Voyez p
mémoire que foi lu au roi touchant la campagne que Sa Majesté allait faire en Flandres, et pour lui persuader de se porter en Allemagne, ne faisant en Flandres qu'une simple défensive. Cependant son nom est un de ceux dont le souvenir reste attaché à la victoire de Fontenoy, grâce à la présence des deux frères ministres et à celle de M. de Voyer, iils aîné du ministre de la guerre, qui chargea la colonne anglaise à la tête du régiment de Berri. Nous avons parlé dans notre introduction , page 14, de la lettre , devenue historique, que le marquis écrivit à cette occasion. On s'étonnerait de ne pas trouver ici cette lettre , quelque connue qu'elle soit. Nous y joignons, avec quelques autres documents, un extrait qui semble en être comme le premier germe.
Lettre du marquis d'Argenson à Voltaire1.
a Monsieur l'historien, vous avez dû apprendre dès mercredi au soir la nouvelle dont vous me félicitez tant2. Un page partit du champ de bataille le mardi à deux heures et demie, pour porter les lettres ; j'apprends qu'il arriva le mercredi, à cinq heures du soir, à Versailles. Ce fut un beau spectacle que de voir le Roi et le Dauphin écrire sur un tambour, entourés de vainqueurs et de vaincus, morts, mourants et prisonniers. Voici des anecdotes que j'ai remarquées.
« J'eus l'honneur de rencontrer le Roi dimanche, tout près du champ de bataille. J'arrivais de Paris au quartier de Chin. J'appris que le Roi était à la promenade; je demandai un cheval, je joignis Sa Majesté près d'un lieu d'où l'on voyait le camp des ennemis. J'appris, pour la première fois, de Sa Majesté de quoi il s'agissait tout à l'heure (à ce qu'on croyait). Jamais je n'ai vu