‹ Journal et mémoires de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, sur la régence et le règne de Louis XV (1715-1737) (volume 2)Chapitre 3 sur 37 · CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE

AYEC

M-E DE MÉRIGNIAC.

Je suis bien fâché, Madame, d'apprendre votre rhume. C'est une maladie populahre contre laquelle il faut bieif se conserver, et quoique Je n*aie pas de plus grand plaisir que celui de votre entretien, qui me T'émet dans la mémoire notre illustre ami (M. Bayle, mort le 28 décembre 1706), et qui me fait admirer les lumières et l'étendue de Totre esprit, j'aime bien mieux y renoncer pour quelque temps, que de vous causer quelque mal. Au reste. Madame, je suis, tous les matins chez moi ; il arrive peu que j'en sorte, et ce n'est jamais devant onze heures. Je ne vous renvoie pas votre livre : c'est toute ma consolation. Il y a des choses merveilleuses en tout genre , et ce sont des fleurs qui ornent bien lé tombeau de notre ami. M. Bernard y fait une mauvaise figure, et c'est celle qu'il doit faire. Je serai ravi de voir l'ouvrage de M. Bernard (1). Cependant, je suis, avec bien du respect et une considération que je ne puis exprimer. Madame, votre, etc.

(I) Jacques Bernard, successeur de Bayle dans la rédaction du Journal intitulé: Nouvelles de là République des Lettres» C'est sans doute à cet ouvrage que Marais fait allusion.

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