On dirait aujourd'hui : de pots-de-vin
nie avec une foi de martyr qu'il y ait quelque chose par delà ce qu'il voit ; si le terme à" esprit borné a été pour quelqu'un, c'est pour la portée de son esprit. Sans admirer les ressorts de notre gouvernement (qu'il ne connaît pas), il n'imagine pas qu'on puisse améliorer le royaume, ni comment.
Lorsque la guerre commence, il est d'usage d'appeler le ministre des finances au conseil d'État, afin qu'il y contrecarre les projets de dépenses : cet usage n'est pas trop bon; on y rencontre plus de contradictions que de lumières. L'observation que je fais fut mise dans tout son jour quand M. Orry devint ministre d'État en 1 741 ; il ne savait pas les premiers éléments de la politique étrangère ; il en raisonnait en nouvelliste bourgeois qui s'affecte des événements et qui ne voit rien par les causes ; emporté par les cabales de cour, rempli de maximes vulgaires, plus avare qu'économe, fondé sur des lieux communs et incapable de concevoir des plans raisonnes, décidé sans certitude, insistant sur ses entêtements avec une force de poumons que les sots prennent pour celle du bon sens.
Enfin le crédit des sieurs Paris l'a déplacé. Ces riches vivriers, réunis avec la marquise de Pompadour, se brouillèrent avec lui pour quelques reproches de dépenses ; ils déclarèrent le schisme entre eux et M. Orry, disant qu'ils quitteraient les affaires s'il ne les quittait. Ils voulaient lui donner pour successeur le sieur Boullogne, leur ami ; mais un ministre plus fin que tout cela fit tomber le choix sur M. de Machault à la fin de 1745.