Cf. pages 78 et
Tu comprends cela mieux que moi. M. de Lamennais <n dit là-dessus des choses divines qui t'auront pénétré. Mais par malheur, il en dit d'autres maintenant qui ne te seront pas bonnes! Son esprit d'indépendance me fait peur. Je ne comprends pas non plus que l'esprit de révolte et celui du christianisme puissent jamais faire alliance. Vit-on des révoltes chez les premiers chrétiens qui étaient bien autrement opprimés par le pouvoir que ne le sont les chrétiens d'aujourd'hui ? La légion (hébaine, la légion fulminante ont-elles tiré Tépée? N'en a\ aient-elles pas le droit autant qu'aujourd'hui la Pologne? Dieu et la liberté n'étaient donc pas compris par les martyrs, comme M. de Lamennais les comprend ? Car les martyrs n'ont jamais levé le bras contre les ennemis de Dieu et de la liberté. Enfin je croyais que l'esprit du christianisme consistait dans la soumission à Dieu et aux maîtres, quels qu'ils soient, qu'il nous donne; qu'à leur tyrannie il n'y avait à opposer que la prière, et, s'il le fallait, en témoignage de la vérité, souffrir la mort en paix et en pardonnant à ses bourreaux, à l'exemple do Jesus-Cliiist.
Le 21 août. — Voici un ornement de plus à ma chambrelte, une gravuie de la Sai nie-Thérèse de Gérard, que notre amie, la baronne de Rivière?, m'a donnée avec ta poésie à ce sujet. Il me lardait d'avoir ces deux belles choses. J'ai placé la belle sainte au-dessus de la table où j'écris, où je lis, où je nés prières. Ce me sera une inspiration pour b prier, p( b écrire, pour bien aimer Dieu. J'élèverai vers n c
mes yeux, je lui dirai : « Regardez -moi du c , b sainte Thérèse, regardez-moi à genoux devî votre ii contemplant les traits de l'amante deJésus, avec un g 1 < de les graver en moi. Obtenez- moi la sai i ',
obtenez-moi quelque chose de vousl Fj
regard pour chercher Dieu, voire cœur pour Taimer, votre bouche pour le prier. Donnez-moi votro force dans l'adversité^ votre douceur dans la souffrance , votre constance contre les tentations, votre indifférence pour la terre, votre ardeur pour lo ciel. Que mon àme n'aspire qu'aux joies célestes, que je n'aie do vie qu'en l'amour divin; que de cet amour proviennent toutes mes affections; qu'il les consacre et qu'il remplisse de ses grâces le frère que j'aime comme vous aimiez le vôtre ! »
Sainte Thérèse souffrit pendant vingt ans des dégoûts dans la prière sans se rebuter jamais. C'est ce qui m'étonne le plus de ses triomphes. Je suis loin de cette constance; mais j'aime à me souvenir que, quand je perdis ma mère, j'allai, comme sainte Thérèse, me jeter aux pieds de la sainte Vierge et la prier de me prendre pour sa fille; ce fut dans la chapelle du Rosaire, dans l'église de Saint- Pierre , à Gaillac. J'avais douze ans ^ .
IIP