CONTENANT LE DESSEIN DE CET OUVRAGE
« Monseigneur,
« Ce n'est point méconnaître vos bontés ni abuser de votre confiance que d'apprendre à la postérité tout l'honneur de votre ministère. Vous ne saurez pas même mon indiscrétion. J'ai pris de telles mesures que ces Mémoires ne paraîtront qu'au bout d'un siècle; c'est un terme convenable à l'envie et à la délicatesse des particuliers qui y sont nommés. J'avoue donc que j'écrivais journellement les faits et les réflexions à mesure que vous vouliez bien me les confier en travaillant sous vos ordres : c'est ce qui compose cet ouvrage. Pour le rédiger, je n'ai pas trouvé de meilleure méthode que de passer d'une cour à une autre pendant la durée de chaque année. Malheureusement il n'y en a que deux et quelques mois : les affaires de notre État se sont trop ressenties de cette brièveté, et la paix d'Aix-la-Chapelle en est la preuve complète.
« Je suis, etc. »
ÎV