‹ Journal et lettresChapitre 2 sur 46 · II AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

II AVERTISSEMENT

œuvres du frère celles de la sœur, connue déjà par la grande place qu'elle tient dans la correspondance et les poésies de Maurice, mais qui méritait assurément d*étre connue un jour pour elle-même.

M"° Eugénie de Guérin était née cinq ans avant son frère. Elle a eu la douleur de lui survivre près de neuf ans, jusqu'au jour où elle s'éteignit dans sa solitude du Cayla, le 31 mai 18/^8.

Nous ne raconterons pas sa vie. Ce qui en fait l'intérêt, ce sont ses pensées et la façon dont elle les exprime. Du reste, cette vie est si simple qu'un voyage à Alby ou à Toulouse, deux courts séjours dans le Nivernais et à Paris, y ont fait époque. Un départ ou un retour, les maladies de ceux qui lui sont chers, le mariage et la mort de son plus jeune frère en ont été les véritables événements. Sur tout ce qui la touche et les émotions qu'elle a ressenties, son Journal et ses lettres ne nous ont rien laissé à dire qui vaille la peine d'être dit.

11 est vrai que le seul projet de livrer à tout le monde ces lettres, ce Journal surtout, a dû éveiller chez une sœur, pieuse dépositaire de ce mystique héritage, des scrupules auxquels nous avons eu nous-même quelque peine à nous soustraire. Combien de fois notre attention ne s'est-elle pas fixée avec uue sorte d'anxiété sur ces paroles adressées par M"° de Guérin à son cahier qu'elle

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