‹ Journal et mémoires de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, sur la régence et le règne de Louis XV (1715-1737) (volume 2)Chapitre 22 sur 37 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

\7^vêque le jour qu'il officioit, à cause qu'ils sont appelants> ont reçu la permission de se trouver à l'église, suivant Tusage aux fêtes de la Pentecôte.

Le mémoire que M. Tévêque d'Acqs a envoyé au cardinal deNoailles au sujetde raccommodement contient dix doutes proposés avec précision. Ces doutes sont imprimés.

Le premier est fondé sur ces paroles d'une lettre du cardinal au Pape : a On a soutenu qu*on ne devoit avoir aucun égard à toutes explications qui ne seroient données que par des évèques. »

Le 2"" est pris de ce que S. E. dans son instruction pastorale^ a déclaré que les précautions prises contre la bulle par les prélats assemblés en 1714 ne sont pas suffisantes pour mettre en sûreté plusieurs vérités très-importantes, et qu'il ne parolt point qu'une approbation donnée par quelques évêques puisse parer à ces inconvénients.

Les 3*, 4*^ et 5*^ doutes sont fondés sur la même approbation et font sentir les suites f&cbeuses que pourroit avoir cet accommodement.

Le 6® doute est que par l'appel au futur concile le Pape même ne peut plus juger cette affaire. Comment donc des évèques d'une Église particulière pourroient-ils la décider?

Le V doute est fondé sur ce qu'on donne des sens forcés aux propositions pour les concilier, ce qui fait tort à la bonne foi et à la candeur des évèques.

Le 8^, qu'un des motifs de l'appel des évèques est qu'on a condamné Fauteur sans l'entendre. Que par l'acceptation de la bulle on tombe dans la même faute.

Le 9% qu'on n'a aucune assurance que le Pape sera content de cet accommodement.

Le 10* et dernier doute est sur ce qu'on ne marque pas assez clairement qu'on a jugé ces explications nécessaires pour expliquer l'obscurité de la bulle.

M. Tévèque d'Acqs ajoute à la fin de son Mémoire ;

« Voilà, Monseigneur, les réflexions quej'ai pu faire sur le projet des actes qui m'ont été communiqués. J'en suiis saisi ;^ elles me touchent et jusqu'à présent elles me convainquent. Mais comme je suis convaincu que ces mêmes difficultés , et d'autres encore qui échappent à mes foibles lumières, se sont présentées à V. E. et qtie cependant M. Postel m'assure qu'elles ne vous ont point arrêté, et que vous êtes déterminé, je vous supplie, de me donner , ridée des motifs qui vous ont mis au-dessus de vos doutes. Je les recevrai avec docilité et vous savez que je sais faire la différence qu'il faut entrC: la fermeté à défendre les drpits de l'Église si essentielle à un évèque, et l'opiniâtreté à défendre un sentiment dont on s'est entêté. » :

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