OCTOBRE
Les actions ont un peu monté ce jour à 1,100 livres ou 1,080 livres, mais le papier de liquidation est à 22 livres.
Le 10 octobre. — Il y a eu 27 maîtres des requêtes nommés pour la vérification et recollement de tous les papiers et registres qui ont servi au visa , et les faire ensuite brûler en leur présence. Ce- qui a été exécuté suivant Tordre porté aux arrêts du brûlement, et dans la cage de fer préparée à cet effet. Le feu a été si violent que les barres de fer qui étoient dans la cage en ont été fondues. Tout ce papier, qui eût pu servir à des cartons, a été consumé : il sembloit .un sacrifice qui se faisoit dans la cour de la banque. Les commissaires étoient présents tour à tour, et Ton disoit : ce C'est M. un tel qui brûle aujourd'hui a On n'avoit point encore vu en France pareille cérémonie. Aussi n'y avoit-on jamais vu de Law', de Paris, de banque forcée et d'actions. Et tout cela devoit finir par le feu, qui purifie tout.
10 octobre. — Contrôle des actes. — Après ces maux finis, voici le retour des finances de partisans, car il faut que cette pauvre France soit toujours tourmentée. Le contrôle des actes des notaires a été établi par tout le royaume et même dans Paris, qui en avoit été toujours excepté. La déclaration, qui est du 29 septembre, a été portée à la Chambre des vacations, tenue par M. le président de Lamoignon, qui n'a fait nulle difûculté de l'enregistrer, et qui a seulement fait mettre dans l'enregistrement ( qui est du 10 octobre) que le Roi seroit supplié de décharger son peuple de cette imposition quand l'état de ses affaires le pourra permettre.
Le tarif, qui est en ordre alphabétique, est un travail consommé d'un démon d'homme qui a prévu tous les cas, et prévenu tous lès expédients dont il rend l'art inutile.
11 n'y a plus ni secrets dans les familles, ni sûreté, ni' commerce, et personne ne veut plus faire de contrats parce qu'il en coûte des sommes considérables pour le
contrôle. Les notaires de Paris ont eu beau remontrer la ruine de la société et du commerce , et de la circulation , on s'est moqué d'eux et de leurs représentations. J'en ai parlé à M. le Garde des sceaux, qui m'a dit qu'il y étoit tout à fait opposé, qu'il en voyoit les conséquences et les avoit dites hautement, mais que le parti étoit pris et qu'il n'y avoit plus de remède.
L'enregistrement doit être réitéré au lendemain de Saint-Martin, eton verra cequele Parlementdira de M. de Lamoignon , qui s'est livré à la Cour dans cette affaire , comme il avoit fait en présidant à la Chambre de justice.
Grosbois. — Je suis parti le 10 d'octobre avec M. Bernard> maître des requêtes, pour Grosbois, où je suis demeuré avec toute sa famille jusqu'au 18 novembre, qui fait près de six semaines, où* j'ai pris l'air et me suis reposé. J'y ai composé un grand Mémoire historique et critique sur la charge de grand écuyer de France pour M. le prince Charles.
J'ai eii assez souvent les plaisirs de la chasse au cerf, avec l'équipage du Prince, et ma santé y a été assez . bonne!
Sàcpe DU Roi. — Pendant ce séjour, le sacre du Roi s^ést fait à; Reims, le 25 d'octobre, dont il y a eu une relation trèis-èxactemeiit écrite, en trois parties différentes, par l'àùtéurdela Gazette de France. On ne peut rien ajoutera là rieltèté dé cette relation et à tout le cérémonial qui y est ràpporléjjttsques aux moindres circonstances. On y trouve aus^i la deseription des fêtes données au Roi à Villers-Coteréts et à Chantilly à soil retour par M: le Régent et M. le Duc. Le Roi est parti le 16 octobre de Versailles, il est arrivé à Reims le 22, a été sacré le 25, et est rentré à Versailles le 1 0 novembre.lls'estacquitté de toutes ses fonctions avec une grâce merveilleuse, et en habit de novice il ressembloit à l'Amour. L'archevêque de Reims lui a fait un discours qui a été trouvé très-beau. L'évèque d'Angers a aussi, lui, prêché. Mais l'évèque de Soi^sons, qui