JOURNAL
ET
MAniCLElNE,
C'est encore et toujours à toi que je pense en tirant de la poussière des feuilles jaunies, abîmées par le temps, qui renferment l'histoire de deux cœurs unis lui instant sur la terre.
Je veux mettre sous tes yeux une courte phase de la vie d'un homme célèbre, et te parler aussi de la douce créature qui fut sa compagne, l'amie, la conseillère, pour ainsi dire l'ange gardien de sa pure jeunesse.
Cette lecture n'aura pas besoin de longs commentaires pour exciter ton émotion respectueuse; elle t'offrira parfois l'attrait d'un roman naïf mêlé à la j)rali(iue de bien des vertus; tu y verras l'al-
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liance rare de la simplicité vraie et de l'intelligence transcendante, dune sensibilité profonde et du génie ; tu apprécieras cette tendresse fidèle et dévouée jusqu'à l'abnégation, qui se traduit, non par des paroles, mais par des travaux constants et des privations de tout genre ; cet amour qui ne s'émousse jamais aux vicissitudes d'une maladie persistante et difficile à soigner, qui s'accroît, au contraire, avec les sacrifices et les embarras matériels de l'existence. Toutes ces beautés morales ne t'échapperont pas, fortifieront ton cœur et ton esprit mûris trop tôt par une perte cruelle et mis à des épreuves ordinairement épargnées à l'enfance. Au commencement de ce récit, nous verrons paraître et mourir le père d'André-Marie Ampère. Trois ans plus tard, en 1800, son fils Jean-Jacques viendra au monde; si donc on voulait donner un titre à ce manuscrit, il faudrait écrire en tète :