‹ Journal et correspondance, 1793 à 1805Chapitre 2 sur 31 · Expression de M. Sainte-Beuve · texte numérisé non relu

Expression de M. Sainte-Beuve

« coucher du soleil le long du ruisseau solitaire... » « Que vit-il le long de ce ruissemi ? reprend M. Sainte- Beuve. Un autre cahier complet de souvenirs ne nous laisse point en doute, et, sous ce titre : kmornm, contient, jour par jour, toute une histoire naivc de ses sentiments, de son amour, de soii mariage, et va jusqu'à la mort de l'objet aimé. Qui le croirait? ou plutôt, en y }'é fléchissant, pourquoi nen serait-il pas aiiisi ? Ce savant que nous avons vu chargé dépensées et de rides et qui semblait n avoir dû vivre que dans le monde des nombres, a été un énergique adolescent : la jeunesse aussi ta touché, en passant, de son auréole ; il a aimé; il a pu plaire; et tout cela, avec les ans, s'était recouvert, s'était oublié; il se sei'ait peut-être étonné comme nous s'il avait retrouvé, en cherchant quelque mémoire de géométrie, ce journal de son cœur, ce cahier cf'Amorum enseveli.

« Jeunesse des hommes simples et purs, jeunesse du v'icaire Primerose et du pasteur Walter, revenez à notice mémo'ire pour faire accompagnement naturel et pour sourire avec nous à cette autre jeunesse! Si Euler ou Haller ont aimé, s'ils avaient écrit dans un reg'istre leurs journées d'alors, n'auraient-ils pas souvent dit aiiisi ? »

En cet endroit se placent des citations de prose et

de vers que nous retrouverons plus loin; puis le biographe ajoute :

« Ainsi, celui que nous avonsvu disirait bien souvent, comme La Fontaine, s'essayait alors, jeune et non sans jjoésie, à des rimes galantes et tendres :

Mistis carminibus, non sine fistula'.

« Mais le plus beau jour de ces saisons amoureuses nous est assez désigné par une inscription ph(s grosse sur le cahier : Lundi, 3 juillet ( 1797), Voici l'idylle complète, telle qu'on la pourrait C7-oire traduite rf'Hermann et Dorothée. »

Et, là encore, une page est emprwntée au registre de Vamoureux avant cVarriver à la correspondance du mari.

Fi^appé de la sympathie attendrie, souvent admirative, expriméepar un tel maître, heureux de sauver de l'oubli ces témoignages df amour vrai et de dévouement, nous avons eu l'idée de livrer à ceux qu'une pareille lecture saurait intéresser le journal tout entier et la plus grande partie des lettres d'Ampère, le laissant ainsi lui-même compléter le touchant récit de sa

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