ÉPIGRAMME
Ilion gémit suus la cendre Davoir produit un seul Paris.
Que ne devons-nous pas attendre En ayant quatre dans Paris ?
Le prince de Conti, le jour du lit de justice, dit à M. le Duc : « Si je n'étois pas raccommodé avec vous, ce seroit a le plus beau jour de ma vie, car vous devenez aujour- « d'hui Tennemi de tout le royaume. »
Le comte de Charolois, sortant du lit de justice, alla dans un cabaret, rue de la Ferronnerie, et dit à ses amis qui Tatlendoient : « L'avocat général a bien parlé», et de boire.
M juin 1725. — Prières de quamiite heures, à cause de Tabondance des pluies depuis deu.x mois. La châsse de Sainle-Genevi(>ve a été découverte et on parle de la procession générale. Il y aura des maux de toutes parts. Les fruits de la terre sont prêts ù périr et l'inondation peut ravager le reste.
CejKmdant on se divertit à Chantilly, malgré la misère du peuple, et on y fait une chère si grande qu'on n'en a point vu encore de pareille.
Il y a des lettres patentes du 5 février, regivtrées le G
(I) M ' ' * 'If Marais.)
{Il \a^ * .. \\ ' .Sotc (If. Marais.)
3) M. Fagrin. (SoU de Marais
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juin , pour ouvrir de nouvelles routes dans la forêt de Fontainebleau, pour la facilité et commodité de la chasse. Elles se prennent dans des bois voisins et cela ruine plusieurs seigneurs. Mais c'est le plaisir des rois^ auxquels tout cède.
22 juin. — Le prince Charles de Lorraine, nommé pour aller recevoir la reine d'Espagne à Étampes. Elle vient, avec sa sœur, à Vincennes, où elle sera bien emprisonnée dans la grandeur. Elle a 950,000 livres par an pour son douaire et pour intérêt de sa dot.
L'Infante a été reçue en Espagne ; elle avoit feint de ne pas savoir qu'on la renvoyoit, mais elle l'a déclaré, quand elle a été sur la terre espagnole. Elle a dit au Roi et à la Reine qu'elle vouloit demeurer auprès d'eux et ne se point marier, ou si on la vouloit marier, que son mari vint la chercher, parce qu'elle ne vouloit plus être renvoyée. On sait que déjà elle est accordée au prince de Brésil, fils du roi de Portugal, et que le prince des Asturies a l'Infante de Portugal.
2ï juin. — Miracle (1). — On court au miracle du faubourg Saint-Antoine. La femme parle à ceux qui la veulent voir. Elle est guérie et du flux de sang, et de la paralysie, et.d'une tumeur qu'elle avoit dans la hanche et d'un grand mal aux yeux que son épuisement lui donnoit. Elle a été à Sainte-Geneviève, à pied, depuis deux jours. Le P. Bérard, de l'Oratoire, l'a vue et interrogée. Les molinistes contestent le miracle parce que le curé de Sainte-Marguerite est janséniste. (C'est M. Goy, auteur de la Vérité rendue sensible, qui est un abrégé de tout ce que l'on a écrit contre la Constitution.) Ils disent que le Saint Sacrement n'a pas fait le miracle, parce que le curé est excommunié, et n'a pu consacrer cette hostie.
(1) Le miracle de la femme que Notre-Soigneiir gurrit d'une perte «le sang est dan«; saint Mathieu, L\, 20. — Saint Marc, V, 20. —Saint Luc VIII, 43. {i^'ofe de Marais.)
200 MFMOmKS DK MATllIhl' MAUAIS.
Ainsi, c'est le diable qui veut détruire Touvrage de Dieu, et ces deux partis contraires vont plus faire contre le miracle que les protestants qu'il ei\t pu ébranler et peut-(Hre convertir. Autrefois le miracle de la sainte épine, -X Port- Roval. reçut beaucoup de contradictions, et Dieu a beau se manifester, les boni mes ferment les yeux pour ne le point voir.
Le sinunilier est que cette femme étoit voisine d'une protestante avec qui elle lisoit TÉcriture, et elle lui disoit : tt Si je pouvois voir mon Dieu dans son triompbe, j'ai la foi qu'il me guériroit. » Aussi, le jour de la procession, elle se lit porter suj' une chaise, elle se prosterna et cria : a Seigneur, guérison ! je crois que vous êtes ici « présent aussi réellement que quand vous avez fait votre « entrée en Jérusalem. » — On la retira bien vite, craignant (pi'elle ne fût écrasée , mais elle se sentit de la force, se jeta dans la foule, assez mal habillée, alla de la rueCharonne à Sainte-Marguerite, où il y a aussi loin que de Saint-Eustache au Cheval de bronze, se présenta pour entrer au chœur, qu'on lui refusa, ouït une messe basse, puis alla voir le curé, à qui elle dit ce qui lui étoit arrivé, et qui lui (lit de remercier Dieu, de ne s'en pas élever et de s'en taire. Ensuite, elle revint chez elle, .accompagnée de ses voisins, qui la reconnurent, et surprit bien son mari qui l'attendoit et la faisoit chercher partout, et qui s'étoit évanoui pendant son absence, ne sachant ce qu'elle étoit devenue. Cette femme est sage, vertueuse , Irés-bien instruite, femme d'un bon ouvrier, parle d'un tn^'s-bon hPJis, et sa maladie si longue a été très-connue et l'a même épuisée en frais et en médecins.
IH juin. — La Jonchiuk jlgk et les autres. — Le proc«-s de la Jonchêre et de tous les autres accusés des quatre assa'-sinats a été jugé. Ils ont tous été renvoyés hors deO>ur. Il ne s'est pas trouvé la moindre accusation ^i bi«*n préparée, et il y auroil eu une décliarge absolue, h'il n'y avoil pas en France un mauvais usage de ne point
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décharger les criminels quand il n'y a point de partie civile, ou du moins quand on voit que le ministère y prend intérêt. Voilà tous les instigateurs et délateurs de cette affaire bien honteux, sauf à en recommencer quelque autre, puisqu'ils ne sont pas dénoncés.