‹ Journal et mémoires de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, sur la régence et le règne de Louis XV, 1715-1737 (volume 4)Chapitre 1 sur 55 · LIBHAIRIE DE I IRMIN DIDOT FRERES, FILS ET C · texte numérisé non relu

LIBHAIRIE DE I IRMIN DIDOT FRERES, FILS ET C

IMi'RIMF.IKS 1»!^ I INSTITIT, Kl'E JACOIl , 56 Tuui droit* réacrvei.

ji

Le 1" février 1737 un vieil avocat au parlement de Paris, courbé sur la table de travail de son grand cal)inet d'étude , éclairé des dernières lueurs du jour, traçait, d'une main alourdie par l'âge et la maladie, une de ces lettres d'adieu, pleines d'une familière éloquence et d'une philosophie chrétienne, une de ces lettres testamentaires à la fois tristes et résignées, comme en savaient écrire, avant de mourir, à leurs amis, les honnêtes gens d'autrefois.

Cette lettre, adressée à M. le président Bouhier, à Dijon, et qui témoignait d'anciennes et sympathiques relations avec un homme dont le commerce était un honneur, était ainsi conçue :

«« Je vous ay remis, Monsieur, une dernière lettre, où je vous ay « écrit la tristesse de mou état. Je suis attaqué de vapeurs cruelles. Je « ne vis qu'à demi. Les médecins disent qu'on n'en meurt pas. Je ne « sçay cequeci'la veut dire, ny en religion, nyi'ii physique, et je m'en « rapporte à vous. En cet estât donc, considérant l'honneur que vous " m'avez fait depuis longtemps, Monsieur, de la correspondance avec « vous, je ne crois pouvoir mieux faire que de vous en transmettre les " fruits, qui sont les Journaux que j'atj tenus, écrits de tna main, « et principalement depuis la moitié de 1720 jusqu'en 1726, et au- « tî'cs petits mémoires de J715, 1717, et autres du mesme temps- « Trouvez donc bon. Monsieur, que je vous en fasse un présent par ce T. I. I

« luwn fyrrsent rscrit, aliii tjuf noiiî>Ii's int'lluv. dans votre ItibliDllic- « que de in.inustTils I v\ en (jiu'lt|ue endroit assiz cnrlu", afin qn'il « lu* tonibo pas i ntre les mains de tont le inonde, v ayant plusieurs

• piTSonnes qui y peuvent être intéressées. .le ne puis inieuv vous inar- « quer ma confiance qu'en >ous taisant ee déposl ou plutosl eedon,

• qui \ous fera sou\enir d'un lionnne lidele, tendre, persévérant, - et qui a n)ieu\ connu que personne votre mérite, votre science, vos ' talents et cette immensité de doctrine (jui n'est qu'en vous. Ce sont

• mes derniers sentiments. Ji' >ais faire faire un iJacpu't où seront tous

• CCS journaux, qui \ous sera envoyé par votre lionune du palais,

• partvque tout cela pourroit être dissipé et mis en désordre, eu cer-

• tain temps où chacun voudroit s'en rendre le maistre. »

L'iioiniiie (jui iniîttail ainsi ordre î\ ses affaires avec un >i rare hoiisens et une si ferme prévoyance, et demandait jKïiir r<ruvre secrète de sa vie la sine hospitalité d'une bildiollièque célèbre, également inviolable pour Tindiscrélion des curieux et la rancune des familles, cet homme s'appelait Mathieu Marais.

Il ne se faisait point illusion sur son état, et ne se leurrait point de ces fausses espérances (prentretienl (pielquefois, plus encore que s;i pitié, Tignorance du médecin.

Et en effet, le-2V juin de cette même annér, un homme

(I) I>; ralaluKue «tes niaiiiiticril> «lu |»rési«l«*nt IJoiilii» r, écrit de sa main, est à la bil)Iiollif«pie «le Monipfllier, où il ne di'viait pan ^Ire; carde quel iiiléri^t (►♦■ul-il él»e |K»ur «I«k cliHli.iiiK «-n iiir«l«'ciiie? La solli<itii<le «lu niinmissaire Prunellf, iiicd.-! in a Monl|»€lli.r, a «hjiic tW plus t^noislr «pi»- saj;»:. It « '••si p«Mir lui, (M)ur lui %eu\, que le ralaloftue et la llfur des inannscrilH de itouliirr 80i>l •IU-* a M'»nli'«llHT MHinnii Iwan citi, luii-i in«lifr»M«iil aux trévirs «!«• l'esprit. Il %eTéii Iriiip* dr rrpar«T ccll»- erreur «l'un drlrdauli* par lr«»p arrapar«Mir . Pour les inauu^criU eut-mfme», il4 lunti <irsperM'« entre le* hihlrotli^ques de Montficlli^r, d»'lr<*>efcfl de Pari«>. I.a %<duiiuiieu<uî n»rre'p«jnilaure dir pr«*Hideiit, ouinao«4Ucolii»alhe«ireu»enM'nt lapl^q^.lrld^M•»»U•^lr^•*,e^la^'ari«» (\u\. Cululo giiedftmanuKnts (fr$ bibliothrqurf publique» tin dépnrtrmenU — Cotai mnnu*rritt <lr lu hihl. de Tmijes i par llarman<l). Essni mu

ta / ' jue du roi, par 1^- l'rince, édit. L. Pari». — CI», de* (irieirois, Le

prettdent Bouhter, de. I8&i. |». 59 et 179.) C*e»l a ««uiliier «pie houa de- ^fj, >{ txJMrMialinfiH pririi-u-eM, les tnalériaiix de la

t^l^ .. y ,jue.% dr l'itlmoil ,\Mn\. 17?W, .J vol. ili-l2,«l

It Journal du régne de llenrt IV par Pierre de ThStiule, 'l vol. m-H, l'i»

que des relations étendues, une santé infatigable, résistant également aux soucis académiques et aux épreuves du CŒ'ur, la disposition officieuse de son caractère, et jusqu'aux aptitudes spéciales de son esprit, semblaient prédestiner à la gloire nécrologique; un homme qui devait mener l'un après Tautre tous les deuils littéraires, et n'arriver à sa tombe tardive qu'en enjambant celle de tous ses confrères; l'exécuteur testamentaire par excellence, l'endosseur de toutes les OEuvres Posthumes j l'éditeur des ReliquicV de Maucroix, de Huet, de Fraguier, deHardouin, de Boivin, l'abbé d'Olivet, enfin, prenait encore une fois cette plume funéraire avec laquelle , non sans malice, il a continué Pellisson, et il adressait sur la mort de Marais, au président Bouhier, un de ces billets de faire part, élégants et froids comme un fragment d'oraison funèbre, tels qu'il avait dû en tirer, pour Huet, pourDacier, pour Massieu, pour Boivin, pour La iMonnoye, pour Fraguier, pour Valincourt, de la veine épuisée de sa sensibilité.

" Je vous apprends, Monsieur, écrivait Tabbé, une nouvelle qui vous '< donnera du chagrin, quoicpie vous y fussiez préparé. Vendredi « au soir, nous perdîmes le pauvre Marais. H n'y a que lui qui n'y

perde point. La mort est préférable à une vie accompagnée de conti- ' nuelles douleurs. .le le voyois rarement, parce que ses heures n'é- •< toient point les miennes ; et d'ailleurs, il faisoit, depuis plusieurs an- <• nées, son capital des petites nouvelles courantes, dont je suis ordi- « nairement peu instruit, et encore moins curieux. Depuis quarante « ans, il mouroit d'envie d'être de l'Académie. Ses désirs se réveillè- " rent plus que jamais quand son confrère, M. Le Normand, lit la « sottise que vous savez (I). J'ai parlé de lui vingt fois en plein consis-

(1) Normand on 1«' N'oriiiaïKJ, célclue avocat du leinp-^. \ oici roniinenl Barl)ii'r raconte les faits qui nioli>enl la qualification rancunière de d'Olivet. » il " e>t arrivé une histoire au corps des avocats. Des amis de Normant, qui est le « premier dn l'ordre pour réiotpience, pour les bons airs et poin être li«; avec >« tout ce qu'il ) a de grand à la \ille et à la cour, lui ont lait pressentir qu'on « l'admellrait a rAcadéinic française à la place de M . l'abbé d'.\nlin, é\éipie de <« Langres. C'est une règle dans l'Acadénùe de n'admettre «pii que ce soit qui

4 MATIIIH' M AU VIS,

. toirr, BOt quanntr n'ont jamais voulu y iMitiMulro ; l.i plupart iio le

• timmÎMiirnt pM tmlenu^nt do nom. Kt ccpondant, U\ vérité est

• antl valMt inflniirnt mit'ux que plusieurs ilo ceux ipii servent :i

• rvnifl'r notri^ aiperbe ll^te... I . -

Otle nouvelle fui accueillie comme ellf devait r«Mie, et U* li M^plomhre 1737 le président Bouliier s'en montrait eiicon* effecté, et adressait A un autiv de ses eorres- • viits, l'ablH» de llidlemont, ces (jnehnH''^ lii^nes (jiii i.-i.ii. lit un rei:rel sineère, courte et siniph' oraison funèbre de l'ami in-rdu, dont l'émotion contenue trahit une larme furtivement essuyée.

• |j ^f ^"^ I "'•■ |>«" nupnrnvniit de M. M.ir.tis, mon ami

• ÎDlinie, lii - ilmiiiMiil toiielie, et eelle alllieliou durer.! autant

• f|uc nu vie. 11 est bien rare de trouver des honunes en qui la l)onte

• du c«rur ri rcxcrllence de l'esprit se trouvent réunies si parfaite -

Bientôt, et |>ar un retour sul)it, familier à la nature humaine, l'hoininc s'efface, le président reparaît, et rendu tout entière l'orgueil du collectionneur, le plus curieux

li plaça. £• ooo«^)tirnrc, Nonnand a <^rrit iint* lellrt; prt''par«'(>

• èM. rétêqatéa Loçini, mm •nu, (Miur marquer (pi il »«'r<iit tiésfliuiiure s'il

• p»««aM ftr lallcr que T'i^èque de Lu^on a lu ctrUe Ifllrt* a T. Académie, et « é'mm taHÊÊÊmm ^oi\ kl aélé admi*. M v a uiir anlte ri'};l>', (in'av.inl rtMcctiou

• il ftfll iMilfl «MU» • tout kt «r^driiiicii'n^ . en ({U.tliti> <lc po>>tulaiil, tl

• afMT 1m tr<Mi«rr ; dr aorte qu'il e«l arrivé à |>luM<*urA (HTMinueK d'avoir fait

|iir ri'la il<-pt'ii<l pr«'s<|iii' tou-

^ , M ' I ; , ' ^Irp, (pli «'«l a la lOle «le l'A

ri qoi p<tft quelqorfoU proposer un ftujel a la traverse. Certaine -

cit IkMmI I • («Hiil arri«r .1 ^ I. M.114 Ifii avocats ont

qall M co«f «^ • un a«oiat •) ^r iiim- plan*, et eiicon-

) 6» Umw âm nkktr» daiM l'inceftilude de IVIrclion, en «orle que M. Nor-

ë iiawrcté l« iiMi- aca4éoik|«i • la roiiilitlon dim vioilpfi cxl

• imt-Mi^t i IMM Ui acadrmicirM, fiarn * il y a di-s marécliaux de

< imn fi pair», dca é«4qur«, lt% prrmi«>r» nia((iotrat)t, cela a ét(^ « «,fti*l< '■ •ttiitt*' un*" li»iil»ijf •!• pUd ' '< •» .'mMal*, et rr\n n'a

• Wl^t <|>J « rwnlirrivr !« rr|>iil4liMii •!• i* milil ,i( •|t||si- itr|illis

I. • Jomrttal dr Barbier, t. II. H'j, 44A.; rrm^mtdamn dmpréêtdemî BouhUr, k Unihiiutli. iiii|M(iau-. uilus

et le plus savant de nos magistrats se console de la perte qu'il a faite par le legs qu'elle lui a valu, avec cetégoïsme plein de bonhomie qui fait sourire jusqu'au moraliste.

« D'ailleurs, il m'a donné en mourant une marque bien précieuse « de sou amitié eu me laissant des manuscrits de sa façon qui sont « infiniment curieux. C'est bien dommage qu'il m' ait défendu de << les communiquer à personne l »

Pour qui connaît tant soit peu les collectionneurs, le trait est adorable et digne d'un Molière, ou tout au moins d'un Regnard. Ici, en effet, le collectionneur se découvre avec cette naïveté de prime-saut dont rien ne remplace l'accent, éternelle victoire de la nature sur le génie luimême.

Que de choses dans un menuet! s'écriait Vestris. Que de choses dans une phrase , peut-on répéter, quand elle évoque à la fois la personne qui l'a prononcée et révèle les multiples motifs qui Tout inspirée 1 Pour nous, il nous semble voir le président jeter à ce manuscrit, longtemps convoité sans doute, et devenu un des plus attrayants ornements de son cabinet, un regard plein d'une narquoise componction, et le montrer aux rivaux, auxjaloux, aux indifférents même , arrêtés sur le seuil par ce veto qu'il déplore si hypocritement. C'est la coquetterie de l'avare, non moins éternelle que celle de la femme.

« Et lugit ad salices, et se cupit ante vider!. »

Les deux lettres que nous venons de citer furent sans doute, avec les élo^es confraternels, toute l'oraison funèbre de Mathieu Marais. En dehors de ces rares témoignages, le biographe aux abois ne trouve, pour ajouter à l'éloquence de ces regrets laconiques, que tout ce qu'une vie intlexibleraent honnête permet de dire k ceux qui savent le' deviner.

Il a fallu la postérité et sa tardive réhabilitation [)our laire, comme pur un caprice de justice, ù l'obscur mémo-

« MAIIIIIL MAli.MS,

- ' III 111» iitaire une sorte de rôpualioM. Kl encore

... H. qui iloi\ tilt tout à la surprise (l'une rt^vélation

\ ue, MTonl-ils |>eut-«'*lre eontestés. Il ne restera ;\ Ma-

i .•., nu\ \eu\ lies crititjues superticiels, (juc ees vertus

iiiimIoIc^ t|u'il a a|»|H)rtt'es devant Dieu, et que le monde

n'honore que piir son silenee. Maluré nos efforts, pour

iM-.iucttup deceuxtpii l'auront feuillet/', cet homme labo-

neu\ vt prudent, tpii se drfendit toujours de la publicité

• •• une !^^^te de pudiipie ré[)nL:nance, demeurera un

" -• ■•- honnêtes et diseils (l»»nt il est d'usaLiejaux

;:-ires de la conférence, d'exalter la valeur.

l'I dramatique trouver dans cette existence

ft . ueillie , tjui se garda soigneusement des passions et

n'eut pas d evt^nements? Nous comprenons ce dédain,

^nsle partaf:er. Nous conviendrons de bonne grAce que

Dolie héros ne fut qu'un diirne bourgeois de Paris, voué

à l'élude, ferme au devoir, qui se contenta des joies et

def douleurs vulcaires. Tne seule ambition troubla un

moment ce rervtau solide, l'ne seule* passion fit batlir

un in>tant plus fort ce co-ur pacifique. Mathieu Marais

ti*a, un j<»ur, aspirer A l'Académie. Il fut un de cespréten-

cUnl« fil'itoiiiqtu's dont la poursuite les console de t;int dr

. et dont elle se plaît A savourer le désespoii'.

I re, comme Tavouait d'Olivet, «ut-clle «piehpir

tiirtu^uiM* grAce à se l>ouclicr celle fois les oreilles. Mais

* 'U'ellenl Marai», le docte aréopage le connais-

-^iii i jM me de nom! Kl comment se préoecu[)er d'un

jt\.m .! 1. .r . . «..fi.f.v ,](* iliir»., de jMW^tes commensaux, dr

-, affluant h ses portes, cet avocat

fâl-il U r« . des rudess«»H de Normand? .Marais ne

fol donc |Mi« le ronfn' re de ce.«» Bouhier, de (es crolivet

i. Je rroi.4 qu'il sVn consola, non sans

tiime. Cv%\ ainsi que passa sa vio, entre les

I • de la ron\ersalion, et les devoirs

Il «jijfhpi»»*» h-ltren ini:érii«Mis«'s, «juelques

jr. ,i.;-lre é)(i4|uent«», une Vie ih J.n lontaine.

III' III' n • > ^

écrite à bâtons rompus, comme écrivait le bonhomme, une sorte de flânerie biographique autour des œuvres de son poëte favori, voilà quel fut le bagage littéraire avoué de notre avocat. Un jour, la maison héréditaire de la rue du Bouloi tendit de deuil ses escaliers, que descendait pour la dernière fois son maître. Quelque vieille servante le pleura dans l'ombre. Quelque chien favori suivit peutêtre le cercueil, et mourut sur le seuil, où il attendit en •vain le retour du maître, du désespoir de sa fidélité. Quelquesconfrères, quelques savants, hôtes habituels des causeries familières, accompagnèrent jusqu'à l'église Saint- Eustache, berceau et tombe de cette vieille famille parlementaire et parisienne, k le pauvre Marais » . Le culte des traditions de l'ordre, le respect perpétuel de la morale et du goût, une vie de travail et de probité et quelques services modestement rendus, tels furent les mérites qu'on s'accorda, en devisant, à reconnaître au défunt. Et ce fut tout. L'immortalité de l'honnête homme obscur ne va pas plus loin que la 'mémoire d'un ami. Sa gloire tient tout entière dans un regret.

Et cependant, non, ce n'est pas là l'entière justice ni l'entière vérité. Mathieu Marais fut quelque chose de plus qu'un honnête homme. Il a mérité mieux que cette mention honorable, que notre indifférence accorde à la science sans éclat et aux vertus privées. Son journal jette sur sa vie un peu de cette lumière qu'il prodigue à la société de son temps. C'est à cette lumière que nous voulons étudier ce type excellent des chroniqueurs parlementaires, des scribes patients et narquois, qui ont parfois, eu griffonnant, touché à la véritable histoire et à la véritable littérature. Et peut-être, après nous avoir lu, niais surtout après avoir lu Marais, le public conviendra-t-il (ju'il manqua à l'Académie autant qu'elle manciuaà sa gloire.

MATIIin MUIAIS,

Malhieii Mar.tis fui iMptisr \c dimaïuhc 11 octobre 1665. U* ri'i:i>tiv îles acirs paroissiaux dv Saint-Eustache irifu!i.nif|Ki^ la ilalf i\v la naissance, (ju il isl permis de i ; à la veille du jour de rondoiement (1).

Nous manquons absohunent de renseigneinents sur, l'cnDiuce et la jeunesse de Marais, (jui dut l'aire d'excellentes ftudes dans (juel<ju'uii des collettes de Paris, et, 1 ' à ses nobles condisciples le slaL;e mondain de

! . arriva au barreau, après avoir traversé d'un

p.. u M. lir le.-» vives et maliunes années de basoclie préliminaires.

Du reste, Marais jKirall s'ùtre résigné de bonne heure

f\n\ iwilieiits et tramiuilles labeurs de l'avocat consultant.

..jue échec , «juebpu' mésaventure, la diiliculté de

|>ercer, ou plutôt l'exigeant besoin de recueillement

et cl*étude «lui faisait le fond desonhonnrtc nature, telles

\ • P^i* .4. t......if.rç dr M. Marniii, que nous tlevt)iis aux rcclicrtlHs

M l«*fle IVlal ri>il, interrogé |iar notre «avant ron-

V ' . i)ii •liriiaiirlir M ortolire \V>ùii, fut baptisé M.itliicu, (ils

^M i..^... '44r«it, I irKiirrurauCliàtelet, et (le Calliciine l'iaiiroihe Kil-

• Um, M ifiwp, drmniraiil rue tlu Itoului; le (larrain, Malliien Itillon, hour-

• srM«; ta aufraior, ( Uu<ir Itillnn. liHe *ii* (^iilll.iuine nillnn, riricr <lu lloy. •• Lj-» «fr«u>> »i i*^' an>< i.d.nt.dii-k 4tM)nilent kur U* coiii|)tc de Maraii» ; la pri'-

Uuér% ) > ■ -ir KffrotiiecttPf d le Supplément a 1»

Bê^ropf I iiMiiH l'xarh'K,

tm^m •Jtm» : ,. , . par (lianlon

À0 U % ■ I le ixrmàn • publM^ la tir de Im Fontaine par Maraî«,

«1 •« m^l U*iul^ ' / t VII, |). (i:M> «le

r* î t " »T. i : « : , , I I, ri niiM Hullanii,

■ 1. ^fà MNM • Iakté im tolume «le lettre» purenient et

.. - / Ma-

•"»•.'■.'. iiiettt

M f»i\ttmn\ 6» VniU. H mI fretiurfiunent «ite |.ar fU>le, anqnel il

4m •bmi^Êtkam H dt* r< xl ce M\aiit i^e louait

lurent sans doute les causes de cette précoce renonciation aux luttes et aux succès retentissants de l'audience, qu'il n "aborda plus que la plume à la main, s'y faisant la réputation d'un des plus savants et éloquents oracles de la consultation.

Quoi qu'il en soit, Marais fut reçu avocat le 22 novembre 1G88, et prit place aux réunions de l'ordre à ce dixième banc, qu'il ne quitte qu'en 1736 , pour aller tenir compagnie aux doyens blanchis du premier banc, vénéraljle avant-garde de l'armée des orateurs (l).

Quand j'ai dit que la vie de Mathieu Marais n'eut pas d'événements, je l'ai involontairement calomnié. La vie de Marais, au contraire, compta quelques-uns de ces événements qui n'ont d'importance que pour le cœur. Cette religion du beau, qui fut sa foi la plus vive, ne fut pas une adoration complélement muette ni un culte stérile. S'il chercha peu damis dans les chemins du monde. Marais eut de bonne heure Ihonneur d'en trouver dans les sentiers littéraires, où il ne s'aventurait qu'en amateur. De bonne heure, le charme insinuant de son admiration, les ressources d'une érudition des plus complaisantes et sa

(l; Selon son acie •!« décè-, que nous citerons plus loin, et dont nous devons la copie à l'inépuisable obli^t^ante de .M, C. Read, M. Marais i»'i<iit parvenu aux honneurs, dilliciles alors, du bàtoiinat. Nous ne le trouvons cependant en celte qualité ni dans les manuscrits de Clanchard, exact annaliste de Tordre depuis ICiiii, ni dans ÏAliiKUUich royal, ni dans les Tableaux imprimés des avocats, leur demeure et leur banc au palais, déposés au grelh et publiés annuellement en veitu de l'art. 10 du litre 31 de rortloiinance de 16<)7 et «lu rèj^lenifiit <lu 17 juillet l('»i)3. Nous ne trouvons son nom ni dans V Histoire des avocats de Fournel, ni dans la Bibliothèque de V Avocat, par M. Dnpin, qui ne cite (pie son homonyme (non parent) l'avorat Jean Marais, qui a lai-se (|U('|(|ues ouvrages, connus des seuls juriscouMdtes épris «les chinoiseries dii dioit, (Voy. n"s lô, 39 et 1585.)

Il y avait au palais onze bancs d'avocats, qui envoyaient chacun un <lé'pulé au Conseil, qui se couqjosailde ces <léptités et des anciens bàtoruuers. Le nom de Marais ne ligure pas, même en qualité de député de son banc, aux conférences de doctrine ou de discipline. Nous avons vainement h ce propos tompuU»' les livres et mariu^crit.*; spéciaux, conlies a la garde de l'aimable et savant l)ibliotliécaire de la cour de cas^atiou, M. Denevers.

10 M \ miH' M VKAIS,

sym|VitlH(]iie !»oniU' lium«Mir v.ihinnt à Marais de [)ivoieux ct»minorci»s et irillii>lri's amiti/'s. VA cortos,cc n'était |Misun homme al>soliimontol)sciir. ni surloiil (pii inérit;\t d« l>lre, que ce simple avocat «jui lut le coiivsponclant de Ba\ le avant ilotre celui dû présiilent Bouliier. Je ne veux citer ni d'Olivet, ni Des Maizcaux, ni Brossette, ni G^te, ni Saint-Hyacinthe, ni hicn d'antres, que Marais coudoya plutôt qu'il ne les fréquenta, ayant eu toujours un honond)le |H'nchant ;\ s'isoler, dansTintérèt des (juelijues hai*M>ns choisies, au\({nelles il se réserva avec une tendre*se qui garde ce juvénile élan des cœurs qui ont su s'économiser. Je ne veux nommer encore (jue Boileai», que Marais eut Thoniieur de connaître, et dont il nous a conservé deux conversations, dans deux notes copieuses, document pn'cieux analysé par M. Sainte-Beuve, (|uia pu le lire avant nous dans \es. Mémoires inédits de Brossette, un de^ trésors de cette grande collection de M. le baron Feuillet de 0)nches, vrai paradis des délices de la curio- Mlé. Au moment où nous écrivons, le public, introduit pirle plus spirituel et le plus disert des cicérones, y pénètre sur ses pas et se rue A ce festin d'indiscrétions, as- Misonnéesdu meilleur sel gaulois, l^as Causeries d'un curieux, dont chaque volume est une fêle jmur les gourî" l'imprévu historifpie, sont !«• nianileste d'un*' ^' iitiiile révolution «lans les régions paisibles du rétrospectif.

M liaivin «le Marais avec Bayle, liaison fondée sur des goiit%commun«», provorpiée d'un côté par une sympathique ailniiration, soutenue de l'autre par une reconnais- .♦•. d.it*' de 1698. C'est ii partir de cette épocfue •mmence entre ce» deux esprits, inégalement 1 iU iii ii> é^'nh-ment curieux, cette correspondance ac- '' ' •' '<ti«-ll«*, que la distance ne refroidit pas, que

• iitit A |M-in«*, et (pu- la mort M'ule put interh : rMirilioiidii Ihrtionuairr, qui dut, dans sa r.iMi Toprit déj I riftiiii' du ywur

avocat, et lui ouvrir ces perspectives dans le doute si chères aux sceptiques, Marais s'institue d'office l'auxiliaire désintéressé, et comme l'amJDassadeur en France de cette immense et insatiable érudition qui poussa si loin la volupté de la critique, et qui jusqu'au dernier jour se délassa de la fatigue de sa voir par le plaisir d'apprendre. Toujours avide de nouvelles, toujours impatient d'augmenter son trésor et de l'améliorer , Bayle se prêta de fort bonne grâce, de son cabinet de bibliophile patriarcal, à ces officieuses avances de l'avocat. Il ne dédaigna pas de profiter en maint endroit de ses recherches et de ses rectifications, et ne négligea point de l'en remercier. Nous trouvons de ces relations suivies, entretenues soigneusement par le prévenant Marais, des traces flatteuses dans cette correspondance qui témoigne d'une si grande naïveté de cœur et d'une si grande activité d'esprit, et qui seule peut donner l'idée de l'autorité européenne de Bayle, à laquelle on ne peut comparer, à l'autre bout du siècle, que celle de Voltaire.

« Que j'admire, écrit-il à la date du 2 octobre 1G98, ral)ondance « des faits curieux que vous me communiquez touciipnt MM. Arnaud, « Rabelais, Santeul,I.a Bruyère (l),etc. Cela méfait juger, Monsieur, « qu\mDicfio?inaire historique et critique, que vous voudriez faire, « seroit l'ouvrage le plus curieux qui se piît voir. Vous conuoissez « mille particularités, mille personnalités, qui sont inconnues à la plu- « part des auteurs, et vous pourriez leur donner la meilleure forme du « monde. 11 est vrai que, pour bien faire, votre imprimeur devroit « être eu ce pays-ci : il laudroit avoir deux corps, l'un a Paris, pour y « ramasser ces matériaux, et l'autre en Hollande, pour \ faire im- « primer l'ouvrage que l'on composeroit. Cette réplication^ comme '< l'appellent les scliolastiques, n'étant pas possible, naturellement au « moins, ce sera un bon remède si vous coutiiuiez d'avoir la boute de « m'enrichir de vos remarques et de vos bons avis. Nous m'y parois-

(1) «Il est bien à reçircller, dit à ce propos M. Tasclieieau (Hev. Rélrosn pecl.f 2« série, t. VII p. 330}, «lans une note à la(|iielle nous nous asso- '« cions, (pie Ba^ieu^ait pas roiisactc nu arlicle à La Brnycn', i*t ait laiisé « perdre les nialériaux bU)gr.tplii<pM'> doiil il parle ici. »

U MATIllKU MAIUIS,

• tu trr»Hiis()ofr, el jo |nih> unis assuriT ciu»' ji' m'en ostiiiu'nii le

• piM hrumi\ du iduihIo it quo j'en paroitrui tort ivronnoissiint. Je

• VWM dfmandf « p.*' . Ii ivmiission do m.iniiier ;i In ninr^e à ^ m*'* I- tiii|»)ic 9(>ra <■ •!<■ t.mt Me l)cllt>s et bonnes choses que « y .le %oits.

• Jr drvssoi U semaine |>as»ee l arliele d'i/ènauU {{) et j'y insérai

• |, \.iui ma\ee écrit sur e»' sujet. Je n'ai pas encore mis > ! niarce, inaisj ai ilessein de le faire si J'.ipprends (pie

'■tt. Vous jupez bien (jue s'il s'a^issoit tiecpielcpie chose qui « r iHquo personne vivante, je n'aurois {jarde de vous eoni-

• IIH iir<' 'i . »

L'ol>M»rvation est caraclorislique et mérite d'ùtre reinar- €|U«?e. Celte tcrupuleuse réserve vis-à-vis des vivants, (|ui s'allie À tant cl'amlate envers les morts, est le trait distinctif Ju caraclt^re de Baylc, qui voulait avant tout travailler (raiiquille et se s-ouciait médiocrement de persécution, ("est encore un point commun avec MaraLs, nature ^citi(|ue et concentrée, comme toutes les natures d'ob- M.>r%ateur. Ilayle et Marais haYss<uent également les querelles, tout en les provocpiant, et le scandale, loul en le reclienliant. L'un et l'autre aiment l'ironie éfnoussée, et cvtte inoffensive épigramme «jui se contente d'un cligno- •'ii\ ou d'un imperceptible sourire. L'un et . iiiJiMiitéressésdu demi-mot, ne se dérident et ne se ni volontiers qu'en petitcomité d'amis, ou à table, i iMiireel le fromaL'e. (l'est là le-secret de leurinllu- (le leur inviol. ibilité. L'un put tout penser,

l'auln* put tout savoir à la condition de ne pas tout dire, icnt acceptée et devenue un attrait et comme nu

r, Bmitmt du Minnrl ilr CArorlon.

'jurs : H<iltrnl.iiii, 171 i,

• ï ! • , it Tv^vfw iiielU:uli*ii.sc,

•«M«U à Hn oomin^ ; car on lit truiriiiml tUun !•• OU-.

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• »' ^ . . I I , ir l'an* m'a i.iit la (.i\»Mir <!»•

• m'9m%9jrtf Tm !§••. et qui me (Otiv«lni|uml qu'il a de rc«|frit inliiiiiiient

• ftaft" «MMéiMacc de lie*ucu«i|i de lêïu lurieut et lr<*ft-propreK .1

• et II»' - •

ragoût de plus pour les libertés et, comme qui dirait, les chatteries de Tesprit. Les voluptueux aiment l'obstacle. L'un fut le Mélanchthon de lacritique,une sorted'apôtre d'indifférence, l'autre un médisant en sourdine, rieur solitaire, Tallemant bourgeois, posthume comme l'autre de la seconde régence.

Les articles cités dans la lettre du 2 octobre 1698 ne sont pas les seuls pour lesquels Bayle soit redevable à Marais (1), et l'article à^HénauU n'est pas le seul où il ait consigné l'expression de sa reconnaissance (2). Cette reconnaissance, sincère cette fois, est le thème habituel de ses lettres, sur lesquelles il faut revenir, comme au vrai titre de gloire de Marais (3).

C'est dans la première lettre de Bayle à Marais, en date à Rotterdam du 2 octobre 1698, (jue nous trouvons la première trace des relations de Marais avec Boileau. Boileau, qui tenait par tant de liens, et de si intimes, au monde du palais, devait être, par sa naissance, par ses alliances, par son humeur caustique même, trèspopulaire parmi tous ces basochiens et tous ces avocats qui s'enorgueillissaient de sa gloire. L'hommage de Marais, empressé auprès de toutes les célébrités du temps, ne dut pas lui manquer. Nous verrons plus tard que ce commerce devint assez fréquent et même familier. Pour le moment, nous ne voulons que signaler, dès les premières liiiiies de la lettre du 2 octobre, l'indication des relations de Marais avec le grand satirique.

« Je me borne à répondre aujoiinriiiii, Monsieur, à quelques-uns des « endroits de votre lettre. Je commence par celui ou vous m'apprenez <' que mon Dictionnaire n'a point déplu à AI. Despréaux. C'est un bien

(1) «• Marai.s, ditCliardon de la Rochelle, lui a fourni (tes notes sur Ifi'nrilll, « les Suisses (?), la reine de Navarre, le président de Niilly, ravocat de Relz, " son parent. » M. Tascliereaii y ajoute des notes sur le duc de (iuise.

(2) il (ite encore Marais, entre autres endroits , à l'article de la reine de Navarre {Dictionnaire, III, 486'' et 487\ )

(3) Nous citons l'édition de ITJI, touje IV des (Kuvn'S diverses.

14 M VlHIKT MVim^.

rrr.

Crst ainsi «|iio conlinue cotle affcctucuso et grave corrt»*»|M.iHl inrf. (jui donne exactement le ton d'une convervition intime entre deux savants de honne compagnie. A chat|ue K-tlnMin nouveau service resserre le lien. Taulùl Marais offre à Itayle et ;\ son éditeur, M. Leers, une t.i.i. plus complcte du Téiémaque (\), et Bayle l'en rc- . en comldant d'éloges le passage de la lettre de Marais (jui concerne M. d'Aguesseau (encore une des idoles du |>alais en général et de Marais en p;uliculier ). Tantùt B.i)le lui annonce cpi'il a mis en leur place, ou ;\ Tarlicle de Guise ou à celu i iV Henri ïll, les bons Mémoires «|u*il a eu la l>onlé de lui envoyer, presse l'envoi de ce qui lui a été offert concernant le président de NuUy et l'engage doucement à rii/nM-ii -a santé, compromise par des exci-s de travail.

• I '1 . \cru\ pour votn* Siiiitr, Moiisitiir ; t't j'ai vu avec un e\' «ir. ;iu roniinrijcrnu'Ml de \otre lettre, que vous avez

ri- v« r (wr les mains des eliirurgiens, pour avoir été trop

applique a letude. Menacez-vous donc un peu mieux à Tavenir. Mes roofteilf là^euus sont de poids; ear je sais par expérienee les rnaot à quoi oo ftV'\p08<*. «piand on néglige les a\is (pii nous sont doanrs dr iir pas trop rtudier. Je profite dti passé et nie ménage à pceM^nl par forre; et de là \ient que ma beeonde édition ne va pas fort «it

Toul cela est d'une naïveté prime-sautière et d'un bon «en» loul prati(pic, animé de l'Iiorreiir de la goutte, de la cm^elle, de la ftciatitpie et de toutes les autres maladies de '. Pour nou*», il nous semble voir le pliilosopli«; de I -i bien enco<pié, bien emmitouflé, se tenant le

...ii% v\ \ts pii-ds cliauds, suivais! Ir préci'pte ra- I' «n, M* gardant de» pp'iiiirrs ai^'uillons de l'air re-

f f ( •• Itktmwkn mr ia tty^m t>rr<fw»«rc a Henri 11 . Leltir du 7 ftfpteiiilire

iir,p.7t9>.

l'roidi des soirées d'automne, et se balançant sur ses in- Iblio, l'œil brillant, la lèvre plissée, tout sourire, tout griffes et tout fourrures.

En échange de ses renseignements, Bayle cherchait à donner une direction spéciale aux recherclies de son correspondant, et lui indiquait, en quelque sorte, le moule où il devait couler en une œuvre durable son érudition vagabonde.

« Connoisscz-vous un écritdeGiitherius,fait à la louange de quelques « avocats du siècle passé? Il seroit à souhaiter que quelqu'un entreprît .< un ouvrage là-dessus, aussi bon, s'il le pouvoit, que le Brutus de « Cicéron. Il me semble, .Monsieur, que vous seriez très-propre à rem- « plir un tel dessein, tant je trouve de délicatesse dans votre goût, et " tant je remarque de tours dans votre plume pour bien exprimer les « divers caractères de l'éloquence. Vous voyez, Monsieur, qu'ensuivant « ce beau modèle de Cicéron, il faudroit repasser sur le seizième siè- " de et un peu plus haut (l). »

Le W décembre 1700, Marais envoie à Bayle le Mémoire sur le président de Nully, arrivé trop tard pour ({u'il en puisse être fait emploi. Bayle le regrette, en lui réclamant avec insistance, pour lui éviter le même rebut, le Mémoire sur l'avocat deBelz, parent de Marais. Celui-ci s'excuse d'entreprendre l'ouvrage à la façon de Gutherius que lui avait proposé Bayle. et il le fait « par a des considérations exprimées si noblement, si sensé- « ment, et qui témoignent si bien qu'il possède le carac- « tère, et le fort et le faible de ces sortes d'ouvrages, que u cebi le confirme de plus en plus (ju'il y réussiroit ad- <( mirablement (2) ».

Et dans un élan de sympathique regret de la distance (jui les sépare : « Que ne puis-je vous consulter, s'écrie « Bayle, quand j'en aurois besoin, c'est-à-dire tous les «< jours ! »

(l)T. IV, p. TîKi.

(9J Ibul., p. 79C.

le MATIIIKr M \\\ VIS,

Itavlo s'altfiulri'isait prii, et il lant voir dans ce sobre éUn d «fît-oti»)!! «lie innniue, comme il kulil. «oie son es- « time tK's-jwirliculière ».

iXins U lettre du 'il mars l TOI 1) nous trouvons la trace «les recherches au.\(|uelles .Marais, tr^s-porlé pour le5Curio>ites où le droit s'émancipe jus(pr;\ la gaillardise, H qui de In^nne heure aima les causes crasses, consacrait volontiers ses loisirs. «•! t|ui foniicut un (l«'s thèmes favoris de sa Correspoudanrc avec le président Bouhier. Il N'a^-it de l'impuissance et de la dissolution du mari^ire |K)ur cette cause , matière de controverse cssenti. " it parlementaire, et que les jurisconsultes n\i-

!>,iii'i"mi«-rent L'U«'M*e (piA la révolution. La lettre du 1.*J octobre 1701 roule encore sur les factums, pleins d'un Iwn Mîns grivois, de l'avocat Kouillard , et remercie Marais de curieux renseiirnemcnts concernant le poète Lai*>né (i).

I*ar la lettre du fi mars 170*2 nous apprenons que Marais a communiqué à Bayle d'excellents éclaircissements •nir le Soureau Jimrnahles Savants et sur crdui deTrévou.x. • Il admire la justes.se et la solidit»'* de ses jugements « sur ces deux nuvniL'es .f ^ni- M. de Vitrneul-.Mar- « ville :t. *

Ri^ !i août 170V (V', aussitôt que cesse Tinterdic-

lion du rommerce des lettres entre les deux pays, la corr» kiicc entre Ikiyle et Marais, de plus en plusalff . est close par la lettre du 'IH décxvnhre 1705 (5), où lu y le consacre |»ar de nouveaux éloges cette gloire II! ' de Marais .\ laquelle ils suffisi'nt. La postérité d' îir |>;in»le, à défaut d'autres témoÏL-^nages, des

jii. c Ua}lc lunM|u'il proclame la drtle de recon-

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