute l'après-midi à errer parmi les montagnes; après avoir vainement cherché une issue, nous avons gravi l'une d'elles, mais une fois sur le sommet il a été impossible d'aller plus loin dans cette direction, car nous étions entourés de hautes montagnes, de précipices terribles et de ravins profonds couverts d'une neige éternelle. Aucune colline couverte de verdure et aucun signe de vie dans cette région désolée. Il commençait à se faire tard lorsque nous avons cherché inutilement un endroit pour camper ; comme nous étions tous fatigués, que nos habits étaient humides de sueurs et que Manuel était entièrement mouillé et que nous aimions mieux dormir près d'un bon feu que de grelotter ici parmi les rochers, nous avons décidé d'atteindre la première vallée et en suivant celle-ci nous avons atteint de nouveau les bords de la rivière Bell, un peu au-dejsous de l'endroit où nous l'avions traversée. Le sol était trempé mais
1. On constate ciue McConnell, dans la description qu^il fait du gué et de la manièie de traverser la rivière à cet endroit, corrobore tout ce que Murray vient d^écrire. Il dit: "C'est un endroit difficile ou l'eau est profonde, le courant rapide et le fond du chenal recouvert de cailloux de quartzite dangereux. Il faut prendre de grandes précautions pour traverser, car il est presque certain que si celui qui s'engage dans le courant avec un fardeau pesant trébuclie ou fait un faux pas, il est perdu. Pour traverser ces torrents rapides des montagnes, il est de coutume de suivre la méthode ci-après. Le parti se forme en ligne et s'avance de front chacun tenant d'une main ferme une longue perche qili sert de point d'appui commun. De la sorte c'est celui que le courant atteint le premier qui en supporte la violence, mais il est soutenu par les autres, et si quelqu'un fait un faux pas il est maintenu par ceux qui ont tenu ferme ". Commission géologique, 1S88-9, 119D.
2. Sauvag.e Rat ou sauvages de la rivière Rat. Ailleurs ceux-ci dont "Grand Blanc" était le chef, sont indiqués par Murray comme les sauvages Youcon.
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il y avait Ixaucnui) d'ai'Urcs et nous avons rc-iissi à dresser un bon eauipenient ooinine en liiver. Nous étions tous de mauvaise liuuKMir, flannel, parce qu'il avait j)erdu son fusil et son bonnet, Tarshee, parce qu'il s'était égarédaus les nioutaj^ncs et moi ])arce (pie nous avions perdu une journée, car je m'attendais à passer cette nuit au ])oste r>apier taudis (pu' présentement nous en sommes à quelques milles de plus que la nuit dernière. Néanmoins, non-; avons la consolation <ra\oir traversé la rivière et de nous rendre compte (pTil n'y a pu-^ d'obslaclc devant n(»n- en suivant la route (ordinaire.
14. Xous sommes certains d'atteindre les habitations aujourd'hui, mais nous ne faisons cette fois aucune tentative du côté de la montagne et nou^ loniiconsle côté oue4 de la r*v'è"e jusqu'à sa bifurcation où elle prend ensuite la direction du sud-ouest qui est celle que nous devons suivre. Comme les parties basses du terrain sont très trempées, nous préféi'ons marcher le long des montagnes (moins escar])ées et ])his en jtcute que celles que nous avons traversées auparavant) jusqu'au sentier sauvage qui nous a conduit à une longue lisière de terrain accidenté et marécageux, après quoi nous avons franchi plusieurs milles recouverts de saules, de petits bouleaux et de peupliers. En sortant de ce fourré nous nous sommes trouvés sur le bord d'une montagTie à pic surplombant la vallée de la rivière Bat. Bien que le spectacle ici ne soit pas le même, il est presque comparable à celui qui s'offre aux regards sur le côté ouest du portage La Loche. ^
Si les sommets désolés et neigeux des montagnes qui entouraient la vallée de tous côté, avaient été couverts de bruyère, si les terrains marécageux au-dessous de nous avaient été tapissés de champs verts et si les pins rabougris avaient été transformés en chênes touffus, le spectacle, à mon avis, y aurait gagné beaucoup. La fumée bleuâtre que l'on apercevait au-dessus de la masse de pins noirs au loin dans la vallée, ajoutait quelque chose
1. C« portage la Loche ou portage Methye conduit de Churchill à la Clearwater, et permet ensuite d'atteindre l'Athabaska, le Mackenzie et la rivière Peel. Ce portasre est non seulement un chaînon essentiel dans le réseau des communications par eau qui étaient les grandes routes du trafic do fourrures de rouest, mais c'est en même temps l'un des plus magnifiques endroits d'Amérique. Il a été décrit avec enthousiasme par un grand nombre de voyageurs, à commencer par Alexander Mackenzie. Voir le récit de Back à ce sujet dans son Arctic Land Expedition, r. 71, et sa magnifique esquisse qui forme une des gravures dans Polar Sea de Franklin
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de vivant à cette scène et produisit sur moi une profonde impression, car c'était l'annonce que notre monde vivait encore et que les habitations étaient sauves. Bien que nos gens ne fussent pas absolument en danger, comme je n'avais pas reçu de leurs nouvelles depuis quelque temps et que je connaissais le mécontentement des sauvages Bai sous la direction du "Grand Blanc'' au sujet de notre voyage au Youcon, de même que les menaces des ''Gens du fou" d'incendier les liabitations, je ne pouvais m'empêcher d'être inquiet à leur égard. Apres une autre heure de marche forcée nous arrivâmes on face dos habitatious sur lu rivo opposée et nos amis qui avaient eu vent de notre approche nous attendaient avec impatience et vinrouf non?; clioroher on l)atoau. Xous arrivâmes au poste Lapior^ à 4t1 houi-cs, ]).m., où jo fus reçu par Mme Murray, que je trouvai bien portauto, ainsi que la femme et les trois hommes stationnés à cet endroit. Bien approvisionnés de viande par le " Mourdour " et le '' Thief " , les deux sauvages engagés pour chasser le caribou au profit de la place, ils avaient passé le printemps aussi confortablement qu'on pouvait l'espérer. Une fois en compagnie de ma jeune épouse, devant une table bien garnie de venaison et des accessoires habituels, j'eus bien vite oublié les fatigues du voyage.
15. En parcourant les alentours, ce nuitin, je me rends compte que les travaux ordonnés le printemps dernier sont entièrement terminés. En effet, le 1>ateau (nommé le Pioneer) e<t construit et même lancé et les rames, etc., sont prêtes ; " Mr. Bells" old. . . .^" est réparé pour le sauvage et sa famille, la poupe est couverte d'écorce, les portes sont faites et tout est en bon ordre sous la direction d'Inkstir, le constructeur de bateaux. J'ai passé une partie de la matinée à m'entretenir avec cinq sauvages
1. Le poste Lapierre était à l'origine un avaat-poste du fort McPhersou et depuis Terection du fort Youcon, c'est de là que l'on envoyait les approvisionnements au Youcon, et là aussi que l'on expédiait les fourrures de ce dernier endroit. McConnell le décrit tel qu'il était en 1888 (Commis Idéologique, 1889-9, 12lD) et dit que ce poste existait alors depuis trentecinq ans. Depuis, la compagnie de la baie d'Hudson l'a abandonné. Au temps de INIurray, le poste Lapierre était situé sur la branche de la rivière Bell actuelle, qui portait alors ce nom. Par la suite il fut transporté sur la rivière principale à un endroit indiqué sur la carte de McConnell.
2. John Bell, principal traiteur de la compagnie de la baie d'Hudson. Il a été fait mention de ses explorations. Sir John Richardson a obtenu de lui sur la région du bas du Mackenzie et les natifs de cet endroit, beaucoup de renseignements que l'on trouve dans son Arctic Searching Expedition. En 1847, Richardson écrit cine Bell avait alors " passé plusieurs années eur le Mackenzie ". Bell épou«a la fille de Peter Warren Dease, l'explorateui' arctique. Il était au fort Good Hope, en 1837.