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Journal et correspondance, 1793 à 1805

En 1 837, M. Sainte-Beuve f.t paraître dans la Revue des Deux Mondes le poi^trait d" André-Mai^k Ampère.

A ce fortrait Jean-Jacques Ampèj'e donnait une approbation qui allait jusqu'à la reconnaissance. En i 843, imprimant la seconde partie d'un ouvrage de son père (TEssai sur la philosophie des sciences), il désira reproduire en tête de ce livre posthume la notice qu'Use plaisait à qualifier de petit chef-d'œuvre. « Jamais, écrivait-il alors en parlant de l'éminent critique, jamais peut-être la finesse de sa touche et cette délicatesse exquise de sentiment qui le fait pénétrer dans les organisations d'élite ne se sont mieux montrées que dans ces pages où. il a esquissé rame, le caractère, la vie intérieure de celui qui fut aussi simple qu'il était grand. »

M. Sainte-Beuve avait connu intimement le savant universel, le mathématicien-poète ; à ce souvenir vivant vint s'ajouter l'examen de précieux documents^ trésor d'un fils, comme il le dit lui-même. Jouj'nal, notes, cor- 7'espondances, rassemblés sous ses yeux, raidèrent à achever son étude.

En face de ce monceau de papiers poudreux, rognes, déchirés, blasonnés de figures algébriques ^, le biographe cherche, fouille, choisit, et s'exprime ainsi :

« Je trouve sur une feuille dès longtemps jaunie ces lignes tracées ; en les transcrivant, je ne me permets point d'en altérer un seul mot, non plus que pour toutes les citations qui suivj'ont :

« Le jeune homme disait [c'est André qui psivle): Par- « venu à l'âge oh les lois me r^endaient maître de moi- « même, mon cœur soupirait tout bas de l' êti'e encore . si Libre et insensible jusqu'à cet âge, ils' ennuyait de son « oisiveté ; élevé dans une solitude presque entière, l'é- « tude et la lecture, qui avaient fait longtemps mes « ch'eres délices, me laissaient tomber dans une apathie <( que je n'avais jamais ressentie, et le cri de la nature « répandait dans mon âme une inquiétude vague et « insupportable. Un jour que je me promenais, après le

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